Note : Version corrigée par ma béta lectrice : Elodéa

Chapitre 1 : Une marre de sang

Dix ans auparavant.

A quelques jours de Noël, le 22 décembre 1989, un homme ivre sort d'un bar, il est 22h30. Il titube dans les sombres ruelles de Tokyo. Alors que ce dernier, entamé par l'alcool va pour s'effondrer dans les poubelles jouxtant un love hôtel, son regard se fait soudain clair et son instinct lui dit que cette odeur âcre ne présage rien de bon. Il s'accroupit et scrute l'horizon, si aura meurtrière il y a, soit elle est très bien cachée soit elle a disparu depuis un moment. Il soulève avec précaution un à un les cartons à côté des poubelles, il voit alors apparaître une sorte de couverture, il ne peut pas trop la détailler étant donné que c'est une nuit sans lune. Il la soulève délicatement, quelque chose lui colle à la main, il connaît cette sensation cet aspect poisseux cela ne peut être que….
Il se décide à relever la couverture, il arrive à distinguer une forme celle d'un corps, un corps d'enfant. Il touche l'enfant emmitouflée uniquement dans des vêtements simples et cette horrible couverture. Il voit a présent cette flaque autour du petit corps, il s'en doutait bien entendu, l'odeur ne le trompait pas, d'un geste simple il prend le poignet gauche et c'est là qu'il voit l'origine de la marre de sang, il fronce les sourcils et se demande pourquoi…
Lui qui connaît les horreurs de la guerre, il ne comprend pas ce geste là, remarquant grâce au lampadaire de la rue perpendiculaire que cela saigne encore, il n'hésite pas à déchirer un bout de sa chemise pour s'en servir pour estomper la plaie.
Aussi vite qu'il peut, il enlève son manteau d'hiver et y dépose son fardeau gelé à l'intérieur et l'entoure. Laissant de coté ses questions telles que « Qu'est ce qui amène un enfant à de tel extrêmes ? » ou encore « Qui peut abandonner un enfant comme çà sans essayer de le sauver ? » il sait qu'il faut qu'il agisse vite. Il cale le petit corps contre lui, et constate qu'il s'agit d'une petite fille. Avant de se relever il tâte son pouls, il fait une grimace mais finit par soupirer de soulagement, son pouls est presque inexistant mais il est tout de même là. Ni une ni deux, il la porte d'un pas rapide jusqu'à la clinique du doc.
Il donne des coups de pieds frénétiques dans la porte avant d'entrer, il hurle le nom du Doc. Attiré par le bruit ce dernier, sort probablement d'un rêve des plus douteux…

Qu'est ce que tu as à vociférer comme çà Ryo ! C'est une clinique ici.

Puis voyant le corps que Ryo tient dans ses bras, le Doc fronce les sourcils.

Qu'est ce que c'est ? Amène le dans la salle.

Ryo porte la petite fille jusqu'à la table d'auscultation. Le jeune homme ajoute :

Il faut faire vite, elle s'est tailladée les veines sur le bras gauche. J'ignore si elle a d'autres blessures. Elle a dut perdre beaucoup de sang, si la flaque que j'ai aperçue par réverbération était bien son sang…

Déposant l'enfant, Ryo recule d'un pas. Pour sûr, elle n'est pas d'origine japonaise, elle a la peau d'une pâleur a faire peur. Pendant ce temps, le Doc récupère rapidement de quoi soigner la blessure et surtout des poches de sang O- donneur universel. Très vite il prépare une transfusion, mais d'abord il dit :

Je vais m'occuper d'elle tu peux attendre dehors.
- Non je reste déclare Ryo.

Le Doc le regarde, mais il sait que si Ryo Saeba a décidé quelque chose, rien ne peut l'en dissuader. Le Doc ne peut que faire une grimace quand il voit le bras tailladé de l'enfant. La petite fille s'est sans conteste acharnée à vouloir mourir, il stoppe rapidement l'hémorragie et commence à la déshabiller pour la changer.
Ryo, lui, ne regarde pas réellement ce que fait le Doc, mais il sent qu'il doit rester, cette enfant désespérée a tenté de mettre fin à ses jours, quel âge peut-il lui donner, son regard se pose sur le petit corps frêle, il murmure plus pour lui même qu'autre chose :

Pas plus de huit ans…

Ryo bout intérieurement, le grand Ryo Saeba, nettoyeur n°1 du Japon ne comprend pas le choix de cette enfant, dans le monde de souffrance dans lequel il a évolué étant gosse, la survie était quelque chose qu'ils recherchaient tous. Et puis tout à coup cette colère ne va plus à la petite fille qui a tenté de mettre fin à ses jours mais aux personnes qui l'ont jetée à la poubelle, oui « jeté » est le bon mot. Qui peut faire une chose pareille ? Sans même tenter quoi que ce soit pour sauver cette enfant de la mort ?

Qu'est ce qui a pu pousser une si jeune enfant à une telle solution ?

Sans s'en rendre compte il avait posé la question à voix haute.
Le Doc lève à ce moment là, la tête.

Plein de raisons je le crains dit le Doc. Cette enfant a de toute évidence été maltraitée.

Ryo pose son regard sur le petit être.

Plusieurs tentatives de suicides, déclare le Doc. Plus ou moins réussies. Ceux qui l'ont maltraitée sont probablement allés trop loin et cette enfant ne l'a plus supporté.

Le Doc, s'occupe de désinfecter le nombre incroyable de plaies et il n'a pas encore commencé le dos. Le commentaire sur « allé trop loin » n'échappe pas à Ryo, il sait à quoi l'homme fait référence.

Je donnerais cher pour mettre la main sur ceux qui lui ont fait çà.

Il ne dit çà sans aucune agressivité ni rien, c'est ce qui aurait fait justement frémir plus d'un.
Une fois les examens extérieurs effectués, la sentence tombe :

Elle est dans un léger coma. Mais je reste optimiste car le simple fait qu'elle ne soit pas morte avec la quantité de sang qu'elle a déjà perdu et le froid est miraculeux.

Ryo dit :

Peut-être que cette gamine ne voulait pas en finir avec la vie ?
- Je ne te suis pas répond le Doc.
- Et bien peut-être que, pour elle, c'était sa seule façon d'échapper à ce monde de torture. J'espère qu'elle s'en sortira et pourra de ce fait se confronter à une vie plus « normale ».

Ryo se dirige vers la porte quand le Doc lui dit :

Où tu vas ?
- Dormir d'abord puis interroger mes informateurs sur cette gamine. Mais avant çà je vais surtout prendre ma mixture car mon mal de crâne est visiblement bien décidé à ne pas m'abandonner.
- Tu as bu combien de verres ?
- Pas beaucoup, comme tu peux le voir, je suis rentré tôt ce qui est miraculeux en soit : j'en ai bu juste cinq ou six.

Avant de quitter la clinique, il s'approche de la petite fille maintenant qu'elle est dans une chemise d'hôpital. Il la détaille : des cheveux blonds longs tous emmêlés, formant une crinière sur sa tête. Sa peau est blanche presque transparente, il dit :

Je suppose qu'il lui faut un nom ?

Le Doc le regarde étonné. Ryo continue :

Elle a des origines occidentales, donc on va t'appeler « Kerry ». Chaque être humain a besoin d'un nom pour trouver un semblant d'identité. Enfin tu nous diras ton nom à ton réveil la puce.

Le Doc est épaté. Ryo Saeba a donné un nom à une enfant trouvé dans la rue et lui a donné comme surnom affectif « la puce ». Le médecin reste perplexe.

Tiens Ryo.

Le Doc lui tend un verre avec deux cachets d'aspirines. Ce dernier boit le verre avec une rapidité étonnante et il dit :

Toujours aussi dégueu ce truc ! Tu me préviens s'il y a du nouveau pour la petite.

Sur ce il s'enfonce dans les rues de Tokyo, il ne va point dormir cette nuit, il va d'ores et déjà s'occuper de ses indics qu'il avait vu dans le coin avant de passer une bonne soirée.

Fin du chapitre

Elodéa : Kyaahh ça me rappelle l'épisode avec Sarah (dans le manga) Ouf pour la pauvre Kaori c'était pas une autre femme finalement
Chibiusa : J'ai que le premier volume du manga..., bah non c'était pas une femme mdr, pas douée va ! A bientôt dans le chapitre 2