Salut tout le monde ! Et voici le chapitre 1 (oui, je sais, j'avais oublié de spécifié que le chapitre précédent était un prologue... honte à moi. Mais... j'ai fait un nouveau chapitre ! 5 pages OpenOffice (Gwenetsi va être fière de moi^^). AIPMique, je l'espère. TBC : vous en jugerez.
Je souhaite que la lecture de ce chapitre vous fasse plaisir (en tout cas, j'ai aimé l'écrire). Bonne lecture et moult bisous frisquets à vous !
Tony était, pour une fois, arrivé à l'heure au travail. Timothy avait salué l'exploit, ravi de ne pas être seul à faire face à un Gibbs enragé : les intempéris avaient empêché le ravitaillement en caféine du Starbuck de la rue. En conséquence, DiNozzo était venu accompagné d'une splendide et sulfureuse, aux formes délicieusement arrondie, une splendide thermos de café noir, pour patron exigeant. McGee aurait presque acclamé l'agent senior s'il n'avait pas lui même été contraint d'avaler une tasse du breuvage pour l'équipe, que Tony avait condensé dans une thermos, bleue celle-là.
-C'est immonde Tony.
-Tu me remercieras quand Gibbs en aura bu une tasse.
-Je le sais. Mais j'ai l'impression d'avoir assassiné mes papilles gustatives.
Tony lui asséna une tape sur l'épaule.
-Il faut vivre avec McGoûteux. On bosse pour le Boss !
-Oui, mais je m'en serai passé.
Les deux agents s'installèrent à leurs bureaux respectifs, l'un allumant son ordinateur, l'autre tapant son mot de passe, son ordinateur n'étant jamais éteint. Ils pianotèrent un moment en silence puis Tony, fatigué, attrapa un rapport derrière son bureau, et commença à le feuilleter bruyamment. Les pages fouettaient l'air comme des lanières de cuir. Agacé, Timothy poussa un long soupir. Il avait déjà oublié les bons conseils de Kate, qui consistaient en un seul et même pont stratégique dans le "comment gérer son DiNozzo" : l'ignorer. Aussi, la mémoire courte, McGee interpella son voisin.
-Qu'est-ce que qu'il y a Tony ?
-C'est évident non ?
-Non Tony. Alors dis-le, une bonne fois pour toute, qu'on puisse travailler.
-Je suis si transparent que ça ?
-Tony, quand tu t'ennuies, tu fais toujours la même chose : tu joues avec le papier, tu téléphones en parlant si fort que Miguel des ressources humaines sait ce que tu as eu au déjeuner la veille et ensuite, tu t'acharnes sur Ziva et moi pour connaître toute notre vie privée, ou alors déballer la tienne.
-Tiens, on dirait que le café fort, ça ne te réussi pas, McGérémiades.
Timothy poussa un nouveau soupir.
-Quand est-ce que tu vas grandir DiNozzo ?
-Qu'est-ce qui te fait croire que je m'ennuie ? Ca fait à peine trente minutes qu'on est arrivés.
-C'est juste que... d'habitude, quand tu soupires comme ça...
-C'est que je m'ennuie ?
-Oui. Ou alors...
-Ou alors quoi, McGénie ?
-Ou alors que tu as des soucis. La dernière fois, ta voiture a explosé Tony.
-Tu crois vraiment que j'ai oublié ?
L'italien s'enfonça dans son fauteuil de bureau. Timothy, lui, se leva pour le rejoindre.
-Tony...
-Quoi ?
-S'il y avait quelque chose, tu me le dirais ?
DiNozzo observa McGee en silence pendant quelques secondes, avant d'éluder la question d'un revers de la main.
-Ne t'en fais pas, je suis un DiNozzo. Les DiNozzo n'ont pas de soucis.
-Si tu le dis.
Timothy ne se voyait pas pousser l'issue plus loin. Si Tony ne voulait pas parler, même Gibbs n'obtiendrait pas la moindre réponse. Alors, inutile de gaspiller de l'énergie qui pouvait être utilisée intelligemment.
-Tu veux un bagel ?
Interdit, Tony le regarda sans ouvrir la bouche.
-Un bagel ? Tu sais, ces petits pains ronds et mous, troués au milieu...
-Je sais ce qu'est un bagel McGee ! C'est juste que...
-Que Ziva n'est pas là. Du moins, pas encore. Et comme c'est elle, le bleu maintenant...
-Serais-tu en train de me proposer une alliance avec ce bagel McGee ?
-Un peu... oui.
-Alors, j'accepte. Mangeons le Bagel de l'Unité, le Bagel pour les gouverner tous !
-Tony...
-Oui ?
-Evite les références avortées au Seigneur des Anneux s'il te plait.
-Excuse-moi, c'est l'enthousiasme du matin.
Quand Ziva arriva enfin au NCIS, Gibbs avait vidé la première thermos, et finissait la seconde. Timothy et Tony travaillaient avec application, non sans avoir prévu une petite surprise pour Ziva, qui s'assit sans plus de cérémonies.
PROUUUUUUUUUUUUUT !
Les deux agents se mettent à rire.
-Ziva, voyons ! Un peu de tenue.
-Et après, on dit que je suis un porc !
Rageuse, Ziva lança le coussin péteur au visage de Tony. Seulement, c'était exactement à ce moment-là que Gibbs, dernière tasse de café en main, se dirigeait vers l'ascenseur...
-DINOZZO !
Immédiatement, Tony se leva, au garde-à-vous.
-Oui Patron ?
-Va me cherche du café. TOUT DE SUITE !
-Je m'en occupe Patron !
Sans un regard en arrière, sans prendre sans manteau et, surtout, sans un signe d'encouragement pour McGee, Tony quitta les locaux, se ruant dans les escaliers. McGee ne lui en voulait pas, il comprenait que, quand Gibbs était dans cet état là... mieux valait ne pas traîner.
-McGee !
-Patron ?
-Vous vous occupez de Ziva et vous lui expliquez le programme. Je vais en Autopsie.
-Bien Patron.
Après cela, Gibbs avait disparu.
-Je rêve ou il est à cran ?
-Plus de café à cause de la neige.
-Oh.
Tim fit un sourire de circonstance à Ziva, qui s'installa, pas vraiment ravie de travailler encore sur des affaires classées. Mais bon, c'était la vie.
La neige, c'est froid. La neige, c'est énervant. La neige, c'est glissant. La neige, c'est blanc. La neige, ça sent pas bon. La neige, ça bloque la circulation. La neige, ça met Gibbs de mauvais poil. La neige n'est donc, par conséquent, pas l'amie des DiNozzo. Et certainement pas l'amie d'Anthony DiNozzo, qui trotte par un froid de canard dans les rues de Washington, complètement gelé et, pire encore : incapable de trouver un dealer de caféine qui ait encore du stock.
Les mocassins imbibés de neige, l'agent plus que spécial commence à avoir froid, à être fatigué et, surtout, à en avoir ras la casquette de voir dans toutes les vitrines ce même mec fringué comme un agent du FBI, mais sans la petite touche has been qui leur colle si bien à la peau. Seul Fornell est parvenu a y échapper. Et encore, c'était avant cette malheureuse barbe. Si Sacks était là... mais ce type n'est pas Sacks. Il a juste l'air d'être un idiot qui n'a aucun goût vestimentaire. Enfin, c'est un défaut tellement courant... Tony décida d'ignorer cette vision horrible.
Ce type cherche peut-être du café. Peut-être qu'il est fleuriste et qu'il a un patron aussi insupportable que Gibbs. Peut-être que sa femme a menacé de tuer leur enfant s'il ne lui rapportait pas un café correct ? Peut-être que ce type est juste un banlieusard mal sapé complètement gaga de sa fille qui peine à écrire le mot « nénuphar » parce qu'elle n'a que huit ans.
Ou peut-être que ce type est complètement obsédé par les fringues vintage qui ne se portent plus, mais qu'il est tellement écolo que ça lui semble aberrant de ne pas porter sa collection? Ou alors, il est persuadé d'avoir du style ? Ou pire ! Comme tous les hommes mariés, c'est sa femme qui a le dernier mot sur ses fringues ! Yeurk ! L'italien grimaça devant la vitrine d'un café fermé (pour cause d'intempérie) et secoua la tête, espérant chasser la terrible image de son esprit.
Il aurait pu reprendre sa route sans plus de questions si la neige agglomérée sur le toit de l'établissement n'avait pas décidée de se faire la malle à ce moment précis, atterrissant en plein sur l'agent, s'insinuant dans les moindres plis de tissu donnant accès à son cou.
-Et encore une fois Tony !
Serrant les poings, complètement frigorifiés, Anthony DiNozzo secoua sa veste, espérant échapper aux derniers résidus de neige et glace qui n'avaient pas percés ses vêtements. Evidemment, ce fut un échec. De désespoir, Anthony DiNozzo en laissa échapper un éternuement.
-J'ai vraiment la poisse. Reste à savoir si c'est celle des Paddington ou celle des DiNozzo.
Tony s'observa dans la vitrine, réajustant ses vêtements et ses cheveux, avant de remarquer, dans le reflet de la vitrine, cette présence. Encore le type avec la femme autoritaire ? Un détail intrigant : l'homme s'était arrêté, comme Tony, et semblait dévisager l'agent spécial dans la vitre d'une voiture.
Pas très rassuré, l'italien attrapa son téléphone, et appuya sur la touche d'appel rapide.
Gibbs tournait en rond dans l'open space, tiraillé entre le manque de café, l'inquiétude, et un sentiment de culpabilité. Cela faisait un bon moment que Tony était dehors. La neige s'était remise à tombée, et cet idiot avait oublié son manteau ! Comment pouvait-il oublier son manteau alors qu'il était adulte ? Et qu'il avait eu la peste ? Décidément, il faudrait vraiment qu'il passe le restant de ses jours à surveiller ses moindres faits et gestes... pire qu'un gamin. Mais en même temps, c'était lui, qui avait envoyé Tony dehors. Pour une stupide tasse de café. Il hésitait à aller dans l'ascenseur pour téléphoner à Tony et lui dire de ramener ses fesses au bureau ASAP quand son portable se mit à sonner. Enervé, Gibbs l'ouvrit sans ménagement.
-GIBBS !
-Patron...
Une voix distante et anxieuse, celle de Tony. Immédiatement, l'énervement laissa place à un sentiment d'effroi qui glaça Gibbs. Il fit un geste en direction de McGee, qui laissa ses activités en cours pour tracer l'appel.
-Tony, qu'est-ce qu'il y a ?
-Je... je crois que je suis...suivi.
-Quelqu'un qu'on connaît ?
-Je sais pas. Je ne me souviens pas. Et les Ray-Bans en hiver, ça ne m'aide pas vraiment...
-Tony, est-ce que tu penses qu'il est dangereux ?
Il y eu un silence Gibbs et Ziva échangèrent un regard alors que le cliquetis du clavier de McGee devenait plus urgent.
-Je crois que oui.
-Va dans le lieu public le plus proche Tony.
-Tout est fermé Patron ! Y a pas moyen que je trouve cette fichue librairie !
Le désespoir dans la voix de l'italien était clair, trop clair.
-Il est à combien de mètres Tony ?
-Je... je dirai que c'est la troisième que je tente.
Gibbs poussa un soupir. Pourquoi avait-il engagé DiNozzo ? Ce gosse ne faisait que s'attirer des ennuis et ensuite, lui, il se sentait coupable, passait des nuits entières sans sommeil.
-Est-ce que tu as ton arme ?
-Je... non. Non, elle est dans mon tiroir.
Ziva se prit la tête dans les mains.
-Bon sang DiNozzo !
-Désolé Patron.
-Règle numéro six !
-Je sais, mais là, tu n'as pas idée à quel point je le suis...
McGee secouait la tête, cherchant un moyen de retrouver Tony, le périmètre étant trop large, et les caméras de surveillance inefficaces, le froid ayant endommagé la fibre optique.
-Tony, est-ce que tu as une idée de qui pourrait être ce type ?
-Je ne sais pas ! Je sais juste que ce fichu shi-tsu me collait comme la peste, alors je ne vois pas pourquoi on devrait faire un cadeau à Esmée !
-Tony, tu es certain que c'est toi qu'il suit ?
-Excuse-moi, mais je suis pas idiot.
-Gagne du temps.
-Comment ?
-Trouve une solution, agent très spécial.
-J'espère que tu ne vas pas me raccrocher au nez.
-Non, je ne crois pas DiNozzo.
-Bon, à l'angle de Fitzgerald, c'est mort, pas moyen d'acheter un exemplaire de Fifty Shades of Grey. Bouquin merdique pour occasion merdique.
Gibbs réprima un sourire. Il avait toujours plus d'indulgence pour un DiNozzo en danger. Et puis, ce bouquin était vraiment merdique.
-Pittsburg !
-Pittsburg ?
-Ou Baltimore.
-C'est un type de Pittsburg ?
-Ou Baltimore. J'en suis presque sûr.
-Pas Peoria.
-Pourquoi tu crois que je ne te l'aurais pas dis, si ça avait été le cas ?
Gibbs posa sa main sur le micro.
-Ziva, lancez des recherches sur Peoria.
-Mais Gibbs, Tony a dit que...
-Justement. Il est suivi. Il ne va pas faire exprès d'éveiller les soupçons.
Ziva acquiesça et commença à contacter les archives. Dans un autre onglet, elle ouvrit divers dossiers sur Peoria et Tony.
-Tony ?
-...
-Tony !
-Je suis un peu occupé là.
-Qu'est-ce que tu fais ?
-...
-TONY !
-...
-Tony, QU'EST CE QUE TU FAIS ?
-Excusez l'Agent DiNozzo, il est suivi.
Tonalité. Gibbs, rageur, propulsa son téléphone dans l'escalier métallique, le faisant exploser en une multitude de petits fragments. McGee eut à peine le temps de se couvrir la tête avant que la batterie ne heurte son écran d'ordinateur.
Alors, vous en dites quoi ?
