CHAP 2
POV Lucinda
Je ne comprends pas très bien ce qui se passe ici.
Pourquoi une ambiance qui frisait l'apthie généralisée se métamorphose brusquement en guerre de quatorze pour débutants.
Je sortais de mon entrepôt, une caisse de bieuraubière sous le bras.
Et soudainement, je vois le rouquin et la frisottée, par terre,(à supposer que trop pris par leurs activités ils n'avaient même pas remarqué qu'ils étaient tombés de la banquette)sérieusement enlacés, occupés à...
C'est confus.
A travers leurs robes noires, on ne voit pas très bien ou commence l'un et ou l'autre se termine.
D'ici la a ce qu'ils me fassent fuir ma clientèle de bigotes sexagénaires...
Mais c'est la fougue échevelée de la jeunesse.
Et ce bar manque franchement d'animation.
Quant au Miraculé...
Il a renoncé a poursuivre la conversation avec ses amis, et s'est mis à tourner autour du blondinet avec le même regard qu'aurait pour sa proie un lion boulimique atteint de fringale.
Littéralement.
Si bien qu'a force d'essayer de le fixer dans les yeux, le blondinet va se retrouver avec une sacré mal de tête.
Manquerait plus qu'ils se donnent la main pour entamer une valse.
Ca mettrait une drôle d'embiance dans ce rade mordbide.
Le sale gosse n'a pas l'air très rassuré, et je dois dire que c'est pas pour me déplaire!
Il n'a que ce qu'il mérite, après tout.
Oeil pour oeil, dent pour dent, disait...mon dentiste, juste avant d'arracher le plombage du voyeur qui matait sa femme tout les matins a sa fenêtre.
Soyons honnêtes.
J'avoue qu'à sa place, je ne saurais pas trop comment réagir.
Enfin, la réaction qui me viendrait ne concerne que moi.
Et a l'extrême rigueur, la bombe de gaz anesthésiant qui sommeille chaque jour dans mon sac a main.
Résumons nous.
A gauche, deux tourteraux en plein batifolage pré-nuptial.
A droite, une tentative de harcèlement(difficile a dire si il est moral ou sexuel).
Et au centre de ce tableau de choix, la gamine rousse.
A genoux sous sa table, completement paniquée, en train d'agiter ses petits bras en pleurnichant.
J'ai une folle envie de rire.
POV Draco
J'ignore ce que potter essaye de faire, et essayer de trouver la réponse a cette énigme n'arrange en rien ma migraine grandissante.
Son petit jeu commence à devenir agaçant.
Qu'essaie-t-il de faire, ce balafré?
Est ce que par hasard il chercherait à m'impressionner?
En me tournant autour, a l'image des chiens, ou tout autre animal aussi peu rutilant?
Draco, reste calme.
Impassible.
La meilleure chose à faire est de l'ignorer, tout en gardant un oeil sur sa baguette, au cas ou.
L'intriguante serveuse est de retour.
Elle m'adresse une moue dédaigneuse.
- "voilà les bières. Cela fera un gallion, s'il te plait. "
Cette dinde détache bien chaque syllabe de ses derniers mots.
Elle me rappelle les tentatives désespérées de ma mère pour me faire ingurgiter leur simagrées ridicules intitulées "respect filial".
Aussi tentant que cela puisse paraitre, je ne peux décement pas partir sans payer cette gourgandine.
Je fouille distraitement dans la poche de ma robe, et mes yeux s'aggrandissent d'horreur.
Ma poche est vide.
Ma bourse m'a étée dérobée.
La fille attends, le bruit de son talon contre le carrelage ne faisant qu'augmenter mon désarroi.
- "Alors!"
L'aigreur de sa voix indique bien sa volonté à ne pas se laisser escroquer.
Regrettée sois l'époque ou les cers donnaient au seigneurs tout ce qu'ils désiraient prendre, en se trainant a leur chausses et en s'excusant devant eux de la rudesse de leur allure.
Mais les temps on bien changés depuis.
Quelle honte...
Moi, Draco Malfoy, héritier de l'une des plus grande familles des sorciers de sang pur de toute l'Angleterre. Me retrouver sans le sou alors qu'une simple serveuse me présente l'addition.
Inimaginable.
Intolérable.
Incroyable.
Super pas normal...heu, non!
Je peux trouver mieux!
Mais je n'ai pas le temps de rechercher l'adjectif qui conviendrait a cette lamentable situation.
Une voix dans mon dos prononce cette phrase qui me laisse sans voix:
- "Tenez madame, le voilà votre gallion!"
Je me retourne, effaré.
Derrière moi, un Potter au visage radieux, tendant sa paume ouverte ou repose une belle pièce aux reflets dorés.
Quoi.Quoi.Quoi.
Dès lors un dilemne s'impose à moi.
Un Malfoy ne peut décemment accepter qu'un Potter ne paye pour lui.
Un Seigneur n'accepte pas l'aumône des petites gens.
D'un autre côté, ne pas payer serait faire peuve d'une pauvreté aussi virtuelle que ridicule.
Mon honneur ne me permet pas de me mettre au même niveau que le premier Weasley venu!
De toute manière, la serveuse met fin au problème en empochant l'argent avec une avidité purement prolétaire, alors que dans mon emportement je lui arrache presque la caisse des mains.
A présent, il me reste à me hâter de sortir et à oublier cet épisode honteux le plus rapidement possible.
Mais je ne suis pas au bout de mes ennuis.
Potter me barre la route, décidé.
N'ayant aucune envie de discuter avec lui, je ne peux que grinçer:
- "Ecarte toi. "
- "Non. "
- "Je te dis de t'écarter!"
J'ai haussé le ton.
Aussitôt, il perd dix centimètres, et, penaud:
- "D'accord. "
Alors que je franchis la porte, je ne peux m'empêcher de ressentir une certaine fierté.
Rare son les gens qui ont pu avoir le dernier mot avec monseigneur Potter-la-grande-gueule!
POV Lucinda
Enfin, me voilà débarrassée de ce sale gamin.
Pour qui se prends il, avec ses grands airs?
Cette façon qu'il a de vous regarder, avec son regard qui semble demander "C'est quoi, ça?Ca existe?".
Je ne pourrais jamais supporter ces caricatures de nobles bouffis d'eux même.
J'ai toujours envie de leur filer une bonne correction maison!
Et celui-la y a échappé de peu.
Sans l'intervention salutaire du Survivor, je lui aurait volontier cassé mon plateau sur la tête.
J'aurais fait des scoubidous avec ses lobes d'oreilles.
C'est pas parce qu'on est serveuse qu'on a pas sa fierté féminine!
Quant l'instinct maternel se mue en colère carnassière...
Tient, les deux amoureux ont cessé leur combat de catch.
La frisottée l'est plus que jamais(quelque part, elle ressemble à un bouquet de thyn), et seul son souffle saccadé l'empêche de se remettre à bavasser.
Même dans les vappes, elle ne perds pas le nord, Miss Touffe.
Le rouquin a l'air plus hébété encore qu'il y a cinq minutes.
Son visage fait penser à celui d'une chouette frappée d'amnésie ayant perdu le chemin de son nid.
Je me retourne vers l'enfant prodige, et m'aperçois qu'il est tout tristounet, tout d'un coup.
Quel gâchis.
Un gamin si mignon.
Si serviable.
Qui servira plus longtemps, j'en ai peur.
Lui pourir le peu de temps qu'il lui reste a vivre en le traitant de la sorte.
Quelle misère.
Mais de toute manière, c'est pas mes oignons.
La frisottée me fais signe.
Elle veut un verre d'eau.
Quasiment certaine que si elle avait pu commander un verre d'oxygène, elle l'aurait fait sans hésiter.
Seulement on n'en vends pas.
On en proposerait peut être si la plupart de nos clients venaient chez nous faire de l'apnée sous les sièges.
Quand au Miraculé, le voilà qui sort en courant a la poursuite du Pourri.
Presque aussitôt suivit par ses deux amis, qui pour la peine en oublient leur émois récents.
La Femelle s'extrait avec une rapidité exemplaire de sous la banquette, et une fois sa Brousse personnelle a demi-matée, se précipite dehors.
Toutefois le garçon se prends les pieds dans sa cape et s'étale avec un fracas ridicule de chaises renversées.
Sa compagne l'abreuve d'insultes choisies avant de le remettre sur ses pieds et de l'entrainer à sa suite.
Sans prendre la peine de remettre le matériel en place.
Pfff.
Ils ont laissé de quoi payer leur boissons sur la table.
Dix fois trop.
Tant mieux, il me faut un nouveau rouge a lèvre.
Seule reste, affalée par terre comme un vieux chiffon, la gamine rousse.
Gémissante et pitoyable, qui en ce moment ne semble plus savoir ou elle habite.
Quelle calamité.
Ils auraient au moins pu la ramasser avant de partir.
POV Draco
Il me suit.
Je le sais.
Je m'efforce de me montrer la plus noble et impassible dans ma démarche, feignant de ne pas m'appercevoir de sa présence.
Histoire de le décourager.
Mais il en faut plus pour se débarrasser d'un tel crampon.
Les nombreuses tentatives de meurtres a son encontre lui ont(malheureusement)appris a ne pas lâcher prise facilement et a éxacerber sa combativité.
Il s'approche.
Je me sens tout d'un coup saisit par le bras.
Merlin me protège, je vais comettre un malheur, la, dans cette rue.
- "Attends!Tu ne m'as même pas remercié!"
Quoi?
Quoi?Quoi?Quoi?
Cesse de faire le crapeau!M'intime mon subconscient, et agis tout de suite!
Ais-je bien entendu ce que ca fat vient de me dire?
Le remercier?
Moi?
Lui?
L'humour du petit peuple m'est réelement étranger.
- "Tu es tombé sur la tête, Potter!Depuis quand les nobles s'interessent-ils aux bas fonds?"
Mais mon insolence ne semble pas l'atteindre.
Au contraire, il s'accroche désespérement à mon bras, allant même jusqu'a se coller à moi en gémissant:
- "Mais je voulais juste te rendre service!¨Pourquoi tu m'agresses?"
Mon sang cesse de circuler dans mes veines.
Le choc de le sentir ainsi préssé contre moi est tel que je ne trouve même pas la force de le repousser.
Un dégout profond s'ingurge en moi, m'envahit, lentemment.
La nausée me remonte jusqu'aux narines en un long frisson.
Ca y est, je me mets à trembler, suffoqué par autant d'irrespect face à mon rang et à ma personne.
Tout mon être n'est plus qu'une représentation vivante du calme avant la tempête.
Dans un espace de temps très réduit, je vais me déchainer, et dieu sait ce que je serais capable de faire.
déjà ma main s'avance vers ma baguette.
Quand sa voix fluette me murmure dans un souffle:
- "Tu ne m'en veux pas, au moins?"
Ma confusion est telle que toute la colère s'étant accumulée il y a quelques secondes s'envole comme par magie(jeu de mot involontaire.Je n'ai VRAIMENT pas l'esprit a galéger).
Brusquement, je réalise toute l'horreur de ma situation.
Moi, Draco malfoy.
Me tient immobile au beau milieu d'une des rues les plus fréquentées d'Hogsmade.
Avec Harry Potter.
Pendu à mon bras.
Le suicide me parait tout à coup un échapatoire des plus séduisants.
