Donc un deuxième chapitre, j'aime pas son titre, cherchez pas pourquoi... trop de mots peut-être? Ouais, ça doit être ça.
Bref, je vous souhaite encore une bonne lecture et merci encore à Luna Sylva pour sa review \o/
Chapitre 2 : Creuser sa tombe
Instinctivement, les cinq loups se dirigèrent vers l'Île. Un lieu qui paraissait abandonné et qui se dressait au milieu du pont. Ils pensaient y faire escale le temps de reprendre des forces. Ils entrèrent dans la ville fantôme. La meute stoppa devant un groupe assis sur des cartons autour d'un brasero qui ne répandait que peu de chaleur. Au milieu des hommes, une femme se recroquevillait sous un châle. A leur approche, celui qui semblait être le meneur de la bande les interrogea durement :
« - D'où venez-vous étrangers ?
- D'une ville du Nord, répondit Kiba
-Qu'est ce que vous venez faire ici ?
- On est juste de passage, à ton avis, qu'est ce qu'on pourrait faire dans un coin aussi paumé ? rétorqua Tsume
- Et où comptez-vous aller au juste ? demanda encore le meneur
Hige balbutia quelques mots avant qu'une phrase ne résonne dans l'air froid :
« - Ben, au Rakuen ! » Toboe regardait les hommes avec défis en attendant leur réaction. Tout le groupe était tendu. Seule Neige resta calme. Ses yeux noirs étincelèrent et croisèrent le regard de Toboe. Un regard de défi. A la stupéfaction de la jeune meute, un rire général se propagea dans le cercle d'hommes qui apparurent sous leurs véritables formes : une meute de loups. Prête à se battre.
« - Ce n'est qu'une légende ridicule ! » s'esclaffa le meneur. Kiba se prépara à la bataille, apparemment pressé d'en découdre avec ces loups. Toboe le ramena pourtant à la raison en le poussant gentiment. La petite meute se remit en route, Tsume et Hige ouvrant la marche, Neige la refermant. Alors qu'ils allaient s'effacer au coin d'une ruelle, le chef de meute leur lança une dernière menace : « On n'aime pas trop les étrangers par ici, je vous conseille de déguerpir vite ! » Le rire de la grande meute résonna contre les murs de pierre.
Désœuvrée, affamée, la petite meute échoua sur un bord de falaise. Ils durent se rendre à l'évidence : ils passeraient la nuit ici. Ils se mirent donc à la recherche d'un endroit où dormir, les garçons allant chacun de leurs commentaires alors que Neige restait en arrière, silencieuse. Ils arrivèrent finalement dans un cimetière où se mêlaient tombes lupines et humaines.
« - Ce terrain est parfait pour dormir, observa Tsume
- Pour ce qui est de manger, on ne peut pas en dire autant. » rétorqua Hige, décidément de mauvais poil.
La meute se remit en marche, lentement, Tsume ouvrant la marche au milieu des tombes. Toboe, peu rassuré, s'inquiéta :
« - Eh les gars, vous n'entendez pas comme un bruit étrange ?
- Toboe, tu vas arrêter de toujours flipper pour n'importe quoi ? » gronda Tsume. Un léger rire se fit entendre à l'arrière du groupe, là où Neige avait trouvé sa place. Toboe se retourna et la fixa sauvagement, comme honteux d'avoir avoué sa peur, prêt à la rembarrer. Pourtant, les yeux rieurs de la jeune louve le firent détourner le regard. Elle ne se moquait pas de lui, elle était juste heureuse d'être avec eux. Elle avait l'impression d'être en famille. L'explication avait résonné dans le crâne de Toboe, juste derrière ses oreilles, là où se logeaient ses pensées. Mais ce n'étaient pas les siennes. C'était Elle. « Une louve bien étrange » pensa-t-il. Il se reconcentra sur ses pieds, hanté par les yeux noirs qui étincelaient lorsque le rire était vrai. Ce fut donc plus de la surprise que de la peur quand il sursauta, de concert avec Hige. Les deux loups bruns hurlèrent alors qu'un loup, si vieux que des poils poussaient dans ses oreilles, surgit devant eux.
« - Eh, grand-père ! Qu'est ce que tu fiches ? En voilà une blague de crétin, hurla Hige en voulant cacher sa peur.
- Mais… j'étais seulement en train de me creuser un trou, chevrota le vieillard.
- Comment ça, un trou, interrogea Hige
- Tu veux plutôt dire ta propre tombe, observa posément Neige
- A mon âge, on sent la fin approcher à grands pas. » expliqua le vieux.
Kiba l'interrogea avec respect :
« - Avez-vous déjà entendu parler des fleurs de lune ? » L'ancien allait répondre, ses yeux s'étaient illuminés lorsque les mots « fleur de lune » avaient atteints ses oreilles fatiguées. Mais le meneur de la grande meute arriva et interrompit brusquement la conversation, emportant le vieillard sous prétexte d'une longue journée demain. Avant de disparaître, le vieux loup se retourna et regarda Neige et uniquement elle. « Dis leur ce que tu sais petite ! ». Tous les loups qui accompagnaient Neige se retournèrent vers la jeune louve noire avec un regard interrogatif. La louve noire ne prononça que quelques mots :
« - Suivez-moi, je vous raconterai en route. » La petite troupe se mit en marche à la suite de la cadette du groupe.
« - Avant, tout ce terrain était un immense champ de fleurs, commença Neige, des fleurs blanches de la couleur de la lune. Les hommes sont arrivés et ont déraciné les fleurs. Ils ont semé la mort. La légende raconte qu'un tunnel mène au paradis. Mais tous les loups qui ont tentés d'aller au paradis ne sont jamais revenus. Ou alors sont restés ici. »
La petite meute de loups se réfugia dans une maison en ruine, aux abords de la ville. A la nuit, la jeune femme qu'ils avaient aperçue leur rendit visite. Hige se montra très galant et se précipita sur la nourriture offerte. Kiba s'était éloigné dès qu'il avait senti arriver la jeune femme, apparemment vexé qu'on lui fasse la charité. Tsume avait suivi l'exemple du loup blanc et disparut avec Toboe sur ses talons. Neige se posa délicatement à côté de Hige et mangea à peine. Le loup brun et ocre avait décidé de conter fleurette à la demoiselle et ne se gêna pas pour engloutir toute la nourriture. Soudain, alors que rien ne l'annonçait, Neige se plia en deux, la tête entre les mains, poussant un gémissement étouffé. Hige, inquiet, voulut poser une main sur son épaule : « Ca va ? » Il toucha du bout des doigts le pelage de la louve noire. Une voix d'outre tombe stoppa son geste : « NE… NE ME TOUCHE PAS ! » Elle avait hurlé le dernier mot, relevant la tête, le front en sueur. La crise s'arrêta aussi subitement qu'elle avait commencé. Neige se releva, rejeta ses cheveux noirs en arrière et regarda Hige droit dans les yeux. Sans un mot, comme renonçant à regret de s'expliquer, elle tourna les talons, à la recherche de Kiba.
Elle avait Vu. Il n'y avait pas d'autres mots pour décrire cette sensation. Elle Voyait. C'était parfois flou, parfois net. Elle courait maintenant, à larges foulées. Kiba allait se mettre en danger. Il ne supportait pas les loups de cette ville. Il allait les défier. Elle arriva malheureusement trop tard. Effondré dans une ruelle, le loup blanc n'en menait pas large. Ils n'y étaient pas allés de main morte. De multiples cicatrices sanguinolentes couvraient tout le corps du jeune loup. Neige arriva alors qu'il allait s'endormir. Elle l'avait vu presque mort. Il n'en était effectivement pas si loin. Elle avait vu une cage. Elle savait ce qui se passait dans cette ville pour y être déjà allé durant son Grand voyage. Elle devait le protéger. Même plus jeune que lui, elle se devait de le protéger. Rassemblant son courage, elle approcha sa main du corps meurtri de son compagnon de route. Comme il réagissait à peine, elle puisa dans ses ressources pour le porter. Elle prenait un grand risque. Il se pouvait que le contact de Kiba n'annihile le pouvoir de Neige. C'est ce qu'elle avait ressenti en approchant le groupe. Et la voix dans sa tête avait insisté fortement pour que la jeune louve se tienne à l'abri de ses compagnons masculins. Heureusement, elle trouva une maison à étages abandonnée non loin. Elle se traîna en tirant Kiba jusqu'au premier étage. Epuisée, elle décidé tout de même de monter la garde. Vers deux heures du matin, alors qu'elle s'était endormie derrière la fenêtre, des hommes passèrent dans la ruelle, se croyant discrets. Ils faisaient un boucan d'enfer qui réveilla Neige. Elle observa discrètement les humains fouiller chaque recoin de chaque ruelle.
Je sais je sais, c'est court. Mais bon, moi je suis contente quand mes chapitre tournent autour de 1000 mots donc voilà^^
dîtes-moi ce que vous en pensez, même si c'est du mal ;)
