Elle était là, le regard perdu dans les flammes de l'âtre de l'auberge de la Jument Pavoisée. Isalis attendait, que le temps passe, que la vie continue, que son poulet soit enfin servit, peut-être.
Elle avait réussit à sortir du donjon d'Helgen, et ceux qui l'avaient accompagné avaient tous survécut. De la chance ? Sûrement. Quoi qu'il en soit, l'illustre Ulfric Sombrage n'avait même pas prit la peine de remercier ses compagnons, et s'en était allé rejoindre sa ville avec le reste de sa minuscule armée.
Ralof et Hadvar, eux, avaient préféré rentrer à Rivebois. Isalis les avait accompagné, ne sachant où aller, et avait eu l'immense bonheur d'avoir un toit sous lequel se reposer grâce à son ami Sombrage. Lui et l'impérial avaient tous deux tenté de la faire basculer chacun de leur coté, mais ne voulant pas prendre parti à cette stupide guerre, elle avait refusé net.
Et il s'en était passé des choses après. Elle avait rejoint Blancherive pour avertir le jarl du retour des dragons et de l'état d'Helgen, mais le Grand Balgruuf avait préféré l'envoyer partir à la chasse aux cailloux.
Comme il y avait de l'argent à la clef, la demoiselle avait accepté, sans compter sur l'aide de qui que ce soit, bien sûr. N'ayant pas un sou en poche pour recruter un mercenaire, elle y était allé toute seule, et avait grand peine à en ressortir.
Cela lui avait valu un bras cassé à cause d'un draugr pingre qui n'avait visiblement pas voulu qu'elle prenne sa pierre de dragon. Et elle avait trouvé d'étranges écritures sur un mur. Elle n'avait aucune idée de ce que cela pouvait bien vouloir dire, mais l'image de ces symboles tournoyait dans sa tête.
Et puis il avait eu ce dragon. Un semaine après son excursion, alors que son bras se remettait lentement mais sûrement, un garde était venu la chercher sous ordre du jarl. Il était bien gentil, le Balgruuf, de vouloir qu'elle tue un dragon alors qu'elle s'était échappé avec beaucoup de peine d'une ville mise à feu et à sang par un dragon, et qu'elle avait été accompagnée par des soldats entraînés.
Pourtant, elle l'avait fait. Elle avait tué ce maudit dragon, d'une flèche chanceuse dans l'œil, et elle avait absorbé son âme, et avait crié après s'être souvenu instinctivement des écritures draconiques. Isalis était une enfant de dragon.
Oh, et que pouvait-il lui arriver de pire à présent ? Rien, probablement. Quand le monde allait savoir qui elle était, la pauvre fille pourrait alors dire adieu à la discrétion. Elle n'avait pas à se plaindre, on l'avait nommé thane, elle avait Lydia, son huscarl, et possédait une petite maison, offerte en cadeau par le conseiller de Balgruuf, Avenicci. Pourtant, tout ce qu'elle voulait à présent, c'était son poulet et une bonne pinte d'hydromel.
Alors qu'elle commençait à désespérer de ne jamais avoir son repas, un homme en robe de prêtre s'approcha, tout guilleret, le sourire au lèvres. Isalis le jaugea du regard et le laissa s'installer à sa table.
- Hé, vous m'avez l'air de bien tenir l'alcool … Un petit concours de boisson, ça vous dit ?
Elle haussa un sourcil. Il était vrai qu'elle ne se laissait pas facilement abattre, mais elle ne connaissait pas cet homme, et si elle venait à perdre, elle ne pourrait répondre de rien.
- Je m'appelle Sam, enchaîna-t-il avec le même entrain dans la voix, et vous ?
- Isalis.
Il s'extasia alors, trouvant son nom fort agréable, et tandis qu'il lui expliquait toutes ses victoires passées, il intercepta une serveuse pour lui commander trois bouteilles du meilleur hydromel de la région.
- Hé ben dites donc, vous avez pas peur des dépenses, vous, s'étonna la jeune fille tandis regardait la serveuse partir.
- Non, en effet, mais l'hydromel vaut bien toutes les dettes du monde.
Isalis n'était certainement pas d'accord, mais elle n'allait certainement pas le contredire. Entre temps, on lui servit son poulet et un verre d'eau, qu'elle partagea avec son compagnon de boisson qui la remercia chaleureusement.
En attendant les bouteilles, Isalis lui parla de ses derniers jours passés au service du jarl, de ses ennuis quotidien, d'Helgen et de la raison de son exécution … Et Sam l'écoutait avec un très fort intérêt, secouant parfois la tête quand elle lui narrait des éléments forts. Elle passa son passé sous silence, n'ayant pas très envie de revenir sur de mauvais souvenirs.
Les bouteilles arrivèrent enfin. L'homme déboucha une premier et servit Isalis avant de se servir lui même.
- Cul sec ?
Elle approuva et à la seconde d'après elle avala le contenu entier du récipient.
- Alors ? Demanda Sam avec curiosité.
- Peuh, ce n'était que le premier verre, vous pensiez que j'allais crier défaite aussi tôt ?
Il ria un peu puis se resservit un deuxième verre, puis un troisième. Les deux premières bouteilles finies, Isalis commençait à ne plus y voir très clair, et s'affala sur sa chaise pour reprendre son souffle. Commençant à avoir trop chaud, elle enleva sa cape et son manteau de fourrure, dévoilant son armure en cuir, légère et élégante.
- Je gagne ! S'esclaffa alors Sam, tout aussi ivre que sa compagne de boisson.
- Sûrement pas, je n'ai pas encore dis mon dernier mot !
Et ainsi continua leur duel des plus engagé. Il fallait à présent finir la dernière bouteille. Les autres clients, intrigués, étaient venus admirer le duel de feu des deux concurrents. Lydia avait d'ailleurs rassemblé les affaires de sa thane pour éviter tout vol.
Alors qu'Isalis pensait avoir gagné, Sam roulant presque sous la table, elle sentait sa tête devenir soudainement plus lourde et le noir envahit son champs de vision. A la seconde d'après, il ne lui resta qu'un vague souvenir de cette soirée.
Lorsque la jeune femme se réveilla, la première chose qu'elle vit fut le visage mécontent d'une prêtresse de Dibella au dessus du sien.
- Ah, vous voilà réveillé, vous !
- Hein ? Grogna la Brétonne.
- Ne faites pas comme si vous ne vous rappeliez pas d'avoir saccagé mon temple, vermine !
Isalis, complètement déboussolé, s'assit sur le lit dans lequel on l'avait installée. Elle regarda autour d'elle mais ne reconnut pas le moins du monde l'endroit où elle était.
- Pardonnez-moi de vous poser cette question, mais … Où suis-je !
La prêtresse se massa les tempes, visiblement très énervé par la perte de mémoire de la plus jeune.
- A Markart, jeune fille. Vous avez débarqué ici complètement ivre avec votre ami et avez tout saccagé. Et puis après, vous vous êtes évanouie.
- Oh, souffla honteusement Isalis, je suis désolée. Il y a quelque chose que je peux faire pour me faire pardonner ?
L'autre soupira bruyamment, puis lui désigna l'intégralité de la pièce d'un geste las.
- Vous n'avez qu'à ranger la pièce, et ce sera oublié.
Isalis retroussa ses manches, et se mit au travail. Il y avait partout des morceaux de verre disséminés, provenant sûrement d'une bouteille d'alcool. Il y avait également des assiettes fêlée, et d'autres objets tordus et inutilisables.
Quand elle eut tout rangé et rassemblé, elle jeta les objets dans la fosse à ordure. Elle revint voir aussitôt la prêtresse qui l'observait adossé à une colonne de pierre au fond de la pièce.
- Désolée de vous déranger encore, mais il semblerait que j'ai commis pas mal d'erreurs au court de la nuit. Sauriez vous où je peux trouver Sam ? L'homme qui m'accompagnait ?
- Non, je ne sais pas où il s'est enfuit. Mais vous parliez d'une chèvre … A … Heu, attendez … A Fort Ivar, il me semble.
Isalis la remercia chaleureusement avant de partir au plus vite. Fort Ivar était loin, très loin de Markart, à plusieurs heures plus précisément. Mais elle savait que si elle se dépêchait, elle pourrait atteindre le petit village avant la fin de la journée.
Elle acheta un cheval à l'entrée de la ville, et se mit en route. La journée passa très rapidement, si bien que lorsqu'elle atteint enfin les murets entourant le village, il faisait déjà nuit. Bien décidée, à trouver de quoi retournait cette histoire de chèvres, elle entra dans l'auberge et alla voir directement la patronne. Elle serait sûrement au courant des dernières nouvelles du coin.
Quand elle la vit approcher, son visage s'éclaira d'un immense sourire et sans saluer sa potentielle cliente, elle cria à haute voix à l'intention de quelqu'un dans la salle !
- Hé, Ennis, viens donc voir qui nous rend visite !
Un raclement de chaise se fit entendre, et Isalis se retourna pour voir qui pouvait bien la connaître ici. C'était un fermier, visiblement furieux, qui approchait à grand pas.
- Vous … VOUS ! Vous êtes cette fichue femme qui m'a volé ma merveilleuse Gleda ! Vous m'avez volé ma chèvre et ...
Isalis n'écouta pas plus et haussa un sourcil. Volé une chèvre ? Pour quoi faire ? Elle ne volait que l'or et le bijoux, qu'aurait-elle pu bien faire de cette bestiole ?
- … Pour la vendre à un géant qui plus est !
Isalis manqua de s'étrangler.
- A un géant ? Vous êtes fou !
- Sûrement pas ! S'indigna le fermier. Et vous allez me la rendre sur le champs !
Elle laissa échapper un long soupir, accablée par tous les problèmes qui lui tombaient dessus en rafale. Plus jamais elle ne toucherait à un goûte d'hydromel.
- Très bien, très bien, je partirais demain à l'aube et …
- NON, l'interrompit-il de sa voix tonitruante, vous y allez maintenant ! Je ne veux pas que ce géant mange ma chèvre pendant que vous vous la coulez douce ici !
Isalis se retint de lui dire d'aller la chercher tout seul, mais comme elle se sentait coupable de lui avoir volé sa chèvre, elle se força à repartir. Et puis pourquoi tenait-il tant à cette chèvre ? Si c'était pour faire les Dieux seuls savaient … ? Oh, préféra penser à autre chose, soudainement dégoûtée.
- Bon, et il est où ce géant ?
- Oh, pas loin, il y a une vallée à quelques lieux de la sortie sud de la ville. C'est là que vous le trouverez.
Elle reprit aussitôt sa route, lassée par ces allers-retours qu'elle faisait à travers Bordeciel. Elle parvint à la vallée, une bonne demi heure plus tard lancée au grand galop, et elle put voir en effet le fameux géant assit sur un énorme rocher. Elle descendit de son cheval et l'attacha à l'arbre avant de s'approcher un peu du camps du géant. N'osant cependant pas trop s'approcher de cet être immense, elle garda ses distances.
- Heu … Hum … S'il-vous-plaît ? Monsieur le géant ? Hého, ici ! Cria-t-elle à l'intention de la créature qui tourna son énorme tête vers elle. Heu … Voilà, en fait, hier soir, je vous ai vendu une chèvre, qui appartenait en réalité à un fermier. Je … je l'ai volé, voyez-vous ? Et il faut vraiment que je la lui redonne. Vous voulez bien me la rendre ?
Le géant tourna alors un de ses immenses doigts pour lui désigner son cheval au loin. Isalis écarquilla alors les yeux, confuse.
- Hein, mon cheval ? Vous plaisantez, je fais comment pour rentrer sinon ? Non, je peux vous donnez autre chose, sinon et …
Le géant se leva alors, et la terre trembla violemment, manquant de faire tomber la jeune femme. L'air de la créature ne laissait présager rien du bon, si bien que la brétonne recula de trois pas et leva ses mains au niveau de sa tête en signe de paix.
- Okay, okay, c'est bon, je vous donne le cheval. Je rentrerais à pieds, tant pis, ajouta-t-elle en baissant la voix.
La transaction faite, la demoiselle repartit les larmes aux yeux avec sa chèvre. Devoir faire le chemin inverse à pieds la désespérait, mais savoir qu'elle venait de perdre une centaine de pièces d'or la rendait encore plus désespérée.
Le matin commençait à pointer quand elle rentra enfin à Fort Ivar, épuisée. Le fermier l'accueillit avec de grands cris victorieux et étreignit sa chèvre dans ses bras.
- Ah, au fait, fit-elle à l'attention du fermier, quand je vous ai volé de votre chèvre, aurais-je évoqué quoi que ce soit ?
L'autre fronça les sourcils, mais trop content d'avoir récupéré son bien, il lui répondit sans la moindre hésitation.
- Attendez que je me souvienne … Ah, oui, vous parliez d'une marchande de Blancherive à qui vous aviez acheté une bague. Et le reste, je ne m'en souviens pas.
Elle le remercia comme elle l'avait fait avec la prêtresse de Dibella, puis monta dans une charrette de voyage en direction de la ville d'où elle était partir deux jours plus tôt.
Elle débarqua le lendemain à Blancherive, les yeux soulignés de lourdes cernes violettes à force de parcourir Bordeciel de long en large. Il faisait beau, et l'atmosphère était agréable, pourtant, Isalis transpirait à grosses gouttes. Pourvu que la marchande ne lui fasse pas rembourser l'anneau.
Alors qu'elle traversait la place marchande, Ysolda s'approcha d'elle à grands pas, visiblement très mécontente.
- Ainsi, vous êtes enfin de retour … Écoutez, j'ai été suffisamment patiente et vous m'êtes toujours redevable.
Isalis papillonna des yeux une fois, puis deux avant d'essayer de cogiter, sans succès.
- Pardon ?
- Oh, que se passe-t-il ? Vos fiançailles ont été rompues ? Écoutez, si vous me ramenez l'alliance nous serons quittes !
Et là, c'en fut trop.
- QUELLES FIANCAILLES ?
- C'est vraiment dommage, continua Ysolda sans prêter attentions aux cris désespérés de la jeune femme, j'attendais ce mariage avec beaucoup d'impatiente. Vous aviez dit que les invités seraient triés sur le volet.
La brétonne crut défaillir. Qu'avait-elle bien pu faire durant cette nuit ? Et le pire, avec qui s'était-elle fiancé ?
- Vous savez … ce que j'ai fais ? Demande Isalis d'une voix effacée.
- Vous l'avez donné à votre fiancée ! Vous ne savez plu où vous l'avez quittée ? Et après m'avoir raconté votre merveilleuse rencontre au bosquet de Sorbrume ? Je comprend pourquoi elle vous a quitté !
Bosquet de Sorbrume … ''Elle'' … Isalis vint à se demander si elle n'était pas en train de cauchemarder.
- Heu … Hum. Qui était-ce, ma fiancée ?
Les yeux d'Ysolda s'écarquillèrent.
- Comment avez vous pu oublier ? C'est la plus belle histoire que j'aie jamais entendu ! Vous vous êtes rencontré à la pleine lune, sous le plus grand arbre du bosquet de Sorbrume, entourés de lucioles. On ne voir ça que dans les livres !
Les nerfs de la Brétonne lâchèrent. Elle n'était certes jamais violente, mais là, il y avait urgence dans ses priorités.
- Dites moi exactement ce que j'ai dis la dernière fois ! Et vite !
- Houlà, je vous préférais quand vous aviez bu ! Siffla la marchande en fronçant les sourcils. Vous aviez dit que la cérémonie se déroulerait à Morvunskar et que votre ami Sam serait votre témoin.
Ne ne prenant même pas congé d'Ysolda, Isalis prit le chemin le plus direct en direction des portes de la ville. Et c'était reparti pour un tour. Elle n'aurait jamais la paix. Et puis comment avait-elle pu traverser tout Bordeciel en une nuit ? C'était à en devenir fou.
Quand la demoiselle parvint enfin à Sorbrume, un profond malaise s'installa. Il y avait là une petite cabane en bois, qui était décorée de crane d'animaux … Et aussi humains. Isalis déglutit, et se dressa sur la pointe des pieds pour appeler le résident.
- Heu, y'a quelqu'un ?
Une harfreuse sortit du cabanon. Le cœur de la jeune fille manqua plusieurs battement, et elle resta là, complètement horrifié face à la créature emplumée.
- Mon amour, fit l'autre, j'ai tant attendu ton retour pour consommer notre union !
Isalis recula d'un bon mètre pour approfondir la distance entre elles deux.
- En fait, j'aimerais récupérer l'anneau. Si, heu … Si ça ne te dérange pas !
L'autre sembla s'offusquer.
- Comment ? Tu veux l'offrir à cette catin d'Esméralda, celle aux plumes de jais, c'est ça ? Je ne le permettrais pas !
Et aussitôt, elle balança une boule de feu sur Isalis qui esquiva de justesse en roulant ur le coté. Elle sortit son épée, mais jugea bon de l'étourdir à coup de Fus Roh Dah. Alors qu'elle lançait son cri sur la harpie, Isalis profita d'un moment d'inattention pour se jeter sur elle. Alors, elle lui enfonça son épée dans le cœur.
Avec horreur, elle regarda l'harfreuse s'effondrer. Elle n'avait pas voulu la tuer. Pourtant, il y avait une part d'elle qui était soulagée. Comment avait-elle pu se fiancer à cette créature sans se faire tuer ?
La brétonne passa le reste de sa journée à creuser une tombe pour la défunte, puis lui reprit l'anneau avant de la mettre dans le trou creusé et de la recouvrir de terre. A présent, elle devait se rendre à Morvunskar.
L'arrivée dans les ruines ne fut pas mieux que sa rencontre avec sa pseudo fiancée : il y avait des mages noirs sur place qui étaient bien décidés à ne pas la laisser passer. Ils finirent tous comme l'harfreuse. La traversée des ruines ne fut pas non plus une partie de plaisir, Isalis jouant plus sur la discrétion que sur la force pour pouvoir retrouver Sam et avoir des explications.
Peut-être n'était-il plus là. Quoi qu'il en soit, elle eut grand mal à détourner l'attention d'un groupe de mages au sommet d'un escaliers pour pouvoir traverser un portail magique. Elle était persuadé que c'était ce qui les avait mené ici, en surprenant une conversation, et que s'ils ne pouvaient pas le traverser, peut-être qu'elle, elle le pourrait.
C'est ce qu'il se passa, en effet, et Isalis eut l'étrange surprise de se retrouver dans une espèce de foret brumeuse, avec des ponts en pierre un peu partout et des lumières pour éclairer le chemin. Elle suivit la route avec curiosité.
Il était là. Sam. Dans une petite clairière, avec un centre une énorme table à laquelle étaient attablés diverses personnes. Son ami fit un large sourire en la voyant approcher, et l'acceuillit avec un grand signe amical.
- Vous êtes ici ! Je commençais à penser que vous n'arriveriez peut-être jamais !
Isalis haussa un sourire, et ne lui rendit pas son sourire. Il lui devait des explications, et vite.
- On est où, exactement ?
- Je pensais que vous ne vous souviendriez pas de notre premier voyage ici. La nuit a été longue. Vous avez largement mérité votre béton.
Elle l'interrompit d'un geste.
- Quel bâton ?
- Mais enfin, s'exclama Sam, celui que je vous avais promis si vous gagniez !
Isalis se gratta l'arrière du crâne. Elle ne s'en souvenait absolument pas.
- Ah. Désolée.
Sam se mit à rire.
- Ce n'est pas grave, parce que voyez-vous …
Il laissa sa phrase en suspense, et à la seconde d'après, une brume violette et épaisse le recouvrit, le faisant disparaître pour laisser place à un Daedra. Sa peau était d'un noir de cendre, couverte de peintures rouges, et il portait sur le haut du crane deux cornes noires. Isalis cligna des yeux plusieurs fois avant de réaliser qu'il s'agissait là de son ami Sam.
- … J'avais seulement besoin d'un prétexte pour vous encouragez à visiter le vaste monde et à répandre la joie.
Elle en resta bouche bée. Elle n'avait pas dormi depuis des jours, voyageant plus qu'autre chose, et s'était faite disputée par un grand nombre de personne.
- Et vous l'avez fait, ajouta-t-il, cela fait au moins cent ans que je ne m'étais pas amusé ainsi.
Isalis vit rouge, et elle attrapa l'autre par les épaules, prenant soin de ne pas se faire mal avec tous les piques de son armure.
- Alors tout ceci n'était qu'une vulgaire blague ? Vous plaisantez ?
- Une blague ? UNE BLAGUE ? Le prince Daedra de la débauche ne donne pas de simples ''blagues''.
Il avait l'air tout aussi mécontent, mais le regard noir et empli de reproches que lui lançait Isalis n'avait rien à lui envier.
- Ce n'était peut-être qu'une simple distraction, au début, continua ''Sam'', mais je me suis vite rendu compte que vous feriez un bien meilleur usage de mon bâton païen.
La brétonne haussa les épaules et le lâcha, toujours aussi énervée.
- Votre bâton, je m'en fiche, vous pouvez vous le fourrer là où je pense.
Il se mit à rire, fortement amusé par l'expression qu'avait employé la demoiselle.
- Quel langage fleuri que voilà ! Vous me plaisez, allez, prenez-le, je suis sûr qu'il vous plaira.
Et il lui fourra l'objet entre les mains. Isalis l'observa un instant, puis contente de son aspect élégant, elle préféra le garder.
- Merci, j'imagine, souffla-t-elle.
- Mais tout le plaisir est pour moi ! Allez, il est tant que je vous libère, ça na doit pas être amusant de rester ici enfermé. Je viendrais vous rendre visite, si vous le voulez bien.
Elle hocha la tête, un demi sourire encore accroché aux lèvres. A l'instant d'après, le noir envahit sa vision, et elle se retrouva avec surprise à l'auberge de la jument pavoisée.
Isalis était allongée dans un lit, et Lydia, qui était là, accourut vers elle.
- Mon thane ! Comme je suis soulagée, vous voilà réveillée.
Isalis s'assit sur son lit, la tête lourde et le regard brumeux.
- Hein ?
- Vous vous êtes évanouie après avoir remporté votre duel. On vous a porté ici et vous avez dormi jusqu'à ce midi.
Isalis fronça les sourcils. Tout ceci n'était qu'un rêve ? Cela avait été pourtant réel. Elle se leva, et au moment de sortir, Lydia la rappela.
- Mon thane, vous avez oublié quelque chose.
Il s'agissait du bâton que lui avait offert Sam. Isalis ouvrit grand les yeux, et alla le chercher. Sur la table de chevet, une lettre attira son attention. Elle la prit et la lu avec attention.
« On se refait cette nuit mémorable quand tu veux ! Le mariage avec la harfreuse en moins peut-être !
Sanghin (Sam) »
Isalis esquissa un sourire. Finalement, cela n'avait pas été un rêve. Elle avait bel et bien passé la nuit la plus étrange de sa vie avec un Daedra.
