Chapitre 2
Blaine ne put pas voir la réaction de Kurt quand il lut la lettre qu'il avait réussi à glisser dans son casier le lendemain matin puisqu'il le vit seulement à la fin de la journée au Glee club et là la surprise évidente que Kurt aurait montrée avait été masquée. Kurt ne semblait pas l'avoir mentionné à quiconque au Glee club et personne n'en parlait. Blaine se sentait soulagé que Kurt n'ait pas partagé son secret avec quelqu'un et il ne lui donnait aucune indication pour montrer qu'il savait qu'il était l'auteur secret donc il sentait qu'il pouvait continuer.
« Est-ce que tu aimerais un solo pour la semaine prochaine Blaine, » demanda soudain M. Schue, le sortant de sa rêverie.
« Oh. » bégailla-t-il en réponse, « Je ne suis pas sûr d'être prêt, je veux dire je ne sais pas ce que je chanterais. »
Kurt lui sourit chaleureusement, essayant de l'encourager. « Je pourrais aider Blaine, te donner quelques suggestions. »
« Oh, je ne sais pas, je pense que je suis occupé, je… » Blaine se sentit tellement bête quand le visage de Kurt s'assombrit, apparemment blessé que son amitié ait été repoussée. « Peut-être demain ? » continua Blaine.
« Ouais bien sûr, » murmura Kurt, baissant les yeux, déterminé à ne pas attirer l'attention vers lui mais n'y arrivant pas.
« Oh Ladyface a apparemment encore un béguin sans espoir, » tenta de murmurer Santana à Brittany à côté d'elle mais ça sortit plus comme un murmure de théâtre et Kurt rougit.
Le reste du Glee club continua avec d'autres partageant leurs solos pour le devoir de cette semaine et Kurt évita le regard de Blaine du mieux possible.
Cher Kurt,
Merci de ne pas avoir révélé mon secret, je l'apprécie vraiment. Je pense qu'éventuellement je serais capable de te dire qui je suis mais je suis sûr que tu seras déçu.
J'ai tellement à te dire, je ne sais pas où commencer et je ne veux pas t'effrayer. Tu vois je sais ce que c'est qu'être effrayé, de ne pas vouloir partager avec les autres et je suis devenu tellement désespéré de partager que je sens que je pourrais exploser. Mais tu n'as pas besoin de savoir ça.
Je pense que je vais commencer par t'en dire un peu sur ma famille. J'ai juste un frère qui a déménagé maintenant et je vis avec mes parents, qui sont heureux mais pas heureux si ça a du sens. Ils se tolèrent parce que c'est plus facile que l'idée de se séparer. Mon père travaille dans une firme prestigieuse et est très traditionnel, faisant toujours attention à ce que sa famille reflète ça. Ma mère fait attention aussi mais je peux dire qu'elle s'en fiche vraiment, son cœur n'y est pas. Elle ne peut pas me duper. Ma mère m'a toujours protégé, non pas que mon père est abusif, juste froid et intolérant mais je suppose que d'autres ont pire.
Parfois je te regarde quand tu ne remarques pas (je sais que ça sonne très traqueur mais je t'assure que je ne suis pas effrayant, juste timide). Je remarque tes yeux bleus et parfois je pense que je pourrais m'y noyer. Je pense que tu dois porter aussi des secrets mais peut-être que je ne le saurais jamais.
Merci de me laisser radoter et de garder mes secrets. Je sens que je pourrais te faire confiance avec n'importe quoi ce qui est étrange puisque je te connais à peine mais peut-être que l'amitié est une chose mystérieuse et qui n'est jamais comprise par ceux assez chanceux pour avoir des amis qui changent la vie.
Merci d'être un ami,
X
Blaine glissa la lettre de Kurt dans son casier pendant le déjeuner quand le couloir était occupé et il savait que Kurt était déjà parti à la cafétéria. Il n'avait pas voulu rester dans les couloirs après le déjeuner mais il était là à son casier quand Kurt alla vers le sien avant les cours pour prendre un livre dont il avait besoin pour le cours d'histoire. Il vit la lettre, la dépliant avec soin et regardant dans le couloir, espérant que la personne soit toujours dans le coin. Ses yeux manquèrent ceux de Blaine tandis qu'il scannait le couloir et il lut rapidement la lettre, souriant. Il ne remarqua pas Karofsky avançant dans le couloir avant que ce ne soit trop tard et l'écho des casiers fut la première indication pour Blaine que quelque chose n'allait pas.
« De qui vient la lettre d'amour, l'homo ?! » cria Karofsky dans le visage de Kurt tandis qu'il le jeta contre le casier et Kurt glissa au sol en défaite. Blaine pût seulement se précipiter stupidement vers Kurt tandis que Karofsky s'éloignait, un rire méchant faisant écho dans le hall.
« Kurt ? Est-ce que ça va ? »
Kurt leva les yeux, embarrassé que Blaine l'ait vu et il se remit rapidement sur pied et s'épousseta.
« Je vais bien Blaine, ne t'inquiète pas. » Il regarda dans son casier, repliant soigneusement la lettre dans la poche de son pantalon et fermant son casier.
« Je ferais mieux d'aller en place. » Kurt commença à s'éloigner mais Blaine le retint par le coude.
« Tu es sûr que ça va ? » Kurt fut surpris par l'inquiétude évidente que Blaine montrait dans sa voix et son expression et son masque glissa légèrement.
« Ouais, » murmura-t-il. « Ça va aller, merci. » Et il s'en alla.
~oOo~
Une fois que Blaine eut commencé à écrire des lettres à Kurt, il ne pouvait presque pas s'en empêcher. Il savait que s'il écrivait plus d'une fois par jour Kurt deviendrait méfiant ou Blaine serait accidentellement découvert mais il ne pouvait pas s'en empêcher. Il devenait plus désespéré que Kurt en sache plus sur lui mais plus il avait de contact avec Kurt, plus il se sentait timide et mal à l'aise en sa compagnie.
L'accrochage aux casiers avait laissé Blaine vacillant parce qu'il avait sût ce que c'était à l'école où il était allé avant Dalton, avant la politique de non-harcèlement et l'acceptation. Il avait sût ce que c'était que d'être brutalisé et Kurt souffrait ça seul. Alors qu'il explorait McKinley, il remarqua que Kurt se faisait jeter des slushies dessus et se faisait harassé plus souvent que le reste du Glee club, bien qu'ils en souffrent tous pas mal. Kurt ne semblait pas laisser ça l'ennuyer, il avait une expression brave mais Blaine l'avait remarqué dans ses moments seuls et il pouvait dire.
Il ne voulait vraiment ressembler à un traqueur mais plus il regardait Kurt plus il devenait magnifique et angélique. Ses pommettes ciselées dégageaient une expression hautaine mais la gentillesse et la compassion étaient évidentes dans ses yeux. La façon dont il se tenait et marchait fièrement dans ces tenues splendides faisaient rougir Kurt mais en même temps il l'admirait et aimerait pouvoir être plus comme lui. Kurt était intéressant et Blaine voulait en savoir plus sur lui. Ça lui donna une idée.
Cher Kurt,
Je sais que je continue à t'écrire des lettres mais j'espère que ça ne t'embête pas. Peut-être que tu pourrais trouver un moyen de me faire savoir peut-être porter une écharpe bleue si tu aimes bien les lettres, une écharpe grise si tu ne veux pas qu'elles continuent. Je promets que j'arrêterais si je te mets mal à l'aise.
Je voulais te dire que je pense que tu es génial. Je sais que ça semble bête à dire, tu peux penser que je te connais à peine mais je pense que je te connais mieux que la plupart parce que j'ai expérimenté des choses similaires. Tu vois, je sais comment tu es traité. Je t'ai vu être poussé contre les casiers, qu'on t'a jeté des slushies dessus et tu réussis toujours à garder la tête haute. Tu ne les laisses pas changer qui tu es, c'est pour ça que je pense que tu es génial.
Avant que je n'arrive à cette école, il y a des années, je suis allé dans une école où j'ai été malmené pour qui j'étais. Je pense que c'est la première fois que je le dis à quelqu'un à cette école mais je suis gay (même écrire ça donne un sentiment de soulagement que je le dise à quelqu'un). J'étais malmené pour être gay et tout le monde s'en fichait expliquant que c'était presque attendu que je vive ça.
J'ai demandé à mon seul ami gay d'aller au bal de Sadie Hawkins dans mon ancienne école et nous étions tellement confiants et heureux, pensant que nous brisions de nouvelles règles. Mais alors qu'on attendait une voiture pour rentrer, un groupe de gars nous ont tabassés. Je fus moins confiant là.
Je sais que ça te déprime Kurt mais je veux que tu prennes confiance et que tu sois fort. Interpelle ces tyrans. C'est seulement l'ignorance qui les laisse comme ça et tu as tellement de courage que je pense que parfois nous avons juste besoin de nous rappeler de ce que nous possédons à l'intérieur.
Donc gardes courage Kurt et si jamais tu as besoin d'aide ou d'un ami tu peux m'écrire. Je sais que ça semble idiot mais si tu veux m'écrire, pose la lettre dans le piano dans la salle de chant.
Merci d'être un si bon ami,
X
