Merci à Audearde (oui, elle est relativement longue mais je vais découper ça en peu de chapitres ;-) ) , nanou62, Ellana-san, lalyloula, ilai et marina pour vos reviews!
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Sam s'arrêta, épuisée. Son ventre se mit à grogner et elle le frotta machinalement mais son regard resta accroché à ses instruments. Elle y était presque.
La jeune femme releva les yeux et jeta un œil autour d'elle. Depuis trois jours, elle avait rejoins un sentier et celui-ci, à présent, se séparait en deux. Le signal lui parvenait de la droite aussi, la logique voulait qu'elle parte dans cette direction et pourtant… Elle avait une sorte de mauvais pressentiment. Elle observa les alentours, cherchant un indice quelconque. Le Colonel lui avait toujours dit de se fier à son instinct. Et à chaque fois qu'elle l'avait fait, elle ne l'avait pas regretté.
La sortant de ses pensées, elle sentit un puissant courant d'air la pousser violemment vers la gauche. Pour un peu, si elle avait été superstitieuse elle aurait juré que…
Nouveau courant d'air.
Haussant les sourcils, elle regarda autour d'elle, perplexe.
- Daniel ? appela-t-elle alors d'une voix faible.
Elle attendit, l'oreille tendue.
Rien.
Secouant la tête, elle sentit son cœur se serrer, un sentiment de manque s'emparant d'elle… mais Sam se reprit rapidement. Le Colonel avait beau avoir sous-entendu que Daniel était venu le soutenir pendant sa captivité, une part d'elle-même se refusait à le croire. N'était-ce pas plutôt son inconscient qui, pour survivre à la torture, avait recréé mentalement son image ?
Soupirant, elle se retourna vers le croisement des chemins, se demandant toujours de quel côté aller. Finalement, Sam choisit de suivre son intuition et partit vers la gauche.
Elle marcha encore une bonne demi-heure puis enfin, sentit que son périple prenait fin. Les arbres s'espaçaient peu à peu autour d'elle et bientôt une lumineuse clairière se déploya sous ses yeux.
Les battements de son cœur s'accélèrent aussitôt tandis qu'apparaissait devant elle l'anneau gigantesque et majestueux, symbole d'un retour prochain sur Terre. Dans un soupir, elle s'avança jusqu'au DHD et observa les symboles. Il lui fallait trouver le point d'origine pour pouvoir rentrer. Il y avait trois symboles inconnus. En les observant attentivement, elle put facilement en déduire que deux d'entre eux étaient des constellations. Le troisième était donc forcément le point d'origine.
Elle avança la main et commença à entrer les premières coordonnées. Elle avait longuement réfléchi au monde qu'elle s'apprêtait à rejoindre. Sans GDO, il lui était impossible de regagner la Terre directement. Le site Alpha ayant récemment été découvert par des Goa'ulds, Hammond en avait choisi un autre mais Sam ne connaissait pas les coordonnées, aussi devait-elle choisir entre les Nox et d'autres peuples amis. Bien sûr, son choix se porta rapidement sur la Tok'ra. Son père devait être horriblement inquiet… peut-être même pire s'ils ne l'avaient pas vue sortir du Hat'ak pendant l'explosion. Elle devait le rassurer au plus vite.
Sam s'apprêtait à entrer le troisième symbole lorsque des cris retentirent derrière elle. La jeune femme se retourna aussitôt, l'oreille dressée. Des voix graves, puissantes et surtout un langage qu'elle reconnut rapidement la fient reprendre son ouvrage et enclencher les cheverons avec plus de vivacité. Elle entra le dernier symbole et dans un grondement assourdissant la Porte s'ouvrit. Alertés par le bruit, des Jaffas commencèrent à envahir la clairière et sans plus attendre, Sam s'élança et plongea dans le vortex, priant pour qu'aucun d'eux n'ait le temps de lire les coordonnées sur le DHD.
A peine arrivée de l'autre côté, Sam se retourna, son P90 en mains, prête à faire feu… Mais la Porte se referma sans que personne ne la suive. Elle se détendit aussitôt. La tête lui tournait légèrement. Ces jours de privation et d'efforts physiques avaient eu raison de ses dernières ressources. Malgré tout, elle n'était pas encore tirée d'affaire. Il fallait qu'elle trouve son père.
D'un geste prudent, elle se retourna et se figea aussitôt, glacée.
La forêt qui devait s'étendre devant elle était à présent calcinée, éventrée. Des trous béants jonchaient le sol, signe d'un bombardement d'origine Goa'uld. La planète semblait désertée. Les mains tremblantes, Sam posa son sac et fit quelques pas vers ce dramatique paysage, inquiète à l'idée que la Tok'ra et son père n'aient pu partir à temps. Il n'y avait cependant aucun corps près de la Porte, ce qui laissait présager une fuite réussie.
Ses jambes ne la portant plus, la jeune femme décida de se reposer pendant quelques minutes avant d'aller explorer les lieux. Epuisée, elle s'apprêtait à s'asseoir lorsque ses yeux se posèrent sur le DHD. Son coeur fit alors une violente embardée. Elle s'avança vers l'engin, les yeux écarquillés, une sueur froide glissant le long de son dos.
Il était totalement détruit sur le flan droit, les cristaux inutilisables. Elle n'avait aucun moyen d'ouvrir la Porte. Elle était bloquée ici...
Sam balaya d'un regard perdu ce qui restait de ce monde, sentant la panique peu à peu monter en elle. Un voile passa devant ses yeux et pour éviter l'évanouissement, elle se laissa glisser jusqu'au sol, le souffle court.
Elle était seule sur cette planète, sans aucun moyen de rentrer chez elle. Elle n'avait plus aucune nourriture, elle était épuisée... vidée.
Jusqu'ici, elle avait refusé de pleurer, de se laisser aller au défaitisme mais la fatigue aidant, elle sentit confusément ses yeux s'embuer. Elle tenta de les refouler dans un premier temps puis finit par y renoncer.
Elle était seule au milieu de nulle part.
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Jack sortit de ses quartiers, une lettre à la main. Il se dirigea vers le bureau de son supérieur et, dans la salle de Briefing, passa devant la fenêtre le séparant de la Porte des étoiles. Bon nombre de personnes étaient réunies pour rendre hommage au Major Carter. Il reconnut aisément Teal'c au premier rang, ainsi que Jonas, Janet et le Général.
Celui-ci s'avança jusqu'à l'estrade afin de faire son discours. La logique aurait voulu que ce soit lui qui le fasse et non Hammond mais... il n'avait même pas la force de se rendre à cette cérémonie... alors parler d'elle...
Il écouta donc son supérieur rendre hommage à la jeune femme mais sentant sa gorge se nouer, il finit par se détourner et pénétra dans le bureau du Général afin d'y déposer la lettre. Il resta un moment dans la pièce, attendant que le discours se termine, ne supportant pas l'idée d'entendre parler d'elle au passé. Quelques minutes plus tard, il ressortit et s'avança de nouveau face à la baie vitrée. La Porte avait été ouverte et Jonas et Teal'c s'apprêtait à envoyer une gerbe de fleurs à travers le Vortex. Jack les regarda faire, les poings serrés.
« ... je vous promets que ça va s'arranger... Je vous jure que vos plus belles années sont devant vous. »
Ces mots résonnaient dans sa tête...
Foutaises ! rugit-il intérieurement, tandis que sa brusque colère disparaissait aussi soudainement qu'elle était apparue, pour laisser place à une douleur sans nom.
Foutaises... Jamais il ne pourrait survivre à ça.
Il croisa alors le regard de Teal'c qui venait de se retourner. Celui-ci s'immobilisa aussitôt et les deux hommes s'observèrent en silence, partageant leur souffrance. Puis, comme s'il lisait en lui, le jaffa s'inclina doucement, lui faisant ses adieux. Jack lui répondit d'un hochement de tête, jeta un oeil vers Jonas, Janet et Hammond puis finit par se détourner.
Il avait promis de ne pas mettre fin à ses jours mais il connaissait d'autres moyens pour parvenir au même résultat.
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Pleurer lui avait fait du bien.
D'un geste lent, elle attrapa sa gourde et but quelques gorgées pour atténuer sa faim grandissante. Elle savait comment survivre. C'était une des premières choses qu'on apprenait pendant les classes. Tuer du gibier, dénicher de quoi se désaltérer là où on ne chercherait même pas. Elle pourrait tenir. Pendant quelques temps tout du moins, jusqu'à ce que la solitude la rende folle et que la nourriture ne s'épuise.
Elle se secoua cependant, tandis que l'image du Colonel apparaissait dans son esprit.
Ne jamais abandonner. Ne jamais partir battu.
Sam se leva alors en serrant les dents. Son corps était horriblement courbaturé. Mais avant de se reposer, la première chose à faire était de trouver de quoi se nourrir.
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Les premiers jours furent difficiles. Tuer, dépecer ne faisaient pas partis des choses qu'elle aimait particulièrement cependant, la faim aidant, elle s'était vite faite à cette idée. Une fois rassasiée, le moral revint quelque peu et son premier but fut de chercher des traces de ce qui était advenu des Tok'ras. A première vue, ils avaient réussi à échapper aux Goa'ulds et leurs souterrains avaient totalement disparus. Son père était donc vivant.
Cherchant sans cesse un moyen de partir d'ici, elle avait espéré que des Jaffas se trouveraient encore sur cette planète, ainsi elle aurait pu voler un vaisseau pour rejoindre la Terre mais elle avait vite déchanté. Elle était définitivement et dramatiquement seule. Pas une seule personne à des kilomètres à la ronde.
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Les jours passèrent où elle se forçait à garder une certaine discipline. Lever à la même heure, toilette, repas – rationné cependant - et exercice physique.
Cette routine la rassurait et lui permettait de ne pas trop réfléchir. Mais inévitablement, ses pensées revenaient très souvent vers son père et son équipe.
Et lui.
De plus en plus souvent vers lui.
Au début pour y puiser du courage, puis peu à peu pour se rassurer. S'il l'avait vue sortir du vaisseau, il devait la chercher… Et s'il ne l'avait pas vu ? Et s'il la croyait morte, que faisait-il ? Après le départ de Daniel, sa disparition devait être un coup dur.
Sam tentait pourtant, en vain, de repousser de telles idées. Songer qu'il puisse la croire morte, que personne ne la recherchait, était terrifiant. Abandonnée ici sans que nul ne le sache. Sur cette maudite planète où la nourriture se faisait de plus en plus rare…
Passées les premières semaines où elle s'alimentait la plupart du temps de baies et de fruits, maintenant que les buissons et arbres étaient délestés de leur précieuse nourriture, il lui était indispensable de trouver du gibier régulièrement. Mais il s'écoulait parfois plusieurs jours sans qu'elle ne déniche quoi que ce soit. Et à présent, chaque instant était devenu une lutte incessante pour survivre… épuisante, éprouvante et douloureuse…
Mais Sam continuait malgré tout. Elle avait appris à ne pas baisser les bras, puisant des forces dans ses souvenirs. Combien de fois, s'était-elle sortie de situations désespérées ? Mais elle n'était pas seule, alors. Il était là, avec son regard volontaire et obstiné. La rassurant, lorsqu'il n'y avait plus aucun espoir. Comme s'il se jouait de la fatalité. Comme s'il savait qu'il était… non, qu'ils étaient tous les quatre plus forts que tout. Mais voilà. La chance qui les avait suivis pendant ces cinq dernières années semblait s'être enfuie. Daniel était mort et maintenant c'était à son tour de disparaître. Car elle savait qu'elle n'en n'avait plus pour longtemps. Elle était épuisée et s'affaiblissait d'heure en heure. Physiquement et mentalement. Car comment tenir le coup dans ce néant, cette solitude… ? Seule, elle était seule peut-être à jamais. Il pouvait se passer des années avant que la Porte ne soit de nouveau activée mais jamais elle ne tiendrait aussi longtemps.
Alors finalement, trop faible, elle dut abandonner l'entraînement qu'elle s'obligeait obstinément à suivre. Perdue à l'autre bout de l'univers, elle allait mourir loin de tout.
Loin de lui.
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- Je ne reçois rien, Selmak, déclara Nile'k en se tournant vers son compagnon.
Le tok'ra s'avança vers les instruments et jeta un œil par dessus l'épaule de son ami.
- Et ça ? demanda-t-il, pointant du doigt une petite lumière clignotante.
- C'est beaucoup trop faible pour être un Ha'tak.
- Oui mais ça pourrait être une sonde…
Nile'k secoua la tête.
- Nous n'avons pas le choix de toute façon. Nous devons absolument récupérer les données que nous avons laissées dans le labo.
- Je sais… A première vue, les Goa'ulds ne les ont pas trouvées. Allons-y.
Selmak s'assit et s'apprêtait à couper le pilotage automatique du vaisseau cargo lorsque ses mains se mirent à trembler. Nile'k détourna pudiquement les yeux, attendant que le Tok'ra parvienne à gérer l'angoisse et la douleur qui étreignait brusquement le cœur de Jacob. Il l'entendit soupirer bruyamment et jeta un coup d'œil vers lui.
- Veux-tu que je m'en charge ?
- … Non… ça va, merci.
Et sans un mot de plus, Selmak coupa le pilotage automatique avant d'entrée dans l'atmosphère.
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« Sam… Sam… »
On l'appelait… Qui était-ce? Pourquoi la réveiller ? Elle était si bien… Elle n'avait plus froid, ni faim… Au seuil…
« Sam… Sam… »
Etait-ce le vent ?… Non… On aurait dit…
Daniel…
C'était sa voix… Daniel…
Quelque chose vibra alors en elle. Peu à peu, son corps s'éveilla et avec lui, la douleur, la faim, la fatigue… la peur…
Elle ouvrit péniblement les yeux et chercha du regard l'origine de cet appel.
Rien.
- … Daniel, murmura-t-elle, désespérée de ne voir personne.
Elle s'apprêtait à refermer les yeux lorsqu'un son inhabituel lui fit brusquement redresser la tête. Levant son regard vers le ciel, elle aperçut au travers des feuillages, un vaisseau passant juste au-dessus d'elle avant de partir en direction de la Porte.
L'espoir lui brûlant soudain l'estomac, elle sortit enfin de sa léthargie. Les jambes faibles, elle parvint cependant à se lever et s'appuya contre un arbre. La tête lui tournait mais quelle importance ? C'était sa chance ! Elle préférait crever en combattant pour sa vie que mourir ici, à petit feu.
Jetant un œil désolé vers ses armes, elle finit par empoigner son couteau à cran d'arrêt. Cela faisait plusieurs jours qu'elle n'avait plus de balles. Elle les avait toutes utilisées pour chasser. Au début pourtant, elle avait décidé d'en garder quelques unes, juste au cas où, mais la faim avait affaibli sa volonté. Alors voilà… maintenant, elle n'avait plus que son couteau pour combattre, mais qu'à cela ne tienne. Sa rage et son instinct de survie avaient repris le dessus. Elle ne tremblait plus.
Avec un mélange d'excitation, elle sentit l'adrénaline couler dans ses veines, accélérant les battements de son cœur, gonflant ses muscles, lui redonnant toutes ses forces. Elle savait que c'était temporaire, qu'elle puisait dans ses dernières réserves. Alors, sans perdre un instant, laissant ses affaires sur place, elle s'engouffra dans les fourrés à la poursuite du vaisseau.
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Dans un nuage de poussière, le vaisseau atterrit non loin de la Porte inutilisable.
- On dirait le signal d'un planeur… déclara Nile'k en regardant toujours ses instruments que la proximité avait rendus plus efficaces.
- En plein milieu d'une forêt ? Il se serait crashé ?
- Sûrement…
Selmak acquiesça tout en empoignant son zat.
- Eh bien, allons voir.
Les deux hommes sortirent et marchèrent quelques minutes, guidés par le signal du planeur puis parvinrent jusqu'à un campement improvisé.
- Qu'est-ce que c'est… ? grogna Selmak, incrédule.
- Quelqu'un vit ici mais ce n'est certainement pas un Jaffa.
- Non, acquiesça son ami. On dirait plutôt...
Mais il se tut et d'un geste, indiqua à son compagnon de faire le tour sur leur droite tandis qu'il prenait le flan gauche. Ils s'approchèrent du campement avec prudence et lenteur. Nile'k, suivant le signal du planeur finit par découvrir un sac et se pencha pour regarder à l'intérieur.
- Il n'y a personne, déclara Selmak, les yeux continuellement en mouvement.
- On dirait un sac de la Tau'ri, intervint son coéquipier, découvrant la balise à l'intérieur.
- Alors il doit y avoir un nom cousu dessus.
Nile'k chercha quelques secondes puis se figea brusquement. Incrédule, il se rapprocha et relut. Pas de doute. Troublé, il se redressa et se tourna vers son ami.
- Selmak ?… Il faut que je parle à Jacob.
Surpris par une telle demande, le regard du Tok'ra se posa sur lui.
- Tu sais bien qu'il ne veut plus… commença-t-il mais très vite interrompu par Nile'k.
- C'est le sac de sa fille.
Le visage de Selmak sembla se décomposer un instant puis dans un râle, le Tok'ra fut violemment repoussé par Jacob.
- … Quoi ? bredouilla le Général Carter en s'avançant, les jambes soudain plus faibles que celles d'un nouveau né.
Sans plus attendre, Nile'k se releva afin de lui laisser sa place et le tau'ri tomba à genoux, agrippant le sac d'une main tremblante. Il fouilla du regard à la recherche du nom et enfin…
« M. Samantha Carter »
C'était elle. C'était son sac.
- Comment… ? bredouilla-t-il avant de reléguer cette question au second plan.
Peu importait comment ! Elle était vivante !!! Elle était arrivée jusque sur cette planète et avait donc échappé à l'explosion du vaisseau !
D'un geste vif, il se redressa et regarda autour de lui.
- Il faut la retrouver ! Elle doit être bloquée ici depuis plus de deux mois maintenant.
Alors, fébrile, il se mit à l'appeler encore et encore… en vain, sa voix résonnant étrangement dans cette forêt inhabitée.
- Elle nous a peut-être entendue arriver, déclara alors Nile'k.
Les sourcils froncés, ils se regardèrent un cours instant puis, d'un même mouvement, s'élancèrent pour rejoindre le vaisseau.
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Elle attendait depuis cinq bonnes minutes maintenant mais il n'y avait toujours aucun mouvement. Le vaisseau était au beau milieu d'une clairière, La Porte des Etoiles à quelques mètres seulement. Le sas était ouvert mais pas de trace des passagers. Elle hésitait.
Ceux à qui appartenait l'engin avait bien choisi en atterrissant ici. Aucun moyen de s'en approcher sans être vu. Couchée, à l'abri des herbes hautes, Sam sentait ses forces peu à peu l'abandonner et l'épuisement reprendre le dessus. Alors, serrant les dents, elle se redressa, son couteau dans la main. Elle devait tenter le tout pour le tout. Le cœur cognant à se rompre, elle s'avança doucement, avec précaution. A chaque pas, elle jouait sa vie. Elle n'avait qu'une arme blanche et ne pourrait se défendre qu'en combat rapproché.
Enfin, elle parvint jusqu'au vaisseau. Sam jeta un œil à l'intérieur. Personne. Elle pénétra alors dans l'engin, le cœur gonflé d'espoir. Ce n'était pas trop dans les habitudes des Goa'ulds de venir en si petit nombre et de laisser un vaisseau sans surveillance. Il s'agissait peut-être de la Tok'ra !
Enfin, peu importe, songea-t-elle.
Il était hors de question qu'elle attende d'en avoir le cœur net ! Elle allait prendre cet engin et rentrer chez elle ! Elle demanderait à envoyer une sonde sur cette planète afin de vérifier, une fois rentrée sur Terre.
Euphorique, elle s'avança jusqu'au tableau de bord et constata qu'il était en parfait état de marche. Elle s'apprêtait à s'asseoir aux commandes lorsque des voix sourdes et des bruits de pas précipités lui parvinrent.
Aussitôt, l'angoisse afflua de nouveau en elle avec une violence qui lui tourna la tête. Le cœur au bord des lèvres, elle respira profondément afin de se calmer et, les dents serrées, partit se dissimuler près de l'entrée.
Les pas se rapprochèrent dangereusement et, lorsque le premier homme pénétra dans le vaisseau, Sam sortit de sa cachette, agrippa le col de son ennemi puis pressa la lame de son couteau contre sa gorge. Leurs regards s'accrochèrent alors et, bouleversée, Carter découvrit les traits tirés de son père.
- Sam… murmura-t-il tandis que la main soudain tremblante de sa fille s'abaissait.
La jeune femme sentit un sanglot monter en elle, son corps prit de tremblements convulsifs.
- Papa… parvint-elle à gémir avant de s'effondrer dans ses bras.
Le Tok'ra lâcha son arme et agrippa sa fille, la serrant contre lui à l'étouffer. Pleurant sans retenue, Sam se laissa faire, les mains accrochées à la tunique de son père, sa tête contre sa poitrine.
C'était son odeur, sa voix, ses bras si rassurants… Son père. Le cauchemar était terminé. Plus de peur, plus de souffrance. Elle allait pouvoir se reposer, elle était enfin en sécurité.
- Ma chérie… Ma petite fille, murmurait Jacob en embrassant ses cheveux, la berçant contre lui. C'est fini…
Elle sourit à travers ses larmes. Elle était redevenue une enfant se réveillant d'un mauvais rêve, et son père était là, tendre et réconfortant. Epuisée et sereine, elle sentit un voile blanc passer devant ses yeux et, peu à peu, glissa dans l'inconscience.
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Hammond profita de la fin du débriefing pour réfléchir à la situation.
Voilà près de deux mois que le Major Carter était décédée et un mois et demi que Teal'c et le Colonel O'Neill avaient quitté le SGC. Or, depuis tout ce temps, ses supérieurs le pressaient constamment de recréer au plus vite SG1. Comme si c'était si simple !
Ce qui faisait la force de cette équipe n'était pas chaque membre pris à part mais eux quatre réunis. Après le décès du Docteur Jackson, ils étaient parvenus à un compromis en le remplaçant par Jonas Quinn et, à leur grande surprise, cela avait fonctionné. Mais après la disparition de Carter, le groupe avait fini par se disloquer… Et à présent, on lui demandait de leur trouver des substituts ! Ces bureaucrates obtus n'avaient pas compris combien il était rare, voir impossible, de rencontrer quatre personnes si différentes s'entendre aussi bien.
L'alarme le sortit brusquement de ses pensées. Derrière la baie vitrée, la Porte s'activait. Il s'élança aussitôt dans la pièce et descendit rapidement les escaliers menant à la salle de commande.
- Un signal ?
Le sergent Walter Harriman se tourna de suite vers lui.
- C'est la Tok'ra, Monsieur.
- Ouvrez l'iris, ordonna-t-il, poursuivant son chemin d'un pas pressé pour arriver en salle d'embarquement.
Depuis le décès du Major Carter, Jacob n'était pas réapparu. Hammond avait entendu dire que Selmak dominait dès lors la symbiose, le Général étant inconsolable. Il fut donc on ne peut plus surpris de croiser le regard du Tok'ra lorsque celui-ci passa le vortex. Au sourire lumineux qu'il lui lança, Hammond comprit qu'il avait en face de lui Jacob et non son symbiote, beaucoup plus flegmatique. Il fit donc un pas vers lui pour l'accueillir mais, au lieu de descendre la passerelle pour rejoindre son ami, le Général Carter se tourna vers la Porte, attendant apparemment que quelqu'un vienne le rejoindre.
Hammond sentit de suite son cœur s'emballer. Il n'y avait qu'une seule chose qui aurait pu changer Jacob de la sorte. Une seule personne.
Et elle arriva… C'était elle. Maigre, affaiblie mais vivante.
A SUIVRE…
