Note : voilà avec du retard (je sais, je sais, je suis mille fois désolée!) la suite de Maisons Closes qui se penche cette fois ci sur le cas de Harry Jespère que ça vous plaira!
Merci à tous pour vos rewiews, j'espère avoir répondu à tout le monde (sauf aux anonyme bien sur, mais merci à eux aussi ) et je suis désolée si j'en ai oublié.
Ce chapitre a été brillement corrigé par ma bêta lectrice (et Dieu sait que je lui donne du boulot --') et c'est grace à elle que vous évitez les dizaines de fautes et de répétions donc merci beaucoup à Sinelune ( vous pouvez passez voir ses fics elle sont vraiment bien )
Sinon je précise que la plupart des détails de la vie des prostituées comme par exemple leur nombres de passe en maisons closes ne sont pas inventés, j'ai fais lu un livre sur le sujet avant d'ecrire la fic.
Maintenant bonne lecture à tous
Chapitre deux: « La France d'en bas... »
Harry Potter trempa sa serviette dans la bassine d'eau tiède qui siégeait au pied de son lit de fer blanc et nettoya sommairement son corps, effaçant les traces encore humides de son précédent client.
Il jeta un regard indifférent par la fenêtre du petit taudis qui lui servait de chambre, à lui et à un autre prostitué. D'ailleurs, son nouveau partenaire de chambre arriverait aujourd'hui...
Pour lui, la journée était sûrement terminée ?. Il avait eu vingt clients dont ses cinq plus fréquents, et cela s'arrêterait sans doute là puisque c'était sa moyenne journalière – excepté les jours exceptionnels où il arrivait parfois à soixante dix passes dans une même journée.
Une fois qu'il eut fini d'ôter de son corps pâle les traces de sperme de ses différents clients –n'ayant malheureusement pas toujours le temps de se nettoyer entre deux passes, il remit son petit short bleu foncé– sans sous-vêtements évidemment, c'était bien plus pratique pour le client– et sa chemisette blanche.
Ses vêtements étaient un peu sales mais sa seule autre tenue était en train de sécher, un client un peu éméché l'ayant souillé peu de jours auparavant. Il passa une main lasse dans ses cheveux et alla s'asseoir sur le bord de la fenêtre qui donnait sur les docks.
Dans la chambre voisine, il pouvait entendre les grincements du sommier et les gémissements rauques de l'homme qui avait payé pour sa voisine de chambre, dont il ne percevait que de légers couinements.
Ce client demandait fréquemment la jeune fille. C'était un propriétaire de ferme d'une cinquantaine d'années, gros, gras, le crâne chauve, un nez épaté, deux petits yeux d'un bleu terne et une bouche tombante. Il était relativement aisé, marié et père de quatre enfants, deux filles et deux fils. Il semblait, lorsqu'on le croisait dans la rue, parfaitement normal et pourtant il venait régulièrement au bordel pour prendre brutalement une jeune fille de l'âge de ses filles.
Harry tenta, comme toujours, de ne plus entendre les bruits bestiaux qui venaient des chambres environnantes et alluma une cigarette. Il fumait rarement, mais cela lui permettait de s'évader durant quelques minutes, loin de sa triste condition de putain de bas étages. Et d'oublier la condition de ses amis.
Car la fille qui se faisait prendre violemment par son brutal client dans la chambre voisine était sa meilleure amie.
Il s'agissait d'Hermione Granger, une fille d'une intelligence rare que l'assassinat brutal de ses parents lors d'un voyage en France avait conduit à cette situation déplorable. Car la première chose qui les avaient rapprochés avait été le fait d'être tous deux anglais.
Harry, lui, avait atterrit ici suite à son viol par son oncle. Son enfance chez son oncle et sa tante (ses parents était morts mystérieusement à ses un an) avait été sans amour ni respect mais il avait toujours tout supporté. Malheureusement, lorsqu'à ses treize ans, son oncle le viola pendant l'absence de sa tante et de son cousin, et lui laissa entendre qu'il recommencerait, Harry fugua jusqu'en France.
Idée peu judicieuse puisqu'il en était finalement arrivé à vendre ce qu'il avait refusé à son oncle, c'est à dire son corps.
Il fallait avouer qu'à treize ans, Harry était doté d'une beauté tout à fait stupéfiante, ses incontrôlables cheveux ébène contrastant fortement avec son teint blanc et ses yeux émeraude. Ses membres, délicats et gracieux, lui donnaient une silhouette androgyne qui s'accordait parfaitement avec la finesse de ses traits. Ses uniques défauts étaient sa cicatrice en forme d'éclair sur le front et ses lunettes rondes qu'il devait porter, étant très myope.
Il avait pourtant quitté le pays avec la famille de son meilleur ami, Ronald Weasley, mais le père était mort d'une pneumonie l'année de ses quinze ans et tous avaient sombré dans la misère la plus totale. Leur mère était morte de chagrin et d'épuisement peu de temps après, les laissant seuls dans un pays inconnus.
Le second, Charlie, devint placeur, tout comme les jumeaux Fred et George ainsi que Ron, et il furent obligé de placer Bill, Harry et Ginny qui étaient quand à eux obligés de se prostituer car ils étaient dotés d'une grande beauté.
Les placeurs étaient chargés de trouver les futurs prostitués pour le compte de la seule maison de passe de la région, tenue d'une main de fer sans gant de velours par Dolores Ombrage. Cette dernière avait été ravie de ses nouveaux pensionnaires qui la changeaient des habituels laiderons –ou tout du moins des banales jeunes filles– que lui ramenaient ses placeurs et sa maison était à présent réputée dans toute la Bretagne pour les quelques perles qu'on y trouvait.
Le seul avantage pour Harry avait été sa rencontre avec Hermione qui lui avait communiqué son goût de la lecture et, depuis lors, Harry et elle profitaient de leur journée de liberté pour aller dans une bibliothèque publique.
Le livre préféré d'Hermione était Utopia, ce qui avait contribué à lui donner un regard très critique sur la société dans laquelle elle vivait; de son côté, le livre favori de Harry était Les Fleurs du Mal de Baudelaire et Au bonheur des dames de Zola car Harry était d'un caractère plus rêveur, poétique et mélancolique qu'Hermione qui était très terre à terre.
Par contre, Harry assimilait les connaissances avec une rapidité qui rendait Hermione presque jalouse, bien que celle ci reste toujours supérieure, en partie à cause du manque de motivation de Harry et de sa légendaire flemmardise. Il préférait lire pour rêver.
Ron et Harry étaient restés très proches malgré leur différence de statut en réussissant toujours à désobéir au règlement très stricte de Ombrage. Hermione, tout d'abord réprobatrice, avait fini par adhérer au mouvement et avait à son tour sympathisé avec Ron. Dolores Ombrage les haïssait cordialement et ils le lui rendaient bien, cependant ils avaient sur elle un avantage important : Ombrage avait besoin d'eux pour faire tourner sa maison.
Harry écrasa la fin de sa cigarette sur le rebord de la fenêtre où il était assis et jeta le mégot dans la rue. Dans la chambre à côté, les bruits avaient cessés, indiquant que le vieux porc avait enfin fini.
Comme pour confirmer sa pensée, à peine quelque minutes plus tard la porte grinça et Hermione entra dans sa chambre vêtue de sa courte robe bleu marine, ses cheveux châtains touffus et aussi impeignables que ceux de Harry noués en un chignon sommaire sur sa tête , des mèches folles encadrant son visage tiré. Elle avait l'air épuisée.
-Client difficile? demanda Harry.
-Client difficile, répondit-elle en prenant une cigarette dans le paquet de Harry avant de l'allumer de ses mains tremblantes.
Hermione fumait rarement. Encore plus rarement que Harry. Seulement lorsqu'elle avait un coup de déprime, un « spleen » comme disait toujours Harry. Harry ce dernier ? sortit de sous son lit un bouquin de sa taie d'oreiller à moitié déchirée.
-Tiens, je l'ai acheté chez un bouquiniste la semaine dernière. Il m'a fait un prix. Tu verras, ça te remontera le moral, c'est à mourir de rire par moment. Et tellement vrai.
Hermione saisit le livre et, d'un geste machinal, l'ouvrit. Un hoquet de surprise lui échappa.
-Mon Dieu Harry c'est de l'anglais! Un livre en anglais!!!
Harry eut un demi sourire.
-C'est pour ça que je l'ai eu pas cher, avoua t-il, peu de gens lisent l'anglais ici, il avait donc peu de chance de le vendre. C'était une aubaine pour lui comme pour moi.
Hermione semblait avoir soudainement retrouvé énergie et vitalité, comme si la simple présence de ce livre dans ses mains changeait du tout au tout le court de son existence.
-Quel livre est-ce Harry?
-Pride and Prejudice by Jane Austen. Un véritable chef d'oeuvre avec des passages absolument savoureux! Et puis, il m'a fait rêver... Et puis regarde comment ça commence: « It is a truth universally acknowledged, that a single man in possession of a good fortune, must be in want of a wife. However little know the feelings or views of such a man way may be on his first entering a neighbourhood, this truth is so well fixed in the mind of the surrounding families, that he considered as the rightful property of some one or other of their daughters. ». Alors?
- Et bien, cette femme était très critique face à sa société. Tu me diras, à peu de chose près c'est encore la même chose aujourd'hui: les riches épousent les riches les pauvres épousent les pauvres. Et ensuite tout le monde se retrouve chez les putes, acheva t'elle avec mépris.
-Exact. Nous sommes donc, en quelque sorte, l'une des rares choses communes aux riches comme aux pauvres!
Hermione pouffa légèrement.
-T'as une de ses façons de présenter les choses Harry! Je ne sais vraiment pas comment j'aurais tenu ici sans toi...
-Bof, tu te serais sans doute suicidée au moins trois fois, lança Harry d'un ton faussement badin.
-Mouis, tu as sans doute raison, acquiesça Hermione d'un air rêveur.
-Ne dis pas n'importe quoi! répliqua Harry d'un ton cette fois sans réplique. Tu es une fille forte Mione! Je le sais mieux que quiconque! Tu survivrais sans moi! Tu n'es pas une de ses filles émotionnellement fragiles qui passent leur temps à se sous-estimer en donnant l'impression d'être fortes ! Toi tu es forte car tu es consciente de ta valeur et de tes faiblesses. Tu n'essayes pas de te mentir.
Le sourire que lui renvoya Hermione, bien que pâle et exsangue, rayonnait d'une joie vacillante mais si précieuse que Harry avait toujours su apporter à ceux qu'il aimait.
Harry était un véritable paradoxe vivant. Cynique, insolent, irrespectueux, irresponsable, dangereux, impulsif, aguicheur, menteur d'un côté, et tendre, courageux, chaleureux, sincère, intelligent, modeste, et même un peu naïf parfois. Il cumulait toutes sortes de caractéristiques contradictoires qui formaient pourtant son caractère. Hermione se plaisait à répéter à qui voulait bien l'entendre –ce qui réduisait considérablement son auditoire– qu'Harry était l'être le plus complexe qu'elle avait jamais rencontré.
-Merci Harry tu es un ange, souffla-t-elle, la voix cassée par l'émotion.
Harry rougit légèrement sous le compliment. Les compliments l'avaient toujours mit mal à l'aise. Surtout lorsqu'ils venaient de ses amis.
-Tsss! Ne dis pas ça trop vite Mione, tu risquerais de te rendre rapidement compte que c'est en fait bien loin de la vérité.
-Comme si je ne savais pas déjà que tu es totalement schyzo mon cher! persifla la jeune prostituée en levant les yeux au ciel d'un air faussement désespéré.
-Ben merci bien! riposta Harry d'un air faussement outré, entrant dans le jeu de son amie.
Ils faillirent éclater de rire mais à ce moment là les lourds pas de la maquerelle raisonnèrent dans l'escalier et avant qu'aucun des deux n'aient pu s'échapper, Dolores Ombrage apparut dans l'encadrement de la porte, vêtue comme à son habitude d'une robe d'un rose criard. Harry et Hermione avaient beau connaître les goûts immondes de leur maîtresse, ils eurent du mal à ne pas grimacer de dégoût.
Ombrage de son côté ne retint pas la sienne lorsque son regard se posa sur Harry et Hermione.
-Encore tous les deux vous! Vous avez vraiment du temps à perdre! Puisque c'est cela, j'enlèverai dix sous à chacun d'entre vous sur votre salaire! C'est tout ce que vous méritez!
Bien que la rage dévore ses entrailles, Harry se contint, autant pour lui que pour Hermione. Il savait supporter, Hermione également, et les injustices criantes de la maquerelle à leur égard ne seraient que plus fréquentes et plus violente s'ils osaient protester. De plus, il ne pouvait espérer aucun soutient de la part de la plupart des autres prostitués qui les haïssaient où tout du moins se moquaient bien de ce qui pouvait leur arriver.
A chacun ses problèmes ici-bas.
Il fallait avouer qu'avec des beautés comme Harry, Hermione, Ginny et Charlie dans la maison, les autres prostitués semblaient parfois tout droit sortis d'un film d'horreur avec leur corps peu gracieux, leur visage sans beauté –voire carrément laid– et leur visages peints de façon vulgaire.
De plus, le fait qu'ils étaient anglais et qu'ils savaient lire et écrire les mettait inévitablement à l'écart des autres, pour la plupart analphabètes et sans éducation, qui ne les comprenaient pas.
-Votre sale rouquin d'ami le placeur va bientôt passer amener la nouvelle recrue alors t'as intérêt à ne pas salir la piaule avec cette mijaurée toi! hurla-t-elle à un Harry impassible.
Hermione elle aussi resta de glace à la remarque vulgaire de Ombrage à leur égard. Elle avait l'habitude de ses commentaires puisque les autres prostituées lui disaient de même.
Pour eux, une amitié entre une fille et un garçon sans sexe ne pouvait exister, surtout ici. Les imbéciles!
Comme si Harry était ce genre de garçon. Il était aussi ami avec Ginny et ne couchait pas –pour ce qu'elle en savait– avec pour autant –pas que cela aurait foncièrement déplu à cette dernière, selon Hermione.
-Au fait Emeraude, ton client m'a laissé entendre que des clients très friqués allaient arriver d'un jour à l'autre dans notre région alors ce jour là, tâche de faire bonne figure! Tu as trois mille francs pour te trouver à toi, les deux rouquins et la mijaurée une tenue potable! Et rien de trop couvrant! Faut qu'on voit leur seins et leur fesses à ces p'tites salope!
Emeraude était le nom de prostitué de Harry. Hermione c'était Lips, allusion peu raffinée à son talent dans certains domaines, Ginny c'était Carroty, à cause de ses cheveux et Charlie répondait au doux nom de Fireassh. Harry ne put s'empêcher de faire la grimace à l'évocation de son « client ».
C'était un homme qui avait passé la soixantaine, grand, de corpulence moyenne, riche, aux yeux noir tombant et à la bouche mince qui raffolait de lui. Pour un homme de soixante ans passés, il avait une libido encore très active... Il aimait regarder Harry se caresser devant lui, le sucer, et le prendre dans toute sorte de positions en le faisant gémir. Car ce qui répugnait le plus Harry, c'est que l'homme prenait toujours un malin plaisir à le faire jouir pour l'humilier. Et ce connard savait se servir de ses mains...
Ce client, comme quasiment tous les autres, était marié et père de famille. Il avait un fils de vingt six ans et deux filles, une mariée qui avait trente ans, l'autre avait dix-sept ans, l'âge de Harry.
-Ce soir, vous ne mangerez pas avec les autres, vous êtes consignés dans vos chambres, c'est clair?
Ils ne répondirent pas et se contentèrent de hocher la tête en fixant le sol, mais dès que l'horrible chose rose fluo eut quitté la chambre en claquant la porte ils soupirèrent de concert.
-Ce que j'aimerais étriper cette grosse vache rose des fois! grinça Harry.
Et il se savait capable de le faire.
Harry avait découvert pendant sa fugue qu'il avait une étrange prédisposition au combat. Cela lui avait été utile lorsqu'il voyageait seul, le petit garçon de treize ans qu'il était attirant bien trop de pervers de toute sorte. Il ne comptait même plus combien de tentative de viol il avait essuyé durant son voyage. Mais ils les avait tous mit hors d'état de nuire, il en avait même tué un une fois sans trop savoir comment.
Tout ça pour finir putain, le destin avait parfois vraiment un drôle de sens de l'humour...
-Harry! On n'en a déjà parlé! Tu sais bien qu'il vaut mieux gagner sa vie honnêtement même en se vendant plutôt que de tuer pour s'enrichir! répliqua Hermione.
-Je sais Mione, mais je te jure que des fois j'ai envie de faire des exceptions...
Hermione soupira et balança son mégot par la fenêtre avant de rejoindre Harry sur son lit.
-Alors comme ça tu vas avoir un nouveau partenaire de chambre ?
-Ouais. J'espère juste qu'il sera mieux que le dernier.
Hermione ricana.
-C'est vrai que c'était un sacré cas le dernier! Faire semblant d'être somnambule pour pouvoir te tripoter la nuit!
Harry eut un sourire vaguement amusé à ce souvenir.
-A sa décharge, reconnaissons qu'il avait tout de même une imagination hallucinante. Comme la fois où il m'avait embrassé en prétendant que c'était uniquement parce qu'il avait cru voir Annette verser du poison dans ma soupe et qu'il voulait me le faire recracher!
-Il était surtout complètement frustré ce pauvre garçon! Il n'aimait pas les hommes mais te désirait comme un fou! Le paradoxe! Enfin, Ombrage l'a viré quand il a commencé à essayer de t'empêcher de voir tes clients et pour une fois elle a bien fait. Il aurait fini par te séquestrer ou te tuer pour ne plus te partager avec quiconque.
Harry frissonna. Il savait bien que le jeune prostitué était malade mais il était vrai que cela aurait pu devenir effrayant. Malgré tout, Hermione exagérait un peu.
-Mione, tu vas un peu loin dans l'extrapolation là... Ombrage l'a viré parce qu'il à piqué dans la caisse, pas parce qu'il m'empêchait de voir mes clients.
La dénommée Mione bougonna dans sa barbe que c'était quasiment la même chose mais elle fut interrompue par l'ouverture de la porte.
Ginny et Bill entrèrent dans la chambre.
Bill était magnifique et souriant, comme à son habitude. Grand, assez musclé, il était le plus beau garçon de la famille Weasley. Les traits fins de son visage, sa bouche charnue et ses yeux turquoise étaient mis en valeur par sa longue chevelure rousse. Il portait sans aucune honte un simple bas de pantalon.
Ginny, plus pâle que son frère, restait très belle, malgré ses traits tirés. Sa longue et lisse chevelure rousse cascadait dans son dos et semblait rayonner d'un éclat surnaturel. C'était presque comme si ses cheveux absorbaient son énergie tant le contraste entre sa chevelure rayonnante et son visage fatigué était flagrant. Ses yeux d'un bleu électrique s'éclairèrent en se posant sur Harry et Hermione.
Harry ne put s'empêcher de remarquer sous sa nuisette de tulle bleu très courte des traces visibles de ses précédents clients, sur ses cuisses pâles notamment et il grinça des dents. Ginny lui était très précieuse, elle le comprenait aussi bien qu'Hermione, mieux parfois car elle le connaissait depuis plus longtemps et il ne pouvait que difficilement supporter de la voir dans cet état.
Bill les salua et vint piquer une cigarette dans le paquet de Harry avant de se poser sur le rebord de la fenêtre tandis que Ginny, en prenant également une, vint s'assoir à côté de Harry et posa sa tête contre son épaule.
-Parait que Ron va passer alors on est venu, lança Bill de sa belle voix chaude et basse.
-On avait aussi envie de vous voir tout les deux, dit Ginny. Depuis que cette connasse m'a séparé d'Hermione on ne se voit presque plus! J'espère au moins que la fille avec qui tu es n'est pas trop garce.
-Oh non, ne t'en fais pas Ginny, répondit Hermione de sa voix douce, elle est très gentille. C'est une brave fille Hannah Abbot je crois. Une fille ronde, aux cheveux roux clair un peu moins flamboyant que les tiens et aux yeux noisette; elle est constellée de tache de rousseur. Bien en chair, une poitrine impressionnante! Tout les vieux pervers fan de gros seins la demande la pauvre...
-Comme si tu étais à plaindre au niveau poitrine Hermione, ironisa Bill en posant sur la jeune fille un regard perçant.
-Ma poitrine est tout ce qu'il y a de plus normal Bill!
-Et moi qui suis plate comme une planche à pain... nota Ginny en regardant dans le vague, sa clope au bec, la tête sur l'épaule de Harry.
-Disons plutôt que toi et Mione êtes très différente. Tu es gracile, un peu dans le genre elfe alors que Mione est plutôt voluptueuse, dans le genre femme fatale...
Hermione et Ginny gloussèrent et Harry pris un air renfrogné, déçu que sa brillante analyse ait eu pour seul effet de faire rire.
-Enfin bref! Hannah est adorable, autrement plus agréable que ces garces qui montrent les dents dès qu'on sort le bout de notre nez. De toute façon, elle n'ont pas de soucis à se faire, on n'a pas envie de les leur piquer leur clients! Et toi Ginny, ta compagne est comment?
Ginny, très éloquente, se contenta de mettre son index dans sa bouche et de faire semblant de vomir.
-Ok, je vois. Elle se fait appeler comment?
-Précieuse, crache Ginny en se levant pour allé balancer son mégot par la fenêtre comme il était coutume de le faire.
-Bordel Gin me dis pas que t'es avec cette pétasse!!! s'exclama Harry, choqué.
Précieuse était une sale petite garce qui n'avait qu'un but, harponner un gros client –ou un placeur de maison de la haute société– pour se faire épouser et devenir riche. En plus, contrairement à beaucoup des filles de joie de la maison, elle était plutôt jolie et toujours souriante et agréable avec le client, aussi répugnant soit-il. Mais ce n'est pas cela en soit qui dérangeait Harry. Pour beaucoup de filles, la méthode appliquée par Précieuse était la seule pour s'en sortir un jour, et encore, seulement si elle était jolie.
En fait, ce qui horripilait Harry était que Précieuse était la chouchoute d'Ombrage qui lui passait énormément de caprices et de fautes de comportement.
Et Précieuse se servait de ça pour faire punir Harry, Hermione, Ginny et Charlie le plus souvent possible. Régulièrement, Harry se disait que les jumeaux auraient mieux fait de marcher sur une vipère que de ramener cette garce dans la maison...
Dire que sa petite Ginny devait partager sa chambre avec cette petite garce innommable! Pas étonnant qu'elle est l'air si fatiguée, la salope devait lui en faire voir de toutes les couleurs.
Ginny poussa un long soupir et fit à Harry un petit sourire désolé.
-Et si, je suis avec elle. Et je crois que c'est elle qui l'a demandé à Ombrage pour pouvoir m'humilier le plus souvent possible. Autant ne pas te cacher le fait que je ne dors pas beaucoup...
-Oh la garce!!! On devrait mettre du cyanure dans sa soupe! grogna Hermione pourtant non- violente devant l'Absolu.
-Idée hautement intéressante... souffla Harry d'un air soudain rêveur.
-Mais qui ne ferait que nous causer un peu plus d'ennuis que nous en avons déjà alors mieux vaut évité, conclut Bill d'un ton implacable.
-Ouais, Bill a raison, vous en faite pas je survivrai ! J'chuis une fille forte vous savez! Fit-elle en levant son petit point avec un air faussement menaçant collé au visage.
Bill pouffa le premier.
-Mouis, c'est ça, on va même dire que tu es aussi baraqué que Harry...
-C'est quoi cette insinuation douteuse sur mon manque de virilité ?! protesta Harry avec véhémence en fusillant Bill du regard bien que ce dernier, peu intimidé, se soit absorbé dans la contemplation de ses ongles.
-Disons simplement que gaulé comme tu es, même si on n'avait pas été dans cette merde tu aurais eu tous les mecs encore sexuellement excitables du coin sur le dos, hétéros, homophobes où non. D'ailleurs, si jamais tu te sens seul un de ces quatre, tu sais où aller...
Pendant que Harry semblait avoir ses vapeurs, qu'Hermione s'étouffait de rire sur le lit et Ginny, âme charitable entre toutes, décida de secourir son cher Harry.
-Bill Weasley! Depuis quand vous estimez-vous autorisé à faire du gringue à Harry James Potter?! Je n'ai pas l'intention de laisser passer un tel outrage! Et sachez pour ce qui est de la virilité de ce cher Harry qu'elle se porte très bien pour ce que j'en sais!
Ce fut au tour de Bill d'avoir ses vapeurs. C'était lui ou sa petite soeur venait d'indiquer implicitement qu'elle avait déjà couché avec Harry?!
-Dites-moi que j'ai mal entendu... gémit-il d'un air faussement désespéré.
-Ben quoi! Tu aurais peut-être préféré que je perde ma virginité avec un de mes porcs de clients?
-Tu as vraiment couché avec Harry?! demanda Bill.
Le prénommé Harry qui semblait d'ailleurs à ce moment précis attaché à la passionante contemplation de ses pieds pendant qu'Hermione comptait les taches sur le plafond.
-Quitte à perdre ma virginité et vendre mon corps, j'ai préféré avoir un première fois relativement normale avec quelqu'un que j'estime et que j'aime, répondit Ginny parfaitement calme.
Alors que tous s'attendaient à ce que Bill éructe de rage, celui-ci laissa échapper un soupir dépité.
-Dire que ma soeur a réussi à mettre Harry dans son lit avant moi... soupira t-il d'une voix faussement déçu.
Harry lui balança son oreiller à la figure en poussant un grognement tandis que Ginny se rasseyait sur le lit d'un air digne. Et ce fut à ce moment précis que la porte de la chambre s'ouvrit pour la quatrième fois de la soirée pour laisser place à un grand rouquin au visage constellé de taches de rousseur, suivi d'un jeune garçon blond blé au regard noir. Ron Weasley, un grand sourire sur le visage, entrait dans la petite pièce glauque.
-Harry! Ginny! Bill! Mione! Vous êtes tous là! Quelle chance! Si vous saviez le mal que j'ai eu à convaincre la vieille de me laisser monter...
Harry s'était levé et alla prendre Ron dans ses bras pour un étreinte amicale.
-Ron mon vieux! T'es encore plus rouge que la dernière fois que je t'ai vu! Tu vas bien? Et les jumeaux? Charlie? demanda t-il sans laisser à Ron le temps d'en placer une.
-Eeeeeh! Du calme mon pote! Laisse-moi souffler et faire mon job avant que la grosse rapplique! articula le roux en rigolant devant l'accueil de son ami.
-Ron, tu devrais être habitué depuis le temps! s'exaspéra Hermione en levant les yeux au ciel. Présente-nous le nouveau le pauvre à l'air terrorisé. Tu me diras, il doit franchement se dire qu'il a fini dans un asile, vu votre comportement...
Hermione exagérait encore mais moins que d'habitude. Effectivement, le nouveau venu les regardait avec un regard rond. Cela ne devait pas être tous les jours qu'on voyait quatre prostitués dans une même chambre attendre impatiemment la visite du placeur...
-Ah! Euh, oui, alors je vous présente Seamus Finnigan. Seamus, le gars avec qui tu partages ta chambre c'est Harry ok?
Le blond lui jeta un rapide coup d'oeil puis reposa son regard sombre sur les occupants de la chambre.
-J'veux bien moi mais c'est lequel Harry? demanda t-il d'une voix claire quoique vaguement ennuyée.
-Ah... euh... oui! Et bien c'est simple, Harry est le seul brun aux yeux vert de la pièce! balbutia Ron dont l'élocution n'était décidément pas le point fort.
Semus repéra Harry qui lui sourit gentiment et vint lui serrer la main.
-Enchanté Seamus! Désolé pour l'accueil, nous sommes comme qui dirait des gens bien spéciaux mais je pense que tu t'y feras vite. Autant que nous nous entendions bien puisque nous serons « collègues ».
Hébété, Seamus hocha la tête.
-J'imaginais pas du tout les choses comme ça, souffla-t-il, Je pense que je les imaginais…plus sordides.
-Disons que tu es tombé dans une chambre spéciale mon vieux mais tu t'y feras, dit Ginny en lui souriant grandement, ce qui sembla rassurer Seamus quand à la santé mentale du groupe.
-Mais dis-moi, intervint Hermione, tu as un accent étrange, tu n'es pas français n'est ce pas?
Seamus s'assit sur son lit avant de répondre. Il commençait à prendre ses marques dans son nouveau milieu.
-Non, en fait je suis d'origine irlandaise. Mais ma mère était française. J'ai vécu en Irlande jusqu'à mes quatorze ans, je pense que c'est pour cela que j'ai un accent.
-Nous on est d'origine anglaise, enfin plutôt écossaise pour Gin, Ron et moi, lui apprit Bill, mais pour Hermione, cela fait si longtemps qu'elle vit en France qu'il n'est pas étonnant que tu n'aies pas remarqué son accent, il n'est pas comme celui de Ron qui est à couper au couteau...
Seamus rit doucement et Harry fut rassuré. Visiblement, son nouveau compagnon de chambre ne serait pas désagréable.
Heureusement. Il avait déjà donné avec le dernier.
-Bien entendu, tu vas vite te rendre compte des aspect plus négatifs de ton nouveau métier: rivalité entre les prostitués –et comme tu es mignon tu risques d'avoir des clients –clients repoussants, pervers ou violents, mais ne t 'en fais pas, y'a des bon côtés. Par exemple, tu es nourris, logé, soigné et habillé– même si c'est la plupart de temps pour finir déshabillé mais bon. Par contre, la patronne est une garce, termina Ginny en espérant l'avoir préparé à ce qui allait se passer.
-Oh, ne t'en fais pas, je viens d'une maison de passe pour marins au port de Lorient, je pense avoir vu trop d'horreurs pour être encore choqué.
-A la différence que plus les clients sont riches, plus il sont pervers... ajouta Harry d'une voix résignée. Quoique...
-Ouais, mais j'aimerais quand même être pris dans une maison de passe de luxe de Paris. La vie y est tellement plus belle! dit Seamus d'une voix soudainement emballée. Des vêtements de luxe, des chambres personnelles avec salle de bain, de la bonne nourriture, du champagne... il paraît même que les prostituées y ont des jours libres pour faire ce qu'elles veulent! Ici on a qu'un peu de temps libre de temps en temps pour sortir et les gens sont à deux doigts de sortir le crucifix quand ils te croisent, termina-t-il d'une voix sombre.
Un court silence raisonna, rompu par Ron au bout de quelques minutes.
-C'est vrai. Quitte à voir ma famille et mes amis se prostituer pour survivre, je préfère que vous soyez dans une maison classe. On m'a dit qu'un recruteur de grandes maisons closes arrivait demain dans la région, j'essayerai de le voir, dit-il d'une voix déterminée.
-Sans vouloir te vexer Ron, commença prudemment Hermione, tu ferais peut-être mieux d'envoyer Fred et George. Ils ont comme qui dirait plus de... tact pour ce genre d'affaire. Surtout si le recruteur est une de ces personnes snob que tu détestes tant...
Il était bien connu que Ron n'avait jamais été très bon pour tout ce qui touchait au tact et à la psychologie, lui-même le savait mais cela ne l'empêcha pas de grimacer suite à la réflexion d'Hermione. Heureusement, comme il le faisait toujours, Harry réussit rapidement à lui faire cesser de penser à sa propre inutilité en lui posant la question rituelle.
-Et maintenant, si tu me disais comment Charlie, Fred et George et toi allez en ce moment?
Tadam! Et de deux! Et de deux chapitre enfin pondu! Yahou! Et dans le prochain, normalement (si mes persos ne prennent pas une fois de plus le contrôle d'une de mes fic, cela ne serait pas la première fois lol!) y va y avoir une rencontre Harry/Draco!
Comment? Vous voulez savoir pour quand est le lemon?
Euh...
C'est à dire que...
Il fait beau aujourd'hui non??? (chibi eyes) mdr...
On va dire que c'est pas pour tout de suite lol!
J'attends avec impatience vos impressions sur ce nouveaux chapitre alors n'hésitez pas à laisser un mot
