Bonjour tout le monde ! Je suis vraiment ravie de l'accueil que vous avez fait à cette fic ! Je vous remercie tous énormément ! J'ai presque fini de répondre à vous reviews donc, normalement, si vous n'avez pas encore eu de petit mot ça ne devrait pas tarder.

Je remercie aussi Erika Keysie pour sa correction ! Plein de cœurs pour toi !

Et bonne lecture ^^ On se retrouve en bas !

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Stiles soupira en entendant la porte d'entrée se refermer derrière son père. Enfin, il était rentré. Une nouvelle journée de terminée, sans qu'il ne soit arrivé d'incident majeur. La vie à Beacon Hills devenait de plus en plus dure pour les deux membres restants de la maisonnée Stilinski.

Les habitants du village n'avaient pas pardonné à Stiles d'avoir tué sa mère.

Enfin, il ne l'avait pas tuée. C'était la marque sur son poignet qui l'avait fait. La marque de la Bête, apparaissant sur les âmes maudites. C'est ce qu'on répétait à Stiles depuis qu'il était petit. Quoi d'autre que la marque de la Bête aurait pu attirer le démon qui avait possédé Claudia Stilinski et lui avait lentement fait perdre l'esprit, jusqu'à ce qu'elle en meure ? C'était forcément de sa faute.

Et si Stiles était maudit, son père aurait dû s'en débarrasser, au lieu de le garder et l'aimer comme son fils. Mais il ne l'avait jamais fait. Il n'avait jamais écouté les mauvaises langues, convaincu qu'il était que son fils n'avait rien d'un démon, ni d'une âme damnée.

Les habitants de Beacon Hills étaient fermés d'esprit et superstitieux, et ils le montraient tous les jours en menant la vie dure à Jonas Stilinski malgré sa position habituellement respectée de Shérif du village.

Quand Stiles vit son père pénétrer dans la petite cuisine, il sut que quelque chose n'allait pas. Jon avait le visage grave, et une lassitude certaine se reflétait dans ses yeux.

« Je pense qu'il est temps que nous déménagions. » , dit-il en s'asseyant à la table bancale. « On ne peut plus continuer comme ça ici, ce n'est pas juste pour toi. Je n'aurais jamais dû accepter que les habitants se comportent de cette manière. Demain, je partirai avec Parrish pour essayer de trouver du travail dans un autre village. Avec un peu de chance, on trouvera quelque chose dans une vraie ville. On aura un peu plus d'anonymat. Personne ne te connaîtra et personne ne nous pourrira la vie avec cette histoire de marque de la Bête. »

Stiles ne put s'empêcher de ressentir de la culpabilité en entendant les mots de son père. Il savait que, objectivement, rien n'était sa faute. Il savait que Jon l'aimait inconditionnellement, et il retournait cet amour. Mais c'était dur de voir le shérif aussi fatigué par sa faute. S'il n'avait pas eu cette marque, rien de tout ça ne serait arrivé. Bon, sa mère serait quand même morte, parce qu'il était assez intelligent pour comprendre que les démons n'avaient rien à voir avec la maladie dont Claudia souffrait, mais au moins les habitants ne reporteraient pas leur rancœur et leur peur sur Jon. Son père n'aurait pas l'air d'avoir quinze ans de plus que son âge réel. Stiles soupira et posa une assiette pleine devant son père.

Ce soir-là, le repas se fit dans le silence total. Les deux hommes ne traînèrent pas avant d'aller se coucher, la tête pleine de pensées nostalgiques.

Cette nuit encore, leurs rêves ne seraient pas peuplés de belles choses.

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Jon termina de charger quelques affaires dans le chariot et se tourna vers Parrish. « Tu es prêt ? », demanda-t-il.

Son adjoint le plus récent se contenta de hocher la tête en sécurisant ce que son patron venait d'installer. Puis il se hissa à l'avant et prit les rênes du cheval. Jon s'installa à côté de lui. « Stiles n'est pas venu dire au revoir ? », s'enquit Parrish, intrigué. Il était rare que le plus jeune Stilinski ne soit pas là quand son père s'absentait quelques jours.

Jon soupira. « Non. Il devait passer à la bibliothèque pour recharger son stock de livres. Danny est bien la seule personne à l'apprécier, au village. Enfin... Si on ne compte pas Théo. Ce gars-là me fait frissonner, mais il n'a jamais rien fait qui implique que je puisse prendre des mesures légales contre lui. Il est juste flippant. »

Parrish fronça les sourcils. « Je ne comprends pas. Ça devrait être bien pour Stiles, non ? Que quelqu'un s'intéresse à lui, je veux dire. Il n'a pas l'air d'avoir beaucoup d'amis, alors j'aurais pensé qu'il sauterait sur l'occasion pour se rapprocher de quelqu'un de son âge. »

Jon secoua la tête. Ses yeux reflétaient une certaine colère. « Nan. Théo ne s'intéresse à Stiles que parce qu'il porte la marque de la Bête. Tu connais les rumeurs. Il ne veut épouser mon fils unique que pour pouvoir dire qu'il a dompté la marque. Comme si j'allais le laisser faire... Enfin, je n'ai pas trop à m'en faire. Stiles est assez intelligent, il a compris ça depuis longtemps. » Il ricana. « Si tu l'entendais me parler de Théo, parfois. » Son sourire se fit plus triste. « J'espère vraiment réussir à trouver quelque chose. Il ne mérite pas ça. C'est un bon petit gars. Il a la tête sur les épaules, il sait réfléchir, et rester là, ça l'étouffe. J'ai toujours pensé que j'avais raté quelque chose, tu sais. Je n'ai pas réussi à lui apporter ce dont il aurait besoin pour s'épanouir. Stiles, c'est un grand esprit, pas comme nous. Nous, on est des gens simples, on se plaît dans ce genre de village. Lui, il a besoin de plus que ça. Et j'ai jamais réussi à lui donner. J'espère vraiment qu'on va bientôt pouvoir commencer une nouvelle vie ailleurs. Sans marque, sans superstitions, sans rumeurs. »

Parrish posa sa main sur le bras de son patron. « Je vous entends là, Boss. Je le connais pas beaucoup, votre fils, mais il m'a l'air solide. Je suis sûr que ça va s'arranger. »

« Tu as raison. », dit Jon en mettant la carriole en route. « Mais j'espère que, qui qu'il y ait là-haut, il t'entendra. Stiles mérite vraiment mieux. »

« Eh bien je prierai pour ça. Mais on ferait mieux d'y aller, il faut traverser la forêt avant la nuit. »

« C'est vrai, en route. », dit Jon pour clore la conversation.

Roscoe, la jument que Stiles lui avait prêtée pour l'occasion, se mit en route au commandement du shérif.

Le trajet se déroulait bien, dans un silence agréable, quand ils arrivèrent devant la forêt. Roscoe s'arrêta et hennit nerveusement. Jon et Parrish n'en menaient pas large non plus. Cette forêt, qui s'étendait sur la frontière avec le comté, était impressionnante. Elle était très calme. Trop calme. Aucun oiseau ne chantait, aucun animal ne semblait arpenter les bois. C'était comme si la faune se cachait, dans l'attente. Dans l'attente de quoi, ils ne sauraient dire.

Les deux hommes échangèrent un regard. Contourner la forêt leur prendrait des jours. Ils n'avaient pas prévu assez de matériel ni de vivres pour cela. Finalement, après quelques minutes d'indécision, Jon fit claquer les rênes pour inciter la jument à avancer. Celle-ci s'ébroua et piaffa, nerveuse, mais finit par obéir et ils pénétrèrent dans la forêt. C'était comme si un rideau d'encre se refermait sur eux. Le silence était tendu, pesant, et le craquement des feuilles sous les sabots de Roscoe semblait résonner à des lieues à la ronde. La forêt elle-même semblait anormalement sombre, comme si les arbres centenaires aspiraient la lumière même de l'air. Parrish toussota, agité, et le son rebondit contre les troncs comme une balle de fusil. Roscoe s'agitait de plus en plus, elle semblait sentir que quelque chose était sur le point de se produire.

Puis les hurlements retentirent.

Roscoe rua, se cabra, paniquée. L'appel à la chasse des loups la faisait perdre toute sa placidité habituelle. Elle fonça à toute allure entre les arbres, entraînant derrière elle la carriole et les deux hommes impuissants à la raisonner.

Ils entendaient des grognements derrière eux et Jon se retourna. Il souhaita ne pas l'avoir fait quand il vit les loups gigantesques qui étaient à leurs trousses. Leurs yeux brillaient d'un bleu luminescent, surnaturel. De la salive coulait sur leurs babines et se perdait dans leur pelage. Ils faisaient claquer leurs mâchoires, affolant davantage encore la pauvre jument.

Parrish prit les rênes pendant que Jon s'empara de son fusil. Ils allaient trop vite pour qu'il puisse viser correctement, mais ça le rassurait d'avoir son arme à proximité. Pour pouvoir se défendre dès que l'occasion se présenterait. La carriole grinçait de manière lugubre à chaque fois que les roues rebondissaient contre les imposantes racines des arbres qui ressortaient sur la route.

Ce qui devait arriver arriva.

Avec un craquement horrible le mécanisme qui retenait Roscoe céda et la jument partit, libérée, disparaissant bientôt entre les arbres. Elle entraîna Parrish avec elle, qui avait réussi à s'accrocher aux rênes quand la carriole avait basculé sur le côté. Trois loups partirent à leur poursuite.

Ça en laissa deux qui se tournèrent vers Jon, tous crocs dehors. Le shérif jeta un coup d'œil à son fusil, qu'il avait lâché lors de l'accident et à sa jambe coincée sous le véhicule. Puis il reporta son attention sur les prédateurs, qui commençaient doucement à revenir vers lui. Il se laissa tomber complètement à terre et s'étira le plus possible pour pouvoir attraper son arme. Il ne lui manquait que quelques centimètres pour l'avoir. Il essaya de se contorsionner, de gagner ces quelques centimètres. Mais rien.

Soudainement, il ne sentit plus rien sur sa jambe. La forêt était redevenue silencieuse. Perplexe, il se retourna lentement. Les deux loups avaient déplacé la carriole plus loin, probablement en la poussant. Et ils se contentaient de le regarder, comme s'ils le narguaient. Tu as vu ? On n'a pas besoin de te tuer tout de suite. On peut faire de toi ce que l'on veut, et tu ne peux pas nous échapper. Jon pouvait presque les entendre.

Cependant, il était libéré. Bondissant sur ses pieds, il se rua en avant et s'empara de son arme. Les loups se jetèrent sur lui, mais il était prêt. Il se retourna et, sans prendre la peine de viser correctement, tira. Le coup de feu résonna comme le tonnerre entre les arbres, et le silence qui s'ensuivit en était d'autant plus assourdissant. Jon rouvrit les yeux, qu'il avait fermés en tirant.

Il avait bien visé. La dépouille d'un des loups gisait sur le sol de la forêt, et la queue de l'autre disparaissait dans les buissons. Le prédateur s'était retrouvé proie, et avait préféré fuir.

Jon soupira. Il grimaça sous la douleur qu'il ressentit. Le poids de la carriole sur sa jambe, puis les mouvements brusques, devaient avoir fait quelques dégâts. En boitant il fit quelques pas avant de regarder autour de lui.

La fuite de Roscoe l'avait totalement perdu. Il essaya de réfléchir. Le loup avait probablement dû se réfugier plus profondément dans la forêt. Donc logiquement, s'il prenait la direction opposée, il finirait par sortir de cet enfer.

Il ne lui restait plus qu'à faire ça, donc. Il jeta un œil autour de lui, soudain hésitant. Les arbres, même les plus gros étaient tordus, comme s'ils avaient essayé de se déraciner tous dans la même direction. Comme pour fuir quelque chose de si affreux que même la forêt ne voulait pas en être la complice malgré elle. Et il ne voulait pas vraiment s'enfoncer dans cette partie de la végétation. Ill ne pouvait pourtant pas rester là avec le froid qui allait tomber en même temps que la nuit, il était dans l'obligation de bouger s'il ne voulait pas mourir sur place. Serrant son fusil contre lui, il s'engagea entre les arbres.

Bientôt, Jon dut se rendre à l'évidence. Sa théorie n'était pas forcément la bonne. Plus il avançait et plus la végétation semblait dense, et plus la forêt était sombre et silencieuse. Les loups rodaient toujours et il n'avait pas un stock de munitions illimité.

Il marcha pendant ce qui lui sembla être des heures. Il finit par oublier la douleur dans sa jambe, engourdie par le froid et la nécessité de continuer à avancer.

C'est pourquoi il fut très surpris quand, soudainement, il déboucha dans une clairière. Enfin, une clairière... Disons simplement qu'il n'y avait plus d'arbres et que la végétation était légèrement moins touffue. Il sortit de l'espèce de transe dans laquelle il s'était plongé en avançant sans but et regarda autour de lui.

Un portail. C'était un portail en fer forgé ! Il sentit son cœur battre plus fort dans sa poitrine. C'était le premier signe de civilisation depuis qu'il avait commencé son périple !

Il essaya de l'ouvrir. La grille ne bougea pas. Il essaya plus fort mais rien n'y fit.

Jon n'était pas homme à craquer facilement mais là, ça commençait à faire un peu beaucoup, même pour lui. D'abord sa tension face au comportement des villageois à l'égard de son fils, puis le stress du voyage, l'accident, Parrish, les loups, sa randonnée forcée dans la forêt, et maintenant ça ? Cette grille fermée ? Il était au bout du rouleau. Au moins, essaya-t-il de se raisonner, il était au sec. Ç'aurait pu être pire.

Comme pour se moquer de lui, le tonnerre se mit à gronder et la pluie se déversa sur lui.

Soupirant, il se laissa glisser au sol le long du portail et étendit sa jambe douloureuse devant lui, puis se passa les deux mains sur le visage. C'est à ce moment qu'il se rendit compte qu'il n'avait plus son fusil. Il avait dû le faire tomber à un moment ou un autre dans la forêt, quand il n'était concentré sur rien d'autre que mettre un pied devant l'autre. Épuisé, il laissa tomber à plusieurs reprises sa tête contre la grille. Qui, bien sûr, s'ouvrit sous les coups répétés. Évidemment, il tomba en arrière. Et, comme les dieux n'étaient pas avec lui ce soir-là, il tomba dans une flaque de boue que la pluie commençait à former.

Il resta là quelques instants, il n'avait plus envie de bouger. Rapidement la raison reprit le pas sur sa lassitude et il se releva puis se remit en marche. Il tomba rapidement sur une allée, qu'il suivit. Généralement, les allées donnaient sur des maisons et, si c'était un peu étrange d'habiter comme ça en plein milieu des bois, ça restait quand même un toit. Avec un peu de chance, le ou la propriétaire lui laisserait même passer la nuit ici.

Cependant, ce n'était pas une maison au bout de l'allée. C'était un manoir. Un vrai manoir, à l'air abandonné. Aucune fenêtre n'était éclairée, et le jardin avait l'air carrément à l'abandon. Jon soupira. Il ne savait même pas pourquoi il avait pensé que ce serait différent, il n'avait aucune chance depuis le début de son aventure. Traînant sa jambe blessée avec lui, il alla quand même frapper à la porte d'entrée. On ne savait jamais.

Personne ne répondit. Après un moment à attendre en vain en grelottant dans le froid que les lourds battants de bois sombre s'ouvrent, il saisit le heurtoir en laiton et frappa à nouveau. Quelques minutes. Toujours rien. Il soupira en baissant les épaules. Il allait devoir trouver un autre plan, songea-t-il en commençant à s'éloigner.

Il était au milieu du petit escalier menant à la porte d'entrée quand il entendit un grincement derrière lui. Il se retourna, le cœur battant la chamade dans sa poitrine, et fronça les sourcils sous la confusion.

La porte était ouverte.

Il se hâta de revenir sur ses pas et poussa le panneau de bois, pénétrant dans l'entrée du manoir. La porte claqua derrière lui et il sursauta. L'intérieur était très sombre et il distinguait à peine ce qu'il y avait devant ses yeux. Ce qui confirmait sa théorie du manoir abandonné au milieu des bois. C'était vraiment lugubre et effrayant. Il avait l'impression de sentir une présence, comme dans un château hanté. Il ne voyait rien, n'entendait rien, mais les cheveux au creux de sa nuque se relevaient, et il se sentait observé.

Prenant une profonde inspiration, il avança d'un pas ses pieds s'enfoncèrent dans quelque chose de moelleux, un tapis supposa-t-il. Il se retourna quand il entendit des chuchotements. Personne. L'adrénaline le submergea. Il entrait en mode combat ou fuite, et il hésitait encore quelle réponse il allait donner à son environnement.

Jon s'avança un peu plus encore et les chuchotements redoublèrent. Il n'arrivait pas à distinguer d'où venaient les voix, le bruit faible raisonnait sous les hauts plafonds de pierre.

« Il y a quelqu'un ? », demanda-t-il à voix haute, essayant d'attirer l'attention. Sa voix sembla fuser dans le silence et rebondir contre les murs. Jon se surprit à vouloir baisser la voix, comme si parler tout fort en ce lieu était blasphématoire. Ça lui donnait le même sentiment que rire dans un mausolée. Ça hérissait les poils de ses bras et il sentait des frissons courir le long de sa colonne vertébrale.

Cet endroit le mettait vraiment mal à l'aise. Mais il ne pouvait plus reculer. C'était ça ou les loups. Il eut une pensée pour Parrish, espérant de tout son cœur que son jeune adjoint ne se soit pas fait dévorer en même temps que Roscoe. Sinon, il était totalement seul. Personne ne saurait qu'il avait eu un accident, et personne ne partirait à sa recherche avant des jours. Et d'ici-là, qui sait ce qui lui serait arrivé. Non, la seule solution était qu'il trouve quelqu'un dans cet endroit macabre et lui demande de l'aide. Au moins un bandage pour sa jambe et un abri pour la nuit. Il pourrait affronter la forêt en pleine journée.

Sa décision prise, il s'avança plus encore dans le manoir, prenant un chandelier qui attendait dans une alcôve, et l'alluma en utilisant le briquet à silex placé à côté à cette fin. Il leva le chandelier devant lui. Les murs lui apparurent plus clairement. Tout était sombre et désolé. Des tableaux éventrés côtoyaient des tapisseries fanées. Rien n'avait de vie, tout était abandonné.

« Salut, mon mignon. » Une voix suave et féminine retentit dans ses oreilles. Sursautant, il se retourna. Personne. Puis il sentit une petite tape sur son épaule. « De ce côté ! » Mais toujours personne quand il fit volte-face. « Dans ta main ! » Jon leva la main, mais, bien évidemment, elle était vide. Il ne savait pas à quoi il s'était attendu. Des petites fées ? Ha.

« Non mais... L'autre main ! », entendit-il sur un ton plaintif, en même temps qu'il entendit un Erica ! sifflé d'une voix réprobatrice. Jon leva son autre main. Qui tenait le chandelier. Ledit chandelier, qui avait maintenant des yeux, un nez et une bouche. « Eh bien... », soupira Jon. Il reposa le chandelier où il l'avait pris et se frotta les yeux en soupirant. « Un chandelier qui parle. Pourquoi pas. » Il rouvrit les yeux et se passa les mains dans les cheveux. Il eut une grimace quand cela fit goutter de l'eau froide dans son cou, et il s'essuya les mains sur son manteau. Enfin, il essaya, puisque le manteau était aussi trempé que le reste. « L'hallucination est un symptôme d'hypothermie, non ? Il faudra que je redemande à Stiles en rentrant. », marmonna-t-il dans sa barbe. Cela expliquerait bien des choses.

Un petit gloussement lui répondit. « Non, tu n'hallucines pas. Bienvenue au Château où les objets parlent et où les horloges sont coincées du c- »

« Erica ! », coupa ladite horloge en s'avançant dans la lumière produite par le chandelier. Puis, comme si elle s'était rendu compte de ce qu'elle avait fait, l'horloge se tourna vers Jon. Ce n'était maintenant plus possible de se cacher. Autant prendre le taureau par les cornes. « Veuillez la pardonner, mon bon monsieur. Cela fait bien longtemps que nous n'avons plus vu quelqu'un s'aventurer aussi loin dans la forêt. Erica en oublie ses bonnes manières. Je m'appelle Isaac. »

Erica leva les yeux au ciel en sautillant en direction d'une porte. « On s'en fiche de tout ça, Zazu. Tu vois pas que le monsieur est frigorifié ? Viens, on va le mettre devant un feu, avec une bonne soupe chaude. On voit tellement rarement de monde ici, il faut faire les choses bien ! »

« Un... Une soupe chaude ? Le feu ? Ah non ! », s'exclama Isaac, horrifié. « Tu sais bien ce que pense l'Alpha des visiteurs. Tu sais comment il risque de réagir. Non, non. Je suis désolé, monsieur, mais vous allez devoir repartir ! »

Jon soupira. « Repartir ? Et comment ? Je ne sais pas de quel côté se trouve le village de Beacon Hills, ma carriole est brisée en mille morceaux au milieu de la forêt, et mon cheval s'est probablement fait manger par des loups. Tout comme mon adjoint. Alors si vous avez une idée, je suis preneur. » Le shérif avait décidé de ne pas s'étonner de quoi que ce soit dans le château. Après la forêt qui lui avait paru presque vivante, ce n'était rien. Juste un pas de plus dans le bizarre. Des broutilles. Il aurait le temps de faire une crise de nerfs plus tard, quand il serait sorti de cette situation par exemple. Et même que, plus tard, dans quelques semaines, il pourrait en rire avec Stiles. Voilà, il allait faire comme ça.

Erica se retourna encore une fois vers l'horloge. « Tu entends ça, mon petit chat ? Il ne peut pas repartir. Alors on va lui donner de quoi manger, de quoi se changer, et comme ça il pourra passer la nuit ici. Demain, on pourra le renvoyer dans la forêt, ce sera moins dangereux. Les loups ne sortent que la nuit. »

Jon aurait juré que de la fumée pouvait sortir des oreilles d'Isaac. « Très bien, Erica, fais comme tu veux. Mais tu en supporteras seule les conséquences. »

« T'inquiète, mon chéri, l'Alpha ne me fait pas peur. Allez viens, monsieur, on va t'asseoir dans le fauteuil près du feu. Les amis ! », continua-t-elle à voix haute. « Ce soir, on a de la visite ! »

Jon haussa un sourcil quand il entendit un aboiement. Non. Il avait décidé que plus rien ne l'étonnait. Pas même un repose-pied. Avec une queue. Non, tout était normal.

Il s'assit avec soulagement dans le fauteuil que lui indiqua Erica. Quand elle lui suggéra, il enleva sa veste trempée et la donna à un portemanteau, qui s'installa au coin du feu pour que le vêtement puisse sécher. Jon le remercia et se laissa reposer contre le dossier. Il n'y avait pas à dire, ça faisait du bien après la journée qu'il avait eue. C'était un répit qu'il appréciait énormément.

Il ferma les yeux. La chaleur commençait à pénétrer ses os, le repose-pied s'était nonchalamment glissé sous ses chevilles, une couverture avait été négligemment déposée sur lui et un chariot lui avait apporté une assiette de soupe chaude. C'était presque le paradis.

C'est pourquoi ça ne pouvait pas durer éternellement.

Une sorte de bruit bas et terrifiant, comme un rugissement, résonna entre les murs, faisant trembler l'argenterie dans les vaisseliers. Isaac, Erica et Scott, le repose-pied, s'immobilisèrent. Le portemanteau eut un frisson. Jon se figea dans son fauteuil.

La porte de la pièce s'ouvrit dans un claquement sourd dans le dos du shérif et une ombre terrifiante se dessina sur le sol. Elle était gigantesque. Jon se releva avec difficultés pour affronter cette nouvelle épreuve sur ses pieds.

La vision qui l'accueillit quand il se retourna lui fit froid dans le dos. Il pensait ne plus s'étonner de rien, eh bien, il s'était trompé. L'homme qui lui faisait maintenant face était horrifiant. Sa bouche était déformée par les crocs énormes qu'elle ne pouvait contenir. Ses yeux, brillant d'une lueur rouge cruelle, étaient en partie cachés par les sourcils saillants. L'implantation de ses cheveux descendait en pointe sur son front, presque jusqu'à l'arête d'un nez épaté et écrasé qui tenait plus du museau que du nez humain. Ses oreilles longues et pointues se terminaient par une touffe de poils noirs et, en baissant les yeux, Jon put voir au bout de ses longs doigts décharnés des griffes noires et acérées.

Il était face à une bête.

Il sentit toute couleur quitter son visage quand le démon se pencha vers lui, sa gueule à quelques centimètres à peine de son visage. « Qui ose pénétrer ma demeure ? », demanda-t-il d'une voix rauque et bourrue.

Jon essaya de ne pas laisser paraître sa peur. « Je m'appelle Jonas Stilinski et je suis - »

« Tout compte fait, je me fiche de qui vous êtes. Vous n'avez rien à faire là. Dehors ! »

Jon déglutit. « Je... Je voudrais vous demander hospitalité pour la nuit. Ma carriole est brisée et une meute de loups rode dans la for - »

« Non. »

« Je vous en prie. S'il vous plaît ! Je vous promets de repartir à la première heure du jour, j'ai juste besoin d'un abri pour la nuit, afin de pouvoir me réchauffer et reposer ma jambe ! »

La bête grogna. « Un abri pour la nuit ? Très bien. » Puis, sans plus de cérémonie, elle le prit par la chemise pour le traîner derrière elle.

Jon entendit la voix d'Erica derrière lui. « Alpha ? Alpha, où l'emmenez-vous ? »

« S'il tient tant à passer la nuit ici, qu'il reste. », aboya le propriétaire du château. « Mes cachots seront ravis d'avoir de la compagnie. »

Avant de pouvoir comprendre quoi que ce soit, Jon fut jeté dans une cellule sombre et humide. Il atterrit sur sa jambe blessée et un éclair de douleur remonta dans sa cuisse et le long de sa colonne vertébrale. Il ne put retenir un grognement, et la douleur lui fit tourner la tête.

La dernière chose qu'il entendit avant de finalement perdre connaissance furent les supplications d'Erica et le rugissement du démon.

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Et voilà ! J'espère que ça vous plaît encore ! On se retrouve le 16 novembre pour la suite !