Bonjour ! Alors, tout d'abord, merci beaucoup à ce qui me lise, suive, poste des commentaires, ... Je vous remercie infiniment !

Donc, sinon, voilà le chapitre 2, n'hésitez pas à me laisser un commentaire pour me dire ce que vous pensez :) Bonne lecture !


Pff … Je prends mon courage à deux mains, et sors de la maison. La moisson ne me fait absolument pas peur. Pour moi. En revanche, j'ai une boule qui commence à se former au niveau de mon ventre. J'ai peur que Christian soit désigné. Étant donné qu'il a un an de plus que moi, il a davantage de papiers portant son nom. J'écarte cette idée de mes pensées, tout d'abord pour ne pas gâcher cette belle journée, et ensuite parce que je suis assez superstitieuse, et que je ne voudrais pas que mes pensées lui porte préjudice. Fin, de ma petite réflexion, je passe la porte d'entrée et la ferme derrière moi. Ma mère me jette un regard craintif. J'aimerai qu'elle arrête de stresser comme ça, ce n'est pas bon pour sa santé. Non pas que cette dernière soit fragile, mais se mettre une telle pression … Je la serre dans mes bras sans prononcer de mots, puis la regarde dans les yeux.

— Je vais chercher Christian, il doit être chez lui. Allez à la grande place avec papa, je vous retrouve après la moisson.

Ma mère n'a pas l'air très convaincue, mais je ne lui laisse pas vraiment le choix. Je l'embrasse sur l'une de ses joues, puis m'en vais rapidement. Je ne cours pas, pensant tout de même à ne pas salir la robe, puis arrive chez Christian. Ce dernier sort justement de chez lui.

— J'ai failli attendre ! dit-il avec le sourire.

— Gna gna gna !

Oui, c'est une réaction de gamine, mais, au fond j'en suis une ! Et de toute façon, dans ce district, mieux vaut paraître idiot et trouver des moments pour rigoler et se détendre, car les occasions sont plutôt rares par la suite.

— T'es prêt ? lui demandé-je.

Il hoche la tête d'un signe approbateur, et nous nous dirigeons alors vers la place où se déroule le tirage au sort.

Sur le chemin, je retrouve mon frère, qui semble avoir perdu quelque chose. Dès qu'il nous aperçoit, son visage s'éclaire, et il vient à notre rencontre.

— Je te cherchais, dit-il à mon intention.

Ah, c'est moi qu'il avait perdu. Je lui lance un grand sourire, de telle sorte que mes lèvres laissent entrevoir mes dents. Puis, sans rien rajouter, il se joint à nous.

— Bon, on devrait y aller, non pas que je raffole de cet événement mais on va vraiment finir par être en retard, dis-je en calant mon bras dans le sien.

Il sourit, puis nous nous mettons tous les trois en route. Personne n'ose parler, ce qui devient lourd. Finnick a tellement changé. Avant, rien ne pouvait briser sa bonne humeur, et maintenant, le peu de temps où je le vois, il a l'air dépressif et triste.

Nous arrivons enfin sur la grande place assez silencieuse, où, comme nous, se pressent quelques retardataires. Nous passons chacun notre tour devant le bureau derrière lequel se tient une pacificatrice, qui nous prélève un peu de sang pour vérifier s'il s'agit vraiment de nous. Christian m'embrasse et rejoint ses amis dans les rangs. Avant de rejoindre ma place, Finnick m'attrape par le bras et me sert contre lui. C'est dingue ça, toute ma famille stresse plus que moi alors que ce n'est pas eux qui risque d'être choisis. Enfin, je pense que Finnick a une raison d'avoir peur ; il sait ce qu'il se passe là-bas, et que je n'aurais jamais de chance d'en sortir si j'étais choisie.

— Je te retrouve après la moisson, dit-il entre deux souffles.

— Ouais, comme d'habitude, à la gare, dis-je à mon tour sur un ton que je veux rassurant.

Au fond de moi, même si je ne veux pas l'avouer, je pense que j'ai un peu peur. Bref, ce n'est pas le moment de penser à ça. Je lâche mon frère, qui se dirige sur l'estrade pour faire face à la foule, aux côté des autres gagnants. Il se place entre Mags et Annie, deux de nos gagnantes. Annie ne semble même pas le remarquer, tant elle à l'air d'être ailleurs. Mags, quant à elle, le fixe en lui lançant un grand sourire, et il lui rend. Je m'installe en même temps dans mon rang et attend que le temps passe, en parlant de temps en temps à quelques filles que je connais vaguement. Enfin, Sefira monte sur l'estrade, et un silence de mort s'abat alors sur la place. Puis, elle commence son spitch habituel. Je ne sais pas s'il s'agit du même dans tous les districts, mais je n'espère pas pour eux. Je trouve ça tellement ennuyeux. Je n'entends que quelques bribes de son discours que je connais pratiquement par cœur, comme par exemple que nous allons « fêter » cette année les 73° hunger games. Le montage vidéo sur la rébellion des districts passe, et Sefira lance enfin, un grand sourire plaqué sur ses lèvres trop grosses pour être naturelles :

— Très bien ! Passons au tirage au sort.

Comme d'habitude, elle se dirige vers la boule contenant le nom des filles. J'en vois plusieurs tendre leurs muscles, certaines se tiennent les mains, d'autres encore se mettent à pleurer. Parmi toutes ces filles, une seule partira. Une devra partir, quitter sa famille, se battre et tuer des enfants innocents, si elle veut survivre. Mais qui ne le voudrais pas ? Et sa vie sera détruite à jamais. Je me lance alors dans un grand débat intérieur : serait-il préférable de mourir plutôt que de survivre ? Cette question, qui paraît si absurde de premier abord, est en fait bien plus complexe qu'elle le laisse penser. On voit tellement d'horreur dans l'arène, peut-être est-il préférable de mourir, et oublier tous ces souvenirs, plutôt que de revenir, avec sur la conscience 23 enfants morts, au final, par la faute du gagnant. Je me pose alors une autre question : comment mon frère a-t-il fait pour supporter tout ça ? Je n'ai aucune réponse à me proposer.

Sefira tire enfin un papier, et s'apprête à le lire. Je récite alors une petite prière mentalement, afin de ne pas être choisie. « S'il vous plaît mon dieu, je sais que je ne suis pas toujours très sage, et que ce que je vais dire n'est pas très religieux, mais pouvez-vous faire en sorte qu'une autre fille que moi sois choisie ? » Alors que Sefira fait durer le suspense, je me répète intérieurement « pas Hélène Odair, pas Hélène Odair, … ». Puis, un nom retentit. Grand moment de soulagement, bien que je sois déjà triste pour la pauvre fille choisie. Plusieurs personnes s'écarte, et se retourne. Je suis des yeux les regards des autres, et me retourne à mon tour. Mais derrière moi, les gens me regardent aussi. Quel est le prénom que j'ai entendu ? Je ne sais plus, je me répétais le mien dans la tête. Soudain, la voix de Sefira, que je n'affectionne pas particulièrement, me glace le sang, lorsqu'elle répète le prénom, puisque personne ne sort des rangs.

— Hélène Odair.

Quoi ?

Ais-je bien entendu ? En même temps, il n'y a aucune raison pour que ce ne soit pas le cas. Je jette malgré tout un regard vers Sefira, qui me regarde. D'accord c'est vraiment moi. Mon regard dérive sur Finnick. Sa mâchoire est crispée, mais il garde la même expression que précédemment. Je ne lui en veux pas à vrai dire, c'est ce que je souhaitais. Il me fixe de ses yeux verts, qui semblent vidés. Je me décide enfin à bouger et sors de ma rangée. Des pacificateurs me mènent jusqu'à l'estrade qui surplombe la place, et me font monter. Je fixe un court instant mes parents, que j'ai réussi à retrouver dans la foule. Le visage de ma mère est totalement décomposé, comme si on lui avait annoncé la mort de quelqu'un. Mais, après réflexion, c'est un peu ça. Cette vision m'étant insupportable, je préfère fixer mon regard sur autre chose. Tiens, une habitation au loin, cela fera l'affaire. Tout, plutôt que croiser le regard de quelqu'un. Surtout que je réalise peu à peu ce qu'il vient de se passer et que je sens que mes nerfs sont à fleur de peau. J'ai envie de pleurer, mais je décide de ne pas le faire maintenant. De quoi aurais-je l'air à la télé autrement ? Non, je dois paraître fière, comme l'a été mon frère, et ne surtout pas montrer que je ne veux pas y aller. Je tente alors de faire comme si cela ne m'atteignait pas. J'attends simplement qu'un pauvre garçon soit désigné, et que je puisse voir ma famille. Le même rituel recommence, Sefira tire un papier et lit le nom. Cette fois c'est sur, je n'aurais jamais du invoquer l'aide de dieu. Je manque de m'écrouler au sol.

— Christian Creatokf ! crie l'hôtesse dans son micro.

Je jette un regard désespéré à mon frère, puis à Christian. C'est pas vrai. Autant me suicider tout de suite. Ou espérer qu'un garçon d'une grande bonté prenne sa place. Oui, après tout, l'un de ses amis peut très bien avoir pitié de nous, et se porter volontaire. J'attends alors, pleine d'espoir, puisque je n'ai plus que ça. Mais aucune personne ne bouge, ou dit quelque chose. Comme si les temps et les gens s'étaient figés. Finalement, Christian monte à son tour sur l'estrade, et je me remets à fixer la petite maison que j'avais trouvée, afin de ne plus penser à rien. Je ne peux pas le regarder, je ne vais pas tenir autrement. Il vient se placer de l'autre côté de la femme du capitole, et cette dernière nous déclare tribut de l'année du district 4. Super, quel honneur.

La suite s'est passée dans un flou total. Je ne me rappelle pas s'il s'est produit autre chose, ou si les pacificateurs nous ont emmenés. Ma pensée se réactive seulement maintenant, et je me retrouve dans une petite pièce. Je suis déjà venue ici, une fois, pour faire mes adieux à mon frère, i ans, lorsqu'il avait été sélectionné pour participer aux hunger games. Je ne pensais pas que je devrais revenir ici un jour. Tout est beau, et pas besoin d'être un expert pour voir que tout ce qui est dans ce petit salon coûte extrêmement cher. Cependant, je ne m'atarde pas sur ce genre de détail, car tout de suite, ce que je veux, c'est voir mes proches. La porte s'ouvre, et je vois entrer mes parents. Je m'attendais à voir Finnick, et malgré le fait que je veuille le cacher, je pense que la déception se lit sur mon visage.

— Il a dû partir après l'annonce des noms, me dit ma mère comme pour l'excuser.

Je lui souris et la serre dans mes bras. Je n'arrive pas à pleurer. Serait-ce dû au fait que j'ai déjà pleuré précédemment, sans m'en rappeler ? Ou peut-être ne suis-je pas triste. Réflexion faite, c'est faux, je ne veux pas partir. Parce que je sais que je ne reviendrais pas. Je ne dis pas ça pour que l'on s'apitoie sur mon sort, mais tout simplement parce que c'est la réalité. Bien sûr, je sais pêcher, et mon frère m'avait appris à manier le trident, mais ils ne me feront pas ce cadeau là-bas. Et savoir se nourrir, ça peut servir, mais si on arrive à survivre aux autres tributs. Non, je ne pense pas que je tiendrais longtemps. La seule chose qui peut jouer en ma faveur, c'est que j'ai toujours su parler au public. Moins bien que Finnick –encore une fois, mais je pense que j'arriverai à les amadouer pour me dégoter des sponsors. Je réalise soudain que je suis toujours dans les bras de ma mère, et que celle-ci est en larmes. Mon père, plus en retrait, ne pleure pas, mais j'arrive sans peine à voir qu'il est en état de choc. C'est vrai, une malédiction touche notre famille ou quoi ? Remarque, nous ne sommes pas les premiers ; je crois qu'un frère et une sœur ont survécus tous les deux aux hunger games dans le district 1 ou 2. Ma mère dessert son étreinte, et me fais alors face.

— Tu vas t'en sortir d'accord ? Ton frère à bien réussi, alors pourquoi pas toi ?

Je sens le manque de conviction dans sa voix. Tout le monde sait que Finnick avait bien plus de potentiel que moi. Mais j'hoche quand même la tête, pour essayer de me convaincre que j'ai une chance de gagner. Seulement, au fond de moi, je sais que je ne reviendrais pas. Car, si je dois tuer des gens, il y a une personne à qui je ne pourrais jamais faire de mal. Et l'idée que quelqu'un s'en charge à ma place m'est encore plus insupportable. Comment fais-je faire ? Bien sûr que l'idée de survivre est tentante, mais il est hors de question que je doive tuer mon petit ami pour m'en sortir.

Un pacificateur coupe court à mes pensées, lorsqu'il rentre dans la pièce, disant que le temps est écoulé. Ma mère m'embrasse une dernière fois, et mon père passe sa main dans mes cheveux, ce qui a pour effet de me les emmêler plus qu'ils ne le sont déjà. Mais, je m'en moque à ce moment-là, car c'est l'un des seuls signes d'affection que montre mon père. Puis, ils s'en vont. Ca y est, c'est fini. J'ai du mal à réaliser que je ne les verrais plus jamais. Les larmes me montent aux yeux, mais le pacificateur revient pour m'emmener à la gare. Je refoule mes émotions car je ne veux surtout pas que l'on me voit avec des yeux rouges et boursouflés. Arrivée sur le quai, on me fait rapidement monter dans le train, en compagnie de Sefira, et on me dit d'attendre dans un wagon, presque aussi grand que ma maison, avec le luxe en plus. Je suppose qu'il s'agit de la salle à manger, car il y a une grande table en bois, avec des chaises de la même matière que la table. Sur cette dernière sont disposés de nombreux plats. Je ne comprends pas vraiment ce qu'ils fichent là d'ailleurs, car ce n'est pas l'heure de manger, mais bon … Juste avant la table et ses chaises, de petits fauteuils bleus marine sont installés de sorte à former un cercle. Je m'installe dans l'un d'eux, en attendant les autres.

Étant arrivée avec Sefira, je pensais qu'elle allait rester avec moi, et, même si elle n'a pas l'air très agréable, je préfère rester avec elle, plutôt qu'être seule ici. Mais elle s'absente en prétextant aller chercher les autres.

J'observe le décor, qui commence à défiler puisque nous partons. Une envie d'aller voir par la fenêtre si des gens sont venus nous dire au revoir me parcours l'esprit, mais je la refoule rapidement. Je pense que ça m'attristerait plus qu'autre chose, alors je reste assise dans le fauteuil, qui est plus mou que tout ce dans quoi je me suis assise jusqu'à maintenant. Chez moi, nous n'avons que des chaises pour nous asseoir, ce qui paraît normal, en un sens. Tandis que je commence à divaguer dans mes pensées, un bruit monte jusqu'à mes oreilles. Un bruit de porte coulissante. Je tourne alors la tête, et aperçoit Finnick qui entre dans la pièce. Je me précipite vers lui, en m'entravant au passage dans le fauteuil, que je manque de renverser.

— Je suis dans le pétrin … dis-je en cognant doucement ma tête contre son thorax.

— Mais non, je t'ai appris à manier le trident, tu te rappelles ? me rassure-t-il, tout en me serrant dans ses bras. Et, avec moi comme mentor, c'est impossible que tu perdes.

Je lâche un rire crispé.

— Le seul problème, c'est que si je gagne, Christian meurt, repris-je presque en m'étouffant à cause des larmes qui me montent aux yeux.

— On ne peut pas tout avoir. Je suis désolé, mais tu es obligée de gagner. Je ne supporterai pas que tu meurs. Déjà, que tu aies été sélectionnée, …

Je ne veux pas répondre. Je reste dans ses bras, et attends qu'un miracle tombe du ciel, ce qui, à mon avis, n'est pas près d'arriver.


Alors alors ? Qu'en pensez-vous ? J'espère que ce chapitre vous a plu :) A bientôt !