Bonjour, bonsoir, je ne sais pas quelle heure il est chez toi mais me revoilà pour un deuxième chapitre ! Qui m'a donné bien du fil à retordre... Mais après une semaine de tentatives de rédaction, j'ai enfin réussi à en voir le bout ! Disons qu'il y a des jours "avec", où l'on écrit d'une manière "fluide", et les jours "sans" où l'on a juste envie de frapper son ordinateur avec une très très grosse brique car le syndrome de la page blanche, c'est pénible, il faut se l'avouer. Bref ! J'espère que la suite de cette fanfiction vous plaira ! On rentre enfin dans l'action, je vous promets que ça ne sera pas de tout repos. Sur ce, bonne lecture !
La 632ème page de l'encyclopédie glissa sous les doigt de Shaun. Mon dieu mais, était-il vraiment humain ? Oh, vous pouvez vous permettre de douter ; Et j'en mettrai ma main à couper que ce jeune interne puisse, grâce à ses capacités fascinantes ne semblant par appartenir à notre univers, vous faire adhérer à une théorie du complot. Allez-y, plus rien ne vous retiens. Et puis il faut se l'avouer, c'est bien plus amusant et concret de croire en Shaun Murphy qu'aux banals Illuminis. Cela vous apportera plus de choses. Et puis plus de crédibilité, par la même occasion.
Son supérieur lui aussi, ne manqua pas à l'appel et s'ajouta en bon spectateur sur le banc de ceux qui n'en finissait pas d'être sous le choc, pour ne pas dire « sur le cul » et mince je l'ai dis, face à la rapidité de lecture du plus jeune. Un avion de chasse tel que le mirage se serait même agenouillé devant la vitesse des neuro-transmetteurs de Shaun. Les aurait même vénérés.
Murphy… Tu sais ce que tu tiens là entre tes mains ? Une bible médicale redoutée par tous. Un monstre. Bourré de termes en latin te refilant encore plus la migraine que si tu tentais d'observer le soleil avec une loupe. Une très très grosse loupe. Et un très très très gros soleil bien agressif. Ce qui ne nous laisse que deux options ; Soit tu fais parti de ces masos refoulé, ou bien… Ou bien je suis un crétin qui n'y comprends rien et qui aussi, ne parviendra jamais comme toi à m'adonner à une tache si facilement sans broncher.
Neil émit un énième soupir à cette pensée, devant son collègue qui semblait d'ailleurs préférer de loin jouer aux linguistes plutôt que de s'adonner à la conversation.
Effectivement, Shaun n'avait pas cet instinct de venir « taper la discute » au premier venu. Bon là, nous parlons tout de même de Melendez, son supérieur, son futur coéquipier avec qui il travaillerait d'arrache pieds, mais… Le jeune homme n'avait jamais trouvé la clef lui permettant d'interagir comme les autres êtres humains… Oui, ceux qui discutent de la pluie et du beau temps comme si cela pouvait être le sujet de conversation le plus paaaaassionnant au monde. Il ne comprenait pas cette facilité et cette volonté de partager des détails qui lui semblaient inutiles… Alors si Melendez souhait profiter de sa pause café en mettant un peu de côté les termes médicaux et la frénésie de sa profession, de quoi diable Murphy devait-il parler ? Comme il n'en avait pas la moindre idée, le silence était bien plus favorable.
Il n'y avait alors plus qu'à enchainer sur un nouveau chapitre. Oui, un énième. En décortiquant chaque page comme s'il les disséquait pour en relever chaque erreur qu'il noterai minutieusement sur son petit carnet qu'il transmettrai à l'éditeur. De toute façon, ainsi semblait se présenter sa nuit et ce, jusqu'à ce qu'il puisse de nouveau être utile quelque part dans cet hôpital. Ce qui ne semblait pas franchement sur le point de se produire ; La nuit semblait aussi paisible qu'un long fleuve tranquille, sans courant ni poissons à sauver. Ce qui n'était pas forcément plus mal pour le moment tant la fatigue s'ancrait profondément en lui ; Autant prendre un peu de répit afin que certaines sensations non désirées ne viennent pas compromettre d'éventuels diagnostiques ou opérations si ils devaient avoir lieu. Alors oui, il continuerai à dévorer ce bouquin.
Cependant, une difficulté lui barrait la route et c'était un Gandalf professionnel si l'on puisse dire. Shaun ne passerai pas. Car…On le… Fixait. Melendez, son supérieur, lui paraissait comme étant un espion russe d'un temps de guerre tentant de déchiffrer chacun de ses faits et gestes. Oh mais détrompez-vous, Neil ne pensait à rien d'autre qu'à la touillette de son gobelet qu'il venait de malencontreusement de faire tomber sur le bas de sa blouse... Les coups d'oeil qu'ils lançaient à Shaun n'étaient là que pour vérifier que son collègue n'avait pas assisté à ce second raté. Pourtant pour le jeune homme, la présence de son collègue se voulait trop intrusive, indéchiffrable et difficile à appréhender. Mais pour être honnête, son supérieur n'était pas le seul élément lui causant cette difficulté à se concentrer sur sa lecture comme il l'aurait souhaité.
Faire abstraction… Un vrai casse tête, pire qu'un Rubik's cube que l'on devrait résoudre les yeux crevés et à l'aide de ses orteils des doigts de pieds. Shaun ne parvenait pas à fixer son attention. A la figer sur les mots et les phrases de son livre qui se mélangeaient désormais pour ne laisser place qu'à une épaisse soupe brouillon de lettres qu'il n'arrivait plus à déchiffrer. Entre la présence inattendue de son supérieur à ses côtés et tout un tas d'autre chose, le jeune docteur était plutôt gâté. Par « un tas d'autre chose », nous parlons bien évidemment de ce néon renvoyant plus de lumière que ses chers compatriotes et grésillant à une fréquence irrégulière, oui, celui-là, accroché quatre plaques de placo et demi plus loin. Et que dire de cette femme assise à la table d'à côté qui eut la merveilleuse abominable idée d'aller gratter son jean du bout d'un de ses ongles ; Shaun en eut la nausée rien qu'en imaginant la sensation que cela procurait. Il avait une sainte horreur de ces choses que les autres semblaient pourtant faire si normalement mais qui chez lui lui, provoquait un dégout terrassant. Il aurait préféré s'arracher la moelle épinière que de devoir ressentir le monde d'une manière si violente, si exacerbée… Chez lui, dans son appartement, un environnement stable et prévisible jusqu'à un certain point, quelques heures de lecture étaient une aubaine, un échappatoire qu'il se permettait chaque soir tout en allant se glisser sous une couette, ayant bien sûr pris soin d'en replier le bord au millimètre près sous son matelas. Mais dans l'enceinte de l'hôpital ou tout autre lieu qu'il ne pouvait prédire, tout semblait apte et même un peu trop volontaire à venir le déstabiliser…
Melendez, lui, tenait désormais fermement son bipeur entre ses mains et l'on aurait pas été étonné de le savoir en train de réciter des incantation vaudous dans sa tête en espérant que cela puisse le faire sonner. Miraculeusement. Lui annonçant que l'on avait besoin de lui pour une opération des plus complexes.
Oh mon dieu.
Comme quoi, peut-être devrait-il se convertir à la sorcellerie. Plusieurs bips répétitifs et aigus s'échappèrent soudainement de l'appareil ! Melendez manqua à maintes reprise de le faire glisser de ses doigts lorsqu'il essaya de l'attraper comme un gosse voulant capturer une sauterelle.
La tonalité cinglante de l'appareil avait provoqué un sursaut chez Murphy qui, retint ses mains quelques instants plaqués sur ses oreilles, avant de les rabattre à nouveau contre son torse, l'une contre l'autre, lui qui tentait tant bien que mal de ne pas laisser entrevoir devant ses collègues les effets négatifs que son diagnostique pouvait engendrer.
De toute façon Melendez ne les auraient même pas remarqués, bien trop obnubilé par l'appareil qui lui annoncerait peut-être un joli retournement de situation quant à sa soirée si merdique.
Qui finalement… Demeurera ainsi. Annoncée par la réaction de Shaun qui mit fin à cette pause café mutuelle tout en se levant et en saisissant son propre bipeur. L'appel… C'était pour lui.
God damn it.
« Le bipeur… J'ai cru que c'était le mien qui sonnait… » Avoua Melendez d'un ton désespéré mis en valeur par ce triste mouvement de paume de main venant s'écraser sur son front.
« Non, c'est le mien. Il est pourtant facile de faire la différence. On m'en a donné un qui n'est pas fonctionnel, bien trop aigu, ils devraient penser à me le réparer car sa tonalité n'est pas agréable comparé au votre qui est acceptable. Et on vient de me demander aux service des consultations, je dois m'en aller. »
Melendez ne préféra même pas s'attaquer à des questionnements sur le sujet des bipeurs car cela résulterai très certainement à un débat que seul Shaun pourrait gagner. Alors il enchaina ;
« … Oh, si ce n'est pas une opération mais de simples consultations… Heureusement qu'ils ne m'ont pas envoyés moi, aux enfers, j'ai plus important à faire comme noyer mon ennui sans ce gobelet de café vide. Bonne chance Murphy. »
Shaun traversa d'une traite le long couloir le menant à une tout autre aile de l'hôpital. Il croisa quelques infirmières sur son passage mais l'atmosphère n'était en rien comparable à celle de ces nuits où l'ont devait entasser les patients les uns sur les autres et prier pour qu'aucun d'entre eux ne décèdent pendant l'interminable l'attente.
Le jeune homme parvint finalement au hall des consultations et fut accueilli par une jeune interne aux chignon un peu aléatoire qui stoppa net Murphy dans son élan en le tirant par la manche pour qu'il mette fin à sa marche. Celui-ci retira son bras vers lui comme si on l'eut brulé avec de l'acide.
« Oh, te voilà enfin, dieu merci. Salle 23, un couple, une femme et son mari apparemment souffrant mais ils ne m'ont pas laissé mener une quelconque osculation. Ils désirent un interne, mais un interne qui SAIT opérer. Pas une petite « étudiante » comme moi qui n'a jamais touché à un scalpel. Franchement, où va le monde ? Bon, ça m'arrange de ne pas devoir passer plus de temps à leur côté, ils ont sont franchement louches mais quoi qu'il arrive, on ne devrait pas nous traiter comme du bétail. La frustration que je ressens, là, elle est compréhensible hein ? Honnêtement de nos jours les gens deviennent de plus en plus aigris. Tu crois p—? »
« Je vais mener cette osculation, aurevoir. »
… Okaaaaaaay…. Pensa la jeune femme complètement ahurie de n'avoir eu aucune compassion de la part de ce médecin. Elle qui venait à peine de passer sa première nuit à travailler dans cet hôpital, la voilà servie. Bon, quoi qu'il en soit, elle avait refilé ces crétins de patients à quelqu'un d'autre et c'était l'essentiel.
Shaun pénétra dans cette fameuse salle 23 tout en ayant les yeux rivés sur les feuilles du dossier que cette femme lui avait fait parvenir à un moment pendant son long discours. Apparemment elle n'avait pas pu ausculter le patient mais celui-ci avait tout de même décrit quelques uns de ces symptômes. Et cela ne présageait rien de bon.
« Shaun Murphy, résident en chirurgie, je vais vous éxamin- »
« Quoi ? Vous n'êtes pas le Dr Melendez ? » Hurla la jeune femme accompagnant ce qui semblait être son mari.
A peine le jeune médecin avait eu de temps de poser le pied dans cette pièce qu'il se faisait déjà malmener par l'agressivité de quelqu'un. Et pourtant ce « quelqu'un » n'était qu'un petit bout de femme, pas très grande et fine comme une demi allumette. Mais elle possédait un coffre si phénoménal accentuant le ton de sa voix qu'elle fit perdre tout ses moyens à Shaun pendant de longues secondes.
Puis il fit mine de reprendre ses esprits, ayant été quelque peu entrainé par ses collègues à ne pas se montrer débordé par ses propres pensées et à seulement exercer son métier comme il se doit. Même si au fond de lui tambourinait un coeur au rythme du stress montant en puissance dans son organisme.
« Non, le docteur Melendez a dit et je cite, qu'il a plus important que ça à faire, comme noyer son ennui dans un gobelet de café vide. Il ne veux pas finir aux consultions qu'il nomme les enfers. Et on m'a assigné la tache de vous examiner alors veuillez vous tenir tranquille. »
Il approcha de l'homme, que l'on avait installé sur le fin petit matelas sur lequel il devait être ausculté. Shaun remarqua d'emblée la faiblesse de sa carrure. Ce type était tout aussi maigre que son épouse. Il n'y avait plus qu'à le diagnostiquer désormais…
« Non ! N'approchez pas ! Nous voulons le Dr Melendez et rien d'autre ! » Insista à nouveau la femme tout en barrant la route à Shaun dont les épaules se crispèrent devant tant de nervosité. Il ne comprenait pas cette volonté bien trop agressive de demander un médecin plutôt qu'un autre. Du moins… Melendez regorgeait de connaissances qu'il ne maitrisait pas encore sur certains domaines, mais pour une simple consultation… Peut-être étais-ce alors dû à son comportement, une fois de plus. Il tritura ses doigts à la recherche de l'erreur qui avait pu ne pas jouer en sa faveur auprès des patients, mais il n'avait aucune idée de ce qui avait pu créer une telle situation.
« O… Okay. » Bégailla Shaun, après avoir été prit de court de la sorte. Il parvint tout de même à se saisir de son bipeur et demanda Melendez en renfort.
Après un temps qui lui parut durer une éternité tout entière, Neil se pointa enfin dans la salle.
Qu'est ce qu'il s'est passé ici…? Se demanda-t-il intérieurement lorsqu'il tomba nez à nez avec ces deux patients que l'on semblait avoir agacé au plus haut point.
Il ne pû s'empêcher de lancer un regard suspicieux à son collègue comme pour l'interroger silencieusement sur la cause de cette ambiance pas très radieuse qui inondait la pièce. Une fois de plus, il eut l'injuste pressentiment que Shaun avait encore merdé d'un point de vue social.
Quoi, il lui a dit que les couleurs de son foulard n'étaient pas harmonieuses ? Que la chaussette droite de son mari était plus relevée que l'autre ? Ou bien même qu'il allait mourir dans quelques jours à peine à cause d'une maladie incurable ? Et le tout, sans aucun tact ni quelconque compassion ? Imagina Neil, trouvant chaque possibilité tout aussi probables les unes que les autres. Bon, si c'était le cas, il n'y avait plus qu'à rattraper ça. A éponger les débordements du plus jeune.
« Enchanté. Dr Melendez, que puis-je faire pour vous ? Le début de votre consultation ne s'est pas déroulé comme vous l'auriez souhaité ? » Demanda-t-il afin de faire bonne figure et d'apaiser un peu l'humeur des deux inconnus. Puis, dans l'attente d'une réponse, il avança jusqu'à l'homme qu'il se devait d'ausculter.
Shaun baissa le regard tout en faisant tourner en boucle dans son esprit ce discours qu'il avait entendu maintes et maintes fois, le faisant passer pour celui qui faisait toujours déraper la situation. Il n'avait aucune idée de ce qu'il avait bien pu dire ou faire pour froisser ses deux individus mais fût à nouveau rongé par la culpabilité de ne pas avoir pu gérer les choses tout seul correctement.
Il y eu un moment de flottement durant lequel Neil insista du regard dans l'attente d'un mot de la part du patient. Mais pour Shaun, quelque chose d'inexplicable se produit. Un mauvais pressentiment, grandissant en lui, quelque chose d'inévitable. De bien plus angoissant qu'un contact humain, qu'un néon grésillant ou que des ongles frottant un jean.
Il ne s'était pas trompé.
Bondissant comme un fauve vers sa proie, la jeune femme se précipita vers la porte de la pièce et s'empressa de plonger une main dans sa poche avant d'en ressortir un pistolet. Qu'elle pointa sans plus attendre sur Melendez et Shaun. Puis verrouilla à clef la serrure à double tour de sa main libre, en faisant comprendre d'un simple regard qu'un seul geste de la part des médecins leur serait fatal.
Les émotions de Shaun partirent en vrille à un tel point qu'il ne pu décrocher son regard de l'armée pointée sur lui. Cette scène. Cette situation. Il l'avait déjà vécue. Et une femme avait souffert par sa faute. Car il n'avait pas su réagir comme on le lui avait demandé. Ce matin où il s'était rendu au magasin pour acheter une nouvelle pomme… Avait viré au drame. Et là, sous ses yeux grands ouverts, tout recommençait de plus belle. Ses mains se mirent à trembler et à se soulever des deux côtés de son visage, réaction qu'il ne pouvait contrer lorsqu'une situation angoissante se présentait.
Autant dire qu'il ne fut pas le seul sous le choc ; Le visage de Melendez se décomposa et il réalisa bien trop rapidement que Shaun ne pouvait être le responsable d'une telle scène. Et que quelque chose de bien plus grave se tramait. La femme ne fit que confirmer cette hypothèse :
« Refusez de nous aider sur ce que nous allons vous expliquer et je vous explose la cervelle, à tout les deux, et sachez une chose ; la prison ne me fait pas peur. »
A suivre...
