MERCI POUR VOS REVIEWS !!
Oui, j'ai la suite, et plus d'une suite d'ailleurs ! Je posterais un chapitre par jour, je pense... N'oublies pas de me dire ce que vous en pensez =P
Bonne lecture !
CHAPITRE 2
Généralement, ça commençait par des évènements de la journée. Anna qui lui tendait la console de jeu, les hurlements du schizophrène d'à côté, la purée infâme du repas de midi… Puis, bizarrement, le rêve prenait une tout autre teinte. Son père apparaissait, lui hurlant qu'il n'était pas son fils, qu'il n'était qu'un bon à rien ! En arrière plan, sa mère, les larmes aux yeux, attendait que la colère de son mari passe. House subissait plus de sévices moraux que corporels. Il implorait la clémence de son père… Et là, Wilson apparaissait. Ses cheveux brushés, son air de Jiminy Criquet et ses paroles Ô combien transcendantes et imprégnées d'une vérité difficile à avouer.
Il souffrait, se voyant si faible, si misérable, si… House. Maintenant, ça n'était plus son corps le majeur problème de sa vie. Son membre atrophié, sa douleur permanente… son esprit connaissait la démence, la folie, le trouble, l'aliénation, le déséquilibre. Quoique avait-il déjà été bien équilibré ?
La frustration de ne plus être maître de ses pensées, il la connaissait bien maintenant. Trop bien, sûrement. Mais comment faire ? Etait-il capable de s'en sortir ? House n'avait jamais vraiment été un battant, il avait juste su faire preuve de génie et de ruse.
Et s'il n'avait pas eu toutes ces hallucinations, aurait-il eu la présence d'esprit de daigner se sevrer ? Non. Du moins, il ne l'aurait pas fait pour lui. Peut-être pour elle. Certainement pour elle.
- Monsieur House ? Réveillez-vous. Monsieur House !
Il poussa un soupir de contrariété. Il ouvrit vaguement les yeux et croisa ceux d'une infirmière. Elle était penchée au dessus de lui et le scrutait avec méfiance.
- Quessya ? marmonna t-il.
- Il est 10h30, vous avez de la visite.
Il émergea de son sommeil non-réparateur et se trouva nez à nez avec Treize. Il la contempla, abasourdi et surtout abruti par les médocs.
- Mais qu'est-ce que vous fichez ici ? s'étonna t-il.
Elle se contenta de sourire et de s'asseoir sur la place attitrée d'Anna. Elle le jaugea du regard. Il se sentit épié, violé dans son intimité. Il remonta les draps jusqu'à son torse.
- Comment allez-vous ? demanda t-elle.
- Comme un mec dans un asile, rétorqua t-il.
Elle ne sembla pas s'offusquer de la réponse. Elle hocha la tête en signe de compréhension. Elle observa la chambre, son contenu, les objets personnels de House. Elle cherchait visiblement à entamer la conversation. House ne lui rendait pas la chose aisée.
- Pourquoi êtes-vous là ? Vous ne m'aimez pas particulièrement. Je ne suis plus votre boss. Foreman vous embête ?
Elle esquissa un faible sourire.
- Vous allez y arriver, House ?
Ça semblait plus être une affirmation qu'une question. Que voulait-elle ? L'encourager ? Ah, très bien. Encourageons donc ce bon vieux House, fou allié et méprisable certes, mais en qui on porte un certain intérêt. Un intérêt souvent intéressé.
- Comment va Cuddy ?
Il rougit, ça lui avait échappé. Son esprit contrôlait ses paroles… et en toute franchise, ça ne l'arrangeait pas à outre mesure. Il vit la moue moqueuse qu'emprunta Treize. Il se dégoûtait lui-même.
- Elle semble être… perdue.
Il ne releva pas. Treize attendit quelques minutes puis se décida à lui témoigner ses respects. Elle prit congés en emportant avec elle l'image d'un House particulièrement désorienté. House, lui, avait envie de pleurer comme un môme. De se vider complètement pour tenter de repartir à zéro. RESET. REFORMATEZ-MOI LE CERVEAU.
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- C'était qui ? demanda Anna en entrant dans la chambre.
Elle sirotait à la paille un jus d'orange. Les pyjamas trop larges de l'hôpital lui donnaient un air débraillé.
- Treize, grogna t-il.
- Drôle de nom. Ta première visite. Je l'imaginais un peu plus âgée.
- Qui ?
- Celle que tu aimes, pardi !
Il la scruta pendant quelques secondes. D'où est-ce qu'elle sortait ça, celle-là ?! Elle n'avait pas d'autres fous à emmerder, franchement ?! Il prit l'initiative de sortir de son lit. Chose qu'il n'avait pas fait depuis une semaine. Anna le regarda faire, s'amusant à faire des bruits avec sa paille. House clopinait vers la sortie. Sans canne, sans aide, juste lui et sa jambe.
- Tu vas où ?
- Loin de toi, vermine !
Elle rit, d'un rire enfantin et innocent, un rire éclatant. House se demandait vraiment ce qu'elle fichait ici. Elle n'a rien d'une folle, aucune once de démence si ce n'est son obsession pour lui. Il lui tourna le dos et boita là où ses pas le mèneraient.
