Miou tout le monde !
Les desserts avec des fruits du jardin, c'est trop bon. Surtout avec des framboises. Merci pour votre super accueil pour le premier chapitre de cette fic.
Bonne lecture !
Réponse à guest : merci pour ton j'aime, je suis contente de te (re ?) voir :)
Réponse à Lou-chan : merci beaucoup, j'espère que la suite confirmera cette impression !
Disclaimer : Himaruya n'a pas assez aimé les groseilles de chez moi pour les échanger contre Hetalia.
Le silence régna pendant quelques minutes, jusqu'à ce que l'espagnol le rompe.
- J'espère que vous apprécierez votre séjour en Espagne.
- Je ne pense pas, répliqua Lovino sans le moindre tact.
- Enfin jeune homme ! intervint Marcello en fronçant les sourcils. Veuillez l'excuser, signor.
- Il n'y a rien à excuser, rigola Antonio. Puis-je connaître la raison d'une aversion si profonde et si... immédiate ?
- Non. Et on fait une pause, j'ai besoin de me dégourdir les jambes.
Le ton très froid de l'italien eut raison pendant quelques secondes du sourire chaleureux de l'espagnol. Le précepteur secoua doucement la tête en lui faisant signe de ne pas insister alors qu'il signalait l'arrêt au cocher. L'italien descendit dès qu'il le put et alla marcher en tapant du pied dans tous les cailloux sur son chemin. Antonio attendit qu'il fut suffisamment loin pour adresser un regard interrogateur au vieil homme, dont le regard était désormais empreint de tristesse.
- Il refuse de le dire pour que vous ne le regardiez pas avec pitié.
- C'est si grave que ça ?
- Mariage arrangé.
Les deux mots arrachèrent une grimace au brun. Il n'approuvait pas ce genre de pratique, même si elle était encore très répandue dans l'aristocratie européenne. Lui-même savait que le roi avait des projets de la sorte à son égard, mais avait réussi jusque-là à les esquiver avec adresse. L'idée de se retrouver uni à vie avec quelqu'un qu'il n'aurait pas choisi lui déplaisait profondément.
- Qui doit-il épouser ? Je pourrais peut-être vous en dire plus sur son promis.
- Malheureusement, il l'ignore et moi aussi.
- Pardon ? Il ne connait même pas son nom ?
Les yeux baissés, Marcello secoua de nouveau la tête.
- Son grand-père et votre roi ont arrangé ça en à peine quelques semaines et eux seuls connaissent les deux noms.
- Pourtant il n'a pas l'air d'être le genre qui accepte un tel arrangement sans broncher, s'étonna Antonio en regardant le jeune homme.
- En effet. Personne ne sait pourquoi, mais du jour au lendemain il a semblé se résigner aux volontés du chef de famille.
- Vous soupçonnez quelque chose d'anormal ?
- J'ai appris à connaître mon élève. Sous son caractère difficile, il cache beaucoup de choses et un tel revirement n'a rien de naturel. Je ne lui ai pas encore annoncé, reprit-il, mais je ne resterai pas à Madrid après la cérémonie.
- Pourquoi ? Il semble qu'au contraire c'est là qu'il aura le plus besoin de vous et de votre soutien.
- Son grand-père m'a clairement spécifié qu'il fallait que je revienne rapidement. Il part du principe que si Lovino n'a aucun ancrage, il sera bien forcé de faire connaissance avec d'autres personnes.
- Et ainsi étendre l'influence de sa famille, compléta Antonio dont le regard s'était assombri.
- Je vois que vous êtes informé de ce genre de pratiques.
- Ça vous surprend ? répliqua l'espagnol ironiquement.
- Pas tant que ça, sourit le précepteur. Puis-je vous demander un service ? demanda-t-il impulsivement.
- Je vous écoute.
- Vous avez l'air de quelqu'un de bien. Gardez un oeil sur lui.
Antonio hésita. Selon à qui était destiné ce jeune homme, il risquait d'être difficile de tenir une promesse pareille. Il jeta un nouveau coup d'oeil par la fenêtre et observa Lovino. Des cheveux bruns légèrement en bataille avec une mèche qui avait l'air particulièrement rebelle, un beau visage, des yeux dorés superbes, un corps tout en finesse, l'allure élégante qu'il s'efforçait de cacher... Quel gâchis de voir une si jolie image destinée à se flétrir si tôt. Et lui aussi pressentait que ce magnifique jeune homme cachait bien plus que ce qu'il voulait bien montrer. Si seulement il pouvait tomber sur quelqu'un de compréhensif et respectueux, il pourrait peut-être avoir une vie heureuse.
- Je ferai ce que je pourrai, répondit-il finalement.
- Grazie mille, signore.
Inconscient de l'échange qui venait d'avoir lieu, Lovino revint vers le carrosse et remonta en déclarant qu'il faisait vraiment trop chaud.
- Nous sommes au milieu de l'été, ça n'a rien d'anormal. Et ce n'est rien encore par rapport aux chaleurs de l'Andalousie, s'amusa Antonio.
- En parlant de cela, ne négligeons pas vos leçons, jeune homme. Concernant la géographie espagnole, je vais d'ailleurs requérir l'aide de Don Carriedos pour poursuivre le cours que nous avions interrompu hier.
En soupirant, l'italien se plia de mauvaise grâce aux exigences de son précepteur. Heureusement, les interventions de leur voisin inattendu avaient un aspect plus concret qui l'aidaient à rester attentif et il se surprit même à esquisser un semblant de sourire après quelques jeux de mots de celui-ci.
Une fois arrivés à l'hôtel, il était presque détendu et envisageait vaguement la possibilité que tous les espagnols ne soient pas des enfoirés finis. Vaguement. Puis il réalisa qu'il ne lui restait plus qu'une journée de voyage, et qu'il arriverait à Madrid le surlendemain. Un mal-être violent s'empara de lui et il eut le plus grand mal à ne pas céder à une crise de panique. Lovino ne dormit presque pas cette nuit-là, et des cernes apparurent sur son visage au réveil, sans que personne ne se permette cependant de faire la moindre remarque. La matinée se déroula dans un silence presque complet.
- Je pense, annonça Antonio en début d'après-midi, qu'à cette allure nous pourrions même atteindre Madrid ce soir.
Lovino pâlit immédiatement et tout son corps se crispa.
- Je sais que le protocole exige que vous alliez immédiatement saluer sa majesté, poursuivit-il, mais mieux vaudrait attendre le lendemain. Je pourrais vous faire découvrir un peu la ville demain matin, et je connais quelques auberges parfaites pour vous accueillir pour la nuit.
Il s'attira un regard embarrassé de Marcello et un franchement soupçonneux de Lovino.
- Ce n'est pas ce qui était prévu, répondit finalement le précepteur.
- Vous êtes libres de refuser bien entendu, déclara suavement Antonio. Mais arriver au palais après une demi-journée de trajet laisse généralement plus de marques de fatigues. Je pensais qu'il serait dans votre intérêt d'arriver plus reposé devant le roi.
- Autant arriver à Madrid cette nuit, coupa Lovino. Mon audience est demain soir de toutes façons.
- Ma foi, si vous pouvez assurer avec certitude trouver un endroit où nous loger... Qu'il en soit ainsi, céda Marcello. Il est également vrai qu'arriver un peu en avance dans la ville vous permettra sans doute de vous sentir plus à votre aise, ajouta-t-il à son élève qui se renfrogna.
Le reste du voyage se passa à plus vive allure et la discussion continua, principalement ignorée par l'italien.
La nuit était tombée depuis moins d'une heure lorsqu'ils arrivèrent en vue de la capitale, et Marcello fit part de son inquiétude à l'idée de ne pouvoir trouver un logement décent à cette heure. Antonio prit sur lui de le rassurer et leur trouva effectivement une auberge respectable en peu de temps, au grand soulagement du vieil homme. Avant de prendre congé pour sa propre demeure, l'espagnol leur refit part de sa proposition.
- Si votre audience est en fin d'après-midi, je peux vous retrouver ici demain matin et vous faire découvrir quelques quartiers de la ville.
- Ma foi, c'est fort aimable de votre part, répondit Marcello avant que son élève put ouvrir la bouche. Nous acceptons avec plaisir.
Au vu de la tête de Lovino, il était évident que ce n'était pas vraiment son cas. Le jeune homme aurait nettement préféré pouvoir rester au lit toute la journée, ou à la rigueur sortir sans chaperon. L'air renfrogné, il s'éclipsa sans la moindre excuse alors que les deux autres finissaient d'organiser la journée pour monter dans sa chambre et prendre un bain, en ignorant totalement l'expression outrée de son précepteur et le rire de l'espagnol.
Dans l'eau chaude, et après un profond soupir de soulagement, il prit une pause pour réfléchir dans un silence et une solitude enfin retrouvés. Dans moins de vingt-quatre heures, il saurait avec qui il allait devoir passer le restant de ses jours. D'abord renvoyée sans ménagement dans un coin de son esprit, l'idée refusa son sort et devint entêtante au point d'occuper toute la place disponible. Pas moyen de penser à autre chose, à part à deux éclats verts et un sourire scotché sur un visage... Auxquels il ne voulait pas penser non plus. Cet homme n'était qu'un imbécile heureux qu'il ne reverrait sans doute pas. Les soldats, fussent-ils de petite noblesse, n'étaient généralement pas les bienvenus dans une cour royale, quoi qu'en dise cet Antonio Carriedos. Il avait sûrement menti à son précepteur sur la réelle importance de sa famille pour se faire bien voir.
-oOo-
Inconscient d'être l'objet de telles pensées, Antonio vint les retrouver le lendemain matin avec sa bonne humeur coutumière. Ils passèrent donc toute la journée dans les divers endroits de Madrid que l'espagnol connaissait bien, sur lesquels il avait presque à chaque fois des anecdotes à raconter. Pour un peu, Lovino en aurait souri s'il n'avait pas tenu à maintenir son apparence bougonne et renfermée. Hors de question de passer pour une proie facile qu'on pouvait séduire aussi facilement. Et non il ne se sentait pas attiré par cet homme. Pas du tout. Trop joyeux, trop exubérant, trop confiant, trop gentil... Trop son contraire. Il lui rappelait un peu son frère par moment. Feliciano aussi était de nature optimiste et innocente, un peu naïf parfois. Le genre de personnalités qui étaient vulnérables si personne n'était là pour les protéger.
De son côté, Antonio passait un bon moment. Il s'était donné pour mission de réussir à faire sourire le jeune italien et sentait qu'à plusieurs reprises il avait été proche d'y parvenir. En tout cas ses yeux avaient souri. Un peu. Et ses lèvres s'étaient étirées d'au moins un demi-centimètre. Malgré lui, il se sentait attiré par l'énigme que ce Lovino Vargas représentait. Une véritable chambre forte émotionnelle, et en bon explorateur curieux, Antonio avait très envie de découvrir tout ce qu'il y avait sous les apparences. La journée fila vite et il fut bientôt l'heure de retourner à l'auberge enfiler les bons vêtements pour rencontrer le roi.
L'espagnol alla directement au palais après les avoir laissés. Ayant été convoqué dans l'urgence, il n'eut pas à patienter longtemps avant d'être reçu dans la chambre du trône. À l'intérieur, il n'y avait que le roi, quelques conseillers et quelques gardes.
- Votre majesté, fit Antonio en mettant un genou à terre.
- Ah, Don Carriedos ! Nous désespérions de vous voir arriver avant ce soir ! s'exclama un conseiller en souriant.
- Je suis parti dès que j'ai reçu la missive royale, mais quelques embûches sur la route m'ont retardé. Je vous prie de bien vouloir m'en excuser.
- Vous êtes là, c'est l'essentiel. Sa majesté souhaitait vous voir de façon urgente.
Ayant ainsi reçu une autorisation implicite, Antonio se releva et s'inclina légèrement en avant. Le roi le regarda longuement et prit la parole.
- Une famille aussi puissante et ancienne que la vôtre ne saurait rester sans héritier bien longtemps.
Antonio déglutit difficilement et se sentit extrêmement mal à l'aise. Si son interprétation des paroles était juste – et il n'y avait pas cinquante possibilités – il était assez mal.
- Ces derniers mois, nous vous avons recommandé de ne pas tarder à vous marier afin d'assurer une descendance, mais aucun célibataire de la cour n'a semblé vous satisfaire.
- Majesté, je pensais simplement prendre le temps de bien choisir, tenta-t-il, un mariage n'est pas un acte anodin et je tenais à ce que ce soit avec...
- Nous avons donc, coupa le monarque en l'ignorant royalement, arrangé un mariage avec une noble famille influente étrangère. Nous renforcerons du même coup les alliances qui nous sont chères et vous servirez admirablement la couronne.
Antonio se mordit la lèvre. Il était coincé sur tous les plans, refuser l'union s'apparenterait à une humiliation pour la famille en question doublée d'une trahison à la couronne espagnole. Son esprit s'envola aussitôt vers Lovino. Le jeune italien ne serait pas le seul à se retrouver marié de force. Il n'avait plus qu'à espérer tomber sur quelqu'un d'accommodant.
- Puis-je au moins savoir le nom de la famille qui va s'unir à la mienne ? demanda-t-il poliment.
- Votre promis ne devrait pas tarder, vous ferez connaissance d'ici quelques minutes et la cérémonie aura lieu demain, déclara un conseiller.
Antonio manqua de s'étouffer. Si tôt ? Si vite ? On ne lui laissait même pas le temps d'encaisser la nouvelle ou de connaître un peu la personne à qui il allait être uni ? Et les conseillers comme le roi avaient l'air de ne voir aucun problème à la situation. Certains semblaient même s'en amuser. C'est à peine s'il eut le temps de se recomposer un air impassible que les portes s'ouvraient de nouveau pour laisser entrer deux autres personnes. Dans un parfait respect du protocole, il fit un quart de tour pour voir les nouveaux venus sans tourner le dos au roi. Et se figea alors qu'un conseiller fit les présentations.
- Don Antonio Ferandez-Carriedos, duc d'Aragon, seigneur de Saragosse et capitaine de l'Invincible Armada, je vous présente votre promis, Lovino Vargas, marquis de Campanie et seigneur de Naples. Il est accompagné de Marcello Silano, son précepteur et grand homme de sciences.
Bon, j'imagine qu'il y avait peu de suspense pour cette annonce, mais que voulez-vous...
Laissez un ptit mot si vous pensez qu'Antonio va en baver, et n'hésitez pas à demander au passage le dessert/bonbon/sucrerie que vous aimeriez voir en fin de chapitre !
Plein de bananes royales pour vous ! (demande de Djodjocute)
