Attention, présence d'une scène de viol dans ce chapitre ! Plus ou moins explicite.

Wilhelm courut presque dans la chambre du prince, où il devait lui aussi dormir. Il savait que Ludwig ne reviendrait pas tout de suite. Il était déjà sûrement occupé à batifoler. Le brun se laissa alors tomber sur le grand lit. Et il s'autorisa enfin à pleurer. Des larmes qu'il retenait depuis si longtemps. Pourquoi le prince lui faisait subir ça ? N'avait-il pas le droit d'avoir des sentiments ? De refuser de jouer cette comédie qui lui déchirait le cœur ? Une comédie qui n'en était pas une pour lui. Car il aimait sincèrement son prince. Il n'aurait put dire depuis combien de temps. Mais il aimait être à ses cotés, parcourir les routes avec lui. A chaque instant il voulait toucher la longue chevelure rousse, se blottir contre le corps fin de son maitre. Et tant pis si le prince était froid avec lui, au moins il lui parlait et acceptait sa présence. Cela lui suffisait amplement. Depuis le début de cette quête des princesses il faisait tout pour Ludwig sans jamais se plaindre, sans montrer sa peine. Mais il risquait de ne pas survivre à ce coup là. Pourquoi Dieu lui infligeait-il ça en plus ? Entendre le prince lui dire « je t'aime » ou « mon amour » faisait saigner son cœur. Il en avait tellement rêvé. Pourtant ce n'était qu'un jeu de plus pour lui. Et lui il devait répondre avec un sourire et un « bien mon prince ». Jamais il n'en serait capable !

Quand Ludwig revint quelques heures plus tard dans la chambre il trouva son valet endormi, étendu sur le lit. Il s'arrêta quelques secondes afin de mieux le regarder. Ses yeux étaient fermés mais on pouvait clairement voir qu'il avait pleuré avant. Une mèche de cheveu noir barrait son visage apaisé par le sommeil. Louis s'approcha doucement, se pencha sans bruit vers son valet, effleura son front, descendit lentement le long du visage… et lui hurla dans l'oreille :

- DEBOUT !

Paniqué, Wilhelm sauta pour se remettre sur ses jambes, remarquant le visage du prince à quelques centimètres du sien dans le même temps, il devint alors rouge, son pied se prit dans le drap du lit et il s'affala par terre, les couvertures le recouvrant. Ludwig regarda ce manège sans aucune émotion sur son visage.

- Je suis désolé mon prince, dit le brun en se dégageant.

Il avait l'air vraiment stupide, la tête décoiffée émergeant du drap encore en boule.

- J'ai dit qu'on dormirait dans la même chambre ! Pas dans le même lit ! précisa Ludwig.

- Où vais-je dormir alors ?

- Trouve toi un matelas et met-le par terre. Débrouilles-toi pour les couvertures. Pas mon problème !

« C'est déjà mieux que rien, pensa Wilhelm. Au moins je ne suis pas à même le sol ! ». Il observa le prince se déshabiller du coin de l'œil.

Une fois la nuit venue Wilhelm mit longtemps avant de s'endormir. Il entendait le souffle du prince dans le cœur de la nuit. Il se retenait de pleurer. Quand il se réveilla le lendemain matin il accusait de grandes cernes. C'était courant depuis quelques années… depuis qu'il était au service du prince en fait !

XXX

Tout en s'habillant Ludwig donnait encore des ordres à son valet :

- Essaye de mieux jouer ton rôle aujourd'hui ! On est censé être amant… Je sens que dans quelques jours je pourrais les ramener. Leur vieille pie de mère ne sera plus un problème.

- Mais, mon prince, comment ferez-vous pour les épouser si elles vous croient gays ?

- Oh ne t'en fais pas ! Ma royale personne trouvera bien une solution d'ici là !

- Si vous le dites, conclut le valet, blasé.

Le prince se vêtit de façon ordinaire : chemise blanche italienne à voiles sur le col et les manches, jean noir moulant mais s'élargissant d'un coup sur les chevilles et des chaussures noires à haut talon. Enfin, une grosse ceinture à plumes en travers. Normal pour lui quoi ! Il remonta ses cheveux roux en une fausse queue de cheval, nouée par un fin ruban noir.

Il descendit ensuite dans la grande salle à manger, sans prendre le temps de se regarder. Il était toujours parfait de toute façon.

Durant l'après-midi, Ludwig prétexta le beau temps et la température pour s'arranger une balade en forêt avec Clarina et Céliane. Il remarqua avec surprise que la vieille mère, encore plus ridée que la veille, ne s'y opposait pas. Il promit de se tenir sur ses gardes. Wilhelm les regarda partir depuis une haute fenêtre. Le trio formait un tableau charmant. Le valet s'arracha de sa contemplation et chercha à se rendre utile. Il ne trouva aucun domestique dans les cuisines, les chambres ou n'importe où ailleurs. Il commença à paniquer. Il choisit de revenir dans la chambre du prince et de l'attendre pour lui en parler. Il sursautait au moindre bruit.

XXX

De son coté le prince Louis avait ses propres problèmes à gérer. Il arrivait à peine à faire sortir deux mots de suite de la part des deux jeunes filles réunies. Et plus ils avançaient dans le sous-bois, moins elles parlaient. Elles semblaient aussi montrer des signes de fatigue.

- Elles font jamais d'exercice ou quoi ? pensa t'il.

En même temps ça ne devait pas être facile avec des poitrines pareilles ! La forêt était vraiment magnifique ce matin-là. Peut-être même plus que la veille. Ou Ludwig lui trouvait un charme nouveau. Prenant de l'avance, il appela Clarina à le rejoindre, voir de plus près un oiseau dans un nid. La jeune femme fit quelques pas pour le rejoindre. Mais elle se sentit mal, pâlit d'un coup et tomba sur le sol sans un mot. Sa sœur cria de panique sans pour autant bouger. Le prince se précipita aux cotés de Clarina qu'il trouva évanouie sur l'herbe, aussi blanche qu'un cadavre. Ce qu'elle ne tarderait pas à être. Il la prit dans ses bras et la reconduisit jusqu'au château, invitant Céliane, pleurant silencieusement, à le suivre.

La vieille ne parut pas surprise de les revoir si vite et aussi mal. Elle récupéra sa fille et la porta, très facilement pour son âge, dans une chambre isolée, seulement suivie de sa deuxième fille. Le prince dut donc rester seul. Il se mit à réfléchir. Quelque chose ne tournait pas rond ici. Et il aurait donné cher pour savoir ce que c'était. Il avait un très mauvais pressentiment.

XXX

Le valet et le prince se retrouvèrent dans leur chambre, quelques heures plus tard. Ludwig en profita pour lui raconter ce qui s'était passé durant sa balade.

- Et pendant tout ce temps à jouer de mes charmes, elles n'ont eu aucune réaction. Ce n'est pas normal. Si ça se trouve elles sont…

- Mon prince ?

- Lesbiennes! continua t'il. Et doivent cacher leur amour à leur mère !

Wilhelm sentit un poids s'abattre sur ses épaules. Il ne savait pas si le prince était sérieux ou non ! Il entreprit alors de lui faire part de la découverte qu'il avait faite lui aussi. Mais le prince Louis n'y accorda pas autant d'importance que prévu.

- C'est une sorcière, répondit-il simplement en haussant les épaules. C'est normal qu'elle ne veuille pas s'encombrer de domestiques alors qu'elle peut le faire d'un claquement de doigt.

Le brun ne sut que répondre à ça. Il observait le prince qui regardait par la fenêtre. Ludwig remarqua une ombre sortir du château et se faufiler discrètement dans la forêt, n'empruntant pas le sentier. Les mystères commençaient à s'accumuler. Le rouquin en venait presque à souhaiter la présence de Dorothéa pour l'éclairer. Même si sa nouvelle absence de poitrine l'avait fait baissé dans son estime. Avant de s'éloigner de la fenêtre Louis nota un autre mouvement venant des buissons. Il fit face à son valet :

- A partir de maintenant je t'interdis de sortir des murs du château sans ma permission, lui ordonna t'il. Et tu resteras le plus possible dans la chambre.

- Mais mon prince.

- C'est un ordre et ça ne se discute pas !

- Bien…

Wilhelm ne chercha pas à comprendre. Il était habitué depuis longtemps aux ordres farfelus de son prince. Il avait au moins eu la bonne idée de ramener des livres de la bibliothèque. Il s'assit donc sur le lit et en ouvrit un au hasard. Et il se dit qu'il aurait peut-être dut lire les titres avant. Il n'y a avait rien de compréhensible. Tout était écrit en signes bizarres, accompagnés de dessins horribles. Wilhelm resta figé, de peur, un frisson lui remontant le long du dos.

- Je veux partir… murmura t'il.

Clarina et Céliane furent au diner du soir, sans montrer aucun problème physique. Elles affichaient toujours le même sourire radieux et faux. Wilhelm commençait vraiment à les trouver bizarres ! En plein milieu du repas la vieille femme lança une bombe :

- Dites moi vous deux… Vous êtes vraiment amants ? demanda t'elle avec un grand sourire. Parce qu'il n'y avait pas vraiment d'activité dans votre chambre hier soir ! Le voyage vous aurait-il fatigué à ce point ?

Le prince préféra ne pas répondre, faisant comme si cela était normal.

Mais il avait très bien entendu et entreprit de rectifier le tir dès la nuit tombée. Des pensées étranges envahirent sa tête, ses barrières mentales s'évanouirent d'un coup. Ludwig se sentit bien plus libre d'un coup. À peine la porte claquée derrière lui, Wilhelm se sentit catapulté sur le lit. Le prince, déjà torse nu se tenait en face de lui. Il avait une expression très étrange sur le visage.

- Mais que… Vous…

- Elle ne nous croit pas amant, on va lui prouver le contraire. Déshabille toi maintenant !

Le ton était autoritaire, trop d'ailleurs, pour être normal.

- N'y a t'il pas un autre moyen ? Peut-être juste crier ? tenta Wilhelm.

- Non ! Je tiens à bien faire les choses, répondit le prince avec un sourire sadique. Tu es mon valet, obéis !

Avant que ledit valet n'ait eu le temps de répondre Ludwig l'embrassa de nouveau. Et en moins de temps qu'il ne faut pour le dire, les deux hommes se retrouvèrent nus l'un contre l'autre. Wilhelm se demanda en un éclair comment le prince avait fait. Et il eut un pincement au cœur en se disant qu'il avait de l'expérience dans ce domaine. Tandis que lui… Puis ses pensées s'évanouirent d'elles-mêmes. Il sentait une grande chaleur l'envahir. Les mains du prince descendaient le long de son torse, tandis que sa langue continuait de jouer avec celle du brun. Ce dernier était totalement allongé à présent sur le grand lit, écartant inconsciemment les jambes tandis que Ludwig se positionnait au milieu. Il lâcha alors les lèvres de son valet et profita de son état secondaire pour le préparer à le recevoir. Quand Wilhelm sentit un doigt pénétrer son intimité, il écarquilla les yeux et ne put retenir un cri.

- Non… Arrêtez !

Ludwig inséra un deuxième doigt pour le faire taire, passant en même temps une main sur l'érection bien prononcée de son valet. Il fit un mouvement de ciseaux avec des doigts avant de les retirer brutalement. Il présenta alors son propre sexe en érection et le pénétra violemment.

La douleur se mêla vite à un profond plaisir. Wilhelm, qui ne pouvait s'empêcher de crier, jouit le premier, rapidement, avant de sentir Ludwig se libérer en lui. Fatigué, le prince s'allongea à ses cotés. En revanche le brun se releva vite du lit et alla se coucher sur son matelas, sans un regard ou une parole. Il eut beaucoup de mal à s'endormir cette fois encore. Il se sentait bafoué, humilié. Il n'était qu'un jouet pour le prince, il devait s'y faire ! Ce même prince qui n'avait surement aucun scrupule à ce qu'il avait fait. Juste pour séduire deux femmes dont il sera surement lassé d'ici quelques jours. Wilhelm ne laissa pas couler ces larmes cette fois-ci. Il devait se montrer fort et réussir à surmonter ça.

Le brun se trompait lourdement s'il croyait Ludwig dormant tranquillement et sans remords. En vérité il avait les yeux grands ouverts dans le noir, scrutant l'obscurité à la recherche d'une réponse. Il n'avait aucune explication sur ce qu'il venait de faire. Il n'était pas dans son état normal ! Son cœur s'était enfin exprimé sans qu'il puisse l'arrêter. Car s'il avait encore des doutes jusqu'à présent, il ne pouvait plus nier qu'il voulait garder Wilhelm pour toujours auprès de lui ! Il avait toujours aimé le voir sourire, surtout si ce sourire lui était adressé. Rien ne le réjouissait plus. Mais pourquoi s'était-il emporté ainsi aujourd'hui ? Jamais il n'aurait dut se dévoiler. Il devait épouser une riche héritière, ou une femme à grosse poitrine à la rigueur, avoir des enfants et gouverner. Pas très réjouissant mais c'était la réalité. Ses véritables sentiments n'auraient jamais le dessus. Il ne devait pas aimer un homme et encore moins son valet. Ludwig passa la nuit à se retourner dans le lit. Il ne savait pas comment devait agir le lendemain. Et prendre Wilhelm dans ses bras pour l'embrasser n'était pas du tout une bonne idée ! Malheureusement…

Pour la tenue du prince : j'adore ce genre de tenue pour un mec ! Et je trouve que le prince serait trop beau et trop classe avec ça ! (Bon d'accord j'arrête de baver !)

Et je viens de percuter qu'ils passent quasiment tout leurs temps dans la chambre ! En fait je crois que j'ai juste la flemme de faire d'autres descriptions.