Sa demande était bien innocente et Sosuke aurait dû en être soulagé. Malheureusement, son corps semblait refuser de lui obéir et il restait planté derrière la porte, comme s'il n'avait pas compris l'urgence de la situation.

Le silence de l'appartement était suffoquant et Kaname avait du mal à respirer.

Elle était impatiente et anxieuse à la fois, ne sachant pas bien comment détendre l'atmosphère alors qu'elle se consumait littéralement de désir pour le garçon en face d'elle.

Sosuke se tenait là, immobile et calme à la regarder sans aucune émotion. Du moins en apparence.

Au fond de lui, il était pétrifié par ses doutes, entre la crainte d'en faire trop et celle de ne pas être à la hauteur.

Seule sa façon de serrer les poings lui laissait entendre qu'il hésitait et tentait de se contrôler, comme s'il redoutait de commettre un acte irréparable et Kaname ne comprenait pas où était son problème.

Elle avait été plutôt claire sur le fait qu'elle était consentante, et même demandeuse, et pourtant il ne bougeait toujours pas.

Et comme elle n'était pas vraiment disposée à attendre, s'il ne tentait rien, elle allait finir par se jeter sur lui de force. Elle n'était plus en état de retenir ses pulsions plus longtemps.

Tout son corps hurlait et brûlait, la chaleur de son ventre irradiant dans tous ses membres avec une intensité stupéfiante qui lui faisait clairement perdre la tête.

Sans un mot, Kaname dénoua le ruban de son uniforme et défit les premier boutons de son chemisier. Elle n'avait jamais pris le temps de remettre sa veste et elle traînait dans l'entrée, avec ses chaussures et son sac, oubliés d'un seul coup quand Sosuke l'avait suivie.

Elle déglutit et fit un pas vers lui, légèrement hésitante et tremblante, mais ce n'était pas l'appréhension qui la faisait frissonner et Sosuke le comprit facilement à son regard presque vitreux, comme drogué d'envie.

Il avait du mal à croire que ce qu'il voyait pouvait lui être destiné.

Bien sûr, il savait que c'était en partie dû aux produits qu'elle avait avalés, mais il ne pouvait s'empêcher d'être séduit par l'idée qu'elle lui ait demandé à lui de l'aider.

Il n'était tout de même pas très sûr de ce qu'il était supposé faire, ni jusqu'où il pouvait aller et même s'il s'efforçait de se convaincre qu'il n'avait pas à redouter la suite, il craignait un peu de perdre son contrôle.

Malgré son apparent détachement et son désintérêt manifeste de la pornographie, il était un soldat comme les autres. Et pire, il était un adolescent de presque dix-huit ans avec les mêmes désirs et les mêmes pulsions que les autres.

Simplement, il avait grandi dans un milieu différent qui lui avait inculqué très tôt un respect total des femmes et de leur vertu, ce qui l'empêchait de tenter quoi que ce soit de ce genre. Par ailleurs, Kaname était sous sa responsabilité, et il n'avait pas le droit de se permettre d'éprouver autre chose pour elle qu'une sincère amitié.

Sa morale, en tant qu'homme et en tant que soldat, lui interdisait donc de céder à sa requête.

D'un autre côté, s'il était capable de se limiter à quelques gestes relativement innocents afin de l'aider à se calmer alors il n'enfreindrait pas vraiment les règles qu'il s'était imposées.
C'était du moins sa théorie.

Malheureusement face à Kaname qui n'exposait pourtant qu'un tout petit bout de peau sur sa gorge, il se sentit impuissant à lui résister.

Il n'était rentré avec elle que depuis quelques secondes et déjà, il ressentait cette incroyable décharge d'adrénaline à l'idée de répondre à ses attentes.

Elle n'avait pas été exigeante mais c'était bien assez pour mettre tous ses sens en éveil et lui embrouiller l'esprit.

« Touche-moi, avait-elle dit. »

Les mots résonnaient dans sa tête et avant même qu'il ne prenne une décision sur ce qu'il s'autorisait à faire, il se retrouva avec sa protégée blottie contre lui et il posa naturellement les mains sur ses hanches pour l'attirer un peu plus près.

Ce simple geste suffit à bloquer la respiration de Kaname.

Son corps se lovait à la perfection contre celui de Sosuke et rien que le contact de son torse sur sa poitrine l'apaisait. Sauf que le calme ne dura pas longtemps.

La chaleur s'intensifiait également maintenant qu'elle était si proche et dans un souffle, elle murmura simplement :

« S'il te plait. »

Elle ne voulait pas avoir l'air désespérée mais elle était tout de même consciente que sa demande ressemblait plus à une supplique qu'à un ordre poli. Ravalant sa fierté, elle commença malgré elle à se frotter contre son garde du corps de manière lascive.

Ses seins étaient lourds et douloureux et la seule chose qui semblait pouvoir l'apaiser était de sentir Sosuke près d'elle.

Dans un murmure, il lui demanda :

« Dis-moi ce que tu veux que je fasse. »

Il accepterait tout ce qu'elle voudrait, mais il devait l'entendre de sa bouche. Il ne prendrait pas d'initiative et quelque part, il trouvait cette idée excitante peut-être bien plus encore que de l'avoir rien qu'à lui, consentante et offerte.

Kaname fut un peu étonnée par le son de sa voix, plus chaude que son ton monocorde habituel, mais elle n'était pas certaine que son interprétation, dans son état actuel, aie le moindre sens.

Elle avait tellement envie de lui qu'elle était incapable de réfléchir. Et probablement même pas pour exprimer tout ce qu'elle avait en tête.

Pour éviter d'avoir à formuler verbalement ses désirs et sauvegarder le peu de dignité qui lui restait, Kaname se retourna et Sosuke crut qu'elle allait l'entraîner ailleurs, mais elle se contenta de prendre ses mains et de les poser sur son ventre avant de remonter lentement vers sa poitrine.

Elle se cambra pour augmenter la pression et basculant la tête en arrière, elle fut contente de trouver l'épaule de Sosuke juste là pour qu'elle puisse s'y appuyer.

Kaname garda les yeux fermés pour ne pas avoir à affronter son regard alors qu'un gémissement rauque franchissait ses lèvres.

La sensation était délicieuse, mais pas encore suffisante.

Sosuke tenta de rester calme et de ne pas réfléchir à ce qu'elle lui faisait faire, seulement quand elle lâcha ses mains, il fut bien obligé de constater qu'il était le seul en charge de la suite et il ne savait pas vraiment quoi faire.

Les images se bousculaient dans sa tête et en entendant ses soupirs plaintifs, il devenait de plus en plus conscient de ce qu'il désirait lui aussi.

Sosuke la caressait doucement, ses mains allant et venant librement sur son chemisier, descendant parfois jusqu'à ses hanches avant de repartir sur ses seins. Il effleura sa gorge, entrant pour la première fois en contact direct avec sa peau et il nota combien elle était brûlante mais aussi douce et délicate.

Kaname retint son souffle alors qu'une vague de désir encore plus intense la submergeait. Elle se mordit la lèvre et serra le poing. Il semblait prendre un malin plaisir à la provoquer et ce n'était pas vraiment nécessaire dans sa condition actuelle.

Dans un bref moment de lucidité, elle réussit à articuler, non sans un certain sarcasme, une phrase résumant sa pensée.

« C'est très aimable à toi de vouloir être assez considéré pour ne pas te jeter sur moi, Sosuke, mais je croyais avoir été claire sur le fait que c'était précisément ce que j'attendais de toi. »

Le sergent ne répondit pas tout de suite, stupéfait par ses propos directs, puis laissant une main descendre sous sa jupe pendant que l'autre glissait dans son col, il répliqua :

« Et je t'ai dit que j'attendais tes instructions. Donc je t'écoute. »

Ils se renvoyaient chacun la responsabilité de la décision finale, comme s'ils espéraient tous les deux ne pas avoir en à arriver là. Mais Kaname n'était plus en mesure d'être patiente.

Surtout pas avec ses doigts qui jouaient sur la bordure de son soutien-gorge.

« Je n'ai aucune expérience dans ce domaine, c'est vrai, mais là, si tu continues à t'amuser avec moi, je vais me liquéfier pour de bon. Alors s'il te plait, arrête de tourner autour du pot et saute-moi une bonne fois pour toute. »

Elle n'en revenait pas elle-même d'avoir été aussi franche et directe mais elle n'était plus capable d'être embarrassée par ses paroles ou ses actions.

Elle avait envie de lui au-delà même de ce qu'elle pensait possible et elle n'allait pas attendre indéfiniment qu'il consente à lui donner ce qu'il lui avait promis.

« C'est toi qui as proposé de m'aider et tu savais très bien à quoi tu t'engageais, alors au boulot, sergent ! »

Se retournant brusquement, elle défit rapidement sa veste et suivi par sa chemise, s'appliquant à le déshabiller le plus vite possible mais Sosuke lui prit les poignets pour l'arrêter.

« J'ai dit que j'étais prêt à t'aider mais je n'ai vraiment aucune expérience avec les femmes, d'accord ? Et je n'ai aucune envie de te faire mal... »

Et plus doucement, si bas qu'elle ne fut pas sûre de bien comprendre, il ajouta : « Et je suis incapable de te sauter comme ça, comme tu dis. »

Il ne voulait pas admettre sa faiblesse vis à vis d'elle, ni reconnaître que si vraiment ils en arrivaient là tous les deux, pour lui ce ne serait pas une simple histoire d'hormones à calmer, mais il n'était pas certain de comment l'exprimer.

Il ne connaissait pas assez ces choses là pour avoir les idées claires sur le sujet. Tout ce qu'il savait c'était qu'il n'aimait pas l'idée de n'être qu'un substitut, un corps utilisé sans aucune considération pour ses émotions et ses sentiments.

Kaname n'attendit pas qu'il s'explique davantage et même s'il lui tenait toujours les mains, elle put tout de même se rapprocher de lui.

Montant sur la pointe des pieds, elle murmura dans un souffle : « Ferme les yeux » et à peine eut-il obtempéré qu'elle l'embrassa.

Sosuke relâcha ses poignets et l'attira contre lui brusquement, comme si d'un coup, par son simple baiser, elle lui avait transmis une part de ce qu'elle ressentait.

Il semblait enfin réaliser l'ampleur du brasier qui se déchaînait en elle et il laissa ses mains passer rapidement sous son chemisier, découvrant son dos avant de revenir sur son ventre et finir de défaire les derniers boutons pour écarter les pans de tissu et profiter entièrement de sa peau.

Ses doigts allaient librement sur tout son buste alors qu'il gardait ses lèvres fermement accrochées aux siennes.

Kaname se cambrait vers lui, ses hanches ondulaient contre lui pour augmenter la friction et quand enfin il attrapa un de ses seins, son pouce frôlant la pointe, elle poussa un gémissement profond, mettant un terme à leur baiser pour pencher la tête en arrière et lui offrir un accès total à sa poitrine.

Sosuke prit comme une invitation l'exposition de sa gorge et testa les réactions de sa protégée pendant qu'il y promenait sa langue, alternant avec ses lèvres et même ses dents qui marquaient petit à petit sa chair jusqu'à son épaule avant de revenir le long de sa clavicule et de descendre vers son ventre.

Au passage, il fit glisser les bretelles de son soutien-gorge, ses mains caressant ses bras pour retrouver les siennes et serrer ses doigts.

Il n'avait aucun mal à percevoir la chaleur qui émanait d'elle mais il avait tout de même besoin d'assurance. Pour lui comme pour elle.

Il n'y aurait pas de retour possible s'ils continuaient dans cette voie.

Kaname sembla saisir parfaitement sa question tacite et elle acquiesça doucement.

Ses yeux brillaient, lumineux et intenses malgré ses pupilles dilatés et ils l'appelaient avec la même force dévastatrice que tout le reste de son corps.

Elle le voulait, lui et quand elle plongea dans son regard sombre, elle fut surprise d'y voir presque une forme de désir.

« Ma chambre ? » proposa-t-elle dans un souffle.

Sosuke hocha la tête et la suivit, sans la lâcher alors qu'elle le guidait jusqu'à son lit.

Son cœur tambourinait dans sa poitrine et son sang semblait bouillir mais il refusait de se laisser dominer par la peur ou les doutes.

C'était trop tard.

En plus, dès que Kaname posa les mains sur lui, il arrêta de penser.

Elle lui retira sa chemise, son débardeur et se blottit à nouveau contre lui en tombant sur le matelas.

Les jambes repliées de part d'autre de ses hanches, elle ondulait, augmentant la friction au niveau de son bassin pendant qu'elle le caressait. Elle était incapable de se contrôler.

Le simple contact de sa peau était devenu vital. Elle en avait besoin comme de respirer et elle n'arrêtait pas de le toucher, de l'embrasser.

L'impatience de ses gestes n'était tempérée que par la tendresse de ses soupirs quand il la caressait à son tour. Elle murmurait son prénom inlassablement, comme une prière, l'invitant à toujours lui offrit davantage.

Sosuke voulait prendre son temps, explorer tout son corps et apprendre chacun de ses secrets, mais Kaname n'était plus capable d'attendre et tout en appréciant ses attentions, elle avait besoin de plus.

Son ventre la tiraillait, hurlant son manque et les palpitations entre ses jambes ne faisaient que s'intensifier par la simple présence de Sosuke encore pourtant bien habillé.

Descendant dans son dos, Kaname trouva la ceinture qui tenait son pantalon et elle suivit la bordure en espérant pouvoir défaire la boucle pour l'aider à se dévêtir complètement mais le soldat s'écarta en sentant ses doigts s'approcher dangereusement de sa braguette. Il était plus qu'embarrassé à l'idée qu'elle le touchait , et même c'était plutôt tentant de la laisser agir à sa guise, Sosuke roula sur le côté pour esquiver un geste malencontreux.

Au couinement plaintif et frustrée de sa protégée, il comprit qu'il l'avait déçue et il se justifia en lui rappelant qu'il était pour elle et tout ce qui comptait c'était de la satisfaire.

Et pour éviter de faire face à ses protestations, il se permit de remonter sous sa jupe jusqu'à la bordure de sa culotte.

Immédiatement Kaname bascula vers lui, cherchant à augmenter la pression et Sosuke s'efforça de rester calme en sentant la chaleur humide sous ses doigts.

Il l'effleurait à peine et pourtant ce fut suffisant à déclencher un choc électrique dans tout le corps de la jeune fille. Elle ferma les yeux et inspira profondément mais rien ne put arrêter l'intensité brûlante du plaisir qui courait dans ses veines. Les sens en éveil, pour la première fois Kaname nota la respiration laborieuse de Sosuke à ses côtés et sans réfléchir, elle passa la main dans ses cheveux et l'attirer vers elle pour l'embrasser.

Elle avait besoin de lui, mais pas comme avant.

Bien sûr, elle était toujours en manque et son appétit sexuel était loin d'être satisfait après seulement un légèrement attouchement mais il y avait autre chose. Ce n'était plus un simple désir physique qui la forçait à se comporter de la sorte. Simplement de réaliser qu'elle ne le laissait pas indifférent éveillait en elle d'autres pulsions, de nature plus complexe.

Elle le voulait lui et d'une manière ou d'une autre, elle devait le lui faire comprendre.

Sosuke fut surpris par la force qu'elle mit dans son baiser, le désespoir y était flagrant de même qu'une passion vive et envoûtante mais il remarqua aussi que sa manière de s'accrocher à lui était différente de la première fois.

Elle se mit à nouveau à le caresser, de façon plus douce, comme si elle n'avait plus seulement besoin d'un corps mais bien de lui et il ne put que répondre à ses attentes avec une délicatesse étonnante.

Kaname quitta ses lèvres pour s'aventurer vers son cou, sans jamais le lâcher et quand enfin Sosuke s'avança sous l'élastique de sa culotte, il sentit ses ongles se planter fermement dans sa peau, de même que ses dents qui s'enfoncèrent dans sa chair.

La douleur était curieusement plaisante et quand Kaname approcha à nouveau sa main de son entre-jambe, il ne pensa même pas à l'arrêter.

Il la touchait intimement, ses doigts découvrant les replis de son sexe avec attention et il était incapable de se concentrer sur autre chose que le bruit qu'elle faisait quand il arrivait au sommet de ses lèvres pour contourner son clitoris avant de redescendre en rythme avec ses mouvements des hanches.

Sans prévenir, l'orgasme arriva, puissant et étourdissant, incomparable avec tout ce qu'elle avait connu avant. C'était peut-être à cause des comprimés, ou parce que pour la première fois elle n'en était pas responsable, mais elle ne s'en souciait pas.

Même si la tension dans son ventre diminuait et qu'elle était en bonne partie comblée, elle n'avait pas envie de s'arrêter là.

La main toujours posée sur Sosuke, elle s'immisça sous la ceinture de son pantalon et tout en le caressant lui annonçant tranquillement :

« J'ai envie de toi. »


Après un demi million d'années, j'ai enfin réussi à accoucher de ce deuxième chapitre. J'en reviens pas que ça m'ait pris aussi longtemps... Bref, je suis super désolée, je ne vois pas le temps passé en ce moment. J'essaierai de faire mieux pour la suite, mais honnêtement, je ne suis sûre de rien. Bear with it les jeunes, je suis une feignasse !!