Un grand merci à XxBrittanafanXx et Alounet d'avoir pris le temps de poster une review : ça fait toujours plaisir! Encore merci! J'essaye d'être relativement réaliste dans cette histoire, mais évidemment je ne suis pas médecin, alors je ne jure pas de la véracité de mes propos dans le domaine... mais j'essaye de faire de mon mieux.

Je sais que ce ne sera pas une fic avec beaucoup d'action à proprement parler, j'aime prendre mon temps... en espérant que ça vous plaise pour ce chapitre 2!

Chapitre 2

Une douleur intenable qui lui vrillait le crâne. Une gêne dans la gorge, comme si quelque chose y était enfoncé. Une impression de paralysie complète. Des brides de conversation entendues autour d'elle. Et surtout l'impossibilité d'ouvrir les yeux. Alors qu'elle sortait lentement du coma artificiel dans lequel elle avait été plongée, telles étaient les toutes premières impressions de Quinn Fabray. Luttant contre la douleur et le sentiment que ses paupières avaient été recouvertes d'acier, elle parvint difficilement à ouvrir en partie les yeux, aveuglée par la lumière blanchâtre des néons disposés au plafond. Néons. Plafond blanc. Douleur. Pas de doute, elle était à l'hôpital. D'un coup, comme si son cerveau n'avait pas pu formuler la moindre pensée cohérente depuis des semaines, l'esprit de Quinn se mit à bouillonner. L'accident. Elle, à demi-consciente, incapable de bouger, un goût de sang dans la bouche. Des cris, ceux du chauffeur de l'autre véhicule. Et le sentiment de s'endormir, alors qu'elle luttait de toutes ses forces pour rester éveillée.

Dans un effort qui lui parut surhumain, Quinn tenta de tourner la tête pour essayer de voir si quelqu'un était présent. La première vision qu'elle eut lui brisa le cœur. Sa mère, le visage bouffi, la regardait avec des yeux ronds. En voyant sa fille bouger légèrement la tête, Judy Fabray se remit à pleurer de plus belle et cria : « Attends Quinnie, je vais chercher le médecin ! » avant de se ruer hors de la pièce. « De toute façon, j'ai pas l'intention de partir… » pensa Quinn, avant de s'assoupir à nouveau.

« Quinn ? » dit une voix douce près de son oreille.

Elle ouvrit les yeux. Un médecin se tenait près d'elle. Sa mère s'était remise à pleurer.

« Je suis le Dr Duran. Tu… Non non, n'essaye pas de parler, tu es encore intubée. Pas de panique ! » dit-il aussitôt d'un ton rassurant en voyant les yeux de Quinn s'élargir et ses larmes au coin des cils. « Prends une profonde respiration quand je te le dirai, et tu expireras, comme ça je pourrai retirer le tube de ta gorge… Vas-y. ».

Quinn s'exécuta, et le regretta presque : elle crut qu'elle n'arriverait jamais à reprendre son souffle, étant donnée la quinte de toux monumentale qu'elle eut une fois le tube sorti de sa gorge. C'était ça, être en vie ? Une fois un peu calmée, elle essaya de se lever. Rien. Pas un mouvement de ses jambes, de ses pieds. Aucune sensation. Pour la deuxième fois en quelques minutes, elle sentit la panique l'envahir. Non, non, pitié, surtout pas ça.

« J'arrive pas à bouger.

- Je sais. Ecoute-moi.

- Je ne peux pas me lever.

- Quinn…

- QUOI ? » cria-elle, la voix éraillée.

Elle regretta aussitôt cet accès de colère. Le médecin, sans doute habitué aux coups d'éclat de ses patients, ne dit rien tout en continuant de la regarder droit dans les yeux. Mais sa mère… Le regard épouvanté, paniqué, les sanglots silencieux. Quinn connaissait sa mère, elle faisait de son mieux mais s'il fallait être honnête, c'était surtout une femme extrêmement fragile. Quelle que soit l'annonce du médecin quant à son état de santé, Quinn ne pouvait pas craquer. C'était tout simplement inenvisageable.

« Pardon », dit-elle en contrôlant du mieux possible le tremblement de sa voix. « Je vous écoute ».

En réalité, elle n'écoutait pas vraiment. Ou plutôt, elle choisit d'écouter ce qu'elle avait envie d'entendre. Une compression sévère de la moelle : ok. Opération chirurgicale exclue. Des chances de remarcher, avec beaucoup de rééducation : voila ce qu'elle préféra retenir. Peu importe les pourcentages que lui donna le médecin, elle ne retint pas : elle remarcherait, c'était certain. Elle sourit à sa mère du mieux qu'elle peut et la rassura. Elle allait bien.

Quinn recula le plus longtemps possible le moment des visites. C'était une chose d'affronter la détresse de sa mère et de jouer le rôle de la fille positive, c'en était une autre d'avoir face à elle tous les membres du Glee Club et de ne pas fondre en larmes dans les dix premières secondes. Tout en maquillant du mieux possible les bleus sur son visage pour tenter de retrouver forme humaine, elle élaborait sa stratégie. Sourire et dédramatiser : oui, c'était cela la meilleure solution. A quoi bon se prendre la main et pleurer tous en chœur ? Elle était Quinn Fabray, elle avait réussi à s'en sortir après deux années bien pourries, seule, elle pouvait y arriver cette fois-ci. En entendant frapper à sa porte, elle regarda une dernière fois son reflet dans son miroir de poche, et sourit. Autant commencer maintenant.

Une fois l'heure des visites finie et la porte refermée, Quinn s'effondra en sanglots. Finalement, l'auto-persuasion avait ses limites : non, elle n'allait pas bien. Entre Rachel et Tina en larmes, Finn se balançant sur ses pieds en ne sachant quoi dire, Puck et Santana qui lui parlaient d'un ton léger pour parler de tout sauf de l'accident, Kurt qui lui tenait la main mais ne desserrait pas les dents, Rory qui souriait timidement tout en se cachant à moitié derrière Mike, Brittany et Sugar qui… ben, étaient Brittany et Sugar, toujours un peu à l'ouest : Quinn s'était sentie minable de mettre ses amis dans un état pareil. Seuls Mercedes et Sam, plutôt rôdés aux visites à l'hôpital avec le God Squad, ne semblaient pas complètement mal à l'aise. Et Joe, qu'elle connaissait à peine, mais qui semblait étonnamment à sa place. Elle ne leur en voulait pas, évidemment. Qu'aurait-elle fait à leur place ? Mais elle ne pouvait s'empêcher de se dire qu'ils ne comprenaient pas. Au moins, elle avait tenu le coup le temps de la visite, c'était déjà ça.

« L'avantage d'être en fauteuil dans un hôpital, c'est qu'on peut se fondre dans le décor. J'ai même pas eu à me cacher des soignants!

- ARTIE ? T'es dingue, j'ai failli…

- … sauter hors de ton lit ? dit-il d'un ton ironique assorti d'un clin d'œil

- Idiot ! » répondit Quinn, qui ne put s'empêcher de sourire.

Artie, évidemment. Qui aurait REELLEMENT envie de la voir en tête à tête en ce moment ? Qui aurait envie d'aborder les sujets qui fâchent ? Et surtout, qui était le plus à même de comprendre ? Elle le savait depuis le départ, elle pouvait essayer de faire croire ce qu'elle voulait aux autres, mais elle ne pouvait pas tromper Artie.

« Comment j'étais ?

- Convaincante. Un peu trop « Jésus est amour, j'ai de la chance d'être en vie » à mon goût, mais c'était une bonne tactique.

- Dis donc…

- Quoi ? Je devrais pas te dire ça en ce moment ? Quinn… » Il marqua une pause et croisa les bras. « On a peut-être pas été les personnes les plus proches au sein du Glee Club, c'est vrai, mais tu sais à quel point je t'estime. Oui, je t'estime. Pas parce que tu es belle à tomber par terre (ce qui est vrai, bien entendu !), mais parce que t'as une volonté de fer. Alors oui, au début tu l'as employé de façon odieuse (oh ne me fais pas ces yeux-là, tu sais que c'est vrai !), mais tu as tourné cette énergie pour devenir la cheerios la plus intelligente de l'histoire. Et je pèse mes mots. Pas seulement pour rentrer à Yale, non, mais aussi pour devenir quelqu'un de … sage. Alors oui, je t'admire, en toute amitié. Et maintenant, déteste-moi si tu veux, mais pour moi l'amitié, c'est parfois savoir dire ce que l'autre doit entendre, et pas ce qu'il a envie d'entendre.

- C'est un peu cliché mon cher…

- Ca ne veut pas dire que c'est faux. »

Artie s'approcha du lit de Quinn. Ils se regardèrent un moment, puis en souriant Quinn lui prit la main.

« Tu trouves que je me voile la face ? La vérité, c'est que je ne sais pas comment faire autrement.

- Laisse-moi deviner, une histoire de famille ? » Quinn ne répondit pas, un peu gênée. « Ne t'inquiète pas, je ne veux pas connaître les détails, sauf si tu souhaites en parler, et je n'ai aucun droit de te le demander. Mais je vais te confier quelque chose : ma mère n'a pas été blessée dans l'accident qui m'a cloué au fauteuil, tu imagines à quel point elle se sentait mal après… alors moi aussi, j'ai joué au brave petit soldat courageux, autant que j'ai pu. Pas aussi bien que toi, mais j'étais plus jeune.

- Ok, disons que tu n'as pas tort. Mais je ne vois pas pourquoi me montrer positive en public est un problème.

- Parce que tu ne ressens pas la même chose en privé. Bonjour la schizophrénie, Miss Fabray !

- J'ai BESOIN d'être comme ça, Artie !

- Je sais, je te connais depuis 3 ans. Je veux juste que tu envisages toutes les éventualités. Bien sûr, si ta lésion est réversible, et qu'il y a même une minuscule chance de remarcher, fonce et rends complètement dingue le kiné à force de vouloir faire des exercices ! Evidemment que le moral a son rôle à jouer. Je dis juste que ça ne fait pas tout. » conclut Artie avec une légère grimace. Quinn rit doucement, son premier vrai rire depuis son réveil. Ils restèrent un moment silencieux. Pas besoin de discours, ils se comprenaient. . Puis Artie reprit d'un ton léger : « Alors, ton avis sur la gestion de l'événement « Quinn en fauteuil » par nos chers collègues de chorale ?

- Hum… Rachel est effondrée, ça me fait mal au cœur. Déjà qu'elle en fait des tonnes en temps normal, enfin, c'est pour ça qu'on l'aime ! Si si ! rajouta Quinn en riant en voyant la tête d'Artie. J'ai mis du temps c'est vrai, mais je l'apprécie beaucoup.

- Ca va faire jaser ! Ce sera dit, répété et déformé ! plaisanta Artie

- Bah… dit Quinn en haussant les épaules. Il faudra que je lui parle de l'accident, lui dire qu'évidemment je ne lui en veux pas, mais là très franchement j'ai pas l'énergie pour cette conversation.

- Tu y penses, c'est déjà bien. Je vais essayer de temporiser en attendant, même si avec Rachel rien n'est simple...

- Sinon on a ceux qui veulent éviter le sujet pour tenter de me remonter le moral. Puck, Santana…

- Finn…

- Je ne les juge pas bien sûr, ça part d'une bonne intention. De toute façon je ne sais pas vraiment ce que j'ai envie d'entendre en ce moment. Et puis, ça me change les idées, étant données les têtes d'enterrement de Rachel, Kurt, Tina et Mike. Quant à Brittany et Sugar…

- Oui, elles sont assez uniques… ajouta poliment Artie.

- Et j'ai appris que Mercedes, Sam et Joe sont venus me voir quand j'étais, disons moins réveillée, ça me fait très plaisir.

- On sent qu'ils ont l'habitude de ce genre de situation. »

Quinn pris une grande inspiration, et dit : « Vous êtes vraiment… géniaux, tous autant que vous êtes.

- Rhoooo, j'en rougis au nom de tout le monde! Mais… ?

- Mais je crois… tu as raison, j'ai besoin d'un peu de temps avant de retenter de revoir le groupe en entier.

- Je garde mon droit de visite ? dit Artie d'un ton faussement inquiet

- Si tu insistes pour venir compagnie à une Quinn lunatique couverte de bleus … Toi, le God Squad, une discussion avec Rachel… On verra après. »

Quinn se redressa un peu, tout en regardant Artie droit dans les yeux.

« Ca m'a tout l'air un plan d'attaque viable, Miss Fabray ! » dit Artie d'un ton triomphant.