There and Back Again, an heir's holiday

Disclaimers : Harry Potter et les autres appartiennent à JK Rowling.

NDA : Fiou, plus beaucoup de temps pour écrire ces jours-ci, mais j'ai quand même réussit à sortir ce second chapitre, et la suite est bien avancée.
Merci à Andeor, mon beta pour ses corrections aussi rapides qu'efficaces. :)

Bonne lecture.


Chapitre 2

Ne chatouillez pas un dragon qui dort

...

... POV Hermione ...

Ce matin, nous commencions directement par deux heures de Défense Contre les Forces du Mal. Une véritable épreuve pour la plupart des gens, vu que le cours est donné par Rogue cette année, mais moi j'étais plutôt détendue. Mon devoir à rendre était fini depuis plusieurs jours et, sans fausse modestie, je ne voyais pas ce que Rogue aurait pu lui reprocher.
Mais, ça n'était pas pour ça que je me pressais d'aller en cours.
La vraie raison était Draco. Je ne l'avais vu que de loin ce matin, au petit-déjeuner, et je voulais m'assurer par moi-même de son état.

Les révélations de Pansy m'avaient choquées et j'étais retournée à mon dortoir sans pouvoir lui apporter de solutions. Je lui avais quand même promis de l'aider et de chercher un moyen de s'en sortir. Je ne pouvais pas les laisser se débrouiller seuls, ça allait forcement mal finir.

Pas que je pense qu'avec moi, ils allaient mieux s'en tirer, hein, mais bon, à plusieurs on avait plus de chances de trouver une solution.

Sitôt arrivée dans la salle commune, Ron et Harry se jetèrent sur moi. Apparemment, ils m'avaient attendue sans bouger d'ici, et ils s'étaient fait du souci.
Je les rassurai d'un sourire.

« Tout va bien, ne vous en faites pas.

— On s'est inquiétés pour toi ! Tu sais depuis combien de temps tu es partie ?

— Ron, je te dis que ça va. Il ne m'est rien arrivé. Pansy et moi avons juste discuté... »

Les deux garçons se rassirent et je les imitai. Après avoir vérifié d'un coup d'œil que la salle commune était déserte, je me penchai vers eux et leur racontai tout ce que la Serpentarde m'avait dit.

Lorsque j'eus enfin fini, ils avaient l'air aussi abasourdi que je l'avais été. Il leur fallu quelques minutes pour assimiler la nouvelle.

« Franchement, j'ai toujours détesté ce sale con de Malfoy, mais ça craint ce qui lui arrive. Son père est vraiment une pourriture.

— Un jour, Voldemort paiera pour tout ce qu'il a fait...

— En attendant, Pansy a l'air de compter sur moi pour le sauver, mais je ne vois pas ce qu'on pourrait faire. Dans le monde moldu, ce genre de maladie peut prendre des années à guérir, lorsque ça guérit, et le malade doit prendre des médicaments chaque jour s'il ne veut pas rechuter ou aggraver ses problèmes. Mais, chez les sorciers, je n'ai pas la moindre idée de la façon dont ça se traite, et vu qu'ils ne veulent mettre personne au courant, je ne vois pas trop ce qu'on pourrait faire... »

Le silence retomba entre nous. Nous réfléchissions tous les trois, mais rien ne venait.
D'habitude il y avait toujours un ennemi à combattre, ou des énigmes à résoudre, pour sauver les gens. Mais là, l'ennemi, l'énigme et l'innocent à sauver ne faisaient qu'un, et aucun de nous n'avait d'idées pour ramener Draco à la vie...

Je finis par monter me coucher, et les garçons me suivirent.

Et donc, après une nuit trop courte, je me dirigeais rapidement vers la salle de Défense Contre les Forces du Mal, bien décidée à trouver un moyen d'aider les Serpentards.

D'un autre coté, pourquoi aider des gens qui se sont toujours mal conduit envers nous ?
Mais c'est plus fort que moi. Ils ont besoin d'aide et je ne vais pas les laisser tomber. Même si nous avons eu des différends, et même si je ne les apprécie pas franchement, ils sont comme nous : juste des adolescents, qui n'ont rien demandé, embarqués de force dans cette guerre.
Alors la moindre des choses, c'est de nous serrer les coudes. Et il ne sera pas dit que Hermione Granger a refusé d'aider des gens qui la suppliaient de le faire !
Hehe, cette garce de Pansy m'a quand même suppliée ! C'est mesquin mais, une fois que tout ça sera réglé, je compte bien lui rappeler sa phrase à chaque fois que je croiserai son regard méprisant.

J'arrivais dans la salle avec quelques minutes d'avance, mais à mon grand regret, il n'y avait presque personne, et aucun Serpentard.

Ron et Harry vinrent me rejoindre et enfin, Draco, Blaise et Pansy entrèrent, suivis par Crabbe et Goyle.

Draco était toujours le même, sa démarche n'avait pas changée, sa coiffure et ses vêtements étaient toujours aussi soignés. Blaise faisait du bon boulot et il devait vraiment parfaitement connaître son ami pour arriver à s'en sortir aussi bien.

... POV Harry ...

Draco, Pansy et Blaise entrèrent.

Effectivement, Draco n'était plus le même.

Enfin, son apparence n'avait pas changée.
Il avait toujours le même nez pointu, les mêmes cheveux blonds, la même façon de porter l'uniforme, comme si c'était des vêtements luxueux qui le mettaient totalement en valeur. Il levait fièrement le menton en marchant, comme il l'avait toujours fait, donnant l'impression que le monde lui appartenait et qu'il était supérieur à chacun d'entre nous.

Cette attitude m'énervait au plus haut point, et il le savait.

Justement, d'habitude, c'était toujours à ce moment là qu'il se tournait vers nous et me faisait un léger sourire moqueur, avant de continuer son chemin et d'aller s'asseoir.
Mais là, rien, il passa sans un regard, comme si nous n'existions pas.
Je me sentis légèrement mal à l'aise, j'avais comme une impression de gâchis.

Rogue arriva à ce moment, coupant mes réflexions, et le cours commença.

Tout se passait bien, tout le monde prenait des notes en silence lorsque d'un coup, la voix sèche de Rogue s'éleva.

- Zabini !

Tous les élèves levèrent la tête pour voir ce qui se passait.
Rogue se tenait juste derrière le Serpentard, les bras croisés sur sa poitrine, l'air glacial.

- Pourrais-je savoir pourquoi vous ne jugez pas nécessaire de prendre des notes ? Peut-être que ce cours ne vous intéresse pas ?

- Je suis navré, Monsieur. Je suis tombé ce matin, je me suis tordu le poignet et je n'arrive pas à écrire. Mais dès que ça ira mieux, je récupérerais l'intégralité du cours, bien sûr.

- Bien sûr.

Rogue le fixait d'un air pincé mais Blaise ne le regardait pas, gardant les yeux sur sa plume. Il finit par reprendre sèchement.

- Eh bien, allez à l'infirmerie si vous n'êtes pas capable de travailler. Parkinson, accompagnez le.

Je vis Blaise et elle échanger un regard paniqué avant de reprendre aussitôt un visage neutre.

- Mais Monsieur, il faut que Pansy continue à prendre des notes pour que je puisse les recopier plus tard.

- Je vois. Je suppose que Malfoy n'écrit pas assez bien pour vous.

Rogue se pencha sur la feuille de Draco, qui était resté complètement indifférent jusqu'à là.
Je vis du coin de l'œil qu'Hermione pâlissait. Enfin, ce fut surtout sa main qui me broyait les phalanges qui attira mon attention. Elle se mit à me parler à l'oreille.

- Blaise contrôle Draco, ce qui explique pourquoi il ne pouvait pas écrire en même temps. Mais si Rogue envoie Blaise et Pansy ensemble à l'infirmerie...

Je surpris l'éclair de détermination dans ses yeux et je l'entendis déclarer d'une voix sonore, en même temps que sa main se levait.

- Monsieur, ce cours est un des plus importants de cette année, peut-être que Zabini peut aller seul à l'infirmerie. Il a mal au poignet, ça ne l'empêche pas de marcher.

Rogue se tourna d'un coup vers elle, l'air furieux.

- Vingt points en moins pour Gryffondor. Je ne crois pas vous avoir demandé votre avis sur le règlement de l'école, Mademoiselle-je-sais-tout, mais puisque vous êtes si maligne, je pense que vous êtes la personne parfaite pour accompagner votre camarade.

Je jetais un coup d'œil à Hermione, elle semblait au bord des larmes, et elle bégaya.

- Mais, Monsieur, ce cours est important, je...

Devant le sourire menaçant de Rogue, elle se tut et se leva lentement, comme à regret. Durant l'instant ou elle lui tourna le dos, elle nous décocha un sourire victorieux.
Un jour, il faudrait vraiment que je lui demande de m'apprendre à manipuler les profs...

A l'avant de la salle, je vis Pansy agiter discrètement sa baguette sous son bureau et Malfoy ricana. Blaise se leva et sortit de la salle à la suite d'Hermione, le sourire un peu moins crispé que quelques minutes plus tôt.

Après leur départ, Rogue sembla attendre quelque chose, regardant Malfoy, durant quelques secondes. Mais il finit par reprendre son cours, et la suite se déroula sans incident, Pansy semblant arriver à écrire tout en faisant la même chose pour Draco.

Hermione et Zabini revinrent une demi-heure avant la fin du cours, et Rogue fit comme s'il ne les voyait pas.

Pourtant, quand la cloche sonna, et alors que tout le monde rangeait ses affaires, il déclara d'une voix sèche.

- Et je rappelle à ceux qui auraient eu la bêtise de ne pas l'avoir encore fait, que durant le cours de demain, je ramasserais votre devoir du trimestre. Je n'accepterais aucun retard. Parkinson, Zabini, restez là, j'aimerais vous voir un moment.

Je relevais la tête et je vis que Ron et Hermione avaient fait la même chose. Pansy, Draco et Blaise s'étaient figés. Le blond lâcha de sa voix traînante.

- Seulement eux deux ?

Rogue le mesura du regard avant d'acquiescer. Pansy s'interposa, demandant d'un voix onctueuse.

- Mais, professeur, nous avons un cours avec le garde chasse maintenant, et, sauf votre respect, vous savez comment sont les gens comme lui, si nous arrivons en retard, il risque de devenir violent.

Le directeur des Serpentards se radoucit et sourit à l'élève.

- Je vois. Évidemment, je ne voudrais pas faire attendre un... collègue. Et bien alors, je veux vous voir dans mon bureau ce soir, après la fin de vos cours.

Ils hochèrent la tête et Rogue remarqua notre trio, toujours en train de faire semblant de ranger nos affaires.

- Qu'est ce que vous fichez encore ici vous ? Dépêchez vous un peu.

Nous sortîmes de la salle sans demander notre reste, juste derrière les trois Serpentards.
Hermione accéléra le pas pour les rattraper mais Pansy se retourna vers nous et lui dit :

- Granger, c'est sympa de nous avoir aidé, mais évitez de traîner autour de nous. Nous préférerions ne pas attirer l'attention en faisant des trucs anormaux. Comme marcher avec des Gryffondors.

- Je voulais juste savoir comment vous allez faire pour ce soir, avec Rogue.

- On trouvera une solution.

Et ils s'éloignèrent, l'air fier, nous laissant peu convaincus.

- Mais pour qui ils se prennent ? Ils viennent demander de l'aide et après ils nous jettent. Ils ont pas intérêt à revenir nous voir. Et puis, de toute façon, on a un match de quidditch qui approche, nous. Il faut qu'on se concentre.

Je souris à Ron, il avait raison. Et Hermione sembla garder pour elle ses remarques.
J'arrêtai de penser à Malfoy et la journée reprit son cours normal.

Enfin, normal, façon de parler. Les heures semblaient ne plus vouloir passer. Et les deux dernières, avec McGonagall, furent peut-être les pires de la journée. Ma main était en feu à force de prendre des notes et pourtant je ne comprenais pas le moindre mot de ce qu'elle racontait.
Quand ce fut enfin fini, Hermione, qui semblait ravie, nous expliqua que toute la partie législative des métamorphoses était simplement passionnante.
Alors le cours parlait donc de ça ?

Devant notre manque de réaction, elle rejoignit Ginny en grommelant quelque chose, nous laissant retourner seuls à la salle commune.

Ron et moi nous dirigions donc vers la tour, mais en arrivant devant la porte, trois silhouettes semblaient nous y attendre. Et plus je m'approchais, mieux je les distinguais et plus je ralentissais.

- Qu'est-ce que vous fichez là ?

- 15 minutes pour faire le trajet de la salle de métamorphose à ici. Vous avancez en rampant ou quoi ?

- Ferme la, Zabini, sinon c'est toi qui va finir en rampant.

- Je relèverais volontiers le défi, Weasley, mais là, on est pressés. Vous pouvez dire à Granger qu'on doit lui parler ?

- Hum, laisse moi réfléchir... non.

Je souriais en les voyant commencer à s'énerver. Seul Malfoy restait impassible.
Mon sourire s'effaça un peu. Sans lui, les Serpentards étaient nettement moins amusants.

- Elle n'est pas là.

- Ça on le voit bien, Potter. Mais on aimerait que vous lui disiez de sortir.

Je haussais les sourcils. Pansy était idiote ou son humour juste très mauvais ?

- Elle n'est pas à l'intérieur. Elle et Ginny sont sorties se promener dans le parc.

Blaise et Pansy se jetèrent un regard contrarié. Et soudainement, elle se mit à sangloter. Je croisais le regard de Ron, aussi abasourdi et gêné que moi.

- Euh, ça va ?

- Non, elle ne va pas. On a un énorme problème et la vie de notre meilleur ami est en jeu. Et cette fois, on dirait qu'on ne s'en sortira pas.

Ron n'avait pas l'air de comprendre non plus alors que les pleurs de Pansy redoublaient d'intensité.

- Explique toi, Zabini, de quoi tu parles ?

- C'est simple, Potter. Rogue nous a demandé de venir à son bureau après la fin de nos cours cette après-midi. Juste Pansy et moi. Mais on ne peut pas laisser Draco seul. Si quelqu'un le découvre, tout est perdu. Notre seul espoir était qu'elle accepte de veiller sur lui un petit moment. Mais maintenant, c'est trop tard, nous n'aurons pas le temps de faire comprendre toute cette histoire à quelqu'un d'autre et nous allons être obligés d'emmener Draco avec nous. Mais Rogue n'hésitera pas à livrer Draco à son père ou pire, à Voldemort.

- Rogue ne ferait pas ça ! Il adore Malfoy.

- Enfin Harry, regarde les choses en face, tu penses vraiment que Rogue est du genre à avoir pitié ?

- Alors, Ron et moi, nous allons nous occuper de Malfoy.

- QUOI ? Harry t'es cinglé, on peut pas le garder ici. Les Gryffondors vont le remarquer immédiatement.

- Pas avec la cape...

Ron me regardait avec des yeux ronds, alors que ceux des Serpentards étaient pleins d'espoirs et de soulagement. Enfin au moins pour deux d'entre eux.

Je leur dis d'attendre un instant et je me précipitais dans le dortoir, j'attrapai ma cape d'invisibilité au fond de ma malle.

Sitôt de retour dans le couloir, Blaise poussa Draco vers moi et Pansy et lui commencèrent immédiatement à s'éloigner, comme s'ils avaient peur que l'on revienne sur notre décision.
Avant de disparaître à l'angle du couloir, Blaise se tourna une dernière fois vers nous.

- On sera vite de retour, faites en sorte que personne ne le voit.

Ron grogna.

- Pourquoi t'as proposé ça ? C'est Malfoy ! On s'en fiche de ce qui lui arrive.

- C'est un connard, mais on ne peut pas le laisser se faire tuer, tu les as entendus...

- Si tu le dis...

A vrai dire, je n'étais plus aussi sur de moi. J'avais comme l'étrange impression de m'être fait avoir en beauté.

- Harry, tu as vu des larmes sur les joues de Pansy toi ?

- ... et merde, saleté de Serpentards. Mais je suppose que maintenant c'est trop tard, on ne peut pas le laisser là.

Je désignais le blond d'un signe de tête.
Il ne bougeait pas, restant sagement dans la position ou les deux autres l'avaient laissé, le regard perdu dans le vide, l'air complètement absent.

Ron et moi nous approchâmes de lui.
C'était vraiment bizarre. Nous savions que c'était Malfoy, il n'y avait pas le moindre doute, et pourtant, il ne lui ressemblait pas, il n'y avait rien du Serpentard en lui. Plus de sourire méprisant, plus de moue méprisante, plus de soulèvement de sourcil méprisant, même son regard n'avait plus rien de méprisant.
Étrangement, cela m'énerva de le voir face à moi et de ne pas réussir à croiser son regard.

- Harry, tu trouves pas qu'il est complètement flippant comme ça ?

- Oui...

- Je pensais que ça serait marrant de pouvoir faire ce qu'on veut de Malfoy, mais en fait j'ai eu tord. Il me flanque la frousse, on dirait qu'il est mort.

Ron agita sa main devant les yeux de Draco sans que celui-ci ne réagisse, évidemment.

Mon meilleur ami avait raison, je me sentais moi aussi très mal à l'aise face à Draco. Sans ajouter un mot, je le couvris de la cape d'invisibilité, et je lui pris la main pour le mener à l'intérieur de la grande salle Gryffondor. Au moins, sa peau n'était pas froide, c'était déjà ça.

Je traversais la salle en tête, gardant Malfoy presque collé à moi pour pouvoir le tirer sans que personne ne remarque rien. Quand à Ron, il marchait derrière le Serpentard, le poussant discrètement en avant.

Je m'attendais à ce que ce dernier résiste un peu, ou n'arrive pas à marcher, mais non, il avançait sans problème, même lorsqu'il lui fallu gravir les escaliers menant au dortoir.
Ron et moi nous étions mis d'accord : là-haut, Malfoy avait beaucoup moins de risques d'être découvert.

Une fois à l'abri, je pus reprendre ma cape et la ranger. Ron était resté à l'entrée de la pièce, l'air gêné. Je lui lançais un regard interrogatif.

- C'est trop bizarre comme situation. Je pensais ne jamais dire ça, mais son horrible voix me manque...

- Oui, à moi aussi. Il ne ressemble plus au Malfoy qu'on connaît.

Le blond, imperturbable, continuait de regarder dans le vide sans montrer la moindre étincelle de compréhension. Ron reprit la parole. Il s'était approché de nous.

- Qu'est-ce qu'on fait si Neville, Dean ou Seamus entrent ?

- Je suppose qu'il vaudrait mieux qu'on cache Draco, pour éviter des problèmes supplémentaires.

Je regardais autour de moi, essayant de trouver toutes les cachettes potentielles. On ne pouvait décemment pas le mettre dans un placard, une malle ou sous un lit, c'était un être humain même s'il avait plus l'air d'un zombie.

- Je sais ! On a qu'à le réduire ! On le fait devenir tout petit et on lui installe une chambre dans un tiroir, genre avec un lit en coton et tout... Ça sera pas si différent de s'occuper de Croutard.

Je regardais Ron d'un air horrifié.

- Ne dis pas des choses pareilles ! Ça n'est pas un rat, il est comme toi et moi, même s'il n'est actuellement pas au mieux de sa forme.

Je tournais Draco vers Ron et je me plaçai à coté de lui. Le roux ne résista pas longtemps à nos regards accusateurs (enfin l'un des deux regards était plus vide qu'accusateur, mais le résultat fut le même), et il leva les mains en signe d'abandon.

- Ok ok, de toute façon je ne maîtrise pas les sorts de réduction. Dit Ron, avant d'ajouter à mi-voix. Et puis Croutard non plus n'était pas un rat...

- Je crois que le seul endroit où le cacher, sera nos lits. Si on en tire les rideaux, les autres ne remarqueront pas qu'il est là.

Ron eut soudain un air gêné. Il recula d'un pas.

- Oui, bonne idée. Euh, je... vais surveiller que personne ne monte, pendant que tu ... l'installes.

- Eh non attend ! On a pas décidé qui le gardera dans son lit ! Ron ! Ron ?

Ce lâcheur venait de me lâcher. Je me retrouvais donc seul avec une espèce de statue Malfoy. Je grognais même si personne n'était là pour m'entendre.

- Bon, ben, je crois que tu vas devoir t'installer sur mon lit... Ça ne te fait pas bizarre de te dire que tu es sur le lit de ton ennemi de toujours ? ... Tu t'en fous complètement, hein ?

Je soupirais.
Le vrai Malfoy me manquait un peu mais si je ne l'aurais admis pour rien au monde.
Je l'assis pour lui enlever ses chaussures avant de le coucher, tout habillé, sur mes couvertures. Je fermais les rideaux tout autour du lit et je m'apprêtais à redescendre dans la grande salle finir mes devoirs à rendre demain, quand du bruit me fit m'arrêter.

Qu'est-ce que... ?

Je revins sur mes pas, pris d'un affreux doute.
Ça n'était quand même pas Malfoy qui faisait ce bruit, à mi-chemin entre des sanglots et des gémissements ?

J'ouvris le rideau.

Et merde ! Malfoy avait l'air extrêmement mal. Il s'était recroquevillé sur lui-même, il était agité de sanglots et son visage brillait de larmes.

- Malfoy ! Arrête ça, s'il te plaît. Calme toi, ils risquent de t'entendre. Malf... Draco, chut, sois gentil.

La panique me gagnait peu à peu. Si quelqu'un l'entendait et venait voir...
Je m'assis au bord du lit et je commençai à lui caresser les cheveux doucement, en essayant de le calmer un peu. Je continuais à murmurer, en surveillant la porte.

- Draco, du calme. Tu es en sécurité ici. Chut...

Il semblait toujours aussi inconscient de ma présence, mais ses sanglots avaient diminués d'intensité. Ses poings se desserrent lentement.

Je n'avais pas la moindre idée de ce qui lui prenait, mais ça avait l'air vraiment sérieux.
Jusque là, j'avoue que je croyais un peu à une blague des Serpentards à notre égard. Je les imaginais sans problème monter ce plan du début à la fin, uniquement dans le but de nous tourner en ridicule Hermione, Ron et moi, à cause de notre manie de jouer les héros et vouloir aider les autres.

Mais là, en voyant Draco dans cet état, la réalité m'avait frappé de plein fouet. Il ne jouait pas la comédie. Tout ça, c'était réel.
Je me sentais vraiment désolé pour lui. Il s'était toujours comporté comme un connard, mais il ne méritait pas un truc comme ça.

Je refermai le rideau avant de m'éloigner à nouveau. Mais je n'avais pas fait trois pas qu'il recommença à sangloter.

Je jurais entre mes dents. J'avais du boulot moi, il fallait que je descende faire le devoir pour Rogue.

Je retournais quand même près du lit. Je ne pouvais pas le laisser dans cet état.
Je m'assis de nouveau à coté de lui.

- S'il te plaît Draco, ne me fais pas ça. Je dois aller travailler sinon Rogue va me crever les yeux, et tu sais qu'il en est capable. Allez, calme toi. Endors toi. Ne te fais plus de souci, je suis là, je veillerai sur toi.

Je l'observais. Je n'avais jamais pu le voir d'aussi près ou aussi longtemps. Ses cheveux blonds tombaient sur son visage, cachant en partie ses yeux. Sa peau était aussi pâle que d'habitude, même si, sur ses joues, l'humidité la rougissait un peu. Je lui écartais quelques mèches du visage, avant d'essuyer ses larmes. Il avait toujours les yeux grand ouverts, regardant quelque chose que je ne pouvais voir.

Je me relevais doucement mais il sentit mon mouvement et se recroquevilla à nouveau.

Je compris que je n'avais pas le choix, je devrais rester là, en priant pour que Rogue m'achève vite demain quand j'annoncerais que je n'ai pas fait son devoir.

Je fis tomber mes chaussures avant de m'allonger tout habillé, à coté de Draco et de tirer le rideau sur nous deux. Désormais, nous nous trouvions dans une semi-pénombre rouge.
Je le sentis s'approcher un peu de moi et soupirai.

- Dans quelle galère tu m'as mis, Draco, hein ? Tu as de la chance que je sois quelqu'un de gentil. Peut-être même trop gentil...

Seul le très léger bruit de sa respiration me répondit.
Enfin, avec un peu de chance, Pansy et Blaise reviendraient vite. Rogue n'allait sûrement pas leur parler plus de dix minutes.


A suivre...

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A bientot pour la suite ! :)