Acte 1 : L'apparition de Miss Weasley

Scène 1 : Plus bleu que le bleu de tes yeux…

Il y a des jours comme ça où rien ne va comme on le souhaite, ça je l'ai toujours su. Il y a aussi des instants dans la vie où l'on se demande ce que l'on fait ici et pourquoi ? Ca je croyais être trop jeune pour le vivre. Et pourtant… me voilà à déambuler dans les couloirs reconstruits de Poudlard. Je n'ai pas le souvenir de m'y être rendu, et je m'étais juré de ne plus jamais y remettre les pieds. Que dira McGonnagall quand elle me verra ici ? Me prendra-t-elle pour un mendiant venu quémander un travail ? Et si c'était un piège… un piège… me voilà à parler comme Hermione. Voldemort n'est plus de ce monde et les quelques mangemorts encore en liberté sont si bien traqués que je ne m'inquiète pas pour eux. D'ici peu de temps, ils goûteront à la nourriture fantomatique d'Azkaban.

Inlassablement, je garde les yeux rivés sur ce vieux sol que j'ai si souvent côtoyé. Je ne sais où mon esprit m'emmène et c'est sans grande surprise que je découvre le couloir qui mène à la salle commune des Gryffondors. La grosse dame est toujours là, fidèle à son poste, elle a dû attendre que son tableau soit restauré pour reprendre sa place ici. Je tourne à l'équerre, espérant fuir son caractère si bien trempée l'amenant à être trop bavarde… je suis certain qu'elle m'a vu. Et puis ? Finalement, peut-être qu'une discussion avec celle qui fut la gardienne de mon foyer me fera… dépérir un peu plus. Poudlard n'est plus pour moi… ce monde n'est plus pour moi. Mais que fais-je ici ?

Je ne peux m'enfuir comme un gnome prit sur le fait… je ne suis pas ici par hasard non ? Je regrette de ne pas avoir pris ma cape et me dirige vers le bureau du direct… de la directrice. Avant que…

- Oncle Harry !

Je ne me retourne pas et tape une main sur ma joue, espérant naïvement me réveiller. Si seulement j'arrêtais d'entendre des voix.

- Oncle Harry !

Et en plus de ça, le disque est rayé… je m'arrête, mains autour de la tête et sens un bras me frôler. Je sursaute, main sur la baguette par habitude et fais place à une môme qui ne doit pas avoir plus de douze ans et qui me regarde les yeux ronds. Je l'ai effrayé…

- Quelque chose ne va pas ?

Et c'est une gamine qui me demande ça… je hoche la tête, reprend mon bonhomme de chemin avant de sentir une nouvelle fois sa main sur la mienne.

Ses yeux sont d'un bleu éclatant et je me surprend à les comparer à ceux de… je perds vraiment la tête… et ses cheveux… bruns et si… indisciplinés… semblables à ceux de…

- Je le vois que quelque chose ne va pas ! Déjà tu as ta baguette et tu n'as plus jamais ta baguette sur toi normalement.

- Tiens donc et pourquoi ?

- C'est toi qui l'as dit ! Tu as dit que ta baguette avait fait assez de travail pendant la grande guerre et qu'elle avait le droit de se reposer. Mais tout le monde sait que de toute façon, tu n'en as plus besoin pour…

- Tout le monde se trompe…

- Pas maman en tout cas et je suis sûre que…

- Miss Weasley, que faites-vous dans les couloirs à une heure pareille ?

Je sursaute en même temps que la fillette mais sans doute pas pour les mêmes raisons. Elle, est paniquée d'avoir en face d'elle la directrice de son école, moi je le suis d'avoir en face de moi celle qui porte le nom de mon meilleur ami sans pour autant avoir les cheveux roux digne d'un membre de cette famille.

- Je… j'attendais…

- Au lit et tout de suite ! Et estimez-vous heureuse que je n'en refaire pas à votre mère miss Weasley.

- Je… merci professeur.

Et la voilà qui file comme une anguille tandis que j'essaye de comprendre ce qui vient de m'arriver. Jamais auparavant, Ron ne m'avait fait par des autres membres de sa famille, cousins où même oncles.

- Ca marche toujours avec les élèves… si la petite savait que sa mère en a fait des plus belles… Vous voyez ce que je veux dire Potter ? Enfin… devrais-je dire professeur Potter…

Non je ne vois pas ce qu'elle veut dire… enfin… je n'espère pas. Disons surtout que cette histoire ne peut-être très logique… même Hermione ne pourrait y trouver une raison très probable… à moins que… un saut dans le temps c'est possible ? Non probable non plus… d'ici que Ron déclare son amour à Hermione. Par Merlin est-ce que je viens de penser que cette fille pourrait être leur enfant ? Et si c'était celle de Ginny et de…

- Vous arrivez fort tard, vous en conviendrez… ne m'en voulez pas si je ne vous mène pas jusque vos appartements, mais je suis fort persuadée vous connaissez ces couloirs comme votre poche.

J'ai la tête du mec qui comprend tout là ?

- Vous y trouverez la liste de vos élèves et également celle de ceux qui participeront au club de duel…

La tête d'un prof alors ?

- Enfin tout cela est écris noir sur blanc sur le parchemin que j'ai pris soin de vous laisser sur votre bureau. Voilà, je vous souhaite une bonne soirée…

Non, la tête de quelqu'un qui va être à la rue s'il ne rattrape pas cette femme apparemment devenue sénile.

- Professeur !

Bingo, elle se retourne, me sourit et me dit :

- Voyons, nous sommes collègue maintenant ! Appelait moi Minerva !

- Je… bien…

Non pas bien ! Je ne veux pas être professeur ! On ne m'a même pas demandé mon avis !

- Mais je…

- Ne vous inquiétez pas… c'est normal d'être nerveux pour une première journée. Surtout que vous prenez le balai en vol.

Je ne sais pas ce qui me pousse à hocher la tête et la voilà qui à mon grand soulagement se retourne d'elle-même et me dit d'une voix légère :

- Potter ! Bon retour chez vous…

Je sourit aussi et la voilà qui disparaît sans que je ne trouve la force de courir la rechercher une énième fois. Ma voilà à prendre instinctivement le chemin d'un vieux bureau, intimement persuadé que je ne suis pas maître de mes mouvements. Et pourtant, j'accélère le pas à l'idée que là-bas, j'aurais plus de réponses… et je saurais enfin si oui ou non Ginny s'est mariée et a eu une fille…