Merci Soyann pour ta review ! J'ai été voir ton profil par curiosité et franchement, je trouve que le fait que tu commentes les nouvelles histoires est super, c'est vraiment motivant ! Grâce à toi, je ne suis pas prête d'oublier la sensation de la première review :)

Sur ce, voici la suite de l'histoire !


Chapitre 2

Pour la deuxième fois de la journée, je me retrouve à terre. Sauf que cette fois-ci, ma tête a heurté le sol de pierre. Ça fait mal. Le sang bat à mes tempes sous le choc. En me relevant, quelques taches sombres dansent devant mes yeux. Qu'est-ce qu'il s'est passé ? J'ai fait un malaise ?

C'est bizarre... J'aurais juré que ce mur était derrière et non devant moi. Et que cette locomotive rouge écarlate n'était pas là il y a une seconde. Et que la foule n'était pas aussi dense et faite de personnes étranges portant des chapeaux pointus et des sortes de robes de chambre. Où ai-je atterri ? Dans une parade d'Halloween ? Ce n'est pas la saison pourtant...

Bon, peu importe, un peu de mystère ne fait de mal à personne. L'important, c'est que je m'éloigne rapidement de Londres.

Ma vision étant redevenue normale, je décide de m'approcher. A bord du train, il n'y a pratiquement que des enfants et des adolescents. Leurs parents, du moins je suppose, sont sur le quai et s'affairent à rentrer d'énormes valises et des cages contenant des chouettes dans les wagons.

Je laisse vagabonder mon regard sur la magnifique machine. On dirait qu'elle date des années 30 et à l'avant est marqué son nom : le Poudlard Express. Poudlard, hein ? Connais pas. Mais ça m'a l'air intéressant. Mes yeux tombent alors sur un petit panneau situé juste au-dessus de moi. La voie 9 3/4, drôle de numéro. Autre curiosité, le reste de la gare de King's Cross semble avoir complètement disparu. Seuls des murs de pierre encadrent la voie désormais unique. On dirait que je n'ai pas le choix. Comme pour me convaincre de cette idée, une voix résonne :

« Mesdames et Messieurs, veuillez-vous éloigner, le train va démarrer. »

Ni une, ni deux, en trois enjambées, je monte à bord juste au moment où les portes se referment. Les couloirs sont bondés de jeunes à la recherche d'une place ou se bousculant aux fenêtres pour faire signe à leurs parents. En jetant un coup d'œil, je peux voir ceux-ci, les yeux emplis de larmes mais aussi d'une certaine fierté de laisser partir leur progéniture.

Ça m'inquiète. Est-ce que j'aurais embarqué pour une sorte d'école ou de camp ? Mon Dieu, faites que je me trompe ! J'ai toujours été plus que moyenne en cours, une vraie catastrophe sur pattes !

Mais attends, pourquoi je panique ? Ce n'est pas comme si j'allais m'inscrire à cette école, il me suffira juste de descendre du train et de tracer mon chemin. En attendant, il faut que je fasse profil bas, je ne suis pas censée être là après tout.

Tous les compartiments sont pleins de gens qui ont l'air plus que heureux de se retrouver à bord. Ils rient, bavardent et se chamaillent joyeusement. A mesure que le temps passe, je croise de plus en plus de personnes en uniforme. Mais un uniforme plutôt spécial. A première vue, celui-ci semble basique : un pantalon ou une jupe noir, avec une chemise blanche sur laquelle est passé un pull gris col V et une cravate de couleur.

J'ai l'impression que chaque jeune peut choisir sa couleur parce que j'en dénombre trois différentes : bleu, rouge et jaune. Ce qui fait la particularité de cet uniforme est surtout la cape noire que chacun porte sur ses épaules, recouvrant la quasi-totalité du reste de la tenue. Un insigne est brodé sur chaque cape mais est lui aussi de couleur différente en fonction de la personne, bien qu'il soit assorti à la cravate. Je dois avouer que l'ensemble est vraiment chouette malgré le chapeau pointu ridicule que portent certains.

Je continue mon chemin et arrive au bout du wagon. Il faut vraiment que je trouve un endroit où je peux être seule et à l'abri des regards. J'ouvre la porte suivante. Raté. Un silence de mort s'abat dans la pièce où je viens d'entrer et des dizaines de paires d'yeux se tournent vers moi.

Ces jeunes-là portent des cravates et insignes vert émeraude. Wouaw, il m'en faut un ! Je n'ai cependant pas le temps de les contempler parce que l'atmosphère se fait de plus en plus hostile. Je ne suis pas à ma place et on me le fait bien comprendre. En quelques grands pas pressés, j'arrive au côté opposé à la porte par laquelle je suis entrée et ressors vite fait, ne supportant pas les regards inquisiteurs de ces étrangers sur moi. Juste quand je referme la porte derrière moi, j'entends :

« C'était qui cette gamine ?

- J'sais pas, sûrement une première année, vu sa taille… » dit une voix traînante et tous éclatent d'un grand rire moqueur.

Je mords ma lèvre inférieure, je ne suis pas si petite ! Et de quel droit critiquent-ils une personne qu'ils ont vu deux secondes et qu'ils ne connaissent pas ? Sales gosses.

Après de longues minutes de recherche, je trouve finalement un compartiment vide dans lequel je balance mon sac à dos avant de m'affaler sur les sièges, épuisée. Malheureusement, je ferme à peine mes paupières pour me reposer d'un sommeil bien mérité que la porte coulisse.

« Euh... excuse-moi ? dit une petite voix fluette.

- Quoi ? marmonné-je sans ouvrir les yeux, agacée.

- Je cherche quelqu'un. »

Décidément, je ne pourrais jamais être tranquille ! Je me redresse finalement et regarde vers mon interlocutrice, qui, entre temps et bien malheureusement, s'est assise sur la banquette en face de moi.

« Tu n'aurais pas vu deux garçons ? Un avec des cheveux noirs et des lunettes et l'autre grand et roux ? » me demande-t-elle.

Serait-elle en train de parler du gars de tout à l'heure et de son armée de rouquins ?

« Est-ce que celui à lunettes a une cicatrice en forme d'éclair sur le front ? »

Son visage s'illumine. Visiblement, j'ai touché juste.

« Oui, c'est lui ! Tu sais où il est ?

- Désolée, je l'ai juste croisé à King's Cross. Je ne sais pas où il se trouve maintenant.

- Oh..., fait-elle d'un air déçu avant de froncer les sourcils et de marmonner, qu'est-ce qu'ils peuvent bien encore fabriquer ces deux-là ? »

Elle regarde par la fenêtre en pleine réflexion mais avec un air un peu boudeur sur le visage. J'en profite pour la détailler. Elle n'est pas beaucoup plus grande que moi mais son épaisse touffe de cheveux bruns et bouclés lui donne bien quelques centimètres en plus, la tricheuse. Elle porte le fameux uniforme mais avec l'option rouge. En plissant les yeux, je peux distinguer le mot Gryffondor inscrit sur son insigne. Je me demande bien à quoi cela correspond.

La voix de la jeune fille me tire de ma réflexion :

« Je m'appelle Hermione Granger et toi ? »

Cette soudaine question me surprend un peu. Que dois-je faire ? Il faut que je reste discrète mais lui donner mon nom ne m'engage à rien, n'est-ce pas ?

« Sacha... Sacha Abberline.

- Enchantée, Sacha ! Je ne t'ai jamais vue avant, tu es en première ? » me dit-elle d'un ton enjoué.

Aïe, ça se corse. Je ne peux quand même pas lui expliquer que je me suis échappée d'un orphelinat et que je suis montée dans ce train complètement par hasard. Elle va cafter, ses cheveux hirsutes ne m'inspirent pas confiance.

Allez, un petit mensonge pour la bonne cause, ma récente liberté est en jeu, après tout :

« Oui, oui, d'ailleurs je suis un peu perdue. Tu sais quand le contrôleur passe ? demandé-je histoire de savoir quand je vais devoir me cacher pour échapper à une probable arrestation.

- Mais voyons, il n'y a pas de contrôleur ! Le ticket permet seulement de trouver le mur qui sert de barrière anti-moldus. Tu sais, voie 9¾, donc entre la voie 9 et la voie 10. »

Le mur ? Elle parle de celui auquel j'ai voulu m'adosser ? Ce serait donc une espèce de porte ? Ou un passage secret ? Je n'ai même pas remarqué qu'il y avait une ouverture... Et puis, pourquoi avoir besoin de cacher ce train ?

Mais plus étrange encore, elle a prononcé un mot que je n'ai pas compris : un mur anti-quoi ? Je crois que je suis mal tombée, si son interrogatoire continue, je risque d'être découverte ! Mais pour mon plus grand malheur, la brunette recommence :

« Tu n'es pas nerveuse de savoir dans quelle maison tu vas te retrouver ? Moi j'étais morte de trouille quand on a posé le Choixpeau sur ma tête ! Mais maintenant, je suis fière d'être à Gryffondor ! C'est la maison idéale pour devenir un grand sorcier. »

Bon au moins je peux faire le rapprochement entre maison et Gryffondor, c'est comme une sorte de groupe. Mais Choixpeau et sorcier, je ne comprends pas. Utilise-t-elle un langage codé que seuls ceux de cette école peuvent comprendre ?

Je dois faire attention à ne pas me trahir et tente donc de ne pas laisser transparaître l'incompréhension sur mon visage. Je me contente d'acquiescer en espérant qu'elle ne trouve plus rien à dire.

« Alors Sacha, tu aimerais être dans quelle maison ? »

Argh, mais quelle enquiquineuse ! Ne panique pas, ne panique pas, Sacha ! Réponds simplement en te servant des informations qu'elle t'a données sans trop t'étaler sur le sujet. Tout va bien se passer. Je sens que je commence à transpirer sous le stress, il faut que je me débarrasse de cette fille !

« Euh... Gryffondor me semble bien... » réponds-je hésitante.

J'espère que je ne me suis pas trompée en associant maison et Gryffondor. Heureusement, le sourire ravi de mon interlocutrice me montre que j'ai visé juste.

« C'est super, dit-elle, on serait ensemble du coup ! Je pourrais te faire visiter la salle commune si ça te dit.

- Oui... merci... » dis-je avec ma voix de plus en plus tremblante.

Ma dernière option : la fuite. C'est une autre technique dans laquelle j'excelle, comme tout à l'heure avec le chef de gare. Trouvons vite fait une excuse bidon, c'est ma seule échappatoire !

« Euh... Je dois... aller aux toilettes, dis-je d'un ton robotique. Ne m'attends pas... Tu devrais continuer euh... à chercher tes amis. »

Sa mine réjouie d'avoir trouvé quelqu'un à qui parler s'efface quelque peu. J'en ai presque mal au cœur. Peut-être que cette fille cherchait seulement une personne avec qui communiquer ?

« D'accord... Tu as raison. On se voit à la cérémonie de répartition alors ?

- Bien entendu, réponds-je même en n'ayant aucune idée de quoi il peut s'agir.

- Oh et n'oublie pas de mettre ton uniforme ! » me rappelle-t-elle tandis que je quitte le compartiment.

Je culpabilise un peu, cette fille semblait gentille malgré le fait qu'elle soit une épine dans mon pied. Mais c'est pour mon bien.

Suite à cet épisode peu ordinaire, je pousse un long soupir. Ça risque d'être plus compliqué que prévu.

J'avance au hasard dans le train, sans vraiment chercher de petit coin, il faut juste que j'attende que la fille s'éloigne du compartiment. Ce wagon-ci est plutôt désert, je dois arriver au bout du train.

Des pas précipités et accompagnés de grands rires résonnent soudain. J'ai à peine le temps de me retourner vers leur source qu'on me percute de plein fouet et que, pour la troisième fois déjà, je me retrouve au sol.

« Tiens, tiens, si c'est pas la jeune fille de tout à l'heure, dit une voix.

- Alors comme ça, tu es une sorcière ? Qui l'eût cru ? » fait une autre voix.

Je relève la tête et vois avec horreur que les personnes qui m'ont foncé dedans ne sont autres que les clones roux de King's Cross. Ils me regardent d'un air amusé avant de chacun me saisir une main et de me hisser sur mes jambes, non sans me faire décoller d'un bon mètre. Ce geste m'arrache un cri de surprise et les jumeaux se regardent d'un œil complice avant de se mettre à tourner en rond autour de moi comme des fauves près à sauter sur leur proie.

« On est vraiment désolés de t'avoir faite tomber... commence l'un.

- Mais tu vois, on a jeté des boules puantes dans le compartiment des Serpentards et il fallait qu'on s'éloigne vite, tu comprends ?

- D'ailleurs, tu as vu la tête de ce petit morveux de Malefoy, Georges ?

- C'était à mourir de rire, Fred ! »

Pendant qu'ils continuent à glousser ensemble, je tente de me faufiler pour fuir mais suis bien vite attrapée par les épaules.

« Où vas-tu comme ça ? On n'a pas fini de parler, chaton, dit un des deux garçons.

- C'est vrai qu'elle ressemble à un petit chat perdu. Tu dois être une première année. Si tu veux, on te fera visiter l'école, on connaît plein de passages secrets ! »

La tête me tourne. Qu'est-ce qu'ils ont les gens aujourd'hui ? Ils ne peuvent pas me laisser tranquille ? Pourquoi se sentent-ils obligés de me parler ? J'ai l'air si fragile qu'ils leur vient l'envie irrépressible de me venir en aide ?

En plus, ces deux-là, ce ne sont pas des adultes, je ne peux pas utiliser ma méthode habituelle. Je ne sais jamais comment faire face à des personnes plus jeunes et je perds mes moyens ! Surtout qu'ils m'empêchent d'utiliser mon autre atout : la fuite. Comment vais-je faire pour m'échapper cette fois ?

C'est à ce moment que s'ouvre la porte du wagon et entrent des élèves furieux en uniforme vert. Une odeur forte et nauséabonde envahit la pièce et m'oblige à me pincer le nez. Lorsqu'ils voient les deux jumeaux, leur colère se décuple et ils foncent dessus. Les frères ne demandant pas leur reste, déguerpissent à toute allure en me lançant un « A plus tard, chaton ! » synchronisé.

Leurs poursuivants semblent trop occupés pour faire attention à moi et je marche donc rapidement vers le côté opposé avant de m'enfermer dans les toilettes histoire de souffler un peu. Toutes ces personnes sont étranges, il n'y a pas l'ombre d'un doute que je ne suis pas dans un train normal. Un frisson parcourt ma nuque. Ça y est, ma nature curieuse prend petit à petit le dessus. J'ai envie de savoir ce que signifient tous ces mots bizarroïdes. Mais non, il ne faut pas que je m'attarde ici. A la prochaine gare, je descendrai.

Une fois calmée et sortie des toilettes, je décide de retourner vers le compartiment vide où j'ai croisé euh... Comment déjà ? Bah, peu importe.

Ne pas se faire repérer, ne pas se faire repérer, ne pas se faire repérer. Zut, ils sont tous en uniforme maintenant, on repassera pour la discrétion ! Je suis comme une souris blanche entourée de chats noirs. Ils me regardent comme s'ils soupçonnaient quelque chose, j'en suis sûre. Ce garçon rondouillet avec son crapaud entre les mains, il me fixe ! Ou alors je deviens parano ?

Je suis presque arrivée, le compartiment est juste là, il m'attend avec impatience pour que je puisse dormir. Pile au moment où je saisis la poignée, une petite grenouille marronne vient se poser sur ma main. Ça me surprend un peu mais je n'ai pas peur des grenouilles. Enfin jusqu'à ce que cette dernière me saute à la figure ! Alors que je panique, le batracien escalade mon visage à l'aide de sa petite patte arrière qu'elle pose sur ma bouche. C'est marrant, on dirait qu'elle a un goût de... chocolat.

« Ne bouge surtout pas ! » me crie une voix.

Je me fige. Les ennuis recommencent. Un grand jeune homme brun s'est posté au milieu du couloir à quelques mètres de moi, un bout de bois à la main. Qu'est-ce qui va encore me tomber dessus ?

« Accio chocogrenouille » dit-il en agitant son bâton.

Et là, le batracien se détache de mon visage, s'envole comme une feuille d'automne emportée par le vent pour atterrir doucement au creux de la main du garçon. Il s'approche ensuite de moi, un sourire blanc comme dans une publicité pour dentifrice étirant ses lèvres.

« Désolé pour le dérangement. J'ai été surpris quand cette chocogrenouille m'a échappé des mains et s'est enfuie... Normalement elles ne peuvent faire qu'un bond, ces bestioles. Peut-être que celle-ci a un défaut de fabrication ? Quoi qu'il en soit merci beaucoup, j'ai pu la récupérer grâce à toi, ça coûte assez cher pour ne pas être gâché, ronchonne-t-il en croquant la tête de la grenouille qui devient alors inerte. Tu en veux un bout ? »

Pendant tout son monologue, mes yeux n'ont cessé de s'agrandir, mon cerveau analysant difficilement ce qu'il vient de se passer. Ce gars vient-il réellement de faire voler une grenouille ? Le coup de grâce m'est porté lorsqu'il a violemment assassiné le pauvre amphibien. Choquée, je ne peux m'empêcher de pousser un hurlement suraigu. Le garçon se plaque les mains sur les oreilles, effrayé par mon cri sorti tout droit des enfers vocaux que peut abriter ma gorge.

Je prends mes jambes à mon cou pour je ne sais la quantième fois de la journée. Je l'ai dit, la fuite est LA solution à tous les problèmes.

Arrivée au dernier wagon, je me décide à regarder en arrière. Personne. Mais il est trop tôt pour crier victoire, le vacarme que j'ai produit a sûrement alerter tout le train ! Je dois me cacher au plus vite ! Un coup d'œil à droite, à gauche... Là ! Un placard !

Je me jette littéralement à l'intérieur, si bien qu'une demi-douzaine de balais et de seaux me tombe dessus dans un concert assourdissant. Me tenant la tête des deux mains, là où ont atterri les objets ménagers, je reste immobile, attendant que quelqu'un débarque et me renvoie à Londres. Mais rien ne semble bouger. Ouf, on dirait que l'arrière du train est inoccupé.

Je range le bazar que j'ai provoqué avant de me diriger le plus calmement possible vers un siège libre dans un compartiment merveilleusement désert. Mon cœur tambourine dans ma poitrine, j'ai eu beaucoup trop d'émotions pour aujourd'hui. Je m'assieds et ferme les yeux, ne pouvant plus résister à l'appel du sommeil.


Je rouvre péniblement mes paupières. Je ne sais pas combien de temps j'ai dormi mais le soleil est plutôt bas dans le ciel. Il éclaire un paysage magnifique de ses rayons orangés : une vallée verdoyante où se loge un lac à la surface lisse et sombre, un petit village s'épanouissant à ses berges.

Je reste là un long moment à contempler la superbe vue. Elle me rappelle le voyage en Ecosse que j'ai fait avec Maman quand j'avais sept ans. A l'époque, je n'avais pas beaucoup apprécié parce que le vent fouettait mon visage et que j'avais froid. Je regrette maintenant. Maman était si heureuse de visiter cette région et moi, je ne faisais que me plaindre.

« Maman... » murmuré-je.

Personne ne vient plus me déranger, tant mieux. La nuit tombe tout doucement, il fait de plus en plus sombre. Le trajet a surement duré plusieurs heures.

L'esprit un peu plus réveillé, je pense aux différents évènements de cette journée mouvementée. Les énormes valises de l'armée de roux, cette fille avec son étrange vocabulaire et surtout cette grenouille en chocolat volante. Il y a quelque chose d'anormal dans ce train, j'en suis maintenant convaincue. Celui-ci m'emmène certainement vers des aventures encore plus anormales et bien entendu, je veux y aller, je brûle d'y aller. L'image de Maman s'immisce alors tendrement dans mon esprit et me chuchote :

« La curiosité est un vilain défaut, Sacha. »

Désolée Maman, je suis une mauvaise fille mais mon instinct me hurle de me lancer et de découvrir ce qu'il se trame.

Et comme pour me répondre, le Poudlard Express s'arrête.