Bonjour/Bonsoir tout le monde ! Voilà le second chapitre.

Petit avertissement : Ce chapitre contient un peu de Ginny/Harry, à petite dose comme il le faut (je ne suis pas une extra-fan de ce pairing, donc rassurez-vous, ça ne sera pas explicite, et ça ne prendra pas beaucoup de place dans l'histoire), et il y a des évocations à d'autres couples, qui bien sûr n'influencent absolument pas le chapitre. Donc, Rien qui ne soit pas nécessaire pour la suite de l'intrigue.

Disclaimer : les personnages appartiennent à Rowling, l'intrigue et les éventuels OC (comme par exemple Glenn Mayer) m'appartiennent en revanche.

Rating : M, parce qu'on ne sait jamais.

Comme pour le chapitre dernier, toujours en point de vue interne, cette fois concentré sur Harry. On en apprend un peu plus sur lui et les autres personnages, et également sur l'organisation de Poudlard après la bataille.

Comme je vous le demandais la dernière fois, l'avis des lecteurs m'intéresse, j'aimerais bien savoir si je me débrouille plutôt bien pour le moment, et si ce que je fais plait. Un peu de feedback serait apprécié, de même que des reviews, histoire de me situer par rapport à ce que j'écris et par rapport à ce que vous appréciez !

Merci bien et bonne lecture !


Chapitre 2

Dire que je m'assois sur le banc est un peu trop léger. Dire que je m'affaisse est peut-être un peu plus représentatif. Et je me laisse sans doute un peu glisser, aussi. Peu importe, cette manière est toujours celle que j'utilise. J'ai passé cette matinée à marcher de droite à gauche, et de gauche à droite. Il faut que je me repose. Et quoi de mieux que cette pause du midi pour le faire ? Une journée entière de procrastination, sans aucun doute, mais je ne veux pas trop en demander. Partager un moment de tranquillité avec les autres élèves était relaxant. La petite famille à nouveau au complet, en quelque sorte. Après la Guerre, Ron, Hermione et moi, ainsi que beaucoup d'autres, nous sommes revenus à Poudlard, pour y finir nos études. Pas mal d'élèves n'avaient pas été capables de passer les épreuves de fin d'année, et d'autres voulaient tout recommencer pour reprendre l'année dans une atmosphère saine. Et puis, d'autres, comme moi et mes deux meilleurs amis, voulions tout simplement savoir ce que nous aurions du apprendre durant cette année. A-t-on déjà vu des élèves zapper entièrement une année, la plus importante qui plus est ? Enfin, la plus importante… Elle était pas mal sale, celle-ci.

Nous sommes donc la classe éphémère des « Huitième année ». Préparez les mouchoirs, l'année prochaine elle n'existera normalement plus ! Sauf si, éventuellement, Ron se fait recaler aux examens. Ça me fait doucement rire, parce que ça ne m'étonnerait absolument pas. Quoiqu'il en soit, il n'y a plus rien, dans cette classe. Enfin, par là, je veux dire qu'il n'y a plus de Gryffondors, plus de Serdaigles, plus de Pouffsouffles et – Merlin en soit loué – plus de Serpentards. Plus aucune maison. Nous sommes tous regroupés. Nous ne sommes également plus séparés en des différentes salles communes. Nous représentons une sorte de maison à nous tous seuls. Une grande pièce a été construite après la Guerre, pendant la réparation du château. C'est notre salle commune. Beaucoup plus petite que celle à laquelle je m'étais habitué pendant six ans. Mais elle reste plutôt cosy. Etant beaucoup moins nombreux que dans les autres maisons, nous avons le privilège de bénéficier de chambres séparées. Et je dois avouer que ne plus entendre Ron ronfler la nuit est une bénédiction. Mais, chaque intérêt présentant un inconvénient, il faut bien qu'il y ait des limites – il y en a toujours. Voldy ou pas. Nous ne pouvons plus entrer dans nos anciennes salles communes. Gryffondor nous est refusé pour de bon. Et même flatter la Grosse Dame sur sa voix digne de la Castafiore ne sert à rien. Elle ne veut rien entendre. Et pour une fois ce n'est pas parce qu'elle recouvre tous les bruits alentours avec ses cris de goret. Que donnerai-je pour que ce benêt de Chevalier du Catogan revienne…

Il est donc impossible de voir nos anciens camarades, même si ceux-ci sont en septième année. Ceux qui s'étaient battus avec nous durant la Guerre. Les seules occasions où nous pouvons à présent nous retrouver sont rares. Et, par conséquent, précieuses. Lors du petit-déjeuner, lors des pauses entre les cours – si toutefois il y en a, ce qui est plutôt rare –, lors du déjeuner, et lors du dîner. Il y a parfois des exceptions, bien sûr. Ginny en est une. Et une sacrée, je dois même dire. Nous sommes devenus des habitués de la tour d'Astronomie, aussi cliché que cela soit. Nous avons rendu sa réputation à « l'endroit des amoureux ». Chaque soir, on s'y rejoint. Je crois que Ron n'apprécie toujours pas le fait que je m'approprie pleinement sa sœur. Mais, j'imagine que ça lui passera, un jour. Je compte bien continuer d'entretenir une relation avec elle. Je crois que je suis vraiment amoureux. L'amour… Qui aurait cru que ça serait un jour pour moi ? La salle sur demande est également l'un de nos refuges, lors de nos escapades. Plus personne n'y va, depuis bien longtemps maintenant.. Alors, nous en profitons, avec Gin'. Je fais mon maximum pour passer du temps avec elle. Je l'ai déjà perdue une fois. Je ne veux pas que cela arrive encore, et par ma faute. Ha ! moi, et mon romantisme.

Je me passe une main sur le visage, en grognant.

Si seulement mes romances étaient les seules choses me concernant dans cette école, je serais plutôt charmé. Mais hélas, ce n'est pas la raison première de ma présence entre ces murs. Il ne faudrait tout de même pas oublier les joyeuses classes auxquelles nous assistons chaque jour, du matin jusqu'au soir. Et comment les oublier… Rien que ce matin, alors que tout semblait aller pour le mieux, Flitwick avait été d'une humeur massacrante. Merlin, si j'ai bonne mémoire, je crois que c'est la première fois que je le voyais aussi furax. Paradoxalement, c'est aussi l'une première fois que je me suis autant marré avec Ron, en cours de Sortilèges. Première année comprise. J'avais aussi chaud que le jour où Seamus nous avait fait goûter ses fameuses friandises – dont je ne me rappelle plus le nom, il faudra que je le lui redemande – qui nous avaient fait pousser des cris d'animaux. Peut-être que mes oreilles commençaient à produire de la vapeur, comme cette fois-là. L'état de Ron était pire. Sa tête roulait sur la table, et il tapait du pied frénétiquement. Je crois même qu'il a failli s'étouffer. Si ses oreilles se teintaient de rouge lorsqu'il était gêné, à ce moment-là, c'était encore pire que du rouge. Pire que le jour où il avait bu sa première flasque d'hydromel, au Square Grimmaurd ! Qui aurait cru qu'il suffirait que quelqu'un lance un Levicorpus sur Neville, sans autorisation, pour que ça déclenche un éclat de rire général ? Encore une fois, Neville avait toujours ce don de se faire prendre d'assaut à chaque cours et de faire cette tête de cocker triste que la vie ne souhaite pas épargner.

Le pauvre professeur sautillait de colère, le visage rouge comme un poivron, tout en gesticulant envers un ancien élève de Pouffsouffle. Ses minuscules lunettes étaient tordues entre ses doigts, et ses cheveux blancs semblaient s'étirer de tous les côtés. Je n'ai rien pu comprendre de ce qu'il a dit, mais après mûre réflexion, je me dis que c'est peut-être mieux comme ça. Le pauvre Glenn Mayer aurait pu ne jamais retrouver l'intégralité de ses cheveux. Mais j'aurais préféré qu'il perde un peu de son cuir chevelu, plutôt que de me coltiner les soixante centimètres de parchemin que nous devrons écrire pour demain. C'est ça, aussi, la nouvelle politique de notre classe spéciale. Si l'un fait mal son travail, tout le monde trinque ! Je ferai comme à mon habitude : je prendrai discrètement le devoir d'Hermione, lorsqu'elle aura le dos tourné. Sans me vanter, je suis devenu plutôt bon, au fil du temps. Je suis même fier de moi. Je pense que je me sens un peu plus proche de mon père. Lui aussi, étant élève, avait maîtrisé la capacité de chaparder les devoirs de ma mère. Tel père, tel fils, c'est bien ce que l'on dit. Un sourire nostalgique se forme sur mes lèvres.

Neville entre dans la grande salle avec un air de totale fatigue sur les traits de son visage. Je ne sais pas comment il fait pour supporter un tel rythme scolaire. Il en est au même nombre d'heures qu'Hermione. Je crois qu'il veut montrer à tout le monde qu'il peut-être encore plus que le simple garçon qui a coupé la tête de Nagini. Et ça, c'était une vraie ambition. Tout le monde sait que Neville n'avait jamais été une personne occupant beaucoup les esprits… Je ne veux pas être méchant, mais je doute que travailler au milieu des planes lui donnera davantage de reconnaissance. Il en fait peut-être trop… Même moi, je ne pourrais pas me surpasser. J'ai déjà beaucoup de mal à suivre le rythme. Il semble que j'ai perdu, en un an, ce que j'avais appris en six. Exceptions faites pour les Sortilèges et Enchantements, ainsi que pour la Défense contre les forces du mal. Pour la Divination, en revanche, rien ne change. Je n'ai jamais rien appris, à part que le meilleur moyen d'avoir de bons résultats est d'inventer mille et une manières de mourir. Et de s'appeler Harry Potter. Ou de faire équipe avec Lavande Brown, en dernier recours.

Neville marche d'un pas lourd et lent entre les longues tables, avant de se laisser tomber sur un banc, près de Luna. Je lui adresse un sourire de sympathie. Hé, j'ai dis que je ne voulais pas être méchant. N'oublions pas que Neville est mon ami. Je le soutiens, d'ailleurs. Tout le monde le soutient. Surtout Luna Lovegood.

- Des Nargoles, dit-elle soudainement , les yeux posés sur Neville. Tu en as partout sur les cheveux. Tu t'es approché d'une branche de gui ?

- Oh, réfléchit le garçon. Oh, oui, je crois bien. Je sors d'un cours de botanique, et je crois qu'il y avait du gui au plafond... C'est bien ma veine… Il y en a vraiment beaucoup ?

- Je crois… la blonde fait mine d'épousseter les cheveux de son ami. Je crois que j'en ai enlevé au moins la moitié. Tu dois les attirer. (Elle sourit d'un air rêveur.) Mon père a découvert un nouveau moyen de les contrôler…

Je me détourne de la conversation. Je n'ai jamais été branché nargole et joncheruine. Je me demande toujours si Luna utilise ça comme méthode de drague, ou bien si c'est vraiment un sujet qui lui tient à cœur. Chacun son truc, après tout. Pendant un moment, je me suis bien pris de passion pour les répliques de voitures moldues, ce n'est pas mieux… Le repas devrait être servi dans peu de temps. Je laisse mes yeux errer dans la salle. Les tables des maisons se remplissent peu à peu. Celle des professeurs aussi. Mes yeux s'attardent là où, deux ans auparavant, Albus Dumbledore et Severus Snape se tenaient. J'avais mal jugé l'espion, je le reconnais. Il était un homme bien. Parfois, je regrette la stupidité de jeune Elu que j'avais à l'époque. Que j'avais encore l'année dernière… Je n'ai pas pu empêcher la mort de ces deux hommes. Alors que c'était mon devoir. Et maintenant, je regrette les retenues de Snape, et les bonbons au citron infects que le Directeur me proposait à chaque fois que j'entrais dans son bureau. La vision de Dumbledore tombant du haut de la tour d'Astronomie me saisit avec violence. Snape l'avait tué. Puisque Malfoy avait eu peur de le faire lui-même. Mon regard se durcit. Ce lâche de Malfoy. Ce traitre qui avait préféré se mettre à la botte du Mage Noir plutôt que de nous aider à le battre. Je le cherche des yeux. Et je le trouve. Comme à son habitude, sur la table des Serpentards, tout au bout. Isolé, et silencieux. Il bouge sa baguette et fait tournoyer son couteau en l'air, lentement. Il a le regard dans le vague, une fois de plus, et le visage terne, sans émotion. Toujours aussi pâle, impartial, froid, infranchissable. Son visage est un mur, qui avait su se montrer plus résistant que ceux de Poudlard. Un mur qui avait craqué en de nombreuses occasions, mais dont les brèches se refermaient aussitôt. Je fronce les sourcils. Aussi intéressant qu'un mur, aussi. Mon regard le jauge. Il a l'air fatigué. Sa mâchoire bouge, comme s'il grinçait des dents. Il cligne des yeux, avant de les fermer, puis de les rouvrir à plusieurs reprises. Le peroxydé s'agite sur le banc, et se met à regarder autour de lui. Je plisse les yeux. Lorsque son regard croise le mien, il reste me fixer pendant quelques secondes. J'hausse un sourcil interrogateur. Mais avant que je n'aie pu observer autre chose, deux mains se posent sur mes yeux.

Un sourire nait automatiquement sur mes lèvres. Ces mains, douces et fraîches, je les reconnaitrais entre mille. Je sens des lèvres se poser sur mon front, et quelques mèches de cheveux soyeux glisser contre mes joues. Une voix claire me murmure contre l'oreille : « Devine qui je suis, Harry. » Je laisse un rire tendre m'échapper, et porte mes mains à celles qui cachent encore mes yeux. Je les caresse du bout de mes doigts. Je ferme les yeux, puis abaissent les mains prisonnières. Je les embrasse doucement. « Ginevra Martha Weasley », réponds-je avec malice. Les mains se retirent alors des miennes, et l'une d'elles me frappe la joue droite avec une colère feinte. J'ouvre les yeux, et les tourne vers ma droite. Aussitôt, un sourire niais me vient sur le visage. Ginny se trouve là, le coude posé sur la table, le poing sous son menton, son visage pâle et parfait tourné vers moi, et ses jambes croisées. Son nez court et légèrement froncé, ses yeux bleus en amande, ses cheveux roux, flamboyants, et ses lèvres pincées et peintes de rouge… Elle était absolument magnifique. Mais je voyais qu'elle était contrariée. « Je n'aime pas quand tu m'appelles comme ça, Harry. », me dit-elle. Je la regarde dans les yeux, avec sérieux, sans relever sa réplique. Puis je me penche vers elle, et lui embrasse le front. Je recule légèrement ma tête, et la regarde, une lueur maligne dans mes yeux. Elle semble étonnée, puis me sourit d'un air rusé. Elle se met à frôler ma mâchoire de ses lèvres, avant de déposer des baisers-papillons sur ma peau. Je souris d'un air goguenard, et frotte délicatement ma joue contre la sienne.

- J'ai faim, me susurre-t-elle.

- Ah oui ? je demande avec une voix mutine. Je commence moi aussi à être affamé…

- Que dirais-tu d'aller manger un morceau un peu plus loin, maintenant, seulement toi et moi ?

Je la regarde, un sourcil haussé et un regard amusé. Difficile de croire que cette fille avait un jour été la timide enfant qui avait succombé au charme des paroles de Tom Riddle…

- Vous n'avez aucune retenue, vous deux, lance Ron lorsqu'il arrive à la table. Presque toute la salle vous regarde… Ayez au moins la délicatesse de faire ça ailleurs : voir ma sœur en pleine séance de préliminaires me dégoûte un peu.

- En pleine séance de préliminaires ? répète Ginny. Si c'est ça que tu appelles des préliminaires, alors Hermione doit être déçue avec toi...

- Gin', ne le charrie pas, interviens-je pour calmer le jeu, en voyant Ron devenir rouge.

La rousse hausse les épaules, et je me détache d'elle. Ron a raison, ce n'est pas un comportement correct, en plein milieu d'une salle surpeuplée. Dont la moitié des élèves nous regarde d'un air réprobateur. Je baisse le regard vers la table, pour m'apercevoir que les plats arrivent les uns après les autres. Un sourire serein apparait sur mon visage, et je me frotte les mains. Cela fait tellement longtemps que j'attends ce moment. Depuis le petit-déjeuner, à vrai dire. Mais ce n'est qu'un détail facultatif… Maintenant se déroulait la sérénité d'un repas comme je la connaissais au début de ma première année à l'école de sorcellerie. Avant que je découvre les dangers qui planaient au-dessus de ma tête, et qu'ils me coupent l'appétit. Je me débarrasse de cette pensée obscure en observant la bouillabaisse apparue face à moi. Je ne savais pas que ce plat serait resservi ici. Peut-être que nous fêtions quelque chose en rapport avec la France, aujourd'hui. Ou bien ils avaient tout simplement décidé d'enrichir le choix des menus – encore plus qu'avant. Je hausse les épaules, et saisis le maximum de nourriture, à l'instar de Ron. Celui-ci regarde la bouillabaisse d'un regard suspicieux, puis fronce les sourcils. Son regard s'illumine, et un sourire niais s'affiche sur son visage. Je ne prends pas le temps de demander ce qui a causé ce changement d'expression. « Hey, c'est ce que Fleur m'a fait manger après que j'aie sauvé sa petite sœur, dans le lac, lors du Tournoi des Trois Sorciers… », dit-il d'un ton rêveur.

Hermione lui donne un coup de coude dans les côtes.

- Tu penses encore à ça ? soupire-t-elle, sourcils froncés. Je te signale que Fleur est ta belle-sœur maintenant, et que Bill te tuerait s'il savait que tu bavais sur sa femme.

- Hey, ça fait mal, Hermione ! se plaint Ron. Je ne pense pas à ça, j'y aie juste, heum, repensé, comme ça… Ne sois pas jalouse. Et je ne bave pas sur Fleur ! Et puis d'ailleurs, depuis quand tu es là ? Tu n'étais même pas là, il y a dix secondes…

- Qu'est-ce que tu racontes ? demande la brune comme si de rien n'était. Je suis là depuis le début. Et franchement, moi, jalouse ? (Elle esquisse un geste vers un saladier en verre.) Cette salade a l'air d'être particulièrement bonne, aujourd'hui. Vous pensez que Mme. Chourave a élaboré un nouveau fertilisant ?

Un raclement de gorge se fait entendre. Nous tournons notre attention vers Neville, qui se rapproche un peu.

- En fait, Hermione, commence-t-il, Chourave n'y est pour rien. Et les fertilisants non plus. Pour être franc, c'est moi qui ai trouvé une nouvelle astuce. J'ai découvert que la salade pouvait être encore meilleure qu'elle ne l'était déjà. Tu vois qu'elle est plus verte, et qu'elle a l'air plus croquante, n'est-ce pas ? Eh bien, c'est du au fait que nous l'avons conditionné différemment. Avant, moi et les autres membres du club botaniste, nous mettions les plants à l'arrière de la dernière serre, près de la Forêt Interdite. Mais il y faisait en fait trop froid, et la brume apportait de mauvaises conditions de pousse. Alors, nous avons décidé de porter les plantations dans la troisième serre, où la température et l'éclairement sont optimaux !

- C'est super, Neville, lui dit Luna, après avoir enfilé des lunettes aux verres multicolores. Les feuilles ont une très belle couleur... Je suis sûre que mon père sera heureux d'apprendre ça, lui qui a décidé de faire pousser des Choubabulks derrière la maison !

- Des Choubabulks ? répète Neville. Qu'est-ce que c'est ?

- Ce sont de trèèèès grandes plantes, qui ressemblent à des feuilles de chou géantes. Papa a découvert ce spécimen la semaine dernière, en se promenant derrière une colline. (Elle prit une mine sérieuse.) C'est très rare, et ça ne pousse que près des terriers de lapins.

Je fronce mes sourcils d'un air gêné. Quand je disais que Neville en faisait trop, et que Luna le supportait plus que nécessaire… J'échange un regard avec Ron. Celui-ci hausse les sourcils, incrédule. Il regarde Hermione, et lève les yeux au ciel en voyant qu'elle regarde les deux autres avec un air intéressé. Je souris. Le roux soupire, puis mord dans une cuisse de poulet. Mon regard se reporte sur Neville et Luna, et je les observe à nouveau. Hermione n'avait pas tord, l'an dernier. Même s'ils le nient tout le temps, et mettent ça sur le dos de leur solidarité l'un envers l'autre, ils semblent vraiment faits l'un pour l'autre. Visiblement, je ne semble pas être le seul à penser ça maintenant, puisque Ginny me chuchote dans l'oreille :

- Ils sont trop mignons, tous les deux... (Elle glousse.) Regarde comme Neville semble à l'aise avec elle.

- Tu vas encore te transformer en entremetteuse ? me moque-je. Vraiment, Gin', combien de couples as-tu déjà formé, rien que depuis le début de cette année ? (Je souris, et reste silencieux quelques secondes.) Tiens, ça me fait penser à un truc. Un soir, on discutait dans notre dortoir, Seamus avait préparé du thé – d'ailleurs il était très bon, il faudrait que je lui demande ce qu'il avait mis dedans – et nous nous amusions à discuter de nos fantasmes, tu vois le genre… Ne me regarde pas comme ça, on était en quatrième année seulement. Bourrés d'hormones en ébullition, tout ça, tu vois le genre… Et Neville nous avait dit que son truc c'était les femmes chamanes. (Je laisse échapper un rire.) Il trouvait ça très ensorcelant, les filles qui dansaient autour d'un totem avec des os de poulet dans un…

- Harry ! m'interrompt Ginny. C'est fou ce que parfois tu as un esprit étriqué. Un chamane n'est pas toujours comme ça.

- Hum. Ouais. Moi, c'est comme ça que je les visualise, en tout cas... Enfin quoi qu'il en soit, il aimait bien ça. Et quand je vois Luna… Je me dis qu'en fait, il a complètement changé de registre… Remarque, ça fait déjà quatre ans qu'on a eu cette conversation. Peut-être que maintenant, il aime bien les petites fées farfelues et fofolles.

Ginny glousse une fois de plus, mais elle regarde les deux autres élèves avec un air attendri. Je pense déjà à nous réorganiser une soirée entre hommes, lorsqu'Hermione s'agite sur le banc. Elle murmure quelque chose à Ron, et leur conversation semble musclée. Ron a un air exaspéré sur le visage, tandis qu'Hermione tente de lui dire quelque chose qu'elle semble juger important. Elle semble un bref instant à court de mot, et fait quelques gestes avec ses mains, avant de soupirer bruyamment. Ron lui lance un regard ennuyé, avant de revenir vers son assiette.

Vraiment, ces deux-là n'étaient ensemble que depuis quelques mois, et ils se disputaient déjà ?