Coucou à toutes et à tous. Voici la suite du Projet.
J'espère ne pas trop vous dérouter et rester le plus proche possible des personnages que l'on connait et que l'on apprécie.
La-petite-folle: je te remercie pour ta review et espère ne pas te décevoir avec la suite ;-)
Pandora60 : J'apprécie ta présence continuelle et je compte sur toi pour me remettre sur le droit chemin. Comme prévu, l'attente entre les chapitres est plus longue mais je m'applique à décrire au mieux les ressentis décors.
Caloub38 : J'apprécie ta review et suis ravie que cela te plaise.
Je vous souhaite à toutes et à tous une très bonne lecture.
Arrivés au second étage de la tour de la First National Bank, la détective ne put que constater que, malgré la crise financière qui avait touché le monde entier, et le secteur bancaire plus particulièrement, on ne rechignait visiblement pas sur les signes extérieurs de richesse. Dès que les portes de l'ascenseur s'ouvrirent, le luxe leur sauta aux yeux, comme si le fait d'exposer des tableaux de maîtres, d'avoir des meubles en chênes épais, des moulures bien dessinées, pouvait faire oublier que des milliers de personnes avaient perdu leur logement, perdu leur boulot, perdu leur fonds de pension et les économies de toute une vie sous prétexte que des financiers sans scrupules voulaient s'enrichir encore et toujours. En face d'eux, derrière un guichet d'accueil couleur chêne, bordé d'une lisière dorée reflétant leur image, se trouvait une jeune femme aux cheveux noirs très courts. Beckett l'observa attentivement. Le jeune femme, Debbie selon la plaquette argentée agrafée à sa veste rouge sang, couleur principal du logo de la banque, entrouverte sur un chemisier blanc au décolleté vertigineux, avait les traits fins et portait un rouge à lèvres beaucoup trop prononcé qui rendait son visage plus pâle qu'il ne l'était réellement. Ses yeux marrons étaient vides et il était évident qu'elle venait de pleurer. La détective se demanda directement quelle type de relation pouvait bien entretenir Debbie avec la victime car dans ce milieu, comme dans beaucoup d'autres, rares étaient les grands patrons qui méritaient un tel témoignage de tristesse de la part de leur secrétaire. Elle nota l'information dans un coin de sa tête pour la ressortir au moment opportun.
Sur la droite de l'accueil, des publicités rouge et jaune ventant les mérites des placements auprès de cette organisation sûre et solide placardées sur le mur surplombaient deux sièges en cuir chocolat foncé. Entre les deux clubs, posés sur une table basse, de nombreuses brochures s'étalaient au milieu d'éditions du Financial Times et des pages financières du New-York Times. Ce qui semblait être un simple enchevêtrement de papiers n'était, en fait, qu'une belle propagande pour la First National Bank. A côté de la brochure parlant des mérites d'un fonds de pension, les pages roses du Times vantaient la First National et sa cotation à la New-York Stock Exchange de Wall Street. Jouxtant le prospectus glorifiaient les rendements apportés par les placements proposés par la F.N.B., le Financial précisait que celle-ci était la seule banque américaine à avoir gardé la tête hors de l'eau en 2008. Castle s'empara d'un des fascicules qu'il retourna dans tous les sens avant de l'empocher.
Sur la gauche se trouvait le lieu du crime, facilement reconnaissable au rassemblement de membres de la scientifique, vêtus de combinaisons blanches, déjà sur le départ. L'écrivain, habitué des séries télévisées policières, s'étonnait toujours de constater la différence qui existait entre la fiction que l'on vendait comme réaliste et le véritable travail d'un expert de scène de crimes. Les résultats étaient sensiblement les mêmes mais les moyens pour y parvenir différaient totalement. Jamais dans un épisode des "Experts Manhattan", Rick n'avait vu les scientifiques revêtir cette magnifique combinaison les couvrant de la tête au pieds rehaussée de chaussures assorties et du masque de chirurgien dont le but était de ne pas contaminer la scène de crime avec le cheveu d'un enquêteur, des cellules épithéliales laissées lors de la récupération d'une preuve ou d'une goutte de sueur déposant un A.D.N. extérieur. Il prit un instant pour observer ces hommes et ses femmes remballer leurs ustensiles et emporter les éléments de preuves qui aideraient à mettre la main sur le coupable. C'était aussi pour cela qu'il suivait la détective Beckett sur ses enquêtes : dans un souci de réalisme.
Ses premiers écrits, il les avait présenté à de nombreuses maisons d'édition qui les avaient refusés sans vergogne. Il se voyait à chaque fois invoqué le manque de réalisme de ses personnages, le manque de profondeur dans les actions et le manque de crédibilité. Jamais aucun éditeur ne lui avait reproché une écriture banale ou de mauvaise facture. Ils ne l'auraient jamais fait car ce n'était pas le cas, toutes les lettres de refus qu'il avait reçues était bien claires à ce sujet. C'est pourquoi, lorsque Black Pawn lui offrit sa première chance, il se jura de faire les recherches les plus approfondies possible sur le milieu dont il allait parler dans ses romans suivants. Il passa d'une infiltration dans le monde de la mafia, rencontrant des membres éminents de la plus grande famille mafieuse de New-York, les Cardelli. Sa bonhommie et son charme avaient fait mouche auprès du parrain qui l'avait accueilli à bras ouverts. Ils gardaient d'ailleurs de très bon contacts. Ensuite, il s'intégra dans les équipes de la CIA, au côté de la belle Sofia, pour donner corps à Derrick Storm, le personnage le plus populaire qu'il n'ait créé. Lorsqu'il eut décidé que Storm l'ennuyait il le tua et ce fut l'apparition de Kate Beckett lors de cette cérémonie de promotion de ce dernier opus qui le fit fondre pour la jeune et belle fliquette. Il retrouva l'imagination et un autre monde, moins bien pourvu au niveau informatique que la CIA, nettement plus terre à terre avec les préoccupations de tous les jours, un monde auquel il avait pris goût.
Tel le petit poucet, il poursuivit son chemin, accompagné de la détective en suivant la direction de l'attroupement et prenant note de tous les détails qui pourraient être inclus dans son prochain bouquin. Kate, de son côté, traversa cette assemblée, tête haute et épaules redressées. Elle s'apprêtait psychologiquement à affronter toute l'horreur dont l'humanité était capable. Le dispatching ne lui avait pas expliqué de quel type de crime il s'agissait. Comme à leur habitude, ils l'interpellaient sur son portable de service, lui annonçant le décès et, sans plus d'information, elle se rendait à l'adresse indiquée. Elle salua Jimmy, un des membre du CSU qu'elle connaissait bien pour l'avoir souvent rencontré au laboratoire de la police de New-York, lorsqu'elle allait rendre visite à Lanie Parish, la médecin légiste principale. Dès qu'il entendait dire que la détective Kate Beckett descendait à la morgue, le jeune homme châtain s'arrangeait pour être présent, juste pour la croiser et lui adresser un sourire, pour avoir le plaisir de la saluer et de lui attirer un mot ou un geste dans sa direction. La policière comprenait bien que le visage rougissant qu'il présentait toujours en sa présence était un signe de timidité et surtout d'appréciation. Cependant, avec ses yeux marrons, ses cheveux coupés très courts, sa barbe de trois jours, Jim ressemblait à un jeunot à peine majeur. Elle ignorait son âge mais, physiquement, elle ne lui donnait pas plus de vingt ans et, même si elle ne pouvait nier qu'être le centre de l'attention de ce jeune homme la rendait particulièrement ravie, quelle femme n'aimerait pas être admirée par la gente masculine, elle n'appréciait guère être uniquement reconnue pour son physique, jugeant ce type d'attirance beaucoup trop futile.
L'écrivain sur ses talons, Beckett s'avança dans la pièce et s'arrêta sur le pas de la porte pour observer les lieux, tentant d'assimiler tous les détails qu'elle pouvait tirer de cet premier contact avec l'environnement de la victime. Tout d'abord l'odeur qui régnait dans la pièce ne laissait planer aucun doute sur le fait qu'un cadavre gisait non loin. Le corps du malheureux se trouvait droit devant elle, affalé sur sa table de travail, le bras droit tendu vers son interphone. La manche de sa chemise blanche remontée jusqu'au coude et le visage tourné vers la gauche. Elle fronça les yeux prenant note des différents éléments qui les entouraient. Le dernier technicien quitta l'endroit laissant la détective entourée de son équipe. Elle ne prêta pas attention au latino et l'irlandais qui vérifiaient déjà les alentours, se dirigeant vers Lanie Parish, la médecin légiste avec laquelle elle travaillait régulièrement, penchée sur le corps de Bradley Jones.
Lorsque la jeune métisse aperçu sa meilleure amie, elle se redressa instantanément et lui fit signe de la rejoindre.
"Bonjour Lanie." La salua-t-elle. Peu importait la situation, le moment du jour ou de la nuit, la jeune femme semblait toujours sortie d'un magazine de mode, son maquillage toujours parfait et lumineux, un sourire qui pourrait illuminer tout Manhattan durant une coupure de courant et des courbes généreuses qu'elle parvenait toujours à mettre en valeur dans des tailleurs pantalon ou, lorsqu'elle voulait épater Javier Esposito, une magnifique robe rouge. "Alors, qu'est-ce qu'on a?" Kate dirigea son attention directement vers le cadavre. Il semblait presque apaisé, les yeux clos, la bouche entrouverte dont s'échappait un filet de bave. Pour peu, on aurait pu croire qu'il s'était assoupi sur son plan de travail après une rude journée, si ce n'était pour la pâleur de son visage, ses lèvres bleutées et l'absence de mouvement de sa poitrine qui trahissaient son nouveau statut de dépouille.
"Salut ma belle. Castle." Les accueillit chaleureusement le docteur Parish.
"Juste 'Castle'?" S'étonna l'écrivain. "Même pas 'beau gosse'?" Se vexa-t-il faussement, d'une main sur le cœur, feignant un malaise dû à si peu de reconnaissance avant de s'approcher rapidement du financier.
"Pas touche, Castle!" Le tança-t-elle tendant un index menaçant vers le jeune quadragénaire mêle tout. Rick se recula aussi vite qu'il n'était venu et se retira derrière Beckett. "Et Kate n'est pas un bouclier suffisant pour éviter mon scalpel l'écrivaillon." Sourit-elle. Lanie appréciait énormément Richard Castle, elle savait son amie fan de ses romans et voyait bien qu'il en pinçait pour Kate. Depuis longtemps, elle tentait de leur ouvrir les yeux, de leur faire comprendre qu'ils étaient fait l'un pour l'autre, mais sans y parvenir. Katie était belle et bien celle qui freinait des deux pieds lorsqu'il s'agissait d'avoir une relation stable avec quelqu'un. Elle sourit en voyant le romancier déglutir difficilement et s'attaqua à son job. "Je vous présente Bradley Jones, 53 ans. Il n'y a pas de signe de lutte ni de marques défensives. Pas de signe apparent de strangulation, ni de contusions, ni de blessure par balle. Selon mes premières constatations, je dirais qu'il a été empoisonné."
"Empoisonné?" S'exclama Castle. "Comme un espion? Avec une capsule de cyanure cachée dans la dent?" Il retrouvait toute sa gouaille dès qu'on lui parlait de meurtre et de mystère. Ses théories préférées, la mafia, les espions, les extra-terrestres, ne faisaient pas souvent avancer les enquêtes menées par les policiers du douzième mais avaient le mérite de détendre l'atmosphère lorsque celle-ci devenait trop pesante. Kate lui jeta un regard glacial mais le fin sourire qui se dessina sur ses lèvres trahissait le fait qu'elle acceptait qu'il soit un gamin de neuf ans en overdose de sucre. Après tout, ses théories ne faisaient pas de mal et si elle n'étaient pas primordiales elle les aidait de façon détournée à trouver la faille dans leurs propres conceptions d'une affaire. C'est ce que Castle apportait à l'équipe. Un regard neuf. Une imagination débordante qui ne se limitait pas à ce qu'on apprenait à l'académie de police. Un atout quand les assassins devenaient de plus en plus astucieux et trouvaient des moyens de plus en plus élaborés pour s'en sortir en toute impunité.
Beckett et la légiste se jetèrent un coup d'œil et s'entendirent pour continuer comme si de rien n'était, laissant ainsi l'écrivain à ses délires "Il a la langue gonflée, ses cuticules sont bleuies et tu vois ces traces de baves?" Désigna la métisse du bout de son stylo au moyen duquel elle avait pris note sur son calepin de tous les détails qui lui permettraient de mener au mieux son autopsie. "Ce sont tous des signes d'empoisonnement." Expliqua la médecin légiste. "La scientifique a emporté des échantillons du whisky de cette bouteille et relevé les empreintes ainsi que sur le verre qui se trouvait sur le bureau de ce malheureux. Mais je pourrai t'en dire plus dès qu'il sera sur ma table d'autopsie."
"Bien." Acquiesça la détective en plissant les yeux. "Une idée de l'heure du décès?" S'enquit-elle
"D'après la température du foie je dirais entre 6h et 8h ou 9h ce matin."
"Ok. Merci Lanie. Tu m'appelles dès que tu as du nouveau?"
"Comme d'habitude, Kate." Confirma la médecin avec un clin d'œil à l'attention de son amie. Elle interpella un de ses collègues afin qu'il emporte la dépouille mortuaire de Bradley Jones. Sous le regard de la détective, ils glissèrent le corps sur la civière et l'emballèrent dans un de ces sacs plastifiés noirs qui tenaient les odeurs de putréfaction à distance, préservait le corps des attaquent extérieures mais était aussi un signe de respect pour la victime elle-même, évitant que sa photo ne se retrouve dans tous les tabloïds du pays l'après-midi même. Lanie la salua et disparu de son champs de vision, laissant l'endroit déserté si ce n'est de la présence des quatre partenaires.
"Des témoins?" demanda-t-elle en se tournant vers Ryan et Espo.
Ryan étant déjà occupé au téléphone, c'est Esposito qui se dirigea vers sa responsable pour lui faire son rapport. "La seule personne présente à l'étage c'est la secrétaire. Debbie Monroe est arrivée tôt ce matin, vers 7h00, elle a entendu que son boss se disputait au téléphone apparemment et n'a pas voulu le déranger. D'après elle quand il était énerver il valait mieux rester à l'écart. A 9h elle s'est risquée à frapper à la porte pour lui annoncer l'arrivée de son rendez-vous, sans réponse. Le client était pressé et donc elle a insisté et fini par rentré dans la pièce. C'est là qu'elle a retrouvé notre victime affalée sur son bureau."
"Quelqu'un a déjà prévenu la famille?"
"Oui." L'informa Kevin Ryan. "Je viens de raccrocher avec son épouse, elle est en route pour le poste, mais vu les intempéries…." Grimaça Ryan.
"Bien. Castle et moi allons interroger la secrétaire. Pendant ce temps, Espo, analyse les appels téléphoniques sur son portable et sa ligne du bureau. Ryan, renseigne toi auprès de la sécurité, je veux toutes les prises de vue des caméras des 24 dernières heures. S'il a été empoisonné ici il doit y avoir des traces du passage de l'auteur."
Ses subalternes acquiescèrent et éclipsèrent à leur tour laissant Beckett un dernière minute pour apprécier la scène de crime qui avait retrouvé tout son calme.
"Je parie qu'il se disputait avec son référant à la Sécurité Intérieure." Lança Castle pour briser le silence qui venait de s'installer "Il voulait tout arrêter et son boss l'a désactivé." Pour accompagner ses paroles, il se passa l'index sur le cou, mimant ainsi un couteau qui trancherait sa gorge et il ferma les yeux, passa la langue et fit le mort.
Kate se tourna vers lui, l'observant de la tête au pieds, puis roula des yeux en se demandant comment cet homme intelligent pouvait pondre des idées aussi saugrenues. Pour éviter qu'il n'en rajoute une couche, elle secoua légèrement la tête, et se dirigea vers le bureau de la secrétaire.
"Quoi? Ce n'est pas si idiot que ça!" Se plaignit-il.
"On le saura quand on aura l'enregistrement de ses appels téléphoniques. Je suis certaine que vous avez raison." Et elle se dirigea vers le témoin laissant à sa suite un Castle tout guilleret et excité à l'intrigue que cela pourrait faire pour son prochain roman sur Nikki Heat. Il imaginait déjà bien son personnage principal se débattre au milieu du labyrinthe créé par des espions de la finance.
Debbie Monroe pleurait encore quand le couple arriva à sa hauteur. "Mademoiselle Monroe?" S'enquit la détective pour attirer l'attention de la jeune femme recroquevillée sur sa chaise. Les coudes posés sur ses genoux et son visage caché dans ses mains, la jeune femme sanglotait sans fin. Sa courte jupe noire lui remontait jusqu'à mi-cuisses, à la limite de la décence, ses chaussures trainaient négligemment à quelques centimètres de ses pieds nus et le décolleté de son chemisier laissait découvrir un vue particulièrement plongeante qui ne laissait plus grand-chose à l'imagination. Une tenue plus adéquate pour une prostituée de luxe que pour une employée de bureau sérieuse. Kate jeta un coup d'œil à l'écrivain qui s'était planté silencieusement à ses côtés. Visiblement l'homme profitait de la vue que lui offrait la jeune femme. Ses yeux appréciateurs avaient déjà fait le tour des fondations et s'étaient perdus à hauteur de la poitrine généreuse de leur témoin. "Tous les mêmes." Pensa Beckett en roulant des yeux, une technique quelle avait améliorée au fil de ses enquêtes avec son consultant. Elle lui assainit un coup de coude dans les côtes qui le sortit de sa transe admirative.
"Ouch." Mima-t-il, puis lui tira la langue faisant une moue taquine à l'attention de celle qu'il savait avoir des sentiments à son égard. Le rouge pivoine qui atteignit ses joues, une preuve supplémentaire de son ressentit. Malgré qu'ils n'entretenaient aucune relation, autre que professionnelle et amicale, Beckett ne pouvait s'empêcher de sentir un pincement au cœur à chaque fois qu'il laissait traîner ses yeux un peu trop longtemps sur le corps d'une autre femme. Une jalousie maladive, incontrôlable mais tout aussi injustifiée au vu de leur statut de célibataire. Castle était un bel homme dans la force de l'âge, célibataire, drôle et, pour ne rien gâcher, riche et célèbre mais pas trop, il pouvait se permettre de trouver une personne pour unir sa vie, rien ne l'attachait à la détective. Il pouvait se marier avoir des enfants mais, dans ce cas, elle ne voulait pas en entendre piper mot, ce serait trop difficile à supporter. Elle savait les cartes entre ses mains. Si elle l'acceptait l'écrivain serait tout à elle cependant elle avait peur. Peur de gâcher leur amitié qui lui apportait énormément.
La policière se tourna à nouveau vers le centre de l'attention de l'écrivain qui se redressa sur sa chaise à roulettes. "Détective Beckett et Monsieur Castle." Elle entrouvrit son manteau pour montrer rapidement sa plaque qu'elle gardait attachée à la ceinture de son jeans taille basse qui moulait parfaitement ses longues jambes fines. "J'ai quelques questions à vous poser."
"J'ai déjà dit tout ce que je savais à vos collègues." Répondit Debbie entre deux sanglots s'attachant à examiner ses vis-à-vis, retrouvant un semblant de sourire lorsqu'elle tomba sur Castle. "Je ne sais pas du tout ce qui a pu se passer." Elle secoua la tête et fixa un point imaginaire sur le sol.
La douleur ne semblait pas feinte mais la détective n'était pas dupe. Nombre de criminels avaient déjà tentés de jouer ce rôle de victime, de persécuté ou de compatissant, avant de s'avérer être le coupable. Elle analysa les moindres gestes de la secrétaire aux cheveux de jais, jaugeant la véracité de ses propos en mesurant la moindre de ses paroles. "Depuis combien de temps travailliez-vous pour Monsieur Jones?" S'enquit la détective, se concentrant de nouveau sur son objectif premier.
"Depuis deux ans." Répondit celle qui, du haut de ses 25 ans maximum, s'essuya les larmes du dos de sa main et se releva. "Quand je suis arrivée ici, il venait d'être promu." Se souvint-elle avec un brin de nostalgie. "J'étais sa première assistante. Je sortais tout juste de l'école et, malgré mon inexpérience, il m'avait donné ma chance." Elle eut un sourire attendrit au souvenir de ses débuts dans l'institution.
"Est-ce qu'il avait l'air perturbé ces derniers jours?". Souvent un changement dans les habitudes, ou les attitudes, de la victime permettait d'identifier un état de stress et donc d'en déduire que la cause de son décès provenait certainement d'un événement relativement peu récent. Une personne qui change ses habitudes est une personne qui a peur et qui sait en général pourquoi, il est donc plus facile de chercher la cause dans sa vie courante. Ces seuls éléments, bien entendu, ne suffisaient pas à mettre la main sur le tueur mais pouvaient déjà diriger un minimum l'enquête.
"Non. Pas vraiment." Répondit Debbie en haussant les épaules et scrutant à nouveau un point imaginaire au pieds de la détective.
La détective patienta quelques instants, laissant s'installer le silence, en attente d'une explication supplémentaire. "Pas vraiment?" Insista Kate, qui voyait qu'elle n'était pas prête à développer sa pensée.
"A vrai dire ce n'était pas réellement le genre de personne très loquace." Elabora-t-elle. "Difficile de dire si ses réactions étaient normales ou pas." Ajouta-t-elle dans un soupir.
"Quelles étaient vos relations avec votre patron?" L'impression initiale de Kate semblait se préciser, cependant, les signaux envoyés par Debbie étaient assez ambivalents. L'assistante paraissait nettement plus affectée par cette disparition que ne le serait la plupart des employés. Une tendresse évidente pouvait se lire sur son visage même si, au-delà de cela, certains signes semblaient exagérés, notamment ses grands gestes désordonnés qui tendaient à détourner leur attention de leur sujet principal. Ses pleurnicheries quant à elles paraissaient réellement forcées, trop bruyantes que pour être naturelles.
"On se disait bonjour-bonsoir, sans plus. Le reste du temps, il le passait à aboyer ses ordres." Dit-elle en ricanant nerveusement. "Entre 7h et 18h il ne vivait que pour son travail. Il ne voyait plus des collaborateurs mais des outils." Elle haussa les épaules, l'air résignée, acceptant que son défunt responsable l'utilise durant les heures de bureau comme un simple ustensile.
Kate fronça les sourcils mais laissa temporairement de côté cette relation plutôt particulière pour cadrer la personnage qui venait de passer de vie à trépas. "Est-ce que Monsieur Jones avait pour habitude d'arriver au bureau de bonne heure?" Interrogea la détective pour tenter de définir l'emploi du temps de Jones. Consommait-il toujours le même whisky? Avait-il ses habitudes chez un livreur pour ses repas? Tant de détails qui pourraient la diriger vers la source de son empoisonnement.
"Oui. Monsieur Jones aimait profiter du calme qui régnait avant le levé du jour pour travailler dans des conditions optimales et préparer ses dossiers du jour." Elle croisa les bras sur sa poitrine et baissa à nouveau la tête. "Habituellement, il arrivait vers 7 heures. C'est pour cela que je venais tôt également. Il préférait que je sois disponible aux mêmes heures que lui. Ce n'était pas toujours évident mais je faisais le maximum pour parvenir à le suivre." Elle se rassit sur sa chaise retrouvant progressivement son calme.
"De quoi s'occupait exactement votre patron?" Intervint Castle qui, après avoir lu les brochures mises à disposition des clients, se demandait quelle partie de son boulot avait pu le mener à son triste sort. Le romancier était bien conscient que les pertes financières subies ces dernières années par des millions d'américains donnaient un certain nombre de mobiles de meurtre mais de là à passer à l'acte.
La jeune femme se tourna et se baissa, jambes tendues, laissant paraître le bord de ses bas collant autoportant, pour prendre des documents sous le guichet. Kate soupira et porta directement son attention sur son partenaire afin de voir sa réaction et fut ravie de voir que cette fois, il avait appris de sa précédente leçon et croisa son regard interrogateur. A l'évidence, Debbie Monroe n'avait aucune pudeur et ne se gênait certainement pas de l'effet qu'elle pouvait faire sur ses interlocuteurs. "Il gérait principalement des fonds de pension." Elle leur tendit le fascicule personnalisé qui expliquait le rôle de Bradley Jones.
Beckett sauta sur l'occasion pour demander des informations complémentaires sur les détails de son travail au sein de la first National Bank "Avait-il des clients mécontents?"
Debbie sembla réellement choquée par la question. "Euh… A vrai dire, depuis la crise, certaines personnes ont perdu beaucoup d'argent." Dit-elle ironiquement à l'attention de la détective, la jaugeant comme si elle venait de lui demander la chose la plus stupide de la Terre. "Cependant" Se radoucit-elle "De la à commettre… de là à vouloir le tuer!" Rejoignant ainsi la pensée de Rick.
"Parmi ces personnes, y aurait-il quelqu'un qui l'aurait menacé?"
"Bien sûr qu'il recevait des menaces. Tous les jours et de toutes sortes, mais il n'y a jamais prêté attention." Annonça-t-elle comme une évidence. "Pas plus tard que la semaine dernière, un de ses clients a débarqué, sans rendez-vous. Il voulait absolument parler à Monsieur Jones. Il criait à qui voulait l'entendre que nous n'étions que des voleurs et des manipulateurs. Que nous avions tous une part de responsabilité dans son divorce, Monsieur Jones en particulier, selon lui." s'épancha la noiraude.
"Vous connaissez le nom de cet homme?" Demanda Beckett, en tournant une page de son calepin, parée à prendre note de l'information.
"A vrai dire, je ne sais pas trop." Haussa-t-elle à nouveau les épaules. "Il était déjà venu se plaindre à de nombreuses reprises et, à chacun de ses passages, les services de sécurité étaient intervenus. Je suppose qu'ils doivent avoir noté ses coordonnées quelque part."
Kate inscrivit de prendre contact avec le responsable de la sécurité de l'immeuble, puis s'attela à un autre volet de son investigation, un volet plus… personnel. "Vous dites que cet homme reprochait à Monsieur Jones d'être responsable de son divorce. Avait-il une maîtresse?"
"Pas à ma connaissance." Répliqua-t-elle du tac-au-tac. "D'ailleurs, je ne vois vraiment pas quand il aurait eu le temps pour ça." Le ton utilisé par la secrétaire ne plaisait guère à la policière, une pointe de reproche qui ne collait pas avec l'attitude présentée jusque là par la jeune femme. Une sorte de frustration ou peut-être de colère. "De toute façon, il était marié."
"De toute façon il était marié." Une phrase que la détective avait déjà tellement entendue. L'équivalent du "Je suis innocent" clamé par la plupart des criminels qu'elle envoyait derrière les barreaux. Une phrase qui ne justifiait rien, qui ne disculpait personne mais qui apportait à celui qui la prononce une sorte de bien-être, de réconfort ou d'excuse. Beckett fit donc mine d'avoir assimilé et accepté cette excuse pour en venir aux faits ayant pris place le matin même. "Et cet appel que vous avez surpris ce matin. De quoi parlait-il?"
"Il disait qu'il ne voulait pas plonger avec eux." Debbie fronça ses yeux marrons, tentant de se rappeler les mots entendus. "Qu'il avait déjà donné toutes les clés nécessaires et qu'il se retirait du projet."
"Du projet?" S'immisça Castle. "Savez-vous avec qui ou de quoi il parlait?" L'écrivain sentit venir l'information croustillante qui lui permettrait de remplir quelques pages de son prochain roman. S'imaginant déjà toute une intrigue dont il se ferait un plaisir de faire part à la détective dès qu'ils seraient seuls. Il jubilait déjà à l'idée de la tête que ferait lorsqu'il lui dévoilerait son idée.
"Non" Elle secoua la tête l'air toujours pensive. "Je ne vois pas du tout de quoi il parlait. Leur conversation était envenimée mais il n'a prononcé aucun nom."
"Bien, pourriez-vous nous fournir une copie de l'agenda de monsieur Jones?" Demanda Kate en jetant un regard en coin à son partenaire dont elle avait compris à la manière de poser sa question qu'il mettait déjà en place toutes les fondations d'une de ses théories farfelues. Elle bloqua le soupir qui voulu lui échapper en restant concentrée au maximum sur sa requête.
"Euh, je … je ne sais pas, il faut que je demande l'autorisation" Balbutia la secrétaire dont les yeux s'étaient asséchés au fur-et-à-mesure de leur entretien. "Je…. Enfin, vous comprenez qu'il y a des données confidentielles." Elle se décomposait à vue d'œil.
"Pas de souci, Mademoiselle Monroe, je demanderai un mandat et mettrai officiellement toutes les personnes qui se trouvent dans cet agenda sur la liste des suspects au risque que la presse ne s'empare de l'affaire et ne s'intéresse d'un peu trop près à ces honnêtes citoyens." Menaça la policière de sa voix la plus douce, celle qui terrifiait Castle quand elle s'accompagnait de se regard noir qu'elle envoyait actuellement à l'adresse de la jeune impudente. L'écrivain savait reconnaître une Katherine Beckett déterminée à obtenir ce dont elle a besoin pour son enquête et la posture qu'elle tenait actuellement, droite comme un "i" mais légèrement penchée vers son interlocutrice, sans pour autant envahir son espace personnel, ce genre de chose était plutôt du ressort de Castle.
Debbie chercha désespérément dans le regard du romancier une aide qu'elle ne trouva pas. "D'acc… D'accord." La jeune femme s'avoua vaincue et présenta un Moleskine noir à Castle, évitant soigneusement la main tendue de la détective qui ne montra pas son agacement profond à cette réaction puérile. "Le voici".
Il s'empressa de le transmettre à sa coéquipière qui le remercia d'un geste de la tête. Le message était clair. Debbie Monroe avait souhaité se mettre l'auteur dans la poche. Les regards qu'elle lui avait portés tout au long de leur entrevue, son comportement, tout respirait le besoin d'attention et certainement d'avoir un allié dans le camp adverse. Cette fois Beckett s'était bel et bien fait une impression sur la secrétaire. Cette impression était évidemment encore sujette à caution et même si Debbie n'avait aucun lien avec le meurtre, ses actions mettaient en avant une sorte de responsabilité.
"Oh, j'oubliais." se retourna Castle alors que le couple quittait les lieux. "Une dernière chose Mademoiselle Monroe, ne quittez pas la ville." Et il repris sa route. Il adorait prononcer cette phrase qui n'avait aucun fondement juridique étant donné que la secrétaire de Bradley Jones n'était qu'un simple témoin. Néanmoins, cela lui donnait une sorte d'autorité inexistante. Un peu comme il rêvait de pouvoir dire un jour : "C'est le major d'homme le coupable!". Un rêve de romancier dont se moquait ouvertement Kate dès qu'elle le pouvait.
Une fois à l'extérieur le vent froid venant du nord piqua leur visage et les obligea à froncer les yeux pour avancer dans ce blizzard mêlé aux chutes de neige abondantes qui semblait ne jamais se terminer. "Qu'est-ce qui m'a valu ce coup de coude tout à l'heure?" S'enquit l'écrivain qui se frotta les côtes en se remémorant la douleur qu'il avait ressentit au moment de l'impact. "Je vais avoir une fameuse ecchymose moi maintenant.!" Continua-t-il en faisant une moue de chien battu, les yeux tristes et la lèvre inférieure tremblante. Evidemment, la réponse était claire mais il s'amusait de la gêne de sa partenaire.
"Oh pauvre petite chose." Se moqua la jeune policière s'arrêtant de marcher pour se tourner vers son malheureux ami. "Je suis vraiment désolée, vous ne pourrez pas poser pour le prochain calendrier des écrivains avec une pareille marque." Elle s'amusait de leurs petites joutes verbales. Jamais elle ne lui avouerait, mais l'idée de le voir poser pour le calendrier des pompiers lui avait déjà traversé l'esprit à de nombreuses reprises, notamment depuis qu'elle avait pris conscience des sentiments qu'elle éprouvait pour lui. Son cœur se resserra en pensant à la façon dont cela s'était passé et surtout à la manière dont elle avait réagit. Elle avait fui. Richard Castle, maître du macabre, lui avait avoué ses sentiments alors qu'elle venait de prendre une balle en plein cœur, alors que la brigade du douzième enterrait son capitaine, et qu'un sniper s'en était pris à la détective. Dès son réveil à l'hôpital, ses premiers souvenirs se portèrent sur les mots du romancier "Je t'aime, Kate… Ne me quitte pas Kate… Je t'aime.". Au début elle croyait avoir rêvé. Ensuite, petit à petit, les faits lui revenaient avec clarté. Il lui avait déclaré sa flamme alors qu'il la croyait mourante, qu'il ne pensait plus jamais pouvoir lui parler. Elle avait pleuré des heures à se demander si ses seules motivations pour cet aveu étaient cette peur de la perdre et le besoin qu'elle se raccroche à quelque chose pour ne pas quitter ce monde. Ce genre de réaction ne lui ressemblait pas mais elle se sentait tellement mal, les antidouleurs la rendaient sentimentales et elle se trouvait en sécurité derrière les mur de sa chambre blanche, sans témoin de ce qu'elle considérait comme sa défaillance.
Quand Rick était venu lui rendre visite, elle lui avait dit ne se souvenir de rien, de partir, qu'elle l'appellerait dès qu'elle se sentirait mieux. Après trois mois de silence, dans le chalet de son père, sans avoir contacté le romancier, elle était revenue à New-York dans l'espoir qu'il lui aie pardonné cet acte de désertion. Le regard qu'il lui avait lancé à la séance d'autographe, les mots durs qu'il avait prononcé à la sortie de la librairie, l'avaient peinée mais elle n'avait rien montré car elle savait être en faute. Depuis, il ignorait toujours qu'elle se rappelait de son cri désespéré au cimetière de New-York mais elle faisait des efforts pour lui montrer qu'elle tenait à lui. Elle était prête à faire tomber les murs qu'elle avait érigés autour d'elle. Son psy l'aidait à arriver à son objectif, à devenir la femme qu'elle pensait être celle qu'il fallait à Castle. Une femme libérée de tout bagage trop lourds à porter, une femme simple et non plus torturée par la mémoire de sa défunte mère. Oui, elle aimait Castle mais il était trop tôt. Un jour, peut-être. Il l'attendrait, il lui avait dit sur les balançoires du parc en face de la librairie, mais combien de temps?
"Ah ah très drôle détective." Railla-t-il en l'extirpant par la même occasion de sa rêverie."Moquez vous mais n'oubliez pas que si je perds mon bras, je ne pourrez plus écrire une ligne sur Nikki Heat." Il affichait un sourire victorieux, persuadé qu'elle n'aurait aucune réplique à cette estocade.
"J'ai confiance en vous Castle." Lui opposa-t-elle souriante. "Vous trouverez toujours un moyen pour me faire tourner en bourrique." Dieu seul sait à quel point il la rendait folle par moment, pas seulement avec ses théories. Tout en lui respirait la séduction, il pouvait la rendre folle d'un seul sourire. "Mais pour en revenir à nos moutons, qu'avez-vous pensé de Debbie, Monsieur l'écrivain maltraité?" Se moqua-t-elle à son tour.
Castle lui tira la langue "En tout cas, elle n'avait pas peur d'attraper froid. Je veux bien qu'une banque soit aguicheuse mais là… Waw!" S'exclama-t-il, à court de mots, une rareté pour lui.
Ils reprirent leur marche vers la Crown Victoria bleu nuit qui les attendait patiemment de l'autre côté de la rue. La dépanneuse qui était là lors de leur arrivée avait disparu et la circulation avait repris lentement, très lentement, permettant aisément au deux représentants de la loi de traverser en dehors de clous sans risquer le moindre incident. Ils se firent malgré tout klaxonner par un fou du volant qui remonta toute la file jusqu'à la cinquante-quatrième rue et s'y engagea en dérapant sur le verglas qui s'était formé après le passage du chasse-neige avant de redresser son véhicule dans un crissement de pneus. Tous deux s'empressèrent de se mettre en sécurité sur le trottoir opposé et observèrent le malade qui venait de disparaître au coin de la cinquante-quatrième et de Park Avenue.
"En tout cas, je suis certaine qu'elle nous a menés en bateau" Annonça Beckett en prenant place derrière le volant de son véhicule de fonction un peu vieillot. Le cuir brun des sièges n'était plus de toute première jeunesse, les griffures et les trous étaient légion, mais Kate aimait cette voiture. Elle avait une histoire, elle la suivait depuis presque dix ans maintenant, elle avait rattrapé de nombreux criminels, pris des sens uniques, remonté presque toutes les artères de la ville sans jamais la laisser tomber. Finalement, cette voiture était un peu l'amarre qui la gardait au port, une constante dans sa vie parfois difficile. A bord de la Crown Victoria elle se sentait bien et en sécurité, parfois même plus en sécurité que dans son propre appartement qui avait déjà été victime d'une explosion que la détective n'était pas prête d'oublier. Personne ne pouvait la conduire, hormis elle. Maintes et maintes fois, Rick avait tenté de lui soutirer le volant arguant qu'elle était exténuée ou tout simplement la conduire à travers New-York était le moins qu'il pouvait faire en échange de sa perpétuelle présence. Rien n'y fit.
"Qu'est-ce qui vous fait dire ça? Le fait que l'on dirait qu'elle est prête à tout pour de l'argent?" Ironisa Castle en s'installant sur le siège passager du véhicule. "Pardon, j'ai été un peu loin." S'excusa-t-il "Mais il faut reconnaître que ses manières n'étaient pas très convaincantes, si vous voulez mon avis."
"Exactement Castle. Trop c'est trop." Elle introduit les clé dans le contact et démarra. "Ca dépassait les limites du supportables. En plus elle nous dit ne pas vraiment le connaître et pourtant elle pleure comme si elle venait de perdre son père."
"Sans doute. Je dirais qu'il se pouvait qu'il soit son 'sugar daddy'. N'importe quel gars se laisserait…." Il stoppa net lorsqu'il se rendit compte de son erreur. "Oubliez ce que je viens de dire."
"Non, vous avez raison Castle." Les poings serrés autour du volant au point que ses articulations blanchissaient à vue d'œil. "Elle vous a fait de l'effet, n'est-ce pas?" Questionna-t-il sous l'effet de la jalousie
"Vous voulez entendre ma théorie." L'écrivain trépignait en éludant la question que venait de lui poser la jeune femme.
"Allez-y!" Soupira-t-elle.
"Bradley Jones travaillait pour l'ennemi sur une mission appelée 'Le projet'. Son projet était de faire tomber l'économie des Etats-Unis. Il a été découvert par la CIA et sa secrétaire a été sélectionnée pour se rapprocher de lui, afin de lui soutirer les informations dont il avait connaissance. Une fois sa mission terminée, elle devait se débarrasser de son patron. Le poison c'est l'arme du crime préférée des femmes et notre Mata Hari pourrait très bien avoir joué ce rôle à la perfection." Castle commençait à s'emballer.
"Ok Castle, on se calme là." Sourit-elle. "Je crois que l'on trouvera un solution qui n'implique ni la CIA, ni des espions étrangers." Elle braqua et s'introduisit dans la circulation. Son mal de crâne prenait tout doucement la tangente et entendre l'écrivain revenir à l'attaque avec sa théorie d'espions lui remontait peu à peu le moral.
"Quelle est la prochaine étape?" S'enquit-il.
"On rentre au commissariat et on rencontre l'épouse de Jones. Avec un peu de chance, Ryan et Espo auront déjà quelques indices supplémentaires à nous fournir."
Et voici. J'espère que cela vous a plus.
A bientôt.
