Meredith Sock : merci pour ton commentaire, qui ma montré que j'avais encore beaucoup de chemin à faire, je vais tenter de m'améliorer dans les futurs chapitres et de trouver un beta reader (bien que je n'ai pas la moindre idée de comment faire…)

Mariie : merci, ça me donne encore plus envie de continuer a écrire ^^

Sans plus attendre voici le chapitre 1 :


Chapitre 1 : Le traqueur.

Châtellerie de Hjaalmarch, Morthal, un an après la mort de l'empereur.

La jarl Idgrod Ailedejais avait rencontré un grand nombre d'individus dans sa vie, des bons, des mauvais, des mages des guerriers, des humains, des elfes. Mais jamais elle n'avait croisé la route d'un homme semblable à celui qui se tenait devant son trône en ce moment.

C'était un nordique de grande taille avec des cheveux coupés courts, noirs comme les ailes d'un corbeau. Il arborait une étrange armure qui semblait faites dans un tissu sombre et épais qu'elle était incapable de reconnaître. L'armure était divisée en deux parties : la partie supérieure était composée d'une veste moulante renforcée de plaques de métal au niveau de la poitrine et complétée par un capuchon. Une chape de tissu reliée à la cuirasse recouvrait l'arrière et l'extérieur des jambes du nordique protégeant le pantalon, fait du même tissu que la cuirasse, et des bottes renforcées. Complétant le tableau l'homme possédait une quantité phénoménale d'équipement : Il avait à la ceinture deux courts glaives en ébonite(s) accompagné(e)s d'un ensemble de poches remplies de potions, ainsi qu'un set de couteaux de lancer, un carquois de carreaux et une dague à la forme bien particulière. Dans son dos étaient accrochées une arbalète d'ébène et un autre glaive, dorée celui-là.

La jarl arrêta son inspection et reporta son attention sur le visage du nordique. L'homme portait un masque esquissant la forme d'un crâne humain. Seuls les yeux dorés de l'homme étaient visibles au travers du masque d'acier.

« Donc, si j'ai bien compris vous me proposez votre aide pour enquêter sur cette affaire. C'est bien cela, messire...? » Demanda la jarl.

« Raziel Vedgrohiik, madame. » La jarl cligna des yeux devant l'étrangeté de ce nom.

« Et bien sir Vedgrohiik, avant que nous poursuivions plus avant cette discussions, pourriez-vous retirer ce masque ? » La jarl s'attendait à ce que l'homme refuse, mais à son grand étonnement il obtempéra sans rechigner. Lorsque la jarl découvrit son visage, elle ne put s'empêcher de se questionner sur la raison d'être du masque: Raziel était pour ainsi dire séduisant, sans même de blessures atroces, et s'il était recherché pour un crime quelconque il serait stupide d'ôter son masque sur demande ou même de se présenter devant un jarl. Celle-ci décida de tester l'individu.

« Donc sir Raziel rappelez-moi pourquoi vous êtes là. » sans se départir de son calme, Raziel répondit avec fermeté.

« Madame, en arrivant en ville j'ai appris qu'un accident avait eu lieu: une maison à brûlée emportant une mère et son enfant. Le mari, un certain Hroggar, prétend qu'il s'agit d'un accident, mais dès le jour suivant il a emménagé chez une autre femme. Les villageois soupçonnent donc que cet incendie n'était pas si accidentel que ça. Voyant les tensions monter vous avez décidée, madame, d'engager un mercenaire expérimentée extérieur au village pour enquêter sur l'incendie. D'où ma présence devant vous. » Bien qu'Idgrod ne le montrât pas, elle était impressionnée par la quantité d'informations que l'homme avait amassées à peine une heure après qu'il soit arrivé en ville.

Depuis que la rébellion des Sombrages avait éclaté, après la mort de l'empereur, Bordeciel avait été coupée en deux; les serviteurs de l'empire d'un côté et les rebelles du jarl de Vendeaume, Ulfric Sombrage, de l'autre. Les deux camps avaient passés une année entière à rassembler des troupes et à attendre que l'autre attaque. L'empereur étant mort sans héritier, le chancelier Ocato assurait la transition, mais pour l'instant aucun héritier ou remplaçants n'avaient étés trouvés. Tous les Jarls avaient alloué leurs ressources à recruter des troupes pour leur camp respectif, attirant une quantité effrayante de mercenaires en Bordeciel et la majorité d'entre eux n'étaient que de vulgaires bandits. Comme la situation semblait bloqué le marché du mercenariat flamboyait pour le meilleur et pour le pire. Elle ne voulait absolument pas d'un mercenaire de bas étage pour son 'problème'.

« Et qu'est-ce qui me dit que vous êtes l'homme qu'il me faut ? » La jarl examina avec attention le visage de Raziel. Sa réponse déterminerait si elle prendrait le risque de l'engager ou pas.

« Ma jarl, je pense que vous êtes largement assez intelligente pour savoir si oui ou non vous avez besoin de moi. » Les paroles de Raziel était posées, froides, sans la moindre trace d'arrogance ou de fausse modestie. La Jarl, satisfaite par cette réponse, ricana doucement.

« Joli repartie gamin, tu es engagé. » Raziel s'inclina et sortit du pavillon Hautelune. Après qu'il fut sorti, un grand nordique en armure s'approcha du jarl.

« Mon jarl, êtes-vous sûre qu'on peut lui faire confiance ? » Idgrod se tourna vers son huscarl, un sourire amusé(e) sur ses lèvres.

« Confiance Gorm ? Il ne s'agit pas de confiance. Cette homme est venu à Morthal pour une raison. Et par les huit je me fiche de savoir pourquoi tant qu'il règle mon problème ! »

Pendant ce temps, à l'extérieur du bâtiment, Raziel soupirait en entendant les paroles du jarl, et ce malgré le fait qu'il soit à plusieurs mètres l'un de l'autre, séparés par les parois du bâtiment. Ce serait tellement plus simple si les politicards étaient tous idiots et cupides. Pensa-t-il un sourire aux lèvres.

Un léger renâclement le fit se retourner.

« Eh, du calme Crin d'Ombre. » Raziel flatta doucement l'encolure du gigantesque étalon noir, chargé lui aussi d'une foultitude d'équipement. Tentes, arc et flèches, provisions et plus encore alourdissaient sa selle. L'animal se contenta de lui jeter un regard torve de ses yeux rouges. Raziel saisit la bride de sa monture daedrique et se dirigea vers le bâtiment incendié au cœur de Morthal en se remémorant la lettre qu'Isran lui avait envoyée.

Raziel venait à peine d'éliminer un repaire de vampires particulièrement coriaces dans la Châtellerie de Haafingar suite à une demande du sorcier de la cour du Jarl Elisif et avait décidé de faire halte Pondragon le temps de récupérer. Il s'était arrêté depuis à peine une heure quand un messager avait surgit de nulle-part et lui avait refilé une lettre à la va-vite avant de disparaître. Le contenu avait fait grincer des dents l'ancien assassin:

Présence vampire à Morthal. Va enquêter.

Au bas de la lettre trônait la signature trop bien connue d'Isran.

Raziel savait pertinemment que le vieux rougegarde ne le considérait même pas comme un être humain. Juste comme une arme de forme humaine dont il faudrait se débarrasser dès le premier signe de rébellion ou lorsque son utilité cesserait. Mais savoir cela ne rendait pas le voyage à travers les marais de Hjaalmarch , tristement renommés pour la quantité effroyable de nuisibles qui les peuplaient , plus facile et agréable. Et ces nuisibles variaient du moustique jusqu'au Troll.

Mais Raziel devait reconnaître que, si on enlevait les marais pestilentiels, et les autres bestioles, Morthal était une ville plutôt agréable. À condition d'apprécier les voisins râleurs et suspicieux et d'adorer le brouillard et la pluie…

«Blancherive me manque. » Soupira-t-il. Solitude était une ville magnifique, mais il y avait quelque chose à Blancherive qui lui donnait l'impression d'être chez lui. Bien qu'un assassin comme Raziel n'ait pas d'endroit qu'il puisse appeler une 'maison'.

Raziel arriva devant le bâtiment incendié. Accident ou pas, le feu avait fait un excellent travail de démolition, ne laissant que quelques murs debout. Raziel fit signe à Crin d'ombre de l'attendre, le cheval fusionna avec son , le Traqueur pénétra dans la ruine. Pour des yeux normaux il s'agissait d'une simple bâtisse incendiée, mais pour Raziel elle lui fournissait de précieuses informations:

Premièrement, contrairement à ce que le mari, Hroggar, avait prétendu, le feu n'avait pas été déclenchée de l'intérieur mais de l'extérieur.

Deuxièmement, aucun feu normal ne peut faire fondre de la pierre. Donc le feu, du moins au démarrage, était d'origine magique.

Conclusion: Hroggar n'était probablement pas celui qui avait mis le feu à sa maison mais il avait délibérément choisi de couvrir celui ou celle qui avait massacrée sa famille. Pourquoi ?

Raziel tripota l'anneau en pierre de lune à sa main droite, cherchant une raison qui aurait pu pousser l'homme à commettre l'irréparable. Ce serait la femme ? La nouvelle amante de Hroggar… Alva je crois. Ça serait logique, mais le Jarl ne me croira jamais si je ne fournis pas de preuves et en plus je n'ai rien trouvé qui prouve une quelconque présence vampirique. Mais malgré tout, l'instinct de Raziel lui hurlait que quelque-chose de suspect se cachait sous ce meurtre. Raziel avait appris à faire confiance à son instinct, mais il y avait des limites à ce qu'un chasseur de vampire était autorisé à faire.

Soudain Raziel sentit Aubéclat se mettre à chauffer son dos, tandis que l'air autour de lui se refroidissait brutalement. Une petite voix retentit derrière lui.

« Qui vous êtes ? Que faites-vous chez moi ? » Raziel se retourna, une main sur Aubéclat. Devant lui se trouvait une petite fille dont l'apparence trop transparente et éthérée indiquait clairement sa nature. Génial un fantôme comme si cette enquête n'était pas déjà assez compliquée, heureusement que je n'ai pas remis mon masque. Raziel lâcha la garde de sa lame et sourit à la petite fille.

« Je m'appelle Raziel et toi ? »demanda-t-il d'un ton aussi doux que possible.

« Helgi. » murmura timidement la fille fantôme. Ce n'est pas le nom de la fille de Hroggar ça ? Ne sachant pas comment demander ça délicatement, il décida de demander directement.

« Dis-moi petite est-ce que tu te rappelles de ce qui t'est arrivée ? » la petite fille prit un air pensif

« Je me rappelle qu'il y avait du feu et maman criait et puis… Dites, vous voulez jouer avec moi ? » Raziel cligna des yeux surpris par cette transition pour le moins inattendue. Il s'apprêtait à recentrer la conversation sur l'incendie mais décida de changer de tactique.

« Je te propose un marché, je joue avec toi et en échange tu réponds à mes questions, d'accord ? » La petite fille hocha la tête. « Bon, à quoi veux-tu jouer ? »

« Non, pas maintenant ! Venez me retrouver avant l'autre, après le coucher du soleil! » L'autre ? Avant que Raziel n'ait pu interroger plus avant la fillette terrifiée, elle se volatilisa purement et simplement.

Raziel resta un instant au milieu de la maison en ruines, pensif. Lorsque les morts s'agitent il n'y a qu'une seule explication possible : nécromancie. Raziel se doutait que cette 'autre' dont avait parlé la petite devait être la même personne que celle qui avait mis le feu à la maison. Mais pourquoi tenter d'asservir l'âme d'une petite fille ? Peu importe la raison, l'ordure qui a fait ça va goûter à Aubéclat ! Il sentit une vague d'énergie provenir de l'artefact daedrique en question, signalant son approbation. Et dire que certaines personnes pensent qu'Aubéclat est juste une jolie épée.

Raziel quitta le bâtiment et se cacha non loin de la ruine de manière à pouvoir surveiller les environs sans être vu. Il s'installa aussi confortablement qu'il put et s'arma de patience. Seulement quelques heures avant la nuit.

Quelques heures plus tard, Raziel regardait froidement la silhouette capuchonnée se diriger vers le bâtiment brûlé. Elle était apparue d'un coup dès l'instant où le soleil avait disparu.

Se déplaçant furtivement, elle s'était rapprochée du bâtiment détruit échappant aisément à la vigilance des gardes. Mais dommage pour elle, Raziel était infiniment plus dangereux que les pauvres gardes de Morthal. Dès qu'elle entra dans la maison, Raziel se glissa doucement à sa suite. En se rapprochant il parvint à déterminer que la silhouette appartenait à une femme. La femme en question se dirigea vers l'arrière de la maison, là où se situaient les tombes de la femme de Hroggar et de la petite Helgi. Il regarda la femme plonger le bras dans la terre et extraire d'un seul coup le cercueil. Il était impossible qu'un humain possède assez de force pour faire ça. Vampire...

Un grand calme envahit Raziel tandis qu'il regardait sa proie. Il dégaina Aubéclat et s'avança.


Laelette se pencha sur le cercueil, envahie d'une joie malsaine. « Enfin, ma récompense… » Murmura-t-elle en caressant le couvercle. Avant qu'elle n'ait pu faire quoi que ce soit, une voix froide comme la mort retentit.

« Les vivants ne suffisent plus ? » Laelette se retourna à une vitesse surhumaine et chargea, crocs dévoilés, la vermine masquée qui osait l'interrompre. En quelques secondes elle fut sur l'intrus qui n'avait pas bougé. Elle allait saigner cette vermine, oh comme elle allait se réjouir de ses…

Douleurs. Souffrances.

Laelette fixa abasourdie, la lame plantée dans son ventre qui dégageait une énergie brûlant la moindre parcelle de son corps. Au moment où elle allait porter son attaque, l'humain avait bougé avec une vitesse surnaturelle et frappé sans qu'elle ait été capable de le voir bouger.

« C-c-c'est impossible… ! Comment un humain… !? » Laelette ne finit jamais sa phrase. Son tueur retira sa lame et la renfonça dans le cœur du vampire.


Raziel retira son arme et examina le cadavre du vampire. Nordique, cheveux bruns, jeune, probablement infecté récemment. Avant que Raziel poursuive son investigation, la voix de la petite fille fantôme retentit.

« Merci de m'avoir, trouvée. Laelette a mis le feu à la maison et elle voulait que je joue avec elle pour toujours … Je suis fatiguée maintenant, je crois que je vais dormir… » La voix de la petite fille disparut. Raziel poussa un long soupir.

« Par Hircine. C'est pour ça que je hais les nécromanciens. » Murmura doucement l'assassin en contenant son mépris a grande peine.

Un bruit de cavalcade retentit et un nordique surgit, il se figea en voyant le cadavre du vampire et poussa un cri déchirant.

« Laelette ! NON ! » L'homme se précipita en sanglotant sur le cadavre. « Au nom des huit ! Qu'est-ce qui s'est passé !? » Avant que Raziel eut le temps de répondre l'homme vit les canines du vampire et se figea. « Oh non… »

« Calmez-vous. » la voix de Raziel arrêta net l'homme. « Écoutez, je comprends que c'est difficile mais pourriez m'expliquer ce qui se passe ? »

Entre deux sanglots l'homme expliqua qu'il s'appelait Thonnir et qu'il était le mari de la défunte Laelette. Elle avait disparu il y a plusieurs mois de ça et Thonnir était persuadé qu'elle avait rejoint la rébellion des sombrages. Savoir qu'elle était devenue un vampire… Le pauvre était totalement effondré.

«Avez-vous remarqué quoi que ce soit d'étrange avant qu'elle disparaisse ? » Thonnir, fronça les sourcils .

« Il y a bien quelque chose… Un peu avant sa disparition elle s'est mise à fréquenter Alva. Ce qui est étrange c'est qu'elle la haïssait et du jour au lendemain elles sont devenues les meilleures amies. » Alva ? La maîtresse de Hroggar ? Tiens, tiens…Les pièces s'assemblent. Voyant que Raziel restait silencieux, Thonnir comprit à quoi pensait le chasseur. « Vous ne pensez quand même pas que Alva est un… » Raziel leva la main pour interrompre Thonnir.

« Thonnir voilà ce que nous allons faire : je vais aller examiner la maison d'Alva pendant ce temps vous allez raconter au jarl tout ce qui vient de se passer, ok ? » La voix de Raziel était calme et empreinte d'autorité. Thonnir ne sut quoi répondre et se contenta de hocher la tête. Raziel laissa Thonnir en plan et se dirigea vers la maison d'Alva.

Il était furieux bien qu'il n'en montre aucun signe. Ça n'était pas en laissant ses émotions dicter sa conduite qu'il avait survécu à tant d'épreuves.

Il pénétra discrètement dans la maison et en observa l'intérieur. Hroggar était en train de dormir dans un lit collé au mur, tandis qu'un feu brûlait dans la cheminée. Aucune trace d'Alva.

Raziel était à deux doigts de le réveiller brutalement et d'utiliser toute la sauvagerie dont il était capable pour lui faire cracher le morceau lorsqu'il remarqua une trappe grossièrement cachée sous un tapis. Bingo ! pensa-t-il.

Il se faufila silencieusement jusqu'à la trappe, et examina la serrure. Elle avait été verrouillée, mais pour Raziel un verrou aussi simple ne lui prit que quelques secondes à crocheter. Une fois la trappe ouverte, Raziel se glissa dans le passage. Celui-ci menait à une petite salle carrée en pierre. Elle ne contenait rien d'autre qu'un cercueil ouvert. Raziel remarqua alors un livre placé dans le cercueil. Il le récupéra et le feuilleta rapidement.

Avec stupéfaction, Raziel se rendit compte que le livre était le journal intime d'Alva. Il racontait qu'elle avait été transformée il quelques mois plus tôt par un ancien vampire du nom de Movarth Piquine. Raziel grimaça en reconnaissant le nom du vampire qui avait terrorisé la région il y a près d'un siècle. La suite du journal fournit à Raziel les explications qu'il cherchait; Movarth avait l'intention de récupérer son ancien territoire de chasse et pour ça il avait décidé de recourir à une méthode pour le moins sournoise. Il avait l'intention de transformer la majorité des habitants en vampires. Alva avait été la première convertie et Movarth lui avait ordonné de se trouver un serviteur pour protéger son cercueil et d'infecter les habitants. Elle avait donc séduit Hroggar en usant de ses 'atouts' naturels et de ses pouvoirs de vampire et avait infecté la pauvre Laelette, la transformant en une sorte de sous-vampire décérébré. Mais la femme de Hroggar avait commencé à se douter de quelque chose et Alva avait ordonné à Laelette de la tuer. Alva ne s'était pas attendu à ce que son esclave incendie la maison. Après avoir traité Laelette de 'sous merde sans cervelle', elle avait clos son journal sur une dernière phrase : « Un individu a été engagé par le jarl pour enquêter, son odeur est dangereuse, dois prévenir Movarth dès que possible… »

Pauvre Movarth, je le plaindrais presque, son plan était pratiquement parfait mais il a choisi une greluche accroc a son journal comme comparse. Bah, je ne vais pas me plaindre pour une fois qu'on me mâche le boulot.

« Qu'est-ce que vous faites là ? » Demanda une voix féminine paniquée. Raziel se retourna, tranquillement pour faire face au vampire.

« Alva je présume ?» La nordique aux cheveux sombres écarquilla les yeux et vit le journal dans la main de Raziel. Elle poussa un cri inhumain et se jeta sur l'assassin qui l'attendait calmement. Raziel esquiva le coup d'Alva et fit siffler sa dague. La lame entailla profondément l'épaule du vampire. Paniquée et aveuglée par la douleur, Alva s'enfuit en laissant Hroggar couvrir sa fuite. Raziel ne tenta pas de poursuivre le vampire, il la rattraperait bien assez vite. Au lieu de ça il se tourna vers Hroggar qui, armé d'une hache en acier, tentait de l'empêcher de poursuivre sa maîtresse. Dès que Raziel plongea son regard dans les yeux de l'homme, il comprit qu'il ne pouvait rien faire. Le pauvre nordique était totalement sous le joug d'Alva et ce depuis trop longtemps. Désormais seule la mort parviendrait à le libérer.

Soudain, Hroggar chargea Raziel, cherchant à lui briser le crâne. Pour Raziel, Hroggar se déplaçait tellement lentement qu'il avait l'impression qu'il faisait du sur-place. Il s'avança et planta la lame courbée de sa dague dans le cœur du pauvre homme, le tuant sur le coup.

Hroggar s'effondra mais Raziel le rattrapa et le fit doucement glisser au sol. Il regarda avec tristesse l'homme avant de lui fermer les yeux.

« Puisses-tu trouver la paix en Aetherius. » Raziel se leva, et sortit du bâtiment.

Devant la porte se trouvait un duo de gardes qui fixaient la sortie du village avec stupeur.

« Auriez-vous vu passer une nordique blessée par hasard ? » Les gardes regardèrent Raziel avec un air inquisiteur.

« Alva vient de sortir de la ville à l' instant, pourqu… ! » Avant que le garde n'ait le temps de finir sa phrase, Raziel lui fourra le journal d'Alva dans les bras.

« Partez donner ça au jarl et dites-lui que Vedgrohiik est parti à la poursuite d'Alva. » Répliqua-t-il d'une voix glaciale avant que le garde n'ait le temps de répondre. Raziel tourna les talons et siffla Crin d'ombre. Son cheval surgit de son ombre et galopa à la poursuite d'Alva tandis que Raziel l'enfourchait au vol.

La nuit était d'un noir total, sans la moindre lumière provenant des étoiles ou de la Lune. Aucun être humain normal n'aurait été capable de traquer une proie dans ces conditions. Mais malheureusement pour Alva, Raziel n'était pas un être humain 'normal' et Crin d'ombre était un cheval originaire d'Oblivion. L'obscurité ne les empêchaient nullement de voir les traces de sang ou de pister l'odeur d'Alva.

Très vite Raziel arriva à une grotte non loin de Morthal. Il descendit de Crin d'ombre et huma l'air.

Alva était rentrée il y a peu dans la grotte, son odeur se mêlait à celle de plusieurs autres individus. Raziel pouvait sentir quatre vampires en comptant la fugitive et le double d'esclaves vampiriques.

Un sourire sauvage se forma sur le visage masqué du chasseur.

« Trouvé… » Murmura-t-il en pénétrant dans la grotte.


Alva rentra en trombe dans la caverne et s'effondra à genoux devant un grand elfe noir qui se tenait assis avec d'autres vampires autour d'une grande table.

« Maître Movarth ! » s'écria la vampire. L'elfe noir se leva de la table qui occupait le centre de l'imposante caverne et s'approcha de la blessée, escorté par un vampire orc.

« Nilus, prends les esclaves et va garder l'entrée. » Ordonna Movarth d'une voix autoritaire. Un vampire Altmer hocha la tête, rejoignit ses troupes et fonça à l'entrée. Movarth redirigea son attention sur son agent. « Au nom de Molag Bal, Alva qu'est-ce qui s'est passé ? »

La vampire commença à raconter d'une voix tremblante:

« U-un humain est arrivé aujourd'hui… I-il a trouvé Laelette et l'a tuée avant de remonter à moi, I-I-Il a failli m'arracher le cœur ! J'ai réussi à m'enfuir en sacrifiant Hroggar. » Movarth fut abasourdis par ce qu'il venait d'entendre: un humain avait tué l'un des leurs. Soudain le vampire dunmer pensa à quelque chose.

« Alva cette humain, était-il blessé ou fatigué ? » la nordique réfléchit un instant, toujours tremblante, avant de secouer la tête. « Non, il était totalement indemne et en parfaite santé. » Movarth poussa un sifflement de surprise. Si un autre de ses serviteurs lui avait dit ça il lui aurait arraché la gorge d'un coup de croc mais Alva avait largement prouvé sa fidélité. Un autre vampire peut être ?

« Attends Alva… » Movarth venait de réaliser quelque chose. « Cet humain a tué Laelette sans être blessés et sans se fatiguer et tu es parvenue à lui échapper ? » Un sentiment d'horreur envahit les vampires présents comprenant ce que cela signifiait. Avant qu'Alva ne puisse répondre un hurlement de douleur retentit, avant de s'interrompre violemment dans un gargouillis. Un bref bruit de combat retentit à l'entrée de la grotte avant de s'achever tout aussi vite.

« Nilus… ? » Movarth se tourna vers l'origine du tumulte.

« NILUS ? »

Silence… Movarth fit signe à ses serviteurs, qui aussitôt prirent les armes et se placèrent en éventails autour de leur seigneur.

Une minute passa, puis une seconde. Les vampires restèrent immobiles, attendant une attaque qui ne venait pas.

Soudain, un objet circulaire vola et atterrit aux pieds de Movarth. Le vampire, aurait blêmis s'il avait pu, en reconnaissant la tête de Nilus.

« Sale chien ! » Alva commença à pilonner l'entrée de la grotte avec des pics de glaces matérialisés par magie.

« Arrête ! » Rugit Movarth en saisissant le bras d'Alva. Après qu'elle se fut calmée, Le vampire se tourna vers son autre compagnon qui était resté étrangement silencieux. Movarth se figea en comprenant pourquoi …

Le vampire était mort, un carreau d'ébonite était enfoncé dans le cœur de l'orc. Un claquement sec retentit et la tête d'Alva partit violemment en arrière, morte un carreau planté entre les deux yeux.

Movarth se tourna vers l'origine du tir et vit un homme capuchonné sortir de l'ombre, rangeant une arbalète dans un fourreau accroché dans son dos et dégainant deux courts glaives en métal noir.

Movarth poussa un hurlement de rage et se jeta sur celui qui avait tué ses frères, pensant écraser l'humain arrogant en quelques coups.

Dès le premier échange, Movarth compris son erreur. L'humain le surpassait totalement, et cela à tous les niveaux. Le vampire centenaire était totalement dominé.

'C'est impossible ! pensa le dunmer paniqué ' ce n'est qu'un humain comment… ?'

Une lame s'enfonça dans son estomac, interrompant ses pensées. Le vampire lâcha son épée et agrippa son assaillant. Dans un geste de désespoir, il sortit la dague en argent qu'il portait à la ceinture et la planta dans l'épaule de l'assassin. Le chasseur de vampire réagit violemment en lui donnant un coup de tête magistral au vampire, l'envoyant au sol.

Movarth s'effondra, son sang noir coulant à flots de sa plaie béante à l'estomac. Il regarda son assassin rengainer ses lames et arracher nonchalamment la dague enfoncé dans son épaule. Movarth regarda avec stupeur la blessure qui fumait et vit que l'argent sur la lame de sa dague avait été corrompu. Il comprit instantanément la nature de son adversaire.

« Tu… impossible… un enfant d'Hircine ?! » L'humain resta silencieux, son visage caché par son masque lugubre.

« Puissent les dieux avoir pitiés de toi, car je n'en aurai aucune. » Déclara Raziel d'un ton morbide.

Raziel dégaina Aubéclat et l'enfonça dans la tête de l'ancien vampire, le calcinant totalement. Raziel était furieux contre lui-même. Il avait été arrogant et avait joué avec sa proie, se laissant emporter par ses instincts bestiaux. Résultat, son épaule allait mettre une bonne semaine avant de guérir. Saloperie d'armes en argents!

Raziel inspira profondément et examina la grotte. En comptant Laelette et Hroggar il avait tué cinq vampires et neuf de leurs esclaves. Et malgré ça, Raziel n'était pas satisfait. S'il était arrivé quelques jours plus tôt, il aurait pu sauver la petite Helgi et sa mère. L'exécution des responsables de leurs morts ne les ramèneraient pas.

Il fit demi-tour, et s'apprêta à sortir de la caverne lorsque, du coin de l'œil, il remarqua la silhouette fantomatique d'une petite fille. Il se retourna vivement mais la silhouette avait disparu. Étrangement Raziel était persuadé d'avoir vu le fantôme lui sourire. L'assassin secoua vigoureusement la tête.

« Allez, ça suffit avec les hallucinations, Raziel. » dit-il à voix haute. «…Bon je présume, qu'il faut que j'aille faire un rapport au Jarl. »

Il sortit vivement de la caverne, pressé de quitter de cette tanière de vampires.

Il ne remarqua pas la fine silhouette d'une petite fille courant rejoindre deux autres spectres avant de disparaître.