-II-

Planète alien (référée plus tôt comme étant PX-1036, un des refuges du renégat Kolya)...

-Kolya! crie une voix irritée. Je ne vous ai pas tué la dernière fois, vous vous souvenez?

Et pourtant...ce n'est pas l'envie qui lui en a manqué! pense Sara Sheppard, se souvenant avec colère et chagrin de la mort de son fiancé, le lieutenant Aiden Ford. Ce ne sont que les bras de deux marines qui l'ont empêchée de sauter sur Kolya qui les menaçait tous, après qu'elle se soit saisit rapidement d'une arme d'un des gardes Genii.

C'est pourquoi elle n'a pas pu tuer l'ordure qui a assassiné son Aiden, même après que le bataillon d'Atlantis se soit rendu à Kolya et à ses hommes, se souvient-elle. Elle revoit le cruel sourire du leader des rebelles Genii, alors qu'il a pointé son arme à gros calibre directement sur la tête du jeune militaire pris en otage et qu'il a ensuite appuyé malgré tout sur la gâchette, emmenant avec le sonore coup de feu la moitié du cerveau et du visage tant aimé!

-KOLYA! reprend-elle, tapant de ses pieds bottés sur le sol. Si je sors d'ici...correction! Je vais sortir d'ici!...je vous jure que vous n'êtes pas mieux que MORT!

Elle se lance contre la porte bardée de barreaux d'acier mais évidemment elle rebondit et ne réussit qu'à se faire mal.

-Ah! J'aurais dû le tuer! siffle-t-elle, se promenant de long en large dans la cellule humide et sinistre.

Quelques minutes passent et irritée, elle revient secouer les barreaux.

-KOLYAAAAAAA! hurle-t-elle.

-Vous gaspillez votre salive pour rien...

Une voix mâle, faible, s'élève de la cellule d'à côté qu'elle croyait vide.

Sara tend l'oreille et entend des mouvements de vêtements froissés et un souffle laborieux et court. C'est la voix d'un vieil homme, chevrotante, à peine audible. Probablement très vieux et faible...

-Je ne savais pas que j'avais de la compagnie! dit-elle, instantanément calmée et soudain curieuse.

Elle s'approche de la petite fenêtre ornée de barreaux semblables à la sienne, sur le mur conjoint séparant leurs deux cellules.

-Il n'y a aucun moyen de s'enfuir d'ici, continue faiblement la voix.

- Je sais, les prisons sont faites pour cela! Mais ça ne ne nous a jamais empêché d'essayer de nous enfuir, moi et mon équipe...

Elle colle son nez contre les barreaux pour essayer de voir, mais la cellule voisine est dans l'ombre totale. L'homme semble dissimulé dans le coin le plus éloigné.

-Comment ça fait de temps que vous êtes emprisonné ici? demande-t-elle, sa curiosité piquée, essayant d'ajuster ses yeux aux ombres de la cellule voisine.

-Plusieurs années, dit la voix d'un ton chancelant.

Sara étire son cou encore plus. Le raclement de bottes attire son attention sur un coin de pénombre dévoilant de longues jambes recouvertes d'un pantalon sombre et de bottes longues et crasseuses. L'homme, qui semble très faible, s'étire prudemment comme s'il souffrait. Un son clinquant parvient aux oreilles de la jeune femme, confirmant que son compagnon est prisonnier de chaînes.

-Plusieurs années? demande-t-elle encore. Ça fait combien, ça? Cinq? Dix?

-Ohhh... j'ai cessé de compter. Ça n'a plus d'importance!

-Tant que ça, hein? dit la jeune femme avec un ton plein de sympathie. Et qu'avez-vous donc fait pour vous retrouver ici?

Il y a un silence, puis elle entend encore bouger dans la pénombre. La voix faible s'élève avec réticence:

-Je me suis simplement et imprudemment laissé prendre vivant.

Sara hausse les épaules.

-Ouais, pareil pour moi! avoue-t-elle en maugréant.

Elle se détourne de la fenêtre puisqu'elle ne peut en voir plus et fait le tour de sa cellule en regardant tout alentour.

-Écoutez, il y a mes amis qui me cherchent sûrement et vont venir me délivrer, dit-elle d'un ton confiant. Et quand il vont me trouver, peut-être alors que vous pourrez...

Le bruit d'écho de pas résonnants dans les corridors de la prison la coupe.

Quelques minutes plus tard, on actionne le mécanisme de sa porte de cellule. Lorsque celle-ci est ouverte, trois soldats Genii restent stationnés sur le pas de la porte; celui du milieu pointe vers Sara une arme au canon impressionnant.

-Sortez et accompagnez-nous, ordonne sèchement le garde portant l'arme lourde. Il bouge sa tête en direction du corridor.

-Et pour aller où je vous prie? demande la jeune femme sur un ton de conversation anodine.

Le regard du garde se durcit encore plus et il lève bien haut son arme, la crinquant.

-Allez, magnez-vous, ma p'tite dame, je ne vous le répèterai pas deux fois! fait-il d'une voix dure et narquoise.

-Mais c'est que j'aime ça, moi, ici!

Le garde se met à tirer sans crier gare. Il a manqué volontairement Sara de peu. L'arme de gros calibre a fait un grand trou dans le mur du fond. La jeune femme se retourne pour voir le large impact et les morceaux qui dégringolent encore.

-HEYYY! crie-t-elle, indignée.

-Le commandant Kolya insiste! dit l'homme d'une voix menaçante.

-Oh! bien s'il insiste, fallait le dire plus tôt! ironise Sara.

Elle sort lentement de la cellule. Mais alors qu'elle passe près du premier garde qui tient également une arme, elle tente soudainement sa chance et lui saute au visage!

Il a l'air plus âgé et fragile. Elle le frappe du poing et sous l'impact, il laisse échapper de surprise son arme que Sara s'apprête à ramasser. Mais un autre garde, plus jeune et plus alerte a vite réagi, courant vers la jeune femme pleine de bravade qui sent soudain un courant électrique traverser son dos. Elle s'évanouit, tombant sur le sol.

Le soldat, satisfait, range son bâton électrique dans le fourreau de sa ceinture et regarde l'autre garde qui tient le plus gros calibre.

-Ramassez-la! dit ce dernier, s'adressant au jeune garde et au plus vieux qui vient péniblement de se relever.

Les deux gardes s'exécutent et traînent la jeune femme inconsciente. Le garde en chef les suit, maugréant de colère.

()()()

Sur Atlantis, salle de la porte des étoiles. Les marines de la cité s'avancent vers les gardes Genii et les débarrassent de leurs armes.

-Je suis désolée mais ceci est nécessaire, fait Élisabeth Weir d'un ton d'excuse en regardant pourtant Ladon d'un air glacial. Vu les circonstances, je suis sûre que vous comprenez!

-Je suis ici en tant qu'ami docteur Weir, dit Ladon, courtois, mais sur la défensive...et j'espère quitter en tant que tel également!

-Et nous apprécions que vous vous soyez déplacés pour nous aider à retrouver ma soeur, dit John Sheppard d'un ton tout aussi courtois.

Pourtant son expression est ombrageuse et ses yeux pleins de menace.

-Malgré le fait que c'est votre totale incompétence qui a mené à sa capture! rajoute McKay d'un ton indigné.

-Ce qu'il dit! fait Sheppard en levant un doigt sarcastique pour pointer son ami scientifique.

Élisabeth Weir regarde John et Rodney avec une lueur d'avertissement dans les yeux.

-Rodney...John, dit-elle froidement.

-Bien je m'excuse, dit Rodney d'un ton qui en fait ne s'excuse pas du tout, mais on ne peut contester le fait que c'était bel et bien un code que nous ont procuré les Genii qui a été utilisé pour nous attirer dans ce guet-apens et pour le kidnapping de Sara! Si elle ne nous avait pas accompagné sur ce monde où elle croyait venir soigner des enfants malades, tout cela ne..-

Ladon Radim le coupe, se tournant vers Élisabeth Weir:

-Le docteur McKay a raison, docteur Weir. Et je comprends votre colère, continue-t-il en se retournant cette fois-ci vers le colonel Sheppard. Vous nous avez fait confiance avec ces codes mais j'ai malencontreusement fait une erreur en allouant qu'ils nous soient volés. Comment et par qui? C'est encore sous investigation, mais je dois assumer que c'est quelqu'un qui est proche de moi, malheureusement.

-Ou bien cela faisait partie de votre plan! accuse John Sheppard.

-Excusez-moi? dit Ladon d'un ton irrité.

-Et ce ne serait pas la première fois, ajoute Teyla Emmagan avec défi.

-Je le dis rhétoriquement, continue Ladon d'un ton diplomatique, car je pense que cela devrait être évident maintenant, mais si j'étais impliqué dans tout ceci et si mes intentions étaient si peu honorables, serais-je venu volontairement sur Atlantis?

-Avec vous, qui sait? dit rudement Ronon Dex. Tout ce que je sais, moi, est que notre amie a été capturée et que vous avez quelque chose à y voir!

-Et c'est pourquoi j'aurais laissé tomber mes nombreuses responsabilités de leader pour venir ici consciemment et vous offrir mon aide? dit Ladon fermement. Maintenant, pouvez-vous soit me laisser vous aider, ou allez vous continuer à me lancer sans arrêt à la figure mes erreurs passées? Le choix est le vôtre...

Ladon Radim regarde à tour de rôle John Sheppard et Élisabeth Weir.

Ronon est resté à quelques pouces du petit homme et continue à lui lancer des regards meurtriers.

-Ronon...soupire doucement Élisabeth Weir.

-Si c'est comme ça que vous voulez me traiter...dit Ladon offusqué, laissant traîner les derniers mots, comme une menace de s'en retourner d'où il vient.

-Croyez-moi, dit la voix coupante et menaçante de John Sheppard qui s'est placé devant lui. Vous n'allez nulle part!

-John, fait la voix clémente d'Élisabeth...je comprends ce que vous ressentez, croyez-moi! Mais à partir de maintenant, on va marchander à MA façon!

Elle regarde Ladon et s'avance vers lui.

-Nous allons continuer à discuter dans mon bureau, dit-elle en lui indiquant le chemin.

Mais avant de continuer, elle se retourne vers John et Ronon et les fixe sévèrement.

-...en privé! termine-t-elle d'un ton sans appel.

(à suivre)