Commentaire d'auteur :
Coucou les petits sorciers! :D Contente de vous voir sur ce premier One-Shot de ce qui sera je l'espère une longue série! :)
J'ai écrit celui-ci vendredi et l'ai fini aujourd'hui dimanche, j'étais pas mal inspirée :D Concernant les caractères des persos j'essaie toujours de faire en sorte de le respecter même si cela dépend des OS tout de même - dans celui-ci, Percival à tendance à être plus...gentil? Si on peut dire cela comme ça x) Ce n'est pas dans mon habitude de faire un peu de OOC mais je trouvais que c'était plus crédible par rapport au scénario x)
Cet OS reste simple et vraiment dans un ton léger, ils ne seront pas forcément tous comme ça évidemment x) Je pense avoir fait rapidement le tour, donc je vous souhaite une bonne lecture ;)
One-Shot 1 : In the case
Percival ne savait que penser de la soirée qui s'annonçait : cela allait s'avérer pour le moins...intéressant, aurait-il put dire. Et étonnament, rencontrer la personne qui lui avait sauvé la vie, bien qu'indirectement, l'angoissait quelque peu - il n'était pourtant pas homme à s'inquiéter d'une rencontre plutôt futile, d'après lui.
Malgré tout cela, il était perdu dans ses pensées, devant son miroir en tentant de nouer sa cravate, dévoré par la curiosité. Une semaine après l'arrestation de Grindelwald, il avait été retrouvé dans l'une des planques de ce dernier, soumis au sortilège de l'Imperium et maintenu en vie par les sbires de ce sorcier tordu. Il lui avait fallut près de deux mois pour être totalement rétabli, dont deux qu'il avait passé à l'hôpital de sorciers le plus réputé de New York, dans l'incapacité de quitter son lit : situation plus que frustrante, lui qui était habitué à courir après les mages noirs toute la sainte journée quelques mois plus tôt avant sa capture.
Une fois totalement sur pied, neuf mois auparavant, il avait aussitôt récupéré sa place de leader au sein des Aurors, remarquant également que Tina Goldstein avait récupéré sa place au sein de son unité après les derniers évènements.
Il avait d'ailleurs été informé de ces derniers peu de temps après avoir été admis à l'hôpital : la manière dont son identité avait été usurpée, et comment un certain Newt Scamander avait révélé les faits.
On lui avait beaucoup parlé de cet homme et de sa valise pleine de créatures magiques et dangereuses, qui en révélant la véritable identité de Grindelwald, avait permis aux enquêteurs de comprendre que lui-même devait être enfermé quelque part, attendant d'être sauvé. Dans un sens, c'était ce fameux Newt qui l'avait sauvé : et c'est lui qu'il allait rencontrer ce soir. Bien évidemment, ce n'était pas prévu à la base : il avait juste entendu Tina en parler à sa soeur, une certaine Queenie travaillant dans un autre département du MACUSA, que ce Newt revenait au bout d'un an d'absence pour leur rendre visite, son livre fraîchement édité, l'amenant en mains propres à la brune, comme il le lui avait apparemment promis.
Quoi qu'il en soit, elles en discutaient toutes les deux lorsqu'il était venu chercher un dossier, et Tina lui avait proposé d'un seul coup :
- Vous devriez venir monsieur Graves, cela vous fera une bonne occasion de rencontrer Newt!
Percival s'était senti forcé d'accepter, en quelque sorte : il ne se voyait pas refuser de le rencontrer alors qu'il l'avait indirectement sauvé. Il avait beau ne pas être enthousiaste à cette idée, il restait quand même poli et courtois et se voyait mal rejeter la proposition de la brune. Mais tout cela ne faisait que remuer les souvenirs de sa capture, qui était loin d'être rose : après tout, il ne s'était pas laissé faire durant cette dernière, loin de là, et les punitions de Grindelwald lui-même avaient été...retentissantes. Pour qu'au final d'ailleurs, ce dernier ne s'échappe quelques mois après sa capture...c'était plus que frustrant, et il aurait mentit s'il n'avait pas avoué être inquiet à l'idée qu'elle telle chose ne se reproduise à nouveau : il ne pourrait en aucun cas tenir une seconde fois.
Néanmoins, il savait que cette inquiétude était insensée : de nouvelles mesures avaient été prises face à ces évènements, de nombreux gardes et tout un tas de détecteurs de sortilèges très sophistiqués avaient été placés à l'entrée du MACUSA, c'était devenu une véritable forteresse, sous le commandement de la Présidente Picquery. Le risque était devenu moindre, même s'il n'était en aucun cas en sécurité à l'extérieur, aussi fort soit-il.
Lâchant un léger soupir, il chassa ces sombres pensées et se reconcentra sur son reflet dans le miroir, terminant le noeud de sa cravate sans faire attention à ses sourcils froncés alors qu'il réfléchissait encore intensément.
Il se demandait quelle sorte d'homme était ce monsieur Scamander : Tina en parlait les trois quarts du temps - il avait dû d'ailleurs l'interpeler à ce sujet, et lui rappeler qu'elle était ici pour travailler, non pas roucouler à propos de son potentiel petit-ami. Quoiqu'il en soit, il avait toujours en horreur les gens ne respectant pas les lois de son pays, et ce Newt Scamander ainsi que sa valise pleine de créatures magiques et dangereuses n'échappaient pas à cette règle. Ce soi-disant Magizoologue devait sûrement se servir de ce titre pour trimballer ses bestioles et les revendre au plus offrant, snobant royalement le fait que la détention de ces créatures était prohibée aux Etats-Unis. Un chasseur, il était prêt à le parier, aussi parfait semblaient le trouver les autres. Quoi qu'il en soit, il allait profiter de cette soirée pour vérifier ses dires, et confisquer définitivement cette valise pleines de créatures qui n'avait rien à faire ici.
Ayant enfin terminé de se préparer, il jeta un coup d'oeil à sa montre et remarqua qu'il était légèrement en avance, comme à chaque fois : il n'était jamais en retard, peut-être avait-il hérité cela d'un lointain cousin britannique, mais qu'importe. Tina lui avait donné l'heure et le lieu du rendez-vous, aussi décida-t-il de s'y rendre immédiatement plutôt que d'attendre davantage dans son appartement.
Percival venait d'arriver devant l'affiche bien connue par les sorciers cachant le pub du Cochon Aveugle. Nom très peu gracieux selon lui, et pub plutôt mal famé, ce qui ne faisait que confirmer son opinion sur ce Newt Scamander. S'il appréciait les endroits de ce genre, il ne devait pas valloir beaucoup mieux que les raclures qui s'y trainaient. Néanmoins, c'était semble-t-il Tina qui avait choisit l'endroit, il ne pouvait donc pas réellement faire de commentaire et préféra se contenter de prononcer quelques mots pour que les deux femmes sur l'affiche élimée et abîmée par le temps ne bougent et lui cèdent le passage à l'intérieur.
Passant une main dans ses cheveux pour s'assurer que ces derniers n'avaient pas bougé, il se pencha légèrement et se faufila par l'ouverture étroite, arrivant dans le pub bruyant, empli des rires gras et des conversations de la plupart des clients déjà partiellement enivrés. Retenant une grimace de dégoût, il préféra chercher des lieux un endroit tranquille en attendant que Tina, sa soeur Queenie ainsi que ce Newt ne le rejoigne.
Il repéra bien vite une table un peu plus loin et s'y rendit rapidement, s'asseyant lourdement sur la banquette collée au mur du fond en espérant qu'ils ne seraient pas en retard : il détestait cela et devrait en plus faire comme si cela n'était pas important.
La mauvaise opinion qu'il avait de Scamander et ses camarades remonta quelque peu lorsqu'il aperçut Tina passer par l'entrée, près de dix minutes après lui. Elle portait une longue robe scintillante, dans des tons de gris bleuté : bien trop chic pour un endroit qui semblait aussi miteux. Les cheveux élégamment coiffés dégageaient son cou et dévoilaient un décolleté qui bien que grand, n'était en aucun cas provoquant. Certes, elle était jolie, il n'aurait pu le nier, mais il ne pouvait penser plus loin : elle restait particulièrement agaçante, se croyant un peu trop tout permis dans le cadre de leur travail, oublaint parfois quelque peu qu'il restait son supérieur : il avait horreur de cela.
Il vit Queenie par la suite, la reconnaissant pour l'avoir croisée à de nombreuses reprises en compagnie de sa soeur, plus qu'à son poste d'ailleurs. Elle portait une robe couleur saumon et un châle blanc, élégamment rabattu sur une épaule, ainsi qu'une sorte de chapeau large voir même totalement disproportionné qui voilait un peu son regard ainsi que ses boucles dorées. Là également, il ne cachait pas qu'il n'appréciait que peu sa compagnie : en premier lieu car il ne la connaissait pas réellement, mais surtout car elle restait une Legilimens capable de lire les pensées : horriblement déstabilisant en plus de devoir faire attention à tout ce qui lui traversait l'esprit en sa présence.
Et puis...à leur suite dans le passage il y eut un homme, et Percival resta interloqué un instant, se demandant s'il s'agissait bien de Newt Scamander, celui qu'il avait imaginé comme un braconnier avec une valise où il conservait ses futures ventes, un homme baraqué, l'air mauvais et prêt à tout pour devenir riche : car en cet instant, la vérité le frappait en pleine figure.
L'homme qu'il venait de voir arriver, suivant les deux Goldsteins n'avait rien à voir avec ce qu'il avait savamment imaginé. Il semblait plutôt menu, se noyant plus qu'autre chose dans un grand manteau d'un bleu marin et portant un costume brun. Percival devina qu'il était sans aucun doute plus petit que lui, et remarqua immédiatement que ce dernier ne semblait pas très à l'aise, affichant un sourire timide à peine visible, les bras ballants : il n'avait pas sa malle de créatures. Et merde.
Revenant à Tina, il remarqua que cette dernière le cherchait du regard et il lui fit un signe de sa place, l'attirant dans sa direction, suivie de sa soeur et du magizoologue - bien que l'Auror avait encore peine à croire qu'il s'agisse réellement de ce dernier.
- Monsieur Graves! Vous êtes en avance! s'exclama la brune en arrivant à sa hauteur.
- Comme à chaque fois, se contenta-t-il de répondre en lui faisant signe de s'asseoir.
La brune ne se fit pas prier et s'installa sur sa gauche, l'obligeant à se décaler légèrement. L'inconnu quant à lui prit place sur le côté droit tandis que Queenie s'installait en face d'eux, adressant un sourire rayonnant comme à chaque fois qu'il la croisait, retirant son large chapeau pour le déposer sur la banquette. Graves lui jeta néanmoins à peine un regard, se contentant de fixer avec attention celui qui venait de se placer à sa droite, l'air de vouloir être partout ailleurs sauf ici.
Il avait les poings sur les genoux, jetant seulement des regards furtifs à la ronde, baissant souvent les yeux : qui étaient d'ailleurs incroyablement clairs, d'un vert presque pastel. Ces derniers étaient souvent voilés par l'étonnante masse de cheveux bouclés qui retombaient devant son visage.
- Newt? appela Tina pour capter son attention.
Ce dernier releva aussitôt la tête, suivant son geste alors qu'elle lui désignait Percival à ses côtés.
- Je te présente le véritable Percival Graves, même si tu devais déjà l'avoir deviné.
Le Poufsouffle acquiesça de la tête et lui tendit sa main, que le chef des Aurors serra vigoureusement, lui jetant un regard plein de curiosité face à son attitude plus que renfermée.
- Excusez-le, intervint Tina, mais je l'ai convaincu que sa valise ne craignait rien chez moi, et on dirait que son absence le perturbe énormément.
- N'importe qui pourrait entrer par effraction pour s'en emparer, expliqua Newt avec un sourire gêné, l'air mal à l'aise, se trémoussant sur place.
Graves plissa les yeux, observant son comportement. Evidemment, il ne voulait pas que toute sa précieuse marchandise ne lui soit dérobée - à moins que des gens le recherchent effectivement pour voler ce qu'il cachait et le revendre eux-même pour se faire de l'argent. Après tout, il n'y connaissait pas grand chose dans le domaine de ventes illégales, ce n'était pas son département, mais il devrait se renseigner dans un avenir proche.
Dans tous les cas, s'il souhaitait en savoir davantage et récupérer cette valise, il allait devoir installer un climat de confiance pour que ce Scamander lui en parle plus en détails. Percival était sûr d'une chose, c'est qu'il n'aimait pas cet homme. Il n'avait rien après les créatures magiques, loin de là : mais elles étaient interdites, il ne faisait que son devoir. En plus de cela, il trouvait immonde que quelqu'un puisse oser les revendre au plus offrant comme s'il s'agissait de vulgaire marchandise : ces animaux restaient des êtres vivants! Il n'était pas un fervent défenseur de toutes ces choses, qui pour les trois quarts étaient terriblement dangereuses, mais il ne pouvait tout de même pas accepter des actes aussi cruels.
Décidé, il fit signe à l'un des serveurs et ils passèrent commande, revevant par la suite à la conversation que venait de lancer Tina. D'après ce qu'il avait comprit, la brune avait à peine eut le temps de chercher Newt sur le port et le laisser déposer sa valise qu'ils étaient venus ici avec Queenie pour fêter leurs retrouvailles. Drôle d'endroit pour se faire d'après lui, mais il n'était pas là pour juger, ces trois-là connaissaient sûrement les lieux pour y être déjà allés ensembles par le passé, un an plus tôt.
- Alors Newt, ce roman? J'ai vaguement entendu parler qu'il était en voie d'être publié, mais je n'ai pas pu avoir plus d'informations : après tout c'est loin, la Grande Bretagne, on ne parle que rarement de livres d'auteurs de là-bas!
- Il est terminé et disponible dans mon pays, avoua Newt avec un petit sourire. Je t'en ai ramené un exemplaire, comme je te l'avait dit.
La brune eut l'air ravie, le remerciant chaleureusement, et Queenie demanda alors, sous l'oreille attentive de Percival :
- Alors, que comptes-tu faire à présent que ton roman a été publié?
- Je vais continuer à voyager, après tout je suis loin d'avoir répertorié toutes les créatures magiques de notre monde, expliqua-t-il.
Il eut un autre sourire un peu timide, repoussant quelques cheveux qui lui tombaient devant les yeux, et il ajouta :
- Peut-être qu'un jour, j'aurai de quoi écrire un second volume à mon bestiaire.
- Ce serait formidable, ajouta Tina d'un air joyeux.
- Bestiaire? releva soudainement Percival, l'air plus que surpris.
Les trois autres se tournèrent vers lui avec attention, et il eut presque l'impression de se sentir de trop. Fronçant les sourcils, il inclina légèrement la tête et Tina décida de l'éclairer :
- Eh bien oui, le roman de Newt est un bestiaire concernant toutes les créatures magiques connues à ce jour, et où les trouver, expliqua-t-elle.
Graves haussa les sourcils, complètement perdu. Si comme il le pensait, Scamander faisait du trafic de créatures, pour quelle raison aurait-il décidé de rendre public l'endroit où il capturait ces dernières? Cela n'avait aucun sens, quelque chose clochait, assurément! Bien décidé à comprendre la situation, il décida de mettre les deux pieds dans le plat et demanda :
- Je ne comprends pas, vous ne fait pas de trafic de créatures magiques?
Il écarquilla légèrement les yeux lorsque Queenie laissa échapper un élégant rire, bien que moqueur tout de même, tandis que Tina lui jetait un regard scandalisé et Newt le fixait d'un air éberlué.
- Quoi? releva-t-il, commençant à perdre patience.
Il avait horreur de ne pas comprendre une situation, et ces imbéciles ne l'aidaient absolument pas à éclaircir tout ça.
- Bon dieu non! fit finalement la brune, semblant remise de la question de son supérieur. Quelle idée saugrenue, visiblement les gens qui vous raconté les évènements produits un an plus tôt n'ont pas du être assez complets dans leurs explications! Newt, raconte-lui ce que tu fais!
Percival tourna la tête vers lui, le dévisageant de son regard sombre, en attente de réponses. Le Poufsouffle eut un énième sourire timide en relevant le regard vers lui, plantant son regard vert d'eau sur lui.
- Je ne fais que me servir de ma valise pour protéger ces créatures des gens qui voudraient leur faire du mal, et aussi les transporter pour les ramener chez elles si elles sont perdues ou avaient été capturées par des gens peu scrupuleux.
Percival lui jeta un regard éberlué, se demandant s'il était possible qu'il se soit trompé à ce point sur la personne qu'était Newt Scamander.
- Je suis obligé de garder certains d'entre eux à l'intérieur, car des gens les exterminent ou les recherchent pour faire d'étranges potions de magie noire, continua Newt en triturant ses doigts. Mais sinon, je ramène celles que je peux où elles vivaient, et en même temps, je répertorie les nouvelles espèces.
Il baissa à nouveau les yeux, comme s'il n'osait pas soutenir son regard trop longtemps ou que cela le mettait mal à l'aise, et Percival ne remarqua qu'à cet instant qu'il y avait comme une petite branche d'arbre glissée dans les plis du manteau de Newt. En observant plus attentivement, il crut même y voir un visage, mais la seconde d'après l'étrange branche avait disparue. Ayant l'impression que la situation devenait de plus en plus étrange, le chef des Aurors se racla la gorge et fit :
- Il...semblerait que je vous avais mal jugé.
Un petit sourire s'étala sur le visage de Newt qui le rassura en affirmant :
- Ce n'est pas la première fois que ça m'arrive, vous savez, ne vous sentez pas coupable pour cela.
Percival ne sut que répondre à cela. A vrai dire, c'était plutôt déstabilisant de voir que le gros bras trafiquant de créatures magiques qu'il avait imaginé était cet homme avec un sourire doux, un regard clair et fuyant, au physique menu et semblant minuscule à côté de lui. Bon sang, en réalité c'était totalement perturbant et il se sentait perdu. Néanmoins, il n'avait pas oublié qu'il se devait de récupérer les créatures bien trop dangereuses de Newt pour s'en débarasser. Il n'était pas un monstre malgré tout, il pourrait peut-être lui laisser celles innofensives, personne n'en saurait rien...Comme ce Niffleur dont il avait entendu parler, si Newt l'avait toujours avec lui.
Il retint un soupir en se rendant compte qu'il tentait déjà de vouloir laisser à cet inconnu certaines de ses créatures, alors qu'un an plus tôt, il n'aurait sûrement pas hésité à embarquer la malle complète - avoir été retenu prisonnier pendant des mois avait dû le ramollir, à n'en pas douter.
Il fut tiré de ses pensées par les boissons qui venaient d'arriver, remarquant par la même occasion que les deux soeurs étaient lancées dans une conversation à propos d'il ne savait quoi, semblant avoir momentanément oublié leur présence. Comprenant qu'il allait devoir faire la discussion avec Scamander, il fixa ce dernier qui jouait avec son verre plus qu'il ne s'intéressait à son contenu, et demanda :
- Pour quelle raison avez-vous décidé de faire ce bestiaire?
Newt releva le regard vers lui, le déstabilisant un instant. Il y avait quelque chose dans ces yeux clairs qui respirait la gentillesse, la douceur et plus les secondes passaient et plus il se demandait comment il pourrait bien retirer ses créatures à cet homme. Bon sang, il devait se concentrer un peu et faire son boulot, c'était pour cela qu'il avait accepté la proposition de Tina à la base!
- Je voudrais juste que toutes ces créatures magiques soient respectées et non pas traquées ou vendues comme de vulgaires objets. J'espère qu'avec ce que j'ai écrit, les gens comprendront un peu mieux que ce sont des êtres vivants tels que nous.
Newt parlait de cela avec un air ravi, adoration aurait même été un terme plus exact. Percival pouvait deviner avec facilité qu'il aimait ce dont il parlait, cela se voyait à la manière dont son regard semblait illuminé de joie et à son sourire un peu moins gêné.
- Vous devriez les voir, lâcha soudainement le Poufsouffle en prenant une petite gorgée de son verre sans le regarder.
- Je ne sais pas si ce serait une bonne idée, répondit l'Auror.
Ce dernier manqua de s'insulter copieusement en guise de réponse. Alors qu'il tentait de faire en sorte que Newt lui fasse assez confiance pour lui montrer ses créatures et qu'il puisse les confisquer, il avait eu cette chance inespérée et voilà qu'il la refusait! Pour quelle raison?!
Son esprit tournait à plein régime, et il savait parfaitement pourquoi il venait de dire une chose pareille au Magizoologue : il ne voulait tout simplement pas lui faire de peine en retirant ce qui semblait être toute sa vie, c'était cruel et rien que d'y penser, il se sentait coupable à l'avance. Bon sang, ils discutaient pourtant depuis un quart d'heure tout au plus, comment pouvait-il s'être laissé embobiné de la sorte!
- Je pense que c'en est une, répliqua Newt en le fixant à nouveau, l'air un peu plus sûr de lui, comme s'il avait rassemblé son courage.
Percival ne répondit rien à cela, se contentant de l'observer avec attention. Il ne comprenait pas pourquoi cet homme souhaitait lui montrer toutes ses créatures, et il n'était pas sûr de comment réagir face à cela.
- Vraiment, ce n'est pas...fit-il.
- Pourquoi? Vous leur feriez du mal? demanda Newt d'un air très sérieux, le fixant droit dans les yeux.
Graves lui jeta un regard mi-surpris, mi-outré et s'exclama presque aussitôt :
- Bien sûr que non!
- Alors, il n'y a rien à craindre, répondit le Poufsouffle avec un petit sourire.
L'Auror lâcha un soupir, se retenant de se prendre le visage entre les mains. Cet idiot ne comprenait pas, ne pouvait-il pas deviner qu'il vallait mieux pour lui qu'il ne voit jamais ces créatures? Il était sensé les confisquer, était-ce si difficile à deviner ?!
- Oh, je sais bien que vous ne devez pas voir d'un très bon oeil ma présence ici, ou plutôt ma valise, lâcha soudianement Newt, lui faisant relever la tête, surpris.
- Qu'est-ce qu'il peut vous faire penser ainsi? demanda Percival, le dévisageant avec attention.
- C'est votre boulot après tout, n'est-ce pas? Faire disparaître tout ce qui ne devrait pas être ici, à New York.
Ah, enfin il comprenait! Mais dans ce cas, pourquoi s'obstinait-il à vouloir lui montrer tout cela?
- C'est aussi pour cette raison que je veux vous montrer ceux dont je prends soin. Comme cela, vous comprendrez qu'aucun d'eux n'est dangereux.
- C'est un pari risqué, fit remarquer l'Auror avec un petit sourire, un brin moqueur. Et si je ne suis pas convaincu?
- Je ne m'inquiète pas de cette éventualité, avoua doucement le Magizoologue, comme s'il savait qu'il avait déjà gagné d'avance.
Percival le fixa pendant près d'une minute, essayant de discerner qui était en réalité cet étrange personnage qu'il venait de rencontrer. Il s'était attendu à quelqu'un de foncièrement mauvais qu'il lui faudrait mettre sous les barreaux et il se retrouvait avec quelqu'un d'adorable, passionné de tout un tas de créatures magiques. Non, décidément, il n'arriverait pas à s'y faire avant un petit bout de temps.
- Vous êtes un homme intéressant, monsieur Scamander, lâcha-t-il soudainement, ne faisant que donner son ressentit quant à cette étrange rencontre.
L'interpelé releva brusquement la tête, le fixant avec une incrédulité non feinte, tant et si bien que Graves se demanda un instant ce qu'il pouvait bien avoir dit de mal.
- Tout va bien? s'enquit-il, intrigué.
- Euh...oui, répondit finalement son interlocuteur, l'air encore un peu surpris. C'est juste que...un an plus tôt, j'ai eu l'occasion de parler avec Grindelwald alors qu'il se cachait encore sous votre apparence : il a dit cette même phrase, ce jour-là.
- Vaiment? s'étonna l'Auror, plus que choqué.
A bien y réfléchir, non, ce n'était pas si surprenant outre mesure. Il lâcha un soupir, faisant remarquer sans faire attention à l'amertume qui s'était glissée dans sa voix :
- Eh bien, je suppose qu'il avait parfaitement réussit à rentrer dans son personnage, pour ne pas être démasqué.
- C'est faux, répliqua soudainement Newt.
- Pardon?
- Eh bien, oui, fit le rouquin d'un air à nouveau gêné. Je ne vous connaissais pas mais sur la fin, il m'a parut évident que ce n'était pas vous. Nos entrevues précédentes, enfin celles avec Grindelwald, m'avait laissé entendre que vous étiez quelqu'un très à cheval sur les règles et les ordres : le fait que vous les balayiez ainsi m'avait fait tilter, c'est comme ça que j'ai deviné qu'il n'était pas vous.
- Pourtant, vous ne me connaissiez pas, puisque l'on vient de se rencontrer, contra Graves en haussant les sourcils.
- Comme vous l'avez dit, parce qu'il avait bien joué votre rôle et je me suis basé là-dessus mais...en vous voyant aujourd'hui, je vois qu'il s'était trompé sur quelques détails, qui bien que minimes ont de l'importance.
Percival se pencha un peu en avant vers Newt, comme s'il planait dans l'air un air de confidence. Il était suspendu aux mots de cet homme, écoutant le portrait qu'il dépeignait de sa personnalité avec une curiosité non feinte.
- Quels détails? demanda-t-il dans un souffle à peine audible, le fixant droit dans les yeux.
Comme à son habitude, Newt baissa les yeux, incapable de soutenir le regard des gens trop longtemps et prit une inspiration, expliquant ce qu'il avait observé - il était doué pour cela, assurément :
- Je pense que vous êtes en réalité quelqu'un de plus conciliant, je dirai même gentil...? Sans vouloir vous vexer.
Graves ne put s'empêcher de sourire à ces mots, car effectivement, on avait peut l'habitude d'entendre quelqu'un dire à un Auror que ce dernier était gentil - il faut dire qu'ils n'étaient pas connus pour être tendres avec les criminels, loin de là.
- Vous êtes sûr de vous à ce sujet? demanda-t-il, amusé.
- J'espère ne pas me tromper, avoua-t-il dans un sourire. C'est pour ça que je veux vous montrer mes créatures.
Percival retint un soupir : et les voilà revenus au sujet principal, il ne pouvait décemment pas y échapper, peu importe combien il essayait. Mais maintenant qu'il connaissait un peu Newt, même si cela ne tenait qu'à une demie-heure, il voulait s'éloigner, car s'il voyait ce qu'il cachait dans sa valise, il serait contraint de la confisquer, et il en avait de moins en moins envie.
Sous son regard perdu, il vit soudain son interlocuteur se lever, abandonnant son verre encore à moitié plein sur la table, attirant les regards perdus des trois autres.
- Newt? releva Tina, coupant sa conversation avec Queenie. Ne me dis pas que tu vas chercher ta valise?
- Je n'aime vaiment pas la laisser sans protection, avoua le Poufsouffle avec un sourire d'excuse.
Tina lui jeta un regard ennuyé, comme si elle s'était en quelque sorte attendu à une situation de ce genre. Cela avait déjà été difficile de faire sortir Newt de l'appartement sans que la propriétaire, qui ne voulait y voir aucun homme, ne s'en aperçoive, alors y retourner immédiatement...
A la plus grande surprise de la brune, Queenie fouilla dans son minuscule sac à main et en tira sa propre clé, qu'elle glissa dans la main de Pervical, ce dernier lui jetant un regard de totale incompréhension.
- Accompagnez-le, il serait capable de se perdre sinon. Nous on va rester ici profiter un peu puis on rentrera aussi, affirma-t-elle.
L'Auror retint la grimace qui voulait s'étaler sur son visage : il n'avait nullement envie de s'éterniser en leur compagnie, et qu'importe si la blonde entendait cela dans son esprit! Néanmoins, à présent mis devant le fait accompli, il se voyait mal refuser et Newt lui jetait un regard plein d'espoir auquel il était difficile de résister, quand bien même cela l'irritait. Avec un soupir, il finit donc par se retourner vers ce dernier et s'exclama :
- Très bien.
- Faites attention à la propriétaire, si elle vous vois, je ne donne pas cher de votre peau, affirma Queenie avec un petit rire.
L'Auror se contenta d'acquiescer à la mise en garde puis tourna les talons, se dirigeant vers la sortie en compagnie du Magizoologue.
Percival savait où habitait les Goldsteins pour s'y être rendu quelques fois récupérer un dossier tard le soir qu'il devait absolument lire pour le lendemain. Il avançait donc en compagnie de Newt en direction dudit appartement, aucun n'osant ouvrir la bouche.
Le Poufsouffle était revenu à New York alors qu'on approchait de Thanksgiving, et le froid commençait à véritablement s'installer, surtout en fin de soirée comme ce soir-là, où le vent soufflait plutôt fort entre les bâtiments de pierre. Graves l'avait vu attraper la même branche d'arbre minuscule qu'il avait cru voir plus tôt dans la soirée pour la glisser au chaud dans la poche de son manteau, ne faisant que lui assurer qu'il s'agissait donc d'une créature.
- A quoi ressemble Ilvermorny? demanda soudainement Newt, mettant fin au silence qui s'éternisait entre eux.
Percival tourna la tête vers lui, obligé de la baisser pour croiser son regard, un peu surpris de la question. Voyant cela, Newt crut bon d'ajouter :
- Je ne connais que Poudlard après tout, j'aimerai savoir comment sont les autres écoles à travers le monde : tout ce qui est différent.
Newt fixa avec stupéfaction le petit sourire nostalgique qui étira les lèvres de son interlocuteur. celui-ci avait les mains enfoncées au fond de ses poches à cause du froid, l'air à présent plongé dans ses pensées.
- C'est un château entièrement fait de granite, entouré de murs de pierre et de tours. A l'intérieur, il y a une gigantesque coupole de verre, et des balcons en bois tout le long des murs : lorsque venait l'été, certains professeurs nous faisaient même étudier ici à la chaleur du soleil, où encore juste à l'étage sous la coupole. Il y a d'ailleurs une serre à cet endroit, et je suis persuadé qu'il y a toujours eut des créatures magiques cachées à l'intérieur, même si elles sont interdites aux Etats-Unis.
Le rouquin sourit à son tour, imaginant à peu près les lieux. Sur les onze écoles majeures de sorcelerie dans ce monde, il n'avait jamais véritablement eut l'occasion de visiter l'une d'entre elles, mis à part Poudlard puisqu'il y avait étudié, et cela le peinait un peu.
- Et vous avez également un système de maisons? Comment cela fonctionne?
- Oui, la répartition est faite le premier jour face à quatre statues. Si l'une d'elles s'anime, c'est que l'on doit rejoindre la maison qui y est affiliée.
Voyant qu'il allait de nouveau poser une question et sachant par avance de quoi il s'agissait, Percival ne lui en laissa pas le temps et continua :
- Il arrivait évidemment que plusieurs statues s'animent et à ce moment-là, c'était à l'élève de choisir.
Scamander acquiesça d'un air particulièrement intéressé, mais n'eut pas le temps d'en apprendre beaucoup plus car ils venaient d'arriver devant l'appartement des deux soeurs.
- Nous y voilà...de ce que j'ai compris, nous avons tout intérêt à être discrets en entrant...fit remarquer l'Auror en sortant les clés de sa poche.
Poussant la porte du hall principal après l'avoir ouverte il se faufila à l'intérieur sans un bruit, jetant un regard à Newt pour lui faire comprendre d'être tout aussi discret. Après avoir refermé la porte de la même manière et le plus lentement possible, Percival eut un large geste de la main en direction d'une porte un peu plus loin qu'il avait deviné comme étant l'appartement de la proriétaire, puis se tourna vers son interlocuteur et s'exclama :
- La voie est libre, elle va dormir pendant un bon quart d'heure.
- Tina n'approuverait pas, fit remarquer le Magizoologue en fronçant légèrement les sourcils.
- C'est pour ça que je le fais, puisqu'elle n'est pas là, répliqua le sorcier avant de grimper les escaliers, suivit de Newt qui lui jeta un regard perplexe de dos.
Une fois arrivé devant l'appartement des deux soeurs, Graves était en train de déverouiller à l'aide des clés puisqu'un Alohomora serait inneficace vu la manière dont la porte avait été truffée de contresorts, lorsque le rouquin lui demanda soudain :
- Comment faites vous pour vous servir de la magie d'une telle manière, sans même user de votre baguette?
Percival stoppa son geste, se tournant vers lui avec un petit sourire : il aurait mentit s'il avait dit ne pas être fier de cela, après tout.
- Il faut beaucoup d'entraînement, ainsi qu'une grande force magique : cela en utilise bien davantage que lorsque l'on se sert de sa baguette, avoua-t-il.
Il était en train de pousser la porte à présent ouverte pour inviter l'autre à entrer lorsque ce dernier fit remarquer :
- En définitive, c'est juste une manière de frimer.
L'Auror le fixa à nouveau alors qu'il le laissait passer devant, l'air outré qu'il puisse penser de cette manière : même s'il avait définitivement raison. Il ne répondit rien, se contentant de refermer la porte derrière eux, jetant un coup d'oeil circulaire à l'appartement des Goldsteins. Même lorsqu'il venait récupérer un dossier, il n'avait jamais tenté d'entrer à l'intérieur : il respectait l'intimitité de ses collègues du MACUSA et de toute manière, il ne voyait pas ce qu'il aurait pu faire ici, alors s'y retrouver à présent était très étrange, d'autant plus que les deux jeunes femmes étaient absentes. Ils auraient pu faire n'importe quoi s'ils l'avaient voulu.
Chassant cela de son esprit, il se contenta de suivre Newt jusqu'à une pièce adjacente, arrivant alors dans ce qui devait être une chambre d'amis.
Les lieux étaient meublés sobrement, seulement décorés d'armoires plutôt petites à chaque mur et de deux lits simples parfaitements fait, sans oublier la table de nuit assez large placée entre les deux. Sur celui de gauche, il remarqua alors la fameuse valise de Newt, parfaitement fermée et reposant soigneusement sur l'édredon. Ce dernier la récupéra avec soin puis la déposa à même le sol sous l'oeil attentif de l'Auror, qui s'attendait véritablement à voir n'importe quelle bestiole s'échapper dès que les deux loquets fermant le tout seraient soulevés. Néanmoins rien ne vint et Scamander se contenta de se glisser dans l'ouverture comme il l'avait fait des milliers de fois, semblant descendre un escalier avant de faire signe à Percival qui le fixait d'un air surpris.
- Vous venez? appela-t-il.
Percival hésita, ainsi debout au milieu de la chambre d'ami mais Newt semblait s'impatienter, dépassant à moitié de sa valise, le fixant cette fois-ci sans même détourner le regard, espérant bien le convaincre. Finalement, il lâcha un soupir, comprenant qu'il ne pourrait y échapper, et décida de la suivre, se glissant à son tour à l'intérieur en descendant ce qui était bien une petite échelle.
Une fois de retour sur le sol, Newt n'attendit pas plus longtemps et grimpa à nouveau, refermant la valise derrière lui pour qu'aucune créature ne s'échappe, et la ferma à l'aide d'un sort. Bondissant avec facilité de l'échelle, il se dirigea vers une grande surface en bois où se trouvaient entassés toutes sortes d'herbes, de bocaux, de livres, feuilles, plumes et tout un tas d'autres choses auxquelles Percival aurait bien été incapable de donner un nom. Le Magizoologue avait déjà retiré son manteau d'un bleu royal qui reposait dans un coin, dévoilant une chemise blanche retroussée jusqu'au coudes ainsi qu'un veston brun, bien plus pratique pour les gestes qu'il entreprenait. Ses bras étaient couverts de marques et de cicatrices, et le brun se demanda un instant si chacune d'entre elles venait d'une créature qu'il avait tenté d'aprivoiser avec plus ou moins de succès.
Graves restait assis dans un coin de ce petit dépôt, se demandant ce que le rouquin était en train de fabriquer. Il y avait une porte derrière ce dernier et il pouvait facilement entendre des grognements tout sauf humains s'échapper de derrière le battant de bois.
Il n'eut pas à attendre longtemps car Newt lui glissa l'anse d'un seau entre les mains et lui fit signe de le suivre. De plus en plus interloqué, Graves ne prononça pas le moindre mot et décida pour cette fois d'obéir, passant la porte que le sorcier referma ensuite sur leur passage.
- C'est...ouah...murmura-t-il soudainement face à ce qui se trouvait devant ses yeux.
Il avait l'impression de se trouver dans une maison comme on en voyait dans de lointains pays, construites au bord d'eaux chaudes d'îles paradisiaques, avec de larges rondins de bois et des ouvertures un peu partout, dévoilant les plaines gigantesques qui s'étendaient à l'extérieur. Le sol était un parquet lisse, marqué par de nombreuses traces de griffes et de marche, et des meubles étaient disposés partout de manière presque aléatoire. Il pouvait entendre de nombreux vrombissements d'insectes, des grognements et tout un tas de bruit provenant des créatures.
Il fit quelques pas, un peu mal à l'aise dans un tel environnement auquel il était tout sauf habitué - et qu'il se devait de faire fermer, il ne devait pas l'oublier - sans se rendre compte que le propriétaire de cet endroit l'observait avec attention.
- Venez, je vais voir si le Niffleur ne se cache pas encore quelque part pour tenter de s'enfuir en douce, l'appela alors Newt d'un signe de la main.
Acquiesçant, l'Auror fit le chemin en sa compagnie et arriva à une sorte d'étrange bulle en suspension : il s'agissait d'une large portion de terre plantée d'un arbre et d'un large trou entre les racines de ce dernier, où le fameux Niffleur faisait teinter deux pièces de monnaie entre elles, semblant particulièrement apprécier la sonorité que cela provoquait.
- Apparemment tout va bien, remarqua le Poufsouffle d'un air satisfait.
Néanmoins il aurait dû retenir sa lange car la seconde suivante, la créature sautait à même le sol pour se faufiler il ne savait où. Newt jura et l'appela, désespérant en le voyant s'enfoncer dans des fourrés où il ne pourrait le suivre.
- Il est impossible, soupira-t-il en se frottant les yeux, l'air las mais tout de même amusé, comme le remarqua Percival.
Il se tourna ensuite vers ce dernier et ajouta avec un petit sourire :
- Il adore tout ce qui brille, vous devriez faire attention à votre montre.
- Ma montre? releva Graves.
Ce dernier baissa sa manche gauche, dévoilant son poignet sans aucun bijou de la sorte.
- Ah c'est pas vrai, comment a-t-il fait ça! jura Newt. Je suis désolé, je vais vous la ramener!
- Attendez, je ne suis même sûr de l'avoir mise avant de venir, c'est peut-être une erreur, fit remarquer l'Auror, peu sûr de lui.
- Non non, je vous ai vu avec au Cochon Aveugle, j'en suis certain, contra le Magizoologue en cherchant des yeux la maligne petite créature qui s'était volatilisée.
- Peu importe, j'en ai d'autres.
Percival se surprenait lui-même de la manière dont il faisait peu cas de ses biens, ne comprenant pas vraiment pourquoi il n'avait pas déjà perdu patience face à cela. A la place, il se contentait présentement de suivre Scamander qui semblait tout de même ennuyé de l'incident, jusqu'à une sorte de nid installé entre des branches, où se trouvaient quelques étranges serpents dont la couleur oscillait du bleu au vert émeraude, avec de minuscules ailes mauves. Les créatures piaillèrent en voyant arriver Newt, et la plus proche du nit tenta aussitôt de s'enrouler autour du bras de ce dernier pour se rapprocher de lui. Le rouquin rit légèrement, caressant la tête de la créature pour la faire baisser d'un ton :
- Chuuut, maman est là, fit-il pour la calmer.
Percival considéra la scène d'un air éberlué, et avec en prime la nette impression de ne pas vraiment être à sa place ici. Bon en tout cas, si toutes les créatures qui se trouvaient ici étaient aussi peu dangereuses, peut-être qu'il pourrait fermer les yeux sur la valise...non?
Newt lui fit signe d'approcher, glissant ensuite la main dans le seau qu'il portait, en ressortant...un cadavre de rat. L'Auror haussa un sourcil, retenant une grimace de dégoût tandis que l'autre sorcier présentait la nourriture à la bête enroulée autour de son bras sur la plat de sa main.
- Ce sont des Occamys, l'informa-t-il en les nourrissant un par un.
Graves se contenta d'acquiescer sans savoir quoi répondre, puis une fois cela finit, laissa le seau au sol comme le lui demanda son hôte. Il suivit ensuite ce dernier qui décida de sortir dans la plaine à l'extérieur. Cette dernière était gigantesque, s'étalent sur des dizaines d'hectares, tant et si bien qu'on avait du mal à en voir le fond. Tout au loin, Percival pouvait même voir des montagnes et de larges forêts, si bien qu'il se demanda un instant si la valise était si grande que cela ou bien était-ce seulement un sortilège d'illusion quelconque. Malgré tout, il n'eut pas le temps de demander davantage d'informations à Newt puisque ce dernier venait de mettre ses mains en porte-voix et poussaient d'étranges cris, sûrement dans le but d'attirer une créature.
A bien y réfléchir, cela ressemblait davantage à un chant que des cris, et le brun se surprit à l'écouter avec attention, apaisé par les sonorités qui se dégageaient de la voix de Newt.
Ce dernier s'arrêta lorsqu'il perçut un éclat dans le ciel, d'un blanc aveuglant, dont les ailes froissaient l'air en descendant vers Newt, se posant sans hésiter sur le bras tendu de ce dernier.
- Bon sang, qu'est-ce que c'est..? demanda Percival en fixant l'oiseau.
Ce dernier était très grand et semblait peser son poids sur le bras du Magizoologue, même si le sorcier ne semblait pas faiblir pour autant. La créature avait le plumage entièrement blanc, aux longus plumes trainant à l'arrière. Elle avait un regard vif, bien que d'un rouge plutôt inquiétant.
- Je vous présente Gladys, c'est une Phénix, fit Newt d'un air plutôt fier.
- Mais...elle est...
- Albinos, oui, termina le rouquin à sa place tout en caressant avec douceur le bec de l'oiseau qui poussa un cri mélodieux.
D'accord, Percival avait la nette impression de nager dans un océan d'incompréhension : depuis quand les créatures magiques pouvaient-elles être atteintes d'albinisme?!
- Lorsque son heure vient, elle se consume dans des flammes blanches, continua Newt en lui donnant l'un des rats des Occamys qu'il avait gardé pour elle.
Graves fixa le jeune homme caresser son oiseau avec gentillesse et la manière dont ce dernier se laissait faire, comme apaisé par la présence de Scamander qui n'avait pas le moindre geste violent envers elle.
Il ne pourrait jamais arrêter Newt pour possession illégale de créatures magiques, pas avec ce spectacle qu'il avait sous les yeux.
- Elle était tenue en cage par des moldus, continua Newt à son attention.
- Des moldus? releva son interlocuteur.
- Oh, vous les appelez les Non-majs, ici. Je l'ai libérée et je comptais la ramener dans son pays d'origine, mais elle a préféré rester ici, elle s'y sent davantage à l'abri.
Il eut un petit sourire dans sa direction et avoua d'un air timide :
- Je crois que c'est aussi parce qu'elle apprécie ma compagnie.
Gladys poussa un cri mélodieux en guise de réponse, semblant approuver les paroles de son protecteur. Ce dernier fixa à nouveau l'Auror alors qu'il caressait les plumes d'un blanc étincelant, et fit remarquer avec un léger sourire :
- Les gens foncièrement mauvais sont terrifiés lorsqu'ils entendent le cri d'un Phénix, tandis que les autres entendent juste un simple chant magnifique.
Il le fixa de son regard clair et termina :
- Vous êtes quelqu'un de bon, Percival.
Le concerné ouvrit la bouche puis la referma presque aussitôt, incapable de prononcer le moindre mot, plus que gêné par les paroles du rouquin. Il n'était pas homme à être gêné de quelques mots, mais Newt avait réussit à le déstabiliser depuis leur rencontre plus d'une heure plus tôt, jusqu'à cet instant où il se sentait perdu, sans savoir comment réagir à chaque parole que lui adressait l'ancien élève de Poudlard.
- C'est pour ça que j'ai décidé de vous faire venir ici, je suis persuadé que vous comprenez pourquoi je fais tout ça.
Il lui adressa un nouveau sourire un peu bancal, encore teinté de cette éternelle gêne, ayant toujours peur d'ennuyer les gens à chaque fois qu'il prononçat le moindre mot. Néanmoins il n'ennuyait pas l'américain, loin de là : ce dernier buvait presque ses paroles, étrangement satisfait de l'instant qu'ils semblaient partager.
- Je pourrais la toucher? demanda soudainement Graves en fixant Gladys et son plumage étincelant, tant et si bien que le soleil présent dans le ciel de la valise la rendait difficile à fixer sans détourner le regard à cause de la forte luminosité.
Newt eut l'air ravit de sa demande innatendue, et son sourire joyeux s'étala pleinement sur son visage :
- Evidemment! Approchez doucement par contre, il ne faut pas l'effrayer...Oh, et vous devriez remonter vos manches pour qu'elle n'abime pas le tissu de vos vêtements avec ses serres.
Percival ne se le fit pas dire de fois et quitta son manteau ainsi que son écharpe, les laissant sur l'herbe de la plaine avant de remonter les manches de sa chemise tout aussi blanche que celle du rouquin, dévoilant des bras musculeux et une assez large gourmette en acier sur laquelle se refléta le soleil. Remarquant qu'il l'observait peut-être avec un peu trop d'insistance, Newt toussa pour reprendre contenance et le laissa approcher, caressant la tête de l'oiseau de feu pour l'empêcher de trop s'inquiéter.
Néanmoins la Phénix ne sembla pas réagir à l'approche de Graves qui se planta aux côtés du britannique. Ce dernier retira sa main, laissant l'Auror approcher à son tour les doigts, caressant doucement la tête de la créature magique en priant qu'elle ne tente pas de lui arracher quelques doigts au passage. Malgré tout Gladys se contenta d'incliner la tête sous la main du brun, l'air satisfaite du traitement.
- On dirait qu'elle vous aime bien, fit remarquer Newt.
- Vous croyez? s'enquit le concerné, peu certain que Scamander puisse affirmer cela si tôt.
- La plupart du temps, elle essaie de pincer ceux qu'elle rencontre pour la première fois donc oui, vous vous en sortez bien.
Le brun eut un sourire satisfait et continua de glisser ses doigts sur le plumage de l'oiseau, lorsque l'autre à ses côtés proposa soudainement :
- Vous voulez la prendre sur votre bras?
- Pourquoi pas...? fit l'Auror d'un air légèrement hésitant.
Ce dernier ne put réprimer le frisson qui remonta le long de son échine lorsque Newt colla son bras contre le sien pour faire comprendre au Phénix de changer de place. Déglutissant avec difficulté, il préféra se concentrer sur l'oiseau alors que ce dernier déplaçait ses serres, se posant sur son avant-bras. Contrairement à ce qu'il avait pensé en voyant la créature se poser sur le bras du rouquin, Gladys était étonnament légère, pesant à peine là où elle venait de s'installer. Voyant son air surpris, Newt ne put réprimer un sourire :
- On s'attend toujours à ce qu'elle soit lourde, la première fois.
Graves se contenta d'acquiescer, reprenant les caresses sur le plumage immaculé de la Phénix albinos - il avait encore du mal à croire qu'il avait quelque chose d'aussi rare sous les yeux, d'ailleurs. A n'en pas douter, si un braconnier mettait la main dessus, Gladys pourrait être revenue une véritable fortune : il vallait peut-être mieux qu'elle reste vivre ici après tout, comme l'avait si bien dit Newt.
- Je peux voir les autres? demanda-t-il soudainement, un peu surpris de sa propre question.
Newt eut l'air surpris également mais néanmoins ravi comme en témoignait son sourire. Il acquiesça aussitôt à la demande et lui expliqua qu'il devait seulement tendre le bras vers le ciel pour faire comprendre à Gladys de s'envoler mais même en faisant ce geste, la Phénix restait obstinément posée sur le bras de l'Auror, ne souhaitant vraisemblablement pas décidée à le quitter pour l'instant. Cela sembla un peu surprendre le rouquin mais il eut l'air heureux de voir cela :
- On dirait qu'elle veut rester un peu avec vous...Je vais la poser sur votre épaule, si ça ne vous dérange pas?
Percival secoua la tête, trouvant même l'idée enthousiasmante. Malgré tout, il resta interloqué lorsque Newt s'excusa avant de se rapprocher un peu trop près de lui, tirant sur le noeud de sa cravate qu'il avait prit tant soin de nouer avant de partir plus tôt dans la soirée.
- Que faites-vous? demanda-t-il, peu sûr de lui.
- Elle va abîmer votre chemise avec ses serres si vous ne dégagez pas votre cou, répondit le Magizoologue avec un sourire d'excuse, terminant de dénouer la cravate.
Percival déglutit avec difficulté lorsqu'il sentit les doigts de Newt détacher les deux premiers boutons de sa chemise et se glisser sur son épaule gauche pour la dégager et pousser le tissu. Il leva son regard clair vers le sien et lui fit signe d'approcher son bras droit de son épaule gauche. Gladys sembla immédiatement comprendre le message et se percha sur l'épaule nue de l'Auror, ce dernier sentant légèrement les serres de l'oiseau se planter dans sa chair - juste assez pour ne pas tomber sans lui faire de mal. Newt sembla satisfait et ramassa le manteau ainsi que l'écharpe de son invité :
- On peut y aller! fit-il.
Déposant les vêtements sur une table qui trainait à l'abri dans la large maison de bois ouverte de part en part, Scamander les entraina ensuite sur un chemin qu'ils longèrent pendant près de cinq minutes avant qu'il ne commence à descendre vers le bas en pente assez raide. Au tout début, Percival osait à peine bouger de peur de faire tomber la Phénix mais Newt le rassura en expliquant que la créature était parfaitement aggrippée à son épaule, et que dans le pire des cas elle avait toujours ses ailes pour se rattraper. Ils continuèrent donc à descendre pendant près d'un quart d'heure, sentant la température augmenter au fur et à mesure que les minutes passaient, sans oublier les grondements qui s'intensifiaient.
- Ne me dites pas que c'est ce que je pense...murmura Graves.
Newt ne sembla pas l'entendre alors qu'ils continuaient à descendre dans les profondeurs de la valise, tant et si bien qu'ils finirent pa entrer dans une grotte où une vague de chaleur les atteignit de plein fouet. Des rugissements furieux se faisaient entendre depuis l'intérieur et l'Auror commença à s'inquiéter, alors que son hôte ainsi que Gladys ne semblait en aucun cas affectés par tout cela. Caressant les plumes de la phénix pour s'armer de courage, il suivit le sorcier à l'intérieur, tournant et faisant des détours dans de longs tunnels de pierre rocheuse sombre, sûrement volcanique, arrivant enfin dans une gigantesque salle souterraine où il se figea brusquement, sous le choc.
Il avait sous les yeux un gigantesque dragon qui se prélassait comme si de rien n'était dans un gigantesque lac de lave, grondant de colère dans leur direction. Graves n'en avait jamais vu de semblable auparavant : il avait le museau écrasé et la tête couverte de piques acérés, faisant un peu penser au Boutefeu chinois, mis à part que ses ailes parcheminées étaient plus petites, tout comme le reste du corps, et les écailles étaient davantage couleur gris cendre. Certaines des piques qu'il possédait, sur le museau et au sommet du crâne par exemple semblaient courbées d'une étrange manière, ressemblant à des crochets ou des décapsuleurs de bière, bien que la comparaison ne fusse pas fameuse. Un juron échappa à l'Auror qui pensa que finalement Newt était bel et bien fou, jusqu'à ce que ce dernier ne se tourne dans sa direction et affirme d'un air ravi :
- Il est magnifique n'est-ce pas? C'est un Boutefeu catalan!
Voyant l'air de totale incompréhension de son interlocuteur, le Magizoologiste continua son explication, lancé sur son sujet préféré, ses protégés, quand bien même il s'agissait de créatures capables de le dévorer d'une bouchée :
- Ils sont bien plus rares que les Boutefeu chinois - il doit en rester une dizaine, tout au plus. Ils se dfférencient de leur cousin par la couleur de leurs écailles et leurs cornes courbées avec lesquelles ils brisent les roches dans les volcans pour trouver les pierres précieuses dont il renforcent leurs écailles. J'ai réussit à cacher ce dernier dans ma valise alors qu'il était encore petit, traqué par des braconniers.
- Attendez, vous voulez dire qu'il n'est pas encore à sa taille adulte?! demanda Graves d'un air éberlué.
Newt secoua la tête avec amusement, lui expliquant que le dragon devait encore grandir de quelques mètres, bien qu'il restait plus petit que le Boutefeu chinois.
- J'aurai bien voulu le libérer dans son habitat naturel mais il serait très vite tué pour ses écailles très recherchées, se désola le sorcier. Donc je le garde ici pendant que j'aménage un gigantesque emplacement tout au fond de la valise pour le laisser y vivre sans attaquer les autres créatures qui vivent ici.
Il descendit de quelques pas vers le dragon, faisant signe à Graves de ne pas bouger - et ce dernier n'en avait aucunement l'intention de toute manière - et continua :
- Mais évidemment ce sont des sorts longs qui demandent énormément d'énergie, il me faut donc beaucoup de temps pour finir cela à la perfection.
- Vous ne devriez pas vous approcher autant! lui lança le brun en guise de réponse.
Le britannique ne fit que peu cas de son avertissement et son contenta d'appeler le Boutefeu par le nom qu'il lui avait bien aimablement choisit :
- Maxou! Tu as l'air en forme, mon grand!
L'Auror fixa son hôte comme s'il s'était cogné la tête, se demandant qui sur cette foutue planète appelait un dragon capable de vous arracher la tête d'un coup de crocs, Maxou. Maxou bon sang! On aurait pu croire au nom d'un vulgaire chien de moldu!
- Vous devriez le voir lorsqu'il est câlin, fit Newt d'un air amusé en se dirigeant dans un renfoncement dans la roche, récupérant un seau où se trouvait une énorme pièce de viande crue.
Percival se retint à grande peine d'être sarcastique, se demandant à quel moment dans l'histoire de tout le monde de la magie, un foutu dragon pouvait être câlin, mais il n'était pas sûr de vraiment vouloir le savoir : néanmoins Newt lui offrit tout de même l'information, ravi de partager tout cela avec quelqu'un :
- Je dois restaurer les sorts de chaleur et de feu à peu près une fois par mois, lorsque les anciens faiblissent et lorsque c'est le cas, Maxou a tendance à devenir somnolent et se laisse approcher - j'ai même pu lui caresser les écailles, une fois! termina-t-il avec enthousiasme.
C'était décidé, ce Newt Scamander était définitivement fou, ce n'était pas possible autrement. Ce dernier lança l'énorme morceau de viande au dragon qui le dévora d'un geste, et le rouquin réitéra le geste, nourrissant le dragon gris petit à petit, avant que ce dernier ne se laisse glisser au fond du lac de lave, l'air rassasié.
- On remonte? proposa alors Newt, lui désignant la sortie avec un petit sourire.
Ils venaient de faire le chemin en sens inverse, Gladys toujours perchée sur l'épaule du leader des Aurors, appréciant les caresses que ce dernier lui donnait d'un geste devenu mécanique.
- Je ne comprends pas comment vous pouvez décider de garder un monstre aussi dangereux ici, lâcha-t-il soudainement alors qu'il avançait d'un pas tranquille dans la plaine, Newt sur sa droite.
Ce dernier se tourna vers lui et osa le fixer droit dans les yeux d'un air sérieux comme il en avait si rarement l'habitude, lui faisant remarquer :
- Ce n'est pas parce que je le garde ici que je n'ai pas conscience du fait qu'il est dangereux, monsieur Graves, fit-il. Je sais parfaitement que si j'en venais à l'irriter, il m'arracherait la tête d'un simple coup de crocs : je fais seulement en sorte qu'une telle chose ne se produise pas.
Percival se contenta d'acquiescer, un peu surpris par le ton sérieux de Newt, tranchant avec sa bonne humeur et son air gêné habituels. Ils continuèrent à marcher un peu dans la large plaine emplie des bruits de toutes sortes de créatures, lorsque le rouquin s'exclama soudain :
- J'ai gardé un Suédois à museau court, il y a quelques années. Il avait été traumatisé par des combats clandestins forcés dans des arènes, je l'ai récupéré avec difficulté et complètement brisé psychologiquement. La première fois qu'il m'a vu venir vers lui ici pour le nourrir, il m'a prit pour l'un de ses bourreaux et a tenté de me déchiqueter avec ses griffes.
Graves le fixa d'un air éberlué, la bouche légèrement entrouverte en se demandant comment son hôte avait pu se sortir d'une telle situation.
- Je m'en suis sortit de justesse, et avec trois énormes cicatrices de griffes de dragon sur le torse, avoua-t-il avec un petit sourire, comme si cet épisode de sa vie qui avait dû être horriblement douloureux l'amusait à présent - c'était peut-être le cas.
Percival laissa glisser son regard sur l'emplacement dont lui parlait son interlocuteur, se demandant à quoi pouvaient bien ressembler ces terribles cicatrices. A la place, il se contenta de le fixer du regard, l'écoutant raconter la fin de l'histoire :
- Il lui a fallut beaucoup de temps pour comprendre que je ne lui voulais aucun mal, et encore plus pour que je l'approche assez pour le nourrir. Quand il a enfin comprit, il a commencé à se sentir coupable de ce qu'il m'avait infligé.
Newt fit une pause un instant et avoua avec un sourire presque tendre :
- C'était, non, ce fut la seule fois de ma vie où j'ai vu un dragon éprouver des remords.
Il continuait sa route, donnant des coups dans de petits cailloux cachés entre les herbes folles de la plaine, racontant avce ce même sourire terriblement heureux :
- Il tentait toujours de m'offrir des choses pour se racheter, même une de ses écailles.
Glissant une main sous sa chemise, Newt tira alors sur un cordon en cuir sombre, au bout duquel était suspendue une petite écaille d'un vert irisé de la taille d'une mornille.
- J'ai réussit à lui trouver un endroit tranquille pour vivre ainsi qu'une dragonne - je leur rend visite parfois, environ une fois tous les deux ans.
Percival l'observa un instant, émerveillé sans oser l'avouer devant tout ce qu'avait accomplit cet homme pour toutes les créatures magiques de ce monde - et ce qu'il continuerait de faire certainement jusqu'à sa mort. Fixant les larges cicatrices et marques visibles sur les avant bras du sorcier, Graves finit par s'arrêter, attirant le regard intrigué de Newt qui s'agrandit encore davantage de surprise lorsque son invité posa ses mains sur ses bras, qu'il releva doucement entre eux deux.
- Je pourrais sûrement les effacer, dit-il en le fixant droit dans les yeux.
A sa plus grande stupéfaction, Newt bondit hors de sa portée, le fixant comme s'il venait de proférer une insulte.
- Non! s'exclama-t-il d'un air outré.
Percival inclina légèrement la tête sans comprendre et son hôte se calma, se rapprochant de nouveau vers lui, caressant rapidement la tête de Gladys en remarquant que son geste brusque l'avait légèrement effrayée.
- Excusez-moi, mais je ne veux pas absolument pas d'une telle chose. Je connais chacune de ces cicatrices et quelle créature me l'a faite, dans quelles circonstances...ce sont des souvenirs et je ne veux en aucun cas m'en débarasser! assura-t-il.
Sa tirade terminée, il baissa les yeux, semblant gêné d'avoir élevé la voix de la sorte. Graves posa une main rassurante sur son épaule, assurant :
- Je comprends tout à fait, je suis désolé de ne pas y avoir pensé.
- Ce n'est pas grave, vraiment! assura le rouquin en secouant les mains.
Le silence s'installa entre eux un instant après cela, mais le magizoologue le brisa bien vite, proposant :
- On devrait retourner à l'extérieur, non?
Pensant qu'il avait effectivement eut son lot d'émotions pour la journée, le sorcier du MACUSA acquiesça, laissant Gladys s'envoler en la récupérant sur son bras puis soulevant ce dernier vers le ciel pour la pousser à partir, oubliant de refermer correctement sa chemise alors qu'il retournait avec Newt en direction de l'entrée, n'oubliant tout de même pas son manteau et son écharpe posés dans un coin.
- On est coincés! s'exclama Newt d'une vois qui trahissait la panique.
- Pardon? releva Percival, pensant avoir mal comprit.
- On est coincés! répéta Newt.
- Oui, j'avais cru comprendre! s'exaspéra l'Auror en fixant le rouquin qui tentait d'ouvrir la trappe en haut de l'échelle, en vain. Mais comment c'est possible, ça?
- Quelqu'un a dû fermer les loquets de l'extérieur, expliqua-t-il, paniqué.
- Pourquoi vous ne les ouvrez pas avec la magie? demanda Graves sans comprendre.
- C'est impossible, lui expliqua le Poufsouffle en descendant l'échelle, se plantant face à lui. Lorsque je viens ici, je pose un puissant sort pour empêcher les créatures qui vivent ici de sortir, puisque certaines sont même capables d'user de la magie et que je ne peux pas fermer la valise depusi l'intérieur. Mais lorsque je suis à l'extérieur, le sort est remplacé par les loquets pour les empêcher de sortir : sauf que si quelqu'un les ferme, je suis coincé aussi.
- Ce ne serait pas Tina ou sa soeur qui auraient fait quelque chose d'aussi stupide? demanda le brun en haussant un sourcil, tentant de deviner qui pouvait être le coupable de cette mauvaise blague - il n'avait que très peu envie de rester entouré trop longtemps de ces créatures dangereuses!
- Je ne pense pas, je leur ai déjà expliqué qu'il ne fallait pas fermer, continua Newt, qui semblait totalement paniqué, se tordant les mains et commençant à faire les cent pas. Si cela se trouve, c'est un voleur qui a fermé la valise avant de s'enfuir avec!
Voyant qu'il semblait terrifié de la suite des évènements, Percival reposa son manteau et son écharpe dans un coin de la petite pièce et posa une main rassurante sur l'épaule du sorcier, le forçant à s'arrêter.
- Tout va bien. Si c'est effectivement un voleur, nous serons là pour l'accueillir comme il se doit.
Ses mots semblèrent rassurer légèrement le rouquin, qui inspira à fond dans le but de se calmer.
- Je suis désolé, fit-il soudainement envers l'Auror. Une telle chose n'était pas sensée se produire...
Percival ne répondit rien, ne sachant quoi dire face à cette étrange situation. Plus la journée passait et plus les choses devenaient étranges, il ne savait quoi penser en définitive mais il était sûr d'une chose : à l'extérieur, il devait se faire tard, et il commençait à avoir faim, sans oublier le sommeil, et c'était sûrement le plus inquiétant pour le moment : il n'allait pas manger des rats comme les Occamys!
Newt s'excusa une fois encore, semblant horriblement mal à l'aise face à une telle situation. Finalement, il sembla reprendre un peu son sang-froid sous l'oeil attentif du leader des Aurors et proposa :
- On devrait manger quelque chose..? J'ai mit une alarme sur l'entrée, si les loquets sont ouverts on le saura immédiatement.
Percival acquiesça distraitement face à l'affirmation, bien plus étonné par le début de la phrase. Suivant Scamander qui lui fit signe de le suivre à travers le côtage, il demanda :
- Vous avez de la nourriture, ici?
- Oui, de quoi tenir deux semaines si je suis tout seul, avoua le sorcier. Lorsque je suis chez moi, en Grande Bretagne, il arrivait que je reste chez moi des jours entiers : je vivais dans la valise avec eux.
Newt se faufila dans quelques passages étroits de son côtage, Percival le suivant avec difficulté puisqu'il était quand même plus grand et plus large d'épaules, arrivant à un coin dégagé et qui semblait très agréable. Il y avait une table au milieu de la petite pièce cachée, avec trois chaises un peu branlantes autour. Il y avait également un lit dans un coin, collée contre un mur ouvert sur l'extérieur, dévoilant la surface miroitante d'un lac, et une kitchenette à l'autre extrémité. Des herbes et objets de tous les horizons étaient entassés sur des étagères ou cloués sur les murs, sans oublier des cartes et des peintures en tout genre. L'endroit sentait étrangement l'air marin, et le plafond plutôt bas étaient fait de bois et de larges plaques de verre qui dévoilaient le ciel de la valise, en train de s'assombrir de minute en minute.
- Je ne peux pas dormir ici quand je viens à New York, on ne sait jamais qui pourrait tomber sur la valise tant que je suis à l'intérieur, expliqua Newt.
- Ce doit être égrable de vivre ici, rien que quelques jours, supposa l'Auror en observant les lieux, récupérant au hasard un livre qui trainait pour y lire distraitement la quatrième de couverture.
- Oui, ça l'est, répondit son interlocuteur sans le fixer, rangeant un peu le bureau coincé entre deux étagères. C'est comme être déconnecté du monde réel, de l'extérieur.
Percival quitta le livre des yeux, croisant le regard de son hôte. Ce dernier était adossé à son bureau entassé de livres, d'herbes et de plumes, les mains posées sur le bord en bois. Il le dévisageait du regard, un sourire au coin des lèvres, semblant véritablement apaisé de se trouver ici. C'était un peu comme avoir un jardin secret : rempli de toute sortes de créatures magiques, mais qu'importe. L'Auror regarda autour de lui, et à l'extérieur où il pouvait voir le lac miroiter, sûrement rempli de toutes sortes de créatures, et demanda d'un air presque nostalgique :
- Comment pouvez-vous avoir envie de sortir de là? C'est le genre d'endroit qu'on ne voudrait quitter pour rien au monde.
Un rire léger échappa au magizoologue, qui quitta sa place, le rejoignant devant la fenêtre où il s'était posté, abandonnant le livre qu'il avait dans la main un instant plus tôt. Newt glissa une main au fond de sa poche gauche et en tira la petite branche d'arbre qu'il avait vu dans le pub du Cochon Aveugle. Cette dernière, maintenant qu'il la voyait de plus près dans la main du rouquin, possédait des membres ainsi qu'un petit visage surmonté de deux billes noires en lieu et place des yeux.
- Je sais, mais si je restais ici, les lieux finiraient par se dégrader, je dois entretenir et changer beaucoup de sorts régulièrement. Et puis, j'ai encore plein de créatures à découvrir et à aider dehors, je ne peux pas les laisser toute seules.
Percival baissa les yeux vers lui et le dévisagea avec attention, le regard posé sur la petite branche au creux de sa paume, ses cheveux bouclés et trop longs voilant son regard d'un vert presque irisé. Il jouait avec la minuscule créature du bout des doigts avec un sourire tendre aux teintes de doré du soleil qui se couchait à l'extérieur. C'était quelqu'un de fascinant, à n'en pas douter.
- Je suis désolé, je n'ai pas de la grande cuisine, j'espère que ça ira, fit Newt sans lever les yeux.
- Ça ira, répondit simplement son invité.
Après cela, Newt décida qu'il était temps de manger : la situation était assez étrange mais pas dérangeante pour autant. Ils s'étaient installés sur la table au milieu de la pièce, éclairé de quelques lampes à pétrole accrochées aux quatre coins, sans véritablement échanger de paroles, mais le silence n'était pas gênant pour autant. La petite branche, apparement baptisée Pickett, avait été déposée sur la table et Newt passait plus de temps à jouer avec elle que manger les légumes qu'il avait dans son assiette : il lui faisait faire rouler des tomates cerises sur la table en riant légèrement lorsqu'elle glissait et qu'il devait l'aider. Percival était étrangement silencieux face à ce spectacle, simplement apaisé par le calme qui se dégageait de cet instant. Même durant son rétablissement, qui avait été terriblement long et ennuyant selon lui, il n'avait eu autant l'impression de sérénité. Il avait toujours passé son temps à courir après des sorciers ne respectant pas les lois, faire respecter ces dernières sans jamais prendre le temps de se poser et de respirer calmement.
Être coincé malgré lui dans la valise de Newt lui semblait de plus en plus être une aubaine, un moyen de se détacher un peu de sa vie routinière : qu'il aimait, évidemment, mais un peu de changement était toujours le bienvenue.
- Vous devriez aller dormir, vous semblez fatigué, lui fit soudainement remarquer le rouquin.
Ce dernier tenait à présent Pickett au creux de sa main, elle semblait fatiguée.
- Et où ça? demanda l'Auror en haussant un sourcil.
- Je vous laisse mon lit, répondit Newt en déposant la petite branche sur son épaule tandis qu'il débarassait la table.
- Non, je ne vais pas prendre votre place! protesta le brun en se levant, croisant les bras sur sa poitrine d'un air décidé.
- Vous pouvez, il n'y a pas de problème. Certains des Occamys veulent dormir avec moi certaines fois, je pense que ça ne les dérangera pas, répondit-t-il avec un petit sourire.
Le brun haussa un peu les sourcils, se demandant comment ce devait être de dormir avec ces espèce de serpents à plumes, mais il préféra ne pas savoir et se contenta d'acquiescer tandis que son hôte s'exclamait après lui avoir souhaité bonne nuit :
- Et euh...encore une fois désolé de toute cela, je-
- Ce n'est pas grave, le coupa l'Auror en levant les mains pour le rassurer. Je ne vais pas mourir, nous sommes en sécurité ici, non?
Newt ne put s'empêcher de sourire et acquiesça légèrement, répondant :
- C'est vrai.
- Et il y a toujours cette alarme si jamais la trappe venait à être ouverte, termina Percival.
Cela termina de rassurer le magizoologue, alors que la situation aurait davantage dû être inversée : malgré tout cela ne le dérangeait pas, aussi regarda-t-il Newt quitter la pièce en se demandant s'ils allaient devoir rester ici longtemps.
Cela faisait à présent trois jours qu'ils étaient coincés à l'intérieur de la valise.
Même si Percival commençait à s'inquiéter de ce qu'ils allaient éventuellement manger dans un avenir proche, il n'arrivait pas véritablement à se sentir mal ou avoir envie de sortir à tout prix.
Etrangement, une routine s'était installée durant ces trois petits jours à une vitesse impressionnante, où tout se rythmait à la perfection comme une horloge parfaitement remontée. Trois jours plus tôt, en comprenant qu'ils étaient toujours coincés à l'intérieur, Newt avait tout d'abord décidé de lui montrer les autres créatures qu'il n'avait pas encore vues pour l'occuper et l'empêcher de s'énerver et perdre patience : et Percival pensait aussi que cela finirait par arriver mais il devait se rendre à l'évidence, il était là depuis trois jours et il ne s'était jamais sentit aussi serein de toute sa vie.
Au final, durant ces derniers jours il avait fini par commencer à apprendre à s'occuper de tous ceux qui vivaient ici avec l'aide du magizoologue. Ce dernier avait semblé un peu mal à l'aise par sa présence permanente dans sa valise mais cette sensation était vite passée et cela ne semblait plus du tout le déranger. Au contraire, il était heureux d'avoir quelqu'un avec qui partager sa passion ici, et qui ne semblait pas en avoir rien à faire. Certes, Graves n'était pas un fan de tout ce qui concernait les créatures magiques, mais il devait bien avouer qu'en prendre soin était agréable et satisfaisant, comme une bonne action d'accomplie.
C'était très différent de la satisfaction qu'il ressentait en mettant un sorcier derrière les barreaux, plus léger, c'était même un sentiment de bienfaisance incroyable.
Ce matin-là, il fut une nouvelle fois réveillé par le soleil qui s'engouffrait de tous les côtés, par les ouvertures du côtage ainsi que les odeurs marines s'échappant du lac un peu plus loin, qui abritait d'ailleurs un énorme serpent de mer. Il ne faisait jamais froid à l'intérieur de la valise, la température baissait pour la nuit de manière régulière, tournant toujours à une dizaine de degrés contre vingt-cinq en journée.
S'étirant tant bien que mal dans le lit du rouquin, que ce dernier avait totalement refusé de récupérer, il remarqua immédiatement que quelque chose était différent : en effet, en baissant le regard, il vit aussitôt la boule de poils roulée en boule contre son torse. Repoussant les cheveux qui lui tombaient devant les yeux puisqu'il n'avait aucun moyen de les coiffer à la perfection ici, il avança une main vers la créature qui avait décidé de s'installer avec lui durant la nuit et reconnut immédiatement le Niffleur qui Newt cherchait depuis trois jours.
La petite bestiole était roulée contre lui, et tenait entre ses pattes nulle autre que sa montre disparue comme s'il s'agissait d'une peluche. Il ne put retenir le sourire qui étira ses lèvres tandis qu'il caressait le Niffleur d'un geste doux, relevant la tête en entendant des bruits de pas, fixant Newt qui venait d'entrer dans la petite pièce.
Même si la première fois, il avait vu le magizoologue déjà levé et habillé, ce dernier semblait avoir perdu cette réserve au bout de trois jours et n'était pas dérangé à l'idée de venir ici directement alors qu'il sortait tout juste du lit. Il portait une simple chemise de flanelle blanche ainsi qu'un pantalon trop grand en guise de pyjama. Comme tous les matins, il avait l'habitude d'apparaître avec une de ses créatures adorées déjà collée à lui, comme en manque d'affection, et ce matin-là ne dérogeait pas à cette règle : un Occamy était resté enroulé autour de son cou, l'air de dormir, la tête pendant dans le vide comme uen écharpe, tandis qu'un second, bien réveillé était enroulé autour de son bras droite et agitait doucement les ailes, l'air ravi de l'emplacement qu'il s'était trouvé sur Newt. Ce dernier ne semblait pas gêné dans ses mouvements par leur présence et se contenta d'approcher du réfrigérateur, l'air à peine réveillé.
- Bonjour, lui lança-t-il d'une voix assez basse en attrapant une bouteille de jus d'orange.
- Newt, salua l'Auror en guise de réponse.
Il suivit du regard le rouquin et ajouta :
- J'ai retrouvé ton Niffleur.
Depuis qu'ils étaient ici, ils en étaient venus à se tutoyer, bien que le magizoologue refusait fermement en premier lieu. Néanmoins, Percival avait estimé qu'après avoir dormit dans la valise de Newt la première nuit, c'était tout de même un minimum d'arrêter de se vouvoyer.
A la mention de la bestiole, Newt se tourna brusquement vers lui et s'approcha, découvrant effectivement la créature au fond du lit. Il approcha la main enroulée de l'Occamy vers son Niffleur et la glissa dans sa fourrure avec un sourire doux, se joignant à Percival qui continuait de caresser la boule de poils.
- On a aussi retrouvé ta montre, constata Newt avec amusement.
- Il peut la garder, se surprit à dire l'Auror.
Ce dernier releva les yeux en sentant un regard peser sur lui, surpris de voir Newt le dévisager avec attention, ses prunelles émeraudes semblant l'analyser comme s'il tentait de comprendre il ne savait quoi.
- Tu la lui laisses? demanda-t-il, l'air incertain.
- Oui, ce n'est qu'une montre, répondit Graves en haussant un sourcil devant son étrange comportement, se demandant ce qu'il y avait de si incroyable dans ce geste.
- C'est de l'or, ajouta Scamander, comme si cela était d'une information capitale.
- Je sais, répondit seulement le brun en baissant à nouveau les yeux sur le Niffleur, souriant en voyant celui-ci s'agiter légèrement sous les caresses : bon dieu, il ne pensait pas qu'il pourrait trouver une créature aussi édorable un jour, mais les faits étaient là.
Trois jours plus tôt, si quelqu'un avait tenté de la lui voler, il aurait fait un scandale et à présent, il la cédait sans hésiter à un simple Niffleur. Il ne savait pas exactement pour quelle raison il agissait de la sorte, mis à part que l'approbation de Newt lui semblait comme essentielle. Ce dernier ne l'avait d'ailleurs pas quitté des yeux, et il avait un sourire simplement heureux, un peu déstabilisant. Percival se sentit obligé de le lui rendre, sentant son coeur se gonfler étragement de joie, apaisé par le calme et la présence rassurante du rouquin à côté de lui, empêtré comme il était avec ses Occamys.
C'est précisément à ce moment où ils étaient sereins, flottant dans un sentiment de bien-être que la sonnerie stridente de la trappe d'entrée retentit dans tout le côtage.
Le sifflement réveilla brusquement l'Occamy enroulé autour du cou de Newt qui se redressa brusquement en poussant un cri strident, totalement appeuré tandis que le sorcier tentait de la calmer tant bien que mal en lui caressant la tête, peu aidé par la présence du second serpent sur son bras. Dans l'agitation, le Niffleur venait de bondir hors du lit et s'était déjà faufilé ils ne savaient où. Voyant que Newt semblait avoir dû mal à calmer toutes les créatures autour de lui et celles qui s'étaient faufilées dans la pièce durant la nuit, Percival se leva et le rassura, attrapant sa baguette magique qui trainait sur la table, se rendant près de la trappe, toujours vêtu du pantalon et du marcel dont il se servait pour dormir.
En arrivant dans la minuscule salle où se trouvait la trappe, il ne remarqua rien d'innabituel, et la sonnerie d'alarme venait de s'éteindre. Intrigué, il grimpa à l'échelle et tenta d'ouvrir la valise, qui n'opposa aucune résistance et il put passer la tête à l'extérieur, découvrant la chambre d'ami des Goldstein, comme si rien ne s'était produit. Totalement interloqué, il embrassa la pièce du regard puis décida de redescendre, découvrant Newt qui s'était habillé en quatrième vitesse. Ce dernier lui tendit ses vêtements tandis qu'il montait à l'échelle à son tour pour retourner dans la chambre d'ami. Se dépêchant d'enfiler ses vêtements, Percival le rejoignit bien vite à l'extérieur, faisant tout de même attention à ce qu'aucune créature ne tente de filer par la même occasion.
- Je ne comprends pas...fit remarquer Newt lorsqu'il fut arrivé à sa hauteur.
Percival lui jeta un regard interrogateur et il continua :
- Si la valise n'a pas bougé, pourquoi sommes nous restés coincés trois jours à l'intérieur?
Reconnaissant les voix de Tina et Queenie de l'autre côté de la porte, Percival n'attendit pas plus longtemps et se dirigea vers le battant de bois, avant d'être stoppé par Newt qui venait de poser une main sur son bras. Intrigué, il se trourna vers lui et lui jeta un regard interrogateur, avant de se fioger de stupeur en sentant ce dernier planter un simple baiser sur sa joue, l'air horriblement gêné de son geste en même temps, ce qui était assez contradictoire.
- J'avais bien dit que tu les aimerais. Merci de t'être occupé d'eux, lui murmura-t-il à voix basse avant de passer devant lui, ouvrant la porte pour se rendre dans le salon des deux Goldstein.
Percival ne sut que faire ou répondre face à ce geste soudain, se contentant de tousser pour cacher sa gêne, perturbé plus qu'il ne l'aurait pensé de premier abord. Décidant de reprendre contenance, il se diriga à la suite du magizoologue, atterrisant aux côtés de ce dernier dans le salon.
- Vous voilà! s'exclama Queenie d'un air joyeux, se levant de la chaise où elle était installée. Vous allez bien, apparemment.
- Que c'est-t-il passé? demanda Newt d'un air perdu, fixant les deux jeunes femmes tour à tour.
- Nous étions paniquées, lui avoua la jeune femme blonde, en finissant sa tasse de thé. Lorsque nous sommes rentrés du pub il y a trois jours, aucune trace de vous ni de la valise!
- Au début, nous avions pensé que vous étiez on ne savait où avec mais lorsqu'aucun de vous deux n'est rentré...laissa planer Tina, les sourcils légèrement froncés, comme si elle était encore inquiète.
- On ne s'est rendu compte qu'un peu tard qu'il s'agissait d'un vol et que quelqu'un était rentré par le fenêtre. Il nous a fallut plus de deux jours pour remonter jusqu'au voleur, un sans-abri qui avait attrapé la première chose en s'introduisant ici, pensant se faire un peu d'argent. Heureusement, il s'était contenté de fermer la valise sans regarder son contenu et avait filé avec, tentant d'aller le plus loin possible, si bien qu'il n'a eu aucune occasion de l'ouvrir avant que nous ne le trouvions, expliqua Queenie.
- Vous avez eu de la chance, termina la brune.
- C'est plutôt lui qui a eu la chance que je ne lui tombe pas dessus, répliqua Percival d'un air mauvais. Il aurait dû ouvrir la valise, on se serait fait un plaisir de l'accueillir comme il se doit.
Newt lui jeta un regard en coin en entendant le "on" mais il ne fit aucun commentaire, se contentant de demander ce qu'elles avaient fait par la suite.
- Nous avons ramené la valise ici ce matin même après avoir trouvé ce voleur au beau milieu de la nuit, et nous l'avons ouverte avant de revenir prendre un café ici en attendant que vous ne sortiez.
Percival les fixait d'un air étrangement suspicieux, trouvant cette histoire extrêmement tirée par les cheveux. En plus de cela, Queenie ne semblait pas la personne la plus innocente du monde en cet instant, elle ressemblait même davantage à un chat qui vient de manger entièrement le pot de crème, ce qui l'interpelait encore plus, et qu'importe si elle entendait ces suspicions à son sujet. Alors que les jeunes femmes étaient finalement décidées à leur faire de quoi prendr eun bon petit déjeuner, l'Auror en profita et posa une main sur l'épaule du rouquin, se penchant prêt de lui pour murmurer :
- Elles mentent.
Plus que surpris, Newt releva la tête vers lui, scrutant son visage de son regard clair en espérant comprendre ce qu'il sous-entendait exactement. Finalement, il s'excusa auprès des deux soeurs et entraina le sorcier à l'extérieur, sur le palier. Newt lui faisant remarquer que la propriétaire n'acceptait pas leur présence ici, Percival se contenta de répondre à cela d'un geste de la main pour endormir la concernée à distance, avant d se tourner à nouveau vers lui.
- Leur explication est bien trop bancale, trop rapide...Je suis sûr que ce n'est pas ce qu'il s'est passé.
- Alors, quelle serait la vérité? demanda le rouquin, perdu.
Le brun secoua la tête, n'en sachant pas plus que lui à ce sujet.
- Au moins, nous sommes sortis, fit Newt avec un sourire.
- Dommage, je commençais à m'habituer à vivre à l'intérieur, c'était agréable.
- Vraiment? s'étonna le magizoologue, lui adressant un sourire gêné.
- Oui, vraiment, s'amusa son interlocuteur. C'est une bonne chose de changer d'air de temps en temps, mais si c'est l'air contenu dans une valise.
Le silence s'installa après ces paroles, durant lequel ils se dévisagèrent en silence. Newt n'avait pas l'impression qu'il devait combler le silence comme avec les autres gens qu'il côtoyaient : lorsqu'il était en compagnie de l'Auror, le silence semblait se suffire à lui-même et ne pas avoir besoin d'être empli de mots, prononcés pour ne rien dire. Il n'avait pas non plus l'impression de l'ennuyer quand il parlait, ni de passer pour quelqu'un détrange et de dérangé.
De son côté, Percival repensait aux trois jours qu'ils avaient passé dans la valise, et rassemblait son courage : qui avait toujorus été là dans les trappes que de mages lui importantes de sa carrière, mais qui semblait lui manquer dans un tel moment. Finalement il se redressa un peu du mur du couloir où il s'était adossé et lâcha :
- Tu t'es trompé sur un point, finalement.
Newt releva le regard, le dévisageant, un air d'incompréhension peigné sur ses traits, qui fut vite remplacé par un autre perdu et decontenancé lorsque l'Auror se pencha vers lui, posant une main dans son cou et déposant chastement un baiser sur ses lèvres, se reculant presque aussitôt comme s'il ne voulait pas effrayer une créature magique qu'il tentait d'apprivoiser.
- Il n'y a pas que les créatures que j'ai aimées, dans la valise, ajouta-t-il d'un ton presque badin, un sourire néanmoins accroché aux lèvres.
Newt ne prononça pas la moindre mot, se contentant de le fixer, se demandant si ce qui venait de se produire n'était pas le pure fruit de son imagination. Percival se contenta de lui sourire, peu sûr lui-même du geste si significatif qu'il venait d'netreprendre, et fit remarquer finalement :
- Je dois y aller, le MACUSA doit savoir que je suis revenu, je ne sais même pas si Tina les as prévenus.
Hébété, Newt se contenta d'acquiescer, demandant d'une voix terriblement hésitante :
- On va se revoir...?
- Evidemment, j'ai une montre à récupérer, je te rappelle, répondit l'Auror avec un clin d'oeil.
- Tu as décidé de la donner à mon Niffleur, rappela le magizoologue avec un petit sourire.
- Je trouverai bien uen autre excuse pour retourner dans la valise, le contra le brun d'un air amusé, lui faisant un dernier signe de la main avant de disparaître dans les escaliers, laissant Newt sur le palier, avec un sourire lui dévorant le visage, l'air incroyablement heureux, et qu'importe s'il paraissait stupide.
Quelques minutes plus tôt...
- Si monsieur Graves a vent de ce que tu as fait, je ne donne pas cher de ta peau, fit remarquer Tina alors qu'elle préparait le café, parlant à voix basse pour ne pas être entendu des deux autres sorciers présents sur le palier.
- Oh allez, il ne le saura jamais! contra Queenie avec un sourire malicieux. Et puis il fallait bien les aider un peu, tu as vu comme moi comment isl se fixaient dans le pub!
- Tout de même, les enfermer dans la valise de Newt, s'était un peu extrême, contra Tina.
- Tu plaisantes? C'était parfait! Entre la gêne presque maladive de notre pauvre Newtie et ce fier à bras de Percival, nous n'aurions pas été rendues! protesta Queenie, sûre d'avoir agit pour le mieux.
Tina considéra sa soeur du regard puis finit par soupirer, ne pouvant empêcher un sourire de s'installer sur ses traits.
- Si tu le dis, souffla-t-elle avec amusement. Considérons cela comme une bonne action.
Commentaire d'auteur :
Et voilà concernant ce premier One-shot, j'espère que vous l'aurez aimé le lire autant que j'ai aimé l'écrire :)
Comme je le disais celui-ci est dans un ton assez léger et innocent, ce ne sera pas toujours le cas, si quelqu'un me fait une commande avec de l'angst partout, on changera totalement de registre! XD
Bon je n'ai pas grand chose à dire, n'hésitez donc pas à laisser une review pour me dire ce que vous en avez pensé, et si vous souhaitez faire une commande d'OS x) A très vite! :3
