Chapitre 2 : De retour au Terrier

- Au revoir, dit-il tout simplement avant de transplaner jusqu'au Terrier.

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Ils arrivèrent tous les quatre dans le jardin du Terrier où rien n'avait changé. Harry sentit en lui un sentiment de liberté et de soulagement en voyant la maison des Weasley : c'était ici le lieu où il se sentait chez lui. Ce qui est ironique en sachant qu'il devait considérer la maison des Dursley comme la sienne, alors que c'est au Terrier que Harry pouvait sentir la chaleur d'un vrai foyer, savoir ce qu'était la vie de famille et l'amour des gens qui lui sont proches. Il regarda autour de lui : de l'extérieur tout semblait calme, rien ne laissait présager que le mal pouvait atteindre cet endroit. Pour Harry, tout était doux ici, il aimait tout dans cette maison, les gens, les odeurs, la convivialité d'un véritable foyer.

- Prépare-toi ! lui dit Ron. Dedans c'est une véritable folie.
- Voyons Ron, ce n'est pas si terrible que ça, dit Lupin.
- Oui parce que vous ne vivez pas ici, c'est 24h sur 24, le repas, les robes, les décorations, c'est à donner envie de partir en courant.
- Tu verras quand ce sera ton tour Ron, dit son père.
- Je ne suis pas sûr que ça arrive un jour, dit il en se défendant.
- Hermione est arrivée ? demanda Harry.
- Pourquoi tu me demandes ça ? répliqua Ron.
- Simplement parce que dans ta lettre tu m'as dit qu'elle devait être là, répondit Harry avec un sourire qui en disait long.
- Oh oui d'accord, elle doit être en train de calmer Ginny qui n'arrête pas d'essayer les robes des demoiselles d'honneur, et autant te dire que ça lui donne envie de hurler, répliqua Ron.

A l'évocation du nom de Ginny, Harry sentit son souffle se couper. Il allait la revoir mais comment devait-il réagir ? Est-ce qu'elle lui en voulait ? Autant de questions se bouleversaient dans son esprit mais ils approchaient de la porte d'entrée et bientôt il trouverait les réponses à ses questions.

Quand la porte s'ouvrit, il vit Mrs Weasley assise dans la cuisine en train de parler avec Tonks et Charlie. Lorsqu'elle le vit, elle se dirigea vers lui et le prit dans ses bras en l'empêchant de respirer

- Oh ! Harry mon chéri, comme je suis heureuse de te voir ! Alors les moldus ont été gentils avec toi ? Tu as encore maigri, tu veux manger quelque chose ?
- Enfin Molly, s'amusa Mr Weasley, pose lui une question à la fois sinon comment veux-tu qu'il te réponde.

Ce qui fit rire toutes les personnes dans la pièce, quant à Mrs Weasley elle lança un regard noir à son mari
- Tout va bien Mrs Weasley, répondit Harry, je suis bien content d'être là !
- Nous aussi nous sommes heureux que tu sois venu, tu veux manger quelque chose ?
- Non merci, j'ai déjà mangé.
Alors qu'elle s'éloignait, Ron se pencha vers son ami
- Jamais elle ne changera, elle te trouvera toujours trop maigre.
Harry se dirigea alors vers Charlie et Tonks pour les saluer.
- Comment ça va Harry ? demanda Tonks.
- Bien merci et toi ? En jetant un regard rapide vers Lupin.
- Oh, dit –elle, gênée, tout va bien merci.
- C'est rare de la voir rougir, n'est ce pas ? murmura Charlie à l'attention d'Harry, ce qui les fit rire.
– Charlie, ça fait longtemps, comment vas-tu ?
- Bien, en vacances, comment pourrait-il en être autrement ?
- Bien, dit Mr Weasley je dois retourner au travail, j'essaierais de ne pas rentrer trop tard.
- D'accord, répondit Molly, faites attention.
- Ne vous en faites pas Molly, répondit Lupin.
Arthur et Remus Lupin se dirigèrent vers la porte, Lupin fit un signe de la main à tout le monde pour leur dire au revoir et adressa un clin d'œil à Tonks. Lorsqu'ils eurent franchi la porte d'entrée, Mrs Weasley prit la parole pour dire à Harry qu'il partagerait la chambre de Ron, alors que les deux jeunes gens marchaient dans le couloir.
- C'est plutôt calme, dit Harry, pour une maison sans dessus dessous.
- Oui c'est le calme après la tempête, répondit Ron.
Soudain ils tombèrent sur Hermione qui sortait de la chambre de Ginny.
– Harry ! dit-elle en lui sautant au cou, comme je suis contente que tu sois là.
- Moi aussi Hermione, comment vas-tu ?
- Bien, très bien ! Il me semblait bien avoir entendu ta voix, dis donc Ron, tu ne devais pas venir me prévenir quand vous étiez arrivés ? dit elle en s'adressant à Ron.
- Eh bien qu'est ce qu'on fait là ? répliqua Ron.
- Quelle négligence ! répondit Hermione.
- Arrête Hermione, on est là depuis à peine 5 minutes, répliqua Ron en levant les yeux au ciel.
- Ça recommence, soupira Harry.
- Ça ne s'est jamais arrêté, dit Ginny qui venait de les rejoindre.

Soudain Harry se sentit tomber à la renverse. Le monstre dans son estomac venait de refaire surface, il ne pouvait pas s'empêcher de la trouver belle : ses longs cheveux roux tombaient sur ses épaules bouclant légèrement aux pointes.
- Salut Harry, dit-elle, ça va ? demanda t-elle en s'appuyant contre la porte.
- Salut, ça va et toi ?
- Bien mis à part la folie dans cette maison qui règne depuis le début des vacances.
- Il semble que ça se soit calmé pour le moment, dit Ron.
- Oui pour le moment, répondit Ginny, Fleurk euh…. Je veux dire Fleur n'est pas là c'est normal, elle est hystérique.
- Elle va se marier, c'est normal qu'elle soit stressée, s'indigna Ron.
- Peut être mais elle fait toujours tout dans l'excès, rétorqua Hermione.
- Elle est française, elle s'exprime librement, elle est entière, s'exclama Ron.
- Bien, dit Harry sentant que la situation allait déraper, et si on montait plutôt que de rester dans le couloir ?
- Oui tu as raison, dit Ron. Hermione, Ginny vous venez ?
Hermione hocha la tête en signe d'affirmation.
- Non j'ai encore des choses à faire, affirma Ginny, peut être plus tard.
Elle rentra alors dans sa chambre et referma la porte, Harry sentait son cœur chavirer. Il était déçu qu'elle ne se joigne pas à eux. Il ne pouvait s'empêcher de penser que malgré les apparences, elle lui en voulait pour ce qui s'était passé entre eux. Il fixa la porte un instant et fut tiré de sa rêverie par Hermione.
- Tu viens Harry ?
- Oui, oui, j'arrive, dit-il d'un ton mal assuré

Ils allèrent alors tous les trois au dernier étage et entrèrent dans la chambre où il était marqué sur la porte « Chambre de Ronald » d'une couleur orange clair à peine visible. Les murs de la chambre de Ron étaient recouverts de posters des « Canon de Chudley ».
- Alors, dit Hermione en s'asseyant sur un des deux lits, avec les moldus ça s'est passé comment ?
- Bien, si on peut dire… ils sont toujours aussi désagréables mais c'est dans leur nature.
- Au moins tu n'auras plus à y retourner, répliqua Ron.
- Et ça ne te rend pas trop triste ? demanda Hermione.
- Non pas du tout, répondit Harry, ils ne m'ont jamais manifesté la moindre affection alors de là, à les regretter pas du tout, je ne me suis jamais considéré comme chez moi là bas. Et vous, ce premier mois de vacances comment c'était ?
- Oh vraiment très bien, répondit Hermione, avec mes parents nous sommes partis sur la côte.
- Oui d'où le bronzage, remarqua Ron.

Cette remarque fit rougir Hermione et Harry remarqua comme un léger malaise entre ses deux amis. Depuis l'enterrement de Dumbledore, quelque chose avait réellement changé entre eux, bien qu'ils se disputent toujours autant, ils s'étaient aussi beaucoup rapprochés.
- Et toi Ron ? demanda Harry.
- Eh bien tu sais avec l'organisation du mariage, ça nous a déjà pris beaucoup de temps. A part ça, nous avons fait des parties de Quidditch avec Fred, George….
Mais Ron fut interrompu par l'arrivée de sa mère dans sa chambre
- Ginny…, dit-elle mais elle s'arrêta net, euh Ginny n'est pas avec vous ?
- Non Mrs Weasley elle est restée dans sa chambre, répondit Hermione.
- Non elle n'y est pas, expliqua Mrs Weasley apparemment désappointée.
- Elle est peut être sortie pour se promener maman, dit Ron.
- Peut être, répondit sa mère, bon, et bien si vous la voyez avant moi dites-lui de venir me voir.
- D'accord Mrs Weasley, répondit Hermione.
- Molly appelle moi Molly, et ça vaut pour toi aussi Harry.
Tous deux acquiescèrent d'un signe de la tête, puis elle sortie de la pièce
- Je me demande où est Ginny ? demanda Hermione à ses deux amis.
Harry haussa les épaules, les yeux dans le vide.
- Elle doit être sortie Hermione, dit Ron, elle aime bien voler de temps en temps.
- Oui mais…
Elle n'eut pas le temps de finir puisque Ron l'interrompit :
- Ecoute Hermione, je ne veux pas être désagréable mais Ginny a ses raisons de faire ce qu'elle fait. C'est une grande fille, elle est responsable et je pense que si elle a un problème, ne t'en fais pas, tu seras la première à qui elle en parlera, ça a toujours été le cas pourquoi ça changerait ?
Hermione ne savait pas quoi répondre, Harry et elle le regardaient abasourdi mais Ron changea vite de conversation.
- Alors Harry comment ça va se passer pour les tu sais quoi ?
Harry était un peu déconcerté. Non seulement il s'inquiétait pour Ginny mais en plus il se sentait responsable, le fait que Ron passe du coq à l'âne le laissait sans voix.
- Euh…. Oui pour les Horcruxes, et bien je comptais partir à Godric's Hollow début Septembre, histoire de profiter des derniers moments de liberté et de s'entraîner un peu. J'y ai réfléchi et je ne pense pas que partir sans être vraiment préparé est une bonne idée ; ma fâcheuse tendance à foncer droit devant n'est peut être pas la bonne solution.
- Bonne résolution, dit Hermione.
- Oui, ça ne te ressemble pas, non pas que tu ne réfléchis pas mais…. commença Ron.
- Ce que tu peux être maladroit quand tu t'exprimes, l'interrompit Hermione.
- Oui enfin… euh… je veux dire, pourquoi ce revirement de situation ?
- Si j'avais un peu plus réfléchi et vérifié les faits avant d'agir peut être que mon parrain serait encore en vie, ainsi que Dumbledore.
- Mais rien de ce qui a pu se passer n'est de ta faute, expliqua Hermione.
- Peut être mais les faits sont là Hermione, je ne veux plus courir de risques ! Je ne veux plus que les gens que j'aime, meurent par ma faute.
- Ce n'est pas ta faute Harry mais c'est celle de V-Voldemort, dit Ron.
- C'est la première fois que tu oses prononcer son nom, remarqua Harry.
- Oui il faut bien commencer quelque part, répondit Ron un peu gêné.
- Tu as raison Ron, dit Hermione, alors Harry par quoi allons-nous commencer pour se préparer ?
- Nous ? demanda-t-il perplexe.
- Oui nous ! Tu ne crois quand même pas qu'on va te laisser partir tout seul ? dit Ron.
- J'y ai réfléchi, dit Harry la tête baissée, et je crois sincèrement pour les raisons que je vous ai déjà exposées que je devrais partir seul.
- Non Harry ! On vient ! affirma Ron.
Hermione affirma d'un signe de tête.
- Mais vous ne comprenez donc pas ? s'écria Harry. Je ne supporterais pas qu'il vous arrive quelque chose à cause de moi !
Sur ces paroles Harry sortit de la chambre sous le regard inquiet de ses amis
- Tu crois qu'on devrait aller lui parler ? demanda Ron
- Non je ne crois pas, je pense qu'il a besoin d'être un peu seul, on ne peut qu'imaginer ce qu'il ressent.
- Il n'a pas à s'en vouloir
- Je sais mais on peut essayer de comprendre ce qu'il ressent. De plus, il ne doit pas se sentir très à l'aise ici.
- Et pourquoi ça ? demanda Ron surpris
- A cause de Ginny, dit Hermione à mi-voix.
- Je vois, je lui en parlerais demain, répondit Ron.
- Pourquoi ?
- Pour lui expliquer que Ginny va très bien et ne lui en veut pas.
- Tu trouves qu'elle va très bien ? Elle disparaît pendant des heures, elle a souvent le regard dans le vide….
Ron l'interrompit
- Je ne crois pas que ce soit à cause de Harry.
- A cause de quoi alors ?
- Ecoute, avec tout ce qui s'est passé ces dernières années, tu ne crois pas qu'il y a de quoi être désorienté ?
- Ron, pourquoi est-ce que tu réagis de cette façon quand je parle de Ginny ?
- C'est ma petite sœur Hermione ! Je la protège même si souvent elle me casse les pieds.
- Je comprends très bien Ron mais….
- S'il te plait Hermione, n'en parlons plus, l'interrompit le jeune roux.
- Très bien comme tu voudras, je ne veux pas me disputer avec toi.
- Moi non plus.
Hermione ne voulait pas se trouver en conflit avec Ron bien qu'elle se posait beaucoup de questions. Elle trouvait qu'il avait mûri en très peu de temps, il était de moins en moins le garçon gaffeur et négligent qu'il avait pu être mais il y avait quelque chose qui avait changé en lui : c'était la première fois qu'elle le regardait avec des yeux différents.

Harry était sorti dans le jardin pour se détendre un peu, il n'arrivait pas à mettre ses idées en place, tout se bousculait dans tête : les Horcruxes, Voldemort, la peur qu'il éprouvait pour ses amis, Ginny. Il respira un grand coup et regarda droit devant lui. Il aimait être ici. Il se promena un peu dans le jardin en tentant de vider son esprit quand il fut rejoint par Tonks.

Harry, qu'est ce que tu fais tout seul dehors ?
- Oh ! Je prenais l'air. Pourquoi je ne devrais pas être là ? On doit rester dans la maison ? demanda Harry un peu inquiet.
- Ne t'en fais pas, on peut encore sortir dans le jardin, les limites de sécurité posées par Maugrey se trouvent un peu plus loin, répondit Tonks avec un sourire.
- Tant mieux, je ne me voyais pas enfermer à l'intérieur pendant des jours. Je sais trop ce que c'est avec les Dursley !
- Tu n'auras plus à y retourner, dit Tonks avec un grand sourire.
- Oui c'est un poids en moins, alors dis-moi tout se passe bien avec Remus ?
- Harry, on ne demande pas ce genre de chose à une dame, répondit-elle avec un air taquin.
- Oh toutes mes excuses, répondit –il avec un sourire en coin.
- Oui je suis très heureuse Harry et je ne devrais peut être pas dire ça mais je pense que lui aussi est heureux.
- Tu n'as pas à me le dire, ça se voit ! Il le porte sur lui.
- Ah oui ? Mais bon assez parlé de moi, j'ai appris que….
Mais Tonks fut interrompue par l'arrivée de Ginny
- Papa et Remus ont envoyé un hibou, dit Ginny en s'adressant à Tonks. Ils auront un peu de retard mais ils ont trouvé ce dont ils avaient besoin, elle lui adressa un clin d'œil. Je pensais que tu voudrais être au courant.
- Avec tout le travail qu'il y a au ministère en ce moment, cela m'aurait étonné qu'ils soient en avance.

Mais Remus a le droit d'aller au Ministère ? demanda Harry

Oh non, répondit Tonks, il reste caché dans la ruelle du ministère, il ne peut pas y pénétrer, surtout que ces temps ci le ministère devient de moins en moins sûr ces derniers temps pour tous les employés alors imagine pour un loup-garou.

Qu'est ce qu'il se passe exactement là bas? demanda Harry très curieux

Rien que je ne doive te divulguer pour le moment, mais sache qu'on n'arrive simplement plus à faire la différence entre ceux qui travaillent pour… s'interrompit Tonks, mais bon pour l'instant tu n'as pas à t'inquiéter, crois moi et ne pose pas de question dit-elle alors que Harry allait ouvrir la bouche pour parler.
- Euh Ginny, commença Harry, ta mère te cherchait tout à l'heure.
- Oui elle voulait que je lui donne un coup de main pour le repas mais j'ai réussi à m'esquiver, dit-elle avec un grand sourire.
Voyant le malaise qu'il y avait entre les deux jeunes gens, Tonks décida de partir vers la maison.
- Je vais voir si Molly a besoin d'aide… Harry on continuera cette discussion plus tard.
- Oh je ne voulais pas vous déranger, je… dit doucement Ginny.
- Non non pas du tout Ginny ! Je dois aller vérifier l'alarme de la maison de toute façon, à tout à l'heure.
Puis elle s'éloigna.
- Alors, il parait que tu aimes voler l'après-midi ? demanda Harry d'un ton très hésitant.
- Voler ? Euh… oh oui, ça m'arrive, tu sais pour ne pas perdre la main… oui, tu sais pour le Quidditch…
Soudain son regard se perdit dans le vague
- Ginny est ce que ça va ?
- Oui oui, ça va, répondit-elle maladroitement.
- Dis tu…
- Où sont Ron et Hermione ?demanda-t-elle précipitamment.
- Ils sont restés dans la chambre de Ron.
- Et tu n'as pas peur qu'ils s'entre-tuent ? demanda-t-elle en riant.
- Oh, je crois que leurs disputes signifient bien d'autres choses.
Soudain son regard vert émeraude plongea dans celui de Ginny. C'était comme si la terre s'arrêtait de tourner, à cet instant son esprit se vida, il ne pensait qu'à elle, il ne voyait qu'elle, il n'avait qu'une envie : la serrer contre lui et lui dire qu'elle lui avait manqué mais il n'en fit rien car Ginny l'interrompit à ce moment.
- Il faut que j'y aille, lui dit-elle, à tout à l'heure !

Tandis que Ginny marcha vers le Terrier, Harry resta immobile en la regardant partir. Ses longs cheveux roux se balançaient de gauche à droite et Harry sentit son cœur qui battait de plus en plus vite. Il alla rejoindre Hermione et Ron dans la chambre de ce dernier. Quand il passa devant la chambre Ginny, il l'entendit pleurer. Son cœur se brisa, il ressentait un poids immense au niveau de son estomac, ne supportant pas de la savoir malheureuse. Il ne s'attarda pas plus longtemps dans le couloir et alla dans la chambre de Ron, il croisa alors Hermione avant de rentrer.
- Où vas-tu ? demanda Harry.
- Je vais voir Ginny, répondit-elle.
- Euh… elle est dans sa chambre mais je crois qu'elle voudrait être seule, dit-il maladroitement.
- Pourquoi ? demanda-t-elle visiblement surprise.
- Je suis passée devant sa chambre et je l'ai entendu pleurer, avoua-t-il.
- Mais qu'est ce qu'il s'est passé ? demanda son amie incrédule.
- Je n'en sais rien, elle avait pourtant l'air de bonne humeur.
- Oui je ne comprends pas ou bien….
- Ou bien c'est ma faute, termina Harry d'un air dépité.
- Non, non, dit-elle précipitamment, ce n'est pas ce que je voulais dire. Ecoute Harry, l'année a été dure pour tout le monde et peut être qu'elle a un coup de blues, je vais aller la voir.

Hermione se dirigea dans la chambre de Ginny, sans frapper, elle entra dans la pièce et trouva Ginny assise devant son bureau. Quand cette dernière rendit compte de l'arrivée de son amie, elle rangea rapidement quelque chose dans un tiroir et essuya les larmes qui coulaient le long de ses joues. Hermione la regarda. Ginny, apparemment gênée, alla s'asseoir sur son lit ; son amie se précipita pour la rejoindre.
- Qu'est ce qu'il t'arrive ?
- Rien, rien du tout, ça va, un petit coup de fatigue.
- Tu sais Ginny que si tu as besoin de parler, je suis là, dit elle en passant un bras autour des épaules de son amie.
- Je sais, mais je n'ai pas tellement envie d'en parler, répondit –elle en s'essuyant les larmes qui coulaient encore sur ses joues.
- C'est à cause d'Harry ?
- Non !
- Mais je croyais…
- Non ça n'a rien à voir avec lui, je te le jure, ajouta t-elle en voyant le regard interrogateur d'Hermione, je comprends plus que tu ne le crois pourquoi il a fait ce qu'il a fait.
- Comment ça ?
- Oh pour rien, mais tu sais tout ce qui a pu se passer ces deux dernières années voire même depuis mon entrée à Poudlard a été un peu particulier. A un moment ou un autre, il faut bien que ça ressorte mais ça va très bien surtout ne t'en fais pas.
- J'espère que tu dis vrai ! Harry a l'air de se faire du souci pour toi, je crois même qu'il se sent un peu responsable.
- Il n'y a pas de raisons, et s'il le faut, j'irais le lui dire moi-même. Alors changeons un peu de sujet, apparemment tu es restée un petit moment avec Ron dans sa chambre et….
- Et quoi ? demanda Hermione rougissante.
- Eh bien je ne sais pas moi, je pensais que peut être vous vous seriez dit certaines choses.
- Quelles genres de choses ? s'exclama Hermione de plus en plus rouge.
- Ne joue pas à ça avec moi Hermione ! Je ne suis pas née de la dernière pluie, je vois bien qu'il y a quelque chose entre vous, je reconnais tous les signes !
- Oui et ça s'appelle de l'amitié.
- Tu sais ce qui me sidère ? C'est que tu es une fille très intelligente, tu as toujours une réponse quelque soit le sujet, tu es quelqu'un de très rationnel mais quand il s'agit de réfléchir sur toi même, excuse-moi de te le dire mais tu es nulle.
- Je….
- Non attends ! Partons du principe que Ron et toi vous êtes seulement amis. Très bien, je suis d'accord, mais des amis ne sont pas jaloux des relations de l'autre, et ne s'emportent pas autant : Ron et toi vous êtes sans arrêt en train de vous disputez ! Je ne pense pas que ce soit la dispute en elle-même qui compte mais les signes que vous vous faites passer.
- Tu délires Ginny ça n'a rien à voir.
- Tu sais ça porte un nom, c'est de l'ignorance affective.

Plus tard dans la soirée, Ron alla chercher Harry qui se trouvait dans la chambre. Il était allongé les yeux rivés sur le plafond et ne savait pas lui-même à quoi il pensait. Il tenta de faire le vide mais Ron vint le chercher pour souper. Ils descendirent alors tous les deux les escaliers qui menaient au salon. Le terrier était plongé dans l'obscurité la plus totale, ce qui l'inquiéta. Ron lui fit part de son inquiétude : ce n'était pas normal que la maison n'ait plus une once de lumière. Harry serra sa baguette quant soudain :
- SURPRISE !
Tous ses proches étaient rassemblés pour fêter son anniversaire. Harry ne cacha pas sa surprise, quant à Ron, qui se trouvait à côté d'Harry, il éclata de rire devant le regard ébahi de son meilleur ami. Il lui dit alors d'avancer et Mrs Weasley se précipita vers lui et le serra dans ses bras.
- Bon anniversaire mon chéri !
- Mrs Weasl, euh Molly, merci beaucoup je suis touché.
- Tu ne croyais quand même pas que nous n'allions pas le fêter ? dit-elle en desserrant son étreinte.
- Vous vous êtes donnés beaucoup de mal, dit-il en regardant la décoration et les buffets, avec le mariage en plus…
- Tu as 17 ans Harry, l'interrompit Mr Weasley, c'est très important ! Tu es majeur maintenant et ça se fête !
- Merci, répondit-il.
- Tu ne peux pas savoir la pression que nous a fait subir maman depuis hier. Elle a interdit à quiconque de te souhaiter ton anniversaire pendant la journée pour que tu ais la surprise ce soir, dit Ron.
Harry balaya la pièce du regard, tout le monde était là, la famille Weasley au complet sauf Percy. Il y avait Fleur, qui ferait bientôt partie de la famille, Tonks, qui arborait toujours sa chevelure flamboyante d'une couleur rose chewing-gum, Lupin bien que vêtu de vêtements qui semblait rapiécés, rayonnait de bonheur au bras de sa petite amie, Maugrey avait toujours son air renfrogné, inquiet, son œil circulaire ne cessait de tourner dans tous les sens. Harry aurait aimé voir ses amis de Poudlard, ainsi que Hagrid, Dumbledore mais aussi et surtout son parrain. Au moment où une larme menaçait le coin de ses yeux vert émeraude, Harry sentit une bouffée de chaleur l'envahir : tous ses proches étaient là, ils s'étaient déplacés pour fêter son anniversaire, rare étaient les moments où il se sentait heureux, mais ce soir là était un de ces moments.
Chacun leur tour, ils vinrent souhaiter un bon anniversaire à Harry qui était très ému.
- Arry, très bon anniversaire !
Fleur s'élançait non sans grâce vers Harry sous le regard exaspéré d'Hermione et Ginny. Ses longs cheveux blonds flottaient dans les airs dus à sa démarche accélérée mais pas moins dandinée.
- Merci Fleur
- Oh comme je suis heureuse de te revoir ! Tu seras là pour le mariage, c'est une bonne nouvelle. Oh, tu sais ma petite sœur Gabrielle ? Tu te souviens ? Tu l'as sauvé lors du tournoi… Et bien elle sera là pour le mariage ! Elle sera contente de te voir, elle n'arrête pas de parler de toi, Arry, le garçon qui lui a sauvé la vie !
- Tu crois que ça lui arrive de respirer ? Murmura Ginny à l'oreille d'Hermione ce qui la fit pouffer de rire.
Harry discuta un moment avec Bill, Fleur et Charlie. Ce dernier leur raconta son travail en Roumanie et les dernières découvertes qu'ils avaient pu faire. Harry remarqua que les blessures de Bill étaient comme l'avait écrit Ron sur sa lettre : beaucoup moins visible. Ils discutèrent pendant un très long moment jusqu'à l'arrivée des jumeaux.
- Harry, encore bon anniversaire, dit Fred.
- Oui la majorité, tu verras, c'est la liberté ! ajouta George.
Le magasin de farces et attrapes des jumeaux connaissait un véritable succès. Ils firent un clin d'œil à Harry en expliquant que ce magasin était ce dont ils avaient toujours rêvé et le talent qu'ils s'étaient découvert pour les affaires. Bien évidemment, les temps qui couraient ne favorisaient pas le commerce mais les clients étaient quand même présents.
- Alors Charlie où est ta petite amie ? demanda George
- Oui pourquoi tu ne l'as pas amenée ? répliqua Fred
- Je ne veux pas l'effrayer en lui présentant mes frères, répondit de façon sarcastique l'intéressé.
Ce qui fit rire tout le monde. Harry regarda autour de lui : il voyait les membres de l'Ordre discuter entre eux. Harry et Ginny semblaient se retenir de rire en regardant Ron, quand soudain Harry fut interpellé :
- Et toi Harry ? On a entendu dire que tu… comment dire ça Fred ?
- Je ne sais pas trop George, ah oui ! Je vois : tu as effectué un rapprochement avec notre petite sœur.
Harry était devenu rouge
- Oh… et bien… c'est que… balbutia ce dernier.
- Laissez le tranquille, répliqua Bill, vous ne voyez pas que ça le gêne.
- Gêné ? Il n'y a pas de quoi être gêné, dit Georges.
- Non c'est vrai ! Mais il parait que vous êtes séparés, dit Fred.
- Euh oui c'est….
- On te taquine Harry, dit Fred.
- Oui, on sait très bien que tu ne ferais jamais de mal à notre petite sœur, dit Georges.
- C'est juste…, répondit Harry.
- Je suis au regret de te dire Harry, dit Bill, que si ça arrivait…
- On devrait te donner une raclée, termina Charlie.
- Oh ne les écoute pas Arry ! dit Fleur. Ils disent ça pour t'embêter !

Pas du tout, répondit Bill avec un grand sourire en passant les bras autour de sa fiancée, c'est notre petite sœur, on l'a toujours protégé et on la protègera toujours.

Mais je dois avouer que Fleur a raison, dit Charlie avec un sourire narquois, on dit ça pour t'embêter, n'est ce pas les jumeaux ?

Oh oui, répondit George, nous ne sommes pas comme ça.

Mais fais quand même attention à ce que tu manges, dit Fred à Harry avec un clin d'œil et sur ton faussement menaçant.

Qu… Quoi ? demanda Harry

Ils te font marcher, dit Bill en éclatant de rire.

La soirée passa à grande vitesse. Harry avait soufflé ses 17 bougies, avait déballé les cadeaux posés sur la table de la cuisine, parmi eux des livres sur les sorts, sur les défenses contre les forces du mal, des accessoires de Quidditch et bien d'autres. Vers la fin de la soirée, il était en pleine discussion avec Maugrey quand celui lui conseilla de rester vigilant.
- N'oublie pas Harry : vigilance constante ! grogna Maugrey.
- Oui, je sais, ne vous en faites pas, répondit Harry avec un semblant de sourire.
– Bien ! Donc nous en reparlerons après le mariage.
- Qu'est ce qui se passe après le mariage ? demanda Ron qui venait de les rejoindre.
- Rien d'important Ron, je t'expliquerai plus tard, répondit Harry.
Les invités commencèrent à partir. Harry, Hermione, Ginny et Ron aidaient Mrs et Mr Weasley à ranger.
– Bien, les enfants, ne vous couchez pas trop tard, dit Mr Weasley.
- En tout cas Harry, j'espère que tu as passé une bonne soirée, dit Mrs Weasley.
- Oui une très bonne soirée, merci encore pour tout.
- Tu penses, c'est normal !
Sur ces paroles les parents de Ron et Ginny montèrent dans leur chambre.
- Il est temps d'aller se coucher, dit Ron entre deux bâillements.
- Tu m'étonnes que tu sois fatigué, avec tout ce que tu as mangé : c'est la digestion, dit Hermione.
- Ne dis pas n'importe quoi Hermione, répliqua Ron.
- Ron, on ne t'a pas vu de la soirée, pour accéder au buffet, il fallait te payer un ticket d'entrée, répliqua Hermione.
- Ce n'est pas vrai, tu exagères !
Harry et Ginny assistaient à la dispute naissante des deux amis avec un air amusé et exaspéré à la fois.
- Ignorance affective, murmura Ginny pour elle-même.
- Quoi ? demanda Harry.
- Non, non rien c'est une petite histoire entre Hermione et moi.
- Je vois mais ce que tu as dit n'est pas totalement faux, je trouve que ça correspond bien à Ron.
- A Ron ? Ah non, moi je parlais d'Hermione.
- Ah bon ? Parce que Hermione…
- Quoi Hermione ? demanda l'intéressée qui venait d'apparaître à côté d'eux.
- Oh euh.. Rien, on disait juste que…, balbutia Harry.
- On disait juste que tu avais fait quelque chose à tes cheveux non ? Ils sont différents.
- Oui comme tous les jours : je les ai coiffés, répondit Hermione avec un regard intrigué, bon je vais me coucher.
- Oui moi aussi, dit Ron. Bonne nuit !
Ron et Hermione montèrent les escaliers en même temps. Quand Harry se décida à monter, Ginny le retint par le bras.
- Je n'ai pas eu l'occasion, ce soir, de te souhaiter un bon anniversaire.
Ils ne pouvaient s'empêcher de détacher les yeux l'un de l'autre, ces quelques secondes semblaient durer une éternité. Ginny les baissa pour prendre un paquet à côté d'elle qu'elle tendit à Harry.
- Tiens c'est pour toi, encore bon anniversaire !
Elle l'embrassa sur la joue et monta dans sa chambre, laissant Harry tout seul dans le salon avec un paquet rouge et or dans les mains.