Chapitre 2 :

Le trajet avait était éprouvant, pour tous les deux. Des heures et des heures de voiture, sur les nerfs jusqu'à ce que Gabi ouvre la bouche et fasse comprendre à Antonio que ce n'était pas contre lui qu'était dirigé sa nervosité, ce qu'il comprenait parfaitement et le reste du voyage se fit dans une ambiance plus paisible entre chansons country et gestes tendres.

Une fois arrivés en ville, Antonio voulu passer directement par un hôtel, pour que Gabi puisse se reposer et se vider la tête avant la grande épreuve. Etrangement il était le moins préparé des deux par rapport à cette visite au cimetière. Sauf que Gabi, elle, était prête et voulait en finir le plus rapidement possible, alors il la conduisit au cimetière municipal. Il était là pour elle après tout.

Une fois entrés dans le cimetière, il la vit se débattre avec la lettre qu'elle avait reçu, cherchant l'emplacement final de son…. père. Doucement il lui prit la lettre des mains, lu rapidement ce qu'il y avait d'inscrit et se mit en marche. Voyant qu'elle ne le suivait pas, il revint sur ses pas et lui tendit la main, qu'elle accepta promptement avec un grand sourire. Elle savait qu'elle pourrait affronter ce moment, tout affronter, du moment qu'elle l'avait à ses cotés.

Au bout de dix minutes de marche il s'arrêta, et senti aussi vite le stress remonter en flèche.

-C'est ici.

-Je sais.

Il secoua la tête.

Elle jouait nerveusement avec ses doigts et fini par lui demander d'une minuscule voix.

-Tu m'accompagnes ?

Il la regarda, il n'était pas surprit de sa requête mais malgré tout l'amour qu'il lui portait, c'était quelque chose qu'elle devait faire seule, du moins pour l'instant.

-Non.

Elle non plus n'était pas surprise de sa réponse, même si elle en avait espéré une autre.

-Bien.

Il lui sourit, ramena sa main à sa bouche et y déposa un baiser affectueux sur ses phalanges.

-Je serai là, derrière toi.

-Je sais.

Et cette fois ci c'est elle qui lui sourit avant de s'élancer à la rencontre de l'homme qui, à une époque, avait énormément compté dans sa vie, avant de la transformer en cauchemar.

-Bonjours popy.

Elle ravala un sanglot, et se tourna en direction d'Antonio qui continuait à lui sourire. Elle trouva alors la force de continuer.

-Je…. suis revenue. Tu es mort maintenant et c'est aujourd'hui seulement que je trouve la force de te parler. Tu as dit et tu m'as fait des choses monstrueuses et j'ai été influencé par ça, j'ai occulté ce que tu as fait, comment tu m'as fait souffrir, et à quel point tu l'as fait, et je me suis transformée en une espèce de….. monstre moi aussi. Allant jusqu'à vouloir détruire ma propre sœur, par ta faute. Mais j'ai été sauvé par Ricardo, puis Antonio, mes deux anges gardien….

Antonio la regardait de loin, il la voyait tressaillir et refouler quelques sanglots. Il était fier, fier de la jeune femme qu'elle était devenue, plus forte et plus courageuse qu'avant, n'ayant plus peur de la vie ni de l'amour et il aimait à penser qu'il avait sa part de responsabilité là dedans.

Il se mit à repenser au stratagème qu'ils avaient du mettre en place pour pouvoir partir tous les deux. Gabi, après l'arrivée de la lettre, avait demandé quelques jours de repos, inquiétant au passage Ricardo car elle n'avait pas voulu lui dire de quoi il retournait. Elle ne s'en sentait pas capable avait-elle dit. Quant à lui, il avait du déclarer qu'il partait à un séminaire qu'il ne pouvait pas annuler. Il n'était pas très fier d'avoir menti, et encore un mensonge…, mais il n'avait pas le choix, Gabi avait besoin de lui et il serait là, toujours, il le lui avait promit.

-C'est une nouvelle femme que tu as devant toi, pas la petite fille brisée que tu as laissé, ni la garce qu'elle est devenue mais moi. Juste moi papa et j'ai avec moi quelqu'un de très spécial et cher à mon cœur pour qui le pardon est important. Alors ça ne sera pas facile mais je vais te pardonner et continuer à me reconstruire, avec lui. J'espère que où que tu sois tu trouveras ce que tu cherches, peut-être. Au revoir popy.

Elle se détourna de la banale pierre tombale, et alla rejoindre Antonio.

-Ca va ?

Elle répondit par la positive, et malgré les larmes qui brouillaient sa vue elle affichait enfin un sourire décontracté.

-Oui. J'ai fait ce que j'avais à faire.

Elle lui déposa un chaste baiser sur les lèvres.

-Merci de m'avoir accompagné.

-Toujours.

Cette fois ci c'est Gabi qui prit l'initiative de lier leurs mains.

-On peut partir à la recherche d'un hôtel maintenant !

-Tu es sure ?

-Oui. Je suis fatiguée.

Ils arrivèrent à la voiture.

-Ok. Mademoiselle votre carrosse est avancé.

Et c'est toujours en se souriant tendrement qu'ils partirent à la recherche d'un hôtel.

&&&&&