18
La grande Rentrée.
Spike entra dans le lycée et tourna à gauche, au secrétariat. Il demanda Madame Stratford. La secrétaire le conduisit jusqu'au bureau.
Monsieur Malfoy ! Je vous attendais ! Entrez !
Bonjour ! dit Spike.
Assoyez-vous, je vous prie, dit la directrice.
Madame Stratford s'assit derrière son bureau, fixant du regard Spike et affichant son plus beau sourire. Elle semblait fort surprise de l'allure mauvais garçon de cet enseignant de poésie. Spike, quant à lui, gardait son habituelle nonchalance, le manteau de cuir au bras, déposant sa mallette à côté du fauteuil. La directrice fouilla dans ses dossiers et ouvrit celui de Spike.
Alors… Vous avez complété vos études à Londres, vous avez enseigné là-bas pendant deux ans et… Pourquoi avoir emménagé en Amérique ? demanda-t-elle.
Je suis venu aider une amie… Mais soyez rassurée, je terminerai l'année ici !
J'en suis bien heureuse ! Enfin, j'ai très hâte de voir votre programme…
Le voici…
Pendant ce temps, Buffy faisait ses premiers pas dans son « bureau ».
Vous vous installerez ici, mademoiselle Summers. Mon bureau est juste à côté du vôtre. Je tiens à ce que mes stagiaires aient leur propre bureau de consultation ; les étudiants sont plus à l'aise et vous prennent plus au sérieux.
Je vous remercie, mademoiselle Jones, dit timidement Buffy.
Venez, nous allons faire un petit tour du proprio… Je dois vous montrer où sont les dossiers des élèves.
Toujours en même temps…
Je crois qu'il y a un bogue dans ce nouveau logiciel… J'ai essayé d'y accéder sans le réseau, mais ça a donné ce message d'erreur, mademoiselle Rosenberg, montra monsieur Robin à Willow.
Ça devrait aller. Je n'ai pas le premier cours, alors je vais regarder ça immédiatement. Vous avez besoin du programme pour votre cours de physique d'aujourd'hui, monsieur Robin ?
Non, mais demain, si, mademoiselle Rosenberg.
Vous pouvez m'appeler Willow.
Alors appelez-moi Richard !
Les deux enseignants se sourirent chaleureusement. Enfin, comble du hasard…
Monsieur Harris ! Je vous remercie énormément d'avoir accepté le contrat à la dernière minute ! Il nous était impossible de trouver un remplaçant au concierge ! Si vous avez besoin de quoi que ce soit…
Je suis très heureux que vous ayez pensé à moi. Deux de mes amis travaillent ici et j'ai une amie qui est stagiaire en psychologie. Concernant les outils, j'aimerais savoir…
Les quatre membres du Scooby gang avaient maintenant fait officiellement leur entrée au lycée. Spike, ayant hâte de replonger dans ses anciennes passions, donna son premier cours avec brio. Un peu plus à l'aise, Buffy réalisa ses premières interventions. Willow, comme un poisson dans l'eau, répara le bogue, maintenant prête à attaquer son premier cours d'informatique, qui se passa avec succès. Enfin, Alex réussit à s'en sortir pas trop mal avec les quelques babioles à réparer.
L'avant-midi terminé, les quatre se retrouvèrent à la cafétéria, en file, avec leur cabaret orangé.
En tout cas, la bouffe n'a pas changé d'aspect… dit Alex, prenant une assiette au contenu suspect. C'est comme à l'époque du lycée de Sunnydale.
Comment a été ton premier cours, Spike ? demanda Willow.
Très bien ! Je n'aurais jamais cru que les jeunes d'aujourd'hui manquaient de culture à ce point, mais je crois bien que les filles adorent mon cours !
Tu as des filles dans ton cours ? demanda Alex. Je n'ai eu affaire qu'à des chaises brisées, une vadrouille et des toilettes…
Les trois autres rigolèrent.
Et toi, mon petit cœur ? Ça se passe bien ? Tu as consolé des étudiantes anorexiques ?
Buffy assena un coup de coude dans le flanc de Spike. Celui-ci encaissa en souriant de plus belle. Buffy ne put s'empêcher de sourire elle-même.
Effectivement, dit-elle, une étudiante a été amenée dans mon bureau parce qu'une amie l'avait surprise à vomir son petit déjeuner.
Je sens que je vais vomir mon déjeuner… rajouta Willow, en pointant du regard le comptoir tout sal de condiments.
Les quatre se dirigèrent aux tables réservées au personnel et en adoptèrent une près de la fenêtre. Richard passa devant leur table et fit un grand sourire à Willow, qui lui répondit de la même façon. Les trois autres la regardèrent drôlement. Willow sentit le besoin de se défendre.
Son logiciel avait un bogue et je l'ai aidé.
Les autres haussèrent les sourcils et firent semblant de tousser. Willow rougissait. Elle préférait les laisser croire ce qu'ils voulaient.
Après le dîner, chacun se rendit vers sa tâche respective. Avant de le quitter pour changer de corridor, Buffy décida d'accompagner Spike dans sa salle de classe. Celui-ci ouvrit son cartable et prit quelques notes, pendant que Buffy lui parlait.
Tu as la dernière période ?
Oui.
Quelques étudiants commencèrent à entrer. Spike les accueillit avec le sourire, tout en remplissant une commande de photocopies.
Tu voulais me demander quelque chose ? s'adressa Spike à Buffy.
Buffy déglutit. Elle voulait l'inviter au restaurant pour discuter. De quoi ? Elle ne savait pas trop, mais elle voulait qu'ils parlent dans un endroit neutre, là où elle ne pourrait être tentée de coucher avec lui.
Je voulais juste savoir si…
Monsieur Malfoy ? Je n'ai pas les bons manuels… Pourrais-je aller les changer ?
Non. Tu n'en auras pas besoin aujourd'hui. La prochaine fois, tâche de ne pas les oublier, parce que je ne permets aucune sortie pendant les heures de classe… Tu disais, Buffy ?
Spike avait cessé d'écrire. Il jeta un coup d'œil à la classe avant de regarder Buffy à nouveau. Il ne savait pas s'il avait vraiment envie d'entendre ce que Buffy avait à lui dire. Jusqu'à maintenant, il avait essayé d'éviter d'être seul en sa présence. Pour rien au monde il ne voulait être tenté de l'embrasser… La douceur de ses cheveux, la profondeur de son regard, ses lèvres tellement attirantes, la chaleur de sa peau… Sa seule présence le rendait fou. Il savait bien qu'elle ne l'avait jamais aimé et il voulait à tout prix s'enlever cet espoir de la tête. L'idée d'Angel lui avait bien plue, au début, parce qu'il croyait qu'une amitié avec Buffy pouvait être possible. Il avait espéré qu'en la revoyant, il en viendrait à se demander pour quelle raison il l'avait jadis aimée, mais il s'était trompé.
Rien… C'est rien du tout. Pas important. Bon cours ! dit-elle avant de tourner les talons.
Je vous prierais de choisir vos places au plus vite et de prendre en note immédiatement le matériel obligatoire… dit Spike à ses élèves, soulagé que Buffy s'en aille enfin.
Buffy s'éloignait de la classe de Spike, entendant le volume de sa voix diminuer au fur et à mesure qu'elle avançait. Elle entra dans son bureau, où l'attendaient deux étudiants, dont l'un avait un œil au beurre noir.
Après avoir réglé le conflit entre les deux garçons et écrit quelques notes dans leur dossier, Buffy ne put s'empêcher de retourner vers la classe de Spike. À l'abris des regards, elle resta tout près de la porte entrouverte de la classe et écouta.
« … l'amour d'une femme. C'est ce qui a animé bien des poètes. Lorsque l'élue de son cœur ne veut pas de lui, d'autres sentiments font surface : la colère, la révolte, la souffrance… L'amour fait toujours souffrir. Voyons par exemple… »
Buffy, voyant que la directrice arrivait dans le corridor, se dépêcha de regagner son bureau. Lorsqu'elle regarda derrière elle, elle fut surprise d'apercevoir madame Stratford effectuer le même manège, à savoir celui d'observer Spike à la dérobée. Elle se surprit à éprouver une pointe de jalousie.
Elle veut sûrement savoir s'il se débrouille bien… Voyons, Buffy, cette femme s'assure que tout va pour le mieux : elle n'est quand même pas là pour admirer les jolies fesses de Spike… se disait-elle tout haut.
Willow avait un cours de libre. Elle voulait en profiter pour aller visiter la nouvelle bibliothèque. Elle espérait trouver les livres à l'index, souvent cachés par des observateurs, comme Giles lui avait déjà expliqué. Ramener Tara était devenu une obsession pour elle. Willow avait songé à deux possibilités pour la ramener : la résurrection ou le retour dans le temps. Dans les deux cas, elle commettait une grave infraction à la confrérie des sorcières, à Londres. Une sorcière avec qui elle était devenue amie – Althenea – savait ce qu'elle mijotait et avait essayé de l'en dissuader, la convainquant que ce qu'elle voulait faire était égoïste, mais Willow ne pouvait se résoudre à l'oublier, davantage encore depuis que Kennedy et elle avaient rompu. Perdue dans ses pensées, elle tourna le coin du corridor et tomba sur Buffy.
Buffy !
Willow !
Tu cherches si des étudiants sortent de leur cours ?
Non… Si.
Tu devrais aller vérifier dans les toilettes des filles… Il y en a toujours qui vont s'y cacher, tu te rappelles ?
Willow se trouva idiote d'avoir dit ça, mais c'était la première chose qui lui était venue à l'esprit. Elle ne voulait absolument pas que Buffy soupçonne quoi que ce soit.
Après la vérification des toilettes, Buffy vint se risquer à espionner Spike à nouveau.
« Monsieur Malfoy, vu que vous êtes un poète, vous avez sûrement été vous-même inspiré par de très jolies femmes… »
Intriguée par cette voix d'adolescente en chaleur, Buffy risqua un regard sur Spike, qui souriait face à une classe qui riait, tout en étant sérieusement intéressée par la question.
« C'est certain que mes œuvres venaient d'une muse… » commença Spike, gêné, mais tout de même très heureux de voir l'intérêt des élèves envers sa vie personnelle.
Buffy sourit en le regardant. Elle songea alors à la réponse qu'il allait donner. Elle était certaine de se reconnaître dans la description, même s'il changeait quelques détails.
« Tous mes poèmes ont été inspirés d'une jeune anglaise… Cecile. Cette femme était pour moi l'incarnation du paradis. Si les anges avaient existé, ils auraient eu son doux visage laiteux, ses cheveux noirs de jais, ses yeux pénétrants et sa beauté aveuglante… » récita-t-il.
Buffy en eut le souffle coupé. Elle n'aurait jamais cru entendre le prénom d'une autre fille qu'elle. Elle avait mal. Et elle en avait honte. Mais Spike n'aurait donc jamais écrit de poèmes à son intention ? Pourtant, il avait déjà été obsédé par elle… Pas au point de l'avoir pour muse ? Le fait de se rendre compte de ça avait l'effet d'une claque en plein visage. Un peu plus, et elle était jalouse de cette Cecile qu'elle imaginait ressemblant à une pute. Sûrement une de ces filles du genre de celle qui l'avait accompagné au mariage raté d'Alex et Anya.
Dans la voiture d'Alex, tous se racontèrent leur torride première journée de classe. Buffy participa elle aussi à la conversation, évitant de regarder Spike ou de s'adresser à lui, allant même à changer de sujet lorsqu'il lui posait une question.
Ô toi, beauté aveuglante, qu'est-ce qui ne va pas ? demanda Spike à Buffy.
Buffy avança entre Willow et Alex pour augmenter le volume de la radio.
J'adore cette chanson ! dit-elle, avant que ne s'installe un mutisme assommant.
Alex regarda Buffy dans le rétroviseur et ensuite Willow, qui haussa les sourcils en regardant la route. Spike tourna le regard vers l'extérieur.
Qu'est-ce que j'ai encore fait… demanda-t-il pour lui même, de façon exaspérée.
L'entrée dans l'appartement se fit de façon silencieuse. Chacun se dirigea dans sa chambre pour travailler tranquille. Après réflexion, Buffy alla dans la chambre de Willow et ferma la porte.
Qu'est-ce qu'il y a, Buffy ?
Buffy lui raconta sa séance d'espionnage et ce qu'elle avait entendu.
Oh ! Je vois…
Qu'est-ce que tu vois, Willow ?
Tu es amoureuse… répondit-elle, le sourire au coin des lèvres.
Non !
Si !
Non, je… Peut-être… finit par avouer Buffy, souriant à son tour.
Vas lui dire, qu'est-ce que tu attends ?
Tu es folle ! Il va se moquer de moi ! Et disons que je n'en suis pas tout à fait certaine que ce soit parce que je suis amoureuse de lui… Je me rends bien compte que je suis jalouse, mais… Tout de même… j'aurais cru que… enfin, j'aurais espéré qu'il…
Tu voudrais qu'il ait écrit un poème sur toi.
… oui.
Tu sais, peut-être qu'il l'a fait et n'en a pas parlé, justement pour que tu ne te moques pas de lui !
Tu crois ?
Vas lui demander !
Non. Je ne veux quand même pas me jeter dans ses bras !
Ne sois quand même pas trop dure avec lui… Il ne sait pas que tu as écouté son cours !
Quand même… « beauté aveuglante » ! Il aurait pu au moins trouver quelque chose de plus original pour moi !
Sur ce, Buffy sortit de la chambre, laissant Willow poursuivre ses préparations de cours. En refermant la porte, elle surprit Spike, torse nu, en train de préparer le repas. Le téléphone sonna.
Allô ? répondit Buffy.
« Oh ! Mademoiselle Summers ! Excusez-moi, j'avais oublié que vous étiez colocataires… Vous voulez bien me passer monsieur Malfoy, s'il vous plaît ? »
Buffy passa le combiné à Spike, prenant le relais à la cuisine.
Madame Stratford !… Pardon ! Julia… Oui, ça s'est très bien passé… Je me préparais à dîner… Demain soir ?… Oui, bien sûr… Quel restaurant ?… Bien, c'est noté… Oui, au revoir !
Elle t'a invité à dîner ? demanda Buffy.
Oui.
Et tu y vas ?
Oui.
Buffy n'eut pas le temps d'en ajouter plus. Alex sortait de sa chambre, tandis que Spike reprit la spatule que Buffy lui avait prise précédemment, connaissant très bien les mauvais talents culinaires de cette dernière.
Ça sent drôlement bon ! commenta Alex. C'était qui au téléphone ?
Willow ouvrit la porte de sa chambre à ce moment-là.
Je vais mettre le couvert. Tu m'aides, Buffy ? Dis donc, Spike, ça a l'air drôlement bon !
C'est une recette de Giles. Je lui avait piquée quand je vivais chez lui.
J'ai pas très faim, finalement, dit Buffy. Cette journée a été un peu dure et je dois commencer mon premier rapport de stage… Mon superviseur doit me rendre visite la semaine prochaine et je dois lui montrer ce que j'ai de commencé.
Tous les trois la regardèrent fermer la porte de sa chambre bruyamment.
Mais qu'est-ce qu'elle a ? demanda Alex.
J'en sais rien et franchement, ses chimères ne m'intéressent pas, répondit Spike.
C'est bizarre, mais on dirait que tu sais quelque chose… rajouta Alex.
Pourquoi c'est encore moi qu'on accuse ! lança Spike avec fureur, avant de retourner voir dans le réfrigérateur.
Willow attira Alex un peu à l'écart.
Je te le dirai plus tard… lui dit-elle.
Buffy avait réfléchi à son comportement et avait finalement décidé de manger avec eux. Tous les quatre mangèrent silencieusement au début, pour ensuite s'animer un peu plus sur des sujets de nature plus banale.
Au fait, on devrait peut-être faire une petite patrouille, ce soir, histoire de se dégourdir un peu, suggéra Buffy. Il faut quand même garder la forme !
Les quatre desservirent la table et firent la vaisselle joyeusement. À chaque fois qu'ils se croisaient, Buffy et Spike semblaient gênés.
Vous croyez qu'ils vont sortir ce soir ? demanda Willow, déambulant avec les trois autres dans un cimetière. Je suis fatiguée et j'aimerais bien faire des trucs pour demain.
Je vais rentrer aussi, dit Alex. Demain, je fais deux boulots, moi !
Non ! s'écria Buffy.
Tous les trois la regardèrent. Spike baissa les yeux. Il savait qu'elle voulait éviter d'être seule avec lui et trouvait qu'elle aurait pu au moins être plus subtile. Pendant qu'elle cherchait une excuse, il en trouva une pour elle : du bruit venait d'une tombe, un peu plus loin. Buffy suivit son regard et fut soulagée d'être « sauvée » ainsi. Ils accoururent à la tombe, un vampire venant d'en sortir. Buffy lui planta son pieu dans le cœur. Trop facile. Lorsqu'ils se retournèrent, ils étaient entourés d'une douzaine de vampires.
Je vous avais bien dit qu'il y avait des vampires !
Willow se fit empoigner par l'un d'eux. Elle lui lança un sortilège de corde et le vampire fut bien obligé de lâcher prise, ses pied attachés le faisant tomber. Alex et Spike en prirent un et en firent un projectile pour en assommer d'autres. Buffy fracassa les crânes de deux vampires ensemble, qui s'écroulèrent par terre. Elle les piétina afin de sauter derrière un autre. Willow fit apparaître deux pieux qu'elle laissa tomber dans le cœur des deux vampires d'un seul mouvement de doigt. Spike fut projeté contre une pierre tombale. Alex lui tendit la main et l'aida à se relever. Ils se mirent alors dos à dos pour continuer à combattre. La poussière volait de partout. Bientôt, il ne restait plus rien.
C'était qui, ces vampires ? demanda Willow.
Ils n'avaient rien de particulier, dit Buffy. Aucun tatouage, aucun style…
Donc aucune recherche à faire, constata Alex. Tant mieux, j'ai mal au dos.
Alex se tenait le bas du dos avec douleur. Spike le prit par la taille.
Hé ! Mais lâche-moi !
Ho, ça va ! lui répondit Spike, de mauvaise humeur.
Spike serra Alex, tout en tirant sur un de ses bras. Alex sentit un craquement.
Aïe !
Spike lâcha Alex et devança les filles, qui s'assuraient qu'Alex allait bien. Alex se toucha le dos et sentit que la douleur était partie.
Ça va ! dit-il aux filles, qui semblaient inquiètes. Il m'a réparé… Ha ! Spike m'a aidé… Je n'en reviens pas…
Viens, on va rentrer, lui dit Buffy, qui regardait Spike s'éloigner, en train de fumer une cigarette.
Elle sourit.
Le lendemain, tout semblait être dans l'ordre, à l'exception de Buffy et Spike qui ne s'étaient toujours pas reparlés. Ils sortirent de la voiture, suivant la horde d'étudiants à l'intérieur de l'école. Le soir, Spike sortit dîner à l'extérieur. Buffy ne dit pas aux autres où il allait. Elle avait peur de se faire accuser d'être jalouse. Elle demeura tout de même aux aguets, guettant l'arrivée de Spike. Willow entraîna Alex dans sa chambre, pendant que Buffy était distraite.
Tu veux bien me dire ce qui se passe ? demanda Alex, en refermant la porte derrière lui.
Buffy est amoureuse de Spike.
Je le savais ! Et ça recommence pour un autre épisode de Passion !
Oh, Alex, quand vas-tu prendre un peu de maturité… Elle a surpris un cours donné par Spike et l'a entendu dire que ses poèmes étaient inspirés par une certaine Cecile.
Et en quoi ça nous regarde ?
Justement, Alex, ça ne nous regarde pas. Laisse-les tranquille et fais un peu confiance à Buffy ! Tu as l'air d'oublier qu'elle va peut-être mourir et que Spike est peut-être le seul qui peut y changer quelque chose. C'est pour ça que je t'en parle. En plus, avec cette histoire de sirènes, vaut mieux que Spike s'intéresse à Buffy.
Le grand décoloré a maintenant une bonne raison de flirter avec elle ! Super !
Alex, Spike a changé et tu es le seul qui ne veut pas l'admettre ! Tu sais, au fond, je sais que tu l'aimes bien… Tu aimerais être comme lui !
Willow quitta la chambre d'Alex, qui resta muet devant cette ultime théorie. Alex ne savait plus quoi penser à propos de Spike. Lorsqu'il était un vampire, il avait de bonnes raisons de le détester, mais Willow n'avait pas tort : Spike avait changé. Il ne voulait pas l'admettre, mais c'était vrai qu'il l'aimait bien. Et si sa présence pouvait sauver Buffy, il allait s'en accommoder. En attendant, Alex se coucha, complètement épuisé : il partageait son temps entre le chantier et ses heures au lycée. Il se rendit compte que sans la petite manœuvre de Spike, il aurait eu mal au dos toute la journée.
Lorsque Spike rentra, Buffy fit semblant d'écouter attentivement la télévision. Ce dernier la regarda, tout en enlevant son manteau. Il eut un pincement au cœur. Il voyait bien qu'elle l'avait attendu, mais il ne pouvait croire que c'était par amour. Ce sentiment devenait pesant.
La semaine suivante, Buffy était à son bureau en train de rédiger quelques mots dans le dossier d'un étudiant. Tout à coup, elle vit Spike surgir.
Je peux te parler ? demanda-t-il.
Spike, je dois rencontrer des étudiants… Les sujets personnels, il faudrait en parler à la maison !
Justement, mademoiselle nombrilisme pur et dur, je suis venu te parler d'une étudiante qui a un problème. Si tu veux, je peux en parler avec la véritable psychologue…
Arrête. Qu'est-ce qu'il y a ?
Spike s'assit dans le fauteuil d'en face, le corps penché vers l'arrière, regardant Buffy de côté.
Une étudiante est amoureuse d'un enseignant. J'ai bien peur qu'elle tente de lui causer des ennuis. Qu'est-ce que je devrais lui dire ?
C'est vrai ?
Bien sûr que c'est vrai ! Pour qui tu me prends ? !
C'est elle qui te l'a dit ?
Spike lui lança alors quelques feuilles mobiles chiffonnées sur lesquelles était écrite une très longue lettre d'amour qui s'adressait à lui.
C'est pas vrai… dit Buffy, tout en lisant la lettre. Et qu'est-ce que tu as fait pour qu'elle soit obsédée par toi à ce point ?
Spike se leva, furieux, et sortit en trombe du bureau. Buffy continua sa lecture. Elle vit bien, selon la lettre, que Spike n'avait rien fait pour attirer son attention. La jeune fille s'appelait Rachel. Buffy décida de ne pas lui parler pour tout de suite, étant donné que Rachel ne faisait que déclarer son amour à William. Elle rangea la lettre et se rendit à la salle des enseignants pour donner les principales directives à Spike.
Spike était en train de corriger des copies. Il semblait s'être calmé. Buffy s'approcha de lui.
Je suis désolée… commença-t-elle.
Spike fit la sourde oreille.
Je suis…
Désolée, je sais, répondit Spike, lui jetant un regard glacial.
… jalouse, termina Buffy.
Spike cessa d'écrire et regarda Buffy dans les yeux, attendant la suite, le temps de reprendre ses esprits. Buffy sourit timidement. À ce moment, deux enseignantes entrèrent bruyamment dans la salle des enseignants. Spike se leva et fit signe à Buffy de sortir. Ils se rendirent en silence dans le bureau de Buffy. Celle-ci ferma la porte derrière elle. Spike s'assit sur le bord du bureau. Buffy s'avança un peu vers lui, restant debout. Gênée, elle regarda au plafond, cherchant ses mots.
Je ne suis qu'une égoïste. Une foutue nombriliste qui s'attend à ce que le monde tourne autour d'elle. Je suis désolée. De te voir, comme ça, avec toute la facilité du monde à attirer la sympathie des gens aussi facilement… alors que moi, j'ai autant de difficulté ! C'est vrai ; tu n'as pas été vivant depuis tellement longtemps et on dirait que tu te débrouilles mieux que moi ! J'en suis jalouse ! …Je croyais que tu aurais besoin de moi…
Mais j'AI besoin de toi !
Non… tu te débrouilles très bien, tes cours vont bien, la directrice te fait entièrement confiance… pendant ce temps-là, je suis encore une pauvre petite étudiante…
Tu veux savoir ce qui me rend si confiant ? C'est que tu sois tout près. Tout ce que je fais n'aurait pas de sens en ce moment si tu n'étais pas là. J'essaie de retrouver une vie normale. Ce n'est pas évident, tu sais. Tu es mon point d'encrage entre ma vie de vampire et ma nouvelle v…
Buffy étreignit Spike. Surpris de ce premier contact physique entre eux depuis longtemps, Spike lui rendit son étreinte. Ils restèrent un moment comme ça. Spike sentait le parfum de Buffy, la douceur de ses cheveux sur son visage. Son cœur se mit à battre de plus en plus fort. Il se dégagea lentement, regardant par terre, afin de garder le contrôle. Buffy garda les mains de Spike dans les siennes, essayant de trouver son regard.
On reparlera de ça un autre jour, si tu veux bien, dit Buffy, levant maintenant les yeux vers lui. Je dois te parler, pour l'instant, au sujet de cette lettre pour laquelle tu es venu me voir.
Spike retira ses mains et Buffy le contourna pour aller chercher la lettre en question.
Pour l'instant, tu n'as rien à craindre de Rachel. Elle est amoureuse de toi et ne t'a pas fait de menace, mais tu dois absolument lui parler. Ne lui écrit rien, sinon, elle pourrait s'en servir contre toi. Demande à lui parler seule, mais garde la porte de ta classe ouverte. Elle ne doit pas savoir que tu m'en as parlé. Dis-lui que tu es son enseignant et que vos rapports doivent rester tels quels. Dis-lui que tu as une petite amie et que tu es heureux dans ton couple.
Une petite amie ?
Oh, ne va pas croire que…
Buffy faillit l'insulter, mais se retint, voyant que Spike ne se moquait pas d'elle, mais semblait sincèrement se demander où elle voulait en venir.
Elle n'a pas besoin d'en savoir plus, enchaîna-t-elle. Là, observe bien son comportement. Si elle semble comprendre, ne le prend pas pour acquis : c'est qu'elle souffre de l'intérieur. Suggère-lui de rencontrer la psychologue si tu penses que c'est nécessaire.
Et si elle pète les plombs et crie haut et fort que je viens juste d'essayer de la toucher ? demanda Spike, inquiet.
Je serai là, à côté de la porte. Comme ça, elle ne me verra pas. Lorsque j'entrerai, elle croira que c'est parce que j'ai entendu l'accusation, mais je lui dirai que j'ai entendu le début de la conversation et que j'ai lu la lettre. Ne t'inquiète pas…
Merci, Buffy.
Spike avait envie d'ajouter qu'à défaut d'être cultivée et cordon bleu, elle avait de l'instinct pour son travail, mais il savait qu'elle le prendrait mal et qu'il perdrait les points qu'il avait gagnés, alors il se retint.
Les deux se sourirent. Spike eut toutes les peines du monde à se lever du bureau. À chaque instant, son cœur lui disait de la prendre dans ses bras et de l'embrasser. La raison prit le dessus et il s'apprêta à sortir, lorsqu'il se retourna subitement.
À propos… Giles n'est toujours pas rentré. Tu crois qu'il se passe quelque chose ?
Mon Dieu ! C'est pourtant vrai ! Nous étions tous tellement occupés qu'on a oublié ! Je téléphone au conseil dès ce soir.
Alors qu'ils embarquaient dans la voiture d'Alex, madame Stratford accourait vers eux.
William !
Spike se retourna vers la directrice.
Vous voulez venir dans mon bureau, s'il vous plaît ? J'aurais un service à vous demander… Je vous reconduirai chez vous après… ajouta-t-elle en se retournant vers Alex.
Spike fit signe à Alex de partir sans lui et suivit Julia Stratford à l'intérieur du lycée. Buffy fulminait.
Vous croyez qu'elle veut sortir avec lui ou que c'est strictement « pédagogique » ? demanda Alex.
Dépêche-toi, Alex, j'ai mon rapport à terminer pour demain ! coupa Buffy.
Spike rentra quelques heures après le dîner. Personne ne lui posa de question. Il se rendit directement au réfrigérateur et se déboucha une bière.
Ça s'est bien passé, votre rencontre avec la petite Rachel ? demanda Willow, préférant éviter tout de suite le sujet « Julia Stratford ». Vous avez pensé à la théorie de la sirène ?
Oui, on y a pensé, mais après avoir vu son dossier, j'en ai conclu que cette fille n'était pas une sirène, mais tout à fait normale. D'ailleurs, ça a été très bien ! Elle n'a piqué aucune crise, excepté quelques larmes, dit Buffy.
La pauvre… dit Willow. Je me rappelle avoir été amoureuse d'un professeur, moi aussi.
Tu ne m'avais pas dit ça, dit Alex. Il a été correct avec toi ?
Oh, il ne l'a jamais su. J'avais 8 ans.
Les trois autres la regardèrent, perplexes. Spike s'étouffa presque avec sa bière. Le téléphone rompit l'abrutissement général.
Allô ? dit Alex. Giles ? Vous êtes rentré quand ?… À Londres ?… Il est avec vous ?… Mort ? Mais comment est-ce que… Bon, d'accord, je lui dirai… Au revoir, Giles.
Qui est mort ? ! demanda Buffy.
Ho… celui qui devait fournir des infos à Giles et Angel. Ils sont arrivés trop tard. Le type s'est suicidé. Giles est resté là-bas plus longtemps pour essayer de découvrir pourquoi, mais ils n'ont rien su, à part que l'ancienne secte aurait été remise à neuf. Ils reviennent vers la fin de la semaine, après avoir tenté un dernier contact. Le conseil fait des recherches de son côté, mais on dirait qu'ils n'ont rien trouvé de plus concluant. Giles fait dire à Spike de veiller sur toi.
Spike et Buffy croisèrent leur regard à cette curieuse demande de Giles.
Bon… puisque c'est comme ça, je vais profiter du temps qu'il me reste pour faire la fête. Vous venez avec moi ? conclut Buffy.
Tous allèrent danser au Tube d'un commun accord.
Tu veux faire une partie de billard ? demanda Alex à Spike.
Si tu veux.
Willow et Buffy restèrent sur la piste de danse. Spike suivit Alex. Ce dernier lui tendit une baguette et ils commencèrent une partie. Alex voulait tenter une approche avec lui, mais ne savait pas quoi lui dire. Il regardait l'ancien vampire viser son premier coup. Spike le rata et Alex vit qu'il semblait furieux contre lui-même.
C'est pas grave… Ça doit faire longtemps que t'as pas joué… Je suis moi-même un peu rouillé, mentit Alex.
Spike le fixa. Il était surpris de cette parole de gentillesse d'Alex, qui avait évité de faire une remarque désobligeante à son égard, pour une fois. Alex visa à son tour et rata son tir exprès : il avait joué presque tous les jours depuis son retour d'Afrique.
T'as pas le droit de tricher, Alex, lui dit Spike, qui l'avait visiblement remarqué. Si je veux reprendre la forme, il faudra que tu joues franc-jeu.
Justement, je vais jouer franc-jeu… Spike… laisse Buffy tranquille.
Spike se renfrogna. Il détestait ce genre de remarque, mais garda son sang-froid.
Je n'ai pas l'intention de sortir avec elle, si tu veux tout savoir.
Bien. Si on doit vivre ensemble, ce serait mieux qu'on mette les choses au clair entre nous : Buffy est ma meilleure amie. Je sais qu'il y a quelque chose entre vous de pas très clair et je voulais juste m'assurer que… qu'elle ne te fasse pas souffrir comme elle sait si bien le faire.
Écoute, espèce de… dit Spike, avant de s'arrêter net, saisissant que ce qu'Alex venait de lui dire était le contraire de la rengaine habituelle. Heu… désolé… Si tu savais ce que…
Je sais. Buffy peut être cruelle, parfois. Si ça peut te rassurer, j'ai toujours détesté Angel.
Merci.
Les deux gars terminèrent leur partie sur quelques fou rires, commençant à s'entendre drôlement bien. Willow et Buffy les rejoignirent, se demandant les raisons de ce changement d'attitude entre eux. Willow comprit qu'Alex avait décidé de l'écouter. Elle le prit par la main et le tira sur la piste de danse. Peut-être sous l'effet de l'alcool, Buffy fit la même chose avec Spike. Les quatre arrivèrent sur la fin de la chanson et un slow commença. De façon naturelle, Alex et Willow dansèrent ensemble. Spike regarda Buffy, attendant qu'elle fasse les premiers pas. Buffy voulait la même chose, alors elle ne bougea pas. Spike allait quitter la piste de danse, alors Buffy se décida enfin. Elle le retint par le poignet et se blottit dans ses bras. Spike savait que c'était de la torture, mais ne put se résoudre à la repousser. Sans dire un mot, ils suivirent le rythme de la musique, dans une tendresse émouvante.
Ils revinrent aux petites heures du matin. La semaine suivante, Spike fut demandé plusieurs autres fois au bureau de la directrice. Buffy en éprouvait une énorme frustration. Elle sentait que cette femme profitait de son pouvoir. Spike ne parlait toujours pas de ce qu'il trafiquait avec elle. Perdue dans ses pensée, l'étudiante que Buffy attendait arriva.
Bonjour, Catherine. Tu peux t'asseoir. Alors, tu voulais me rencontrer ?
Ouais…
Je t'écoute.
Ben… Y'a un type de qui je suis tombée amoureuse…
Et il y a un problème ?
Ouais. Il est plus vieux que moi. C'est le mec le plus cool que j'ai jamais vu. Sauf que pour lui, je suis comme les autres. Remarque qu'il doit y en avoir pas mal qui lui tournent autour. Il est beau comme un dieu, grand, baraqué, avec des yeux bleus à faire fondre et un sourire à fendre le cœur.
Il vient au lycée ?
Ouais. Il est dans mon cours de poésie.
Dans ce cas, tu devrais lui dire que tu l'aimes. Et pourquoi tu sens le besoin de m'en parler à moi ? Je ne vois pas le problème…
Parce que j'ai entendu dire que tu sortais avec lui. C'est toi, mon problème.
Buffy recula sur sa chaise. Elle en resta estomaquée. Le garçon en question ne pouvait être que Spike. Elle était tentée, dans un premier temps, de clarifier les choses en lui affirmant qu'elle ne sortait pas avec Spike, mais elle se ravisa, jouant les innocentes.
Explique-moi : je ne comprends pas. Tu crois que je sors avec un étudiant de ta classe ?
Tu sais très bien que je parle de William, expliqua Catherine.
Tu es amoureuse de ton professeur ?
ARRÊTE ! cria-t-elle. Tout le monde sait que vous sortez ensemble !
Comment tu peux savoir que lui et moi sortons ensemble ?
TOUT LE MONDE LE SAIT !
Catherine se mit à pleurer. Buffy attendit quelques secondes et lui passa lentement la boîte de mouchoirs. Catherine se calma et en prit un. Lorsqu'elle cessa enfin de geindre, elle reprit sa tirade.
Moi et mes copines, on a toutes flashé sur lui. Ce mec est extraordinaire. Il nous a fait lire ses poèmes. Ils sont tellement beaux !
Et… il parlait de moi dans ses poèmes ?
Non.
Alors c'est lui qui a dit qu'on sortait ensemble ?
Non.
Catherine, j'essaie de comprendre, mais tu ne m'aides pas…
TU COMPRENDS RIEN ! cria Catherine.
À ce moment, mademoiselle Jones entra dans le bureau. Catherine se remit à pleurer de plus belle. La psychologue la prit dans ses bras et lui demanda de l'accompagner dans la pièce d'à côté. Buffy était rouge de honte. Elle décida d'aller parler à Spike.
Sur ce, la cloche sonna et le troupeau d'élève envahit les corridors. Buffy regarda les élèves sortir de la classe de Spike. Soudain, un groupe de filles la fusillèrent du regard. Buffy entra après la sortie du dernier retardataire et ferma la porte.
Qu'est-ce qui se passe, Buffy ? demanda Spike.
C'est ce que je suis venue te demander.
Quoi ? Là, explique, s'il te plaît. Je n'ai pas le temps de jouer aux devinettes.
Comment va Rachel ?
Bien, je crois. Elle est allée te voir ?
Non. Catherine, cette fois. Et j'aimerais bien savoir ce qui se passe !
Oh, seigneur…
Quand je reçois des jeunes filles en larmes dans mon bureau à cause d'un professeur dont elles sont amoureuses, je dois savoir pourquoi !
Spike imaginait maintenant les conséquences vis-à-vis des parents.
Tout ce que je sais, c'est que Rachel est un cas à part. Catherine et ses deux copines, d'après ce que j'ai pu voir, ont jeté leur dévolu sur moi. Elles me lancent des regards aguichants, des remarques parfois déplacées, mais bon… rien de bien grave. Elles veulent attirer l'attention. Willow a jeté un sort pour savoir si ces filles étaient les victimes d'un charme quelconque ou des démones et il n'y a rien.
Cette fois, Buffy n'avait pas envie de l'accuser. Elle voyait bien qu'il semblait inquiet et elle voulait le rassurer et surtout, l'aider.
… Je te crois, dit Buffy, regardant le sol. Ces filles doivent voir en toi le garçon rêvé… Beau, sexy, viril et romantique à la fois… C'est pas tous les jours qu'on rencontre un poète dans ton genre.
Spike rit à cette remarque.
Catherine est venue me voir tout à l'heure, continua Buffy, regrettant d'avoir autant complimenté Spike pour recevoir ensuite ses moqueries. Elle a dit que son problème, c'était moi. Elle a aussi dit que tout le monde savait qu'on sortait ensemble. Tu es au courant de cette rumeur ?
Buffy, tu sais bien que je n'ai jamais rien dit de semblable ! lui dit Spike, indigné.
Alors comment tu expliques le regard noir qu'un groupe de filles m'ont jetée en sortant de ta classe ? demanda Buffy, le suspectant.
Spike allait rire, mais son sourire figea. Il se croisa les bras et réfléchit un instant. Tout à coup, il se mit à comprendre.
Et où est Catherine, maintenant ? demanda-t-il.
Elle est avec mademoiselle Jones.
C'est elle qui l'a… attends-moi ici.
Sur ce, Spike se précipita hors de la classe. Buffy ramassa les affaires de Spike. Elle tomba « par hasard » sur des notes de cours.
Par exemple, pour la troisième fois, la femme de sa vie l'a rejeté. Voir mon recueil personnel, p.45, pour comparaison des trois poèmes et distribuer les feuilles de l'analyse de l'évolution psychologique de l'auteur.
Buffy chercha le recueil dans les affaires de Spike, mais ce dernier revint à ce moment. Elle fit donc semblant de rassembler ses affaires dans sa mallette.
Mademoiselle Jones est partie. Ça devra attendre à lundi. Tu viens, amour ?
