Doucement, Marinette émergea du monde des rêves. Ouvrant péniblement un œil, elle ne se souvenait plus comment elle était arrivée dans sa chambre. De mémoire, elle avait combattu un akuma avec Chat noir…. Chat noir…. Oui, il l'avait ramené chez elle parce qu'elle ne tenait plus debout. Et ensuite ils avaient parlé et… Adrien. Chat Noir était l'alter égo d'Adrien…
Non, ce n'était pas possible. Et pourtant… tout lui revenait en mémoire. Elle s'était même retrouvée dans ses bras et il lui avait dit qu'il tenait à elle, qu'elle avait commencé à éclipsé Ladybug de sa tête. Qu'il aimait ses deux facettes. Et elle s'était endormie dans ses bras. Mais… n'avait-elle pas rêvé ? C'était tellement… trop beau pour être vrai. Mais le fil de sa pensée fut interrompu lorsqu'elle senti quelque chose bouger contre elle.
Alors qu'elle se retournait, son regard rencontra des yeux vert émeraude qu'elle connaissait bien. Sur lesquels elle avait fantasmé à plusieurs reprises. Les yeux d'Adrien.
La panique la gagna, elle se rendait compte qu'elle n'avait pas rêvé et c'est complètement paniquée qu'elle allait crier, mais le blond plaqua sa main sur la bouche de la demoiselle pour l'empêcher d'émettre le moindre bruit.
« Salut ma Lady. » murmura-t-il en souriant, « Non, tu ne rêves pas, c'est bien moi. »
Essayant de se calmer malgré la promiscuité, elle se libéra de cette main dont elle avait pourtant rêvé à de nombreuses reprises.
« A-A-A-Adrien, mais qu'est-ce que… ?! »
Elle était tellement perturbée qu'elle n'arrivait pas à terminer sa phrase, sans compter ses joues qui commençaient à chauffer sérieusement au fur et à mesure que le rouge teintait sa peau diaphane.
« Plagg était complètement épuisé, j'ai pas pu rentrer, désolé. » sourit-il, un peu gêné tout de même en se rendant compte qu'il avait dormit dans le lit d'une fille. Celui de Marinette qui plus est.
En parlant des kwamis, tous deux relevèrent la tête, se rendant compte qu'ils étaient épiés et que visiblement ça les amusaient.
« Depuis le temps qu'Adrien me parle de toi, j'espère pouvoir enfin manger mon fromage tranquillement ! » s'exclama le kwami noir.
Ce dernier s'était lui aussi mit à rougir devant cette révélation, évitant le regard interrogateur et amusé de la demoiselle. Mais cette dernière se ravisa lorsque sa propre compagne, Tikki, fit une déclaration similaire.
« Au lieu de raconter ça, pourquoi tu n'irais pas chercher quelques cookies pour vous deux ? Vous devez être affamés après le combat d'hier. » proposa la brune.
« Avec plaisir ! » s'écria la rose.
« Hum, vous n'auriez pas plutôt un bon morceau de camembert ? » demanda celui aux allures de chats avant d'être entraîné par son homologue féminin.
Un peu étonné, le blond lui expliqua le régime un peu particulier de son compagnon, qu'il subissait depuis plusieurs années déjà et auquel il ne faisait plus attention. Enfin quand l'odeur restait dans la limite de la tolérance.
Ils parlèrent un moment, jusqu'à ce que la voix fluette de Sabine Dupain Cheng résonne dans les escaliers.
« Marinette, Adrien, vous vous levez ? Il est déjà très tard ! » s'écria-t-elle.
Tous deux se regardèrent, surpris par les paroles de la boulangère et se mirent à rougir furieusement en se rendant compte qu'ils avaient été surpris.
A son retour du garde manger spécial petit compagnon, Tikki leur expliqua avoir entendu la conversation nocturne qu'ils avaient eu et qu'elle s'était arrangé pour disposer quelques cahier sur le lit avant que la mère de Marinette n'ouvre la porte de la chambre.
« Exceptionnellement, je suis d'accord pour vous couvrir, mais il ne faut pas que ça devienne une habitude. » déclara la petite bête joviale.
S'étirant, les deux adolescents se levèrent difficilement. La nuit avait été courte malgré tout. Avant de descendre, tous deux se mirent d'accord sur leur alibi : révision d'un cours de physique, puis le blond suivit l'asiatique à l'étage d'en dessous où les attendaient déjà un assortiment de pâtisseries.
Observant sa mère, Marinette la trouvait bien souriante ce matin. Mais elle était heureuse de ne pas entendre la moindre réflexion, au contraire, elle avait très bien prit l'excuse des révisions, même si la plus jeune soupçonnait sa mère de simplement jouer le jeu. Elle était trop souriante ce matin.
Le téléphone d'Adrien sonna. Il devait être près de midi. S'éloignant vers la fenêtre, c'était Nathalie, visiblement paniquée. Elle l'avait cherché toute la matinée, l'avait appelé à plusieurs reprises sans parvenir à le joindre. Elle s'était inquiétée. Heureusement, en cette semaine de Fashion week, Gabriel Agreste se trouvait à New York et devait se rendre directement à Tokyo sans revenir en France.
« Tout va bien Nathalie, j'étais chez une amie pour réviser les cours. » expliqua-t-il en essayant de calmer la jeune femme paniqué au bout du fil, « Ne vous inquiétez pas, je serais là pour la séance photo. Oui, à 18h. Très bien, à tout à l'heure. »
Ils avaient passé l'après-midi à parler de nombreuses choses, mais surtout du fait qu'ils ne se soient jamais rendu compte de leur identité secrète alors qu'ils se côtoyaient tous les jours. Puis Marinette souleva un problème auquel il n'avait pas pensé. Adrien Agreste était célèbre, si les médias apprenaient qu'il avait une petite amie, tout se compliquerait et son propre père serait capable de lui interdire de revoir la demoiselle. Sans compter sur cette peste de Chloé qui rapporterai tout ce qu'elle peut pour avoir quelques instants de gloire.
Finalement, ils décidèrent de garder leurs distances en publique, de faire comme si de rien était, et de profiter des moments où ils étaient seuls ou lorsqu'ils revêtaient leur costumes. Seuls Alya et Nino seraient mis au courant de l'avancement de leur relation.
Chacun apprit également à connaître le kwami de l'autre. Ses petites spécificités, son régime alimentaire, ce qui en faisait un bon ami. Les deux petits êtres n'avaient d'ailleurs pas l'habitude de tant d'éloges et s'étaient même retrouvés gênés.
Il était un peu plus de 16h15 lorsqu'Adrien s'en alla. Il devait rentrer pour se préparer au shooting qui avait lieu un peu plus tard. Finalement, ils n'avaient absolument rien révisés et n'avaient fait que parler, parler et encore parler. Marinette était fière, elle était parvenue à maîtriser sa voix tout au long de la journée, et ça n'avait pas échappé à celui qui avait partagé son temps avec elle.
Sur le palier, la brune entendit sa mère l'appeler. Il était temps de se séparer. C'était intimidant comme situation. Ils ne savaient pas trop comment se comporter, c'était étrange. Nouveau. Dérangeant. Ils n'avaient pas envie de se quitter, mais ils n'avaient pas le choix. Ils se reverraient très vite, que ce soit en mission ou en cours.
« Tu sais Marinette, je suis content de pouvoir enfin mettre un visage sous le masque de Ladybug. J'me sens tellement plus léger de savoir que c'est toi. Tu es la seule à connaître cette autre facette de ma personnalité. »
Elle sourit, rétorquant qu'il en était de même pour lui, qui connaissait plus de choses que sa propre meilleure amie. Et avant même qu'elle n'ait le temps de lui dire au revoir, coupée par sa mère qui l'appelait à nouveau, Adrien l'avait embrassé. A peine quelques instants, mais ça avait été suffisant pour goûter aux lèvres tendres de celui qu'elle aimait, lui rappelant cette douce sensation qu'elle avait ressentit plusieurs années auparavant, ce jour où elle avait embrassé Chat Noir pour le libérer de sa haine. Elle ne lui en avait jamais parlé d'ailleurs, de ce fameux baiser.
Toute chamboulée par ce contact inopiné, il profita de la surprise pour lui murmurer un « je t'aime» puis s'en alla, laissant la demoiselle pantoise. Choquée. Heureuse.
Une sensation intense irradiait doucement dans tout son corps alors qu'elle le regardait descendre les escaliers, leurs regards se croisant une dernière fois.
« Alors ça, c'est un vrai baiser d'amour. C'était tellement mignon, Marinette ! » s'écria Tikki, toute heureuse du bonheur de celle qui la possédait.
Marinette ne répondit pas, portant simplement les doigts à ses lèvres, encore émue. Cette fois, ce n'était pas Chat Noir, ce n'était pas un simple ami, c'était lui, Adrien, et il lui avait volé son premier baiser. Ils étaient quitte en somme, même si lui n'était pas au courant de ce qu'elle avait fait plusieurs années plus tôt, le jour de la saint valentin.
« Marinette ! » appela une nouvelle fois la boulangère qui s'impatientait.
« J'arrive maman ! »
Quel drôle de week end. Elle s'en souviendrait longtemps très certainement. Et elle en entendrait certainement parler lorsqu'elle en ferai part à Alya le soir même, puisque cette dernière devait l'aider à terminer un projet de couture : une robe de soirée pour un vernissage auquel devait participer la demoiselle pour son stage de journalisme.
