Résumé : Au Seireitei, beaucoup de gens courent après Byakuya Kuchiki. A vrai dire, tout le monde pensait qu'il n'aimerait plus jamais quelqu'un, après la mort d'Hisana. Personne n'aurait pu prévoir qu'une simple lettre changerait tout.
Couple : Byakuya Kuchiki / Renji Abarai
Raiting : M (yaoi)
Genre : Romance
Avec une pensée particulière à toutes les vaches qui ont été observées durant l'écriture de cette fic.
Blue Nails
Chapitre 1 : Almost another day...
Renji sursauta.
-Meeeeeeeerde !
Le jeune lieutenant se lança en courant dans le couloir. Comme tous les matins, il allait être en retard... Quelle idée, aussi, de s'arrêter discuter avec Kira et Hinamori ? Ils n'auraient pas de problèmes, eux, leur capitaines étaient sympathiques... Pas comme Kuchiki !
Il arriva à sa division, essoufflé, rouge d'avoir autant couru. Pourquoi fallait-il que les baraquements des vice-capitaines soient aussi éloignés ? Il passa la porte d'entrée. Rien d'inhabituel, à première vue. Maintenant, le plus dur... Direction la capitainerie. Il tira la porte coulissante, espérant de tout son cœur palpitant à folle vitesse que son supérieur de serait pas arrivé. Bien évidemment, Byakuya Kuchiki était assis à son bureau en train d'écrire. Il ne leva même pas les yeux.
-Encore en retard.
-Veuillez m'excuser, Capitaine ! J'étais av-
Devant l'air de son capitaine, Renji n'insista pas. Il s'assit à son bureau, et ainsi camouflé par la haute, très haute, pile de dossiers en retard, il put observer un instant le brun. Son visage totalement fermé, ses sourcils froncés... Seuls ses yeux étaient en mouvement, il lisait un document qui n'avait pas l'air de lui plaire, au vu du léger plissement de ses lèvres... « Ses lèvres... ». Renji rougit et baissa immédiatement la tête sur le premier dossier. Ça faisait déjà longtemps... Le lieutenant savait parfaitement qu'il ne pourrait pas cacher éternellement ce qu'il ressentait pour lui. Ce qu'il ressentait, oui, ça faisait un moment qu'il y pensait. Il savait qu'il le haïssait, il savait qu'il l'admirait, il savait qu'il l'aimait, et il assumait le tout. Quoi que. Pas assez pour oser s'avancer vers lui et l'embrasser.
Il se plongea dans la lecture du premier dossier. Un rapport, des membres de la division qui s'étaient occupés de Hollows de bas niveau aux abords du Rukongai. Mission de base. Il devait juste vérifier le rapport et le transmettre à son supérieur, qui devrait se charger de le passer à la Première Division. Nouveau coup d'œil sur ledit supérieur... « Toujours aussi beau ». Sauf que ce coup d'œil-ci était grillé.
-As-tu fini, Renji ?
L'interpellé sursauta. Pourtant, Byakuya n'avait pas bougé, il était toujours en train d'écrire et n'avait même pas levé la tête.
-Ah, heu... Hein ?
Il n'obtint pour toute réponse qu'un long soupir. Il se mordit la lèvre, lut rapidement le dossier avant de se lever et de venir devant le bureau. Il tendit d'une main fébrile le document. Byakuya ne réagit pas tout de suite, finissant tranquillement d'écrire avant de lever le nez vers son lieutenant. Il prit la feuille, ses doigts effleurant au passage ceux de Renji qui ne put que rougir et balbutier :
-C'est le rapport que vous attendiez...
Et il se rassit à sa place. Il en fit de même avec d'autres dossiers, toujours aussi troublé en le passant à chaque fois au brun. En fin de matinée, fatigué, il commença à griffonner sur un morceau de papier, attendant l'heure du déjeuner pour ne pas avoir à rester plus longtemps près de cet homme qui le troublait tant. Lorsque – enfin ! - l'heure du repas sonna, il se leva. En voyant que son supérieur n'esquissait pas un geste et continuait à remplir de la paperasse, il dit :
-Capitaine ? Vous n'allez pas manger ?
Devant le manque total de réaction dudit capitaine qui lui accorda à peine un regard, il laissa tomber dans un soupir et quitta la pièce pour se rendre au réfectoire avec les hommes de la division. Tout en mangeant, inévitablement, il repensa à Byakuya. Aurait-il un jour son cœur ? Il commençait sérieusement à se le demander...
Byakuya regarda son lieutenant quitter la capitainerie avec empressement. Son regard se posa ensuite sur la pile de dossiers, à peine diminuée. Avec un nouveau soupir, il se leva et prit celui sur le haut. Voilà déjà quelques années qu'il agissait comme ça, finissant dans son dos le travail de son lieutenant, sans jamais rien lui reprocher. Bien que capitaines et vice-capitaines doivent se partager équitablement le travail administratif et entraînement des hommes, à la sixième division, ils avaient quelque peu changé les choses. Comme le brun avait d'évidents problèmes relationnels avec ses subordonnées, Renji s'occupait toujours des entraînements et lui de la paperasse. L'un faisait ce que l'autre délaissait : de ce fait, au final, tout le travail était fait et chacun y trouvait son compte, ce sans qu'aucun ne fasse de remarque à l'autre.
Mais alors qu'il s'apprêtait à prendre le dossier pour l'emmener à son bureau, son regard effleura la feuille que Renji avait laissé au milieu du bureau et sur lequel il avait griffonné durant les dernières minutes. Intrigué, il reposa le dossier et se saisit de la feuille. Il y avait dessus plusieurs dessins, des formes abstraites, et quelques scènes de la vie courante reconnaissables malgré le talent médiocre du jeune homme en dessin. Alors qu'il allait reposer le papier, son regard accrocha deux mots. Son nom. Son nom à lui. Pourquoi Renji l'avait-il écrit ?
Byakuya vérifia qu'il n'y avait personne aux alentours – il était seul dans la capitainerie. Il s'assit doucement à la place du lieutenant et retourna la feuille. Le verso était recouvert de l'écriture irrégulière si caractéristique du rouquin. Le noble fronça les sourcils. Les paroles étaient crues, les rimes assez peu poétiques, les alexandrins non respectés, mais c'était bel et bien un poème d'amour... Qui lui était dédié. Pas de doute possible, Renji avait écrit ça pour lui. Et dans ses lignes, il le disait clairement : ce n'était plus de l'admiration, mais de l'amour qu'il ressentait pour lui - bien que cette admiration n'ait pas disparu.
Il ne sut comment réagir. Devait-il être gêné, flatté, ou en colère ? Incertain, il fit comme d'habitude : il ignora superbement ses sentiments confus. Il récupéra le reste des dossiers et se plongea dedans pour éviter au maximum de penser à Renji, de ce fait il fit une performance record en remplissage de papiers, et quand la division rentra de sa pause déjeuner, il avait fini tout son travail et celui de son lieutenant. Ce dernier rentra dans la capitainerie et fut surpris du travail accompli. Cependant, il ne dit rien et resta figé lorsqu'il vit son capitaine, debout face à lui, lui montrant une feuille... Feuille qu'il avait vraisemblablement oubliée avant de partir... Feuille sur laquelle il avait marqué comme un imbécile tout ce qu'il ressentait pour Byakuya.
Aussi, lorsque son supérieur lui montra ladite feuille, le visage toujours aussi impassible, Renji ne put même pas le regarder dans les yeux.
-Qu'est-ce ?
-Je... Excusez-moi... Je suis désolé, Capitaine...
Sa voix n'était guère plus qu'un murmure. Il n'osait pas relever la tête pour le regarder. Byakuya soupira doucement et lui tendit la feuille. Renji la prit sans un mot, et le noble sortit de la capitainerie, puisqu'il avait terminé son travail. Pourtant, l'idée de rentrer chez lui ne l'effleura même pas. Il avait autre chose à faire.
