Chapitre 1 : Régénération.

Constellation d'Orion, an 2368 :

Clara se relevait avec peine. La jeune femme se souvenait de toutes ses vies à présent, de tous ses échos. Elle avait sauvé le Docteur dans toutes ses vies avant même qu'il ne la rencontre et depuis elle ne l'avait plus quitté. Elle était née pour lui sauver la vie et depuis qu'il avait sauvé la sienne en allant la rechercher dans sa propre ligne temporelle, Clara Oswin Oswald se disait qu'elle était sûrement la seule personne à connaitre autant de visages du Docteur et peut-être même un jour tous ceux qu'il aura jamais porté. Elle n'était plus la fille impossible mais elle restait toujours la « fille improbable » pour le Docteur gallifréen.

La dernière fois qu'il avait changé de visage, Clara avait eu du mal à s'y habituer mais cela faisait longtemps maintenant et Clara Oswald se savait depuis prête à rencontrer un nouveau Docteur pour qui elle compterait autant que pour l'ancien. Treize Docteurs, elle en avait déjà rencontré treize différents. Et bientôt un nouveau…

Clara se tourna vers la console du TARDIS, de la fumée noire s'échappait encore de la colonne et hurlant de douleur le Docteur était toujours en pleine régénération. De la lumière dorée irradiait de tout son corps, un véritable feu qu'il projetait dans toute la salle de contrôle.

Clara toussa et se rattrapa à une des poutres en bois du TARDIS. Luttant contre un nouvel évanouissement, la jeune femme avança vers la console du TARDIS. Les écrans détectaient un danger à l'intérieur mais aussi à l'extérieur de la machine vivante.

Soudain, l'intense lumière faiblit et derrière le voile de fumée toujours fort opaque, Clara aperçut un tout nouvel homme.

« Docteur ? Demanda Clara. Vous allez bien ? »

(…)

Le nouveau Docteur avait toujours la tête qui tournait autant à cause de la fumée que de sa régénération.

« Aille ma tête, s'exclama-t-il en portant ses nouvelles mains sur son nouveau crâne.

- Docteur ? Qu'est-ce qui se passe ? S'inquiéta sa compagne.

- Le TARDIS ! Elle souffre, elle crie de douleur. »

Clara comprit vite qu'il ressentait la souffrance de son vaisseau via le lien télépathique qui existait entre son esprit et l'âme du TARDIS la jeune femme comprit que les deux dangers que lui avait indiqués le TARDIS étaient intimement liés. Le Feu qui brûlait à l'intérieur avait de sérieuses répercussions dans tout le vaisseau et aussi sur son extérieur. Clara Oswald se décida à agir en appuyant sur l'un des boutons préférés du Docteur, un gros bouton rouge : celui qui permet les atterrissages d'urgence. Le TARDIS étant en plein vol dans l'espace se lança dans le vortex du temps immédiatement et Clara se demanda si elle n'allait pas le regretter quand elle sentit le vaisseau tanguer comme un bateau dans une énorme tempête…

« Terre 2013, 24 Décembre. »

C'est tout ce qu'indiquait l'écran à présent. Mais la menace était loin désormais. Le Docteur toussait encore, à cause de la fumée, il se rua vers la porte du TARDIS qu'il poussa avec effort. Les yeux fermés, le Docteur huma l'air légèrement pollué de la planète qu'il appréciait le plus dans tout l'univers : la Terre.

(…)

« Tiens salut toi, ajouta-t-il à l'intention de la fillette. »

Encore paniquée par les robots qui la pourchassaient tout à l'heure, l'enfant pointa l'arme qui l'avait sauvée sur l'inconnu. L'homme avait toujours les yeux fermés et ceux-ci le piquait à cause de la fumée épaisse qui se dégageait lentement du TARDIS. Sans les ouvrir, il sortit le même outil bizarre de sa propre poche et le pointa sur son arme dont le voyant s'éteignit subitement, supprimant la légère compression que subissait son cœur droit.

« Ah ça va mieux ! S'exclama-t-il. Rien de mieux que l'air de la Terre pour se sentir en forme ! Ça fait toujours un bien fou. Le Docteur prit une seconde grande inspiration et comme s'il revenait à la vie, il se mit à courir, autre chose qu'il avait toujours aimé faire, adoré faire : courir, dans tout l'univers. »

Il fonça vers son TARDIS sous l'œil médusé de la petite fille. Il en ressortit plusieurs fois ainsi qu'une étrange fumée blanche. Le Docteur, tout en courant dans tous les sens, disait des choses plus étranges les unes que les autres :

« Ah ce sont de bonnes jambes, ça, parfait pour courir ! Bien mieux que les anciennes... Deux bras aussi : parfait. Toujours deux cœurs, ça, ça ne change pas. Heureusement ! Un cœur ça fait vraiment mal... Et les cheveux ? Bien, ils sont toujours là. Courts, c'est bien. J'ai eu peur qu'ils soient longs de nouveau. Clara, demanda-t-il en se retournant vers le TARDIS, vous vous réveillez ?

- A qui vous parlez ? Se demanda la fillette en le voyant se retourner vers la drôle de boite d'où il venait de sortir.

- A une amie, répondit le Docteur, et elle doit être blessée… »

L'enfant sursauta. Il lui avait parlé ! Quelqu'un lui avait adressé la parole !

« Vous m'entendez ? S'exclama-t-elle. Vous me voyez ?

- Bien sûr que oui, je ne suis pas aveugle, quoique… Ça aurait pu.

- Comment vous faites ? Rétorqua-t-elle.

- Heu, je fais comme toi je suppose. Les yeux, les oreilles, tout ça… »

Tout en disant cela, le Docteur retourna à l'intérieur de son TARDIS mais il fut suivi par la petite fille, vraiment très curieuse de cet homme qui pouvait la voir et l'entendre.

Elle en ressortit très vite et fit le tour de la cabine comme tant d'autres avant elle. Elle retourna ensuite à l'intérieur du TARDIS.

Au sol était allongée une jeune femme brune âgée d'une vingtaine d'années. A ses côtés, le Docteur venait de s'accroupir pour prendre son pouls. Il sortait maintenant de nouveau son tournevis sonique de sa poche et auscultait avec sa jeune compagne.

« Ça va, tu vas bien, juste évanouie, lui dit le Gallifréen.

- Pour la deuxième fois en quelques minutes seulement, répondit-elle.

- Oui, la fumée a de mauvais effets sur les humains. Mais rien de grave, ça va aller. Qu'est-ce que tu fais là, toi ? Demanda-t-il ensuite en se tournant vers la petite fille qui était restée derrière lui. »

(…)

L'enfant ne répondit pas. Elle ne le savait elle-même pas vraiment… Elle lui répondit par une autre question, chose que faisait aussi le Docteur très souvent :

« C'est un TARDIS n'est-ce pas ?

- Oui, répondit très vite le Docteur, un peu sans réfléchir. »

Il observa son reflet dans une glace – un panneau métallique du TARDIS – et s'exclama :

« Zut, toujours pas roux ! Mais bon, je fais quand même plus jeune, c'est déjà ça. Oh et comment tu sais ça, au fait ? Demanda-t-il en se retournant pour faire face à la petite fille qui semblait n'être plus autant effrayée, seulement animée par la curiosité.

« Comment je sais quoi ?

- Ce qu'est un TARDIS…

- Oh, j'ai seulement eu une sorte de flash en entrant ici. Comme avec le bidule qui m'a sauvé la vie tout à l'heure.

- Ah oui, ton tournevis. Tu l'as trouvé où, au fait ?

- Dans ma poche, expliqua la fillette qui n'en savait alors pas plus que lui.

- Ta poche, répéta-t-il, et où as-tu trouvé ces habits ?

- Je ne les ai pas trouvés, s'emporta la fillette comme s'il avait suggéré qu'elle les avait volés, je les ai toujours eus.

- Toujours ?

- D'aussi longtemps que je m'en souvienne, oui.

- Et il y a toujours été ?

- Quoi ?

- Le tournevis sonique…

- Le truc que vous avez-vous aussi ?

- Oui.

- Peut-être, mais je ne l'avais jamais vu si c'est le cas.

- D'accord. Ou plutôt non ! Ça n'a aucun sens tout ça ! Et pourquoi tu t'étonnais que je puisse te voir et t'entendre ?

- Parce que c'était jamais arrivé, expliqua tristement l'enfant.

- Quoi ? S'étonna le Docteur.

- Que quelqu'un me voie. Jamais depuis huit ans, jusqu'à ce soir. Précisa-t-elle.

- Tu veux dire que personne ne fais attention à toi ? Que tu es toute seule ?

- Oui, mais pas comme ça, je suis invisible ! Au sens propre.

- Impossible : je te vois. »

L'enfant sortit alors à toute allure du TARDIS, le Docteur la suivit après avoir verrouillé le TARDIS avec son tournevis sonique, y laissant Clara, seule. Dehors, la fillette avait disparu. Mais il ne pouvait pas la laisser seule dans le froid. Il ne fêtait jamais Noël, mais il savait la signification de ces fêtes en Angleterre. Et aucun enfant ne devait les passer seul…

(…)

Il la retrouva dans la grande rue grâce à son tournevis : elle était bien toute seule, dépenaillée et personne ne faisait attention à elle. Les rues enneigées et verglaçantes étaient pleines de monde, beaucoup de familles… Mais elle, la petite fille au sonique, était bien seule. Et vraiment invisible. Il y avait là-dessous un vrai mystère. Et il était le Docteur, même en mode aléatoire, le TARDIS le conduisait toujours là où on avait besoin de son aide. Le Docteur courut vers elle, la rattrapa et lui prit la main. Elle était gelée, et, en même temps, elle avait peur. Son cœur devait battre à cent à l'heure, au moins. Son rythme cardiaque était anormalement élevé. La petite fille devait être littéralement terrifiée. Le Docteur lâcha prise et l'entendit rire. Un rire gai d'enfant, un doux rire musical, chantant à son oreille. Elle riait très fort et personne ne se retournait. Elle n'était pas seule, mais invisible, elle n'existait pas, pour aucun des nombreux passants. Pourquoi ? Pourquoi surtout était-il le seul à pouvoir la voir ? Il se demanda ensuite comment son cœur pouvait battre aussi vite. Une chose était sûre : elle n'était vraiment pas normale. Peut-être même n'était-elle pas non plus humaine.

« Ecoute, lui dit-il, tu devrais… »

Un souffle d'énergie régénératrice sortit de sa bouche et il se sentit mal, tituba et fut rattrapé par la fillette, plus solide qu'elle ne le paraissait. Le Docteur expira de nouveau une bouffée d'énergie dorée puis murmura à son oreille :

« Le TARDIS. »

(…)

Comprenant tout de suite ce que celui-ci lui demandait, elle le releva et prit son bras, lourd mais mou et entreprit de le porter pour l'aider à marcher. Le vaisseau était toujours verrouillé, l'enfant tapa à la porte sans résultat. Elle ressortit alors le tournevis sonique de sa poche et le pointa sur la porte en bois de la cabine téléphonique. Sans plus d'effets. Le Docteur expira encore une fois la lumière jaune régénératrice puis claqua des doigts la porte du TARDIS s'ouvrit enfin d'elle-même, le Docteur sourit puis refermant les yeux, il expira une nouvelle fois de l'énergie. La petite fille et le voyageur du temps entrèrent dans le TARDIS.

Clara, qui entre-temps s'était réveillée mais n'avait pas entendu frapper à la porte du TARDIS et qui s'était depuis assise depuis son réveil face à la console du TARDIS, vit avec stupeur le corps inanimé de son cher Docteur voler dans les airs de l'autre côté de la console. Elle se releva alors que le corps se posait en douceur sur le sol du TARDIS. Des boutons se mirent ensuite à s'enclencher sur la console devant elle, comme par magie jusqu'à ce qu'apparaisse le Docteur – ou plutôt l'ancien Docteur, celui qui venait de mourir quelques heures plus tôt. Ce deuxième Docteur se tourna vers elle et dit :

« Bonjour, je suis une interface vocale… »

(…)

Enfin, l'interface vocale était activée. Elle avait eu du mal à y parvenir et elle ne pouvait pas demander de l'aide. L'amie du Docteur avait été sourde à tous ses appels. Ça recommençait… Ou plutôt, ça n'avait jamais cessé. Un seul homme l'avait jamais vu et un seul homme la verrait sûrement jamais. Ainsi que des robots et des hologrammes. Par chance.

« Bonjour, il faut que tu me montres où est l'infirmerie.

- Je vais vous l'indiquer, mademoiselle, mais d'abord… Comment va-t-il ?

- Mal. Son cœur ne bat presque plus…

- Et son cœur gauche ? »

Quoi ? Deux cœurs ? Lui aussi en avait deux ?

Clara, qui s'était agenouillée aux côtés du Docteur, venait justement de s'en assurer :

« Les deux battent, dit-elle, il va s'en sortir. Allez, Docteur, revenez à vous, espèce de petit malin ! »

L'enfant, soulagée, s'assit à son tour à côté de l'homme. Homme ? S'il avait deux cœurs, il n'en était peut-être pas un. Et elle non plus. Tout s'expliquait : seuls les humains ne la voyaient pas. Et Clara en était une elle-aussi. Oui, tout s'expliquait enfin.

Dans son TARDIS, le Docteur revenait assez vite à lui :

« Ah Clara, fit-il, je vois que vous allez mieux.

- C'est vous qui dites ça, Docteur ? Qu'est-ce qu'il s'est passé ?

- Je me suis régénéré, Clara Oswald, il me faut du temps pour récupérer. Merci, ajouta-t-il en se tournant pour s'adresser à la petite fille.

- De rien, Docteur. Il fait meilleur dans le TARDIS que dans les rues de toute façon !

- C'est bien vrai ça, dit-il, bienvenue dans mon TARDIS, temps à…

- Relativité dimensionnelle inter-spatiale, acheva la petite fille sous le regard médusé du Docteur. »

Le Gallifréen écarquilla les yeux. Comment savait-elle autant de choses ? Etait-ce un piège ?

« Docteur, à qui vous parlez ? S'inquiéta Clara.

- A… Une sorte d'amie. Je ne sais pas son nom. C'est une petite fille. Ah bien sûr, tu ne la vois pas toi non plus !

- Non. On est seuls tous les deux, Docteur. Vous êtes sûrs que vous n'êtes pas en train de perdre la tête avec tous ces changements de corps ?

- Non ! Le TARDIS la reconnait aussi. Tu n'as qu'à demander à son interface. En attendant, dis-moi, tu t'appelles comment, petite ?

- Je n'ai pas de nom, dit la petite fille.

- Pas de nom ? Comment ça ?

- Ben, je suis seule. Et depuis toujours.

- Depuis combien de temps ?

- Deux ans, répondit l'enfant.

- Et tu as quel âge ?

- Huit ans.

- Et tu n'as aucun souvenir d'avant tes six ans ?

- Non, j'avais peut-être un nom avant mais je ne m'en souviens plus. Et puis de toute façon, je n'ai jamais eu besoin d'en avoir un…

- Non, c'est sûr.

- Par contre quand je m'endors, je rêve d'un homme qui me parle et dit qu'il me nomme… Fille, c'est pas un nom mais c'est celui qu'il me donne. Le seul qu'on m'a jamais donné.

- D'accord mais c'est vrai que « Fille » n'est pas un nom. Alors disons que l'on va t'appeler… Hum, Anna Smith c'est bien Anna Smith comme nom. Qu'est-ce que vous en pensez, Clara ?

- Pourquoi ce nom-là, demanda « Fille ».

- Anna pour anonyme – sans nom – et Smith… C'est un nom de famille commun que j'utilise assez souvent quand je veux passer incognito.

- D'accord, en plus c'est joli comme nom. Vous êtes le seul à me voir, hein ? Les humains ne peuvent pas, n'est-ce pas ?

- Pourquoi tu penses ça ?

- Vous avez deux cœurs.

- Et alors ?

- Moi aussi. »

Le Docteur eut l'impression d'avoir subi un choc. Deux cœurs ? D'autres espèces de l'univers devaient avoir cette même particularité, spécificité, organique. Mais… Ces connaissances sur le TARDIS, son tournevis sonique, l'absence de mémoire et de nom. Et maintenant ces deux cœurs… Anna Smith était comme lui. Une enfant de Gallifrey ! Et elle devait avoir bien plus que huit ans dans ce cas-là.

« C'est incroyable, s'exclama Clara en se retournant vers eux, elle me dit comme vous ! Mais pourquoi je ne la vois pas, moi ?

- Ce n'est pas que toi, Clara, expliqua le Gallifréen, c'est elle : aucun humain ne la voit, ni ne l'entend, ni même ne sens sa présence. Je ne peux pas l'expliquer mais ce sont les faits : elle est invisible. Sauf pour moi. Et elle a deux cœurs alors elle doit être une sorte de Dame du Temps.

- Une dame du temps ? Et invisible de surcroit ? Vous êtes sûrs que vous n'avez pas des hallucinations, Docteur ? Après tout, ce ne serait pas la première fois…

- Non, je n'en ai pas, Clara ! Je vais bien ! Mais par contre ces chaussures me font mal. Je ferais bien d'aller me changer, qu'est-ce que tu en dis ?

- Allez-y, répondit la jeune femme en soupirant. »

Le Docteur s'engouffra dans les couloirs du TARDIS où il retrouva la petite fille qui découvrait le TARDIS. Elle ne semblait pas perdue, au contraire, on aurait dit que le TARDIS la guidait à travers le labyrinthe de couloirs où d'habitude tous ses compagnons, voire même lui-même, se perdaient. Mais pas Anna. L'enfant souriait de toutes ses dents en découvrant les nombreuses pièces que recelait la toute petite cabine bleue où elle était entrée : une piscine, une immense bibliothèque, un observatoire, un garage, un atelier de mécanique, un grand salon de musique et même un jardin botanique… Finalement elle recroisa la route du Gallifréen dans une immense cuisine où, après s'être changé, il venait de se rendre pour remplir son estomac ou alors pour seulement gouter à tout ce qu'il y avait dans le frigidaire – ou plutôt ce qui s'apparentait plus à une chambre froide – d'après les nombreux tiroirs ouverts et les plats à peine entamés. Clara les rejoignit au bout de quelques minutes :

« Qu'est-ce que vous faites, Docteur ? Demanda-t-elle en voyant la pagaille que le Gallifréen avait provoquée.

- Je goûte, vous savez : nouveau corps, nouveaux goûts, nouvelles papilles, tout ça…

- Et c'est une raison pour mettre une telle pagaille ?

- Qu'est-ce que vous mangez, monsieur ? Demanda « Anna ».

- Là, des pizzas. Ah, ah… Clara ! Donnez-moi de l'eau s'il vous plait ! Hurla le Docteur après avoir gouté une minuscule part de la pizza qu'il tenait dans ses mains. »

Clara sortit de la chambre froide et revint quelques secondes après avec un grand verre d'eau. Le Docteur le but d'une traite et remercia sa compagne :

« Waouh ! Ça c'est… Juste waouh !

- Waouh ? C'est votre nouvelle expression, ça ?

- Peut-être bien. Mais cette pizza ça déchire vraiment, Clara !

- A quoi elle est cette pizza pour vous faire un tel effet ?

- Chorizos et anchois.

- Beurk. Fit sa compagne.

- Pimentée avec des sels de lave de Sycor, continua le Docteur avant d'avaler tout le reste de la part de pizza en une bouchée. »

Ecœurée, Clara Oswald secoua la tête en se demandant s'il était obligé d'avoir toujours des goûts aussi bizarre que ça. Anna regardait la scène hésitant entre l'écœurement et l'admiration.

« Tu veux manger quelque chose, Anna ? Demanda le Gallifréen.

- Hum, je sais pas. Il y a tellement de choses ici…

- Ne goûte pas cette pizza, marmonna Clara.

- J'aimerais bien quelque chose avec de la crème anglaise. J'adore la crème anglaise !

- D'accord ! Va pour la crème anglaise, alors. »

De la crème anglaise… Lui aussi avait aimé la crème anglaise. Il y a une éternité maintenant. Sa onzième régénération. La dernière de son premier cycle. Celle qui avait rencontré Clara ainsi qu'une petite fille semblable à Anna. Amelia… Amelia Pond, la fille qui l'attendait.