Chapitre 2 - Août 1896

Le baron Guillaume Tweeter fut élevé au titre de Comte de Swanson en 1415 par Henri V après la Bataille d'Azincourt. Pour sa bravoure, il reçut en apanage le manoir et les terres de Swanson, situés dans le Hampshire. Le blason des Tweeter – devenu Twitter au fil des siècles – est composé d'argent, et d'un aigle d'azur, ailes étendues. Leur devise : Le ciel au-dessus de nous, la terre en dessous de nous, le feu en nous.

INCONNU - Almanach du Gotha, 1763

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Le manoir Swanson dominait un immense parc érigé dans le style romantique des jardins à l'anglaise : des chemins sinueux bordés de bosquets ou de massifs de roses, parfois agrémentés d'un banc de pierre, conduisaient jusqu'à un lac artificiel, une grotte ou un belvédère.

L'imposante demeure n'était pas en reste : derrière sa façade crème et ocre se cachait un grand salon entourant une galerie d'œuvres d'art au premier étage, une salle à manger d'apparat où étaient disposés les portraits des précédents membres de la maison des Twitter, une grande bibliothèque regorgeant de livres anciens et rares, un imposant escalier de chêne menant aux onze chambres...

Mais, ce qui attirait l'œil du visiteur était sans conteste l'impressionnante collection égyptienne que possédait Lord John.

Il était un passionné d'Antiquité, et il n'hésitait jamais à financer des fouilles archéologiques pour trouver des trésors inestimables. Archibald avait hérité de son amour et de son respect de l'Histoire, et son rêve le plus cher et le plus secret était un jour de suivre les pas de l'éminent archéomage Cuthbert Binns, célèbre parmi la Communauté Magique pour ses travaux de recherches sur la légendaire reine Maëva ou encore la découverte en Égypte du tombeau caché de la Divine Adoratrice Amunet et de ses trésors.

En attendant, Archibald se trouvait en proie à des difficultés face à une autre divinité égyptienne qui refusait de descendre de l'armoire de sa chambre :

- Bastet, ça suffit ! Arrête de bouder. Je te l'ai dit cent fois, je ne peux pas te prendre avec moi en vacances. Tu n'étais pas malheureuse non plus ici ! Maintenant, viens là ! Tout de suite !

Le chat noir tourna vers lui ses grands yeux jaunes. C'était toujours la même histoire : à chaque fois qu'Archibald la quittait pendant quelques jours, elle boudait à mort.

- Bastet, je vais me fâcher !

La chatte miaula et lui tourna le dos d'un air dédaigneux.

- Un problème, Monsieur ?

Ross McGrath, valet de chambre rattaché depuis toujours à son service, regardait depuis quelques minutes son jeune maître tenter d'apprivoiser l'animal. Archibald grommela dans sa barbe, et Ross eut un rire. Il vola à son secours en appelant avec douceur Bastet, qui consentit, à force de cajoleries, à descendre de son piédestal.

- Ce n'est pas juste, bouda Archibald, j'ai vraiment choisi le chat le plus orgueilleux de la terre.

Il jeta un regard jaloux à Ross qui grattait la tête de Bastet, ronronnant de plaisir.

- Avez-vous passé de bonnes vacances, Monsieur ?

- Je suis surtout très content d'être rentré, avoua Archibald. Lady Adélaïde est gentille, mais très envahissante.

Et, comme pour confirmer ses dires, la voix de Lady Adélaïde résonna du rez-de-chaussée, demandant si ses malles étaient enfin défaites et si quelqu'un avait vu le grand vase qu'elle avait acquis lors de leurs escapades en France. Archibald ferma la porte de sa chambre.

- Voilà qui est bien mieux. Alors, quelles sont les nouvelles ?

- Eh bien, les jardiniers se sont enfin décidés à arracher le lierre qui ornait le mur du fond et Nephtys, la chienne préférée de votre père a mis bas une portée de cinq chiots.

- Pas ce genre de nouvelles.

- Je vous taquinais, annonça Ross en souriant (il désigna une pile de courrier sur le secrétaire). Monsieur a reçu une invitation à un gala en novembre pour la venue du Tsar de Russie à Londres.

- Quel dommage, je ne serai pas là, ricana Archibald. Quoi d'autre ?

- Monsieur votre père a reçu hier l'automobile qu'il a commandée. Bien évidemment, les domestiques sont curieux de savoir comment cette... chose fonctionne.

Voilà qui était nettement plus intéressant ! Lord John avait dépensé une petite fortune pour obtenir l'une des rares inventions moldues dont Archibald était curieux du fonctionnement.

Les automobiles en étaient à leurs balbutiements, et Père l'avait commandée spécialement des usines Benz en Allemagne.

- J'ai hâte de voir ça ! se réjouit Archibald.

- Pas moi, Monsieur, grimaça Ross. Oh ! J'allais oublier : vous avez reçu ceci...

Tel un magicien, il sortit de la poche de sa veste une enveloppe au parchemin jauni sur laquelle était inscrit le nom d'Archibald à l'encre verte. Il sentit son cœur bondir : il avait reçu sa lettre de Poudlard !

Fébrilement, il décacheta l'enveloppe et lut d'une traite les courriers joints. Le premier rappelait que l'année scolaire commençait en septembre, le second indiquait la liste des livres dont il aurait besoin pour sa cinquième année, et il dut relire le troisième plusieurs fois pour comprendre de quoi il s'agissait :

« Cher Mr Twitter,

Nous avons le plaisir de vous informer que vous avez été choisi pour le poste de préfet, rattaché à la maison des Serdaigles. Vos résultats scolaires ont démontré votre sens des responsabilités, votre sérieux et votre calme à toute confrontation vous indique tout naturellement à occuper ce poste.

Nous sommes certains que vous serez un modèle pour vos semblables, et que vous prendrez vos nouvelles responsabilités très au sérieux.

Nous vous prions de trouver ci-joint le badge des préfets que vous porterez bien en évidence sur votre robe de sorcier en tout temps.

Toutes nos félicitations !

Très sincèrement,

Juniper Ashbrow

Directrice de la maison Serdaigle »

Il fit tomber dans la paume de sa main un petit objet bleu et argenté : un grand P était inscrit sur le blason de Serdaigle.

C'était forcément une plaisanterie.

- Je suis préfet, marmonna-t-il.

- Je vous demande pardon, Monsieur ?

- Le professeur Ashbrow m'a nommé préfet, répéta Archibald plus fort.

- Mes félicitations, Monsieur ! Quelle bonne nouvelle !

Archibald fit rouler le badge sur sa paume : non, ce n'était pas une bonne nouvelle.

Par Merlin, il avait autre chose à faire que de surveiller et de guider une bande de mioches terrorisés et ennuyeux à souhait ! Ross attendait une réponse et Archibald lui sourit :

- Formidable nouvelle, répondit-il, sarcastique. Bon, allons voir la voiture de Père. Je suis curieux de savoir comment ça marche.

Il plia sa lettre de Poudlard et rangea négligemment le badge dans le tiroir de la commode près de son lit, bien décidé à envoyer un hibou à sa directrice de maison pour refuser le poste de préfet.

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- Une merveille pour les yeux, Meine Lordshaft (1)! Regardez la beauté de cette jeune demoiselle ! Moteur à essence un cylindre, cinq chevaux, boîte de vitesse avec marche arrière intégrée, deux litres cinq au centimètre cube, la plus adorable de toutes les automobiles qui vous sera donnée de voir, je vous présente la Benz Victoria !

Archibald reconnut que l'engin était superbe : la carrosserie, posée sur quatre grandes roues, était en acier peinte en noir, avec une banquette en velours rouge. Deux lampes ornaient chaque côté du véhicule, ainsi qu'un grand manche en bois qui faisait office de frein. Le moteur se situait à l'arrière, et était lancé à l'aide d'une manivelle en bois : le démonstrateur, Herr Böhm, venu spécialement d'Allemagne, dut s'y prendre à plusieurs reprises pour la faire démarrer. Une odeur âcre flotta dans les airs, et les dames présentes se couvrirent le nez de leurs mouchoirs.

Archibald se retenait à grande peine de rire : Herr Böhm exhibait l'automobile comme s'il présentait sa nouvelle épouse, lui tournant autour, la mettant en valeur et la caressant amoureusement. Archibald en vint à se demander si le démonstrateur n'était pas inclus dans le prix de vente du véhicule.

- Quelle est sa vitesse de croisière ? demanda Lord John, qui portait sur son achat un œil appréciateur.

Toute la maisonnée était rassemblée dans la cour, mue par la curiosité. Lady Adélaïde s'éventait nerveusement le visage, en proie à la panique devant un tel objet, soutenue par Charlotte.

- Alors là, Monsieur le Comte, il va falloir vous accrocher à votre chapeau ! La Victoria peut atteindre les vingt-cinq kilomètre-heure en terrain plat et par beau temps !

Lady Adélaïde poussa un cri catastrophé, Archibald eut aussitôt hâte de l'expérimenter.

- Est-ce que Monsieur le Comte veut l'essayer ? demanda Herr Böhm.

Lord John monta dans l'automobile, refermant ses mains autour du volant en bois, l'air impérieux. Archibald obtint l'autorisation de s'asseoir à côté de lui.

- Oh, mon ami, je vous en prie, descendez ! Vous me faites peur, s'exclama Lady Adélaïde. Et s'il vous arrivait quelque chose ? Cet engin démonique va vous tuer ! Archie, descends de là, viens près de moi !

Archibald avisa l'espèce de poire sur le côté et appuya dessus, produisant un cri perçant. Lord John fronça les sourcils et se pencha pour écouter avec attention les instructions de Herr Böhm.

- Il va falloir être doux avec elle, hein ! Pas de geste brusque, comme ça, regardez... Desserrez lentement le frein à main...

La Victoria dérapa sur le gravier et partit en avant, Lord John maniant le volant comme il le pouvait. Archibald éclata de rire, le vent dansant dans ses cheveux. Il jeta un regard à Père qui souriait sous sa moustache.

Ils firent ainsi le tour de la propriété, effrayant les canards près du lac, faisant aboyer les chiens en passant près du chenil et hennir les chevaux dans l'écurie, avant de revenir à leur point de départ.

- Le frein ! s'affola Herr Böhm, alors qu'ils manquaient de s'emboutir dans un bosquet.

Père tira vers lui le levier et l'automobile plia net, menaçant de les envoyer dans le décor. Archibald sauta hors de l'engin, ravi d'une telle célérité.

Lady Adélaïde pleura dans son mouchoir, remerciant les saints de lui avoir rendu son mari et son beau-fils en un seul morceau. Charlotte pressa Archibald de questions. Lui n'avait qu'une hâte : recommencer.

Pour une fois, il se montra bavard lors du dîner. Il décida que l'automobile était décidément son moyen de transport préféré, juste après le train et bien loin devant les balais.

- Pourrons-nous refaire un tour demain, Père ? demanda-t-il en décortiquant son saumon.

- J'avais pensé pousser jusqu'au village voisin, qu'en penses-tu fils ?

Archibald rougit de plaisir et Lady Adélaïde fut à deux doigts de s'évanouir dans son assiette. Charlotte, avec sa grâce habituelle, posa sa main sur celle de sa mère pour la rassurer.

- Je suis persuadée que Papa et Archibald feront très attention, dit-elle avec un sourire.

- Oui, mais quand même... Et si cette automobile de malheur causait un accident ?

- Voyons ma chère, dit Lord John, sentant les arômes de son vin en faisait tourner son verre. L'automobile est de loin le moyen de transport le plus sûr du monde. Aucun accident ne sera à déplorer, même dans cent ans. Vous verrez.

Archibald l'écouta à peine, essayant de trouver un moyen de convaincre Père de le laisser conduire le lendemain.

Charlotte changea alors de sujet et le mot « Londres » fut prononcé. Il se souvint alors de sa lettre de Poudlard et attendit que sa demi-sœur cesse de parler de ce magasin Harrods où elle tenait absolument à se procurer une paire de gants ou autre fantaisie féminine dont il n'avait cure.

- Père, dit-il, il faut que je me rende à Londres pour... rendre visite à ma tante Cornelia.

Lord John comprit aussitôt le sous-entendu de cette visite, et, s'il en fut contrarié, n'en montra rien.

- Tant que Ross t'accompagne, dit-il simplement.

De toute la maisonnée, Ross était le seul qui était au courant de sa vie magique, et l'accompagnait toujours lors de ses déplacements sur le Chemin de Traverse ou à King's Cross. C'était aussi lui qui réceptionnait en grand secret les hiboux et portait les messages de Poudlard à Lord John – y compris les bulletins de notes, au grand dam d'Archibald qui n'avait jamais réussi à corrompre son valet de chambre sur ce sujet houleux (était-ce de sa faute qu'il n'avait aucune prédisposition en potions ?).

- Je t'accompagne aussi, Archie, décida Lady Adélaïde.

Il regarda avec horreur sa belle-mère.

Pourquoi ? Qu'avait-il fait ?

- Ce ne sera pas nécessaire... bredouilla-t-il.

- Bien sûr que si, je dois rendre visite à ma chère amie, Lady Rochester. Je reporte sans cesse ma venue, autant faire une pierre deux coups ! Nous pourrions loger à l'hôtel Savoy pendant quelques jours... Qu'en penses-tu Charlotte ?

Archibald ouvrit et ferma la bouche plusieurs fois de suite. Comment était-il censé faire ses courses sur le Chemin de Traverse sans que l'ombre inquisitrice de Lady Adélaïde le suive partout ? Il lança un regard implorant à Père : après tout, c'était lui qui lui avait expressément interdit de parler magie à lady Adélaïde, qu'il trouve quelque chose !

- Impossible, trancha Père, s'essuyant la moustache d'un coup de serviette. J'ai besoin de vous ici.

- Vraiment ? s'étonna Lady Adélaïde. Et pour quelle raison ?

Père jeta un regard exaspéré à Archibald, comme s'il était responsable de ce qu'il allait dire.

- Je souhaite organiser une réception ici. Pour la fin du mois. Afin de fêter l'entrée dans le Monde de Charlotte.

Ces quelques mots suffirent à faire oublier à Lady Adélaïde ses idées d'escapade dans la capitale anglaise. Charlotte poussa un petit cri de ravissement.

- Oh ! Merci mon cher Papa !

Archibald poussa un profond soupir de soulagement. Au moins, sa présence n'était pas souhaitée : il détestait ces réceptions mondaines, ô combien barbantes...

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Archibald cachait sa vraie nature dans une petite pièce à l'entresol, juste au-dessous de sa chambre. C'était dans ce bureau qu'il s'enfermait pour faire ses devoirs ou ranger ses affaires scolaires, à l'abri des regards indiscrets.

L'endroit n'était pas bien grand, coincé entre le rez-de-chaussée et le premier étage, bas de plafonds, aux murs tapissés de papier bleu. Les étagères croulaient de grimoires achetés au fil des années, certains ayant même appartenus à sa mère, et qu'elle lui avait légués.

Près de la minuscule fenêtre, une plante à pipaillon se balançait paresseusement, sous les yeux scrutateurs de Bastet qui cherchait à attraper ses tiges en donnant des coups de patte.

Archibald se laissa tomber sur le dossier de sa chaise en bois qui couina sous son poids. Son modeste secrétaire avait bien vécu : il avait appartenu lui aussi à sa mère, et comportait de nombreuses rayures et gravures en tout genre. Il prit entre ses mains son devoir de Défense contre les Forces du Mal : il avait déjà écrit vingt-deux centimètres sur les trente-cinq demandés par le professeur Têtenjoy, et il comptait bien le finir avant son départ.

Sa plume entre les dents, il relut consciencieusement le dernier paragraphe qu'il avait écrit :

« Les Patronus prennent majoritairement la forme d'un chat, d'un chien ou d'un cheval, plus rarement la forme d'un hibou. Un caractère anticonformiste sera capable de conjurer un Patronus ayant pour trait un dragon, un sombral ou un phénix. Enfin, la rareté ou la taille d'un Patronus ne déterminera pas la puissance d'un sortilège : par exemple, la coccinelle de Symposia Rawle est connue pour avoir vaincu un Morempli particulièrement vorace ».

Satisfait, il se replongea dans la lecture de son manuel Quel Patronus pour moi ? et se demanda en effet sous quelle forme apparaîtrait le sien. Il travailla ainsi une petite heure au calme, le nez dans son grimoire. À un moment, il sentit Bastet lui sauter sur les genoux et ronronner de plaisir quand il passa machinalement ses doigts dans sa fourrure noire.

- Monsieur ?

Archibald leva les yeux, surpris d'avoir été interrompu : Ross se tenait à la porte, sa montre à gousset dans la main. Il posa sa plume en soupirant et s'étira de tout son long. Puis, il empila quelques livres qu'il souhaitait emporter avec lui et roula avec précaution son devoir de défense. Le valet prit le tout et les emporta dans la chambre d'Archibald, avant de les ranger avec précaution dans la grande malle en cuir, frappé d'un grand P. Archibald garda Bastet dans ses bras et l'enferma prestement dans sa cage en osier : mécontente d'être ainsi traitée, la chatte siffla et cracha.

Sans un mot, il se changea, préférant un pantalon en tweed, un pull en cachemire et une veste chaude : dehors, le temps était menaçant.

- Je vais faire descendre les affaires de Monsieur, l'avertit Ross. Allez saluer Milord et Milady.

Archibald grimaça : même s'il ne voulait pas l'admettre, il n'aimait pas les adieux et craignait surtout les larmes de Lady Adélaïde.

Il passa d'abord par le bureau de Père. Devant la porte, il marqua un temps d'arrêt : il prit une profonde inspiration et toqua. Il entendit la voix de Lord John retentir : « Entrez ! » et tourna la poignée.

Le bureau de Père l'avait toujours effrayé : trop grand et glacial. Le bureau en bois de violette était chargé de journaux moldus, trois fauteuils faisaient face à la cheminée éteinte, une immense bibliothèque courrait sur deux murs. Et partout des évocations de l'Égypte Antique : une statue d'Anubis en bronze, un authentique papyrus placé sous une plaque de verre, un coupe-papier délicatement ouvragé en scarabée, une gravure du Sphinx et de la Grande Pyramide...

Perché sur une échelle en bois, Lord John rangeait quelques ouvrages récemment acquis, marmonnant pour lui-même.

- Père ? l'appela Archibald, presque dans un chuchotement.

- L'heure du départ ? se contenta-t-il de dire, sans lever les yeux de son livre.

- Oui. Le train part dans une heure. Je viens vous faire mes adieux.

Lord John descendit pour serrer la main que lui tendait Archibald.

- À bientôt, mon fils. Présentez mes hommages à votre tante. Et essayez de ne pas faire exploser votre chaudron pendant un cours, je ne souhaite plus recevoir un billet de votre professeur m'indiquant que vous avez envoyé plusieurs de vos camarades à l'infirmerie.

Archibald n'aurait su dire si Père plaisantait ou non.

- Je ferai de mon mieux, marmonna-t-il.

- Je vous revois à Noël.

Ce fut tout. Lord John remonta sur son échelle, tournant résolument le dos à Archibald, qui quitta le bureau et ferma doucement la porte, meurtri par ces adieux glacials.

Lady Adélaïde fut quant à elle bouleversée par son départ, et il trouva qu'elle en faisait un peu trop : après tout, cela ne faisait qu'un mois et demi qu'ils cohabitaient ensemble.

- Si tu as besoin de quoi que ce soit, n'hésite pas à m'envoyer un télégramme, dit-elle, retenant à grande peine de le prendre dans ses bras.

- Merci, j'y penserai, répondit Archibald, tout en se demandant où il trouverait un télégraphe à Poudlard. Au revoir, Madame.

Elle le retint encore un peu, les yeux humides.

- Archibald, je... j'espère te revoir très vite.

- Je serai de retour pour Noël.

Puis, il se tourna vers Charlotte, qui le regardait avec une franche curiosité.

- À bientôt Archibald, se contenta-t-elle de dire.

Il hocha la tête et tourna les talons, mal à l'aise.

Ross l'attendait à la grande porte d'entrée, tout de noir vêtu et un chapeau melon vissé sur la tête.

La lourde malle avait été hissée sur le toit de la diligence, où les chevaux piaffaient d'impatience. Ross lui prit des mains la cage de Bastet et laissa Archibald monté en premier : il cala entre ses jambes son petit bagage à main en cuir. Ross prit place à ses côtés et claqua la porte, faisant signe au cocher de partir.

L'équipage remonta la longue avenue en gravier jusqu'aux grilles, et Archibald se tourna vers la petite lucarne pour voir Lady Adélaïde lui faire de grands signes de la main.

- Vous reviendrez, Monsieur, le rassura Ross en voyant son air attristé.

- Je sais. Mais ça me fait toujours quelque chose de quitter le manoir, rétorqua Archibald, maussade.

La diligence tourna à droite au virage et il perdit le manoir de vue.

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Le trajet en train jusqu'à Londres fut de courte durée, mais il pleuvait des trombes d'eau sur la capitale britannique, rajoutant un degré supplémentaire à la morosité d'Archibald.

À la sortie de la gare, Ross héla un fiacre.

- Bekerley Square, s'il vous plaît.

Ils grimpèrent à l'intérieur de la voiture tandis qu'un portier attachait solidement la malle d'Archibald à l'arrière. Le conducteur, le col de son ciré remonté jusqu'à ses favoris pour se protéger de la pluie, fit claquer son fouet.

Archibald colla son visage à la fenêtre de la voiture cahotante pour contempler d'un air fasciné la vie citadine qui s'activait dehors malgré le mauvais temps : colporteurs, vitriers, rémouleurs, vendeurs ambulants, crieurs de rue...

Il ne leur fallut pas longtemps pour rejoindre la longue rue, située non loin de Hyde Park. Le cocher ouvrit la petite trappe derrière eux :

- Bekerley Square ! Je vous dépose à quel endroit ?

- Au numéro 50, merci bien, répondit Ross.

Le cocher prit un air apeuré :

- Au 50 ? Mais enfin Monsieur : ce lieu est maudit !

- Je vous remercie, répéta Ross, excédé.

Bekerley Square était une jolie avenue agrémentée de petits squares boisés cependant, la rue était aussi connue pour abriter la seule maison hantée de Londres. Les légendes affirmaient que des fantômes et des esprits malins se terraient au grenier.

Le fiacre s'arrêta devant un immeuble peint en noir et blanc, s'élevant sur quatre étages. Ross sortit le premier et sauta hors du véhicule, évitant une flaque d'eau, suivi d'Archibald. Il paya un shilling au cocher : Archibald remarqua que ce dernier faisait le signe des cornes avec ses doigts pour chasser les mauvais esprits, et il leva les yeux au ciel.

Il cala la cage de Bastet sous un bras et ramassa son petit bagage Ross, lui, s'occupa de sa grosse malle. L'instant d'après, le fiacre s'éloigna, comme s'il avait le diable aux trousses.

- Ah ces moldus ! se moqua Archibald.

Il gravit prestement les quelques marches menant à la porte et saisit l'élégant heurtoir en argent pour toquer. Il entendit le déclic d'une serrure se déverrouiller, et la porte s'ouvrit.

- Bonjour Monsieur Archibald, Monsieur Ross ! couina une petite voix. Est-ce vous qui amenez cette méchante pluie ?

Archibald baissa son regard vers une elfe de maison, vêtue d'un joli ensemble en dentelle. Elle avait un nez en trompette, deux grands yeux globuleux et un sourire qui laissait apercevoir des dents du bonheur. Elle les débarrassa de leurs manteaux et chapeaux, puis, d'un claquement de doigts, la malle fut transportée à l'intérieur.

- Bonjour, Missy, salua Archibald tout en délivrant Bastet de sa cage. Ma tante est-elle ici ?

Une explosion au premier étage lui répondit. De peur, la chatte se réfugia aussitôt sous une commode.

- Dans son atelier, Monsieur. Que Monsieur patiente dans le petit salon, je vais aller prévenir Madame.

Archibald échangea un regard avec Ross, et fit ce que l'elfe lui avait demandé.

Le petit salon portait bien son nom : de taille réduite, il ne comprenait qu'un vieux canapé défraîchi sur lequel Archibald s'installa et d'un fauteuil moelleux qui faisait face à la cheminée où pétillait un feu. Ross se tint en retrait, les mains croisées dans le dos.

Sa tante ne tarda pas à apparaître en compagnie de Missy, et Archibald se leva obligeamment :

- Allons, allons, mon garçon ! Pas de cérémonie entre nous !

Cornelia Selwyn était la raison pour laquelle les moldus craignaient le numéro 50. La maison semblait inhabitée à cause du Charme de Brouillamini : les bruits et les sensations fantomatiques étaient dus à Cornelia, célèbre potionniste parmi la Communauté Magique, et qui n'hésitait jamais à expérimenter de nouveaux philtres et potions.

Elle serra avec rudesse son neveu contre elle, dégageant un fort parfum d'engrais qui le fit éternuer.

C'était une sorcière des plus atypiques : sa chevelure brune ébouriffée était rassemblée en un chignon mal fait, son visage était noirci par la fumée, mais était illuminé par un regard bleu pétillant de malice, et elle portait une blouse trouée et salie par-dessus sa robe de sorcière violette. Archibald eut un froncement de dégoût en s'apercevant qu'une substance grisâtre s'était collée sur sa veste.

- Thé, Missy ! réclama Cornelia en se laissant tomber sans grâce sur le canapé. Oh, je vois que tu as amené ton croque-mort.

Ross se raidit sous l'insulte, mais ne dit rien.

- Ross est mon valet de chambre, le défendit Archibald. Et c'est aussi mon ami.

- Si tu le dis. Mais vous faites tellement... moldu !

- À vous entendre, on dirait que c'est un crime, grommela Ross. Avec la permission de Monsieur, je vais me retirer.

- C'est ça, retirez-vous, que je puisse causer sorcellerie avec mon neveu préféré.

Archibald attendit d'être seul avec sa tante pour la rabrouer :

- Tu n'étais pas obligée de lui parler sur ce ton !

- Pauvre trésor, tu penses qu'il est allé pleurer dans un coin ? Veux-tu que j'aille lui faire un câlin pour le rassurer ?

Archibald leva les yeux au ciel, mi- exaspéré, mi- amusé par le comportement de sa tante.

De tous les membres de sa famille, c'était sa tante Cornelia qu'il préférait. Elle était la sœur aînée de sa mère, Euphémia. À la différence de sa sœur, qui avait fait un mariage d'amour en épousant un moldu très fortuné, Cornelia n'avait jamais voulu s'embarrasser d'un mari. Sa passion à elle, c'était les potions. Elle faisait partie du cercle fermé de la Très Extraordinaire Société des Potionnistes, et il se murmurait qu'elle briguait avec convoitise le poste de présidente.

Les Selwyn étaient une des nobles familles de Sang Pur, « les Vingt-huit Sacrés ». Cependant, l'arbre généalogique s'éteignait avec Cornelia, dernière descendante de cette illustre famille de sorcier. Plusieurs fois, elle avait proposé à Archibald de l'adopter, pour qu'il prenne le nom des Selwyn et qu'il perpétue la lignée. Bien que tenté, il avait refusé : jamais Lord John ne l'aurait permis.

Et Archibald était autant un Twitter qu'un Selwyn : deux noms, deux univers, deux familles.

Missy ne tarda pas à revenir, un plateau de thé en équilibre entre ses minuscules bras. Elle servit avec précaution le breuvage dans deux tasses, tandis qu'Archibald questionnait sa tante sur ses recherches actuelles :

- Oh, je suis sur une expérience, annonça-t-elle en soufflant sur sa tasse. J'essaye de créer une formule d'Élixir sanguin pour la Compagnie Amicale des Vampires. J'espère pouvoir la proposer sur le marché en début d'année... Mais parlons de toi plutôt : ma baguette m'a raconté que tu avais affronté un Epouvantard ?

- Les nouvelles vont vite, grommela Archibald en piochant un fondant au chaudron dans la petite assiette que lui présentait Missy.

Il lui raconta ses vacances passées avec sa famille, ennuyantes à souhait.

- Je t'avais pourtant proposé de les passer avec moi, le rabroua sa tante, bien fait pour toi !

- Ma tante, il s'agit de mon père...

- Qui veut vouer ton existence à une vie oisive ! martela-t-elle. Je ne te comprends pas : pourquoi l'acceptes-tu ?

- Je n'accepte rien du tout ! se rebiffa Archibald, comme à chaque fois qu'on lui parlait de son avenir.

- Oh, Archie, je sais que tu n'aspires pas à une vie moldue... Organiser des réceptions, courber la tête devant une palanquée d'aristos ? Ce n'est pas dans ton caractère. Tu me ressembles beaucoup trop...

Archibald sentit ses oreilles le chauffer. Voyant que la conversation ne lui plaisait pas, Cornélia soupira et changea de sujet :

- Très bien. Demain, je t'emmène sur le Chemin de Traverse, mais sans ton croque-mort. Merlin, j'espère que l'apothicaire pourra me fournir de la bave d'escargot, je suis à sec...

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Archibald adorait flâner dans la longue rue sorcière en compagnie de sa tante. Sa liste scolaire d'une main, il s'arrêta dans de nombreuses boutiques pour y acheter ce dont il avait besoin pour sa cinquième année : foie de dragons, nouveau chaudron, bouteilles d'encre... Il acquit également une grosse boîte de Fizwizbiz dont Ross était friand – le valet avait profité de ces courtes vacances pour se perdre dans les rues moldues de Londres.

En passant devant la boutique de Quidditch, il eut une pensée pour Hamilton en voyant le Lancechêne 96. Lui détestait voler et évitait autant qu'il le pouvait le terrain de Quidditch. Du coin de l'œil, il vit sa tante secouer la tête, qui, comme lui, ne comprenait toujours pas la raison qui poussait les jeunes sorciers à baver d'envie devant un stupide balai :

- Quelle bande d'idiots ! Qu'ils pensent un peu à leurs BUSE, ça leur changera la tête ! Mais tu te rends compte du prix ? Mille cinq cents gallions pour... ça !

- Je sais, ma tante. Mais moins fort, souffla Archibald en voyant une jeune fille les fusiller du regard.

Ils se rendirent ensuite à Fleury & Bott : il avait besoin du cinquième tome du Livre des Sorts et Enchantements, ainsi que Arts et Stratégies de la Défense Contre la Magie Noire.

Il respira un bon coup lorsqu'il entra dans la librairie, l'odeur des grimoires lui chatouillant agréablement les narines. Cornelia se moqua de lui :

- Je te rappelle que nous ne sommes pas là pour acheter tout le magasin.

- Si seulement, soupira-t-il, bien décidé à prendre un peu de lecture pour sa consommation personnelle.

Cornelia, connaissant l'amour inconditionnel de son neveu pour les livres, préféra le laisser se débrouiller seul – sachant surtout qu'avec lui, la visite pourrait durer des lustres.

- Je dois aller chercher une commande dans l'Allée des Embrumes.

- Oui, oui.

- Sois sage surtout. Et ne gaspille pas tous tes gallions ! le prévint-elle avant de sortir.

Il fit d'abord le tour de la librairie, caressant d'un air rêveur la tranche des livres. Il refusa l'aide du libraire, préférant chercher seul. La tête penchée sur le côté, il alla se perdre dans les rayons.

Au détour de la section Histoire, une voix dans son dos persifla :

- Alors les rumeurs disaient vrai ? On dit partout que Lord Twitter est de retour parmi nous.

Archibald se tourna et fit face à un garçon de son âge : les cheveux blonds tirés en arrière, le teint pâle, les yeux gris, la silhouette élancée, et traînant une mauvaise jambe, conséquence d'une chute de balai quelques années plus tôt. Il tapota le sol de sa canne à pommeau argenté, impatient. Archibald secoua la tête, dépité :

- Merlin tout puissant, que fabriques-tu ici Malefoy ? Ne me dis pas que tu as appris à lire pendant les vacances !

Brutus Malefoy éclata de rire devant la plaisanterie, et serra la main d'Archibald :

- Ravi de te revoir parmi nous, mon vieux ! Je ne te dirai pas que tu m'as manqué, ça deviendrait trop sentimental !

- C'est vrai que tu as une réputation à tenir...

Archibald s'était lié d'amitié avec Brutus lors de leur deuxième année, pour une absurde dispute de grimoire sur la botanique emprunté en même temps.

- Des nouvelles de Piccadilly ? demanda Brutus, faisant rouler sa canne entre ses mains gantées de cuir noir.

- On le retrouvera dans le Poudlard Express, je suppose. Hé ! Mes félicitations, Monsieur le Préfet ! s'exclama Archibald en désignant le badge que Brutus avait déjà épinglé à sa poitrine.

Ce dernier eut un sourire satisfait et chassa une poussière imaginaire de l'enseigne aux couleurs de Serpentard.

- On prend le pouvoir là où on peut, Twitter ! Ça commence à Poudlard, et dans trois ans, je dirige un putsch contre le Ministère pour me couronner roi des sorciers. Sais-tu qui a été nommé préfet chez les Serdaigle ? Pitié, ne me dis pas Hamilton, j'en mourrais d'ennui !

- Non, mentit Archibald, ayant une brève pensée au hibou qu'il avait envoyé à sa directrice de maison. Tu es venu seul ici ?

- Mes parents m'ont accompagné, ils sont dehors. Tu peux venir les saluer si tu veux : mon père est dans son bon jour.

Archibald paya ses livres au comptoir, puis il sortit en compagnie de Brutus. Ils retrouvèrent Mr et Mrs Malefoy, qui attendaient leurs fils.

Archibald s'inclina avec déférence devant Cassandra Malefoy et salua Septimus Malefoy d'une solide poignée de main.

- Alors jeune homme, prêt pour votre cinquième année ? demanda-t-il considérant la pile de livres qu'Archibald avait coincés sous son bras. Bientôt les BUSE...

- Oh ça... il s'agit surtout pour ma culture personnelle, expliqua-t-il en rougissant, tentant de cacher des yeux du sorcier le manuel Mécanique des Moteurs Moldus, première édition.

Il voulait avant tout comprendre comment marchaient les automobiles et connaissait la haine tenace qui liait les Malefoy au monde moldu.

Septimus Malefoy était un membre influent du ministère de la Magie, célèbre pour avoir été résolument contre le projet de la mise en place du Magicobus trente ans auparavant, le qualifiant de « scandale molduesque ». Et si Septimus Malefoy tolérait Archibald dans le cercle intime de son fils, c'était uniquement parce qu'il était à moitié Selwyn et que les Twitter étaient immensément riches.

Il félicita néanmoins Archibald pour son érudition et Brutus, moqueur, compta le nombre de livres qu'il avait coincés sous son bras :

- Vous savez Père, peut-être pourrions-nous inviter un jour Archibald à visiter notre bibliothèque ? Je suis même persuadé qu'il serait ravi de procéder à l'inventaire de nos livres bénévolement !

Archibald grimaça : Brutus ne le connaissait que trop bien.

- ARCHICHIE! l'appela soudain sa tante.

Brutus se tourna vers lui en souriant : « Archichie » murmura-t-il, se faisant d'avance une joie de toutes les futures plaisanteries sur ce surnom absolument ridicule.

- C'est de la folie ! rouspéta Cornelia lorsqu'elle arriva à sa hauteur. Trente gallions pour un misérable flacon de venin d'Acromentule, mais où va le monde... Oh !

Elle vit alors à qui Archibald parlait et toisa superbement les Malefoy.

- Bonjour, Septimus. Cassandra, salua-t-elle froidement.

- Cornelia...

Archibald échangea un regard inquiet avec Brutus : il était temps qu'ils se séparent avant que les deux femmes n'en viennent aux baguettes.

- On se revoit à la rentrée, lord Twitter.

- Pareillement. Bonne journée, Mr Malefoy, Mrs Malefoy.

Archibald glissa son bras sous celui de sa tante et l'entraîna plus loin :

- Nom d'une perruche, Archie ! tempêta-t-elle. Avais-tu vraiment besoin de t'afficher avec cette famille de... d'idiots ?

- Tu vas un peu loin, ma tante, marmonna-t-il. J'ai beaucoup d'affinité avec Brutus, c'est tout.

- Les Malefoy sont des rétrogrades, ils vivent et pensent comme au Moyen-âge avec leurs idées conservateurs. À les écouter, on devrait tous s'épouser entre Sang-Pur !

Archibald fut surpris par le ton virulent de sa tante :

- Est-ce que vous dites ça parce que vous êtes une euh... libérale ou parce que Septimus Malefoy a refusé de vous épouser quand vous étiez jeune ?

Cornelia, choquée par les propos d'Archibald, ouvrit et ferma la bouche plusieurs fois de suite.

- Espèce de petit voyou ! finit-elle par s'exclamer, faisant tourner la tête des passants autour d'eux. Si ça ne tenait qu'à moi, je te renverrais chez ton père avec un bon coup de pied aux fesses ! À la maison, tout de suite ! Je vais t'apprendre à colporter des âneries !

Archibald douta cependant d'avoir proféré un mensonge, au regard des plaques rouges qui empourpraient le cou et les joues de sa tante...


(1) Milord

Désolée d'avoir mis autant de temps à poster ce chapitre, mais j'ai rencontré des problèmes avec fanfiction: impossible depuis vendredi d'accéder à ma page! Merci énormément d'avoir été si nombreux à lire le premier chapitre, et un immense merci en particulier à Niakovic, Mimi70, Rozen Coat et Kelpigue: je vous adore! Sans oublier AppleCherry Pie qui fait toujours un boulot fantastique!

Pour la petite histoire: oui, j'ai fait énormément de recherches sur les premières voitures mise en circulation à partir des années 1895... Et la Victoria Benz a existé: un petit tour sur Google vous montrera quelques photos!

Quant à la maison du 50 Berkeley Square, elle existe vraiment à Londres, et elle est réputé pour être hanté... Brrrr!

Le prochain chapitre sera publié le 30 mars et je vous laisse deviner de quoi ça va parler...

Maintenant, petite note hors Archibald: la correction du Tome 2 de Polly est presque terminée. Je pense l'envoyer cette semaine à l'imprimerie pour un tirage. Ce qui signifie donc qu'une petite loterie sera mise en place début avril pour gagner ce tome 2 (et peut être aussi le tome 1!) ainsi que des petits goodies préparés à votre intention... Restez donc à l'écoute!

A très bientôt!

Citrouille