Chapitre 1
Lucius laissa un soupir lui échapper quand il entendit son prénom crié à travers le manoir. Il ferma son livre et le posa sur le guéridon à côté de son fauteuil avant de se lever. S'il avait le malheur d'être assis quand son père allait entrer dans le salon, il allait en entendre parler pendant des lustres. Il croisa donc ses mains dans son dos et attendit. Il avait 28 ans et pourtant, il devait toujours se comporter comme un enfant dès qu'Abraxas se trouvait près de lui. Son père le traitait d'enfant mais c'était lui qui ne voulait pas le laisser grandir. Et pourtant, Lucius n'avait eu besoin de personne pour faire sa vie comme il l'entendait, ou presque. Après tout, alors que son père avait décidé avec les Black de le marier à Bellatrix, il avait réussi à épouser Narcissa, même si ça avait demandé de longues années de négociation. Abraxas entra dans la pièce et Lucius se retint de lever les yeux au ciel. Son père avait toujours cette démarche, cette façon de se tenir qui montrait sans erreur possible qu'il était certain de posséder le Monde.
— Que faisais-tu encore ? l'invectiva immédiatement l'homme. Sais-tu au moins où se trouve ton fils, ton héritier ?
— Avec sa mère.
— Et où est-elle ?
— Sûrement pas très loin. Souhaitez-vous que je la fasse quérir ?
— Elle est sortie. Salazar sait où, et visiblement certainement pas toi.
— Oh... Il doit bien découvrir le monde. Et puis, elle est sa mère.
Bon d'accord, cette affirmation était un léger mensonge, biologiquement parlant, mais mentir à son père ne lui avait jamais rien fait d'autre que du bien, alors pourquoi s'en priver ?
— Tu ne devrais pas la laisser sortir seule avec lui. Dois-je te rappeler qui est sa sœur ? Ce qu'elle a fait ? Et contrairement à Bellatrix, ta chère épouse n'a pas jugé utile de renier cette Traître à son sang en public.
— Plus vous gagnez en âge, plus vous vous emportez vite père. Vous devriez faire attention à votre santé.
— Ne joue pas à cela avec moi. Tu crois que je ne sais pas ce que tu fais quand tu crois que j'ai le dos tourné ? Je t'ai vu agir avec Draco. Sa mère l'attendrit déjà bien trop, tu es son père. Tu dois l'endurcir, pas lui lire des histoires. Des sottises qui plus est !
— En effet, dit Lucius pour couper court à la conversation. Vous avez raison, je m'en vais de ce pas chercher Narcissa et mon fils.
Il n'attendit pas et quitta la pièce rapidement, sans pour autant sembler se presser. Tout un art, mais un art que les Malfoy pratiquaient depuis des générations. Il monta à ses appartements puis se changea avant de transplaner dans une ville sorcière au nord de Londres. Une fois dans la ruelle qu'il connaissait si bien, il remonta sa capuche puis parcourut les rues sans se soucier de personne. Une fois devant une maison à l'allure modeste, il ne prit même pas la peine de toquer et entra, utilisant sa clef. Il s'était douté ne trouver personne, vu l'heure, aussi alla-t-il se préparer un thé avant de s'installer sur un fauteuil après avoir retiré sa robe de sorcier. Il attrapa un livre sur l'histoire juridique du monde magique dans la petite bibliothèque derrière lui puis commença sa lecture.
La porte d'entrée claqua soudain et bientôt, la personne vivant sous ce toit entra dans le salon.
— J'aime te trouver ici à mon retour, et plus encore si aucune visite n'était prévue.
— Si mon père demande, je suis à la recherche de Narcissa et notre fils, dit Lucius sans quitter son livre des yeux, l'ombre d'un sourire aux lèvres.
— Bien, je n'hésiterai pas à répondre à ce cher Abraxas que son fils cherche sa femme et son fils. Que lis-tu pour ne même pas venir m'accueillir d'un baiser ? demanda l'homme en venant jusqu'à lui pour poser la main sur son épaule. Oh… l'histoire juridique ? Cherches-tu un moyen pour faire enfermer ton père et nous laisser ainsi vivre plus librement ? sourit Fenrir avant de simplement l'embrasser chastement.
— C'est une idée intéressante, mais non. Je compte sur lui pour s'étrangler avec un os de poulet avant la fin de l'année. Pour le reste, il faut bien que je m'occupe en t'attendant. J'ai préparé du thé si tu en veux, annonça-t-il en posant son livre pour l'attirer à lui. Tu as passé une agréable journée ?
— Assez bonne, je dois l'avouer. Patiente une minute, je vais aller me servir ce thé qui me donne envie.
L'homme s'écarta et alla dans sa cuisine, se servant un thé. Mais il en profita aussi pour sortir d'un meuble une fournée de biscuit que lui avait préparé Lorine, une femme très sympathique qui faisait partie de sa meute. Il retourna au salon et alla sur le canapé, tapotant la place à ses côtés afin que Lucius le rejoigne. Cet homme qui avait su le séduire. Ce jeune homme d'ailleurs, parce que tout était si lointain. Et pourtant, le loup ne cessait de sentir son cœur battre pour le blond qui lui avait offert la plus belle chose au monde : un fils. Certes, ce dernier ne le connaissait pas comme il le devrait, et ils ne vivaient pas ensemble. Ils ne s'affichaient même pas. Mais Fenrir était patient, très patient et il ne doutait pas qu'un jour, Lucius, Draco et lui pourraient vivre en famille, dussent-ils tuer chaque sorcier d'Angleterre pour y arriver. Hormis Abraxas Malfoy. Il n'était pas suicidaire. Lucius le rejoignit et poussa le vice jusqu'à s'allonger et poser sa tête sur les genoux du loup garou. Depuis toujours, il devait agir de manière impeccable en public alors depuis toujours ou presque, il agissait comme il le souhaitait en privé. Même si cette manie d'oublier toute règle de bienséance n'avait réellement débuté qu'à Poudlard.
— Penses-tu pouvoir dîner en ma compagnie ? souffla Fenrir en commençant à caresser les cheveux blond.
— Oui. Si Narcissa rentre avant moi, elle trouvera un moyen de me couvrir. Que comptes-tu préparer ? Au fait, mon père part bientôt en voyage, tu pourras alors passer au manoir comme il te chante.
— Je peux préparer un rôti avec une purée et des légumes. Je peux aussi nous faire un parmentier. Comme cela te plaît. Et nous pourrions essayer de faire venir Narcissa et Draco ici.
— Ça bouleverse un peu mes plans pour le dessert mais pourquoi pas. Je vais le lui proposer.
— Nous pouvons aussi prendre le dessert avant de manger. Histoire de profiter du temps qui nous est offert, ne penses-tu pas ? sourit Fenrir.
— C'est une bonne idée. Je passe un appel de cheminette à Narcissa et je te rejoins.
Face à cette phrase, le loup-garou proche de la trentaine, très porche même, vu qu'il avait vingt-neuf ans, se leva et monta à l'étage tout en commençant à déboutonner sa chemise. Il se regarda dans le miroir et se passa la main dans les mèches qui étaient un rien désordonnées. Lucius et lui, c'était une longue amitié qui avait débuté à leur entrée à Poudlard, étant tout deux envoyés à Serpentard. Lucius était si éduqué, si vif d'esprit, tout en sachant le faire rire. Il ne regrettait en rien l'évolution de leur relation lors de leur sixième année. Repensant à tout ça, Fenrir s'installa sur le lit et enleva ses chaussures. Le loup se pinça soudain les lèvres, se disant qu'il n'aurait pas dû oublier de prendre les biscuits mais il resta tout de même allongé et attendit le retour de Lucius.
Ce dernier ne tarda pas à le rejoindre et retira sa chemise et ses chaussures avant de s'installer sur lui a califourchon.
— Ils seront là dans une petite heure.
— Ce qui nous laisse peu de temps, affirma Fenrir. Très peu de temps, répéta-t-il.
— Alors arrête d'en perdre en parlant, le taquina Lucius en plaquant sa bouche sur la sienne puis en commençant à glisser ses mains sur son torse.
Le loup se laissa porter et quand enfin leur corps s'unirent, il laissa pleinement la bête en lui s'exprimer. Il gémit, grogna tout en donnant toute son énergie à procurer du plaisir au blond. Quand enfin, ils jouirent tous les deux, Fenrir posa sa joue sur celle de sa moitié, légèrement couverte de sueur et murmura :
— Cela est clairement mon dessert préféré.
— Moi aussi... Je suis impatient que mon père me laisse jouir de son absence. Littéralement, sourit Lucius en glissant sa langue hors de sa bouche pour effleurer les lèvres de son amant.
— Tu es bien gourmand aujourd'hui, rit Fenrir avant de l'embrasser à pleine bouche.
— Pas plus que d'habitude. Mais ça fait longtemps que nous n'avons pas passé la nuit ensemble, ça me manque.
— A moi aussi. Penses-tu que tu pourrais dire que tu as un voyage d'affaire ?
— Quand ?
— Au plus vite. J'aimerais que nous puissions passer au moins une journée et une nuit entière ensemble. Ah comme Poudlard me manque, avoua Fenrir en regardant le plafond.
Tout était si facile là-bas. Maintenant que les années d'études étaient finies, il devait avouer que tout s'était bousculé pour ensuite devenir un rien plus paisible.
— Je ferai au mieux. Il serait capable de me faire suivre.
— Je le déteste cet homme.
— Nous sommes deux. Je vais essayer de presser son départ, souffla le blond en passant paresseusement ses mains dans son dos. Grey ?
— Hum ?
— Moi aussi.
Cette simple phrase créa un sourire sur les lèvres de Fenrir, qui commença à embrasser le cou de Lucius, doucement, prenant son temps. Alors qu'en réalité, il n'en avait jamais assez. Sa bouche dévia vers le reste de peau pâle et quand il frôla la marque des ténèbres à peine visible, il sourit encore plus. Il serait patient. Même si c'était dur, même si son fils lui manquait, même si Lucius lui manquait, Fenrir serait patient. Parce que le bonheur qui en résulterait valait le coup.
— Parfois, fit soudain le loup en posant la tête sur le torse de l'autre homme, je me demande ce que tu peux me trouver. Je suis beau, intelligent, et j'ai une force bien plus puissante que le sorcier lambda. Je t'ai donné un fils magnifique, et d'après ce que je comprends, tu aimes mes desserts.
— Visiblement, pouffa Lucius, tu sais exactement ce que je peux bien te trouver.
— Intelligent, j'ai dit. Il nous reste combien de temps ?
— Une trentaine de minutes je pense. Narcissa sait ce que nous sommes en train de faire, elle nous laissera sûrement un peu plus de temps que prévu.
Le loup surplomba le blond, et commença à lui poser des questions sur ce qu'il avait fait ces derniers jours, tout en déposant des baisers de plus en plus enflammés sur la peau offerte. Il voulait profiter de Lucius, mais il souhaitait aussi passer du temps avec Draco. Ce prénom, à chaque fois qu'il y pensait, le prononçait ou l'entendant, ça créait en lui une vague de contentement. Jamais il n'aurait cru être le père d'un enfant aussi magnifique.
Lucius se laissait faire avec contentement. Il avait toujours aimé le côté sauvage de Fenrir, et sauvage, il l'était. Mais il savait aussi se montrer doux, sensible ou froid s'il le fallait. En fait, Grey était un peu comme lui, il faisait ce qu'il fallait pour sauver les apparences et se garder loin des problèmes. Ce qui était un peu compliqué quand on avait donné serment à un Mage Noir légèrement mégalomane. Ce dernier était mort l'année précédente mais Lucius ne pouvait que se méfier de cette soudaine disparition, surtout quand on savait qu'il avait été vaincu par un enfant d'à peine un an.
Au moment où Fenrir atteignit l'apogée du plaisir, veillant à ce que sa moitié en fasse de même, il se laissa aller contre le corps, enfouissant la tête contre le cou. Sa respiration était laborieuse, mais il aimait ça. Tout comme il sentait et savait que Lucius aimait ça également.
Ce dernier ferma les yeux tout en serrant l'autre homme contre lui. Ils étaient ensemble depuis douze ans. Douze ans. Ça paraissait tellement long et en même temps, il avait l'impression que c'était la veille qu'ils se jetaient sur l'autre pour la première fois. Alors qu'il embrassait le cou de Grey, ils purent entendre de légers coups être frappés à la porte. Reconnaissant là la grâce de Narcissa, Lucius embrassa Fenrir avant de se lever.
— Je vais ouvrir, fit-il à celui-ci en s'habillant. Fais-toi propre, tu pues le sexe, et moi.
— Je ne peux qu'obéir, de toute façon, marmonna Fenrir en se rendant rapidement à la salle de bains.
Il eut pourtant un regain d'énergie en sachant que Draco était là. Il se hâta donc de se placer sous le jet d'eau chaude pour se savonner. Une fois fini, il enroula son bassin d'une longue serviette et se regarda dans le miroir. Se rappelant que son fils avait la peau irritée dès qu'il l'embrassait avec sa barbe, il se rasa de bonne grâce, et se sécha rapidement pour enfiler des vêtements. Au moment où il entra dans le son salon, il sourit à Narcissa qu'il alla embrasser, puis à Draco qui était dans les bras de son père.
— Draco, souffla Fenrir en déposant ses lèvres sur la joue du petit.
— Grey ! sourit le petit en tendant les bras vers lui.
Il ne perdit pas de temps et prit l'enfant dans ses bras, l'embrassant une fois de plus. Son regard croisa celui de Lucius et il put sentir de nouveau les regrets de l'homme, alors il lui sourit et secoua la tête, lui faisant comprendre qu'il ne lui en voulait pas.
— Narcissa, que puis-je t'offrir à boire ? proposa Fenrir.
— Un thé s'il te plait, sourit la jeune femme.
— Je m'en occupe, fit Lucius. Méfies-toi plutôt de ton fils, il a méchamment tendance à tirer sur nos lèvres en ce moment. Je sens que lui apprendre les bonnes manières va être… intéressant. Un défi que tu te feras un plaisir de relever Narcissa, à n'en pas douter.
— Tu tires sur les lèvres toi ? demanda Fenrir au petit toujours dans ses bras.
Draco sourit, ses yeux gris brillants et s'empressa de lui montrer en tirant sur ses lèvres. L'homme n'eut pas mal, à peine une démangeaison, mais cela ne l'empêcha pas de feindre d'être blessé, ce qui fit soudain froncer les sourcils du petit. Le loup rit alors, avant de chatouiller l'enfant qui gesticula dans ses bras. Il poussa le vice à faire pendouiller son fils en le tenant par sa cheville et Draco tendit les bras vers Narcissa.
— Hum… Dois-je réellement te laisser être sauvé ? sourit plus encore Fenrir.
Le petit garçon releva soudainement des yeux larmoyants vers lui alors que sa lèvre inférieure tremblait.
— Oh, sale petit…, commença le loup, avant de simplement reprendre son fils dans ses bras. On dit quoi, hum ? demanda-t-il en prenant place sur le canapé.
— Si te plaît ?
— Non, rit Fenrir pour de bon, tout comme Narcissa. Oh Lucius, le petit va nous rendre complètement fou. On dit merci. Mais tu as raison, le dire trop souvent, ce n'est pas bon.
— Greyback, le gronda gentiment la femme de sa moitié.
— Quoi ? N'ai-je pas raison ?
— Totalement, affirma Lucius en les rejoignant avec les boissons. Pour être un bon Malfoy, on ne dit ni merci, ni s'il te plaît, à moins d'y être réellement obligé.
— Mais à moi, tu peux dire tout ce que tu veux Draco, murmura Fenrir à l'oreille de son fils. Par contre, tu peux dire à Severus qu'il a les cheveux gras dès que tu le vois.
— Grey, fit semblant de le réprimander Lucius. Laisse donc ce pauvre Severus tranquille.
— Grey ! répéta Draco en tapant dans ses mains. Grey, Grey !
L'homme se contenta de frotter les cheveux du plus jeune, tout en souriant. Il était fier de son garçon. Ce petit bout d'homme qui allait faire de grande chose. Certes, il allait être un parfait petit Malfoy en public, comme l'était Lucius, mais il savait aussi que dans le privé, son fils le rendrait fier. Parfois, il désirait que le garçon dorme chez lui, mais tant que le grand-père vivait, c'était juste impossible. Fenrir était tenté parfois, de demander à l'un de ses loups de tuer l'homme. Mais c'était trop risqué et il ne pouvait pas demander ça à l'un des siens. Déjà que pendant la guerre, certains n'avaient pu échapper à devoir prendre la vie de certains moldus, alors là… un Sang-Pur, il doutait que ses bêtas lui soient aussi fidèles. Hormis les plus jeunes, il se méfiait malgré tout de ceux qui seraient assez tenté de lui prendre sa place. Il repensa à l'instant au petit Nicolas, qu'il avait mordu en dernier. L'enfant n'avait que quatre ans et déjà sous leurs responsabilités. Tout avait été encore de travers. Il était rentré dans la maison, sans faire de bruit et avait rapidement planté ses dents dans la chair si tendre, mais un sort avait frôlé son corps et Fenrir n'avait pas eut d'autres choix que de tuer le père qui ne faisait que défendre son fils. Seulement, il ne le défendait pas, il le condamnait à une mort plus certaine que sa morsure. L'odeur de mort qui émanait de l'enfant ne le trompant pas. Le transformer lui permettrait de combattre cette chose qui le tuait. Parfois, il pensait même mordre Lucius et son fils, avant de ce souvenir que le blond ne désirait pas devenir un loup.
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La nuit était tombée et son lit, une fois de plus vide et froid, Fenrir était sorti pour rendre visite à sa meute. Il faisait attention à leur bien-être et évitait aussi qu'ils attirent l'attention. En quatre ans, il avait dû changer d'endroit trois fois. Ce qui n'était pas spécialement bon. En début d'après-midi, il était passé au manoir afin de saluer sa moitié et le reste de sa famille. Parce que pour le loup-garou, Narcissa en faisait partie. C'était la seule personne au courant de leur histoire, et ce depuis Poudlard. C'était la meilleure amie de Lucius et elle s'occupait très bien de Draco, plus important à ses yeux. Toujours était-il qu'il était passé au manoir mais avait bien dû se décider à en repartir, sa moitié n'étant pas toujours pas orphelin de père. Parfois, Fenrir souhaitait qu'une autre guerre éclate et que l'homme meure tout simplement. Las de ses pensées vagabondes, le loup entra dans la première taverne qu'il croisa et prit place au bar, commandant un verre quelconque. Il ne lui fallut que quelques minutes pour sentir l'odeur si reconnaissable d'un de ses loups. Il balaya la pièce de ses yeux et s'arrêta sur une silhouette frêle assise à une table reculée. Alors quand le barman le servit, Fenrir se leva et n'hésita pas à prendre place devant l'homme.
— Mais qui vois-je, sourit-il.
— Que fais-tu ici ? se méfia Remus Lupin. Personne à égorger ?
— Justement, tu fais bien d'en parler. Je reviens de chez ma victime, affirma-t-il avant de boire une gorgée de sa boisson. Et toi ? Toujours en conflit avec ton moi intérieur ?
— Va voir plus loin si j'y suis. Il y a certainement un pauvre enfant innocent à mordre quelque part. Parait que tu en as fait ton loisir principal.
— Je suis choqué, je ne savais pas que le grand Remus Lupin écoutait les rumeurs. Écoute, tu me fatigues. Quand vas-tu accepté de faire partie de ma meute ? Tu es… une loque. Soit un homme et accepte-toi.
— Que je m'accepte ? Je ne suis pas né ainsi, je n'ai rien à accepter.
— Tu as une chance d'être meilleur que les autres. Tu es plus fort, puis rapide, plus puissant. Et tu pleures presque sur ton ancienne normalité ? Lupin, même ton nom de famille crie à la face du monde ce que tu es. Je t'ai fait un très beau cadeau, si on y réfléchit bien.
— J'ai beau y réfléchir, je ne vois pas où est le cadeau. Ma vie est un enfer à cause de toi.
— Non, si elle l'est, c'est à cause de toi seul. Tu devrais accepter ce que tu es, me rejoindre. Et là, tu comprendrais que nous sommes ce qu'il y a de mieux. Crois-moi.
— Et en quoi ? Pourquoi toi, le sanguinaire, tu serais mieux que moi ?
— Manges-tu à ta faim ? Et je ne parle même pas de ce combat qu'il y a entre lui et toi. Tu dois souffrir plus que tu ne le devrais. Par contre, je ne perdrais pas de temps à parler de mon côté sanguinaire. Rejoins-moi, et tu connaîtras peut-être les raisons.
— Parce que soudainement, moi aussi je me mettrais à tuer des gens sans raison ?
— Tu es bien un Gryffondor, sans cervelle. Je suis navré pour toi, vraiment.
Fenrir termina son verre et sourit de toutes ses dents, avant de se lever.
— Si un jour tu changes d'avis, tu sais où me trouver.
— C'est ça.
Il quitta la table, alla payer sa consommation avant de sortir de l'établissement. Fenrir décida alors de rentrer chez lui, marchant un long moment, avant de tout simplement transplaner. Comme chaque jour, il se posa sur l'un des fauteuils, regardant les flammes danser dans la cheminée, avant de monter. Il s'installa sur son lit, encore habillé et tendit vers sa table de nuit. Il en sortit un bout de tissu qu'il renifla tout en se plaçant sur le flanc. C'était l'un des premiers pyjamas de son fils, la seule chose qui l'aidait à ne pas perdre l'esprit. Pas qu'il soit fou, mais être loin des gens qu'il aimait était très dur, surtout quand des abrutis le traitait de sanguinaire. Oui, il avait déjà tué des gens, mais rarement des enfants et c'était toujours des accidents. Il leur sauvait la vie de toute manière, alors qu'il n'était pas le coupable de leur mort. Mais seulement, pour la plupart des sorciers, c'était ce qu'il était : un tueur d'enfant.
Après plusieurs minutes, il finit pourtant par ranger l'habit puis filer prendre une douche. Au moment où il revint au lit, il se glissa sous les couvertures et regarda le plafond. Lucius lui manquait, mais c'était quelque chose d'habituel. Ils étaient ensemble depuis des lustres maintenant, et cela ne devrait plus le toucher autant, mais c'était le cas. Il ne mentirait pas s'il affirmait que les meilleurs années de sa vie jusqu'à maintenant, étaient celle où il était élève à Poudlard. Maintenant, il passait le plus clair de son temps à se languir de voir son fils, même si en étant le parrain du petit officiellement, il pouvait lui rendre visite régulièrement. D'ailleurs, il arrivait à peine retenir son côté sanguinaire quand il entendait des gens sur son passage critiquer Lucius de l'avoir choisi lui, un monstre. Le plus souvent, il laissait passer, mais parfois, il attendait et tuait la personne qui osait proférer de telles choses sur lui et sa moitié. Il ne souhaitait pas aller à Azkaban, et avait réussi à l'éviter depuis quelques années, tuant sans l'aide de la magie. Quand Voldemort avait été là, il avait risqué d'y aller, mais à ce moment là, il n'y avait pas encore eu Draco. Si une chose pareille arrivait aujourd'hui, Fenrir ne savait honnêtement pas s'il ne perdrait pas la tête et tuerait quiconque serait sur son passage avant de prendre son fils et Lucius pour fuir loin, même s'ils devraient fuir toute leur vie.
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Lucius pénétra dans le salon du manoir et sourit en trouvant Fenrir assis au sol avec Draco tandis que Narcissa les observait de son fauteuil, visiblement très amusée.
— Je vois que quand le chat n'est pas là, les souris dansent, fit-il remarquer en se débarrassant de sa robe pour la confier à un Elfe de maison. Vous avez bien raison, j'espère qu'il se fera dévorer par une méchante bête.
Il s'assit dans le fauteuil près de lui et s'affala littéralement dessus. Ce n'était pas digne d'un Malfoy, ce qui rendait la chose encore plus agréable. Les jambes sur l'un des accoudoirs et la tête appuyé sur l'autre, il observa les tapisseries au plafond en essayant de calculer combien de temps de vie il pouvait rester à son paternel. Ce dernier lui gâchait la vie depuis des dizaines d'années et n'avait visiblement pas prévu de s'arrêter. Abraxas était parti quelques heures plus tôt pour la Roumanie et il avait insisté pour venir observer Lucius au Ministère, puis pour que ce dernier l'accompagne. Et à chaque minute de leur temps passer ensemble, son père n'avait eu de cesse de le reprendre, le réprimander ou le critiquer sur tout et n'importe quoi. Encore un peu et la couleur de ses cheveux y serait passé, alors qu'ils ont exactement la même. Une fois enfin débarrassé d'Abraxas, il avait crû pouvoir être tranquille mais non, soudainement, tout le monde ou presque avait eu besoin de lui poser des questions. Croyaient-ils réellement qu'il connaissait les réponses ? Dans le fond, ils devaient bien s'en moquer car ce n'était pas la première fois qu'il disait ce qu'il voulait bien et personne ne lui avait jamais reproché ses informations erronées. Enfin, le bon côté à tout cela était tout de même les trois semaines de tranquillité sans son père, -ou presque, puisque ce dernier allait forcément lui écrire-, mais avec Fenrir. D'ailleurs, ce dernier allait passer la nuit dans son lit, et ce dès ce soir. En réalité, ce n'était pas vraiment son lit mais ça ferait tout aussi bien l'affaire. Il avait pris l'habitude de dormir avec Narcissa, ce qui les empêchait de se sentir trop seuls, alors quand Grey venait passer une nuit ou qu'ils avaient besoin d'intimité, ils se rendaient dans la chambre attenante à celle de Draco, celle dans laquelle Lucius avait passé son adolescence.
— Autant profiter de ce qu'il nous est offert. J'ai l'impression qu'il grandit toujours plus quand je ne le vois pas. Je devrais le kidnapper et demander comme rançon ta présence à mes côtés. Crois-tu que ton père paierait ?
— Malheureusement, j'en doute. Nous pourrions toujours essayer cependant. Vous avez passé une bonne journée ?
— Très bonne. Nous avons même fait une sieste rien que tous les deux.
D'ailleurs, c'était l'un des meilleurs moments qu'il avait passé avec Draco depuis la naissance de ce dernier. Le sentir contre lui, endormi, sentant son odeur apaisante. Et puis, ainsi, pas d'yeux larmoyants, ni de lèvres faussement tremblantes comme savait si bien le faire leur fils.
— Oh, c'est bien, sourit le blond en tournant la tête vers eux. Nous pourrions t'embaucher comme nourrice à mi-temps.
— Et perdre la magnifique image de moi que les gens ont ? sourit Fenrir. Où dois-je signer ?
— Nulle part, le poste est à toi. Pour un salaire, il se fera en nature s'il doit se faire.
— Très bon à savoir. Tu entends ça Narcissa, je serais payé en nature. Penses-tu que ce serait avec de délicieuses mignardises ?
— Je pense que ce serait possible, mais je suis à peu certaine qu'il avait autre chose en tête. Si le monde extérieur apprenait qui sont réellement Lucius Malfoy et Fenrir Greyback, il cesserait certainement de tourner, s'amusa la jeune femme.
— D'où le fait que nous le cachons. Afin de sauver le monde, rit le loup, avant de faire semblant de mordre son fils. Oh toi, je vais te manger tout cru.
— Nooooon, cria l'enfant, faussement effrayé. Papa sauve-moi, ajouta-t-il en sautant sur le ventre de Lucius qui manqua s'étouffer.
— Ton fils va finir par me tuer, marmonna-t-il en s'assurant tout de même que ce dernier ne tombe pas.
— J'espère que non.
Fenrir se releva et poussa les jambes de Lucius afin de s'installer autant qu'il le put, étant tout de même de carrure large. Draco fit semblant d'enfouir son visage contre le torse de son père et le loup sourit, commençant à tirer sur la cheville du petit garçon.
— Tu oses avoir peur de ton parrain ? Je suis offusqué là !
Draco releva la tête vers lui sans décrocher ses petites mains de la chemise de son père et l'enfant fronça les sourcils jusqu'à ce que Lucius explique :
— Offusqué, c'est être blessé.
— Hum, parfois j'oublie qu'il n'a même pas deux ans. D'ailleurs, c'est une bonne chose, vu tout ce qu'on laisse échapper.
— … Oui. Il va falloir commencer à faire attention à ce que nous disons jusqu'à ce qu'il soit en âge de comprendre.
— Au fait, on a fait appel à moi pour un petit boulot. Je vais sûrement partir un jour ou deux. Une dette qu'un type ne règle pas dans les délais.
— Quand ça ? le questionna Lucius en haussant un sourcil.
— En toute logique, dans les jours à venir. Mais je vais repousser jusqu'au retour de ton père.
— Bien. Tu n'accepteras rien d'ici là, n'est-ce pas ?
— Bien entendu, pour qui me prends-tu ? demanda Fenrir légèrement blessé.
— Ne fait pas cette tête. C'est toi qui m'as presque annoncé ton départ imminent.
— Il allait de soi que c'était dès le retour d'Abraxas. Je ne compte pas perdre le temps qui nous est accordé.
Tout en disant ça, il s'allongea, se blottissant quelques secondes contre son fils et le blond.
— Très bien, je voulais m'en assurer. Te blesser n'était aucunement mon intention.
— Bien, fit Narcissa en se levant. Je propose que nous passions à table puis nous irons coucher notre petit Serpentard en herbe.
Fenrir se leva en premier et prit Draco dans ses bras, ce dernier tirant immédiatement sur sa lèvre. Il fit donc semblant de mordre la petite main et cela créa un rire chez son fils. Et par Morgane, qu'il aimait ce son.
Ils s'installèrent bientôt à table et laissèrent les elfes de maison les servir, discutant tranquillement de tout et de rien alors que Narcissa essayait d'empêcher Draco d'en mettre partout. Quand le repas se conclut, la jeune femme se leva en souriant :
— Je vous laisse vous occuper de lui pour la nuit. Je vais rejoindre une amie et profiter moi aussi de ma première nuit de liberté. Amusez-vous bien.
— Si tu tombes enceint, fait que ça soit un blond, rit Fenrir avant de boire une gorgée de son vin.
— J'ai dit une amie, au féminin. Je ne suis pas comme mon cher mari.
Le loup regarda immédiatement Lucius avec une pointe de jalousie, même s'il savait que le blond ne l'avait jamais trompé, tout comme lui. Narcissa rit, et quitta la pièce, non sans avoir embrassé Draco.
— Que dis-tu d'aller tout doucement rendre propre ce petit bout d'homme, avant de le mettre au lit avec une histoire de Dragon ? proposa-t-il à sa moitié.
— J'en dis que c'est une bonne idée. Je te laisse lui donner le bain, je vous regarderais de la porte. Et je te conseille de retirer tes vêtements si tu ne veux pas qu'ils finissent inondés.
Le loup-garou sourit et termina son verre, avant de se lever et de prendre son fils qui allait sur ses deux ans dans ses bras. Ensuite, les trois sorciers marchèrent jusqu'à la salle de bain du garçon et Fenrir le déshabilla, tout en essayant de faire parler le plus possible son fils. Certes, parfois, il avait du mal à comprendre, mais au visage de Lucius, lui aussi bloquait visiblement. Le bain se passa agréablement mais ayant suivi les conseils du blond, Fenrir avait retiré sa chemise, ce qui limitait les vêtements inondés. Avant de sortir Draco de son bain, le loup murmura quelque chose à son petit garçon et sans attendre, les deux prirent de l'eau et la lancèrent vers l'homme resté éloigner d'eux.
— Hey ! fit Lucius avant d'attraper sa baguette pour leur lancer un Aguamendi.
— Tu as vu ça Draco, Papa triche.
— Absolument pas. Vous êtes deux contre un. D'ailleurs Draco, j'attendais mieux de toi. Attaquer ton père, vraiment ?
Leur fils ne fit que rire à ça et Fenrir, voyant sa peau frissonner, le sortit de la baignoire et l'enveloppa dans une longue et douce serviette de bain. Il le frictionna, affectueusement, puis l'habilla quand le garçon fut bien sec. Sans attendre, Draco tira sur sa lèvre et cette fois, il le gronda un peu :
— Tu ne peux pas faire ça Draco.
Le garçon l'observa sans rien dire mais dès que Fenrir détourna la tête, il recommença.
— Lucius, j'en connais un qui va aller au lit sans aucune histoire, pas toi ?
— Non ! fit l'enfant. Papa, appela-t-il son père en tendant les bras vers lui.
— Non non, répliqua le blond. Tu t'excuses à Grey et tu vois avec lui.
Fenrir prit la direction de la chambre de son fils, alors que ce dernier restait silencieux. Et tranquille également. Plus de petit doigt pour tirer sur ses lèvres. C'était déjà un bon début. Quand le loup-garou mis au lit le petit, ce dernier s'accrocha à son cou et le regarda avec un sourire plaqué sur le visage :
— Pas d'excuse, pas d'histoire. Et rien ne me fera changer d'avis.
Certes, ça lui fendait le cœur, mais il était hors de question que son fils joue ainsi de lui, sans le respecter, même si à cet âge, pouvait-on réellement parler d'un manque de respect ? Fenrir était perdu à cet instant.
— ...Padon, souffla l'enfant après quelques secondes.
Il ne se retint pas et serra Draco contre lui, avant de le pousser un peu pour s'allonger à ses côtés.
— Donc, une histoire sur les Dragons, c'est ça ?
— Oui !
Et Fenrir s'y plia, racontant la vie de Marcus le Dragons royal. Lucius vint s'installer à leurs côtés et le loup, d'une main, caressait les cheveux de son fils, et de l'autre, serait celle de sa moitié. Après de longues minutes, Draco s'endormit et ils restèrent à le regarder un petit instant, avant de se lever. Fenrir borda alors son fils et l'embrassa sur le front, avant de murmurer :
— Je t'aime mon fils.
Il prit ensuite Lucius dans ses bras et ils quittèrent la chambre, l'un contre l'autre.
Une fois dans leur lit, ils se blottirent l'un contre l'autre et le blond commença à embrasser l'épaule de Grey. Ils passaient si peu de nuits ensemble... Il s'en voulait. Il s'en voulait d'imposer cela a Fenrir, de lui avoir retiré son fils, volé son rôle de père pour lui donner celui de parrain. Il était impatient de pouvoir dire la vérité à leur fils, même s'il savait qu'il fallait attendre qu'il soit plus mûr.
— J'aimerais avoir le pouvoir de stopper le temps. Te garder contre moi, comme ça, chuchota Fenrir.
— Peut-être qu'on pourra, un jour. Quand Draco sera plus grand et que nos décisions n'auront plus autant d'impact sur sa vie.
Le loup embrassa sa moitié, avant de simplement la tenir contre lui. Il aimait Lucius, il l'aimait, mais vivre séparé depuis toutes ces années l'attristait de plus en plus.
— Je vais essayer de trouver un moyen pour me débarrasser de mon père.
— Un jour, je suis certain que nous pourrons vivre ensemble. Certes, il y a de forte chance que notre fils soit grand et vive de son côté, se rendit compte Fenrir, mais nous serons enfin à deux.
— Oui. Tu crois que nous aurions pu, dû agir autrement ?
— Une partie de moi voudrait te dire, mais je ne pense pas. Pas avec le Mage Noir, pas avec ton père, pas avec tout ce qui nous entourait.
— Tu m'en tiens rigueur ?
— Non. Dès Poudlard, je savais que rien n'allait être simple. Mais tu sais ce que je ressens pour toi, tu sais que je tuerais pour toi. Ainsi que pour Draco. Alors c'est le plus important.
— Oui. Moi aussi. De toute façon, tu m'appartiens.
— Tout comme toi, tu m'appartiens.
— Ça me va.
— Est-ce que je te plais toujours autant ? demanda soudain Fenrir amusé.
— Non.
— Non ? fit le loup-garou surpris.
— Non. Tu me plais plus.
— Oh… J'aime mieux ça. Sache que toi aussi. Tu es de plus en plus séduisant avec les années qui passent.
— De toute façon, nous sommes beaux, nous le resterons. Et notre fils est magnifique. C'est dommage qu'on ne puisse pas lui faire un petit frère.
— Le regrettes-tu ?
— Un peu. Ça aurait permis à Draco de ne jamais se sentir seul. Et puis, j'aurais aimé avoir un mini toi.
— Lucius, chuchota soudain Fenrir en caressant les reins de l'homme, est-ce que tu serais prêt à remettre ça ? Parce que l'idée ne me déplait pas.
— Tu es sérieux ?
— Draco est la meilleure chose qui me soit arrivée. J'ai l'impression qu'il a prit la meilleure partie de moi. Et puis, il te ressemble tellement. Pourquoi n'en voudrais-je pas d'un second ? Mais laisse-moi tuer ton père. Enfin, pas personnellement, mais dès que tu seras enceint, laisse-moi le faire rejoindre ta mère. Je ferais très attention, ou je paierais quelqu'un qui paiera quelqu'un.
— Tu veux le porter ? le questionna Lucius, de plus en plus attiré par l'idée.
— Es-tu sûr de ton offre ? Parce que Draco n'a pas eu le gène, mais cela sera moins le cas si je le porte.
— Je ne sais pas. On fait quoi s'il te ressemble ? Est-ce que toi tu ne voudrais pas t'en occuper ? Je ne veux pas te priver de ton enfant une fois de plus
— Tu me laisserais m'en occuper ? Ne viens-tu pas de dire que tu aurais aimé que Draco ne sois pas seul ? Si je prends l'enfant à ma charge, certes, nous serions souvent ici, mais pour Draco, cela ne serait pas son frère ou sa sœur avant de longues années. Es-tu prêt à ça ?
— Oui. Ils seraient cousins jusqu'à leurs quoi... 9, 10 ans ? Ils pourront être là l'un pour l'autre même avant. Tu pourras nous le confier si tu dois t'absenter. Et puis... S'il est un loup, ça expliquerait pourquoi tu t'en occupes. Et s'il l'est de naissance, il sera comme toi. Pas de douleur. Et s'il ne l'est pas, tu pourras dire qu'il est ton fils. Ou ta fille. Nous pourrions vraiment faire ça. Tu pourrais être père aux yeux de tous toi aussi.
— Je ne vois aucune raison de refuser, sourit Fenrir.
Son cœur s'emballa et il embrassa langoureusement Lucius, se plaçant sur l'homme, avant d'intervertir leur position, encore et encore. Après de longues minutes où ils avaient commencé à caresser le corps de l'autre avec tendresse, le loup gémit :
— Une fille. Pour ma part, même si j'aime l'idée d'avoir un fils, j'aimerais une fille. Ma mère aurait adoré cette idée.
— Alors je vais te donner une fille. Comment tu voudrais l'appeler ? sourit le blond en se glissant entre ses jambes.
Il savait que c'était de la folie, et vraiment pas raisonnable, mais il en avait envie. Et il voulait rendre le sourire à Grey.
— Enora… ou Elisa. Quelque chose qui commence par "e", fit-il. Et toi ? Des idées, des envies ?
— Je ne sais pas. Je tâcherai de faire des propositions en E donc.
— Pour l'instant, cesse de parler et applique-toi à la tâche.
— Directif ?!
Fenrir ouvrit la bouche mais il le fit taire en le pénétrant sans attendre, souriant ensuite contre ses lèvres qu'il embrassait. Le loup ne sut pas si c'était l'idée qu'ils allaient tout faire pour avoir un second enfant, ou si c'était le fait qu'ils étaient au manoir, dans le même lit, mais le plaisir fut rapidement là, le laissant haletant et gémissant. Lucius se laissa tomber sur l'autre homme, repus.
— Tu penses quoi d'Eleanor ? souffla-t-il une minute plus tard.
— Là, je ne sais pas.
— D'accord... Tu n'auras qu'à choisir.
— Nous verrons si choix il doit y avoir, répondit Fenrir en se tournant sur le côté, emportant avec lui Lucius.
— Ça veut dire quoi ?
— Je n'ai pas envie de penser à un prénom sans bébé à l'horizon. Qui sait quand ça marchera ? Tu ne crois pas ? murmura le loup en passant sa main dans les mèches blondes. Tu es resplendissant après le sexe, un vrai appel à la luxure.
— Hm. Ce que je sais moi c'est que tu en as proposé deux, alors pardonne-moi d'avoir pensé que la discussion était ouverte.
— Non, c'est à moi de demander pardon. Je… C'est juste que j'aie réalisé que ça n'allait peut-être fonctionner tout de suite. Mais c'est un joli prénom, je te l'accorde.
— Hm. Oublie ça. Dormons plutôt, je dois me lever tôt demain.
— Tu m'en veux, n'est-ce pas ? souffla Fenrir tout en posant le menton sur l'épaule de sa moitié.
—...Non.
— J'en suis heureux alors, sourit légèrement le loup contre la peau pâle.
Il embrassa Lucius, avant de frotter son nez contre l'arête de la mâchoire de l'homme dans ses bras.
— C'est bien mieux d'être ici que seul dans mon lit. Je devrais envahir ta couche plus souvent. Chaque jour. Je pense devenir le prochain Mage Noir. Chaque personne qui sera contre notre amour, périra. Qu'en penses-tu ?
— Oui.
— Oui ? Est-ce là ta réponse au fait que je devienne un monstre sanguinaire ? Plus que je ne le suis, s'entend, rit le loup-garou.
— C'est ma réponse à tout ce que tu veux.
Face à cette déclaration, Fenrir resta sans voix, les yeux plongés dans ceux bleu-gris de l'homme qui donnait un sens à sa vie. Le temps se suspendit, laissant les deux hommes se regarder, un silence agréable les enveloppant. Lucius ne tarda pas à s'endormir, éreinté, et il fut réveillé quelques heures plus tard par un petit corps se glissant entre Greyback et lui. Voir le soi-disant monstre sanguinaire aux sens supposément aiguisés ne pas bouger d'un poil alors qu'ils recevaient presque des coups de pieds le fit lever les yeux au ciel.
— Draco ? souffla-t-il. Qu'est-ce que tu fais ?
— Maman pas là.
— Oh... d'accord. Dors.
Il n'en fallut pas plus au petit garçon pour s'endormir, mais Lucius n'y parvint pas. Il repensa alors à cette journée et un léger sourire étira ses lèvres. Il n'en voulait pas à Grey, il était simplement un peu déçu. Il avait laissé Fenrir choisir le prénom de Draco, il aurait pensé que lui pourrait choisir celui de leur second enfant. Mais bon, il n'hésiterait pas à le rappeler à l'autre homme. Ou alors il laisserait tomber. Après tout, Draco était un beau prénom, Grey avait bon goût. Son fils enfouit sa tête contre son torse et le blond se fit la réflexion qu'il aurait été préférable qu'ils soient habillés. Néanmoins, la fatigue reprit le dessus et l'emporta avant qu'il ait le temps de pousser cette réflexion.
.
.
La lune était haute dans le ciel, et Fenrir s'arrêta de marcher quelques secondes pour en contempler toute la beauté. Dès que cette affaire était réglée, il passerait rendre visite à Lucius avant de rentrer chez lui. L'homme qui l'accompagnait grogna qu'il n'avait pas que ça à faire et il sentit une sourde colère monter en lui, surtout que dernièrement, il ne fallait pas l'énerver. Il se rendit auprès du sorcier et l'agrippa par le col de sa robe, le faisait décoller du sol.
— Estime-toi heureux que je ne te réserve pas le même traitement qu'à celui de ton client, est-ce clair ?
— Oui oui, ne vous énervez pas, répondit l'autre en essayant de cacher qu'il tremblait.
Fenrir grogna, montra les dents qu'il sentait allongée sous l'astre plein. Cependant, ayant besoin d'argent, il reposa l'idiot au sol et ils reprirent leur marche vers la personne qu'il allait devoir convaincre que payer pour le lendemain, était une question de vie, ou de mort. Arrivés devant la maison le loup respira et ne sentant qu'une odeur dans le bâtiment, il entra sans cérémonie, défonçant la porte. Il monta à l'étage rapidement, alors qu'il percevait clairement la peur.
— Oh oui, nul doute qu'il paiera, souffla Fenrir avant de pénétrer dans la chambre de l'homme.
Là, il laissa son loup-garou montrer le bout de son nez, grognant et montrant les dents si pointues.
— Non non… prenez tout ce que vous voulez, mais… Ne me tuez pas.
— Bien. Tu dois une certaine somme à mon client. Paye-le demain, sinon, quand je reviendrais, je terminerais le travail.
Il fonça sur l'homme qui puait l'alcool et la transpiration. Il le balança contre un mur, faisant tomber un cadre. Sans réfléchir et sans un remord, il posa son pied sur le genou de l'homme et peu après, il put entendre un petit crac, lui montrant que la douleur devait être horrible. Ensuite, il agrippa le bras et le tordit avant de souffler, d'une voix froide, menaçante et terriblement rauque dû à son loup :
— Avant la tombée de la nuit, demain. Sinon, tu nourriras les vers.
— Oui, oui. Je le ferai, hurla presque l'ivrogne.
Il cassa le poignet du sorcier, puis quitta la maison et alla vers son client. Ce dernier déglutit assez bruyamment tout en lui tendant une bourse remplie de pièce. Fenrir la prit avant de grogner qu'il pouvait le contacter, comme à chaque fois. En même temps, l'homme assez connu pour tout ce qui était paris sur les matchs de Quidditch était souvent en demande de service de ce genre pour ces mauvais payeurs. Le loup-garou transplana et soupira en entendant les hurlements. Il se rendit vers la bâtisse et ouvrit la porte. Voir Julian se lancer presque sur lui le fit montrer les crocs, mais le loup face à lui fut arrêté par les lourdes chaînes qui le retenaient au mur.
— Du calme. Plus tu combattras la bête en toi, plus tu souffriras. Laisse-là t'envahir. Laisse-là ne faire qu'un avec toi et tu te sentiras nettement mieux.
— Je suis encore désolé Fenrir. Je…
— Hey, ça arrive à tout le monde de mordre par accident, expliqua-t-il à l'un de ses loups qui était installé sur une chaise dans un coin.
Il voyait bien que ce dernier avait accepté sa part animal, parce que son visage était plus poilu que d'ordinaire. Il avait mordu ce gamin alors qu'il était à peine âgé de 13 ans lors de sa dernière année à Poudlard, pendant les vacances de Noël. Il avait senti la lourde et mortelle maladie en lui, et avait profité que la pleine lune soit deux jours plus tard pour aller le transformer. Fenrir ne cesserait jamais de penser qu'un monde rempli de loup-garou, serait un monde parfait. Sans maladie, avec des hommes et des femmes plus résistants. Seulement, Raoul, n'était pas quelqu'un au tempérament facile. Il se bagarrait souvent, à tel point que l'adulte avait dû à plusieurs reprises lui mettre une bonne correction pour lui éviter e se faire remarquer par des Aurors. Julian, qui lui faisait penser à Lupin, était un dommage collatéral à une bagarre lors d'une pleine lune. Ce qui faisait que maintenant, il était sous la responsabilité de Fenrir.
— Laisse-le et va manger un bon bout de viande. Il ne t'écoutera pas et rester ne fera que l'énerver.
Raoul hocha la tête et Fenrir prit place sur la chaise occupée avant de rire. Rire comme un dément, ou comme un fou, mais cela eut le mérite de faire cesser le loup face à lui de vouloir l'attaquer.
— Petit avorton, tu vas m'écouter. Tu vas t'asseoir au sol et fermer les yeux. Et là, tu vas visualiser un champ à perte de vue. Rien autour de toi. Rien, hormis toi. De là, tu vas laisser le côté bestial en toi sortir et se libérer. Quand la lune se couchera, tu attendras qu'on vienne te libérer, sans crier, ni appeler à l'aide. De là, on te prépara un bon repas.
Pour seule réponse, le loup-garou face à lui feula, avant de tirer sur les chaînes. Fenrir grogna alors, cria même, son loup présent plus que jamais, et se leva. Il alla frapper au visage Julian qui sembla se calmer, au vu du petit couinement qu'il reçut en réponse. Et Fenrir fut content de voir que le loup écoutait enfin ses conseils en prenant place au sol. L'Alpha sortit alors de la maison et passa dire bonjour aux membres de sa meute, avant de simplement transplaner devant les grilles du manoir Malfoy. Un elfe fut rapidement là, afin de le guider jusqu'au petit salon où se trouvait Abraxas.
— Monsieur Malfoy. J'espère ne pas déranger, s'excusa-t-il en retirant sa veste qu'un elfe se hâta de prendre pour aller la ranger. Votre fils est-il présent ?
L'homme releva la tête vers lui et l'observa avant de dire simplement :
— Je me suis souvent demandé. Cette façon de suivre mon fils comme un chien, vient-elle de votre éducation ou de votre condition de loup-garou ?
— Ma condition de loup-garou, grogna-t-il presque. De toute manière, tout le monde sait que les Malfoy sont supérieurs, j'agis donc peut-être en chien parce que je suis conscient de mon infériorité.
— C'est fort probable. Lucius est à l'étage.
Fenrir hocha la tête et se dirigea vers l'étage, jetant un œil dans la bibliothèque, mais il n'y vit personne. Il opta alors pour se rendre la chambre du couple, frappant trois petits coups. Il aurait dû prévenir sa moitié qu'il passerait, il s'en voulait à l'instant de peut-être réveiller Narcissa.
— Abraxas, entendit-il Narcissa pester, nous dormons.
— Grand bien vous fasse ma chère, sourit le loup d'une voix rauque.
— Oh… Entre.
Il se fit un plaisir de le faire et alla directement prendre place sur l'un des deux fauteuils.
— Je me suis dit que passer était une bonne chose. Navré du dérangement, s'excusa-t-il à la femme. Lucius, j'aimerais un petit massage des épaules, rit Fenrir ensuite.
— Je dormais, souffla le blond en s'allongeant sur le ventre. Toi viens me masser plutôt.
— Lucius, Lucius, Lucius. C'est une des seuls nuits où tu ne devrais pas jouer ainsi avec moi, sourit Fenrir alors que Narcissa était visiblement amusée.
— Pourquoi ? marmonna l'homme. Tu vas me croquer ?
— Ne me tente pas. Et puis, il y a des choses qui ne se font pas devant les dames. Je ne traîne pas de toute façon, je suis juste passé te voir avant de rentrer chez moi.
Lucius se redressa si vite qu'il manqua se cogner et Narcissa se leva pour sortir après lui avoir sourit de manière indulgente.
— Tu pourrais rester.
— Ton père sait que je suis là, et le chien que je suis ferait donc mieux de rentrer dans sa tanière.
— De quoi est-ce que tu parles ? Je n'ai jamais rien dit de tel !
— Ton père, répondit-t-il. Et je sais que tu ne le penses pas, mais avec le bébé, la pleine lune et tout le reste, je préfère ne pas risquer de passer la nuit ici et d'aller l'égorger pendant son sommeil.
Fenrir se leva et alla rejoindre sa moitié sur le lit, se plaçant à moitié sur lui.
— Je suis certain que je pourrais t'occuper assez. Je pourrais m'occuper de toi… Est-ce que tu te sens bien ?
Le loup secoua la tête et ferma les yeux, alors que l'une de ses mains passait furtivement sur son ventre. Cinq mois qu'il attendait leur enfant et encore quatre mois à attendre. Novembre touchait à sa fin, ce qui signifiait également que les fêtes ne tarderaient pas. Fenrir était rempli d'émotion, le noyant, le déprimant même. Il avoua donc sans difficulté :
— Je suis rempli d'amertume, de colère et de tristesse. J'ai travaillé parce que la phase lunaire le voulait, mais j'aurais préféré rester dans mon lit et broyer du noir. Je ne pensais pas que mon état me transformerait comme ça. J'en veux à la terre entière pour la distance entre nous.
Le blond soupira et inversa leurs positions avant de s'installer sur ses cuisses et de remonter son haut pour aller embrasser et caresser son ventre.
— Qu'a fait Draco de sa journée ? murmura-t-il.
— Il a fait tourner mon père en bourrique. Ferme les yeux, détends-toi.
Le loup sourit face à cette réponse, et se détendit, à tel point de finir par s'endormir. Lucius le regarda quelques minutes, hésitant. Puis il se leva et enfila sa robe de nuit avant de descendre. Il demanda la veste de son invité au premier elfe qu'il croisa, arguant qu'il allait le raccompagner lui-même. Il fit ensuite semblant d'échanger quelques mots avec le loup, fit disparaître le manteau d'un sort puis passa voir son père pour lui demander s'il avait besoin de quoi que ce soit, n'oubliant pas de préciser au passage que Greyback était parti. Une fois de nouveau à l'étage, il rejoignit Narcissa qui lisait dans le petit salon.
— Il va passer la nuit ici, tu veux dormir avec nous ?
— Non, je vais vous laisser seuls cette fois.
— D'accord, merci. Pardon de te chasser de ton lit mais je me vois difficilement le porter. De toute façon, je suis certain que mon père sera ravi d'apprendre que je t'ai chassé du lit. Il pense que tu as une mauvaise influence.
— Ravie de l'apprendre. C'est un homme si dur et aigri, que je me demande encore comment tu as fait pour t'en sortir. Merlin seul sait ce que tu aurais pu devenir. La femme que j'aurais dû être.
— Heureusement pour nous tous, je ne tiens de personne de connu dans ma famille. Bonne nuit Narcissa, sourit-il en embrasant son front.
Il gagna ensuite sa chambre et déshabilla Grey avant d'en faire de même avec lui-même et de s'allonger contre l'homme à qui il commença à caresser les reins.
— Hm.
— Dors, je m'occupe de tout, murmura Lucius avant d'embrasser son cou.
Il continua de masser doucement son amant avant de simplement se blottir contre lui et s'endormir à son tour.
Quand Fenrir se réveilla alors que le soleil pointait à peine le bout de son nez, il se retourna et sourit en voyant Lucius si paisible. Il remarqua immédiatement l'absence de Narcissa et fut touché que leur amie ait dormi ailleurs. Il caressa la joue du blond, avant de lever les yeux au ciel face à la crampe qu'il ressentait. C'était comme quelque chose d'écrit dans le marbre. Chaque matin depuis environs trois semaine, il avait des crampes pendant quelques minutes au matin, avant que cela ne s'arrête comme c'était venu jusqu'au lendemain. Son amant se colla un peu plus contre lui et posa ses mains sur son ventre pour le masser.
— B'jour.
— Bonjour. Pas trop bien mis ? chuchota Fenrir en entremêlant leurs jambes.
— Non.
Le loup respira l'odeur de sa moitié, et ferma les yeux, comme apaisé.
— Oh, avant que je n'oublie. Je risque de tuer quelqu'un ce soir. Un mauvais payeur qui ne trouvera sûrement pas l'argent avant la tombée de la nuit.
— Oh. D'accord. Tu arrêterais un moment ?
— Oui, je pense. Au moins jusqu'à ce que notre enfant soit âgé de trois ou quatre ans. Mais j'aurais besoin d'argent à un moment et ton père risque de trouver louche que tu m'entretiennes.
— Laisse-moi m'occuper de lui, c'est mon problème. Je trouverai bien une solution. Arrête vite d'accord ? Avec le bébé… ce n'est pas sûr.
— Je sais. Mais je ne peux pas juste me retirer aussi facilement. Sans une bonne raison du moins.
— ...J'en trouverai une. Le poste de nounou pour Draco est toujours disponible. Quand le bébé sera né, tu viendras t'installer ici au moins quelques semaines. On pourra toujours l'expliquer en disant que tu étais perdu avec ce bébé, ou que c'était plus simple ainsi, nous trouverons.
— Oui, c'est une bonne idée et ça colle avec le fait que sa mère l'ait abandonné devant ma porte un soir. Une femme de passage, comme toutes celles que je croise. Tu as aussi besoin d'un homme de main. Je pourrais t'envoyer une ou deux lettres de menaces, sourit Fenrir en mordillant le cou sensible du blond.
— Oui, je pourrais t'embaucher comme homme de main personnel. Te faire vivre dans une dépendance… Bon, il faudra se débarrasser de mon père avant cela.
— Le bébé né, il ne restera pas longtemps en vie, je te l'ai dit avant même de commencer. Je ne compte pas vivre si éloigné de toi que pour Draco. Je suis fatigué. Ton père sera sous terre avant le premier jour de l'été.
— Bien, mais ne te place pas en situation de faiblesse pour lui.
— Je ne le ferais pas.
— Bien. Comment te sens-tu ?
— J'ai faim, mais je suis très bien là. Il ne manque que notre fils pour que je sois comblé. Notre fils et un plateau rempli de petites douceurs.
— Je peux t'avoir le premier mais si tu veux le deuxième en plus, sache que Draco va certainement tout dévorer avant que tu n'es une chance de tendre la main vers le plateau.
— Laisse-le encore dormir un peu. Je le verrais après.
— Bien.
Fenrir profita du moment, caressant la peau du blond du bout des doigts, avant de changer leur position pour être au dessus du corps.
— Je vais d'abord m'occuper de toi, parce que là, comme ça, tu me donnes envie de profiter pleinement de ce matin. Et ensuite, tu seras un gentleman en m'offrant ce plateau rempli de bonnes choses.
— J'accepte. Qu'entends-tu par t'occuper de moi ?
— Te faire l'amour, quelle question, sourit le loup-garou.
— C'est une idée intéressante…
— J'en étais sûr.
Il embrassa Lucius, passionnément, tout en laissant reposer son corps sur le sien. La journée s'annonçait plaisante, avec un tel réveil. Et rien ne pourrait la gâcher, il en était certain, pas même une fois que la nuit sera tombée.
