Bonjour (ou plutôt bonsoir !) à toutes et à tous ! Ravie de vous retrouver pour cette deuxième partie de Stalker !
Avant toute chose, j'ai quelques informations importantes à vous communiquer.
Premièrement : je me suis trompée en écrivant mon « avant-propos » la dernière fois. Cette fiction ne comptabilisera pas deux, mais trois parties, ce sera donc un three-shot. Désolée pour tous ceux qui espéraient une fin aujourd'hui !
Deuxièmement : Quelque chose que je n'ai pas annoncé (bien que vous puissiez le voir dans la présentation) est que cette fic' est loin d'être rigolote. Je considère Gabriel comme étant un personnage assez tragique, finalement. Cette fiction, qui partait au départ d'une idée toute simple, a pris pour moi une dimension très différente. Je veux ici montrer, du début à la fin, les états d'âme de Gabriel. Comment il pourrait tomber amoureux de Sam, ce qu'il pourrait en penser, comment il pourrait agir et réagir, quelle serait son attitude. Il s'agit donc ici de voir un Gabriel plus « profond », dans le sens qu'on va avoir beaucoup de ses pensées, et pas mal de sa psychologie. Donc, je vous préviens : si le bla-bla sur les pensées de Gabriel vous ennuie profondément, arrêtez cette fanfiction. Ou laissez-moi une review pour m'expliquer votre point de vue. Je m'excuse par avance envers ceux qui attendaient autre chose de cette histoire. Je tiens aussi à préciser que je me rattraperai avec mes prochaines fanfictions, pour ceux qui attendent des choses plus légères.
Troisièmement : les titres et citations sont issus de la chanson du groupe The Police Every Breath You Take.
Sur ce, je vous souhaite une excellente lecture !
Partie II :
You Belong To Me – Tu M'Appartiens
Oh, can't you see
You belong to me?
How my poor heart aches
With every step you take
And every move you make
And every vow you break
Every smile you fake, every claim you stake
I'll be watching you
Every Breath You Take, Police
Gabriel passa le reste de la nuit assis sur le canapé de l'appartement qu'il habitait – pardon, squattait –, quasiment amorphe, toujours sous le choc. Il regardait ses doigts, ses doigts qui avaient caressé la peau de Sam, sans pouvoir y croire. Et pourtant… Pourtant, c'était vrai, c'était réel, et, pire encore, c'était logique.
Oui, le fait qu'il soit amoureux de Sam était logique, ça, c'était presque plus effrayant que le fait en lui-même.
Gabriel savait aimer. Mais pas comme ça. Pas comme ça.
Il aimait trop, trop fort, trop mal. Avec toutes les conséquences catastrophiques que ça pouvait avoir.
Il aimait ses frères, il les avait aimés dès le premier jour, dès le premier souffle, toujours. Il était même prêt à admettre ce qui jamais n'aurait dû exister au Paradis : qu'il aimait ses frères plus encore que son Père. Il aurait tout fait pour eux. Tout. Il aurait donné sa Grâce pour qu'ils soient heureux. Il avait tant craint, lorsque les Léviathans étaient venus, qu'ils ne meurent, qu'ils ne souffrent. Il avait essayé de tout réparer lors du conflit entre Lucifer et Michael.
Parce qu'il les aimait.
Et c'était justement ça qui constituait ce qui l'effrayait le plus au monde.
Qu'avait engendré son amour pour ses frères ?
Premièrement, ça n'avait rien changé. Rien. Malgré tout ce qu'il avait pu faire, malgré tout ce qu'il avait essayé. C'était l'une des premières leçons qu'il avait apprises sur l'amour : tu as beau aimer plus qu'il n'est permis, cela ne change rien.
Tu souffres juste plus. Parce que lorsque tu aimes trop fort, la douleur de la perte est juste trop forte, elle aussi. Si ton amour est plus grand que toi, la souffrance t'emporte.
C'était ce que Gabriel en avait retiré : aimer ne servait à rien d'autre qu'à souffrir.
Il avait fui, toute sa vie, ce qui s'approchait de près ou de loin à de l'amour. Parce qu'il était convaincu que ce qu'il touchait finirait par être détruit – parce que c'était lui.
Réaliser qu'il aimait Sam réveillait en lui tout ce qu'il avait voulu mettre de côté en rejetant tout ce qui s'apparentait à l'amour. Si ça ne s'arrêtait pas tout de suite, il vivrait dans la terreur de perdre Sam, parce que c'était ce qui risquait immanquablement d'arriver. Il ne connaîtrait plus que la peur de lui faire du mal, parce qu'il aimait trop puissamment.
Il n'y avait qu'à voir ce qu'il avait déjà fait. Il suivait Sam comme son ombre, à son insu. Il l'espionnait. Il prenait photo sur photo de lui.
C'était… c'était malsain. C'était mal. Il aimait mal.
Et qui savait ce qu'il était capable de faire encore ? Si seulement on lui en offrait l'opportunité ?
La jolie blonde qui s'était approchée de son Sam, par exemple, il aurait adoré la pulvériser. Qu'est-ce qui prouvait qu'un jour il ne le ferait pas ? Qu'est-ce qu'il était capable de faire ? Pouvait-il seulement s'arrêter ? Etait-il seulement capable d'aimer normalement ?
C'était terrifiant. Il ne pouvait s'empêcher de passer en revue les derniers mois avec horreur, réalisant que quand bien même il l'avait fait pour que Sam soit heureux, il ne demeurait pas moins qu'il était devenu son stalker attitré.
Accro, complètement accro.
Et comme un junkie en manque, il serait prêt à tout – et surtout à n'importe quoi – pour avoir sa dose.
Il avait fini par considérer Sam comme sien – ce qui était faux, bien sûr, complètement faux. Sam ne lui appartenait pas. Sam ne savait même pas ce qui se tramait. Sam le maudirait s'il savait.
Gabriel prenait conscience – douloureusement – d'une toute autre raison qui l'avait fait repousser l'amour. N'était-il pas condamné à aimer sans jamais aucun retour ?
C'était terrible, ce paradoxe. Etre à la fois terriblement faible – à la merci de Sam, soumis à lui, complètement mordu – ce qu'il s'était promis de ne plus jamais être, dès que ses frères avaient commencé à se servir de lui pour leur cause – encore la malédiction de l'amour – et terriblement fort, dans le sens qu'il était plus que jamais chargé à bloc, prêt à tout.
Avec un soupir, Gabriel regroupa toutes les photos qu'il avait prises de Sam, à son insu le plus complet. Il renonçait à les compter.
En silence, se maudissant lui-même d'être si faible, si horrible, il regroupa les photographies en une seule et grosse liasse, qu'il planqua dans un tiroir quelconque, se promettant de ne plus y retoucher, de ne plus en prendre.
De se débarrasser de cette foutue addiction à Sam Winchester.
Aussi facile que de cesser de respirer.
Il avait essayé.
Sincèrement, honnêtement, il avait essayé.
Avait-il réussi ? …Non. C'était plus proche de l'échec complet que la victoire triomphale.
D'accord, OK, c'était un échec complet.
Gabriel avait lutté de toutes ses (maigres) forces pour résister à l'envie d'aller voir Sam.
Au fur et à mesure des dernières semaines, Sam était devenu presque vital pour l'Archange. Ça forçait presque le respect, en fait. Mais c'était terrible, c'était dévorant, c'était omniprésent, ce besoin de voir Sam, de le toucher, de le… Gabriel avait tenté de se maintenir loin du chasseur, de ne plus penser à lui, de s'en passer, mais on ne chasse pas une habitude, et encore moins une obsession.
Comment allait-il ? Etait-il en chasse ? Gabriel pouvait-il le protéger ? Est-ce que Dean l'embêtait ? Que faisait-il ? Souriait-il, en ce moment ? Etait-il triste ? A quoi pensait-il ? Désirait-il quelque chose ? Gabriel pouvait-il l'aider en quoi que ce soit ? Est-ce que…
Les questions ne s'arrêtaient jamais. Comme le découvrit l'Archange à ses propres frais, il était plus facile de couper tout contact avec le Paradis, qu'avec ses désirs les plus profonds.
Il en était même venu à envier Dean, qui vivait sous sa montagne de déni, et qui, lui, parvenait à se convaincre qu'il n'était pas complètement accro à Castiel.
Il était descendu au niveau de Dean Winchester.
Pitoyable. Il était pitoyable.
Alors Gabriel luttait, de tout son être, pour s'empêcher d'aller jeter un coup d'œil, juste deux secondes, sur son Sam. Il tentait de se distraire, sans résultat. Son esprit revenait toujours à Sam.
Un jour il céda à la tentation.
Allez, allez, deux minutes, ça ne tue personne, quoi ! Si tu le vois, ce sera plus facile de couper le cordon. Tu as eu un moment de faiblesse, ça peut arriver à n'importe qui. Si tu vas lui rendre visite deux ou trois minutes, tous ses défauts te reviendront en pleine face, et toutes tes propres convictions aussi. Et ton addiction s'envolera comme neige au soleil.
Et il y alla.
Et tout recommença.
Cela s'était-il d'ailleurs arrêté ?
Il y alla, et il observa.
Promis, dans une heure, je pars.
Juré, ce soir, j'arrête tout.
C'est sûr, demain, je ne reviendrai pas.
C'est décidé, ce week-end, ce sera fini.
Allez, la semaine prochaine, je ne viendrai plus le voir.
Mais bien sûr. Et puis quoi encore ?
Gabriel avait toujours su, avec une acuité proche de l'autoflagellation, qu'il était faible.
Tout de même, il ne se doutait pas que c'était à ce point-là.
Le point positif, c'est qu'il avait cessé les photos. Il avait aussi interrompu toute forme d'ingérence dans la vie de Sam. Ce n'était pas tellement mieux, finalement, puisqu'il passait depuis sa vie à contempler Sam pour le seul plaisir des yeux.
Il se rappelait un peu ces personnes âgées qui, fatiguées de la vie et n'ayant plus rien d'autre à faire, s'asseyaient sur une chaise et regardaient la vie défiler, ou sur un banc en observant une mare aux canards, parce qu'ils trouvaient ça nettement plus fascinant que leur pauvre vie sans couleur.
Finalement, c'était un peu ce qu'était Gabriel. Ce n'était pas comme s'il était foncièrement heureux, ou comme s'il avait vraiment une vie – pas depuis Sam, en tout cas.
Evidemment, lui, il était plus proche du stalker que du sage vieillard méditant sur la vie.
Il était un papy psychopathe. Génial.
Mais il aimait observer Sam vivre, il aimait le voir, et il se sentait un peu heureux si le chasseur paraissait l'être. C'était aussi stupide que ça.
Alors Gabriel se posait des questions. Quand était-il tombé amoureux de Sam ? Pourquoi ?
Etait-ce parce qu'il avait constaté que malgré leurs dissemblances, tous deux étaient si seuls, si tristes, qu'ils espéraient tant de la vie ? Etaient-ce parce que finalement ils se sentaient différents et mis à l'écart tous les deux ? Qu'ils rêvaient d'une vie plutôt semblables l'une à celle de l'autre ? Que malgré les apparences ils avaient le même but dans la vie ?
Peut-être étaient-ce ces ressemblances, Gabriel ayant trouvé son écho en Sam. Sam, de ce point de vue, représentait évidemment le partenaire idéal pour lui, tentait de raisonner l'Archange. C'était peut-être aussi parce que, c'est bien connu, on est moins seul à deux. Et que Gabriel avait trouvé quelqu'un qui était comme lui, quelqu'un qui le comprendrait – n'était-ce pas ce dont tout le monde rêvait ? Et du même coup, il comprenait Sam, viscéralement.
C'était aussi peut-être tout ce qu'il avait remarqué chez lui dès le début. Son intelligence, déjà. Sam était foutrement brillant. C'était un plaisir de l'entendre parler et révéler son savoir et ses réflexions. Son esprit, aussi, qui était pointu et parfois sarcastique à souhait. Son humour. Sa volonté. Sa détermination. Sa foi. Sa générosité. Sa force. Sa beauté, aussi. Gabriel ne pouvait le nier.
Ou alors c'était comme ça, et c'était tout. Peut-être qu'il ne fallait pas chercher.
Gabriel aurait aimé faire tant de choses : le toucher, lui parler, l'aider, l'embrasser, le prendre en photo, pas forcément dans cet ordre. Mais il se retenait. Ce n'était pas bien. C'était immoral. Il passait la journée aux côtés de Sam à lutter contre lui-même, presque plus qu'à observer Sam vivre, et à rêver d'un avenir à deux. Tout était dans le presque, évidemment.
Il était réellement. Profondément. Entièrement. Pitoyable.
Il n'aurait jamais pu tomber plus bas même en le faisant exprès.
Il vivait par procuration, il ne vivait plus du tout, en fait, il était soumis à son addiction, il espionnait Sam comme le malade mental qu'il était devenu, il était fou.
Il se mourait d'amour comme une adolescente stupide, perverse et masochiste.
Il n'était même pas sûr de vouloir vraiment changer ça.
Gabriel passait donc ses journées – et même ses nuits – à observer Sam, cherchant désespérément, tout d'abord une explication, puis une solution à ses (nombreux) problèmes. Il en venait à se demander si on pouvait encore faire quelque chose pour lui. Il ne pouvait pas vivre indéfiniment comme ça. Il en frissonnait rien que d'y penser. Et il frissonnait encore plus en réalisant qu'il ne frissonnait pas vraiment des choses terribles qu'il faisait.
Ce n'était pas comme ça, d'être amoureux, si ? Être amoureux, c'était différent. Rien de tout ça ne se faisait comme il l'avait fait. Il fallait des rencontres, des discussions, des rendez-vous, un peu de drague, un premier baiser, des choses comme ça. Après tout, lui-même avait toujours envisagé les choses sous cet angle.
Alors comment se faisait-il qu'il ne parvenait pas à les accomplir ?
Ce fut ainsi que se produisit le premier incident.
Bousculer une chaise alors qu'il marchait en suivant Sam, franchement, c'était une erreur de débutant. Surtout lorsqu'il s'avère que rien, strictement rien, n'aurait pu la faire tomber – excepté peut-être un esprit frappeur.
Il y eut un deuxième incident. Une porte qu'il avait claquée lui-même par inadvertance. D'une stupidité frôlant l'inconscience, si l'on était un espion avide de ne pas se faire repérer.
Et un troisième. OK, pousser Dean par terre alors qu'il était saoul comme une barrique et qu'il insultait Sam – ça, c'était de la folie pure. A la limite du suicide. En plus, ce n'était pas comme si Dean était vraiment vacillant lorsqu'il avait bu. Du tout.
Eeeeeet zut.
Gabriel en venait à s'étonner lui-même (il s'étonnait même de savoir encore s'étonner avec la succession d'improbabilités qui jonchaient sa vie depuis quelques temps). Il ne s'alarmait même pas de voir sa couverture griller comme le cerveau de Dean lorsque Castiel lui faisait un grand sourire. Cet état de fait le laissait parfaitement indifférent.
Donc, il n'était plus seulement spectateur de la vie de Sam, il était aussi spectateur de la sienne en prime.
De mieux en mieux.
Oh, bon sang, il aurait dû s'en douter, franchement, il aurait dû !
C'était aussi évident que le béguin de la taille de la Russie que Dean avait pour Castiel. (Gabriel se trouvait de plus en plus de ressemblances avec l'aîné Winchester, ce qu'il déplorait avec chaque atome de son être.)
Non, lorsqu'il vit Dean, (encore) complètement bourré commencer à se déhancher sur une piste de danse, il resta bêtement planté sur place à filmer la scène (you-ouh, les Archanges ça s'ennuie et ça a besoin de distraction, vous suivez ou pas ?). Il ne réalisa pas tout de suite que Sam s'était éclipsé avec Castiel.
Et lorsqu'il réalisa que son humain et son angelot préférés avaient disparu ensemble, il n'en fit pas grand cas. Sa réaction ressemblait peu ou prou à : « Ah, OK, cool ».
Et lorsqu'il constata que leur absence dura bien trois heures, il était trop absorbé par sa contemplation d'un Dean en sérieux état d'ébriété pour se poser plus de questions.
Lorsqu'il comprit, stupéfait, que les cookies que Sam avait laissés sur son lit, à l'hôtel, et qu'il avait dévorés car, une fois n'est pas coutume, là où Gabriel passe les sucreries trépassent, étaient drogués à l'huile sainte – qui avait notamment pour effet de distraire considérablement les anges et de les laisser dans un état d'esprit proche de la lobotomisation et de l'hébétude totales, se manifestant, par exemple, par le fait hautement inquiétant de regarder Dean Winchester durant trois heures – alors, Gabriel se fit simplement la promesse de veiller attentivement sur la petite équipe, car manifestement, un être avait tenté à leur nez et à leur barbe (ainsi qu'à la sienne) d'agresser Castiel.
Une partie de lui – sa petite voix de la raison – lui hurlait qu'il se trompait, qu'il s'aveuglait, qu'il refusait de comprendre – qu'il niait la vérité, et qu'il devait assumer ses responsabilités maintenant, tout de suite – et qu'il était en danger, évidemment, et qu'il devait agir pour le mieux.
Il savait qu'elle avait raison – mais il ne voulait pas savoir.
Pourquoi, il l'ignorait – mais manifestement, il souhaitait vivre dans l'insouciance la plus totale.
Ses alarmes mentales avaient déjà explosé, à ce moment-là.
Après tout, c'était déjà trop tard.
Lorsqu'il entra, un soir, dans la chambre de Sam, il ne sut dire s'il était surpris ou non de se retrouver debout en plein milieu d'un cercle de flammes sacré.
Merde. Il s'était fait repérer.
Sa première pensée fut : « Voilà, ça y est, c'est fini »
Avec un soupir, il se rendit visible de nouveau, dégainant son habituel sourire moqueur, prêt à sortir une splendide excuse à Sam. Quoi, moi, te stalker ? Meuh non, c'te bonne blague. J'faisais un documentaire sur les élans lâchés en pleine nature, c'est un projet pédagogique très important !
Sam le dévisageait, un rictus furieux déformant son visage, haletant de haine et l'air sauvage.
-Toi, éructa-t-il comme il aurait prononcé une grossièreté. Toi !
Et il se jeta sur Gabriel. En une seule seconde, l'Archange se trouva propulsé avec fureur contre un mur, son dos heurtant la surface avec un horrible « boum » et un « crac » indiquant la protestation de ses vertèbres.
D'un instant à l'autre, sans transition, il se retrouva nez à nez avec un Sam écumant de rage.
-Toi, c'est toi ! hurla-t-il. Je le savais. Je le savais. J'aurais dû m'en douter depuis le début !
Le chasseur secoua l'Archange inerte et muet.
-Toutes ses blagues pourries, ses plaisanteries stupides, c'était du Gabriel tout craché ! Je savais que c'était toi, ça ne pouvait être que TOI ! Qui d'autre aurait été aussi immature, aussi crétin pour faire ce genre de choses ? Qui ? Il n'y avait que toi pour vouloir me rendre fou ! A croire qu'il n'y a que ça dans ta vie !
Sam hurlait, la fureur envahissant ses yeux. Gabriel ouvrit la bouche pour parler. Mais jamais encore il n'avait été aussi faible : il ne sut que dire.
-Mais ça c'était arrêté ! J'ai cru que tu avais trouvé une autre occupation ! J'ai cru… après, j'ai eu tant de chance ! Tellement de chance que je me suis dit que j'avais dû me tromper, que… J'ai même envisagé que quelqu'un me jouait un tour supplémentaire ! C'était évident que ça ne pouvait pas durer !
Un grognement monta de la gorge du chasseur tandis qu'il approchait encore plus son faciès de celui de Gabriel, qui recula instinctivement, ne sachant que dire face à tant de rage brute.
-C'est quoi la blague, hein ? Raconte-moi, dis-moi tout ! Après avoir pourri ma vie, tu m'as rendu chanceux, et puis après quoi ? Tu es resté là sans rien faire ! Tu signalais même ta présence pour te foutre de moi ! Tu… tu m'as espionné !
Il secoua l'Archange avec tant de force que sa tête rebondit contre le mur. Gabriel tenta de repousser Sam, de s'expliquer, mais sa force c'était envolée dans le cercle de flammes, Sam le tenait fermement, et son légendaire sens de la répartie s'était envolé.
-Je…
-Je ne l'aurais même pas soupçonné si je n'avais pas trouvé ça ! beugla Sam.
Il tendit un doigt en direction du mur d'en face. Gabriel suivit la direction indiquée, et vit, épinglée à la surface…
Son cœur manqua un battement.
Oh merde. MERDE MERDE MERDE.
Ce n'était pas prévu, ça !
C'était une des photos qu'il avait prises de Sam à son insu le plus complet.
Une photo où le chasseur dormait à poings fermés.
Torse nu dans son lit.
Putain de merde.
Père, aidez-moi.
Gabriel sentit sa bouche s'assécher. Il frissonna. Non. Non non non. Impossible. Ça ne pouvait pas se passer comme ça !
-Sam, débuta-t-il, suppliant, maudissant cette faiblesse qui se faisait jour lorsqu'il avait le plus besoin qu'elle disparaisse. Je…
-Tais-toi ! le coupa brusquement Sam. Je ne veux pas t'entendre ! Je ne veux même plus te voir ! Je ne sais pas à quel jeu tu t'amuses à mes dépends, et je ne veux pas le savoir. Sache juste une chose : c'est terminé. Définitivement.
Le chasseur le relâcha, et recula de deux pas. Gabriel lut une telle déception, un tel mépris dans son regard que son sang lui parut se glacer.
Game over, Gabriel.
-Ton petit jeu d'espion pervers est fini, Gabriel, lâcha Sam d'une voix calme mais glacée. Oublie-moi. Oublie même qu'on s'est jamais rencontrés. Je t'aimais bien, avant, mais je ne tiens pas à savoir jusqu'où tu pourrais aller pour t'amuser. Je ne fréquente pas des psychopathes, moi.
Chaque mot que Sam prononçait s'enfonçait comme un épieu dans la chair de Gabriel. Plus douloureux que la pire des brûlures des Enfers. Plus douloureux que l'horrible coup de poignard signant l'ultime trahison de Lucifer. Plus douloureux que sa propre réalisation qu'il était un abominable stalker et pas grand-chose de plus.
Sam secoua la tête. Il prit une bouteille d'eau qu'il renversa sur le cercle de flammes dont Gabriel était prisonnier. Puis il lui jeta un dernier regard, un regard trahi, dédaigneux, horrifié. Et enfin, il ouvrit la porte de la chambre d'hôtel.
-Au plaisir de ne plus te revoir, lâcha-t-il.
Et il sortit.
Laissant Gabriel planté là.
Laissant les larmes de l'Archange, désespéré, rouler sur ses joues.
Laissant son stalker glisser jusqu'au sol et entendre son cœur se briser de désespoir.
A suivre…
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