Chapitre 1 : L'enfance d'un loup
22 décembre 1987 - Orphelinat St Andrew - Sud de Londres
Antares se cachait. Aujourd'hui la plupart des adultes étaient de sortie pour le début de leur vacances, ce qui signifiait que les "Grands" ne se gêneraient pas pour transformer les plus jeunes en punching-ball. A Saint Andrew, les adultes étaient très sévères, car les enfants étaient facilement violents entre eux. Il n'était par rare qu'il y ait des bagarres lors des repas. Le problème d'Antares c'était qu'aujourd'hui les adultes n'étaient pas très nombreux, alors, quand on était une cible facile, il fallait se cacher. Il n'était pas particulièrement petit ou chétif pour son âge, au contraire, il ne se défendait pas mal mais son problème était qu'il n'avait que huit ans et que les "Grands" ils en avaient dix à douze. Il avait donc trouvé un refuge sur un siège des toilettes du dernier étage, peu utilisées par les orphelins car trop éloignées des salles d'éducation. Il comptait y rester jusqu'au repas du soir, tant pis pour le midi, ce n'était pas le première fois qu'il aurait faim. Il serra dans sa petite main son collier à tête de loup, le seul objet que contenait la lettre qui l'avait condamné à rester ici toute sa vie jusqu'à sa majorité, en essayant de ne pas pleurer pour ne pas faire de bruit.
C'est pas juste se répétait-il. C'est pas ma faute si mes yeux ou mes cheveux changent de couleur! Bon, quand je fais exprès, si, mais ils en font qu'à leur tête ! Ils verront, un jour je serai grand et je n'aurai plus besoin de fuir ! Un jour, je changerai autre chose que mes yeux ! Un jour, je serai un loup, comme dans mon livre, et je pourrai me battre contre les Grands !
BOUM BOUM BOUM
Antares sursauta lorsqu'un enfant de grande taille frappa fort sur la porte d'entrée des toilettes et se recroquevilla sur son siège. Il sentit ses yeux devenir bleu de peur. Merde ! Contrôles-toi … C'est pas le moment ! Et comment ils m'ont trouvé ?!
- Tu es là le monstre ? Cria Jonah. Allez ! Sors maintenant et je te ferai pas mal ! dit-il avec un rire cruel.
MENTEUR ! cria mentalement Antares. Mais si je sors pas et qu'il me trouve ça sera cent fois pire ...
- Où es-tu petit yaourt ? fit Jonah en commençant à ouvrir les portes des toilettes individuelles une par une.
- Ici, fit Antares en sortant doucement.
Le sourire de Jonah s'agrandit.
- Aaaah ! Bah quand même, tu sais que je t'ai cherché partout ? fit ce dernier d'un air faussement concerné.
- Désolé, j'avais mal au ventre. Sourit courageusement Antares. Mais pourquoi je ferme jamais ma bouche aussi ?
- Oh ? Tu m'en vois désolé. Alors on a choisi du bleu aujourd'hui ? Dit-il en regardant les yeux d'Antares.
Celui ci frémit. C'était le jeu favori de Jonah, trouver une façon de martyriser son monstre favori en rapport avec les couleurs que la lumière du jour voulait bien donner à ses yeux. Le grand noir ne comprenait pas comment la lumière pouvait changer des yeux gris en noir, vert ou bleu mais il s'en fichait pas mal.
- Bon puisqu'on est dans des toilettes je te propose de t'apprendre à nager, qu'est ce que tu en dis ? reprit-il.
- Je sais déjà nager. Ta gueule ta gueule ta gueule !
- Vraiment ? Ça ne te posera pas de problème alors, fit Jonah en saisissant soudain Antares par les cheveux.
- AAAAAH ! NON ! Lâche-moi !
- Arrête de te débattre petite merde !
En voyant la lunette des toilettes arriver près de son visage Antares eu très peur. Et s'il me maintient sous l'eau ? Et si ma tête se bloque dedans ? Je veux pas mourir dans des toilettes !
Il sentit quelque chose monter en lui, comme un picotement sur tout son corps.
BAAAM
Soudain la main qui lui maintenait la nuque d'une poigne de fer disparut. Interloqué, et un peu sonné du coup de sa tête contre la lunette, Antares se retournât et ses yeux s'agrandirent de stupeur. Jonah se trouvait à l'autre bout des toilettes, la tête ensanglantée enfoncée dans un miroir, visiblement assommé. Une vague d'émotion le prit de court.
C'est...c'est moi qui ai fait ça ? se dit Antares en regardant ses mains comme s'il ne les avait jamais vues. Mais c'est pas possible c'est comme de la magie ... Remarque ça explique pourquoi mes yeux et mes cheveux font des leurs tout le temps … Je fais de la magie ! Et je peux me défendre !sourit-il férocement en regardant Jonah glisser vers le sol. Attends ... il est pas mort quand même ce con ? commença à paniquer Antares.
- Il faut que je prévienne quelqu'un ! s'écria-t-il.
Il courut jusqu'à trouver un adulte, il courut, courut, courut...
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Quelques heures plus tard...
Antares flottait il n'était nulle part et partout, il n'était personne et était tout le monde. Il sentait sa peau chanter, elle était libre ! Elle voulait lui montrer tout ce qu'elle pouvait faire ! Mais il était trop fatigué pour la suivre … il commença à tomber, de plus en plus profond … Soudain il sentit une vive douleur, aux yeux, à la tête, au dos. Il était dans quelque chose de moelleux et de chaud, mais le moindre mouvement lui faisait un mal de chien.
- Ah ! Mr Pierce, venez ! Le garçon revient à lui !
- Enfin ! fit le directeur de l'orphelinat, appelé en urgence lorsque des enfants avaient retrouvés le pensionnaire Black évanoui en bas des escalier, puis Williamson la tête dans un miroir. Une situation sans précédent ! Les médecins dépêchés avaient vite conclu que les deux enfants s'étaient battus, que le bien plus jeune Mr Black avait réussi à repousser son assaillant (car le coupable ne faisait aucun doute, au vu de la différence de poids, d'âge et de taille ) puis, sans se rendre compte des dégâts qu'il avait provoqué s'était enfui et sous la panique avait glissé dans les escaliers. Bon cela suppose que ce gamin possède une sacrée force mais de ce que j'ai entendu ce n'est pas une supposition trop hasardeuse et puis, c'est la seule explication sensée, point.
Si Mr Pierce avait appris quelque chose pendant toutes ses années de direction, c'était que pour comprendre les disputes de ses pensionnaire il fallait toujours rechercher l'explication la plus simple, c'était toujours la plus probable.
- Mr Black? Mon garçon vous m'entendez ? appela le Dr Mandrane
- J'ai mal ... souffla le garçon difficilement.
- C'est tout à fait normal, vous nous avez fait une belle chute !
- Jonah ... Il... Il... essaya Antares sans grand succès, sa gorge le trahissant.
- Tenez, buvez un peu fit gentiment le médecin en lui portant un verre d'eau aux lèvres, que le garçon réussi à avaler sans de trop grande difficulté. Ne vous inquiétez pas, nous avons trouvé Mr Williamson, il est en soins intensifs à l'heure actuelle mais ne vous souciez de rien, vous ne le verrez plus.
- Jamais ? demanda faiblement Antares, craintif.
- Ne vous inquiétez pas Mr Black, vous ne le reverrez plus jamais. Doc ? Faudrait-il lui dire maintenant ou attendre qu'il soit remis ?
- Attendez qu'il se repose un peu. Nous reviendrons plus tard Mr Black, rendormez vous.
- D'accord... s'endormit aussitôt Antarès
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Le Lendemain - 16h
Le Dr Mandrane était étonné, son patient avait fait une chute de plusieurs mètres dans les escaliers et, après avoir dormi (comme une pierre il faut bien l'avouer) pendant trente petites heures, il paraissait ne rien avoir vécu du tout ! Une telle capacité de récupération, si l'on occultait le temps de sommeil étrangement long (car continu) était hors normes ! Le docteur avait l'habitude de ce genre de cas, il était bien content que les deux gamins s'en soient tirés au final, mais il était toujours horrifié, même après toutes ses années, de la violence latente chez ces enfants.
En regardant son patient manger comme un ogre, le médecin s'interrogea sur ce jeune garçon : deviendrait-il comme son agresseur dans seulement quatre petites années, dans six peut être? Resterait-il une victime d'agresseurs plus âgés ou plus populaires ? Étaient-ils tous condamnés à devenir des prédateur ou des proies?
- Monsieur ? Ça ne va pas ? demanda le garçon
- Si si mon garçon, sourit l'homme. Dites-moi Mr Black, est ce que vous aimez cet endroit?
C'est quoi cette question bizarre? J'ai pas le choix !se dit Antares. Attends Res … On va essayer de pas être trop bête … Il a l'air concerné et triste, plein de pitié donc … donc je comprends rien.
- Euh bah … pas trop mais ...
- Mais quoi ? le pressa gentiment l'adulte
- Bah ça à l'air mieux que les personnes qui dorment dans le parc l'hiver quoi.
Mieux qu'être SDF, c'est ça la référence du petit ?! Sans blague ?! Professionnel, le Dr Mandrane garda son sourire bienveillant sans laisser filtrer ses émotions.
- J'ai discuté avec le directeur, Mr Pierce, et nous nous demandions si vous souhaiteriez changer d'établissement. Un nouvel orphelinat, dans une autre partie de Londres, vous y serez bien traité et pourriez commencer votre éducation élémentaire sans être confrontés aux souvenirs déplaisants de ce qui s'est passé pour vous ici.
- Donc les gens ils sauront pas que je me suis fait taper ici ? Je pourrais être normal ?
- Non ils ne le saurons pas, qu'entendez vous par « normal » ?
Le garçon rougit et détourna le regard.
- Ben avoir des amis de mon âge quoi.
- Eh bien, il n'y a pas de raison que vous ne vous en fassiez pas, sourit gentiment le médecin. Alors ? Cette option vous intéresse ?
- Je crois oui, sourit l'enfant.
Bon, tant mieux, parce que c'était déjà décidé en fait gamin. Foutu endroit … il serait mieux partout ailleurs qu'ici ...
- Très bien j'en informerais Mr le Directeur, il vous communiquera les détails et la date du changement d'établissement. Au revoir mon garçon, sourit chaleureusement Mr Mandrane.
- Au revoir Monsieur.
En voyant le médecin s'éloigner Antares sentit monter en lui un sentiment qu'il avait appris à refréner ces dernières années : l'espoir. Peu être que dans ce nouvel endroit il pourrait mettre en application tout ce qu'il avait appris pour ce faire des amis ! Etre charmeur, mais pas trop, être beau mais pas arrogant, ne pas montrer ses yeux bizarres, faire rire sans devenir un bouffon ... Oui ça serait bien ! Se rassura-t-il en serrant dans sa main droite son collier.Merci Maman, grâce au loup, ma chance va tourner ! Il imagina peu être plus qu'il ne sentit la chaleur que lui transmit alors l'étrange collier. Demain sera le premier jour du nouveau Antares ! J'aurais besoin d'être en forme! Papa, maman, regardez moi !s'encouragea-t-il avant de se rendormir.
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02 Janvier 1988 - Orphelinat Saint Cross - Nord de Londres
- Les gars, y a un nouveau! cria Paris excité en ouvrant la porte en grand.
- Ta gueule ! Qu'est ce qu'on en à foutre ! C'est la sieste ! Répondit Austin.
- Quel type d'après toi ? Fit Franck, intéressé.
Les deux colocataires se regardèrent mi-exaspérés, mi-amusés l'un de l'autre. Paris pas gêné pour un sou, continua :
- A mon avis c'est un dominant ou un indép' ! Sourit Paris.
- Qu'est ce qui te fait dire ça?
- Il a renvoyé chier le Grand Mike d'entrée de jeu, rigola Paris, c'était trop drôle !
- Et il est dans quel état maintenant ?
- Il a rien ! C'est ça qui est abusé !
- Il a battu le Grand Mike ? Se releva Austin, étonné. En effet, de toute leur section de l'orphelinat, seul Franck arrivait à battre Mike, et c'était parce qu'il avait treize ans et Mike douze, ce type étant très grand pour son âge, d'où son surnom.
- Nan, fin il se sont pas mis dessus. Il est juste passé, en cherchant son numéro de chambre et quand le Grand Mike lui à demandé si "il cherchait pas sa maman par hasard" il a répondu direct "non, par contre j'ai vu la tienne faire le trottoir en arrivant" en souriant et le Grand Mike, au lieu de lui en coller une, il a éclaté de rire ! Tout le monde était plié !
Les deux garçon avaient les yeux ronds. Jamais le Grand Mike n'avait apprécié une vanne sur sa mère.
- C'est un dominant ou un indép' c'est sûr ! Souffla Franck.
- Oui, c'est ce que j'avais dit ! Cria Paris
- Atteeeends, mais c'est trop bizarre ! C'est quoi ce nouveau encore ?
- Bonjour, c'est bien ici la chambre 501, non ? Fit une voix derrière Paris.
Derrière lui se tenait un garçon de dix ou onze ans, respirant l'élégance malgré ses vieux habits délavés, les cheveux d'un noir de jais, ses yeux gris argent trahissant une vive intelligence. Il émanait de ce garçon une grâce certaine, il transpirait la confiance en lui-même.
- Euh oui, t'as le lit au fond de libre, répondit Franck.
- T'as pas Dudule qui t'accompagne pour te montrer le chemin ? Fit Austin presque pas étonné.
- Euh ... qui ? Fit le nouveau.
- Un châtain avec les oreilles décollées qui fait de la lèche tout le temps à Mrs Darwin et qui fait pitié. Rigola Austin.
- Ah ! Sourit-il. Si, à la base, mais il s'est barré quand le Grand roux à commencé à nous regarder de travers.
- Comment ça se fait qu'il t'en ai pas collé une d'ailleurs ? - Tu t'appelle comment ? Firent Austin et Franck, synchrones.
Le nouveau eu un petit rire satisfait, et traversa la chambre pour poser sa valise sur le lit du fond.
- Les gens me trouvent très drôle. Fit-il nonchalamment en commençant à déballer ses affaires. C'est laquelle mon armoire ? C'était plus des casiers individuels que des armoires mais bon, il allait pas le faire remarquer non plus hein.
- Celle du milieu. Du coup ton nom, c'est quoi?
- Ah, désolé ! répondit le nouveau avec un grand sourire. Je m'appelle Antares Black, et vous ?
- Moi c'est Franck Argusson, le grincheux endormi là c'est Austin Miles et le surexcité c'est Paris. Pose pas de questions. Souris Franck devant le regard interrogateur d'Antares au manque de nom de famille. Bon. On a une question pour toi ! fit Franck.
Les trois camarades de l'orphelinat s'assirent ensemble sur le lit de ce dernier tel un jury.
- Vas-y lance-toi. fit Antares, pas impressionné, en rangeant ses affaires soigneusement dans son armoire. Il s'était attendu à des questions sur son transfert de toute façon.
Franck inspira, expira, pour se donner un effet de mec qui se calme alors que le nouveau lui plaisait plutôt pas mal. Il sourit avant de poser LA question que tous les anciens un peu intelligents ou un peu barrés posent aux nouveaux (dans la 501ème).
- T'es quel genre de rat?
Le nouveau leva le regard, incrédule, mais en voyant l'air sérieux et pas insultant des garçons, répondit très sérieusement.
- Je suis pas un rat, j'suis un loup. répondit-il, prit de court.
- AHAHAH !
Son espèce de jury venait de s'écrouler de rire. C'est quoi ces guignols ?! J'ai presque cru qu'il étaient sérieux ! pensa-t-il, interloqué.
- Forcément, fit Austin, il peut pas connaître.
- Connaître quoi ? fit sèchement Antares, il utilisait souvent son charme pour se défendre et se faire des amis mais il n'aimait pas ne pas comprendre. Encore moins que l'on se moque de son ignorance.
- Ici le nouveau, c'est le trou ... le trou à rats fit Franck. Attends, je t'explique, dit-il avant que le nouveau ne puisse enchaîner. Il y a quelques années on est tombé sur un article de journal de Mrs Darwin. Dedans il décrivaient une expérience faite avec des rats. Ils en ont mis six dans une cage avec d'un coté l'endroit où ils pouvaient vivre, une sorte de piscine et de l'autre coté, l'endroit où ils déposaient la nourriture. Très vite il y a eu quatre types de rats. Les dominés étaient deux, faibles, il nageaient pour aller chercher de la nourriture, mais une fois arrivés, les dominants, deux là aussi, leur prenaient leur nourriture de force alors qu'ils pouvaient nager eux-même, se la partageaient entre eux puis les dominés prenaient les restes. Il y avait aussi l'indépendant, lui, il était assez fort pour faire l'aller retour et empêcher les dominants de lui piquer sa bouffe. Enfin il y a le souffre-douleur, lui il était pas assez fort pour nager, du coup il devait se contenter des miettes laissées par tous les autres rats. Ils ont recommencé avec plein de rats, dans plein de cages et à chaque fois les rôles on recommencé à apparaître. Tu comprends le rapport avec nous ?
Antares hocha la tête. Cela correspondait plus ou moins aux observations qu'il s'était faites sur les personnes dans ses classes de primaire. Ici en reprenant cette vision, l'orphelinat était la cage, les adultes les scientifiques et les enfants ... les rats.
Mais moi, se dit-il malicieusement, je resterai un loup ! Les loups c'est mieux, c'est noble et ça mange les scientifiques.
- Donc, sourit Franck, tu penses que t'es quel genre de rat?
- Mmmh, un indépendant je pense. NON je suis un loup !
- Pas un dominant ?
- J'ai que huit ans. Les plus grands ils ont au moins quinze ans alors c'est compliqué. Et pis voler ma nourriture j'aime pas ça, je préfère la prendre et que personne ne puisse m'emmerder.
- Ok, parfait le nouveau, on va t'apprendre à gérer les autres comme un vrai gars de la 501 ème ! Oui, se décida Franck, il adorait ce nouveau !
- Atteeeeeeeeends t'a que huit piges ? Comme Paris ? fit Austin, incrédule, mais t'es aussi grand que moi alors que j'ai onze ans ! C'est pas juste ! geignit-il
Antares sourit. Il avait une théorie à propos de son développement musculaire, mais vu qu'elle impliquait des yeux et des cheveux qui changent de couleur, il allait la garder pour lui.
- Et oui, c'est la dure loi de la nature, les rats, les LOUPS ! Tout ça tout ça ... Qu'est ce que tu entendais par me comporter comme un gars de la 501 ème ?
- Bah, on va prendre un exemple, tu vois le Grand Mike ?
- Oui.
- Bah lui, il brutalise les faibles, les bons en classes et tout, du coup c'est un dominant, il faut lui faire comprendre, sans paraître être un monsieur je sais tout que ça ne marche pas sur nous.
- Facile. sourit Antares.
- Apparemment ! rigola Paris
- Et Dudule c'est plus un souffre douleur, tu vois ? Il se fait martyriser, fait les devoirs du Grand Mike et même d'autres dominés.
- Et ? Quel rapport ?
- Bah, c'est juste pour que tu comprennes avec qui être pote et avec qui ne pas l'être, c'est un peu bâtard mais bon, tu fais attention à ça et à pas avoir une trop grande gueule et ça sera cool, mais attention, fit Franck sérieusement, si tu te mets dans la merde pour rien face aux bandes comme celle du Grand Mike, on viendra pas t'aider ! Ils sont cons, mais ils tapent aussi fort qu'ils ne savent pas lire, ok ? Exceptions acceptées en cas de trop grosses provocation, ajouta-il avec un clin d'œil.
- Ouais t'inquiète je ferais attention. Vous connaissez des tours de magies avec des cartes ? Fit Antares, une lueur malicieuse dans les yeux.
- OUAIS ! Moi j'en connais plein ! cria Paris, tout fier.
La chambrée 501 se lança alors dans une compétition de tours de magies, puis de jeux de cartes jusqu'au dîner. Ils se racontèrent ensuite des histoires et en s'endormant, Antares se dit qu'il avait quand même bien fait de tomber dans les escaliers, si c'était pour atterrir ici. Papa, maman, vous avez vu ? Je vais avoir des amis ! Merci de veiller sur moi. Pensa-t-il en laissant couler quelques larmes. Il fit sa plus belle nuit depuis bien longtemps.
