Les couloirs de l'Entreprise défilaient rapidement en périphérie de son regard et les officiers s'écartaient à leur passage tout en les saluant respectueusement. D'autres étaient bien trop occupés à réparer les couloirs endommagés pour les remarquer. Il marchait d'un pas vif et rien ne semblait pouvoir l'arrêter... si ce n'est ce regard qui lui brûlait la nuque depuis qu'il avait décidé d'aller le voir.

-Qu'est-ce qu'il y a ? Souffla une bonne fois pour toute Kirk.

-Qu'avez-vous l'intention de faire capitaine ?

La question de son second l'arrêta net au milieu du couloir menant aux cellules. Il cligna bêtement des yeux.

Oui, qu'avait-t-il l'intention de faire ?

Qu'avait-il l'intention de faire ?

Encore une fois il fonçait tête la première sans réfléchir dans de probables ennuis. Que pouvait-il faire de toute façon ? Cela faisait à peine une semaine qu'il était sorti de l'hosto, deux semaines qu'il s'était fait refaire le portrait et que son corps s'était fait irradier au-delà du tolérable. Et maintenant il y a avait ce problème avec un cryotube. A croire que s'était lui qui attirait les incidents- mortels ou non. Pas que cela lui déplaise. Il en avait terriblement besoin. Il n'était pas bon de rester seul et réfléchir, réfléchir, et réfléchir. Il ne voulait plus réfléchir !

Il leva la tête pour répondre à son second quand il remarqua qu'il se trouvait en salle de détention. Il s'était apparemment remis à marcher sans s'en rendre compte. Spock le regardait toujours avec cet agaçant sourcil relevé, seul élément visible de son air interrogateur.

-Spock, je-

-Capitaine Kirk.

James T. Kirk s'arrêta brusquement de parler en entendant la voix lente et doucereuse de la personne qui avait occupé ses pensées -Allez savoir pourquoi d'ailleurs- durant sa convalescence -toujours pas terminée, faut-il préciser ?

-Khan...

Toujours fidèle à lui-même. Aussi droit qu'un pic alors même qu'il était assis avec un visage impassible qui traduisait, par il ne savait quel moyen, tout le mépris qu'il éprouvait pour vous.

Bon sang ! Il n'avait jamais autant voulu lui ravaler sa façade moqueuse et supérieure.

Il scruta un moment le criminel sans rien dire, attendant une réaction de l'amélioré, s'attendant à ce qu'il l'insulte, le menace de tout détruire, de tuer ses amis, s'attendant à ce qu'il se dresse comme un serpent pour lui cracher son venin à la figure, mais rien.

Rien du tout.

Khan restait tranquillement assis, les mains sagement posées sur ses genoux, sans adresser un regard à lui ou son second, fixant le mur de sa cellule se trouvant face à lui et avec toujours ce même air impassible.

-Nous avons un problème avec l'un des cryotubes, annonça Kirk sur le ton de la conversation. Inexistante, cela va sans dire.

Cette remarque eut l'avantage de faire réagir l'amélioré. Sa mâchoire se crispa et il se releva prestement, les mains derrière le dos, pour faire face aux deux officiers alors qu'un air dangereux et menaçant s'installait au fond de ses yeux glacés.

Un regard dangereux qui, s'il en avait eu le pouvoir, aurait dissout la fine paroi de verre qui les séparait.

-Quelle est la nature de ce « problème » ? demanda-t-il de sa voix grave.

Voyant son capitaine garder le silence, Spock répondit :

-D'après les analyses effectuées, il s'agit vraisemblablement d'une défaillance technique. Des ingénieurs tentent en ce moment même de réparer les dégâts sur l'unité mais la technologie du cryotube s'avère obsolète et incompatible avec la nôtre. Nous faisons tout notre possible pour éviter d'en sortir son occupant, cependant les dégâts du cryotube sont inquiétants et risquent de détériorer la santé du cryoginisé.

Les yeux de Khan s'assombrirent. Un silence s'installa après la déclaration de Spock qui attendait visiblement que son capitaine prenne la parole.

Sentant le silence se prolonger, il jeta un bref coup d'œil à Kirk. Il ne comprenait pas cette tendance des humains à l'improvisation. Dès que Kirk avait eu vent de ce cryotube défectueux et des complications probables que cela risquait de provoquer, il s'était rapidement téléporté sur l'Entreprise pour se diriger vers les cellules de détention. Cette proportion des humains à agir sans réfléchir était incompréhensible. C'était imprudent, et surtout dangereux lorsqu'on avait affaire à un criminel tel que Khan.

-Vous allez nous aider à réparer ce cryotube, déclara Kirk en fixant Khan dans les yeux. Vous êtes après tout, si je me souviens bien, « meilleur en tout ». Un problème d'ordre mécanique ne devrait donc pas vous poser de soucis, je me trompe ?

-Vous avez en tout point raison capitaine, répondit l'amélioré avec un ton méprisant. De quel cryotube s'agit-il ? demanda-t-il à Spock.

-Le numéro 7.

Khan fronça les sourcils.

=O

-Ses signes vitaux sont stables docteur.

-Ouais... Pour le moment, grommela le docteur Mc Coy. S'ils prennent encore leur temps comme ça, on sera dans l'obligation de le sortir de là. Surveillez bien ses constantes miss Chapel.

L'infirmière acquiesça distraitement, son attention plongée dans les relevés du tricordeur que lui envoyait le scanner qu'elle tenait dans sa main et qu'elle faisait passer au-dessus de l'unité cryogénique. Continuant ses analyses, elle jeta un regard sur la personne endormie dans le cryotube et laissa son regard vagabonder sur ce que la glace et la coque lui permettait de voir. C'était vraisemblablement un jeune homme. Elle rapprocha son visage du hublot et posa sa main dessus pour voir plus de détails. Le visage de cet amélioré était légèrement penché sur le côté, masqué en partie par des cheveux noires corbeau ébouriffés. Il semblait tellement jeune, vulnérable. Innocent. Elle aimerait tant le –

-Miss Chapel ?

-Mes excuses docteur, s'exclama l'infirmière, surprise.

Elle reprit rapidement son travail en ignorant le grognement du docteur.

Le médecin-chef était d'une humeur massacrante depuis qu'il avait pris le service. Un service bien plus tôt que d'habitude d'ailleurs. Appelé en urgence alors qu'il était pied à Terre, il avait été forcé d'utiliser le téléporteur… Jamais encore elle n'avait vu un communicateur griller comme celui qu'avait tenu ce pauvre enseigne quand le docteur lui avait hurler dans les oreilles en apprenant l'obligation d'user de ce mode de transport pour s'acheminer sur l'Entreprise.

-Vous avez bientôt terminé ? questionna une énième fois le médecin à l'équipe de techniciens.

L'équipe en question, afférée tout autour du cryotube, se retint de pousser un soupir collectif.

-Lorsque vous arrêterez de poser cette question, peut-être ! s'exclama l'un des officiers des plus excédé.

Mauvaise réponse.

Le médecin fit volte-face pour dévisager l'impudent qui lui avait parlé sur ce ton. Le jeune officier blanchit considérablement lorsqu'il vit le médecin sortir d'il ne sait où une seringue hypodermique et s'avancer vers lui avec un regard effrayant digne d'un tueur en série.

-Hey Bones ! intervint une voix provenant de l'entrée de l'infirmerie.

-Mais qu'est-ce que ?

Mc Coy poussa un juron en voyant le spectacle qui s'offrait à lui. A l'entrée de l'infirmerie se tenait au côté du vulcain, avec un grand sourire, James Kirk. Qu'est-ce qu'il fichait ici alors qu'il était encore en convalescence ? Mais ce n'était pas le pire. Derrière lui se tenait le gars le plus improbable à se trouver là, ici et maintenant.

Khan !

Entouré d'une escouade de types de la sécurité armée jusqu'aux dents.

-Mais bon sang de bonsoir Jim ! Qu'est-ce que c'est que ça ? s'exclama Mc Coy en pointant du doigt l'amélioré.

Khan ne releva pas, son regard dirigé vers l'unité cryogénique et l'équipe d'ingénieurs qui tentait de la réparer. Ces derniers se redressèrent soudain très mal à l'aise face au regard lourd de l'amélioré.

-Alors comme ça, les rumeurs comme quoi tu es d'une humeur noire ne sont pas exagérées ! Ricana le capitaine. Tu sais que j'ai croisé l'enseigne chargé du téléporteur. Tu n'as pas honte de traumatiser les gens comme ça ? Plus sérieusement Bones, reprit Kirk en voyant le docteur ouvrir la bouche pour se défendre, Khan va nous aider à réparer cette unité qui pose problème.

D'un signe de tête, il autorisa Khan à s'approcher du cryotube et s'est automatiquement que les gardes se positionnèrent à des points stratégiques de l'infirmerie pour empêcher toute tentative de félonie de sa part.

-Qu- Quoi ?

Mc Coy était complètement ahuri. Il regarda impuissant l'équipe de sécurité envahir son infirmerie et Khan se diriger vers l'équipe d'ingénieurs. Il se tourna vers Kirk et avec un regard déterminé s'avança vers lui pour lui prendre le bras et l'amener vers un coin reculé de l'infirmerie pour lui demander des explications sur sa présence ici. Il était toujours en convalescence bon sang !

-Veuillez me fournir l'avancée de vos recherches, ordonna Khan aux techniciens.

Ceux-ci se consultèrent du regard, visiblement indécis face à la marche à suivre avec l'amélioré. L'infirmière Chapel toussota pour les faire réagir et l'un d'eux s'avança et tendit un padd que Khan saisit d'un geste impatient pour le consulter.

L'équipe d'ingénieurs était vraisemblablement dans une impasse, pensa Khan en lisant les données. Les principaux systèmes endommagés du cryotube impliquaient des composants liés au système de survie également défaillant. Ils ne pouvaient ni être réparés ou remplacés sans risquer déjà la vie de l'occupant. Khan fronça les sourcils en lisant que par deux fois le système de décryogénisation avait été enclenché sans que cela ne soit remarqué. Quelle bande d'incapables. Cela compliquait considérablement les choses. Subir dans un laps de temps réduit plusieurs cryogénisations et décryogénisations était dangereux pour le corps, surtout quand l'occupant n'était pas un amélioré. Ils n'avaient pas le choix. Ils ne pouvaient pas le garder dans le cryotube s'ils voulaient le réparer. Ils se devaient de le sortir, sans compter que l'occupant devait déjà être dans un état inquiétant, même si s'était lui.

-Oh non ! On a un problème ! alerta l'un des ingénieurs aux personnes présentes à l'infirmerie.

Khan s'aperçu alors que le cryotube émettait la lueur rouge caractéristique de l'enclenchement de la procédure de décryogénisation.

-Qu'est-ce qui se passe ? demanda le capitaine Kirk qui s'était approché avec Mc Coy et Spock.

-La procédure de décryogénisation vient de s'enclencher, informa Khan en s'approchant de la console du cryotube.

-Pouvez-vous l'annuler ? demanda l'officier en second.

-Impossible, répondit-il en pianotant sur la console tandis que la glace sur le hublot disparaissait. Les systèmes de commande ne répondent pas.

Il se tourna vers Kirk et lui dit d'un ton menaçant :

-Vous n'avez pas le choix Kirk. Vous ne pouvez pas le garder dans ce cryotube si vous voulez le réparer. Je vous interdis de le garder là dedans alors qu'il risque de subir une nouvelle fois la procédure de cryogénisation. Je ne vous laisserai pas tuer un membre de mon équipage parce que vous avez peur.

Le capitaine n'eut pas le temps d'ouvrir la bouche qu'un son aigue sortit du cryotube.

Bip !

-Docteur ! s'écria l'infirmière. Il se réveille !

En effet, l'occupant clignait rapidement des yeux, aveuglé par la lumière vive de l'infirmerie qui filtrait à travers le cryotube. Le regard de l'infirmière Chapel ne cessait de revenir entre le tricordeur et le jeune homme pour surveiller ses signes vitaux. Khan abandonna la console pour s'approcher du hublot.

-Bones, peux-tu le mettre en état de stase ? demanda rapidement Kirk.

Le docteur se retint de soupirer. Jim prouvait qu'il ne connaissait pas les tenants et les aboutissants de la situation. Il était bien trop tôt pour qu'il reprenne son poste.

-Non Jim. Et c'est justement çà le problème. Dès lors que nous avons appris qu'il avait été plusieurs fois cryogénisé, il est devenu hors de question de le garder en état de stase si jamais on devait le sortir de sa boite de conserve. Son état de santé est préoccupant et requiert des soins spécifiques, et pour ça il doit-être réveillé. D'où notre priorité à réparer coûte que coûte ce cryotube pour éviter d'en sortir son occupant.

Et ça n'avait pas fonctionné. Le cryotube aurait pu, si réparé, garder l'occupant dans un état stable mais il était trop endommagé et risquait de le tuer.

Ils étaient dans de beaux draps !

Bip !

-Qu'est-ce qui se passe maintenant ? demanda Jim, complètement dépassé.

Un ingénieur s'approcha de la console délaissée par l'amélioré et répondit :

-Il semblerait que la procédure de cryogénisation vient d'être initialisée, capitaine.

-Docteur, son rythme cardiaque s'emballe ! avertit l'infirmière.

-On a plus le temps, s'exclama Mc Coy. Ouvrez-moi le cryotube ou il va y passer !

-Les commandes ne répondent toujours pas docteur. L'ouverture du hublot est verrouillée !

Khan n'attendit pas une seconde et saisit de chaque main les côtés de l'ouverture. Il tira d'un coup bref et arracha avec une rapidité déconcertante le hublot de ses gonds.

Il plongea ensuite ses mains dans le cryotube pour extirper l'occupant en le saisissant sous les bras et l'infirmière poussa un hoquet de stupeur en voyant l'état du jeune homme.

Celui-ci portait en tout et pour tout qu'un boxer noir et ses côtes saillaient légèrement sous sa peau pâle. Il était de taille moyenne et semblait jeune, très jeune. Ce n'était qu'un gamin. Mais le plus préoccupant était ses yeux écarquillés exprimant une terreur sans nom et les spasmes musculaires qui agitaient tout son corps.

Khan passa avec douceur un bras sous ses genoux pour le porter vers la plus proche couchette. Il l'allongea délicatement et l'écran mural relié au biolit s'illumina donnant les paramètres vitaux du garçon. Il posa ensuite fermement ses mains sur ses épaules pour le maintenir en place, murmurant doucement des paroles inaudibles.

-Son taux de norépinephrines est trois fois plus élevé que la normale, déclara Mc Coy en regardant l'écran. C'est mauvais.

-Qu'est-ce que cela veut dire docteur Mc Coy ? questionna Spock en retrait.

-Syndrome de stress post-traumatique, renseigna-t-il. Il fait beaucoup souffrir, murmura-t-il pour lui-même. Il faut lui administrer un calmant, dit-il à l'intention de l'infirmière qui se précipita aussitôt vers un chariot. Triple dose !

-Ce n'est pas un amélioré docteur, signala Khan d'une voix calme. Une dose suffira.

-Quoi ? cria Kirk alors que Spock haussait un sourcil, perplexe.

Le docteur se réagit pas et se contenta de modifier la dose qu'il appliqua aussitôt à son nouveau patient qui s'endormit instantanément après l'injection.

-Ce n'est pas un amélioré ? répéta Kirk avec un air incrédule en s'approchant de la couchette.

Il regarda le jeune homme -plutôt le gamin- étendu et endormi sur le biolit. Il était petit et maigre, pas vraiment la carrure d'un amélioré, pensa-t-il en jetant un regard furtif à Khan. Ses cheveux noir-abyssal contrastaient avec sa peau maladivement pâle. Il observa son visage, et son regard fut attiré par une cicatrice sur son front en forme d'éclair.

Il releva la tête pour demander quelque chose quand il remarqua que l'infirmière couvait déjà du regard ce non-amélioré. C'était bien parti, pensa-t-il ironiquement.

Khan, quant à lui, était également absorbé par l'observation du garçon, plongé dans de lointains souvenirs… sa première rencontre avec ce gamin stupéfiant. « Je peux la sauver. » lui avait dit ce gamin lors de leur première rencontre. Les mêmes paroles qu'il avait prononcé à ce père de famille dont la fille était malade. Un père qu'il avait conduit à la mort. « Je peux la… »

-Je peux la sauver.

Khan se retourna brusquement pour trouver sous ses yeux un garçon. Il fronça les sourcils, étonné et suspicieux de trouver une personne vivante dans ce lieu de désolation dépourvu depuis longtemps de ses habitants.

Tous morts.

Comment avait-il pu se rapprocher ainsi d'eux sans être repérer par les siens. Ces derniers, au nombre de quatre, observaient stupéfaits le garçon.

-Je peux la sauver, répéta-t-il d'une voix douce, en désignant d'un mouvement de tête la femme à terre, écroulée dans les bras de son second.

Le gamin ne portait pour vêtement que des guenilles qui pendouillaient tristement sur son corps. Son visage était recouvert d'une couche importante de crasse, faisant ressortir d'une manière surnaturelle ses yeux verts qui dégageaient une ferme détermination.

-Je suis guérisseur, précisa-t-il.

Il s'avança d'un pas et les améliorés présents levèrent leurs armes en signe d'avertissement. Il leva lentement ses mains montrant qu'il ne disposait d'aucune arme.

Un guérisseur ? Qu'est-ce que ça voulait dire ? Etait-ce un charlatan ?

Khan dévisagea une nouvelle fois ce soit disant guérisseur sans y trouver la moindre trace de malice et se tourna vers son second, son ami et confident, Joaquim.

C'était un homme au teint basané, aux cheveux brun foncé et aux yeux marron. Il tenait dans ses bras sa compagne, Cathy, inconsciente et… mourante. L'affrontement avait mal tourné pour eux et ils avaient dû battre en retraire dans ces ruines. Des équipes de dix avaient été envoyé un peu partout pour surveiller les alentours et signaler la moindre intrusion. Ce qui ne risquait pas d'arriver. Personne ne se risquerait à traverser cette ancienne ville, aujourd'hui détruite, sans risquer d'être irradié.

Eux, pouvaient se le permettre.

Il interrogea silencieusement Joaquim et celui-ci lui lança un tel regard implorant et désespéré pour qu'il ne perdit par une seconde.

Il fit signe au gamin de s'approcher.

Khan ne voulait pas voir Cathy mourir. Non il ne le voulait pas. Bien trop des siens étaient déjà morts…Autant tenter le tout pour le tout.

Le garçon s'approcha des deux améliorés au sol, et tendit la main vers la blessure de la femme tandis que l'homme qui la soutenait examinait, tel un faucon, chacun de ses gestes.

Khan l'observa prendre lentement et sans geste brusque, des bandes de tissus de sa sacoche accrochée à sa taille et les appliquer sur la blessure pour faire pression en posant la paume de sa main à plat. Il resta un moment, une éternité dans cette position et Khan allait intervenir lorsque le garçon prit des bandes adhésives pour fixer de nouvelles bandes de tissus sur la blessure.

-Elle ira mieux, se contenta-t-il de dire en se relevant.

Il commença à partir d'où il venait, sans demander son reste quand Khan l'attrapa brusquement par le bras pour lui demander des explications. Cependant il n'eut pas le temps de resserrer sa prise qu'il sentit une violente décharge traverser son bras et ce fut rapidement qu'il retira sa main du garçon. Celui-ci sauta loin de lui pour rejoindre une deuxième personne qu'il n'avait pas vu venir.

-Ne tirez pas ! ordonna Khan à ses coéquipiers qui, armes brandies, regardaient, les yeux écarquillés de stupeur mais aussi de crainte, cette nouvelle personne qui avait échappé à leurs sens améliorés.

Khan n'aperçut que ses yeux bleu glacé et menaçants avant qu'une voix provenant de derrière lui ne lui fasse tourner rapidement le dos.

-Khan !

Cathy avait les yeux ouverts ! Et elle allait visiblement mieux. C'était impossible ! Il croisa le regard tout aussi surpris de Joacquim qui redressa son aimée dans ses bras pour soulever la bande de tissus qui recouvrait la plaie. Elle avait disparue ! Il ne restait de cette plaie qu'une peau rougie. Il se tourna de nouveau vers ces deux étranges personnes quand il constata qu'elles n'étaient plus là. Il les chercha des yeux mais elles s'étaient évanouies dans la pénombre de cette ancienne ville, aujourd'hui un cimetière.

-Khan !

Khan cligna des yeux faisant disparaître les images de cette rencontre insolite dans cette sombre ville en ruine. Il se tourna vers la personne d'où provenait la voix et regarda Kirk qui attendait impatiemment qu'il lui réponde.

-Je disais que je suis étonné de te voir accompagné d'un humain inférieur. Y'en aurait-il d'autres dans ton équipage ? interrogea-t-il, curieux.

Khan sourit intérieurement. Ce gamin était loin d'être ordinaire. Il garda le silence, s'interrogeant s'il devait ou non garder cette information pour lui.

-Sur mes soixante-douze membres d'équipage, deux ne sont pas des améliorés, déclara Khan de sa voix grave.

Kirk le regarda soudain avec un air sérieux.

-Qui est-il ? demanda-t-il en désignant le garçon et Khan vit que tous attendaient qu'il réponde.

-Il s'appelle Harry. C'est notre médecin.

Il s'arrêta un moment et déclara d'une voix blanche :

-Il est un survivant de l'explosion atomique qui détruisit Londres.