Vous m'impressionnez. Sincèrement.
Je ne m'attendais pas à autant de commentaires appréciateurs. Alors, juste pour votre bon plaisir, je vous poste ce deuxième chapitre parce que...eh bien parce que vous le valez bien ;)
Merci à tout les reviewers anonymes tels que Emy, Byuul, Mary000, Lou & Love-OneTreeHill que je n'ai pas put remercier en privé. Je vous ai répondu en bas de page.
L'histoire est là, régalez-vous. Mon festin à moi, ce sera vos reviews.
Ciao ciao,
IACB.
« Attends ! 'Mione ! »
La petite Hermione haute comme trois pomme se retourna vivement, ses mèches brunes aux reflets blonds indisciplinées fouettant l'air. Son père qu'elle venait de quitter quelques secondes auparavant lui faisait de grands signes dans le couloir menant à la Grande Salle. Il attendit que sa fille revienne sur ses pas, toute essoufflée, puis se baissa de façon à être à sa hauteur tout en fouillant dans la poche de son cardigan vert kaki.
« Tiens. C'est pour toi. »
Il en ressortit lentement une fine chaîne en or sur lequel était accroché un pendentif en émeraude plaqué or en forme de trèfle à quatre feuille.
« C'est pour te porter chance pour tout à l'heure ainsi que pour toute les autres fois où tu en aura besoin. » expliqua-t-il tout en le nouant délicatement au cou de sa fille unique qui le laissait faire, émerveillée.
« Merci... » souffla Hermione, totalement obnubilée par ce nouveau bijou – elle n'avait même pas les oreilles percées et voilà qu'elle se mettait à porter une pierre précieuse sur elle ! « Merci beaucoup papa ! » s'exclama-t-elle en sautant dans les bras de son père.
Les deux Granger s'étreignirent tendrement jusqu'à ce que la voix sèche et impatiente de McGonagall ne résonne derrière eux.
« Hermione ! Nous n'attendons plus que toi, enfin ! Le rideau s'ouvre dans moins de cinq minutes ! Tu dois te mettre en place parmi les premières lignes ! »
La jeune fille se détacha à regret de l'étreinte de son père.
« Allez, vas-y, je serais juste au premier rang. » lui assura-t-il avec un clin d'œil. « Je t'aime ma 'Mione »
Hermione se fendit en un grand sourire et lui colla un bisou sur le front avant de disparaître avec McGonagall qui pestait tout en la poussant presque pour qu'elle se dépêche.
Son père se releva lentement, le regard vague. Il épousseta son jean et poussa un long soupir en fermant les yeux. Il fit demi-tour d'un pas décidé. Sortit du couloir. Poussa la grande porte battante bleue. Dévala le grand escalier principal imposant en marbre que les derniers parents retardataires se dépêchaient de gravir.
Et il disparut dans le nuit noire.
Hermione remonta quatre à quatre les marches de la bouche de métro la faisant déboucher à cent mètres de POUDLARD, du Kate Nash à fond dans les oreilles, un gobelet Starbuck fumant de café noir sans sucre à la main. Elle fronça du nez, les paupières plissées, la figure levée vers le ciel éclatant et ne put s'empêcher de sourire. Elle était heureuse. Mais heureuse. Elle le sentait ; cette journée allait se passer dans les meilleures conditions. Peut-être même que ce sera la meilleure journée de sa vie. Le timbre de voix aérien et frais de Kate Nash la mettait encore plus de bonne humeur. Hermione commença à avancer sur la grande avenue bordée de monde sirotant lentement son café. Elle était en avance. De quarante cinq minutes exactement. Elle avait eu trop peur d'arriver en retard. Alors elle pouvait bien se permettre de flâner. Et puis elle se résonna. Après tout, elle pouvait bien profiter de cette avance pour s'échauffer dans les couloirs avant l'arrivée des autres et de Malfoy. Elle serait ainsi prête avant tout le monde.
« Bon idée Granger. » se félicita-t-elle intérieurement en commençant à presser les pas pour atteindre l'énorme et imposant bâtiment de POUDLARD.
Tandis qu'elle traversait la rue à la hâte, entre deux voitures, son portable vibra dans sa poche. Oubliant qu'elle se trouvait en plein milieu d'une voie publique, entre Volkswagen et Citroën, elle tâta son jean à la recherche de son téléphone et se fit sèchement rappeler par une série de klaxons sonores de la part du conducteur dont elle bloquait le passage.
« Ça va ! Ça va ! Pas la peine de s'énerver, non ? » s'écria-t-elle en rejoignant le trottoir d'en face tandis que l'automobiliste redémarrait en hurlant des noms d'oiseaux. « Dès le matin... » siffla Hermione en secouant la tête.
Elle prit une grande inspiration en fermant les yeux. Hors de question que cet abruti ne la mette en colère en ce jour béni. C'était sa journée et il n'était pas question que tout foire. Et c'est avec un état d'esprit serein qu'elle pénétra dans son établissement de danse, oubliant presque le texto qu'elle venait de recevoir.
Le hall de POUDLARD donnait à lui seul le tournis.
Il faisait la superficie d'un stade tout entier et le plafond semblait si lointain que l'on apercevait à peine la gravure datant du dix-septième siècle peinte sur le dôme. Les fenêtres étaient longues de presque deux mètres, les carreaux floutés leur donnant l'aspect de vitraux de cathédrale, et le sol était fait en mosaïque de céramique multicolore représentant plusieurs motifs compliqués. En outre, ce qui impressionnait le plus en entrant dans l'enceinte de l'école prestigieuse, c'étaient l'escalier en marbre beige fait à la façon d'un escalier de tribunal, de larges rampes en bois de noyer de chaque côté, et le gigantesque lustre en cristal, relié au plafond par une longue chaîne solide en or massif, qui brillait de mille feux et se reflétait aveuglement sur les fenêtres où les murs blancs. Hermione se rappelait la toute première fois qu'elle avait mis les pieds dans ce hall. Elle était restée bouche bée devant tant de beauté et d'éclat, contemplant les deux immenses danseuses en bronze situées de chaque côté de la rampe, au bas de l'escalier, s'extasiant devant les innombrables médailles, trophées et autres récompenses diverses exposées en vitrine à la vue de tout les visiteurs, se laissant entraîner par ce son de piano d'ambiance divinement joué semblant venir de nulle part...si l'on ne faisait pas attention, on pouvait rester à errer dans le hall jusqu'à ce que la nuit ne tombe.
Hermione, au lieu de monter comme d'accoutumée jusqu'au troisième étage pour suivre les cours de Mrs. McGonagall, se dirigea vers la Grande Salle, située à l'extrême droite de l'entrée. Elle marcha tout de même cinq bonnes minutes, passa une porte, souleva un rideau puis se retrouva dans le couloirs menant à la Grande Salle. Elle ne trouva personne aux premiers abords et se laissa glisser contre le mur avec un sourire satisfait. Mais ce sourire vacilla rapidement en relevant la tête.
« Granger. » la salua froidement Cho Chang qui venait elle aussi d'arriver à sa suite.
« Chang. »
Hermione déglutit d'horreur en la voyant installer tranquillement ses affaires à l'autre extrémité du couloir et commencer sans plus attendre à échauffer ses articulations. Pourquoi fallait-il toujours qu'elle soit là où Hermione était ? La jeune fille serra des dents en finissant son gobelet d'un geste brusque. Elle prit à nouveau une grande inspiration en fermant les yeux. No stress. Glissant ses écouteurs d'iPod dans ses oreilles, elle entama son propre échauffement sans prêter une seule petite attention à sa rivale. Le couloir se remplit peu à peu d'élèves de son propre cours ainsi que d'inconnus qu'elle ne connaissait que de vue. Rusard, le concierge, vint ouvrir la salle de répétition de la Grande Salle, marmonnant dans sa barbe qu'il fallait qu'il continue de s'échauffer à l'intérieur jusqu'à ce que Mr Malfoy arrive. Hermione n'était entrée dans cette salle que trois fois dans sa vie, les trois fois correspondant aux répétitions des dernières heures pour les trois grands gala organisés par POUDLARD et auquel elle avait participé. C'était une salle de répétition comme une autre, hormis qu'elle était plus grande et possédait de longs miroirs trois murs sur quatre. Hermione s'isola à un coin, près du piano à queue, et continua d'échauffer ses membres.
« Bonjour tout le monde. » tonna une voix masculine depuis la grande porte.
Le petit monde se redressa et accorda un cacophonique salut au chorégraphe. Ce qui différait de la veille en lui étaient le jean délavé qu'il portait, les snickers bleues marines qu'il avait au pied et la jeune femme qui le suivait. Elle avait des cheveux noir jais coupés au carré, une frange millimétrée balayant ses yeux vert émeraude et portait un tailleur noir sévère avec une chemise d'un vert assorti à ses yeux, de dangereux stilettos douze centimètres noir aux pieds. En outre, elle dégageait un air hautain et supérieur renforcé par la démarche fière qu'elle avait derrière Malfoy.
« Je vois que vous êtes tous là, c'est un bon point. » remarqua Malfoy. « Voici Pansy Parkinson. Elle est elle aussi chorégraphe et elle m'aidera dans mon choix sélectif final. »
« Bonjour à tous. » dit-elle en levant les sourcils dans une moue dédaigneuse.
Elle alla ensuite s'assoir derrière la table prévue à cette effet à la gauche de la salle, prenant bien soin de faire claquer bruyamment ses talons contre le sol.
« Bien. » reprit Malfoy en recommençant ses cent pas. « Avant de commencer toute chose, j'ai pensé qu'il serait bien de vous briefer quant à la manière dont, Mrs. Parkinson et moi, allons sélectionner les personnes du casting final. Tout d'abord, le pianiste va vous jouer le thème principal de l'oeuvre, l'air qui sera récurrent dans tout le ballet. Suivant la façon dont on le joue, celui-ci peut donner un sentiment de tristesse, de gaieté, de mélancolie, d'apaisement...vous aurez compris que tout dépend la manière dont le morceau est joué. Vous allez ensuite passer par ordre alphabétique devant nous et je vais vous donner un thème, au hasard, un simple thème comme...l'égarement. Le pianiste jouera alors en conséquence et je veux que vous dansiez en improvisation par rapport au terme donné. »
Hermione se mordit la lèvre inférieure, les yeux exorbités. Elle détestait l'improvisation. Il fallait que tout soit noté, écrit, travaillé, détaillé, sinon elle n'y arrivait pas. Non pas qu'elle n'ait pas d'imagination, mais seulement que les seules fois où elle s'était laissée tenter à faire quelque chose sans avoir tout planifié, cela tournait à la catastrophe quelque soit le domaine. C'était comme ça, elle était né avec un esprit pratique, pragmatique et scientifique. C'était plus fort qu'elle.
« Passons à la notation. A la suite de votre passage, nous vous noterons en trois catégories ; 'premiers rôles' donc l'amoureux et l'amoureuse, 'deuxièmes rôles' autrement dit les autres personnages récurent et enfin 'troisièmes rôles' correspondant aux personnages tertiaires, aux figurants. Nous nous concerterons ensuite afin de déterminer qui les deux élèves qui joueront les personnages principaux et les dix-huit autres élèves qui joueront dans la deuxième et troisième catégorie. Vous êtes actuellement cinquante trois a avoir été sélectionnés dans les huit cent quarante quatre élèves de POUDLARD pour jouer dans ce ballet mais trente trois repartiront malheureusement les mains vides. »
Malfoy prit le temps d'observer chacun des visages d'un regard azur dur et froid puis prit place à côté de sa collègue et fit signe au pianiste de commencer. Hermione s'adossa au miroir derrière elle. Le thème de « Amour Pures » était à la fois simple et complexe. Il rentrait facilement dans la tête, comme un « Au Clair de la Lune », mais sa naïveté trompait énormément l'auditeur. En effet, un élève de cinquième ou de sixième année de piano ne serait pas parvenu à le jouer. La partition était noircie de noire, de triple croche, de contre-temps, de notes de tempo en tout genre et d'autres accolades appartenant au vocabulaire du solfège. Mais le rendu était si fluide, si banal et si illusoirement sobre qu'on le croyait enfantin à reproduire. La démonstration finie, les élèves applaudirent et Malfoy attrapa d'un geste négligeant la feuille qui trônait sur le dossier qu'avait posé Mrs. Parkinson sur la table.
« Ok. Hum...Abbot, Hannah ? »
Hermione eut pitié de sa collègue de cours en la voyant s'avancer vers le centre de la salle en justaucorps et collant bleu, toute tremblante.
« Ok ma belle, tu me joueras... » Il lui jeta un bref coup d'œil en levant un sourcil. « ...eh bien l'anxiété. »
Hannah papillonna des paupières, la bouche entrouverte, totalement ahurie par la demande du chorégraphe, mais déjà le pianiste commençait à jouer le thème du ballet sur un rythme haché. Ce fut un désastre. Hermione n'eut même pas le courage de regarder jusqu'à la fin, ayant honte pour son amie. Celle-ci exécutait des gestes désespérés, sans enchaînement ni cohérence, lançant un regard perdu au grand blond qui la regardait en retour avec l'indifférence la plus totale. Le piano s'arrêta et Hannah aussi, presque au bord des larmes. Aussitôt, Malfoy et son acolyte se mirent à griffonner quelque chose sur leurs feuilles respectives, les lèvres serrées. Il releva la tête et fit signe à Hannah, d'un geste négligent de la main comme s'il chassait une mouche, d'aller se rassoir sagement. Il consulta à nouveau la liste.
« Allan, Chelsea ? »
Hermione regardait attentivement chaque élève passer, bons comme mauvais, et retenait un des pas qui lui avait semblé bon pour le ressortir lorsque ce serait son tour. Ses mains étaient passées de moites à mouillées. Elle regardait les élèves défiler, redoutant de plus en plus l'appel de son nom. Elle pouvait tout faire, tout. Absolument t-o-u-t. Sauf improviser. Ça jamais.
« Chang, Cho. »
La jeune chinoise s'avança au devant des jurys avec cet air suffisant qui donnait envie à Hermione de la déchiqueter de ses ongles puis de la clouer au sol. Elle vérifia rapidement la solidité de son chignon tandis que Malfoy levait la tête de ses écrits pour lui donner ses instructions.
« Le désespoir. »
Cho hocha la tête, nullement déstabilisée, et ferma les yeux à l'attente de la musique. Lorsqu'elle les rouvrit, au son des premières notes jouées dans un tempo asymétrique, ils étaient – et là, Hermione fut bluffée – emplis de larmes. Elle exécuta alors une lente danse, jouant de ses bras ballant pour feindre un laisser aller, tournant sur elle-même avec grâce et volupté, se déplaçant d'un bout à l'autre de la salle comme traînée par une force invisible contre sa propre volonté, se mouvant au gré de la musique. Hermione dut bien le reconnaître à contrecœur ; Cho Chang était très bonne. Et c'est ce qui lui fit peur. Surtout que Malfoy resta un moment à la dévisager des pieds à la tête avant d'écrire un énorme pavé sur sa feuille de notation. Hermione secoua la tête. Non. Elle ne devait pas avoir ce rôle. C'était elle, elle Hermione Jane Granger, qui devait hériter de cette place.
« Tu peux aller t'assoir. » la congédia Malfoy qui écrivait toujours.
Cho baissa légèrement la tête pour les saluer puis retourna à sa place, un rictus victorieux aux lèvres. C, D, E, F, G. Hermione achevait de composer dans sa tête une chorégraphie de substitution adéquat malgré l'émotion choisie. Elle se rongeait furieusement l'ongle du pouce, ne se décidant pas sur la figure sur laquelle elle devait achever lorsqu'elle entendit son nom.
« Granger, Hermione. »
Hermione se décolla du miroir, enleva son gilet à toute vitesse et marcha jusqu'au centre de la salle. Elle attendit que Malfoy ait fini d'écrire son appréciation de « Galeyton, Alexander » en tâchant de planquer ses mains frissonnantes dans son dos.
« Joue-nous l'émerveillement. »
Hermione acquiesça lentement, se considérant intérieurement comme une femme morte et enterrée. Elle fit un pas en arrière et tripota nerveusement le pendentif de sa chaîne. Un trèfle. A quatre feuille. Censé lui porter constamment chance. Pour une fois, Hermione se sentit superstitieuse. Ce bijou, elle l'avait reçu de son père, quelques heures avant qu'il ne disparaisse mystérieusement de la surface de la terre. Elle se mit alors à espérer. En une seconde, à l'attente de la musique. Papa, aide-moi où c'est ma vie que je fous en l'air en deux minutes.
Alors tout lui revint.
Le soir où elle avait reçu cette chaîne, elle devait jouer un des ballet d'invention de l'établissement comme il était coutume à chaque Noël et fin d'année. Hermione avait joué une petite fille issue d'une famille pauvre n'ayant jamais eu l'occasion encore de fêter Noël. Alors qu'elle mendiait à l'entrée d'un grand magasin de jouets, une vielle dame eut pitié d'elle et la fit entrer dans l'enceinte de la boutique pour acheter ce qui lui plaisait. Bref. Tout cela pour ne retenir que les pas de danse censé signifier l'enchantement de la jeune fille face à tout ces babioles et tout ces poupons. Pas que McGonagall lui fit travailler d'arrache-pied pendant tout un mois entier. Hermione ferma les yeux et récita à toute vitesse le nom des enchaînements, ses lèvres bougeant silencieusement, le tout s'étalant en image dans sa mémoire à une vitesse fulgurante. Tout s'emboîtait, tout se détaillait, tout devenait clair.
Elle y était.
Le pianiste avait déjà commencé à jouer depuis cinq seconde lorsqu'elle daigna bouger. Ne s'appuyant que sur ses souvenirs, elle entama de lents mouvements. Indécis, hésitant mais toutefois curieux. Elle s'avance, elle recule. Elle esquisse un sourire à la fois excité et tremblant. Puis elle entre. Elle pivote gracieusement sur elle-même, submergée par tant de choix. Elle n'a pas assez d'yeux pour en apprécier la beauté. Mais la main bienveillante l'emmène dans un rayon de poupées. Elle se laisse entraîner. A nouveau l'indécision. Mais de très courte durée. Aussitôt l'enchantement reprend ses dessus sur la petite fille. Elle court d'un bout à l'autre du rayon. Elle saute. Elle exulte. Elle vit. Elle...
Merde !
Hermione venait d'effectuer un tour en dedans et sentit quelque chose de soyeux dégringoler sur ses épaules. Son cœur fit un raté. Ses cheveux. Ses cheveux venait de se détacher. Durant l'audition la plus importante de sa vie, ses putains de cheveux se détachait. En toute professionnelle qu'elle était, elle continua jusqu'à ce que le pianiste ne s'arrête en faisant mine de ne pas avoir remarqué ce désagrément. Mrs. Parkinson la considérait avec des yeux perçants, les jambes croisées, les mains nouées entre elles. Malfoy ne se contenta d'écrire qu'une seule ligne avant de l'inviter à regagner sa place sans lever les yeux de sa feuille. Hermione s'assit lentement. Lentement car si elle brusquait quelque chose, elle se brisait en morceaux. Sa vie s'était écroulée en cinq secondes chrono, Lavender pouvait être contente. Elle sentit une boule lui bloquer la gorge, les larmes affluer à ses yeux.
Foutue. Foutue. Foutue. Voilà ce qu'elle était.
Elle assista, anesthésiée, au passage des trente-deux autres élèves. Malfoy se leva ensuite.
« Bien. Je vous demanderais de quitter la salle à présent le temps que nous délibérions. Les noms seront affichés d'ici une demi heure. Merci. »
Hermione se rua hors de la salle, ne pouvant contenir ses larmes plus longtemps. Elle s'engouffra dans les premiers toilettes qu'elle croisa et s'effondra sur le carrelage en sanglottant. Ses poings s'abattirent de fureur contre la paroi du cabinet. Elle hurla à pleins poumons. C'était fini. Fini pour elle. Que Chang ait le rôle et elle se jetait par la fenêtre la plus proche. Et elle se pendait avec la première corde qu'elle voyait. La boule progressa dans sa gorge. Elle suffoquait. Hermione eut juste le temps de pencher sa tête dans la cuvette.
Hermione eut un sursaut de conscience et réalisa qu'elle se trouvait affalée sur le sol des WC du rez-de-chaussé de POUDLARD depuis...combien de temps ? Il lui semblait que c'était depuis une éternité. Ou une seconde. Elle se redressa lentement, s'appuyant contre les murs, et déverrouilla la porte. Son reflet l'horrifia. Une furie au teint plus pâle que la mort, une tignasse brune désordonnée hirsute sur sa tête, un filet visqueux de couleur suspecte coulant de sa bouche. Hermione tira maladroitement une poignée de serviette en papier dans le distributeur et s'essuya la bouche puis jeta le tout à la poubelle. Elle essaya de discipliner ses cheveux d'une main tremblante – en vain. La porte des toilettes s'ouvrit à la volée, laissant apparaître Susan Bones, tout sourire.
« Ah Hermione ! T'inquiètes, je suis sûre que tu arrivera à le convaincre de te prendre à la place de cette Chang. » s'exclama-t-elle en se ruant vers la cabinet dont Hermione venait de sortir avant de pousser un cri de dégoût en réculant. « Punaise, j'hallucine ! Les gens gerbe et ne tires même pas la chasse derrière eux. Foutus boulimiques... »
Hermione ne comprenait toujours pas ce que venait de dire Susan. Comment ça, elle devait convaincre Malfoy de la prendre à la place de Cho Chang ? Elle sorti des toilettes.
« Tu vaux dis fois plus que Cho. » lui assura Marcus Flint tandis qu'elle passait le lourd rideau de velour menant à la salle de répétition.
« Bonne chance ! » lui fit encore Irene Stefanovitz en lui adressant un clin d'œil.
Hermione acquiesçait, à l'Ouest. De quoi parlaient-ils tous à la fin ? Comme elle arrivait devant le grand panneau d'inscription fait à la main, on lui fit étrangement un passage dès qu'elle s'approcha. Et, cherchant désespérément son nom sur la feuille, voici ce qu'elle put y voir :
PREMIERS RÔLES :
MÂLE : ZABINI, Blaise
FEMELLE : CHANG, Cho ou GRANGER, Hermione (Vous avez chacune 12h à compter de maintenant pour convaincre Mr MALFOY Draco de vous prendre en temps que danseuse principale de « Amours Pures ». Passé ce délai, l'une de vous se verra reléguée dans un rôle secondaire.)
Voilà...j'espère que ce nouveau chapitre vous a plu. Hum...vos avis ? :D IACB.
REPONSES AUX REVIEWS :
Emy : A ce point ? Merci beaucoup.
Byuul : Quel nom original ;) J'ai moi aussi trouvé quelques scènes assez choquante dans Black Swan notamment la scène où Beth...hum...s'amuse avec le couteau que Nina lui restitue. Si je ne m'étais pas cachée les yeux à ce moment là, je pense que cette scène me hanterait à vie. Concernant Granger, tu verras, elle ne fera pas sa fière bien longtemps hinhin...Merci beaucoup en tout cas.
Mary000 : Hum...si, il y aura quand même une part de sombre :p Quant à la folie, n'est-ce pas un des aspect que notre cher chorégraphe soulève dans son ballet ? Rassure-toi, ça ne sera pas aussi gore que dans Black Swan ! Je ne tiens pas à ce que tu fasses des insomnies ;) Sinon...oui, je poste assez régulièrement sauf lorsque je suis vraiment occupée par d'autres choses. Merci pour ta review.
Lou : Merci beaucoup !
Love-OneTreeHill : Je suis contente que ça te plaise. J'espère que la suite t'as plut autant. Merci encore.
