Résumé : Que se serait-il passé si le Colonel qui postait ses hommes près de Meryton n'était pas le Colonel Forster, mais plutôt une autre de nos connaissances ? Comment l'histoire aurait-elle changé ?

Couple : Darcy/Lizzie, Jane/Bingley

Note : Cette histoire est une réécriture de Orgueil & Préjugés avec un "si" fondamental. J'essaye de respecter au mieux les codes de la Régence, mais je ne suis pas une experte. Il peut tout à fait que certaines choses m'échappent, n'hésitez pas à me le remonter.

Série : C'est la première étape d'une série où des personnages de quatre mondes différents viennent se crasher dans le monde d'Orgueil & Préjugés, alors que Lizzie et Darcy se rencontrent. Mais tout commence par le régiment du Colonel Fitzwilliam qui vient se stationner à Meryton.

Par soucis de simplification d'intrigue, tout les mondes "imaginaires" parleront anglais nativement.

On est au chapitre 2/3 sur la soirée chez les Lucas. Après il y en aura un dernier et puis on passera à la suite.

Au niveau de l'écriture, j'en suis à la cinquième partie, et j'arrive sur le moment où Jane est malade à Netherfield. Je ne sais pas exactement où mes personnages vont accepter de se parler et de confronter leurs idées, mais avec le Colonel Richard Fitzwilliam, j'ai bon espoir qu'ils y arrivent sans trop perdre de temps. Je pense que deux autres parties seront nécessaires, mais je me méfies, mes personnages ont toujours tendance à faire n'importe quoi avec mes prévisions... J'écris en même temps une autre fanfic sur O&P, qui part sur le principe que Lizzie a une raison simple d'être orgueilleuse et pleine de préjugé envers Mr Darcy. (et j'en suis au même endroit de l'histoire, juste que c'est le tout début !

La croisée des chemins - Prologue : Un cousin pas si lointain

Chapitre 2 : La première danse

Ailleurs, dans la même pièce, Miss Bennet et Mr Bingley sont en grande discussion animée et ne prennent pas grand intérêt de tout ce qui passe autour d'eux.

Dans une autre partie de la pièce se retrouvent toutes les mères de familles. Mrs Bennet affirment à grand cri qu'elle s'attend à ce que son ainée parte bientôt de la maison pour aller rejoindre son mari. Car que peut-on imaginer d'autre qu'un mariage quand on les voit ainsi ?

Non loin d'elle, se trouvent deux cousins qui ne se sont pas vu depuis longtemps.

« Vraiment, Richard, je ne suis plus un petit garçon. Tu n'étais pas obligé de venir ici pour me surveiller.

— Tu sais bien que je ne le fais pas pour te surveiller, mais tu as changé, William. Tu as vraiment changé depuis l'époque où Oncle Georges est mort.

— Ça s'appelle grandir, et tu serais prié de le faire toi aussi. Ne pas avoir de domaine sous ta responsabilité ne fait pas de toi quelqu'un de forcément toujours enfantin. Il ne faut pas tout prendre à la rigolade.

— Tu loges chez Charles Bingley, c'est ça ? Ce sera quand que tu rentreras à Pemberley ou à Londres ?

— Je… Peut-être trop tard ? Je n'ai pas d'horaire. Georgiana n'a plus de pensionnat, mais je ne pensais la laisser avec Mrs Annesly jusqu'à Noël. C'est pas que je veuille pas la voir… mais je tiens à lui laisser de la place pour reprendre ses repères. Je ne dois pas repasser à Londres de sitôt, j'y ai laissé les affaires en ordre.

— Parfait, je vais pouvoir profiter un peu de la présence de mon cousin préféré.

— Tu sais que je suis ton seul cousin, Richard ?

— Non, il y a Anne, aussi, n'oublions pas notre chère cousine. D'ailleurs, c'est pas cette année, l'ultimatum pour que tu l'épouses ?

— Arrête tes âneries, il n'y a que Tante Catherine pour croire à ses sornettes qu'elle raconte à tout va. Non. La femme de mes rêves ne ressemble certainement pas à notre cousine.

— Oh… Il y a donc bien quelqu'un ! C'est qui ? »

Mr Darcy vient de prendre conscience de ses paroles qui sont sorties un peu trop vite de sa bouche. Fâché contre lui-même pour cette admiration qu'il refuse d'admettre, il cherche dans la pièce quelqu'un pour fuir son cousin.

« Allez, William, je suis ton cousin favori, tu peux me dire qui c'est j'en dirais pas un mot. »

A ce moment-là Sir Williams regarde dans sa direction, et entre deux maux, Mr Darcy préfère laisser son cousin et se dirige vers l'hôte à grand pas. C'est à ce moment-là aussi que des musiciens pour une musique entrainante se préparent.

« Mr Darcy ! Comme je suis heureux de vous voir dans notre petite fête. Vous vous y plaisez ? Je crois que les danses vont commencer, pourquoi ne danseriez-vous pas aujourd'hui ? Vous m'avez l'air de bonne humeur ! Je ne savais point que vous connaissez le Colonel Fitzwilliam. Capital, Capital ! Il me semble, oui, Miss Eliza vient par ici, surement qu'elle veut danser. »

Mr Darcy se demande légèrement si le remède n'est pas pire que le mal. A le voir danser avec une quasi-inconnue, Richard comprendra son problème. Miss Elizabeth Bennet n'est pas jolie à proprement parler, mais elle dégage une aura de légèreté, de vivacité qui l'attire comme un papillon sur une bougie. Et ce depuis qu'il l'a rencontré au cours de la précédente assemblée. Et qu'il l'a insulté. Et que depuis une semaine, il l'observe chaque matin, sans rien dire, sans faire connaître sa présence. Une semaine qu'il ressasse les mots qu'il va dire pour s'introduire à elle. Une semaine qu'il repousse inlassablement. Plus d'une quinzaine de jours qu'il se demande si tout serait différent s'il avait écouté Bingley et qu'il l'avait invité à danser.

Aujourd'hui, il peut le faire, l'occasion lui est présentée sur un piedestal.

« Miss Eliza ! Mr Darcy est un grand danseur et ce soir, il veut danser. Vous seriez un couple magnifique…

— Miss Elizabeth Bennet ? Voulez-vous m'accorder la prochaine danse ?

— Je… »

Lizzie pour se laisser du temps lève les yeux sur sa sœur et Mr. Bingley qui à quelques mètres de là, qui se préparent pour entrer en danse.

« Je ne veux pas que vous croyiez que j'étais en recherche d'un compagnon de danse en allant par ici, je voulais voir ma sœur Jane.

— Il me semble que votre sœur va être occupée pendant toute la durée de la danse. Elle ne vous manquera pas, si nous dansons, nous aussi. »

Lizzie ne sait quoi répondre sans être impolie. Elle accepte à contrecœur, et Mr. Darcy se demande à nouveau pourquoi il insiste. Il ne veut pas que son cousin comprenne son dilemme. Il ne manquerait plus qu'il se moque de lui et le ridiculise.

Ils s'installent dans la file des danseurs. Jane échange trois mots avec sa sœur sur son cavalier. Jane lui fait un sourire en coin avant de retourner son attention sur son prince charmant. Lizzie regarde autour d'elle comment sa famille se débrouille. Elle voit Charlotte qui se fait inviter à danser par l'un de leur voisin.

Ses deux plus jeunes sœur Lydia et Kitty sont elles aussi en piste, tout en haut, l'une avec un frère de Charlotte, l'autre avec un jeune voisin. Mary quant à elle est près des musiciens, toujours intéressée pour apprendre de nouveaux morceaux et prête à les relayer.

Lizzie regarde à nouveau son compagnon de danse. Il l'observe toujours. N'est-elle pas assez droite, pas assez jolie ? Certes, il a déjà fait référence à cet aspect, mais elle aurait pu croire qu'il lui aurait pardonné. Pourquoi a-t-il accepté la mise en scène de Sir Williams d'ailleurs ? Il aurait pu, non, il aurait dû lui dire de manière cordiale d'aller se faire voir. Après tout, Mr Darcy a déjà prouvé qu'il n'est pas contre le fait d'insulter les gens devant eux…

Lizzie cherche à comprendre comment il fonctionne, cet homme, et elle échoue. C'est pourtant son passe-temps favori.

« Vous allez rester silencieux encore longtemps ? »

Elle n'aime pas le silence. Du moins pas sur la piste de danse. C'est fait pour socialiser, pour rencontrer les gens, pour se montrer sous le meilleur jour. Et quoi qu'en dises sa mère, ce n'est pas quand elle est silencieuse qu'elle est sous son meilleur jour possible. Elle est fade.

« Vous parlez par obligation, ou parce que c'est dans votre nature, Miss Elizabeth ?

— Parce… Parce qu'il le faut. »

C'est trop loin de ce qu'elle a voulu dire. Cet homme lui fait perdre ses moyens, elle n'arrive pas à penser à ce qu'elle doit dire. Quand elle croise son regard, elle discerne seulement de la gravité.

Mais qui peut donc être grave à une soirée ! C'est pas un enterrement ! C'est une fête.

Lizzie pousse un soupir à peine caché.

« Vous êtes anormale, Miss Elizabeth. A quoi est donc du ce soupir ? Vous n'aimez pas danser ? Vu votre énergie, j'aurais cru le contraire.

— Si j'aime danser, mais…

— Vous préfériez danser avec quelqu'un d'autre ?

— Oh, non, ce n'est pas ça.

— Même pas avec le Colonel ?

— Le Colonel ? Non, non…

— En général, il a toujours beaucoup plus de succès que moi-même. Enfin, il n'a pas mon domaine… Je… Désolé, Miss Elizabeth, je n'avais pas à dire cela. »

Il arrête de parler, Lizzie lève un regard inquisiteur vers lui. Mais rien de plus ne vient. Elle relance faiblement la discussion sur des sujets sans importance et il lui répond simplement par des monosyllabes. A croire qu'il n'a pas envie de lui parler.

Elle ne comprend décidément rien à cet homme, si ce n'est qu'il est désagréable par nature.