Hey hey rebonjour !
Merci beaucoup pour votre accueil chaleureux \o/
Je suis contente que vous aimiez et je suis aussi extrémement contente de vous retrouver !
Bientôt Noel, les boules, les guirlandes, les chants, la dinde, les cadeaux, le vieux barbu ...
Voici le deuxième chapitre : le Passé !
ENJOY
Passé
Le bruit semblait si lointain… Si lointain et pourtant si proche à la fois. Comme un écho dans ses songes Regina avait du mal à s'extirper d'un sommeil réparateur. Elle plissa les yeux et finalement les ouvrit difficilement, en grommelant. D'abord, ce fut la pénombre qu'elle distingua, vaquant son regard un peu partout dans la pièce. Puis ensuite, c'est un léger point lumineux qu'elle aperçut. Elle plissa de plus belle ses yeux tout en se redressant.
« Qu'est-ce que … »
Comme une petite luciole vagabondant dans les airs, le point lumineux prit peu à peu de l'importance jusqu'à devenir un feu follet tournant autour du lit. Quand soudain, la petite lumière se figea et grossit en prenant une forme à taille humaine.
Regina retint sou souffle lorsque la forme lumière prit visage humain.
« Qui… Qui êtes-vous ? » balbutia, peu rassurée, la jeune femme.
« Je suis l'esprit des Noëls passés. »
« Des Noëls … Passés ? Qu'est-ce que ça veut dire ? »
« Tout ce qui se passe avant ce soir fait désormais parti de ton passé… Y compris tous tes Noëls. »
« Oui merci, je sais ce qu'est le passé. » argua la jeune femme, ce qui fit sourire l'esprit, sous forme féminine « Pourquoi souriez-vous ?! »
« Toute cette agressivité… Je me demande quand est-elle née ? »
« En quoi ça vous regarde ! »
« Tant de rancœur et d'amertume… »
« Stop, si j'ai envie d'une psychanalyse, je paierais pour ça, en attendant, j'aimerais bien dormir ! »
Mais bien évidemment, l'esprit ne l'entendit pas de cette oreille. En un geste de la main, la couette épaisse disparut.
« Hey ! »
Puis du revers de l'autre main la fenêtre de sa chambre s'ouvrit, laissant s'engouffrer dans la pièce un air froid et quelques flocons.
« Vous êtes folle ! »
Regina bondit hors de son lit avant de fermer la fenêtre dans un geste sec. Lorsqu'elle se retourna, l'esprit était juste derrière elle, ce qui la fit sursauter.
« Viens avec moi… »
« Pourquoi ?! »
« Pour comprendre. »
« Comprendre quoi ? »
« Comment tout a commencé. »
L'esprit arborait à présent les traits lumineux d'une jeune femme aux longs cheveux bruns et une seule et unique mèche rouge. Un visage angélique et un sourire chaleureux.
« Est-ce … Douloureux ? »
« Pas physiquement, je te l'assure. »
« Suis-je obligée ? »
Pour toute réponse, l'esprit lui tendit la main tandis que l'autre toucha son avant bras. Regina sentit alors une chaleur l'envahir et soudain sa peau brilla comme si elle était recouverte de milliers de paillettes dorées.
« A présent, allons-y. »
Et la fenêtre s'ouvrit de nouveau, des flocons virevoltant autour de Regina avant que cette dernière ne soit irrémédiablement poussée dehors. Elle ferma les yeux pour les rouvrir quelques secondes plus tard, se découvrant en train de planer au dessus des rues de la ville, la main serrée sur celle de l'esprit.
« Prête ? »
Regina opina et fut soudain tirée vers le haut, perçant les nuages. D'en haut, elle visualisait les routes, les voitures, les toits, les passants … Puis soudain le décor passa des rues de la ville à des chemins de terre de campagne entourés de champs recouverts de neige.
Elles s'approchèrent doucement du sol avant d'atterrir au bord d'une route. A quelques kilomètres, Regina distinguait un village, elle eut les larmes aux yeux.
« Que vois-je ? Serais-tu en train de pleurer ? »
« Non… Absolument pas. J'ai froid, c'est tout. »
« Reconnais-tu ce lieu. »
« Evidemment ! C'est là où j'ai grandi, avec ma famille. »
Puis elle entendit un groupe d'enfants chanter en chœur des chants de Noël.
« Oh mon Dieu … Jimmy Shatner ! Lynn Stevens ! »
« Les connais-tu ? »
« Oui c'était … Mes camarades de classe. Nous avions l'habitude de nous rejoindre à ce carrefour quand le bus de l'école ne pouvait rouler à cause de la neige. Nous habitions dans des maisons isolées, au fin fond de la campagne… Nous allions à l'école à pied. Mon Dieu, c'était il y a si longtemps. »
Les enfants passèrent à leur hauteur et Regina leur fit signe, un sourire aux lèvres et émue.
« Se sont les ombres de ton passé, ils ne peuvent ni te voir, ni t'entendre, ni interagir avec toi. »
« Oh… »
« Te souviens-tu du chemin pour se rendre chez toi ? »
« Je le retrouverai les yeux fermés. »
« Alors allons-y »
Et soudain, une nouvelle poussée lança Regina et l'esprit sur la route, frôlant les voitures, les passants, tournant au détour des boutiques et finalement c'est près d'une fenêtre d'une large maison qu'elles se posèrent. Sans attendre, Regina s'agrippa au rebord de la large fenêtre et découvrit un décor qu'elle pensait avoir oublié depuis longtemps un immense salon décoré aux couleurs de Noël, des poinsettias disséminées un peu partout, un imposant sapin de Noël brillant de mille feux.
« Te souviens-tu ? »
« Oui… »
Mais alors qu'elle ne saurait dire de quel Noël il s'agissait vraiment, des cris d'enfants résonnèrent et, déboulant dans le salon comme des tornades, deux petites filles d'environ une dizaine d'années se coururent après en tournant autour du canapé, de la table basse, du sapin, manquant de tomber plusieurs fois. L'une des petite fille était rousse et semblait être l'ainée, tandis que la deuxième, aux cheveux noirs ébène, était plus petite, la cadette sans doute.
« Tu n'as pas changé… » sourit l'esprit
« Si j'ai changé … Tout a changé. » soupira Regina lorsqu'elle vit deux adultes suivre non loin : un couple d'une prestance et d'une grâce qui envisageait qu'ils étaient certainement des nobles. »
« Qui sont-ils ? »
« Tu le sais. »
« Pas vraiment. »
Regina leva les yeux au ciel et soupira « Ce sont mes parents, et ma sœur, Zelena. »
« Vous semblez être une famille heureuse. »
« Il semble oui… »
« Tu ne pouvais savoir que ce serait le dernier. »
« Le dernier quoi ? »
« Noël en famille. »
Soudain, tout tournoya autour de Regina, floutant le paysage, lui donnant le tournis jusqu'à la nausée. Lorsque tout s'arrêta de tourner, elle se rendit compte qu'elles n'avaient pas bougé de place : elles étaient toujours à la fenêtre de son ancienne maison, avec quasiment le même décor.
Regina se tourna alors vers la fenêtre et découvrit un décor beaucoup moins gai : un sapin moins audacieux, des décorations plus timide et à la place des rires de petites filles, le tic tac d'une horloge assourdissante.
« Partons… » souffla Regina, comme une plainte
Mais lorsqu'elle vit la porte du salon s'ouvrir, elle ferma brièvement les yeux. Les deux petites filles avaient à peine changé, mais les mines basses et le regard mouillé avaient remplacé les rires et les courses poursuites. Elles s'assirent au pied du sapin, rejointes bientôt par leur mère.
« Ce sapin est très joli, il l'aurait adoré. »
Et si la petite Zelena essaya de garder une certaine prestance, la petite Regina, elle, se défit bien vite de l'étreinte de sa mère pour s'enfuir.
Regina avait toujours été très proche de son père, bien plus que de sa mère. Sans le savoir, ce Noël sans son père fut le premier d'une longue série qui contribua à la dégradation de l'esprit de Noël qui faisait défaut à présent à la jeune femme.
Une larme roula sur sa joue mais elle eut à peine le temps de la sécher qu'elle vit s'éloigner la maison encore et encore, puis elle s'envola une nouvelle fois au dessus des nuages avant de retomber dans une ville, devant une sorte de gros hangar aux portes vert bouteille sur lesquelles étaient inscrites en lettres jaune « Gold ».
« Mon Dieu … Gold… »
« Ou sommes-nous ? »
« C'est ici que j'ai fais mes classes, j'ai tout appris avec cet homme. Il a été mon mentor. »
En un claquement de doigt, elles entrèrent à l'intérieur et se retrouvèrent dans un hangar rempli de tables, et au centre de la pièce, un bureau et un homme qui semblait écrire assidument. Devant lui deux tables étaient occupées par une jeune femme d'une vingtaine d'années, et une autre un peu plus âgée.
« Oh c'est Mal' ! Nous nous sommes connues ici, chez Gold. C'est ici que nous avions décidé de travailler ensemble, nous envisagions d'ouvrir notre propre entreprise. »
« Chose qui fut faite. »
« Oui. »
Soudain une vague de nostalgie envahit Regina : Gold, Mal'… Ces personnes qui avaient jalonnées son passé et maintenant qui n'étaient plus là. Elle sourit alors en se rappelant ses belles années prolifiques où elle apprit le métier jusqu'à devenir l'élève modèle. Elle se souvenait encore des dernières paroles de Gold « Tu as un avenir prometteur. » et il avait eu raison. Aujourd'hui, s'il avait pu voir ce qu'elle était devenue, il aurait été fier de sa réussite et de sa fortune.
« Bien ! Mes chères élèves … Nous avons fini pour ce soir ! » s'enjoua le vieil homme.
La jeune Regina et sa camarade fermèrent avec joie leur livre.
« Que ait-on maintenant ? »
« Ne sommes-nous pas la veille de Noël ? N'aurions-nous pas de fête à préparer ? Allez, allez, poussez les tables, rangez les chaises, sortez le banquet et les cotillons ! »
Et soudain, la pièce se mit à tourner sur elle-même, donnant une nouvelle fois le tournis à Regina qui manqua de tomber. Puis la pièce se figea de nouveau, toujours dans le hangar, mais cette fois-ci, ce dernier était décoré, animé, des dizaines et des dizaines de convives dansaient et chantaient, buvaient ou mangeaient, le tout sous le regard amusé de Gold et de sa femme qui recevaient ce soir.
Et si la nostalgie gagna un temps Regina, elle fut soudain envahit par un sentiment amer : elle commençait à comprendre pourquoi l'esprit l'avait conduite jusqu'ici à ce moment précis. Elle détourna le visage, grimaçant. Et même si elle ne voulait voir ce qui allait suivre, il semblait que l'esprit des Noëls passés ne soit pas enclin à la laisser quitter la scène.
La jeune Regina semblait s'amuser, tapant dans ses mains, souriant, à l'opposé total de la femme qui se tenait juste derrière elle, le regard noir et la mine grave. Et les choses ne s'arrangèrent pas lorsqu'une certaine musique retentit. La jeune Regina traversa la piste de danse pour rejoindre le buffet lorsqu'elle trébucha et se raccrocha à la personne devant elle pour éviter de s'étaler sur la piste.
« Oups, désolée. »
La jeune Regina se redressa alors et tomba nez à nez avec une jeune femme brune aux yeux verts et au sourire flamboyant.
« Pas grave. »
« Je … Oui. »
« Oui ? »
« Non. »
« Pardon ? »
« Regina, je m'appelle Regina. »
« Danielle. Vous travaillez ici ? »
« Ma dernière année. J'ai décidé de créer mon entreprise. »
« Félicitations. »
« Merci. »
Regina était hypnotisée par ses yeux verts d'eau, et encore aujourd'hui, la Regina d'aujourd'hui était toujours émue de revoir cette femme qui avait changé sa vie.
« Elle est jolie… » murmura l'esprit
« Oui… »
Puis, une nouvelle fois, la pièce tournoya et Regina décolla du sol, traversa les étages et le toit pour se retrouver une nouvelle fois dans les airs. Elle flotta un petit moment avant que le paysage ne défile une nouvelle fois à une vitesse folle jusqu'à ce qu'elle atterrisse dans un lieu qu'elle ne connaissait que trop bien : son bureau.
« C'est ici que tu travailles ? »
« … »
Regina avait la mâchoire crispée, les yeux fixés vers sa porte de bureau, porte close même si elle imaginait très bien ce qui se jouait derrière. Et comme l'esprit avait lu en elle, elles traversèrent le mur pour se retrouver en plein milieu d'une conversation entre elle-même et Danielle.
« Je crois que tu me trompes… » lança Danielle
« Pardon ? Absolument pas ! »
« Oh si, mais tu ne t'en rends même pas compte. »
« De quoi tu parles ? »
« L'argent Regina. Elle m'a remplacé dans ta vie tout au long de ces années. Je t'ais connu si différente d'aujourd'hui. »
« Est-ce si mal de vouloir vivre dans le luxe ? De vouloir vivre aisément sans se préoccuper des problèmes tels que le manque d'argent ? »
« Non mais… Il y a des demi-mesures à avoir. »
« J'ai fais ça pour toi, pour nous. »
« Non. Si tu avais vraiment fait cela pour nous, pour moi… Tu n'aurais pas changé autant. Tu passes plus de temps à ton bureau, en 4 ans de vie commune, tu as oublié 3 fois mon anniversaire, et je ne te parle pas de celui de notre rencontre, si tu te souviens encore du jour. »
« Bien sur que je m'en souviens ! »
« M'aimes-tu ? »
« Bien sur que je t'aime, quelle question ! »
« Aurait-il été si insupportable de me le montrer ? Regina, je te cours après sans cesse, je suis fatiguée de me battre contre ton travail, tes ambitions et ton envie d'argent. Je comprends cette sérénité financière dans laquelle tu veux être, mais il y a des limites. C'est à peine si l'on se parle. On est pas sorti ensemble depuis des mois… »
« Qu'essaies-tu de me dire ? »
« Regina… J'ai attendu, j'ai espéré un sursaut… Noël est dans quelques jours et je pensais vraiment que nous pourrions prendre quelques jours pour nous. »
« … »
« Je suis lasse Regina. Alors j'en viens à te poser un ultimatum : moi ou ton travail. »
« Comment peux-tu me demander de choisir. Cette demande va à l'encontre des sentiments que tu dis avoir pour moi. Vouloir me faire choisir, vouloir me changer… »
« Celle que j'aime était cette femme qui aimait danser et chanter, qui avait toujours un sourire aux lèvres. A présent, je vis avec un fantôme qui, quand il ne hante pas ses bureaux, erre dans notre appartement comme une âme en peine peu bavarde. Nous n'avons pas eu de véritable conversation depuis des semaines… »
« Nous en avons eu là ! »
« Oui, la dernière. »
La jeune femme se leva alors, l'air peinée, et se dirigea vers la porte
« Danielle ! »
« Regina, je suis désolée, je ne peux plus. »
« Si tu passes cette porte … »
Danielle se tourna alors vers elle « Les choses ont changé, je m'en rends compte à présent. Là où cette phrase aurait pu le faire peur, il y a quelques années, aujourd'hui, je la vis comme une délivrance. »
« … »
Puis le téléphone sonna alors et si Regina se retenait de répondre, Danielle le comprit.
« Je te souhaite d'être heureuse Regina, peu importe avec qui ou comment. »
Sur ce, Danielle disparut et Regina ne vit jamais qu'elle partait les larmes aux yeux, tandis qu'elle, resta inflexible et le visage neutre. Elle prit alors le téléphone :
« Agence Regina Mills. Oui c'est pour une commande ? »
L'esprit se tourna alors vers la Regina actuelle et n'eut besoin d'aucun commentaire au vu de la mine grave et fermée de cette dernière.
« Quelle tristesse n'est-ce pas… »
Mais Regina s'abstint de toute réponse et préféra détourner le regard.
« Les Noëls passés sont les plus douloureux, car il est impossible de les changer. S'il t'était donné de changer quelque chose, que ferais-tu ? »
Regina fronça les sourcils et regarda son alter ego au téléphone, les larmes aux yeux mais déjà occupée avec un client.
« Je crois… Je… Je ne sais pas. »
Elle ne le vit pas mais l'esprit esquissa un timide sourire avant de lui prendre la main.
« Rentrons. »
Et soudain le paysage se flouta et Regina se retrouva au milieu des nuages avant de faire une chute vertigineuse jusque dans son lit où elle s'écrasa avec rudesse, lui coupant le souffle. Elle se redressa, la respiration saccadée comme si elle venait de faire un marathon.
Durant quelques minutes, elle regarda autour d'elle mais… Rien. Ni petite lumière, ni même esprit lumineux à ses cotés. Son cœur battait la chamade et soudain des dizaines d'images lui revinrent en tête : ses jeunes années, des personnes qui avaient croisé son chemin, ceux qui l'avaient marqué profondément, ceux qui avaient changé à jamais sa vie, positivement ou pas.
Elle se laissa tomber de nouveau sur son lit, la tête s'enfonçant mollement dans son oreiller. Elle était éreintée, tant physiquement que mentalement. Qui aurait cru que la grande Regina Mills serait aussi fébrile à la vue de son passé ?
C'est avec une fatigue non dissimulée qu'elle s'endormit. Là encore, elle n'entendit pas l'horloge de son salon retentir, annonçant 23h.
TBC
