Disclaimer : A part certains personnages, rien ne m'appartient, encore.

Note : Les passages en italique sont directement tirés des livres.


Quelques heures plus tard, alors que le soir tombait sur les propriétés des Noctua, un grand homme arriva, la tête haute, vêtu d'une sombre robe qui descendait jusqu'à ses pieds, donc la capuche recouvrait élégamment la chevelure. Derrière lui suivaient, lévitant, plusieurs paquets, sur lesquels on pouvait apercevoir une étiquette. Quand la lune éclairait suffisamment les emballages, on put lire sur l'un des paquets « Chez Madame Guipure, robes et tenues de sorciers sur-mesure, 15 Chemin de Traverse ». Joshua, puisqu'il s'agissait de lui, s'avançait dans le parc, tranquillement, un sourire satisfait sur les lèvres. Quand il arriva vers le palier, Delly apparut à ses côtés.

« Que Monsieur pardonne Delly, Delly n'avait pas vu que vous approchiez, sinon elle serait venue bien plus tôt ! Oh Delly se punira !

- Ce n'est pas la peine, Delly. Emmène plutôt ses paquets à ma fille.

- Bien sûr monsieur, tout de suite monsieur ! »

Et dans un claquement de doigts, l'elfe fit disparaître l'essentiel des paquets qui suivaient Joshua. En courant, la petite créature rejoignit Félicia, dans le salon, qui essayait de nettoyer une étagère, avec l'aide de sa mère. Dans un autre claquement de doigts, tous les paquets se retrouvèrent empilés au milieu de la pièce, devant l'elfe.

« Mademoiselle Noctua, voici les achats que Monsieur a fait pour vous.

- Merci Delly ! »

Et l'enfant se précipita dessus, comme un jour de Noël, afin de les déballer. Les différentes robes allaient nécessiter quelques ajustements, dont sa mère ou Delly saurait se charger. La jeune fille résistait à l'envie de dévorer ces nouveaux livres, sachant qu'elle aurait suffisamment de temps pour le lire cette année. Mais peu importe combien de fois elle faisait le tour des paquets, vérifiant sous chaque emballage, impossible de trouver sa baguette ! Annabelle, qui regardait avec une joie presque enfantine sa fille découvrir son nouveau matériel, fut tout aussi surprise qu'elle, et c'est elle qui s'empressa d'aller demander à son mari s'il n'avait pas oublié de lui acheter cet élément indispensable à toute sorcière.

« Oh non, je n'ai rien oublié, dit-il.

- Mais alors, où est sa baguette ?

- Je ne lui en ai pas acheté. J'allais entrer chez Ollivander quand il m'est apparu qu'il serait tellement plus simple si tu lui passais la tienne, dit-il alors qu'Annabelle palissait de plus en plus à ces mots.

- Tu veux dire que...

- Qu'elle va prendre ta baguette pour suivre ses cours... Après tout, tu n'en as pas une très grande utilité, ici !

- Mais elle n'obtiendra jamais un excellent résultat avec ma baguette ! Après tout, c'est la baguette qui choisit son sorcier, pas l'inverse ! Et je te rappelle que j'ai une baguette de noisetier et en plume de phénix ! Elle ne voudra jamais obéir à quiconque !

- Oh c'est vrai, j'avais oublié... Eh bien tant pis ! Elle apprendra à utiliser ta baguette, et c'est tout ! Après tout, je suis sûre que ta baguette acceptera d'obéir à ta propre fille ! Je ne compte pas dépenser plus d'argent pour cette gamine. ET C'EST MON DERNIER MOT! »

Et derrière la porte de son bureau, Félicia écoutait, en pleurs, les larmes s'écoulant silencieusement sur ses joues, maintenant qu'elle se rendait compte que jamais elle ne deviendrait une grande sorcière sans sa propre baguette. Elle courut dans sa chambre, et se réfugia en boule dans son lit. Les mots de ses parents résonnaient encore dans sa tête sans qu'ils ne puissent s'écouler sur ses joues de la même façon que ses pleurs... Comment pouvait-il lui faire ça ? Qu'avait-elle donc bien pu faire pour que tout ce qu'elle récolte de lui soit des insultes, des coups et du mépris ?!

Quelques coups légers à sa porte interrompirent ses sombres pensées. Sa mère, sans attendre de réponse, entra dans sa chambre. Lorsqu'elle la vit, recroquevillée, les yeux rouges de pleurs qui ne s'étaient pas taris, et les cheveux devenus bleus pâles, sans éclats, elle s'assit à ses côtés et la prit dans ses bras, ce qu'elle n'avait encore jamais fait.

« Ne pleure pas, Félicia, tout va bien !

- Mais je ne pourrai pas faire de magie ! Je ne serai jamais une grande sorcière !

- Tu sais, tu auras certainement ma baguette, mais peut-être que tu réussiras à l'utiliser ! Je ne peux pas croire que ma baguette ne reconnaisse pas ma fille, plus particulièrement si tu es puissante, Joshua a raison sur ce point ! Et si tu parviens à l'utiliser, est-ce que ça ne veut pas dire que tu es déjà une grande sorcière ? Je ne te l'ai jamais raconté, et tu ne t'en rappelles probablement pas, mais tu sais quand tu as utilisé la magie pour la première fois ?

- Non, tu ne me l'as jamais dit ? Dit Félicia, sans se rendre compte qu'elle tutoyait sa mère pour la première fois.

- J'étais en train de te préparer à manger à la cuisine, et tu t'ennuyais sur ta chaise... Tu as fait venir ton doudou de l'autre bout de la maison... Tu avais deux ans ! Je suis certaine que c'est un signe, je n'avais jamais entendu parler d'un enfant qui utilise la magie avant ses quatre ans !

- C'est... c'est vrai ?

- Bien sûr que c'est vrai, est-ce que tu m'as déjà entendu mentir ?

- Non...

- Alors maintenant, tu me sèches ses larmes, tu redonnes une couleur normale à tes cheveux et tu me fais un joli sourire ! »

Après avoir embrassé sa fille sur le front, Annabelle la laissa se reprendre, confiante. Elle croyait en tout ce qu'elle lui avait confié à sa fille, particulièrement en ce qui concernait sa puissance magique. Elle était persuadée que Félicia deviendrait une sorcière exceptionnelle, dont les capacités feraient pâlir de jalousie ses glorieux ancêtres, dont les noms recouvrent les pages de ces manuels qu'elle étudierait toutes ces années.

Les deux dernières semaines de vacances de l'enfant lui permirent d'accepter la décision de son père de ne pas lui acheter de baguette, même si cette pensée lui pinçait toujours le cœur. La veille de la rentrée, ce fut une nouvelle peur qui saisit la jeune fille... Dans quelle maison allait-elle être envoyée ? Comme un écho à son inquiétude, Joshua lui dit le soir même :

« Tu as intérêt à aller à Serpentard ! Ou à Serdaigle, à la limite, comme ta mère... Mais si jamais tu finis chez ces chatons prétentieux de Gryffondor, je peux te jurer que tu regretteras d'être née ! Et de toute façon, tu retrouveras ton cousin, là-bas, Craig Flint, il est de la même année que toi, il saura te recadrer si jamais tu n'agis pas correctement.»

Le soir, Félicia ne trouva pas le sommeil. Elle ne voulait pas être à Serpentard, l'image de son père lui faisait haïr cette maison, à la réputation déjà malsaine... Mais elle ne pensait pas être capable d'entrer chez les Serdaigle elle était loin d'être aussi intelligente que sa mère. Quant à Poufsouffle... Elle n'était pas assez patiente pour en faire partie, elle en était certaine... Et Gryffondor... Elle était trop effrayée par la menace de Joshua pour seulement oser y penser... Le connaissant, s'il ne pouvait passer sa colère sur elle, ce serait sa mère qui souffrirait ses coups, sans pouvoir se défendre, puisque c'était dorénavant Félicia qui possédait sa baguette.

Le lendemain, l'enfant était réveillée très tôt, et était impatiente de partir, mais le train ne partait pas avant 11 heures... Faisant les cent pas, vérifiant si elle avait tout pris ce dont elle aurait besoin, rangeant et dérangeant sa chambre, ne trouvant rien pour s'occuper, le temps lui paraissait passer plus lentement que d'habitude. Enfin, à 10 heures et demi, Joshua l'emmena par transplanage jusqu'à la gare londonienne de King's cross. Elle mit sa valise sur un chariot, qui fut plein à craquer, et s'aperçut qu'entre temps, son père l'avait abandonnée dans la gare moldue. Le quai 9 ¾... Où pouvait-il donc se trouver ? Félicia s'était rendue entre les quais 9 et 10, mais rien ne semblait correspondre au train qu'elle devait prendre.

Soudain, apercevant de curieux individus, vêtus de robe de sorciers, et avec des chariots aussi remplis que le sien, que les moldus regardaient curieusement, elle les suivit. Quand elle les vit disparaître l'un après l'autre en fonçant dans un des piliers de la gare, elle comprit que c'était ainsi qu'on accédait à la gare des sorciers. Veillant à ce que personne ne l'observe, la jeune fille fit de même. Quand elle arriva au quai 9 ¾, elle vit une locomotive rouge le long du quai, où se pressait une foule compacte. Au dessus de sa tête, une pancarte signalait : « Poudlard Express – 11 heures ». Elle avait réussi à trouver son train.

De la fumée s'échappait de la locomotive et se répandait au dessus de la foule, des chats de toutes les couleurs de glissaient çà et là entre les jambes des passagers, et la rumeur des conversations était ponctuée par le bruit des valises traînées sur le quai et les hululements que les hiboux échangeaient d'un air grognon.

Les premiers wagons étaient déjà pleins d'élèves. Certains, penchés aux fenêtres, bavardaient avec leurs parents pendant que d'autres se battaient pour une place assise. Félicia poussa son chariot le long du quai, à la recherche d'une place libre. Félicia se fraya un chemin parmi la foule jusqu'au dernier wagon où elle trouva enfin un compartiment libre. Elle tenta tant bien que mal de monter sa valise, mais une voix masculine derrière la fit sursauter.

« Tu as besoin d'aide ? Demandait un garçon brun au doux regard marron.

- Euh oui, s'il te plaît ! »

A deux, ils parvinrent à monter sa valise, et Félicia aida le jeune homme à monter la sienne. Ils étaient tout juste assis quand un troisième enfant arriva, qu'elle reconnut comme étant son cousin, Craig, dont la blondeur vive, qui agressait presque visuellement, ressemblait à celle de Joshua, son oncle.

« Ah, salut cousine !

- Salut...

- T'as besoin d'aide ? Demanda l'inconnu au blond.

- Non, c'est bon. »

Une fois que les trois enfants furent assis, Craig et Félicia face à face, l'inconnu à côté d'elle, ils se présentèrent. Le brun qui avait proposé ses services se nommait Sean Dearborn, mais sa bonne humeur faiblit légèrement quand il apprit le nom des deux cousins, sans qu'il montre quoi que ce soit. Ils s'amusèrent ensemble, jusqu'à ce que Sean les interrogent.

« Vous pensez aller où ? Demanda t-il.

- Quelle question ! À Serpentard, comme mes parents ! C'est la seule maison digne de ma personne, Dit Craig.

- Moi je sais pas, on verra bien où je suis envoyée !

- Alors on ne sera probablement pas dans la même maison ! Je veux aller chez les Gryffondor !

- Oh, nous avons donc un petit chat parmi nous ! Fais attention à ta fourrure, les serpents mordent !

- Comme si j'avais peur de toi !

- Tu devrais peut-être, ou alors en plus d'être un misérable chaton, tu es également stupide...

- Si la stupidité est visible par un courage qui n'est pas celui des Serpentard, alors je suis fier d'être stupide.

- Laisse-moi rire ! En tout cas, je ne compte pas rester plus longtemps avec un futur déchet de Gryffondor ! Félicia, tu viens ?

- Hein ?

- Ne me dis pas que tu restes avec... ça !

- Non, je reste. J'ai eu du mal à monter ma valise, je vais la laisser là. »

Et Sean et Félicia regardèrent Craig partir. Une fois seuls, la jeune fille lui avoua qu'elle aimerait bien aller chez les Gryffondor également, mais qu'elle craignait la réaction de sa famille, et plus particulièrement de son père qu'elle déteste, qui la voyait déjà à Serpentard, aux côtés de son cousin. Ses déclarations semblèrent rasséréner le jeune garçon, et le reste du voyage se passa joyeusement, les paquets de bonbons se vidant rapidement.

Quand le soir arriva, ils revêtirent tous deux leur uniforme. Une fois que le Poudlard Express s'arrêta et qu'ils en descendirent, ils ne savaient pas à quoi s'attendre. Devaient-ils suivre tous ces anciens élèves qui partaient dans des diligences ? Soudain, une grande voix appela tous les première année à se rassembler. Une tête hirsute se dessina dans la pénombre.

« Tous les première année sont là ? Très bien ! Je suis Hagrid, le garde-chasse de Poudlard, suivez-moi, je vous emmène au collège. »

Glissant et trébuchant, la file des élèves suivit Hagrid le long d'un chemin étroit et escarpé, qui s'enfonçait dans l'obscurité. Félicia pensa qu'ils devaient se trouver au cœur d'une épaisse forêt. Personne ne parlait beaucoup.

« Vous allez bientôt apercevoir Poudlard, dit Hagrid. Après le prochain tournant. »

Et effectivement, juste après le tournant, on entendit un grand « Oooooh ! »

De l'autre côté d'un grand lac noir, surplombant une colline, un immense château brillait de milles feux, semblant les appeler, les attendre. Alors Hagrid les fit monter dans des barques, et tous les élèves traversèrent le lac paisible, regardant le château, de plus en plus impressionnant au fur et à mesure qu'ils s'en approchaient. Quand ils descendirent enfin des barques, ils suivirent Hagrid, qui avait vraisemblablement du sang de géant. Ils arrivèrent enfin dans l'immense pelouse qui entourait le château. Une poignée de marches plus tard, la porte de Poudlard semblait un ultime rempart. Hagrid frappa trois légers coups à cette porte.

La porte s'ouvrit aussitôt, cédant la place à une grande sorcière aux cheveux noirs, vêtue d'une longue robe vert émeraude. Elle avait le visage sévère.

« Professeur McGonagall, voici les élèves de première année, annonça Hagrid.

- Merci Hagrid, je m'en occupe. »

Le hall d'entrée était encore plus impressionnant que celui de la maison de Félicia, et beaucoup plus propre ! Des lanternes éclairaient la pièce, révélant de nombreux portraits. Suivant la sorcière, ils traversèrent l'immense salle, pour entrer dans une petite pièce réservée aux première année, où les élèves devaient se serrer pour tous tenir, une rumeur de voix d'adolescents leur parvenait.

« Bienvenue à Poudlard, dit le professeur McGonagall. Le banquet de début d'année va bientôt commencer, mais avant que vous preniez place dans la Grande Salle, vous allez être répartis dans les différentes maisons. Cette répartition constitue une cérémonie très importante. Vous devez savoir, en effet, que tout au long de votre séjour à l'école, votre maison sera pour vous comme une deuxième famille. Vous y suivrez les mêmes cours, vous y dormirez dans le même dortoir et vous passerez votre temps libre dans la même salle commune. Les maisons sont au nombre de quatre. Elles ont pour nom Gryffondor, Poufsouffle, Serdaigle et Serpentard. Chaque maison a sa propre histoire, sa propre noblesse, et chacune d'elles a formé au cours des ans des sorciers et des sorcières de premier plan. Pendant votre année à Poudlard, chaque fois que vous obtiendrez de bons résultats, vous rapporterez des points à votre maison, mais à chaque fois que vous enfreindrez les règles communes, votre maison perdra des points. À la fin de l'année scolaire, la maison qui aura obtenu le plus de point gagnera le coupe des Quatre Maisons, ce qui constitue un très grand honneur. J'espère que chacun et chacune d'entre vous aura à cœur de bien servir sa maison, quelle qu'elle soit. La Cérémonie de la Répartition aura lieu dans quelques minutes, en présence de tous les élèves de l'école. Je vous conseille de profiter du temps qu'il vous reste pour soigner votre tenue. »

Puis McGonagall disparut par une porte que les élèves n'avaient pas encore remarqué. Ces derniers profitèrent de son absence pour recommencer des discussions commencées plus tôt.

« Évidemment, ma cousine et moi irons à Serpentard ! Des personnes de notre rang ne peuvent pas se permettre de rejoindre des maisons qui ne nous méritent pas ! entendait-on Craig dire. »

Félicia n'était pas sans ignorer la mauvaise réputation de son père, et elle savait pertinemment que tous la regardaient et la considéraient comme sa digne descendante, la voyant déjà rejoindre les Serpentard, et elle mourrait d'envie de leur hurler qu'elle n'était pas Joshua, ni aucun de ses personnages détestables dont elle descendait de par son père. Mais elle se taisait. Seul Sean lui adressa un petit sourire d'encouragement, auquel elle ne répondit pas.

Puis McGonagall revint.

« Mettez-vous en rang et suivez-moi, la cérémonie va commencer. »