Note: Ça faisait vraiment une éternité que je n'étais pas venue ici! Désolée pour ceux et celles qui m'ont laissé des reviews et dont je n'ai donné aucune nouvelle. Quoi qu'il en soit, vos commentaires plaisants et tout à fait charmants m'ont poussés à écrire ce petit quelque chose qui se trouve ici bas! J'espère que ça vous plaira! Si c'est le cas, peut-être une suite pour bientôt! En attendant, bonne lecture! =)
FLASH BACK
Le téléphone qui sonne. Mes paupières qui s'ouvrent péniblement sous les coups qui résonnent dans mon minuscule appartement. Mes jambes qui refusent de coopérer et mes yeux qui se dirigent vers le cadran lumineux de ma chambre : il est 2h33 AM. Un long et profond soupir s'échappe d'entre mes lèvres pendant que mes doigts s'agrippent aux couvertures pour me donner la force et le courage de me lever. Tel un zombie, les cheveux en bataille, je m'avance en traînant des pieds jusqu'au satané téléphone que j'ai envie de débrancher. Je décide plutôt de prendre l'appel, grommelant un truc absolument inaudible en guise de salutations.
- Tu es là ma chérie? Oh Dieu soit loué tu es là! Est-ce que tu vas bien?!
C'est la voix de ma mère au bout du fil. Complètement paniquée, comme toujours.
- Aussi bien qu'une fille qui dormait paisiblement dans son lit maman, je te remercie, fis-je d'une voix encore endormie.
- Désolée je ne voulais pas te réveiller, mais tu dois absolument te rendre à la maison. Je téléphonerai ta sœur et elle ira te rejoindre. Tu dois y aller maintenant.
- Pourquoi maintenant…? Maman s'il te plaît, je travaille tôt demain matin. Je n'ai pas le temps de… commençais-je.
- Maintenant je te dis! Tu te prépares un sac, tu y mets tes effets personnels et des vêtements et tu vas à la maison tout de suite!
- Pourquoi? Tu as encore peur qu'il y ait un voleur qui rôde autour de la maison?
- Ma chérie il faut que…
Une voix embrouillée et plus rien.
Je reste en suspend, l'appareil encore dans la main, le regard perdu dans le vide. Étrangement, ce mystérieux appel met tout mes sens en éveil alors que quelques secondes avant, le sommeil m'appelait encore. Un regard vers le téléphone m'indique que c'est le mien qui a un souci : la petite lumière est éteinte alors que le fil lui, est resté brancher. Problème de connexion peut-être? Aucune importance. Mon instinct me dit d'écouter les sages paroles de ma mère et d'obéir à sa demande : c'est-à-dire retourner à la maison familiale. En pleine nuit. Sans explication. Je m'exécute à la va-vite, enfile le premier jean que je trouve ainsi qu'un tricot et rempli mon sac à dos d'objets utiles au quotidien. La minute d'ensuite, me voilà dehors et ce que je vois me coupe aussitôt le souffle :
C'est indescriptible.
PRESENT DAY
Mon cœur bat la chamade et ma peur devient grandissante, maladive. Mes larmes ne cessent de couler et si je déteste pleurer devant les autres habituellement, je sais que là rien ne pourrait les empêcher de tomber. Ma force physique semble me quitter alors que la sienne semble s'intensifier ou peut-être est-ce le fruit de mon imagination. Ce qui ne l'est pas, en revanche, ce sont ses mains baladeuses qui explorent le territoire qu'est mon corps et son odeur de transpiration qui me donne des maux de cœur. Je veux résister, je veux me battre, mais je n'y peux rien : tout semble avoir raison de moi. Ma peur, ma fatigue, mon découragement… Tout. Les yeux fermés par la force, je préfère ne plus voir son sale visage, ne pas voir ce qu'il s'apprête à me faire d'une seconde à l'autre.
- Tu laisses la demoiselle tranquille ou je te tranche la gorge.
Une voix qui semble appartenir à un ange gardien. Des paroles crues et violentes, mais qui ont un impact important puisque déjà, je ne sens plus ces horribles mains de sur mon corps et il me semble qu'il est beaucoup moins lourd à présent. Je relâche instinctivement toute pression, puis j'ouvre un œil et finalement l'autre.
Un homme se tient debout derrière Richard, une lame affûtée à la main, placée tout juste sur la gorge de mon agresseur. Comme quoi ce qu'il disait n'était pas des conneries. J'affiche un air surpris tandis que je regarde mon sauveur d'un air bouleversé. Quant à l'expression de l'homme d'affaires, autant dire que c'est à son tour d'avoir peur. Il est aussi blanc qu'un fantôme et il regarde rapidement de gauche à droite, comme s'il tentait de voir qui s'adressait à lui. Il lève doucement ses mains en l'air, me libérant à moitié de son emprise.
- C'est bon, je la touche plus là.
L'homme me regarde avant de m'envoyer un petit signe de tête.
- Il t'a fait du mal?
- N… Non. Vous êtes arrivé juste à temps, réussi-je à articuler.
- J'en suis pas certain. Allez, lève-toi sale con.
Le voilà qui empoigne le col de Richard, le forçant à se relever alors qu'encore instinctivement, je me recule rapidement de quelques pas à l'aide de mes pieds et de mes jambes, toujours sous le choc. Je continue d'observer la scène des deux hommes debout qui se trouvent face à face. La lame a disparue d'en dessous du menton de mon agresseur, mais il n'en demeure pas moins que cette dernière est toujours pointée dans sa direction, menaçante.
- Je te laisse une chance de foutre le camp. Profite s'en.
- Mais… Mais je ne m'en sortirai jamais tout seul…!
- Je m'en tape. Tu vas aller réaliser tes idées perverses ailleurs. Allez file.
Ils se défient du regard et j'avale difficilement ma salive. Les jambes légèrement repliées, je suis prête à prendre la poudre d'escampette n'importe quand et pourtant… Ça ne sera pas nécessaire. Richard se détourne enfin et mon ange gardien me lance ma paire de jean qui atterri à côté de moi dans un bruit de froissement. Il se penche vers moi et me demande une fois de plus :
- T'es sûr qu'il n'y a pas de mal?
Je viens pour répondre que ça va, que je vais bien, jusqu'à temps que Richard réapparaisse dans mon champ de vision, portant une énorme roche à bout de bras, juste au-dessus de sa tête, l'air menaçant.
- Attention! m'écriais-je d'une voix affolée.
