Et comme tous les soirs, après seulement une heure de sommeil, il se fit réveiller par un cauchemar, par ses propres cris. L'effroi emplissait encore la salle, l'odeur du sang, les yeux sombres qui le fixaient. Et comme toutes les nuits, il se retrouva assis dans son lit, couvert de sueur, haletant, la voix de Hassan résonant encore dans sa tête. Il l'attrapa, la serrant dans ses mains, agrippant quelques mèches de cheveux, espérant faire taire le tambour que jouait son cœur, la douleur. Il n'arrivait plus, pas tout seul. Ses trait était tendu, son visage livide, des jours, transformé en des semaines, à airer tel un fantôme.
Il jeta les draps rageusement, et s'extirpa du lit, encore tremblant, faible sur ses appuis, sachant qu'il n'arriverait plus à se rendormir. Il marcha rapidement dans la chambre, récupérant son pantalon, un tee-shirt, des chaussettes qui traînaient par terre, pour les enfiler rapidement. Il s'habilla et saisit une veste au hasard, pour finalement arracher les clefs accrochées au mur.
Il fut vite dans sa voiture, frappant le volant. C'était la même routine, continuelle qui s'était installée dans sa vie, il paniquait, se mettait à fuir son appartement trop sombre. Il était misérable, comme sa vie, comme sa vie l'était. En réalité, il ne supportait pas la peur qui naissait chaque nuit en lui. Il ne supportait pas sa fragilité. Il était seul, et cela n'aidait en rien, il était tristement seul. Un pensée fugace l'envahit, Ziva… Il ferma les yeux et grogna, il s'était interdit de penser à elle, cela ne faisait que l'enfoncer bien plus.
Il alluma la voiture et fit rugir le moteur, avant de partir, bien vite. Il n'avait pas besoin de réfléchir à ou il allait, son nouvel instant désespéré, dépendant, apeurer le guidait. Il grimaça, se trouvant pathétique. Il ne fit pas attention à certain feu, certaines priorités, peu importe. Ses mains tremblaient bien trop devant lui, il savait ce qu'il se passait. Une crise d'angoisse comme de nombreuses autres et il en connaissait le remède.
Il se gara un peu plus loin, ne voulant pas être vu. Il avait déjà éteint ses phares et se fit discret dans la nuit bien sombre. Il était déjà un peu plus calme, moins bestiale, plus sou contrôle, son propre contrôle qu'il essayait d'instaurer en retenant sa respiration. Il observa la maison, les lumières, Gibbs ne dormait plus, et ça le rassura alors que l'aube commençait tout doucement à s'annoncer. Il observa l'ombre bouger derrière les rideaux, calmant les pulsations, calmant la folie, et sortit de sa voiture. Il fit quelques pas vers la maison, et comme à chaque fois, il s'arrêta, n'osant plus avancer. Pareil aux autres fois, la vision de son patron en vie suffisait à l'apaiser, à lui rappeler que tout était terminé et comme chaque fois il se trouvait idiot, a mi-chemin. Il tira le col de sa veste, sentant le froid de l'automne le frapper. Il frissonna et retourna à sa voiture, il serait bientôt l'heure d'aller au bureau... Il se reposa encore quelques secondes la tête sur le volant et démarra sa voiture.
Il aurait dû s'y attendre, évidement. A peine avait-il fait un pas dans la salle principale du Ncis qu'une furie noire lui avait sauté dessus. Ce n'était pas la première fois qu'il revoyait Abby, depuis, mais elle ne s'en lassait pas. Et durant quelques secondes, alors qu'elle le serait de toutes ses forces, il se laissa plaire à cette étreinte, profitant de la chaleur, de la pression qu'elle portait sur lui, le rassurant, une présence. Durant quelques secondes il se laissa aller, se déraidit, ferma les yeux et ne pensa à rien. Elle se détacha de lui, un grand sourire qui se transforma vite en regard inquiet quand elle l'observa. Il aurait voulu vivre dans ses bras à cet instant précis.
« Tu as encore besoin de repos Tony… »
Il leva les yeux au ciel. « Par pitié Abbs, je tourne en rond dans mon grand appartement ! »
Elle sourit lui attrapant le bras alors qu'il marchait vers l'enclos. « Il est grand quand ça t'arrange Tony ! »
Il l'observa souriant timidement. Il était bon de l'avoir dans sa vie. « Tu pourra venir au labo après, comme tu le sais j'ai un super matelas ! » Il voulut protester mais elle le coupa, tout en s'éloignant « C'est un ordre Dinozzo ! » Il sourit, laissant la gothique s'éloigner jusqu'à ce qu'elle entre dans l'ascenseur du quel sortait McGee. Celui-ci sourit en le voyant. « Salut Tony ! ».
Il le salua d'un signe de main alors qu'il s'installait sur sa chaise, laissant entendre un soupire de plaisir. « Qu'il est bon d'être à la maison ! ». McGee ne dit rien alors qu'il s'installait à sa place, gardant son sourire. Tout semblait aller pour le mieux.
D'ailleurs la maison comme il disait semblait comme neuve. « Pour un bâtiment qui a explosé il se porte plutôt bien ! »
McGee lui sourit, encore. « Ils ont l'habitude maintenant Tony, repeindre les murs en oranges, et tout ça ». Tony grimaça en observant les murs et McGee sourit.
Il observa les dossiers empilés sur son bureau, encore une autre grimace. Evidemment, la punition à sa trop longue absence. Il en leva quelques un pour voir de quoi il s'agissait et soupira.
« Et oui, Tony, il y a certaines choses auxquelles on ne peut pas échapper ! »
Il sourit à Tim, qui semblait très heureux de le revoir, un sourire de façade, car au fond il n'en était pas encore là. Il observa le bureau en face, ce n'était plus celui de ziva… Il ferma les yeux, Mcgee le vit mais ne dit rien. Ces derniers jours n'avait été que questions, torture mentale, à savoir si sa vie avait encore un sens. Il savait que pour penser à ça il devait déjà passer le cap Hassan, mais il ne pouvait pas s'empêcher de penser à Ziva, à tout ce qu'il avait perdu avec elle et d'enfuir Hassan au fond d'une boite quelque part la en haut, ne voulant pas l'affronter. Le problème avec tout ça, c'est que son esprit se vengeait dès qu'il voulait fermer les yeux.
Et comme a chaque fois, il cherchait l'étoile, manquante, fantôme… Il garda les yeux fermés et soupira.
« Dinozzo. » Il ouvrit les yeux rapidement. Gibbs venait de passer devant lui, le saluant, alors qu'Ellie s'installait à son bureau, lui offrant un magnifique sourire. Il la salua doucement. Il ne l'avait pas vu depuis… et ça lui semblait encore étrange. Il voyait le regard soucieux et aimable qu'elle lui offrait nerveusement, mais il sentait surtout le regard intense de Gibbs, posé sur lui et en train de le scanner.
« On a un marin mort! »
Ils avaient tous bondi de leurs chaises ; prêt à partir, mais quand Gibbs fut à sa hauteur il se stoppa immédiatement. « Pas toi, Tony. »
Il le regarda perplexe, sa voix était douce, pas autoritaire, mais ses yeux ne trompaient pas. Il n'était pas sure de vouloir comprendre, mais l'homme le fixait intensément. Ils ne dirent rien et Gibbs repris son chemin, le laissant seul, pantois. Une fois qu'ils furent dans l'ascenseur il jeta son sac violemment dans un coin, et alla se rasseoir. Il regarda la pile de dossiers et se dit que de toute façon, il n'avait rien d'autre à faire.
