Comment était ce possible se demanda Oscar. Il n'y avait pas quelques jours encore, son seul et unique amour, était Fersen, aujourd'hui, elle découvrait avec stupeur aimer André. Quelque chose n'allait pas. Elle commençait à arracher quelques touffes d'herbes. Bien sur, elle avait toujours aimé André, ce n'était pas un secret pour elle. Depuis petit, elle l'adorait, mais comme un frère, pas au point de vouloir qu'il soit un jour le père de ses enfants, son époux, c'était absurde. Pourtant à son plus grand étonnement cette idée lui semblait douce et réchauffait son coeur de femme. Son coeur de femme? Mais non se disait t'elle, tu es un homme! Et puis, elle ne pouvait pas avoir aimer Fersen et puis soudain se découvrir aimer André.

Oscar éclata de rire. Elle était sans doute devenue folle. Elle imaginait la situation " Bonjour, André, devine quoi, je me suis rendue compte tout à l'heure que je t'aimais... non non pas comme un frère, non comme une femme qui aime un homme... Oui oui, je comprends ta stupeur" Elle riait nerveusement.

"Enfin Oscar, reprend toi. Tu ne peux pas l'aimer de cette façon" se disait t'elle tout haut pour mieux s'en convaincre.
Ton coeur ne s'emballe pas quand tu le vois! Au contraire de Fersen..." continua t'elle. En effet, il ne s'emballait pas pensait-elle, il devenait instantanément plus chaud, plus rassuré, en paix, et prêt à affronter les pires tempêtes pourvu qu'il fut à ses côtés. Elle soupira.

Elle devait absolument ignorer ses sentiments. Mettre tout ça de côté, oublier, faire comme pour Fersen, après ce bal, elle avait commencé à renoncer, et y arrivait, pour André ce serait pareil.

Elle soupira de nouveau, la situation même si elle essayait de s'en convaincre n'était pas drôle ou si facile à gérer. Tout simplement parce que cette fois ci, il s'agissait d'André. André, qu'elle voyait tout le jour durant, qui passait sa vie à ses côtés comme un frère. André qui l'aimait comme une soeur... Qui pas plus que Fersen ne la voyait autrement que comme une amie, une soeur... Elle décida donc, qu'elle parviendrait à éteindre ses sentiments nouveaux. Etaient t'ils si nouveaux pensa t'elle soudain? La question la taraudait, depuis quand? Depuis quand l'aimait t'elle ainsi? A cela, elle ne pouvait y répondre, elle l'aimait, n'avait jamais cessé de l'aimer, juste qu'elle ne s'en était pas rendue compte. Elle comprit alors pourquoi, cela lui déplaisait fortement que Fersen annonce à André que celui ci était tombé amoureux d'elle, enfin, de la belle inconnue qui s'avérait être elle. Pourquoi, elle n'avait pas bien prit, l'annonce des sentiments du beau suédois, alors qu'ils auraient dû la ravir au plus haut point ainsi que l'arrivée de cette petite péronnelle qui s'appropriait son André. Voila c'était là devant, toute les réponses, elle l'aimait, il n'y avait rien à y faire. Seule solution : sa volonté de fer pour oublier cette catastrophe qui venait de lui tomber dessus.

Seul souci, cette Prudence, cette jeune femme, était belle, avait toutes les qualités du monde, plus grande qu'elle et grand-mère voulait la marier à son grand amour. Et vivre sans André, vivre sans lui, c'était impossible. L'idée que cette femme, lui enlève son André la torturait. Son coeur s'emballa, elle n'allait pas le perdre comme ça. Elle ne lui prendrait pas André, jamais, ah si elle avait été un homme, elle lui aurait lancé un duel. Mais c'était peine perdue, elle était une femme et Fersen le matin même lui avait dit qu'il l'avait jeté à l'eau parce qu'il avait eu des propos rudes. Oscar était partagée entre le désespoir, jamais elle ne pourrait entrer en compétitivité avec cette femme, cette féminité incarnée et la rage de lui faire ravaler ses dernières broderies. Elle tenta de se raisonner, André était un homme galant, il aurait jeter à l'eau n'importe qui aurait insulté une jeune femme. Quand à séduire, André, elle pourrait y parvenir, Après tout, Fersen était à ses pieds maintenant.


Oui, mais André était resté muet quand il l'avait vu en robe...il fallait qu'elle devienne une femme, une vraie, pas seulement en mettant une robe... quelque chose qui choque assez son André, qu'il la voit enfin, comme elle n'a jamais été. D'ailleurs comme elle ne fut jamais réellement. Elle se releva et décida de regagner le château. Ses pensées étaient encore confuses.
Quand elle arriva au château ce fut déjà la fin de l'après midi. Immédiatement, elle chercha André comme à son habitude.

" Il est dans les jardins ma petite Oscar" dit Grand mère de la fenêtre des cuisines.

André arrosait tranquillement les roses. Elle s'approchait de lui quelque peu, il se retourna et là soudain son coeur fit un triple salto avant suivi d'un triple salto arrière.

" Oscar, déjà rentrée, tu as passé une bonne journée?" lui demanda t'il

Elle restait là muette, a le regardait, sa gorge se faisait sèche. Son coeur battait la chamade, comment cela se pouvait t'il être.

"Oscar? Tu es pâle, ça ne va pas?"

Tout l'intérieur de sa bouche était pâteux. Elle déglutit plusieurs fois pour irrigué -mais en vain- la zone.

"Voila la citronnade André" lança Prudence qui arrivait à grand pas.
"Ah merci, Prudence" dit André en prenant un verre.
"Bonsoir Colonel, comment allez vous?" demanda Prudence

Oscar prit un verre de citronnade qu'elle avala avec précipitation.

"Alors cette journée Oscar?"
"Je euh... j'ai gardé la petite de la princesse de Lamballe"
"Oh, cela fait parti de vos tâches? Vous gardez des enfants?" fit Prudence étonnée
" Non...C'était exceptionnel"
"Oh la petite Solange est un ange, Oscar, tu n'as pas dû avoir beaucoup de mal" dit André
" Tu connais le bébé?" dit Oscar étonnée
" Oui, je l'ai déjà gardé quelques fois... Pour rendre service... la princesse a un amant tu sais et..."
" Je sais!!" dit Oscar
"Ah... Moi qui pensait t'apprendre une nouvelle"
" André, il est bientôt, l'heure... Il faut nous préparer" rappela Prudence
" Ah oui, tu as raison"
" Quoi, bientôt l'heure comment ça?" demanda Oscar
" Oui André a promis de m'emmener aux réunions du..."
" Oscar" interrompt André
" Les fameuses réunions" dit Oscar déçue. " Tu y vas toujours?"
" Oui"
" Ah..."
" Oh colonel, j'espère que cela, ne vous froisse pas trop, ces nouvelles idées...Et André va m'emmener à cheval, je vais monter en Amazone" dit Prudence avec enthousiasme.


"Oscaar " hurla soudain grand mère " tu peux venir me voir à la cuisine ma petite !"

Prudence profita de cette distraction pour prendre André par le bras et le tirer loin de la roseraie.

" Allez, je ne veux pas être en retard, a ce soir Colonel" dit t'elle.

Oscar fixait la jeune femme, cette grande perche qu'elle ne pouvait plus voir en peinture. Comment faisait t'elle donc pour toujours toucher André.
Elle décida de couper une rose mais dans la violence de son action, elle se piqua à celle ci. "Aie", elle porta son doigt a sa bouche pour sucer le sang tout en se dirigeant vers les cuisines.

"Qui a t'il Grand mère?"
"Rien ma petite, mais je ne voulais pas que tu restes trop avec André, alors que Prudence était avec lui... tu sais, laisse le un peu seul avec elle"
"Grand mère, tu ne devrais pas choisir la fiancé de ton petit fils pour lui"
" Oh tu sais, je l'ai dit, il faut un peu le bousculer ce petit, lui donner un petit coup de pouce, je le connais mon grand dadet, si on ne le pousse pas un peu, et elle est parfaite! Je pense en parler à ton père d'ailleurs"
" Comment? Mais qu'est ce que mon père, vient faire la dedans?"
" Je suis sûre qu'il verrait d'un bon oeil le mariage d'André"

C'est alors qu'arriva Fersen, rentré de Versailles.

"Ah je vous trouve enfin ici Oscar"
Le cauchemar pensa t'elle.

"Ah Fersen, avez vous prit des nouvelles de votre château? Quand les travaux seront-ils finis?"
" Vous voulez me voir partir Oscar?"
" Non, bien sûr que non, je demandais"
" Dites moi mes enfants, demain c'est dimanche, et je pensais, que diriez vous d'aller en pique-nique?"
" Oh grand mère!" fit Fersen " quelle idée formidable" il la souleva soudain, et la fit tournoyait dans les airs sous les airs effarés d'Oscar.

" C'est qu'il se croit déjà de la famille " pensa t'elle
"Oh monsieur de Fersen" fit Grand mère les joues rouges reposez moi ce n'est plus de mon âge"
"Oh il n'y a pas d'âge pour cela" rétorqua Fersen avec son sourire de séducteur des pays du nord.
" Ah Oscar, je vous ferez bien tournoyer aussi" dit t'il en s'approchant d'elle

Elle saisit alors le fouet qui était sur la table et dit " Je vous interdis Monsieur de Fersen"
" Allons Oscar, c'est de ton âge, par contre, " renchérit Grand mère, " tu ne sais pas t'amuser ma petite"
" Je ne suis plus une enfant surtout"
" Très bien Oscar" dit Fersen déçu et se résignant.

Il n'était parvenu a rien de ce qu'il avait prévu. Mais un pique-nique, l'idée était riche, il 

n'abandonnerait pas. Oscar n'avait guère plus de doute. Fersen l'avait mis a jour, se jouait d'elle, lui faisait la cour et il fallait qu'elle s'en débarrasse.

"Très bien, je suis impatient Oscar, ce pique-nique avec vous. Cela va me détendre de tous mes tracas" annonça Fersen " je vous laisse".

Oscar resta donc seule avec grand-mère.

"En fait, Oscar, c'est prudence qui a eu l'idée de ce pique-nique, Elle a déjà cuisiné les paniers repas. Elle m'a demandé les plats favoris d'André. Elle a tout compris cette petite, le coeur d'un homme s'attrape par son estomac"
"Ah"
"Oui, ma petite, c'est un fait indéniable, et André adore manger, tu sais bien"

Les heures passées, elle avait réussi à ne pas prendre son dîner avec Fersen, prétextant un léger mal de tête. Il était presque minuit, et André et Prudence n'étaient toujours pas rentrés. Oscar fixait l'horloge, les minutes, les secondes semblaient interminables. A Chaque petit bruit, elle allait voir à la fenêtre. Minuit et demi et toujours personne. Oscar se mit a imaginer milles tortures à son esprit. Et si André avait succombé à cette grande bringue? Non pas André, il était gentilhomme, oui mais elle ... Elle ne la connaissait pas. Une femme peut être prête à tout pour mettre un homme dans son lit. Elle l'avait bien vu à Versailles. 1heure du matin et toujours le silence. Si jamais il l'avait touché, elle le tuera. Oui elle admit que son amour, sa passion était aussi dévorant. Enfin, elle entendit la porte s'ouvrir et se précipita pour voir. Elle les vit Bras dessus bras dessous, complètement éméchés.

" La bière c'est la santé " chantait André
" Vous avez bu?" dit Oscar outrée
" Ah Oscar, on a découvert une petite taverne sur le chemin du retour..." commença André
" Colonel, pouvez vous m'aider, il est un peu lourd" demanda Prudence qui était nettement moins saoule que son ami d'enfance.
"Bien sur " dit Oscar fièrement, " laissez le moi" dit t'elle.
"Oh Oscar... Ils sont a toi ses yeux bleus là?" demanda André en pointant les yeux de celle-ci
"Mais combien il en a bu ?" demanda Oscar
" Il a gagné le concours..." dit Prudence
" Un concours?"
" Oui, et son adverse le tenant du titre, un certain Alain, a été mis chaos"
" Vous savez, colonel, je me fais du soucis pour André" dit Prudence
" Ah bon pourquoi cela?"
" Un homme qui boit autant, ne doit pas être un homme très heureux... "

Qu'était-elle en train d'insinuer?

" André est très heureux, que voulez vous dire par là?"
" Je pense qu'il lui faut une bonne épouse, des enfants, c'est normal, pour un orphelin, il doit vouloir une famille"
" Oh oui, une épouse..." répéta André en tirant maladroitement les cheveux d'Oscar
" Aie!"
" André ça fait mal, lâche mes cheveux" demanda Oscar en l'aidant dans le geste
"Je veux me marier Oscar, avoir des enfants" continua t'il.
" Voyez, ce que je vous disais" dit Prudence


" Il est saoul surtout"
" Je suis complètement bourré tu veux dire très chère Oscar " dit t'il maladroitement

Il se mit à rire. Prudence et Oscar le portèrent jusqu'a son lit. Elles le déposèrent délicatement sur celui ci.

"Bien prudence, vous pouvez disposer"
"On ne va pas le laisser comme ça, il faut le déshabiller" dit la jeune femme brune.
" Justement, il serait inconvenant que je vous laisse faire!" fit Oscar profitant de son statut d'homme. Laissez moi donc cette tâche" ordonna t'elle victorieusement.
" Très bien Colonel"

Prudence se retira à regret, ouvrit la porte :

" Mais qu'est ce que tout ce raffut?" la voix de Fersen venait de retentir, il s'apprêtait a taper à la porte.
" André a trop bu " dit Prudence
" Le colonel, va l'aider a se déshabiller" continua t'elle.
"Je vois..." fit t'il
" Je vous laisse entre hommes, bonne nuit"

Prudence les quitta tandis que Fersen entra.

" Oscar, je vais prendre le relais, il ne serait pas convenable que vous vous en chargiez"
" Pourquoi cela?" dit Oscar contrariée.
" Oui... Pourquoi..Ce..La" dit André en faisant des moulinets avec la main, tentant vainement d'imiter le geste que Fersen venait d'avoir.
" André est comme mon frère" rétorqua la jeune colonel.
" Un frère... Voila, un frère, " répéta André le coeur lourd mais avec l'alcool absorbé, la déception ne se faisait pas sentir.
" Oscar, vous m'obligeriez..."
" Oscar!" fit une voix plus rude " Ne peut t'on pas dormir dans ce château"

La voix du père Jarjayes qui était à la porte sonna là la défaite d'oscar.

" André est encore saoul ce soir?" dit t'il. Il regarda son fils.
" Oscar?"
" Oui"
" Mais vous êtes sobre?"
" Oui père..."
" Bien alors ce n'est pas la peine de réveiller Grand mère..."
" Monsieur de Fersen, regagner votre chambre, je vais faire quérir Paul, il se chargera très bien de lui"
" Très bien Monsieur, bonne nuit" dit Fersen en quittant les lieux.
"Bonne nuit"
" Oh général... " fit André
Oscar se tourna vers André " chut " murmura t'elle.

" Général, je vais me marier" dit t'il tout confus
" Comment?"


"Non, il délire, c'est l'alcool père!"
" Je vois! Oscar, je suis fatigué, allez donc chercher Paul"
" Oui père"

Le général s'éloigna et Oscar fit mine de descendre les escaliers. A peine eut t'elle descendu trois marches, qu'elle les remonta pour filer s'occuper de son meilleur ami. Elle s'engouffra dans la chambre doucement. Le beau brun ronflait déjà. Elle s'installa près de lui un instant. Enfin, elle avait un moment de paix avec lui. Même ivre mort, il était beau. Qu'il était beau d'ailleurs pensait t'elle. Elle comprit alors les paroles de sa mère. Elle lui prit la main et la lui baisa doucement. Sa main était si douce. Elle ne pouvait se résigner à la lâcher. Son coeur se mit a battre et si elle tentait un peu plus ambitieux que la main. Elle approcha ses lèvres de la joue de son bien aimé. Elle allait déposer un doux baiser lorsqu'elle entendit la porte grincer. En deux temps trois mouvements, elle se retrouva sous le lit.

"Oui, mon général " fit Paul. Et il ferma la porte.
" Ah mon brave ! Il est déjà endormi"

Paul retira les vêtements d'André et lui mit son vêtement de nuit en prenant son temps. Oscar toujours sous le lit n'osait pas bouger.

" Ah tu es bien un privilégié toi, t'as une belle chambre..." fit Paul " Tiens tu devineras jamais, mais j'ai vu Annabelle, hier en ville, elle te cherchait" continua t'il " une bien belle pouliche que celle la. Elles tombent toutes amoureuses de toi, c'est pas juste"

Oscar faillit se cogner la tête contre le dessus du lit en entendant ces paroles. Soudain, il fit tomber ses clefs sur le sol.

"Ah non" se plaint t'il.
Il se baissa, Paul avait la cinquantaine passée, ses rhumatismes lui faisaient mal. Il prit ses clefs sous le sol et ce fut à cet instant qu'il la vit , sous le lit.

" Colonel?"
" Bonsoir Paul..." fit Oscar dépitée et honteuse.
"Mais qu'est ce que vous faites là?"
" euh..."
" J'ai aidé André à revenir dans sa chambre et saoul comme il était, il a arraché ma croix et euh qui est tombée sous le lit donc je la cherche."
" Ah, bah oui et vous voyez rien là dessous"
" Oui..."
" Attendez je vous apporte un chandelier"
" Merci c'est gentil Paul"

Elle profita de cet instant pour dégrafer sa croix et la jeter un peu plus loin.
" Voila" fit Paul
" C'est gentil"
" Ah, je la vois " fit Paul
" Sur votre droite"

Oscar reprit sa croix et sortit du dessous du lit.
"Bien"


" Oui"
" Je vous raccompagne à votre chambre colonel"
" Ça va aller merci Paul"
" Allons, ça me fait plaisir, c'est pas tous les soirs que je peux vous rendre service"
" c'est sur..."

Oscar quitta donc en compagnie de Paul la chambre d'André. Elle s'écroula sur son lit une fois dans la sienne. Elle l'avait tout de même échappé belle.

Le lendemain, un beau soleil la réveilla. Et tous n'attendaient plus qu'elle pour le pique-nique.

" Mais que fait t'elle donc?" dit Grand mère.

"André, vas voir?"
" Mais j'ai mal à la tête"
" Tu n'avais qu'à pas boire autant!"
" Bien bien"

André se dirigea vers la chambre. Il frappa mais aucune réponse.
" Oscar? Nous t'attendons tous pour partir pour le pique-nique"
" Me voila" fit Oscar en ouvrant la porte souriante. Elle avait noué ses cheveux ce qui surprit André et avait mit l'une de ses plus jolies tenues de ville.
"Je suis prête André" dit t'elle pleine de confiance en cette nouvelle journée.

André lui soupira. Elle s'était faite aussi belle pour Fersen, il n'y avait là aucun doute à ses yeux.

a bientot

voici le chapitre 5, j'ai eu le temps de finir en conf , donc je le met , plus court que les autres. J'espere qu'il vous plaira malgré tout

Merci a Korr pour le beta rapide

Grand-mère avait décidé de venir avec eux ce dimanche et racontait des petites anecdotes sur Oscar et André à Fersen et Prudence.

"C'est complètement faux. Il a attaqué le premier en dévorant tous les biscuits que l'on m'avait rapportés de Nantes !" se défendit Oscar. Grand-mère et André se mirent à rire.

"En parlant de repas, ce fut délicieux." dit André.
Grand mère eut un large sourire. " Nous le devons à notre remarquable Prudence."
"Merci." fit-elle timidement.
André, tu as mangé plus que les autres d'ailleurs !" constata Grand-mère. "Tu devrais remercier la cuisinière."
"Merci" fit André.
"En fait ce qui me ferait plaisir André, c'est un baiser sur la joue/" lança prudence.
"Comment ?" cria Oscar. "Mais c'est inconvenant !"
"Oh Oscar ma petite... après tout, ils ne sont pas nobles. Cela ce fait chez nous, les gens de peu." dit Grand-mère, prête à tout pour caser son petit fils.


"Ne soyez pas prude mon amie." renchérit Fersen à qui la chose arrangeait grandement les affaires.

Prudence n'attendit pas pour tendre la joue à André. André regardait la joue et Oscar fixait André. Il n'allait pas osé faire cela devant elle. Elle se saisit inconsciemment de la fourchette qui se trouvait près d'elle.

"Allons mon garçon, mais serais-tu timide ?" défia Grand-mère.

André regardait Oscar qui lançait un regard enflammé à ce dernier. Il vit qu'elle serrait la fourchette qu'elle tenait au point d'en avoir la main toute rouge. Un léger sourire en coin se dessina aux creux de ses lèvres. Se pourrait-il que, par un quelconque miracle, celle-ci ressente de la jalousie envers Prudence ? L'idée lui plaisait follement.

Seul façon d'en avoir le coeur net, embrasser Prudence sur la joue et constater la réaction sur le visage de sa bien-aimée.

"Très bien." dit André. "Merci pour ce bon repas." dit-il en se penchant sur la joue de la grande brune.

Alors qu'il allait atteindre la douce joue de celle ci, il fut surpris de non pas sentir la joue mais les lèvres de Prudence, qui avait soudain sciemment tourné la tête. Sous la surprise, il se retira bien vite n'ayant pas prévu cela, mais quelque peu rouge.

"Comme c'est mignon, vous êtes si beaux tous les deux." lança Grand-mère.

Il regarda très vite Oscar pour voir sa réaction. La fourchette était complètement tordue. Mais Oscar ne laissa rien transparaître d'autre. Elle se retenait d'aller étrangler cette impudente. S'il n'y avait pas eu Fersen , Grand-mère, et si seulement André ne la voyait pas comme une soeur, elle aurait fait un scandale. Cette Prudence était devenue dangereuse. Rien ne l'arrêterait. Tout comme l'humeur d'Oscar, le ciel s'assombrit et des éclairs transpercèrent le ciel.

"Nous devrions rentrer." dit Grand-mère.

La pluie se mit vite à tomber et tous rangèrent les affaires dans les paniers pour regagner le carrosse. André maudit le temps. Il était le cocher. Il allait être trempé. Dans le carrosse , Oscar ne prononçait pas un mot. Elle bouillait de colère.

André était pensif. Avait-il bien vu ? Oscar avait eu l'air plus que contrarié après ce baiser. Il était très embêté par la situation. Il avait joué avec le feu et s'était brûlé. Il n'aurait jamais pensé que Prudence allait agir ainsi. De plus, il avait promis a cette dernière de parler ce soir à Oscar pour l'emmener à Versailles.

Dans le carrosse, Grand-mère était toute fière.
"C'est comme cela que j'ai séduit mon époux, c'était un pique-nique et je l'ai embrassé pour la première fois de cette façon."
"Oscar, j'aurai à vous parler dès que nous serons rentrés." murmura Fersen. "C'est très important."

Oscar s'attendait au pire. A peine furent-ils arrivés que sans jeter un seul coup d'oeil à son ami 

d'enfance, qui était trempé jusqu'aux os, celle-ci s'engouffra dans le château, suivie de Fersen.

"Prudence, apportez à mon petit-fils des vêtements secs." fit Grand-mère en lançant un petit clin d'oeil à celle-ci.

"Oscar" dit Fersen alors que celle-ci allait entrer dans sa chambre sans vouloir lui parler.
Il l'arrêta en la saisissant par le poignet
"Monsieur, lâchez-moi !" ordonna-t-elle, furieuse.
"Je sais que c'est vous Oscar, cette inconnue du bal, cette beauté qui a ravi mon coeur ! Je vous ai reconnue Oscar." lui dit-il en la mettant au pied du mur.
Elle se mit à rire. "Vous délirez monsieur de Fersen ? Moi, venir habillée en femme à un bal ? Avez-vous perdu la raison ?"
"Je sais que c'est vous."
"Absolument pas..."
"Vous m'aimez, je le sais... j'ai vu vos regards, et ce jour-là, ce jour-là..."
"Ce jour-là , ce n'était pas moi !" vociféra-t-elle.
"Il n'y a pas de honte à aimer Oscar... Vous aussi, vous avez le droit à l'amour... mon amie."
"Lâchez mon poignet !" ordonna-t-elle une nouvelle fois. Fersen obéit.
" Je sais ce que vous ressentez Oscar, mais n'ayez point honte de vous sentir femme, d'avoir un coeur de femme"
"Écoutez monsieur de Fersen, je vous le dis et le répète , ce n'est pas moi."
"Vous mentez... Oscar, cessez donc de vous emprisonner dans ce mensonge qu'est votre vie..Un jour votre père a décidé pour vous mais..."
"Mais celui que j'aime monsieur ce n'est pas vous, c'est André !" lança-t-elle.
"Comment ?"
"Voila vous savez tout, laissez-moi maintenant..."
" Je ne vous crois pas...Si cela avait été le cas vous auriez réagi lorsque Prudence l'a embrassé, mais vous n'aviez rien dit , rien fait."
" Croyez ce que vous voulez..."
" Vous vous servez d'André comme couverture, mais Oscar, je sais que ce jour-là c'était vous."
" Vous vous trompez Monsieur."
" Je n'abandonnerai pas Oscar" dit-il en lui baisant la main subitement. "Je vous laisse réfléchir."

Oscar rentra dans sa chambre et fit voler un chandelier qui se trouvait par là

Pendant ce temps, Prudence apportait à André du linge sec.

"André, alors, tu vas lui demander ce soir ?"
"Je ne sais pas si c'est le bon soir," dit André. "pour lui demander ça, il m'a paru agité..."
"Tu me l'a promis André..."
"Je sais, mais... il y a quelque chose... je..."
"Tu as peur de ce petit noble c'est ça !"
"Pas du tout, tu fais fausse route. Je te l'ai déjà dit, c'est que les choses sont plus compliquées que tu ne crois."
"Je n'ai jamais eu qu'un seul rêve dans ma vie André, c'est qu'un jour, je puisse avoir l'impression d'être une princesse."
"Il vaut mieux attendre malgré tout..."
" Je t'en prie...c'est très important pour moi."
" A une seule condition !"


" Je t'écoute."
"Tu arrêtes de te montrer si familière avec moi, tu ne me prends plus la main, tu ne me touches plus, plus rien. Je ne suis pas amoureux de toi Prudence."

Prudence fit un large sourire et tendit sa main. "Marché conclu ! Tant que je vais à Versailles."
Ils se serrèrent la main.

Quelque chose chagrinait André malgré tout. La jeune femme aurait du avoir le coeur brisé mais elle n'en avait pas l'air. Il fronça les sourcils. Pour la première fois depuis qu'il avait retrouvé Prudence, il se méfia.

"André, j'ai tout de même un autre service à te demander."
"Lequel ?"
"Pour la robe, je n'ai rien à me mettre... Je n'ai pas les moyens..."
"Je paierai le tissu aux Jarjayes, et Grand-mère te confectionnera quelque chose."
"Oh merci André ! Je te revaudrai cela ! Je te le promets."
" Laisse-moi me changer maintenant." dit-il un peu plus froidement.

Prudence quitta la chambre de celui-ci. Il se demandait comme il allait aborder le sujet avec Oscar. De son coté, Oscar se creusait les méninges pour trouver une solution de se débarrasser de Fersen.

André devait apporter son chocolat à Oscar, il décida donc de profiter de cette occasion pour lui parler de la requête de Prudence. Il prit une petite pause avant de taper à la porte de celle ci. Il n'était pas certain d'y trouver Oscar de bonne humeur.

"Entre" fit la voix avec une autorité sans faille.
"Voici ton chocolat" dit 'il en posant le plateau sur la table basse.

Oscar n'avait pas daigné le regarder. Elle se coiffait les cheveux. Elle le voyait cependant à travers le miroir. André se mit à fixer le lustre de la pièce qu'il trouvait soudain fascinant. Oscar en profita pour se venger de sa passivité face aux actions de Prudence:

" Tu as raison André, il faut le nettoyer..."
" Que? Quoi?"
" Va chercher l'échelle, je ne compte pas dormir tout de suite"

Mal lui en avait prit, le voila qui fut de corvée et il n'y avait pas pire chose que de faire briller ces maudits lustres. Il revint quelques minutes plus tard avec les outils et escalada l'échelle. Elle se posa sur le lit en le regardant. Elle se surprit à fixer le magnifique fessier de l'homme alors que celui ci ne se doutait de rien.

"Oscar " commença André " Je me demandais, tu te souviens de la fois où tu as emmené Rosalie à Versailles, alors qu'elle n'était pas noble..."

Il n'avait pas eu besoin d'en dire plus, furibonde, elle se releva du lit. Il n'allait tout de même pas lui demander d'introduire Prudence à la cour.

" Oui, amusant, vu qu'en fait, elle se révéla être de sang noble" rétorqua Oscar
" Oui, mais tu ne le savais pas l'époque"


Oscar rageait, il allait lui demander cela. Elle s'approchait dangereusement de l'échelle. Une petite chute lui remettrait les idées en place pensait t'elle. Mais elle n'en fit rien, juste l'idée lui soulagea le coeur. Oscar croisa ses bras. André comprit que la tâche allait être délicate. Il décida donc de jouer avec la fierté d'Oscar.

" On dirait que tu n'aimes pas Prudence, Oscar, tu as été froide avec elle globalement... dois-je y voir de la jalousie ?"

Le scélérat, pensait t'elle.
" Moi jalouse, et de Prudence? explique moi en quoi je pourrais être jalouse de cette femme?"
" Eh bien c'est une amie d'enfance, je l'ai connue avant toi et..."
" Et?"
" Elle est plus grande que toi..."

Il pouffa de rire du haut de son perchoir. Il s'arrêta vite, voyant qu'Oscar, elle ne riait pas.
" Bref, si tu n'es pas jalouse"
" Absolument pas..." rajouta t'elle
" Tu ne verrais pas d'inconvénient à ce qu'elle nous accompagne un soir à un bal à Versailles"

Elle venait de tomber dans le plus horrible des pièges. Elle avait même sauté dedans à pieds joints. André ne put réprimer un petit sourire de satisfaction.

" Bien sur... Et qui va payer pour la robe? Tu n'espères tout de même pas que je paye"
" Je paierai le tissu, sur mes économies"

Oscar alla s'asseoir à cette nouvelle. Il allait lui payer la robe, lui offrir la robe... Son coeur se serra. Elle imaginait déjà Prudence dans une robe confectionnée par Grand-mère ; cette grande tige y serait splendide. Elle serra les poings, comment une simple roturière pouvait elle être aussi jolie.

" Tu es bien généreux, toi qui ne dépenses pas un sous, même pas pour te payer une tenue convenable"
" Elle veux s'offrir un soir de princesse, je pense que tu peux comprendre cela..." dit André avec plein de sous entendu.

Elle avait reçu le coup en plein coeur.

" A propos de Fersen, puisque tu en parles"
" Je n'en ai pas parlé..."
" Il m'a dit tout à l'heure, qu'il savait que c'était moi, l'inconnue du bal"
" Comment?" fit André qui vacilla de l'échelle.

Oscar voyant le danger, se releva vite pour éviter toute chute et tenir celle ci.

" Ca va?"
" Oui, merci, cette échelle est trop vieille, je crois, elle n'est plus très stable" menti André
" Je reste à la tenir alors"

Il y eu un silence de quelques minutes.


" C'est d'accord" dit Oscar " nous l'emmènerons à Versailles, mais à une condition"
" Laquelle?" demanda André suspicieux.
" J'en profiterai pour y retourner en robe..."
" Comment" fit encore André cette fois ci, il décida de redescendre.
" Attend, je ne t'ai pas tout dit"
" Ainsi, je vais revenir, sous l'identité de la belle inconnue qu'a vu Fersen..."

André posa le chiffon sur une petite table et décida de s'asseoir sur le rebord du lit.
" Je danserai a nouveau avec lui..."

Le coeur d'André se serra. Dire qu'il avait pensé qu'elle puisse être jalouse de Prudence.

" Et tu te chargeras de Prudence, dans les jardins..."
" Pardon? J'ai du louper un chapitre Oscar. Que vais je faire avec Prudence dans les jardins?"
" Elle se fera passer pour moi! On va rajuster un de mes uniformes usés, une perruque blonde, cela fera l'affaire, comme cela, je m'arrangerai pour que Fersen pense que je fais mon tour de garde avec toi comme à l'accoutumer, et que donc son inconnue, moi, n'est pas moi"

André fronça les sourcils. Avait t'il bien tout compris?

" Je vois... Mais je croyais que..."
" Que quoi André?"
" Eh bien..."
" Disons que j'ai eu mon heure de princesse moi aussi, mais que je ne veux pas du trône..."

André se sentait soulager, est ce là une manière de lui dire, qu'elle n'aimait pas, n'aimait plus Fersen? Alors que celui ci, c'était déclaré à elle."

Il ne pu réprimer un large sourire.
" C'est parfait!" dit t'il
" Pour Prudence, nous retournons au bal, un autre jour, un jour où Fersen ne sera pas là. Si il voit une roturière à la cour... "
" Oui, il a l'esprit ouvert mais..."
" Bien, je te laisse informer Prudence de ce marché"
" Oui" dit t'il avec un large sourire.

Ce soir était l'un des plus beaux soirs de sa vie. Oscar venait de refermer le chapitre Fersen. Il se releva du lit et s'apprêtait à sortir quand Oscar lui dit :

" Minute papillon, tu n'as pas fini de nettoyer le lustre"
"Oscar..."
" Je vois encore de la poussière, il faudra remettre deux bougies aussi"

Il repartit donc à sa tache, alors qu'elle reprit sa position allongée sur le lit, récupérant par la même occasion, une vue imprenable sur le bel apollon. Le lendemain, Prudence accepta le marché avec une surprise non contenue.

" Comment? Oscar est une femme? Et Fersen est amoureux d'elle? Mais elle veut le repousser?
" Chut! Ne parles pas si fort!" dit André


André se décida donc de raconter à Prudence, l'histoire incroyable de la destinée d'Oscar. Pendant ce temps, Grand mère avait fort à faire, entre les mesures pour l'uniforme que devait porter Prudence et les deux nouvelles robes. Le général la surpris en train de coudre.

"Grand mère, mais que cela signifie? Des robes?"
" Oui, oui, André, m'a payé ses euh robes pour Prudence"
" La nouvelle soubrette... Qui est son amie d'enfance..."
" C'est cela oui"
" Il l'aime beaucoup dites moi, c'est bien la première dépense que je le vois faire et pour une femme" dit t'il pensif
" Oui... Il a payé sur sa cassette personnelle"
" Montrez les moi" demanda t'il
" Euh, oui, oui..."

Il y avait une robe bleue destinée à Prudence, et une robe verte pour Oscar. Oscar avait elle même choisi la couleur.

"Elles seront très jolies, une fois terminées" dit le Général.
" Je vais, lui payer, la verte... Ce sera un cadeau, ne lui dites pas, mais pour une fois que ce petit s'intéresse à une femme"
" Bien... Merci"

Oscar, elle devait se préparer psychologiquement pour le comte de Fersen.

" Monsieur de Fersen, j'ai a vous parler, venez dans mon boudoir" lui demanda t'elle.
" Comment allez vous Oscar ?"
" Bien"
" Avez vous réfléchi à notre conversation?"
" Non, puisque cela n'avait pas lieu d'être, par contre j'ai retrouvé l'identité de votre belle inconnue"
"Impossible" lança Fersen
" Elle est Marquise, c'est une jeune veuve, du nom de Bérénice... Elle a perdu son mari lors d'un terrible accident, le Marquis d'Esbly et depuis ce jour là, elle a perdu la voix, la pauvre est devenue muette, d'où ses rares venues à Versailles"
" Vous vous moquez de moi, comme cela est cruel Oscar"
"Vous m'affligez Fersen avec cette obstination, quoi qu'il en soit j'ai une très bonne nouvelle pour vous. La marquise sera au bal ce vendredi. Ainsi donc, vous pourrez la revoir et lui faire part de vos sentiments"
" Allez vous vous aussi à ce bal?"
" Evidemment, je suis de garde…"

Fersen était interloqué. Se pouvait t'il qu'il se soit trompé à ce point.

" Très bien..." fit Fersen déconfit.

Oscar et André avaient tout préparé, Oscar partirait avec Fersen au bal, pendant que lui et Prudence l'attendraient dans son cabinet à Versailles, pour intervertir les rôles. Tout était prévu.



" Ca sera parfait!" Dit Oscar
" Oui, tu n'as pas peur tout de même, qu'il veuille te présenter à euh toi? Et si il tentait de te séduire Oscar, de vouloir t'embrasser" dit André
" Eh bien il m'embrassera"
" Comment?"
" Ce n'est qu'un baiser après tout"
" Mais Oscar, excuse moi du peu, mais tu es tout de même une femme et le premier baiser d'une femme est important..."
" Qui te dit que ce serait mon premier baiser?"
" Oscar" fit André outré.
" Ne me dis pas que tu as déjà embrassé..."
" Bien sur que si !"
" Ca alors" dit André très mécontent, il savait qu'elle ne pouvait pas se rappeler le baiser qu'il lui avait donné après la bagarre de la taverne alors qui?
" Tu as déjà embrassé Fersen? Ce soir là tu as embrassé Fersen?" interrogea t'il
" Tu t'intéresses soudain ... que me vaut l'honneur?"
" Tu sais très bien que cela m'intéresse, ne suis je pas ton ami? Ton confident, comment as tu pu me cacher ça"

Oscar soupira, ne pouvait t'il pas dire autre chose que le mot ami...

" C'est quelque chose de priver, voila pourquoi, toi, tu ne m'as jamais raconté ton premier baiser après tout... Et celui de Prudence ne devait pas être le premier..."
" Ah la différence, que moi je n'ai eu que des baisers volés! Je suis un homme difficile, celle que j'embrasserai n'est pas née" se justifia t'il

Cette phrase lui fit plaisir, et en même temps, celle qu'il embrasserait n'était pas née...Que devait t'elle en conclure?

" Que des baisers volés... Et tu as l'air de te laisser berner bien facilement"
" Je suis trop naïf..."
" C'est cela ..."
" Allez dis moi..."
" Bon si tu insistes..."

André voulait savoir, qu'importe si cela lui ferait mal maintenant que le sujet était lancé.
" Rosalie..."
" Rosalie...?"

Il pouffa de rire.

" Mais qu'est ce qu'il y a de drôle?"
" Ca n'est pas un baiser alors!"
" Bien sur que si"
" Non, moi je parlais d'un baiser d'homme... un vrai baiser"
" C'était tout de même un baiser..." insista Oscar
" Oh oui, je vous imagine, surtout Rosalie, ça a du être un effleurement de lèvres... "
" Et alors, c'est cela un baiser!"
" Oh Oscar, non pas du tout!"
" Ah monsieur est un expert...Peut être?"


Oscar savourait ce petit moment. Parviendrait t'elle a ses fins? Apres tout, il arrivait à la manipuler sans peine pourquoi pas l'inverse?

" Comparé a toi, je suis un as du baiser"
" Bah vas y montre moi alors!" lui dit t'elle.
" Quoi?"
" Tu m'as bien entendu..."
" Tu ne penses pas ce que tu dis..."
" Si si, montres moi ce qu'est un baiser, un vrai"
" Je te connais, il y a un piège..."
" Promis, juré, pas de piège"

Elle allait l'avoir son baiser. Elle le voulait, elle l'aurait de grés ou de force.

" Aucun chantage après? Aucun coup de poing, aucune corvée..."
" Non, je te jure..."

André n'y croyait pas ses yeux et ses oreilles. Elle lui demandait de l'embrasser et ce n'était pas là une farce de celle ci. Il avait encore de douloureux souvenirs de jeunesse, où la petite fille était la reine des défis qui lui retombaient dessus et les coups de louches qui suivaient.

" Très bien..." dit t'il en s'avançant
" Je suis toute à toi" dit Oscar

Le cauchemar était devenu rêve, il allait l'embrasser avec son accord. Elle, sa douce, sa belle et sa fière Oscar. Il mit ses mains sur les deux épaules de la solide jeune femme qui commençait à sentir son coeur tambouriner. Elle allait recevoir son premier baiser, un baiser d'amour, de l'homme de ses rêves, de sa vie, d'André, son André. Le coeur palpitait de plus en plus fort. Elle ferma les yeux le sourire aux lèvres.

Puis elle les sentit ces lèvres, douces, chaudes sur son front. Elle ouvrit soudain les yeux. " André ?" fit t'elle déçue.
" Le premier baiser d'une femme c'est important Oscar, on ne le demande pas par défi, je ne voudrais pas que tu le regrettes un jour"

Le dilemme d'André avait été grand, mais il voulait un baiser d'amour partagé. C'est pourquoi, il se résigna, ne pensa pas qu'a lui mais à préserver la femme qu'il aimait.

Oscar fut attristée.
" Je vais voir où Grand mère en est avec les robes"

Oscar restait là comme sonnée par un coup de bâton.
" Il ne m'aime pas, pire je ne l'attire pas, il se laisse embrasser, mais moi..." elle se rappela la phrase " la femme que j'embrasserai n'est pas née"

André était fier de lui. Il avait déjà volé un baiser à sa belle, et l'avait toujours regretté, elle pensait à Fersen à ce moment là, et ce baiser n'avait pas tourné comme il l'avait espéré, elle ne s'en était pas rappelée. Et lui avait sentit un grand vide et une grande souffrance après avoir déposé ses lèvres, savoir que cela ne se reproduirait jamais.


Oscar était au bord des larmes et ignorait que de sa fenêtre, monsieur de Jarjayes avait été témoin de la scène.

" Cet André est remarquable." pensa t'il " Oscar...que vous arrive t'il mon fils..." dit t'il.

La jeune colonel s'enferma dans sa chambre jusqu'au soir. Fersen ponctuel, vint la chercher pour se rendre à Versailles, de leur coté Prudence et André était partis quelques heures avant.

" C'est incroyable tout de même, j'ai encore du mal à croire qu'elle soit une femme"
" Elle a des manières si masculine" ajouta t'elle.
" C'est ainsi qu'elle a été élevée, toi aussi tu es un peu garçon manqué "
" Oui, la pauvre, ça doit être dur, se faire passer pour ce que l'on est pas, a cause d'une décision d'un père"
" Elle s'en sort très bien"
" Tout de même André, se faire passer pour un homme toute sa vie, ce n'est pas sain..."
" Tu t'intéresses à elle soudain?"
" Bah oui, une femme militaire cela n'est pas commun!"
" C'est sûr"
" C'est même très encourageant en fait"
" Comment cela"
" Cela prouve que nous les femmes pouvons faire aussi bien que les hommes! Et en plus nous sommes capables de donner la vie!"
" Vu comme cela..."
" Je l'ai toujours pensé, nous valons mieux que d'être des machines à faire des bébés"

La porte du cabinet s'ouvrit et Oscar entra.

" Bien, je n'ai plus qu'à me changer..."

André laissa Oscar avec prudence. Cette dernière devait l'aider à s'habiller. Ainsi qu'a se coiffer.

" Colonel, je voulais vous dire... "
" Quoi donc?"
" Je suis admirative, quelle force de caractère vous avez là, pour vivre ainsi votre vie"
" Je n'ai pas le choix"
" Je comprend, pourtant vous y parvenez très bien "
" Merci"
" Ca me donne du courage!"

Il fallu une heure à Prudence et Oscar pour être prêtes. Oscar était resplendissante

" Oh, Colonel, cette couleur vous va à ravir, vous êtes superbe"

Oscar prit une grande inspiration. Elle devrait faire face à Fersen maintenant et le convaincre. Elle priait pour que tout ce passe bien. Ce fut donc le coeur battant qu'Oscar fait pour la seconde fois, apparition habillée en femme, à la galerie des glaces. Elle fit la même entrée remarquée que la première fois.



Fersen n'en croyait pas ses yeux lorsqu'il la vit. "Oscar, je sais que c'est vous" pensa t'il Il n'en démordait pas. La ressemblance était évidente. Il s'avança vers elle.

" Madame, m'accorderiez vous cette danse?"
" hu hu" fit Oscar

Dans les jardins, André s'inquiétait de ne pouvoir assister au déroulement de la soirée. Un problème de taille s'avançait vers lui et Prudence… En effet, Girodel s'avançait vers eux. Il allait si il s'avançait encore un peu, démasquer Prudence. André expliqua très vite à Prudence, le danger de la situation.

" Oscar est son supérieur? C'est bien cela ?"
" Oui"
"Très bien, j'ai une idée, tu me fais confiance André"
" Oui" dit t'il sans trop réfléchir.

Il n'était plus qu'a quelques mètres d'eux. Girodel venait de les apercevoir. Il soupira, son ange bien aimée était toujours affublée de son domestique, cela en était pénible. Soudain, Prudence fit basculer André dans ses bras, maîtrisant la situation et l'embrassa. Sonné, André en tomba sur les fesses après le rapide baiser. Elle ne se démonta pas et fit voler sa veste rouge dans les airs en plongeant vers celui ci. Girodel s'arrêta net devant la scène. Oscar, son supérieur, batifolait allègrement avec son écuyer et avait le contrôle de la chose. Jamais, il n'aurait pensé cela d'elle. Il était blafard, horrifié, mortifié, le coeur brisé. Ces deux là étaient amants. Il tourna les talons rapidement.

"Il est parti c'est bon " fit t'elle

André se releva.
" Désolée, André, je sais que je t'avais promis de ne plus ... mais bon"
" La situation est sauve c'est ce qui compte " lança t'il.
" Par contre, elle va avoir une sacrée réputation, le colonel maintenant"
"Oh, Girodel, n'est pas homme a raconter des cancans" dit t'il. De plus, cela l'arrangeait divinement bien que celui ci pense qu'Oscar et lui furent Amants.

Pendant ce temps Fersen dansait avec Oscar.

" Je sais que c'est vous Oscar, vous jouez la comédie... Mais vous ne me tromperez point"

Oscar mima un léger étourdissement et pointa du doigt le balcon.
" Vous voulez prendre l'air"
" hu hu"
" Très bien ma chère"

Arrivée sur le balcon, Oscar jeta un rapide coup d'oeil, comme prévu, Prudence et André étaient à leurs vues. Ils discutaient, elle vit tout comme Fersen, le lieutenant de Girodel s'éloigner à grand pas. Oscar se demandait, inquiète si le lieutenant avait découvert la supercherie quant à Fersen, il en restait muet d'horreur. Il fixait la colonel avec André, puis la Marquise à côté de lui.



" Je...Madame, je me confond, en excuse, je vous ai prit pour une autre"
" hu hu" fit Oscar

Soudain, il se mit à genoux devant celle ci.
"Hu hu?"

Qu'allait t'il encore inventer pensait Oscar.
" Madame, vous êtes d'une beauté si rare, vous avez enflammé mon coeur dès que je vous ai vu"
"Hu hu" répondit t'elle.

Il n'allait tout de même pas la demander en mariage ici, sur un balcon s'inquiétait Oscar. André regardait avec Prudence la scène.

" Eh bien, il ne se laisse pas si facilement abattre le beau suédois"
" Beau... Beau, il est pas si beau que ça"
" Si tout de même, il est très beau"
" Les femmes..."
" C'est le coté exotique, et puis l'accent, l'accent c'est charmant"
" Prudence, tu ne serais pas un peu volage?"
" Tu serais jaloux?"
" Non..."
" Tant pis!"

Fersen saisit la main d'Oscar. A ce moment, on annonça l'arrivée de la Reine. " Sa majesté Marie Antoinette" Fersen lâcha la main.

" La reine? Mais, je croyais qu'elle était au chevet de son fils. Il doit aller mieux" poursuivit t'il. " Veuillez m'excuser, madame" dit t'il à Oscar.

" Mais quel goujat " pensa Oscar " dire que j'ai cru être amoureuse de lui!!"

Fersen pénétra dans la galerie des glaces et croisa le regard de Marie antoinette. Celle ci lui sourit timidement
" Oh ma reine... je croyais que vous aviez fait le serment au seigneur de ne plus me revoir..."

Fersen en oublia la belle Marquise qui retourna dans le cabinet du colonel où l'attendait Prudence et André. Elle leur raconta ce qui s'était passé. Elle était passablement énervée.

" Peut être que vous l'aimiez un peu plus que ça " remarqua Prudence
" Comment?"
" Vous m'avez l'air contrariée" renchérit Prudence.

Seul André ne disait mot. Il ne savait pas quoi penser de tout cela.

" Vous êtes une femme, vous devriez comprendre..." dit Oscar
" Oui dans un sens... cet homme est volage, mais peut t'on lui en vouloir d'essayer de se libérer de son amour pour la reine? Un amour condamné à ne pas être vécu"
" Peut être... bon je dois reprendre mon service, Girodel m'attend pour un rapport, à ce propos, j'ai vu qu'il s'éloignait de vous tout à l'heure? Il vous a vu?"


" Ah oui! Il a failli" Fit Prudence " mais j'ai parfaitement géré le situation"
" Comment cela faillit?"
" Le seul petit hic, c'est qu'il croit maintenant que vous êtes amants avec André?"
" Comment ?!" hurla Oscar
" Ne te fâche pas Oscar "dit André
" Mais qu'avez vous fait?" criait le colonel

Oscar avait du mal à se contenir devant le récit de Prudence.
" Vous n'avez pas osé! André comment as tu pu!" elle hurlait toujours. Elle était furieuse.
" Je sais c'est terrible pour ta réputation" dit André " Mais Girodel est un homme d'honneur"
"Tu vas me le payer André" criait t'elle.

Elle se moquait bien de sa réputation, ce qui l'importait c'est qu'il avait encore embrassé, enfin avait encore été embrassé par cette grande bringue qui n'en ratait pas une.

" La situation exigeait des mesures drastiques" dit Prudence
" Oh vous taisez vous! " hurlait Oscar
" Oscar, calme toi" dit André le coeur lourd de voir oh combien cela ne lui faisait pas plaisir que Girodel pouvait les penser amants.
" Prudence, aidez moi a me déshabiller, André, tu rentres a Jarjayes tout de suite! Je ne veux plus te voir !"
" Je suis puni! Tu me punis comme un gamin !" cria t'il soudain : " Je te rappelle ma petite que nous avons sauvez la situation aujourd'hui dans laquelle tu t'es mise toute seule, ce soir où tu as eu la fabuleuse idée d'aller mettre une robe pour aller au bal et devenir soudainement une femme" continua t'il
" Et à qui la faute?!"
" Comment ça à qui la faute?" gronda André
" C'était ton idée, je te signale"
" Pardon? Mais quand ai-je dis une chose pareille ? Éclaire moi, car là je suis pris d'amnésie !"
" Regardes Oscar, des oiseaux migrateurs, ils vont où ils veulent, mais ils reviennent toujours, je ne sais plus quoi, car rien ne peut les empêcher"
" Comment?"
" Alors" fit t'elle " ça te rappelle quelque chose?"
" Mais je faisais allusion à Fersen!! "
" Comment?"
" Oui il a migré aux Amériques pour oublier la reine, mais rien n'a pu l'empêcher de revenir ... Mais enfin tu croyais quoi?"
" Euh, tu n'es pas sérieux... moi je ..."
" Tu quoi?"
" Si vous pouviez m'expliquer…"

Soudain André réalisa :
" Mon dieu, tu pensais que je pensais à ta condition, que je parlais de toi?"
" Oui que rien ne pourra m'empêcher de redevenir ce que j'étais malgré que..."
" C'était pas du tout cela"
" Oui c'est bon j'ai compris maintenant"
" Par contre, je ne comprend pas... Enfin tu pensais sérieusement que je te disais sous allusion d'aller te ... De redevenir"
" Oui"
" Et tu l'as fait?" fit André surpris


" Je ... Je pensais que tu ... "

Elle n'allait quand même pas admettre devant lui et devant la prudence, qu'elle écoutait toujours et suivait toujours les conseils d'André car elle les savait sages et sincères et qu'avoir son approbation sur un tel sujet lui importait.

" Oscar... je "

Les deux jeunes gens étaient mal à l'aise. André n'arrivait pas à croire que quelque part il était à l'origine de cette soirée qui lui avait autant pesé sur le coeur. Oscar, elle ne voulait pas reconnaître devant lui, l'influence qu'il avait sur elle, qu'il avait toujours eu. Prudence voyait la situation inextricable devant elle.

" Dites moi, Oscar, vous n'aviez pas dit que Girodel vous attendait"
" Oui! Oh oui, je dois me changer !"
" Je vous laisse " fit André.

Prudence regardait Oscar avec un air malicieux.
" En fait vous avez beau vivre comme un homme vous êtes une femme comme toutes les autres... "
" De quoi parlez vous? Tirez moins fort, ça fait mal"
" Excusez moi"
" Alors dites moi, je pensais que dimanche se serait parfait pour mon bal"
" Pardon"
" Nous avons conclu un accord, dimanche m'irait parfaitement"
" Je ne vois pas ce que cela - pour être franche- va vous rapporter, un soir de bal..."
" Et vous ? Vous y êtes bien allés non?"

Prudence fit une petite mine qu'Oscar ne vit pas. Elle avait appris à l'apprécier cette femme colonel. Mais, elle n'avait pas d'autres solutions. Quand elle avait revu Grand mère ce jour là, que celle ci lui avait proposé du travail au château des Jarjayes, de revoir André, elle savait que c'était sa chance. Elle serait la source de nouveau ennui pour cette femme militaire mais il y a parfois des situations où une femme, n'a pas le choix.

A SUIVRE