Titre : Ni loups ni moutons
Auteur : ylg/malurette
Base : Les Compagnons du Crépuscule
Personnages/Couple : Mariotte(/Aymon), Anaïs/Ancelinote
Genre : drama
Gradation : PG~ / K-max
Légalité : propriété de François Bourgeon, je ne cherche ni à tirer profit ni à manquer de respect.
Prompt : la suite de « werewolves » pour ladiesbingo
Continuité/Spoil éventuel : Le dernier chant des Malaterre
Nombre de mots : 950
oOo
Guère longtemps après la fameuse chasse au gare-loup qui cimenta son amitié avec Mariotte, Anaïs se trouve des occasions de culbuter un nigaud, puis de caresser une donzelle quand son marmot est endormi. Elle n'a pas à regretter de ne poser sur Mariotte qu'une main chaste et amicale : elle trouve toujours à s'amuser ailleurs.
Quant à profiter de la Carmine qui ressemble tant à Mariotte ? Elles ont le même visage, à la maturité des année près le corps de Carmine présente des formes plus épanouies, et leur plus grande différence : contrairement à Mariotte qui n'aime pas du tout l'idée de se faire caresser par qui que ce soit d'autre qu'un beau garçon, Carmine ne serait pas contre un peu de plaisir avec n'importe qui qui voudra bien la sauver de son amère solitude.
Anaïs pourtant l'évite c'est bien la première fois qu'elle renonce à cueillir ce qu'on lui offre de bonne grâce.
Mariotte n'est pas comme ça. Elle aime – ou aimait jusqu'à très récemment – folâtrer avec les garçons, et des garçons seulement. Les hommes plus âgés ne lui disent rien, ni les filles ni les dames. Et comme elle est amoureuse maintenant, elle est prête à n'être plus fidèle qu'à un seul.
Anaïs a encore mal à comprendre ça, mais elle reconnaît que son propre désir de Mariotte n'est pas celui de Carmine et qu'elle ne la remplace donc pas.
Mais Mariotte, au grand dam d'Anaïs, n'a pas peur de la remplacer. Ou en tout cas, de la déchoir de ce qui était pour elle, naïvement, un statut unique. Mariotte se fait amie avec d'autres filles. Elle accueille l'Ancelinote dans leur cercle et Anaïs découvre la jalousie.
Par dépit, plutôt que rompre quoi que ce soit, elle préfèrerait ajouter se demande si elle peut se l'approprier, cette Ancelinote ? Cette petite caille tendre qui se préfèrerait pie elle pourrait la croquer, comme elle l'a fait avec Jehannote juste avant.
Et pourtant elle n'ose pas. Ça ne lui plairait pas autant que ça pourrait. Et elle ne vaudrait pas mieux ainsi que ces loups d'hommes qui attaquent les agnelles. Folâtrer avec ne doit pas exclure de garder une certaine bienveillance envers le ou la partenaire ! (À moins que le partenaire soit ce pauvre Anicet, que personne ne peut prendre au sérieux, ni elle ni personne d'autre dirait-on.)
Pour ce qui est d'Ancelinote elle-même, Anaïs finit par se laisser convaincre de toute façon : la demoiselle appelle la bienveillance. Elle sait à quel point la vie peut être une chienne, elle n'a plus aucune naïveté, mais ne laisse pas pour autant les chienneries qu'elle subit constamment gâter ses relations avec les rares personnes qui ne lui témoignent aucune hostilité.
Dans ce triste monde où c'est quasiment chacun pour soi, où on ne s'entraide que dans les rangs de sa petite famille choisie et où l'on s'arrête rarement plus d'une fois à accorder un regard à un étranger, Anaïs se découvre plus de bienveillance qu'elle n'aurait cru envers celle-ci.
Ça n'est pas le même amour simple que pour Mariotte, pas le même désir cru que pour ces corps dont elle oublie déjà les noms elle éprouve maintenant un étrange mélange des deux, et plus encore.
Anaïs n'est plus un loup. Elle se sent l'envie de protéger cette fille, qui pourtant est un mouton : de ceux qu'elle a si longtemps méprisés ! Pour elle, elle seule, elle n'a que de la tendresse aujourd'hui. Sans comprendre comment, elle s'est transformée de loup en humain.
Oh, elle n'est pas devenue à son tour le gare-loup maudit… plutôt un chien dressé. Cette idée lui aurait fait horreur il n'y a pas si longtemps. Jusqu'à ce que Mariotte s'en vienne la convaincre de laisser une chance aux humains, sans doute et à présent… elle aime ça.
Anaïs a trouvé l'amour, sans perdre d'amitié. Son lien avec Mariotte est toujours aussi important, pour toutes les deux, malgré Aymon et malgré Ancelinote. Tous ensemble, ils forment une famille. Pas une meute de loups, ça non pas les gare-loups décriés. Ils ont trop payé autrefois à cette légende-là et l'ont enterrée.
Leur troupe ne jouera plus jamais de farce qui entraîne autant de mauvaise humeur que de rire, et plus jamais de morale à effrayer les gens. Ils préfèrent pour leur nouvelle vie de jolis contes, beaux et tristes, sur les sirènes et les hommes qui les ont suivis, pour faire rêver les enfants… et chasser leurs propres cauchemars. Entre compagne, ça devient plus facile.
