Disclaimer : Tout est à Ubisoft.
Spoilers : Se passe entre AC : Révélations et AC3. Contient les fameuses révélations du DLC "L'Archive perdue".
Notes : Second chapitre plutôt calme et surtout porté sur les pensées de certains personnages. Rien de trop mouvementé encore. Mais vous aurez votre quota d'actions par la suite. Je remercie Elia pour sa review qui m'a fait plaisir, j'espère que la suite te plaira !
— Une division du groupe ?
Shaun remonta ses lunettes sur son nez, haussant un sourcil. Qu'avait-donc encore inventé Miles Senior ? (Surnom affectueux qu'il donnait à William) Cela faisait déjà quelques jours qu'ils avaient élus domicile dans l'appartement leur servant de planque, et voilà que William leur sortait tout un trac une histoire de division du groupe. Il ne pouvait décemment pas se servir de termes simples et courts comme tout le monde.
Assis sur un fauteuil, mains croisées, William tâcha d'expliquer le fond de sa pensée.
— Vous savez tous qu'on a peut-être trouvé un des temples, situé à l'extérieur de la ville. Bien entendu, on pourrait s'y rendre ensemble mais si jamais Abstergo a réussi à repérer l'endroit, nous sommes tous les quatre dans de beaux draps. Je propose donc que nous nous divisions – moi et Desmond allons sur le terrain...
— Pendant que nous, n'étant pas compétents pour faire du terrain, on assure vos arrières, compléta Shaun.
— Je sais que ce n'est pas forcément plaisant mais...
— Nous ferons de notre mieux, coupa Rebecca. (Aussi bien pour empêcher Shaun de lancer un sarcasme que stopper court aux excuses de William. Les deux hommes semblaient aimer se tirer des coups dans les pattes.)
Et c'est ainsi qu'ils s'étaient retrouvés tous les deux seuls maîtres de l'appartement, gardant contact avec les Miles sur leur avancée et les aider devant quelques énigmes tarabiscotées. Le temple semblant être créé comme un véritable labyrinthe, la mission s'annonçait longue.
— Vu le temps, je suis content d'être un Assassin de seconde zone, souligna Shaun.
La pluie tambourinait contre les vitres et le ciel grisâtre plongeait pratiquement la ville dans un noir complet. Sans lumières, on se serait cru en pleine nuit. S'accordant un café, Rebecca s'était retirée de son bureau pour s'installer sur le divan qui occupait la pièce servant aussi bien de salon, que de bureau commun. La boisson lui brûlait presque la gorge mais elle lui faisait oublier l'humidité extérieure.
— Heureusement qu'ils ont un fourgon... J'espère qu'ils vont finir par le trouver ce temple.
— Tu parles des Miles, Becca. Le maître de la Confrérie et son fils « le prophète ». Rien peut leur résister !
— Tu parles sérieusement ou... ?
— Je te laisse juge, conclut Shaun avec un haussement d'épaules, n'ayant pas quitté son écran depuis le début de la conversation.
Rebecca ne chercha pas à répliquer – cela faisait des années qu'elle était habituée au comportement si particulier de Shaun. Finissant son café elle se leva sans mot dire, se dirigeant vers Shaun qui était dos à elle. Trop plongé dans son travail il ne l'entendait pas même approcher, et ce sérieux fit sourire Rebecca. Il n'avait pas changé d'un pouce Shaun, même après que leur relation ait été révélée au grand jour – par accident. Desmond les avait surpris en pleine embrassade dans la cuisine (après une vulgaire dispute au sujet de café et de thé, sans importance quoi) et avait salué la nouvelle avec un « Et bien, vous en aurez mis le temps. À quand le mariage ? » En guise de réponse, Shaun lui avait lancé sa réserve de thé à la figure.
Se postant derrière Shaun, Rebecca glissa ses bras autour du cou de l'Anglais dont elle sentit la crispation. Ah ça il avait encore du mal avec les contacts physiques.
— Tu veux pas faire une pause ?
— Si je pouvais Rebecca, je le ferais avec grand plaisir. Mais j'ai un rôle à tenir, des informations à trier, et...
La main de Rebecca sur sa bouche le força à se taire. Ne comprenant pas la raison de ce geste, Shaun cligna des yeux.
— Shaun, pour la première fois depuis des années on est seuls. Rien que toi et moi. Et désormais en couple. Tu voudrais pas...
Nul besoin de dire la suite Shaun avait très bien compris l'allusion. Allusion qui avait fait naître des images peu catholiques dans son esprit et le gênait – surtout avec Rebecca dans les environs, comme si elle pouvait deviner ce qu'il pensait. Cette femme était pleine de ressources et cela n'étonnerait Shaun qu'à demi qu'elle puisse lire dans les pensées – Desmond avait bien sa fameuse « vision d'aigle ».
— Juste passer un peu de temps ensemble. Comme un couple.
— Right. J'abandonne les armes !
Shaun leva les bras, s'avouant vaincu. Tournant son siège pour se trouver face à Rebecca, celle-ci lui tomba littéralement dessus. L'Anglais n'eut pas le temps d'assimiler l'information que déjà les lèvres de Rebecca s'étaient emparés des siennes. Et dans la foulée ses mains couraient sur lui, s'étaient glissées, mutines, sous sa chemise.
Hé que... what ?
Son cerveau devait se battre avec l'afflux d'informations qui lui parvenaient de toutes parts, toutes ces sensations qui cherchaient à brider sa raison, à mettre le cerveau sur pause. Sa raison lui commandait de stopper les gestes de Rebecca, de lui faire comprendre que ce n'était pas le moment. Tandis qu'un pan de son esprit se laissait endormir, ballotter doucement au gré des événements.
— Tu réfléchis trop, lui glissa Rebecca.
Ces mots, conjugués à la chaleur du corps qui se pressait contre le sien, au son de cette voix qui semblait presque faible, aida Shaun à faire son choix. Les mains de l'Anglais partirent à leur tour en quête de caresses, glissant sous le haut de la jeune femme pour en sentir la chair tiède. Le gémissement que lâcha Becca le fit sourire.
— Sensible ?
— Les mains glacées dans le soutien-gorge c'est pas agréable du tout, souligna Rebecca avec un regard presque noir, mais la lueur mutine montrait qu'elle n'était qu'à moitié en colère.
— Excuse me lady.
— Je ne sais pas si je vais t'excuser, à moins que...
Ce que lui glissa Rebecca dans l'oreille fit rougir Shaun comme une pucelle à sa nuit de noces. Elle ne pensait tout de même pas à... enfin, pas comme ça ? L'idée était séduisante, en théorie, mais en pratique... Ce ne serait sûrement pas désagréable mais tout de même. Shaun en perdait tous ses moyens, rien qu'à imaginer.
— Mais j'ai... jamais...
— Ce sera l'occasion.
Et elle lui avait dit cela avec ce regard, ce regard qui aurait pu l'amener en Enfer qu'il l'aurait quand même suivi. Faible comme il l'était, Shaun abdiqua laissant la reine de la soirée prendre les commandes et faire de lui tout ce qu'il lui plairait.
