Chapitre 2 : Vérité
Harry soupira de soulagement. Il était perdu, complètement. Il avait bien eu quelques doutes par rapport au comportement de Dumbledore envers lui, mais jamais il n'avait pensé qu'il voulait se débarrasser de lui… Pourtant, quand il y réfléchissait, Dumbledore l'avait toujours laissé briser les règlements de l'école… En première année, il avait failli mourir en affrontant Quirell et Voldemort, en seconde pareil face à un Voldemort jeune et un basilic, en troisième année, c'était les détraqueurs qui avaient failli avoir raison de lui, en quatrième année, c'était Voldemort et l'année dernière, encore Voldemort mais quelque chose clochait… Si Dumbledore voulait qu'il meure, pourquoi l'avait-il protégé avec les statuts ? A moins que… Non, ce n'était pas possible…
Il se sentit paniquer pour une raison qu'il n'expliqua pas. Sa magie lui échappa et de nombreux objets explosèrent alors que la porte s'ouvrait brutalement.
- Harry ! s'exclama Voldemort en voyant le carnage dans le chambre.
Harry tourna ses yeux vers lui, des yeux vitreux où la panique avait cédé sa place à la colère. Il voyait de l'inquiétude briller dans les yeux rouges face à lui mais il ne s'en préoccupait pas, sa colère n'était pas contre lui, elle était contre un sorcier qui le manipulait depuis des années. Il ne se rendit même pas compte qu'il avait fait apparaître un bouclier de protection autour de Voldemort, il se contentait de laisser sa magie exprimer toute sa rage.
Voldemort ne comprenait pas pourquoi il avait un bouclier autour de lui et quand il avança, le bouclier se déplaça avec lui.
Il s'assit en douceur près d'Harry et posa une main sur son épaule. Le contact fit sursauter le plus jeune mais il se calma instantanément.
Harry sembla prendre conscience de ce qu'il avait fait et il se sentit vraiment mal. Il s'était laissé emporter encore une fois mais jamais sa magie n'avait fait autant de dégâts.
- Désolé, marmonna-t-il en baissant la tête.
- Ce n'est rien, répondit le Lord en agitant sa baguette pour réparer les dégâts. Tu n'es pas le seul à te laisser emporter…
Harry hocha la tête, mal à l'aise.
- C'était vous n'est-ce pas ? s'enquit-il d'une toute petite voix.
- De quoi tu parles ?
- Au ministère, c'était vous qui aviez ensorcelé les statuts pour que je reste à l'écart du combat…
- Oui, admit-il.
- Mais vous m'avez possédé, vous êtes entré en moi…
- C'est un sort du vieux fou qui m'a propulsé en toi, avoua-t-il. J'étais prisonnier de ton corps et heureusement pour nous, c'est un sort qui nécessite beaucoup d'énergie et il n'a pas pu le maintenir longtemps.
Harry se frotta le visage dans ses mains, constatant pour la première fois qu'il n'avait pas ses lunettes mais qu'il voyait très bien.
- Mes lunettes, je n'en ai plus besoin, souffla-t-il.
- Le sort a donc réussi, murmura Voldemort près de lui.
Harry se retourna vivement vers lui et le remercia du regard.
- Comment avez-vous retrouvé cette apparence ? demanda-t-il timidement.
Il dut admettre qu'il était beaucoup mieux ainsi. Il avait l'impression de revoir le Tom Jedusor qui était sorti du journal plusieurs années auparavant, mais avec quelques années de plus. Son teint n'était pas aussi blanc que le Voldemort qui était sorti du chaudron, ses cheveux étaient noirs et tombaient élégamment sur sa nuque et ses yeux étaient rouges, approchant dangereusement du noir lorsqu'il était en colère et ils avaient quelque chose d'hypnotisant.
- Je n'ai pas vraiment de réponse, admit-il. Lorsque je me suis retrouvé dans ton corps, tu as ravivé des sensations que je croyais avoir oublié et elles m'ont fait souffrir pendant plusieurs jours, jusqu'à ce que je sombre dans l'inconscient, avoua-t-il. Je me suis réveillé trois jours plus tard sous l'œil inquiet de Severus et j'avais cette nouvelle apparence.
Le silence s'installa entre eux, jusqu'à ce qu'Harry pose une nouvelle question :
- Mes affaires et ma chouette sont où ?
- Tes affaires sont dans l'armoire et ta chouette doit sûrement être dans la volière du manoir, répondit-il.
- Il y a des affaires qui n'étaient pas dans ma valise, murmura-t-il.
- Je sais, ta baguette, des photos, un vieux parchemin et une cape d'invisibilité, j'ai tout récupéré…
- Comment ? souffla-t-il stupéfait.
- Je t'avais vu faire, répondit-il simplement.
Harry se renfrogna, il n'aimait pas être espionné.
- Et maintenant ? Je vais devenir quoi ?
- Tout dépend de toi…
- J'ai été manipulé par Dumbledore depuis le début n'est-ce pas ? demanda-t-il bien qu'il savait la réponse.
- Oui, tout comme moi…
- Il va payer ! cracha Harry en sentant une nouvelle vague de fureur le traverser.
- Arrête de détruire ta chambre, soupira le Lord. Tu peux rester là jusqu'à la rentrée et on trouvera une solution pour que tu retournes à Poudlard, sous une autre identité.
- Il est déjà au courant de ma disparition ? s'enquit-il avec un froncement de sourcils.
- Non, répondit-il sèchement. Personne ne sait que tu n'es plus chez les moldus alors que ça fait une semaine que tu es ici ! s'exclama-t-il furieusement.
Harry sentit la magie du Lord crépiter, il contrôlait mais c'était tout juste. Et il fut amusé de cette constatation, il n'était vraiment pas le seul qui laissait sa colère sortir facilement.
- C'est sûr, vaut mieux que ce soit vous qui détruisiez la chambre, murmura-t-il avec un léger sourire.
Voldemort se calma aussitôt, étonné de l'entendre plaisanter avec lui.
- Non, ce n'est pas une bonne idée non plus, soupira-t-il. Si tu restes ici, tu apprendras à te battre en duel, que ce soit avec ta baguette ou avec les armes blanches, tu apprendras aussi à contrôler ta magie, hors de question qu'elle t'échappe comme tout à l'heure, tu pourrais blesser beaucoup de monde.
- Mais je ne peux pas faire de magie, je n'ai pas encore dix-sept ans…
- Tu crois vraiment que je me soucis des lois du ministère ? railla le Lord. Ici, tout le monde peut faire de la magie, majeur ou pas, et aucun idiot du ministère n'est au courant ! D'après toi, pourquoi mes mangemorts sont si bien entraînés ? C'est tout simplement car ils s'entrainent dès qu'ils ont une baguette ! Alors, tu restes ?
- Oui ! s'exclama-t-il avec entrain.
- Très bien, dit-il avec un léger sourire qu'Harry ne lui avait encore jamais vu.
- Mais il va y avoir un problème, vos mangemorts voudront certainement m'attaquer ou…
- Bien sûr que non ! l'interrompit-il. Ils savent aussi bien que moi, que tu n'as en fait jamais été l'ennemi à abattre. Certains d'entre eux étaient vraiment furieux quand je leur ai dit que Dumbledore te manipulait depuis le début… Enfin, passons… Nous sommes dans une période relativement calme, il n'y a aucune bataille de prévu, je vais donc pouvoir passer du temps avec toi pour développer ta magie. Je t'enseignerai moi-même les duels, que ce soit avec la baguette ou les armes blanches. Ensuite, d'après Severus, tu n'es vraiment pas brillant en potions, déclara-t-il amusé par la grimace qu'Harry faisait. Tu prendras donc des cours avec lui et tu pourras, si tu le souhaites, passer du temps avec des jeunes de ton âge… Tu verras qu'il y a plusieurs familles qui vivent ici.
- Malefoy je suppose, soupira Harry.
- Oui, répondit-il. Ainsi que les Zabini, Greengrass, Parkinson, Nott et beaucoup d'autres mais je sais que ces noms-là, tu les connais et qu'ils sont en même année que toi…
Harry soupira encore une fois, il allait devoir supporter toute la troupe de Serpentard.
- Oublie ce que tu pensais d'eux, tu seras vraiment surpris en les voyants ici, dit-il en se mettant debout.
- J'essaierai, grommela-t-il. Mais je suis où exactement ?
- Dans mon manoir, dans mes appartements plus précisément, répondit-il. La porte près du lit mène à ta salle de bain et si tu sors de ta chambre, tu tombes directement dans le salon où se trouve une large bibliothèque que tu peux consulter librement. Ma chambre se trouve à côté de la tienne, si tu as besoin de quelque chose, n'hésite pas à venir ou à m'envoyer Tiny, qui est ton elfe de maison à partir de maintenant. Je te ferai visiter le manoir demain car il est tard et Severus ne devrait pas tarder pour tes soins…
- Mes soins ? le coupa-t-il.
- Harry, tu es arrivé ici il y a une semaine, je te l'ai dit, et tu étais dans un état exécrable donc ce n'est pas parce que tu es réveillé que tu es débarrassé des potions… Severus t'expliquera tout ça.
Harry opina silencieusement, il était fatigué et le Lord dut s'en rendre compte car il le laissa.
Harry se dirigea vers l'armoire pour prendre des affaires propres mais il se figea sur place dès qu'il eut ouvert les portes. L'armoire n'était qu'une illusion, il était dans un véritable dressing. Toutes ses affaires étaient soigneusement rangées mais certaines avaient disparu, et il y en avait beaucoup trop pour que tout soit à lui.
- Tiny, appela-t-il d'une voix hésitante.
- Maître Harry ! s'exclama la petite elfe en apparaissant.
- Où sont mes affaires ? lui demanda-t-il.
- Tout est à vous, Maître Harry. On a demandé à Tiny de tout ranger, de jeter certaines de vos affaires et d'en mettre d'autres à la place, répondit-elle en s'inclinant.
- Très bien merci, murmura-t-il étonné. Tu peux y aller.
Tiny s'inclina une dernière fois et disparut. Harry ne fit donc pas le difficile, il prit un boxer ainsi qu'un bas de pyjama et fila directement dans la salle de bain. Elle était spacieuse avec une douche, une immense baignoire, un lavabo et des toilettes, le tout dans les tons bleu et blanc.
Il choisit de prendre un bain et laissa l'eau chaude le détendre. Il était complètement embrouillé, Voldemort était gentil avec lui et Dumbledore se foutait de lui depuis le début… Et il n'arrivait pas à savoir où sa haine pour Voldemort était rendue, en quelques heures, il n'arrivait plus à le haïr… Cette haine s'était retournée contre Dumbledore, ce vieux manipulateur qui avait fait de sa vie un enfer.
Il repensa aussi aux prophéties, la fausse et la vraie. Dumbledore allait déguster, Voldemort et lui allaient s'allier et sortir ce monde de cette satanée guerre.
Il laissa ses pensées l'emporter, faisant le tri dans son esprit.
- Harry ? l'appela quelqu'un en toquant à la porte de la salle de bain. Tu es là ?
- Oui, j'arrive ! répondit-il en sortant du bain.
Il se sécha rapidement mais ne put s'empêcher d'observer son corps où des cicatrices étaient encore bien visible, avant de s'habiller, revenant torse nu dans sa chambre.
- Bonsoir professeur, murmura-t-il un peu gêné de se retrouver aussi peu vêtu devant lui.
- Ici, c'est Severus et vu le temps qu'on va passer ensemble, tu peux me dire tu, déclara-t-il aussitôt ce qui le surpris.
Où était donc passé son exécrable professeur de potion ?
- Et ne sois pas gêné d'être torse nu devant moi, continua-t-il. Je te rappel que c'est moi qui t'ai soigné et tu ne portais qu'un boxer…
Harry hocha timidement la tête et ne put s'empêcher de rougir, ce qui étira un sourire à son professeur.
- Aller, viens-là, dit-il doucement.
Harry s'approcha de lui et Severus le fit pivoter pour pouvoir observer son dos. Il lui étala un baume et Harry ne put s'empêcher de frissonner à un moment.
- C'est douloureux ? s'enquit-il.
- Oui, admit-il alors que le souvenir de cet après-midi-là lui revenait en mémoire.
- Il t'a brûlé au troisième degré, murmura Severus en continuant de passer le baume à cet endroit précis.
- Une plaque brûlante ne peut que laisser des traces, répliqua Harry en essayant de ne pas laisser sa colère l'emporter.
Severus sentit qu'Harry se tendait brutalement et il plaça aussitôt ses deux mains sur ses épaules pour tenter de l'apaiser.
"Tu n'es plus là-bas Harry, murmura doucement la voix du Lord dans sa tête. Concentre-toi sur Severus, sur ses mains et détends-toi…
- Comment…
- J'ai senti ta colère, ta peine…
- Mais…
- Calme-toi…
- Merci d'être là, souffla-il en laissant retomber sa colère."
Il expira un grand coup et s'excusa auprès de Severus. Ce dernier ne répondit rien et reprit son travail sur son dos.
- Je garderai une cicatrice ? s'enquit-il sur un ton neutre.
- Oui, répondit Severus.
- Il y en a d'autres qui ne partiront pas ?
- Oui, répondit-il encore.
- Lesquelles ? demanda-t-il en soufflant un grand coup. Tu peux les toucher, s'il te plaît…
- Elles sont devant, dans ton dos il n'y en qu'une…
- Lesquelles ? demanda-t-il de nouveau en se tournant pour lui faire face.
- Tu sais lesquelles, répondit Severus. Ce sont des brûlures, encore…
Harry hocha la tête et observa les trois petits ronds qui se trouvaient près de son nombril.
- Cigarettes, murmura-t-il.
Severus ne dit rien une nouvelle fois mais quand il passa le baume dessus, il sentit Harry qui frissonnait de nouveau.
Il passa ensuite ses mains sur les côtes d'Harry, qui leva alors vers lui un regard interrogateur.
- Tu avais plusieurs côtes cassées, mais tout est en ordre maintenant, lui apprit-il. Assieds-toi et relève ton pyjama jusqu'aux genoux.
Harry fit ce qu'il lui demandait et remarqua alors une fine cicatrice sur son tibia droite.
- Il était entièrement écrasé et des morceaux d'os ressortaient, murmura-t-il en inspectant minutieusement sa jambe.
- Mon oncle n'est pas un poids léger, marmonna-t-il alors qu'un frisson le parcourait quand il réentendit le craquement, qui avait précédé la douleur. Et il s'est acharné sur ma jambe alors que j'étais inconscient, je dirais avec la batte de base-ball de mon cousin…
Severus frissonna à son tour. Harry arrivait à raconter ça sur un ton totalement neutre, bien que son visage exprimait toute l'horreur qu'il avait vécu.
- Tout est en ordre Harry, tu n'as plus qu'à prendre ces deux potions, dit-il en lui tendant les fioles.
- J'espère qu'elles ont au moins un bon goût, soupira-t-il.
Il avala rapidement le contenu des fioles et les rendit à Severus.
- Définitivement non, elles sont infectes…
Severus lui fit un léger sourire, heureux de voir qu'il tentait de plaisanter malgré les souvenirs qu'il venait de revoir.
- Si tu n'arrives pas à dormir, je te laisse une potion de sommeil sans rêve, lui dit-il en posant la fiole sur la table de nuit.
- Merci, répondit Harry avec reconnaissance en se glissant sous la couette.
- Comment vont ses blessures ? s'enquit Voldemort dès que Severus eut refermé la porte de la chambre.
- C'est impeccable, répondit-il. Il n'y a plus que les brûlures qui sont douloureuses et il gardera toujours les cicatrices, une dans le dos et trois sur le ventre. Et il s'est énervé…
- Je sais, le coupa-t-il.
- Vous ressentez ses émotions ? devina Severus.
- Les plus fortes, précisa le Lord.
- Depuis quand ? s'enquit-il curieux.
- Depuis que je me suis réveillé sous cette apparence, répondit-il.
- C'est vous qui l'avez calmé n'est-ce pas ? devina-t-il de nouveau.
- Oui, il s'était replongé dans son souvenir alors je lui ai demandé de se calmer.
- Je ferai des recherches sur votre lien si vous voulez…
- Les livres que tu m'as passé m'ont déjà bien éclairé, murmura-t-il songeur. Mais si tu trouves autre chose, viens me voir.
Severus hocha la tête et s'apprêta à prendre congé.
- A-t-il encore besoin de soin ?
- Juste le baume matin et soir sur les brûlures, jusqu'à ce qu'elles ne soient plus douloureuses et deux potions à prendre le soir.
- Merci Severus, je m'en occuperai dans ce cas. Tu peux y aller.
Severus s'inclina et sortit des appartements alors que le Lord se plongeait dans un livre.
Au beau milieu de la nuit, Voldemort fut tiré de son sommeil par une étrange sensation de peur et de panique. Il lui fallut plusieurs secondes avant de se rendre compte que, ces sensations, n'étaient pas les siennes mais celles du jeune sorcier qui se trouvait dans la chambre voisine.
Il se leva alors rapidement, décidé à savoir ce qui lui arrivait. Quand il ouvrit la porte de la chambre, il dut se rendre à l'évidence qu'Harry faisait des cauchemars et vu les cris qu'il poussait, il n'eut pas de mal à savoir qu'il revivait les deux semaines passées chez les moldus.
Il retourna donc dans sa chambre et pénétra l'esprit d'Harry. Il le força à repousser ses mauvais souvenirs et lui parla d'une voix calme en poussant dans son esprit des images banales, comme un ciel étoilé.
Plusieurs minutes plus tard, il ressortait de son esprit et il put ressentir l'apaisement du jeune.
Il ne savait pas ce qu'était réellement ce lien qui les unissait, mais il était sûr d'une chose, il était de plus en plus fort depuis qu'Harry était ici.
Au matin, Harry émergea lentement du sommeil. Il se sentait reposé pour une fois, pourtant, il était certain d'avoir fait un cauchemar mais étrangement, il ne s'était pas réveillé.
Il se leva donc et alla directement dans son dressing. Il prit un jeans noir ainsi qu'un tee-shirt à manches courtes blanc et partit dans la salle de bain.
Lorsqu'il retourna dans sa chambre, Voldemort l'attendait assis dans le canapé.
- Bonjour, dit-il timidement en s'avança vers lui.
- Ah, Harry, répondit-il. Viens dans le salon, Tiny nous a préparé le petit déjeuner.
Harry acquiesça et le suivit. Le salon était composé de plusieurs canapés et fauteuils noirs entourant une table basse et d'un tapis vert clair tout comme les murs. Harry trouva l'endroit à son goût et un petit sourire vint flotter sur ses lèvres alors qu'il s'installait face à Voldemort.
- Ce matin, je vais te faire visiter les lieux et te faire rencontrer Drago, Blaise, Théodore, Daphnée et Pansy, déclara-t-il dès qu'ils eurent commencé à manger. Et cet après-midi, on travaillera ensemble.
- Sur quoi travaillerons-nous ? s'enquit-il.
- Je vais commencer par t'appendre à maîtriser ta magie, c'est le plus important.
Harry grommela, il n'avait pas tort, sa magie lui échappait dès qu'il était furieux.
- Avant que tu ne sois levé, j'ai discuté avec Severus et nous t'avons trouvé une couverture pour que tu puisses retourner à Poudlard, dit-il en l'observant. Grâce à une potion, nous allons pouvoir modifier temporairement ton apparence et tu deviendras le fils de Severus et Eleanor…
- Le fils de Severus et Eleanor ? le coupa Harry stupéfait.
- Oui, dans la potion, il utilisera une goutte de leur sang et tu auras l'apparence qu'aurait eue un de leurs enfants, expliqua-t-il.
- Qui est Eleanor ?
- La femme de Severus.
Harry le regarda bouche-bée. Severus était marié ?
- Severus est marié depuis des années Harry mais sa femme, Eleanor, a longtemps vécu dans son pays d'origine, la France. On l'a fait revenir en Angleterre pour assurer ta couverture mais elle est ravie, tu la rencontreras ce soir. A partir de septembre tu seras donc Maxim Leo Connors et pour que tu sois plus tranquille vis-à-vis des autres élèves, on a préféré qu'il n'y ait pas le nom de Severus, juste celui d'Eleanor.
Harry hocha la tête, ils avaient vraiment tout prévu. Enfin presque…
- Il va quand même y avoir un problème, Dumbledore est, d'après Severus, très bon en legilimancie, il se rendra donc facilement compte que Maxim est en fait Harry…
- Ne t'inquiète pas pour ça, on a aussi une solution et…
Mais il s'interrompit en voyant la chouette du jeune entrer dans la pièce.
- Hedwige ! s'exclama joyeusement Harry.
La chouette se posa sur son épaule et Harry lui donna aussitôt des morceaux de bacon.
Pendant ce temps, le Lord venait de recevoir la Gazette et lorsqu'il vit la une, un sourire étira ses lèvres.
- Le vieux fou s'est enfin rendu compte que tu avais disparu et c'est la panique…
- Bien fait pour lui, gronda Harry en caressant sa chouette. Sans vous, je serais peut-être mort alors que lui, il savait parfaitement ce qui m'arrivait à chaque fois que je retournais là-bas !
Harry était furieux, parler de Dumbledore faisait monter en lui toute sa colère. Déjà sa magie crépitait dans la pièce, faisant soupirer le Lord et s'enfuir Hedwige.
- Contrôle ta magie Harry ! lui ordonna-t-il.
Harry se tourna vers lui et accrocha son regard au sien. Il se calma lentement en observant les yeux rubis qui lui faisaient face.
- Je n'y comprends rien, gémit-il en se frottant le visage. Ma magie semble s'être renforcée depuis que je suis là…
- Peu avant que tu te réveilles, j'étais en colère et ma magie m'a légèrement échappée. Alors que tu étais inconscient, tu es venu pomper ma magie et c'est ce qui t'a permis de te réveiller hier, lui apprit le Lord.
- J'ai pris votre magie ? murmura-t-il abasourdi.
- Pas exactement, tu t'es servi de ma magie pour refaire le plein car pendant les deux dernières semaines, tu avais beaucoup tiré dessus…
- Mais c'est impossible ! l'interrompit Harry en se levant.
- Qu'est-ce qui est impossible ? lui demanda-t-il calmement.
- Je n'ai jamais eu une telle puissance magique, répondit-il en faisant les cent pas.
Voldemort l'observa silencieusement en réfléchissant.
- Kila ! s'exclama-t-il.
- Maître ? murmura une petite elfe en s'inclinant.
- Trouve Severus et dis-lui de venir dans mes appartements immédiatement, ordonna-t-il sèchement.
- Tout de suite Maître, répondit-elle avant de disparaître.
Harry se laissa retomber dans le fauteuil face à Voldemort et finit par poser une question :
- Je suis censé vous appelez comment ? Car même si je suis maintenant de votre côté, je ne suis pas un mangemort et je refuse de vous appeler Maître, déclara-t-il le regard flamboyant.
- Appelle-moi Tom, répondit-il simplement.
Harry lui fit un léger sourire et s'enfonça un peu plus dans son fauteuil alors que Severus arrivait.
- Severus, est-il possible que Dumbledore ait bloqué une partie de la magie d'Harry ? lui demanda-t-il.
- Bloquer une partie de sa magie ? répéta-t-il lentement.
- Oui, d'après Harry, sa magie n'a jamais été aussi puissante…
- Je m'en suis rendu compte, il est vrai qu'il n'a jamais explosé ainsi à Poudlard pourtant, je l'ai très souvent mis en colère mais c'est un sort tellement complexe et tellement dangereux…
- Dangereux pour Harry, pas pour lui, le coupa froidement le Lord.
- Donc le fait de pomper votre magie hier, aurait brisé le sort, souffla Severus complètement horrifié de ce que Dumbledore avait sûrement fait.
- Il a volontairement bloqué ma magie ? s'enquit Harry sur un ton calme, beaucoup trop calme au goût des deux adultes.
- Il semblerait, répondit prudemment Severus.
- Je vais le tuer ! s'écria-t-il complètement hors de lui. Il a joué avec ma vie pendant toutes ces années, il ne s'en sortira pas !
- Harry, tenta Severus.
- Non ! hurla-t-il alors que sa magie s'agitait de plus en plus.
- Contrôle ! lui ordonna le Lord pour la deuxième fois en peu de temps.
Harry tourna de nouveau son regard vers lui, un regard beaucoup plus sombre que d'habitude où la fureur était inscrite.
- Contrôle, ne laisse pas ta magie t'échapper, continua le Lors d'une voix calme.
Harry secoua la tête, il était beaucoup plus facile de la laisser s'échapper.
"Harry, murmura le Lord.
- Aide-moi Tom, pensa-t-il.
- Je vais t'aider mais commence par te calmer, lui répondit-il."
Harry souffla, la simple présence de Tom dans son esprit l'apaisait.
- Merci, murmura-t-il.
Tom hocha la tête alors que Severus jurait, une première en présence d'autres personnes.
- Je n'ai presque plus aucun doute sur le fait que Dumbledore ait bloqué une partie de sa magie, lâcha alors froidement Tom.
Severus ne fit qu'hocher la tête, toutes les preuves étaient là.
- Aller Harry, je vais te faire visiter le manoir, décida Tom en se levant.
Harry se leva aussitôt, content d'avoir autre chose à faire que de s'énerver contre Dumbledore.
- Je retourne à mes potions, murmura Severus en partant.
