Chapitre 1 : Le Conseil d'Elrond

Le conseil avait commencé, et Elrond parlait avec vigueur afin de faire comprendre la gravité de la situation aux êtres présents. Mais Gandalf n'écoutait pas ce qu'il disait. Ses pensées tout comme ses yeux, étaient fixés sur la porte d'entré de la pièce. Il espérait grandement la voir arriver. Son inquiétude se lisait sur son visage et le seigneur d'Imladris l'avait bien vu, mais fit mine de rien.

-Montrez-leur l'Anneau Frodon, exigea presque Elrond.

Le petit hobbit se leva hésitant. Il marcha en direction du petit autel de marbre qui se trouvait devant le seigneur, mal à l'aise en sentant les regards des autres sur lui. Lorsqu'il déposa le dit Anneau sur la pierre froide, il retourna hâtivement à son siège, près du magicien. Tous fixèrent l'Anneau et Boromir parla d'un rêve qu'il avait fait en prononçant plusieurs fois Le fléau d'Isildur. Mais Gandalf n'en avait cure. Son inquiétude grandissante alerta d'autant plus Elrond, qui finit par lui demander ce qui lui brûlait depuis plusieurs minutes sur les lèvres, en coupant le capitaine de la garde du Gondor.

-Que vous arrive-t-il Gandalf ? Vous semblez avoir l'esprit ailleurs.

Le mage ne broncha pas et il garda son regard droit sur la porte. Les minutes s'écoulèrent faisant monter la tension dans la salle. Au bout de plusieurs instants d'attente qui parurent duré une éternité, le magicien afficha enfin un sourire et un soupir de soulagement s'échappa de ses lèvres. Elle était là. Enfin. Alors qu'Elrond se remit en tête de le questionner à nouveau la porte, que Gandalf fixait depuis le début du conseil s'ouvrit et un individu entouré d'une cape argentée et d'un capuchon de la même couleur fit son apparition. Legolas s'arma de son arc, prêt à envoyer une flèche, comme les autres elfes, tandis que Gimli prit sa hache fermement entre ses mains imité par ses compagnons nains. La silhouette s'avança légèrement à la vue de tous, gardant la tête baissée ne dévoilant donc pas son visage.

-Vous êtes en retard, retendit la voix de Gandalf

L'inconnu souleva son capuchon sous les yeux éberlués de l'assemblée. L'inconnu s'avérait être une femme d'une beauté extraordinaire. Elle défit sa longue cape grise et la fit tombée en arrière révélant un corps fin et svelte. La nouvelle venue possédait des cheveux aussi noirs que l'ébène à l'opposé de ceux de Legolas, qui lui arrivait jusqu'à la taille. Ses yeux améthyste semblaient être aussi profonds qu'un gouffre abyssal. Ses traits étaient fin et délicat tout comme ses mouvement. Il n'en fallut pas plus à Legolas pour deviner qu'il s'agissait d'un elfe. Cela se confirma par la suite grâce à ses oreilles pointus. Mais chose qui interpella l'elfe blond était sa taille, ainsi que ses formes. Elle était plus petite qu'une elfe et les courbe de son corps étaient plus prononcés ce qui la rendait encore plus belle et désirable.

-Je m'en excuse Mithrandir, mais l'importance est que je sois là non ? dit-elle d'une voix mélodieuse, ajoutant à cela un petit sourire plus qu'adorable.

Le magicien sourit à son tour et se leva pour se diriger vers l'elfe. Il posa sa main sur son cœur et parla dans une langue qu'aucun d'entre eux ne comprit :

-Astra esterni ono thelduin, commença-t-il.

-Mor'ranr lifa unin hjarta onr, continua-t-elle, avec la main posée sur le cœur également.

-Un du evarinya ono varda, termina le mage.

Boromir s'avança :

-Pourrais-je savoir qui êtes vous et quel est cette langue ? demanda-t-il menaçant.

L'elfe aux yeux améthyste le regarda droit dans les yeux avant de sourire :

-N'ai crainte Boromir, fils de Denethor. Le danger est partout sauf ici. Je ne te veux aucun mal sache le.

Sa voix était tellement envoutante que même les nains la fixèrent comme hypnotisés. Elle détourna son regard du gondorien, qui l'a regardait toujours avec admiration.

-Qui êtes-vous ? Demanda doucement Legolas.

Elle se contenta de le fixer pendant de longues minutes avant de lui répondre.

-Mon nom est Linnëa, prince Legolas, répondit-elle avec un sourire.

-Voyez vous, seigneur Elrond, mon amie ici présente pourrais-nous être très utile dans la quête qui permettra de détruire l'Unique, expliqua Gandalf. J'ai donc fais appel à elle.

-Pourquoi ne pas m'en avoir parler ? demanda Elrond.

-Je n'étais pas certain qu'elle serait des nôtre aujourd'hui, répondit le magicien.

-Il est vrai que je ne devais point me présenter ici. Mais votre appel était alarmant.

Elle se tourna vers l'assemblée et parla de sa voix mélodieuse :

-Je viens d'Alagaesia. Rare sont les personnes en Terre Du Milieu qui connaissent cette terre. Seuls les elfes les plus anciens en on déjà entendu parler.

Tout le monde fixa ensuite Legolas qui grimaça. Il en avait déjà entendu parler en effet.

-Mon père m'en a parlé un jour, il y a longtemps mais très vaguement. Tout ce que je sais c'est qu'il s'y trouve ceux de ma race ainsi que des hommes et des nains. Je sais aussi qu'elle est située au nord de la Terre Du Milieu, dit Legolas en s'efforçant de se rappeler les paroles de son père ce jour là.

Linnëa le fixa et lui sourit sincèrement. Puis elle fronça les sourcils et sembla réfléchir.

-C'est tout ce dont il vous a parlés ? Demanda Linnëa soucieuse.

-Oui. Devrais-je savoir d'avantage ? Dit-il en plongeant son regard azur dans celui améthyste de l'elfe.

Elle grimaça.

-Non. Non rien.

Elle-même ne semblait pas convaincu de sa réponse et cela le prince l'avait remarqué mais n'en fit rien. Elle refixa encore Legolas d'un air sombre, presque triste. Son regard semblait désolé. Elrond les regardait sachant que quelque chose clochait. L'assemblée s'était tut et un silence pesant régnait. Linnëa repris ses esprits ainsi que son masque d'indifférence totale et continua :

-Peu importe qui je suis. Je ne sais ce que vous attendez de moi Mithrandir dans cette quête. Alors dites-le moi et j'agirai en conséquence.

-J'attend juste de vous que vous teniez la promesse que votre père à fait au roi Thranduil ainsi qu'a sa femme la reine Amaniel.

A l'évocation du couple royale Linnëa se figea tandis que Legolas se retourna brusquement vers Gandalf, un rictus indéchiffrable plaqué sur son visage. Petit à petit il dirigea son regard vers Linnëa qui avait cessée tout mouvement. Cette dernière fixait le sol comme s'il détenait la clé de ses tourments.

-Qu'est-ce que tout cela veut dire enfin ? S'exclama Boromir.

L'elleth darda son regard sombre sur le capitaine. Elle parla dans une langue étrangère et plus aucuns mots ne sortis de la bouche du gondorien. Ce dernier avait pâli et semblait suffoquer.

-Letta Linnëa ! Hurla Gandalf.

L'elfe n'avait pas bougé. Boromir semblait sur le point de s'évanouir. Legolas, accompagné d'Aragorn se précipita vers lui puis se retourna pour fixer la jeune elfe.

-Linnëa vous allez le tué ! S'époumona le magicien.

Elrond ne put s'empêcher de remarquer que les yeux de Linnëa avaient changé de couleur. Ils étaient passés d'un violet sombre et profond à un bleu saphir pur et étincelant.

-Vous avez des pensées bien déplacés Boromir. Je vois ce que vous souhaitez accomplir et je tiens à vous assurez que jamais je ne vous laisserais faire ! Cracha la bouche de Linnëa, d'une voix plus grave et vibrante, plus impériale et sauvage.

-Letta, Meïlath, dit Gandalf d'une voix plus calme.

L'elfe releva la tête en même temps que Boromir reprenait son souffle. Elle se tourna vers le vieux magicien et tous purent le changement soudain de ses iris.

-Vous n'avez pas entendu les sombres pensées qui parcouraient son être Mithrandir, vous ne pouvez comprendre ma rage ! Siffla-t-elle de la même voix.

-L'Anneau a un impacte sur tout être qui s'en approche. Les hommes en s'en d'autant plus vulnérable, continua Gandalf. Cela ne sert à rien de le blâmer pour quelque chose dont il n'est point responsable Bjartskular, termina le mage.

L'elfe sembla réfléchir un moment puis ses yeux redevinrent violets. Tous furent stupéfaits par ce brusque changement d'yeux et de personnalités. En effet, l'elfe aux yeux améthyste avait une voix mélodieuse, calme, et envoutante. Elle dégageait une aura apaisante et cela sur n'importe qui. Mais lorsque la couleurs de ses yeux avaient changé, tout comme sa voix devenue grave et menaçante, son aura s'était transformée en une aura sauvage et prédatrice.

Linnëa emblait reprendre ses esprits et se dirigea rapidement vers le fils de l'Intendant du Gondor :

-Je suis navré de vous avoir infligé cela, dit-elle simplement agenouiller devant lui. Boromir manquait encore de souffle et tentait tant bien que mal de respirer convenablement.

Sa respiration saccadé et aussi bruyante que celle d'un bœuf n'était pas convenable pour quelqu'un de son rang. Malgré ces tentatives, il n'y parvint pas. Linnëa posa une main sur le cœur de l'homme, qui battait la chamade :

-Vindr, dit-elle simplement.

Boromir sentit une grande bouffé d'air prendre possession de son corps et remplir ses poumons. Il se releva avec l'aide de Legolas, qui avait assisté à la scène, captivé par la profondeur des iris violets.

-Seriez-vous une sorcière ?! S'écria un nain en s'emparant de sa hache.

Linnëa se tourna vers lui et lui sourit. Ce genre se sourire qui désarme même les plus grands et valeureux guerriers.

-Non, Gimli, fils de Gloïn. Je ne suis pas une sorcière, dit-elle doucement.

Gimli quant à lui abaissa sa hache, subjugué par tant de douceur de la part d'une elfe. Quant à elle, elle se tourna vers Boromir et le fixa longuement. Ce dernier la regarda avec horreur.

-Vous avez voulu me tuer ! Clama-t-il. Et vous ! Vous ne faites rien ?! Demanda-t-il en se tournant vers l'Assemblée.

-Eka fricai, Boromir-vodhr. Ce n'était pas mon intention propre, je m'en excuse.

-Je n'ai que faire de vos excuses ! Sorcière ! Clama le gondorien.

-Vous avez le droit d'être en colère, mais je vous le répète, je n'ai rien fais.

-Bien sûr que si ! Espèce de…

-Il suffit Seigneur Boromir !

Tous se retournèrent vers Gandalf.

-Vous expliquez serait beaucoup trop long alors contentez vous de vous rassoir !

Boromir ne sut quoi dire et se dirigea vers son siège en marmonnant dans sa barbe. Linnëa adressa un sourire de remerciement envers le magicien.

-Peu importe comment, l'Anneau doit être détruit, fit Elrond d'une voix forte qui cessa toutes dispersions.

-Alors pourquoi ne pas le faire maintenant ! S'écria alors Gimli tout en se levant, sa hache à la main et n s'avançant dangereusement vers l'Unique, avant d'abattre son armes sur la bague en or. Le résultat fut immédiat. La hache du nain vola en éclat tandis que son porteur ut projeter loin de l'Anneau. Ses confrères nains vinrent l'aidés à se relevé pendant qu'il fixait la bague médusé.

-L'Anneau ne peut être détruit, Gimli, fils de Gloïn, par aucun moyen en notre possession. Il a été forgé dans la Montagne Du Destin. Il n'y que là qu'il peut être détruit. Il faut l'emporter dans les profondeurs du Mordor et le jeté dans l'abîme flamboyant où il est apparut. L'un de vous doit le faire, dit Elrond.

-On entre pas si facilement au Mordor, commença Boromir qui s'était peu à peu remis de ses émotions. Ces portes noires, ne sont pas gardées que par des orques. En ces lieux sévit un mal qui ne dort jamais et le grand Œil est toujours attentif. C'est une terre stérile, recouverte de braise, de cendres et de poussières. L'air que l'on y respire, n'est que vapeur empoisonnée. Même dix milles hommes n'en viendraient pas à bout.

-N'avez vous pas entendu ce que le seigneur Elrond a dit ? L'Anneau doit être détruit ! Rugit Legolas en se levant de son siège.

-Et je suppose que vous croyez être celui qui va le faire ? Rétorqua Gimli amèrement.

-Et si nous échouons ? Que se passera-t-il si Sauron récupère son Anneau ? Continua Boromir sans prêter attention au nain.

-J'aime mieux mourir que de voir cet Anneau dans les mains d'un elfe ! Cracha Gimli.

Dès lors que ces mots furent prononcés, les elfes présents, se levèrent en parfaite synchronisation, suivi des nains beaucoup moins gracieusement.

-Oui nul ne peut se fier à un elfe ! Siffla le fils de Gloïn encore.

Les insultes fusèrent entre les deux espèces sous un Elrond impassible, un Gandalf saturé d'un tel manque de maturité, et d'une Linnëa soucieuse.

-Je vais le faire ! fit la petite voix de Frodon.

Aucun d'entre eux n'ayant entendu, le hobbit se leva de son fauteuil.

-JE VAIS LE FAIRE ! dit-il de façon à ce que toute l'Assemblée entende. Même si je ne sais pas comment faire.

-Je vais vous aidez à porter ce fardeau Frodon Sacquet, aussi longtemps que vous le porterez, dit Gandalf en se plaçant derrière lui.

-Si par ma vie ou par ma mort, je peux vous protéger, je le ferais. Mon épée est votre, dit Aragorn.

-Et mon arc est vôtre, continua le prince de la Forêt Noire.

-Et ma hache ! répliqua Gimli, outré d'avoir été devancé par un elfe mais néanmoins satisfait de la grimace non dissimulé de Legolas en vue de sa participation à la quête.

-Vous avez notre destin à tous entre vos mains, petit homme. Et si telle est la décision du Conseil, le Gondor se joindra à vous.

-Hé ! M. Frodon n'ira nulle part sans moi ! s'écria une petite voix provenant de l'arrière de la terrasse.

Un semi-homme sortit d'un buisson et se rendit directement aux côtés du Porteur.

-Non effet, il n'est guère possible de vous séparez et cela même lorsqu'il est convoqué à un conseil secret et vous nous, retentit la voix d'Elrond amusée.

-Hé, nous venons aussi ! Faudrait nous renvoyés chez nous attachés dans un sac pour nous y en empêcher !

Deux autres petits hommes arrivèrent en courant sous les yeux surpris de l'Assemblée.

-Et puis vous avez besoins de gens intelligents pour ce genre de mission, quête, chose ? dit le deuxième..

-Et bien cela te met hors course Pippin ! répliqua le premier.

-Neuf compagnon. Qu'il en soit ain…commença Elrond avant d'être coupé par une voix mélodieuse.

-Attendez, dit Linnëa calmement en s'avançant devant Frodon.

Elle s'agenouilla afin d'être à la hauteur du semi-homme et lui fit un sourire rassurant avant de dire d'une voix cristalline.

-Il y a bien longtemps, je me suis retrouver à votre place Frodon Sacquet. Je veux dire dans des circonstances assez similaires. Mais contrairement à vous, je n'ai pas luttée. J'ai choisi la facilité. Vous êtes plus courageux que je ne l'ai été autrefois jeune hobbit. Alors si je peux vous permettre de garder ce courage quoi qu'il en soit, je le ferai. Mon épée ainsi que ma vie est vôtre, fit-elle en souriant tristement, la honte et le chagrin se lisant aisément dans ses yeux abyssaux.

-Dix compagnons. Très bien. Vous formerez, la Communauté de l'Anneau, prononça Elrond.

Linnëa se leva brusquement et salua d'un hochement tête ses futurs compagnons d'armes avant de s'éclipser rapidement. Une fois la Communauté dispersée, Elrond se rapprocha du magicien gris.

-C'était ce que vous vouliez Mithrandir, n'est-ce-pas ? dit l'elfe.

-En effet seigneur Elrond, même si sa participation dans la quête était inespérée.

-De quelle promesse parliez-vous ?

-D'une très, très vieille promesse. Qui sera révélée en temps et en heure.

Le seigneur elfe su que Gandalf ne parlerait pas. Il s'inclina légèrement puis s'en alla dans le dédale de couloirs, non sans jeté un regard vers le ciel.