Comme demandée la réaction de Lizzie (avec le pov de France toujours)

Le petit matin s'annonçait tout doucement à travers les rideaux pour réveiller tranquillement les deux endormies.

Marie ne pensait qu'au bien être qui la baignait depuis la veille. Le corps d'Amélia sous elle la plongeait dans un bonheur simple. Elle se complaisait dans cette bulle de douceur chassant de son esprit toutes les manigances politiques derrière la réalité de leur étreinte maudite. Si l'autre imbécile l'apprenait, elle allait passer le pire moment de toute son Histoire. La barrière de l'interdit devait y être pour beaucoup dans le plaisir qu'elle avait pris à coucher avec la petite princesse chérie de la nation britannique. Au corps si suave sous ses mains. Ah, America !

Elle posa sa tête sur la poitrine rebondie d'Amélia en souriant béatement.

Il lui semblait qu'un pan des draps était relevé.

Bien décidé à remettre à sa place le voyeur de leurs deux corps nus entrelacés, elle ouvrit un œil… puis deux, très, très vite…

Marie se releva en catastrophe et en rattrapant le tissu pour cacher son corps et celui d'Amélia.

La main dans le vide, Elizabeth Kirkland semblait tétanisée. Marie se serait bien tapée la tête contre le mur en s'insultant de tous les noms. Pourquoi n'avait-elle pas filée de cette chambre tant qu'il en était encore temps ? Non, mauvaise idée, c'était sa chambre ! Pourquoi n'avait-elle pas mis dehors Amélia !

Lizzie avait l'air de retenir son souffle, son corps tremblait, ses lèvres étaient crispées dans une grimace tordue, on aurait dit qu'elle avait avalé de travers. Un léger gémissement attristé s'échappait parfois de sa bouche. Même si Marie n'avait pas vu Lizzie depuis des lustres, elle savait que sa colère allait éclater d'ici quelques minutes.

Reprenant ses esprits, elle réveilla Amélia en lui secouant l'épaule pour avoir au moins une alliée à ses côtés qui pourrait la sauver d'une attaque mortelle qui ne saurait tarder. Elles s'étaient bien alliées dans cette bêtise monumentale ! Ce n'était pas juste une petite crise passagère d'America contre sa tutrice, c'était vraiment la guerre ! Marie était secouée de doutes énormes au fur et à mesure que Lizzie reprenait contenance et qu'Amélia ne se levait pas.

« Qu'est-ce qu'il y a, sweetie », râla Amélia.

Et ce fut l'élément déclencheur.

« Comment as-tu appelé France ? »

Amélia se mit à crier de sa voie suraiguë en étant surprise de trouver Lizzie dans leur chambre ce qui fit mettre ses mains sur ses oreilles à Marie.

« Et toi, que fais-tu ici dans ma chambre ? C'est privé, tu sais, ne put s'empêcher de dire Marie qui se mordit la langue devant son impudence.

- Tu es chez moi ! Et tu n'as pas été invitée !

- C'est chez moi, se rebella Amélia. Et j'invite qui je veux ! »

Oh, non, Lizzie n'était même pas au courant qu'elle venait ! C'était pire que ce qu'elle pensait !

« France, recouvre ton corps, sale exhibitionniste ! Tu as abusé de la naïveté de ma colonie. Elle est si jeune, elle est tombée dans ton piège immonde. Sale perverse ! Je te déteste ! Tu n'as pas à faire ce genre de chose pour me provoquer ! Il y a des limites à ne pas franchir avec moi ! Je vais la protéger de toi ! Je n'aurais pas dû te laisser seule, Amélia ! »

Lizzie avait les larmes aux yeux, et elle paniquait au vu des grands gestes qu'elle faisait. Elle ne savait pas gérer ce qui arrivait, elle avait l'air d'avoir un trop plein d'émotions contradictoires.

« Si tu veux tout savoir…

- … Je ne veux pas savoir, France. Telle que je te connais, tu vas rentrer dans des détails sordides dont je me passerais bien volontiers. Tu n'es plus la bienvenue ici ! Pars immédiatement ! »

Sans qu'elle ne puisse savoir ce qu'il se passait, Marie se retrouva poussée et allongée sur le lit. Elle avait l'impression de passer vraiment au second plan. Comme si elle n'était qu'un prétexte pour la dispute entre Amélia et Lizzie. Et ça lui faisait mal…Elle retint ses larmes pour laisser les deux autres régler leurs différends.

« C'est toi qui part immédiatement de chez moi, s'écria Amélia en direction de Lizzie. C'est toi qui n'es pas la bienvenue ici !

- Amélia, tu es aveuglée par ses belles paroles mais tout ce qu'elle cherche c'est à te monter contre moi ! Ne te laisse pas faire par cette embobineuse !

- Non, tu n'as rien compris, fanfaronna América. C'est moi qui suis allée la chercher, c'est mon alliée à présent ! Comme tu le vois, je n'hésiterais pas à donner de ma personne pour avoir mon Indépendance.

- Indépendance », balbutia Lizzie.

Ouch ! Touchées ! Toutes les deux ! Marie se dit qu'il serait temps de filer. Donner de sa personne, c'était si terrible de faire l'amour avec elle ! Oh, l'insulte ! Marie n'appréciait que très moyennement la façon dont la traitait America (et en même temps, c'était pas étonnant vu qui l'avait élevée…), elle se sentait prise dans une histoire dans laquelle elle n'aurait jamais dû mettre les pieds. Néanmoins, ses intérêts étaient de soutenir America pour affaiblir l'Angleterre. Et puis, il fallait qu'elle tape sur les doigts de quelqu'un pour passer sa colère. On n'utilisait pas son corps comme ça ! Non mais !

Tel un serpent, elle s'enroula autour d'Amélia en défiant ostensiblement Lizzie de faire quoi que ce soit contre sa colonie. Elle allait la briser leur entente à toutes les deux, et elle y prendrait bien du plaisir.

« Lizzie, ce n'est plus une enfant, ta petite Amélia. J'ai pu m'en rendre compte », la provoqua-t-elle en passant sa bouche près de l'oreille d'Amélia avant d'en venir mordille le lobe.

La jeune nation frissonna contre elle alors que Lizzie rougissait. De colère ou de gêne, c'était un peu difficile à savoir.

« France, éloigne-toi d'Amélia ! Il n'y a que moi qui me préoccupe vraiment de son bonheur.

- Oh, voyons, il faut parfois laisser sa petite faire ses propres expériences. Et ne t'inquiète pas, elle est entre de bonnes mains. »

Et sur ce, elle passa ses doigts sur le torse de la plus jeune qui ne savait plus où se mettre.

« Arrête immédiatement, France ! Je suis là !

- Oh, ça veut dire que tu n'es pas contre que je la caresse quand tu n'es pas là ! »

Lizzie avait la bouche grande ouverte et elle était incapable de sortir un mot. Marie put se sentir vraiment satisfaite de sa matinée. En quelques minutes, elle avait évacué sa colère sur Lizzie et mis dans l'embarras Amélia qui se tortillait mal à l'aise entre ses bras.

Marie releva une mèche de cheveux de la tempe d'Amélia pour la passer derrière son oreille, puis elle le lui murmura.

« Il faut savoir Amélia qu'on n'utilise pas France comme ça, ma chère alliée. »

Marie fut étonnée de se faire embrasser. Prise à son propre jeu ! C'était déroutant, et bien plaisant. La langue n'était peut-être pas nécessaire… Sa plainte mourra dans sa bouche.

« Je vous hais toutes les deux ! »

Lizzie semblait être enfin revenue d'entre les morts.

« Arrêtez de vous papouiller immédiatement ! France, tu n'as jamais été autorisée à la voir ! America, tu es privée de sortie, et je vais remballer les feux d'artifice des festivités ! Et même tout annuler ! France, tu vas rentrer dans ton pays de bouseux dès la prochaine marée ! C'est fini, vous ne vous verrez plus jamais ! C'est pour ton bien, America ! Tu ne vois pas qu'elle t'entraîne dans la dépravation… »

En disant cela, Lizzie agitait ses bras dans tous les sens, elle ne savait apparemment pas quoi faire exactement.

« … Et plus jamais, je ne vous verrais ensemble. Non, non, non ! Epargnez-moi ce spectacle dégoûtant ! Rhabillez-vous desuite !

- Ah, mais je comptais profiter de la douceur de la matinée pour explorer un peu plus ta colonie !

- La ferme, France ! Tu ne discutes pas où sinon j'appelle les soldats, et ils vont te foutre dehors toute nue !

- Ça ne me dérange pas, tu le sais très bien… Mais ils verront Amélia aussi…

- Je vais te foutre dehors moi-même !

- America, protège-moi, fit-elle avec emphase. Retiens-moi auprès de toi ! Eloigne cette vilaine sorcière de notre idylle !

- Tu vas arrêter avec tes belles paroles vides de sens », s'énerva Lizzie avant de se faire assommer par la lampe de chevet.

Marie retint son souffle ne croyant pas qu'Amélia venait de lui gâcher son bonheur d'enquiquiner Lizzie pendant un bon moment. America avait vraiment une logique particulière, le but était de faire abandonner Lizzie après des heures de lutte acharnée et, non, de couper court ainsi. Où était le challenge ?

« Chère Alliée, on va la renvoyer à son navire le plus proche, lui proposa Amélia. Allez, rhabille-toi ! »

Rhabille-toi ! Rhabille-toi ! Mais elle était bien comme ça, et c'était plus pratique pour la suite !

« Amélia, fais bien attention à ne pas trop me mécontenter pour ton propre bien.

- C'est reçu, chérie, s'enthousiasma Amélia avant de l'embrasser furtivement totalement inconsciente d'avoir froissée à nouveau Marie. Je ne savais pas trop comment faire pour la pousser à bout… j'espère que je ne t'ai pas énervée, je ne pouvais pas faire attention à tout. »

Marie eut l'impression de s'être fourvoyée sur le compte d'Amélia, elle ne savait plus quoi penser d'elle.

« Pardon, si je t'ai mise dans l'embarras devant Lizzie…

- Ne t'inquiète pas, t'as été super ! Elle ne s'en remettra pas, la vieille peau. »

Marie se racla la gorge mal à l'aise.

« Tu sais, je suis plus âgée qu'elle.

- Tu es bien conservée. Non, en fait, je voulais dire ! Tu es très jolie ! Et je ne te trouve pas vieille, tu as l'esprit un peu plus jeune ! Je ne voulais pas dire ! Je ne sais pas comment te dire ça ! »

Marie ne put s'empêcher de rire en sortant du lit pour aller chercher ses affaires.

« Je ne crois pas que tu puisses t'en sortir avec de belles paroles. Je te montrerais à quel point je ne suis pas rouillée dès qu'on aura un moment toi et moi. »

Amélia ne savait plus trop où se mettre.

« Ah, on a agi peut-être un peu trop précipitamment. Faisons la guerre à Lizzie… Pour le reste, on verra…

- On verra. »

Cette phrase avait un goût amer dans la bouche de Marie. Elle s'était dit qu'elle aurait pu tenter sa chance avec une nouvelle nation, il faut croire qu'elle n'aurais jamais droit à un semblant d'affection. Et puis, elle s'attendait à quoi après une nuit ?