Disclaimer : Je ne fais aucun profit avec cette histoire et à part l'intrigue, rien ne m'appartient (et croyez-moi j'ai pourtant tout essayé...)
Couple : Harry/Derek
Warning : AU, Slash (BoyxBoy), lemon, scènes de torture, violence, mentions d'abus
Note d'auteur : Hey ! Voici donc le premier (vrai) chapitre de ma première fanfic ! *fière* Malheureusement le prologue et ce chapitre n'ont pas beaucoup d'action, juste beaucoup de blabla pour établir les bases de l'histoire. On apprend beaucoup ici sur le passé de Harry, ce qui l'a conduit à travailler aux États-Unis et ce qui fait de lui un Auror d'exception. J'ai toujours un peu peur de faire de Harry un personnage trop puissant, alors j'ai tendance à lui donner du pouvoir, avec un tas d'inconvénients en espérant que ça contrebalance le tout. Vous allez vite vous rendre compte que je suis très cruelle avec mes personnages (*petit rire sadique derrière l'écran qui fait trembler les pôvres personnages en question de peur*), j'aime bien les mettre dans des situations gênantes ou semblant sans espoir. On verra jusqu'où cette fanfic me mènera, mais sachez que j'apprécierai les reviews, dans la limite où elles sont polies et tout de même respectueuses de mon travail. Les reviews insultantes seront éliminées encore plus efficacement qu'avec un Avada Kedavra !
Now, enjoy the story =)
Celui qui dit un mensonge ne prévoit point le travail qu'il entreprend ; car il faudra qu'il en invente mille autres pour soutenir le premier. - Alexander Pope
Chapitre 1 : Passé, Présent & Futur
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États-Unis, Quantico, Virginie – Bureaux du FBI, division Auror – 11 janvier 2008
Harry James Potter, maintenant nommé Black, poussa un long soupir de désespoir. Il se serait bien frappé la tête sur son bureau s'il y avait assez d'espace non recouvert de dossiers. Même après neuf ans de carrière, Harry ne parvenait pas à se défaire de son aversion pour la paperasse.
"Si j'avais su, j'aurais refusé. Quand on me parlait d'Auror, je ne savais pas que j'allais encore être debout pour la contempler chaque matin."
"Oh ! Bébé Black a trop de travail ? Il veut peut-être que je lui donne son biberon et qu'il aille faire sa sieste bien au chaud ?"
"La ferme, Draco." Puis Harry gémit longuement. "Merlin, je suis même trop épuisé pour m'énerver contre toi. Remercie le ciel !" déclara-t-il en pointant un index accusateur vers le blond qui répondit par un sourire moqueur.
"Le ciel n'est en rien responsable, Black, juste ta propre paresse et l'administration du FBI."
"Rappelle-moi comment ça se fait qu'on est amis ?"
Draco haussa des épaules, prudemment neutre. Exactement le genre de réponse auquel s'attendait Harry. Ils ne parlaient jamais des circonstances qui les avaient rapprochés, ni la raison pour laquelle ils se nommaient tous les deux à présent Black. C'était comme masser du sel sur de vieilles blessures : même si elles s'étaient cicatrisées, elles faisaient encore foutrement souffrir.
Harry, ravi d'avoir gagné cette manche et clapé le bec de son ex-ennemi-maintenant-ami-malheureusement-le-plus-proche, se replongea dans ses dossiers, déterminé à avoir assez de place pour pouvoir au moins poser une tasse de café. Le jeune homme se plaignait, mais il adorait son boulot. Il adorait travailler au FBI comme Auror, être au service des gens et protéger aussi bien les Moldus que les Sorciers. Malgré les années, il n'avait jamais réussi à se débarrasser de son complexe du héros et si cela lui avait causé des problèmes sur le terrain, ça lui donnait la volonté de continuer.
Il se prit à penser aux circonstances qui le poussèrent en Amérique. À la mort de Sirius, Harry avait été dévasté. La culpabilité le rongeait à petit feu et il était devenu l'ombre de lui-même. Il se répétait sans cesse "Si j'avais suivi mes leçons d'Occlumancie… Si j'avais écouté avant d'agir… Si je n'avais pas provoqué Bellatrix… Si… Si…". La colère qu'il ressentait à l'encontre de Dumbledore quand il avait découvert la prophétie était la seule émotion qu'il démontrait en dehors du deuil. Celui qu'il avait toujours considéré comme son grand-père l'avait manipulé depuis sa plus tendre enfance. Il l'avait confié à des Moldus détestant la magie pour qu'il soit plus réceptif aux conseils qu'il recevrait du Directeur. Confronté à cette révélation, Harry s'était penché sur l'implication de Dumbledore à travers les 'accidents' qui s'étaient produits durant sa scolarité. Et il n'aimait pas ce qu'il constatait. Face à cette trahison, la seule personne à qui il semblait pouvoir faire confiance était Remus.
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FLASHBACK
"Harry ? C'est toi qui m'as envoyé ce hibou ?"
"J'ai besoin d'aide, Remus. Je ne peux plus faire confiance à Dumbledore. Avec la mort de Sirius, tu –" Harry avala péniblement sa salive. Il se sentait indigne de prononcer le nom de son parrain, alors qu'il était le responsable de sa mort. "Avec sa mort, tu es le seul adulte à qui je peux demander de l'aide."
"Moi ? Mais– Pourquoi tu– Pourquoi ne fais-tu pas confiance à Dumbledore ?"
Harry lui parla de tous ses doutes sur ce qui s'étaient passés durant toutes ses années. Pourquoi Dumbledore n'avait-il pas déplacé la pierre de Nicholas Flamel à partir du moment où il savait que Voldemort la recherchait ? Pourquoi ne pas l'avoir détruite plus tôt ? Comment Fumseck avait-il trouvé Harry dans la Chambre des Secrets ? Pourquoi n'avait-il pas aidé Sirius après avoir découvert son innocence ? Aidé Harry lors du Tournoi des Trois Sorciers ? Lui avouer la prophétie qui les destinaient lui et Voldemort à une destruction mutuelle inévitable ? POURQUOI ?
Remus resta silencieux pendant un moment, emmagasinant les informations que venait de lui prodiguer le seul louveteau qu'il restait de sa meute de coeur. Avec James, Lily et Sirius mort, lui et Harry en étaient les derniers membres, et le loup-garou refusait de se détourner de son louveteau. Remus tenta tout de même de comprendre Harry.
"Pourquoi ne pas te tourner vers Ron ou Hermione ?"
Harry secoua doucement de la tête.
"Ils ne comprendraient pas. Ils sont encore trop jeunes pour voir dans le jeu de Dumbledore, Hermione lui est loyale et Ron a sa famille qui chante les louanges de chacun de ses reniflements," termina-t-il dans un marmonnement amer.
Remus ne put s'empêcher de rire, mais contempla Harry d'un air désapprobateur face à son attitude irrespectueuse.
"Et qu'est-ce que tu comptes faire, Harry ? Personne en Angleterre n'oserait faire face à Dumbledore ou Voldemort, même pour le Garçon-Qui-A-Survécu."
"Personne en Angleterre, oui. C'est pour ça que nous partons pour les États-Unis," dit Harry avec l'ombre d'un sourire devant la surprise du loup-garou. "J'y ai habité durant mon enfance avec les Dursley."
"Je croyais que tu avais toujours habité en Angleterre" avoua Remus.
"Laisse-moi deviner : Dumbledore ?" Le visage du loup-garou valait toutes les réponses. "Apparemment mes parents m'ont obtenu la citoyenneté américaine et anglaise, parce qu'à l'époque Oncle Vernon travaillait à Las Vegas, et que s'il arrivait quelque chose à Sirius, Tante Pétunia obtiendrait ma garde…"
"Comment cela se fait-il qu'ils n'y habitent plus ?"
"Accident magique. Je ne le savais pas à l'époque, du moins. J'ai sauvé un ami de se faire écraser par une voiture en transplanant sur le toit de l'école quand j'avais sept ans. Mon oncle et ma tante ont dû déménager pour éviter les questions des voisins et mon oncle a été muté en Angleterre. Ils n'étaient pas très heureux de ce développement," marmonna Harry, les lèvres aussi pincées que s'il venait d'avaler un citron entier. Avec la peau.
"Et après ? Que vas-tu faire ?"
"Demander de l'aide au Ministère de la Magie américain. Je ne vais plus rester assis à attendre que Voldemort vienne me tuer. Il est temps pour moi de faire face à mes responsabilités."
Un silence régna quelques instants dans la pièce avant qu'Harry ne soit engouffré dans une fière embrassade. Remus serra le jeune homme de quinze ans contre lui, communiquant toute sa chaleur réconfortante et encourageante. Au début Harry resta droit et raide, peu habitué à ce genre de marque d'affection, à part venant d'Hermione. Puis, peu à peu, il se laissa aller et s'accrocha à son parrain de cœur.
"Je vais t'aider, louveteau. Je vais t'aider autant que je le peux."
FIN DU FLASHBACK
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La nuit-même, ils avaient quitté l'Angleterre et trouvé refuge au Ministère de la Magie américain. Remus l'avait laissé après s'être assuré qu'il était pris en main, pour ne pas éveiller les soupçons auprès de l'Ordre du Phénix et de son dirigeant. À son grand soulagement, le Ministère de la Magie américain l'accueillit avec grand plaisir et il entra dans le programme d'entraînement des Aurors dès que son seizième anniversaire sonna et que les papiers d'émancipation furent signés. Devenu adulte aux yeux de la Société Sorcière, Harry Potter s'investit corps et âme dans l'entraînement (après avoir corrigé sa vue à l'aide de douloureuses potions et sortilèges compliqués) qui, il espérait, lui permettrait de vaincre le Seigneur des Ténèbres. Il apprit à apprécier les différences entre les Amériques et l'Angleterre. Le Monde Sorcier et Moldu étaient beaucoup plus proches et les deux Ministères travaillaient en étroite collaboration. Les Aurors avaient une position semi-officielle chez les Moldus en tant qu'Agents Spéciaux du FBI ce qui leur permettaient de pouvoir intervenir et coopérer avec les Moldus sans devoir nécessairement faire appel aux Oubliators. Dans de rares circonstances, il arrivait même que des opérations impliquent Aurors et "simples" agents du FBI. Harry avait un avantage sur les autres cadets du programme, car malgré le fait qu'il était beaucoup plus jeune, il avait grandi avec des Moldus et réussissait les classes d'Étude du Comportement Moldu sans aucun problème. C'est d'ailleurs grâce à cela qu'il se fit des amis, même si la présence de Ron et Hermione lui manquait terriblement. On leur avait également appris à se battre à mains nues ou à tirer avec les armes moldues. Ils devaient pouvoir être capables d'aussi bien pouvoir se battre avec leur baguette qu'en son absence, surtout s'ils étaient destinés à côtoyer des Moldus lors de leur travail.
Harry finit par apprendre l'Occlumancie, même si cela fut extrêmement difficile. Il s'évanouissait souvent de fatigue, mais ses instructeurs lui criaient dans les oreilles jusqu'à ce qu'il se réveille et reprenne les exercices. Au bout de trois mois d'intense torture, il était désormais capable de protéger son esprit de Voldemort et l'espionner sans que sa présence ne soit détectée. Mais s'il était devenu un Occlumens de haut rang que grâce au travail et à l'acharnement des Maîtres Aurors, il était un Legilimens naturel, capable d'entrer dans la tête de n'importe quel sorcier, à part les Occlumens doués, sans même l'aide d'une baguette – l'équivalent Moldu d'un télépathe, en plus doué évidemment. Pendant un long moment ce don fut attribué à un héritage de Voldemort, comme l'était sa capacité à parler Fourchelang, jusqu'à ce qu'il atteigne sa maturité magique à dix-sept ans, et avec elle un don terrible.
Apparemment la lignée Evans n'était pas aussi dépourvue de pouvoirs magiques que les autres sorciers auraient pu croire. Malgré le fait qu'ils étaient Moldus, les Evans avaient mis au monde de nombreux médiums et voyants. Si Lily Evans, sa mère, avait été la première à avoir assez de magie pour être considérée comme sorcière, elle n'avait pas été la première à faire preuve de pouvoirs étranges. Cela avait dû être la raison pour laquelle ses parents avaient été ravis à ses onze ans quand ils reçurent la lettre de Poudlard, ainsi que la jalousie de sa tante : être Moldue alors que sa sœur était Sorcière devait déjà être difficile, mais être Moldue dans une famille où la magie était présente dans le sang de chacun de ses membres, même à petite dose, avait dû être un enfer.
Au fil des jours suivant son anniversaire, Harry était frappé de visions à chaque fois qu'il touchait des objets, parfois horribles, parfois joyeuses. C'était ainsi qu'il avait découvert que son colocataire avait utilisé son lit pour des… activités plutôt intéressantes (ce qui avait conduit Harry à se venger en lui faisant des farces jusqu'à ce qu'il jure de ne plus jamais utiliser que sa chambre malgré le désordre.) Les médicomages l'examinèrent pendant plusieurs jours, lui firent passer une batterie de tests avant de comprendre ce qu'il lui arrivait : Harry était devenu un empathe-à-contact, c'est-à-dire que mis en contact avec un objet ou une personne, il était capable de connaître ses sentiments ou de voir un souvenir chargé en émotions. Cela expliquait également pourquoi la Legilimancie lui était venue aussi facilement, et l'Occlumancie, l'art de cacher ses émotions, avait été si difficile à apprendre. Grâce à ses amis au FBI, Harry apprit à contrôler, jusqu'à un certain point, son don à l'aide de l'Occlumancie et d'une bonne paire de gants qui empêchaient le contact de sa peau nue avec un objet ou même une autre personne.
Quand son année d'intense entraînement fut achevée, Harry et cinq autres Aurors formèrent une escouade pour détruire Voldemort et ses Mangemorts. Après avoir étudié les rencontres de Voldemort avec ses suiveurs, passé des semaines à rechercher des informations sur le passé de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom, ils avaient finalement découvert l'existence des Horcruxes et donc l'origine de la cicatrice d'Harry. On lui aurait dit deux ans plus tôt, Harry aurait certainement nié, puis se serait mis en colère, mais l'entraînement l'avait changé, il était plus réfléchi et conscient du poids qui reposait sur ses épaules. Il dut accepter qu'il ne fêterait pas son prochain anniversaire.
En Angleterre la situation était critique. Dumbledore avait été tué quelques mois plus tôt, laissant le Ministère aux mains du Seigneur des Ténèbres et de ses suiveurs. Le Ministère avait sorti plusieurs lois, notamment sur les Né-Moldus, les obligeant à être recensés, et confisquant leurs baguettes; ou sur les Créatures, donnant par exemple à Greyback et sa meute de Loup-Garous plein pouvoir. La répression était violente et le pays était entré dans une nouvelle ère de terreur. Ron et Hermione avaient rejoint l'Ordre du Phénix et se battaient contre le régime. Leurs retrouvailles avec Harry furent bruyantes, d'un côté parce qu'ils lui hurlèrent dessus pour sa disparition et son silence, puis parce qu'ils pleurèrent et le serrèrent dans leurs bras en criant qu'il leur avait manqué. Remus l'accueillit d'une longue embrassade, avant de lui apprendre son engagement avec l'Auror Nymphadora Tonks, qui attendait leur enfant. Quand Remus lui demanda d'être le parrain, Harry voulut protester, jusqu'à ce que Tonks le fasse taire d'un 'Tu es le louveteau de Remus, bien évidemment que tu es digne d'être le protecteur de mon bébé, Harry ! N'ose pas dire le contraire, ou je me glisserai dans ta chambre avec la tête de Rogue !' La menace souleva quelques rires et Harry accepta humblement.
Cinq mois plus tard, Harry et son escouade avaient détruit tous les Horcruxes dans la nature. Il ne restait plus que Nagini, le serpent de Voldemort et Harry. Le jeune Auror savait qu'il n'avait aucune chance de détruire le serpent sans avoir l'occasion d'étudier les sortilèges qui protégeaient la bête. Tout à fait conscient que parmi tous ses amis et confrères Aurors, il était le seul que rien ne retenait, qu'il devait de toute façon à la fin mourir pour que l'âme de Voldemort attachée à lui soit détruite, il était par conséquent le seul à devoir être sacrifié pour cette mission. Il parla à chacun des hommes dans l'équipe, expliquant calmement son raisonnement. Les Aurors acceptèrent à contrecoeur, deux d'entre eux avaient des enfants et malgré la maturité d'Harry, ils avaient fini par le considérer comme le leur. Ils promirent à Harry de tuer le Seigneur des Ténèbres quand le temps viendrait, sachant que c'était la dernière fois qu'il voyait le garçon devant eux. Avant de transplaner, il leur confia sa baguette et ne leur dit que 'Donnez-la à Remus et dites-lui que…' il ravala de la salive pour se donner de la contenance, 'Dites à Remus que je suis désolé, ils vont devoir trouver un autre parrain'
Harry avait transplané au milieu du Hall du ministère de la Magie. Il n'eut même pas besoin de se manifester, sa cicatrice en forme d'éclair parla pour lui et plusieurs sortilèges de Stupéfixion l'assommèrent pour de bon. Il fut conduit au pied de Voldemort lui-même. L'homme à face de serpent se moqua de lui, se moqua de la prophétie, se moqua de ses parents et lui demanda où Harry était passé durant ces années, déclarant qu'il avait eu peur de lui faire face. Aucune de ses remarques n'eut de réponse. Énervé, Voldemort déclara qu'il allait le briser avant de le tuer, que jusqu'à ce qu'Harry supplie d'être délivré de ses tourments, il ne serait pas satisfait.
Ainsi commencèrent de longs mois de torture. Si Harry parvenait à protéger son esprit grâce aux barrières de l'Occlumancie, les Doloris poussaient ses nerfs à leur limite, les Sectumsempra découpaient sa chair en douloureuses traînées de sang, les maléfices d'Aveuglement le rendaient sans défense face à ses bourreaux, les Sortilèges Cuisants faisaient brûler des parties de son corps, le rendant incapable de les utiliser pendant des jours… Quand ils se lassaient des sortilèges, les Mangemorts passaient aux méthodes moldues. Ils gravaient dans sa peau avec leur couteau des insultes qu'ils lui lançaient au visage. 'Monstre', 'Couard' et 'Faible'. Trois mots à jamais inscrits dans sa chair. Bellatrix Lestrange aimait utiliser le fouet, laisser ses propres marques sur le corps du Survivant. Elle disait souvent aimer le bruit du claquement du cuir sur sa peau, les lignes blanchâtres qui en restaient après quelques jours... Fenrir Greyback, quant à lui, préférait le battre avec ses poings, casser ses os jusqu'à lui arracher des larmes. Il allait parfois jusqu'à le mettre nu et se moquer de lui et de sa faiblesse, ses griffes de loup sorties laissant des traînées sanglantes. Harry avait d'ailleurs gardé du loup-garou un souvenir particulièrement vivace.
Jamais aucun Mangemort ne le toucha avec l'intention de le violer. Harry fut soulagé de ce simple détail. Surtout quand il savait qu'un seul rapport sexuel avec un loup-garou pouvait conduire à la lycanthropie s'ils en ressentaient l'envie. Il adorait Remus, mais il n'était pas aussi courageux que lui pour savoir vivre avec la malédiction de se transformer en loup assoiffé de sang. Peut-être n'avait-il pas totalement échappé à la malédiction, mais le pire lui avait été épargné.
Quand ils découvrirent son don d'empathie, ils lui faisaient toucher les objets-mêmes avec lesquels il se faisait torturer, l'obligeant à se voir humilié et rabaissé. Quand ils le touchaient, Harry ressentait leur plaisir pervers et sadique, ce qui aurait pu le faire vomir, s'il avait eu de quoi remettre. Mais si l'esprit d'Harry était mis à rude épreuve, il ne se brisait toujours pas.
Pas une seule fois durant ces trois mois Harry ne parla. Quand il ouvrait la bouche, il ne laissait sortir que des sons inarticulés, des cris de bête blessée et des sanglots qu'il avait appris à ne plus retenir. Il dépensait tout son temps et son énergie à étudier les boucliers entourant le serpent, la seule chose qui le maintenait encore en vie était sa mission. Son ultime mission.
Il découvrit un allié surprenant en la personne de Draco, traité comme un vulgaire elfe de maison par les autres Mangemorts depuis que son père était mort à Azkaban. Son ancien rival prenait le temps de venir le voir pour lui glisser des potions contre la douleur ou pour laver ses blessures, tout en se moquant plus ou moins gentiment de lui pour donner à cette situation une impression de normalité. Harry ne lui répondait jamais, mais s'assurait que Draco comprenne qu'il lui était reconnaissant. Le jour où Harry réussit à briser le dernier charme qui entourait Nagini, il agrippa le bras de Draco et se hissa à son oreille 'Va… à… Poudlard… Préviens… les… Horcruxes… Détruits. Préviens… FBI… Va !'
L'instant d'après, Draco avait disparu, en bon Serpentard qu'il était, et avait quitté le Manoir pour transplaner à Poudlard et faire comme Harry lui avait ordonné (même s'il niait encore aujourd'hui avoir jamais obéi à un Potter. Non mais !) Quand les Mangemorts vinrent le chercher plus tard ce jour-là, Harry les accueillit avec un sourire ensanglanté. Arrivé aux pieds de Voldemort, comme à chaque fois, il profita de la distraction de son ennemi pour lancer son seul et unique sortilège qu'il eut accompli sans baguette vers Nagini : 'AVADA KEDAVRA'. Il n'entendit que le hurlement de souffrance de la part de Voldemort avant de voir une lumière verte courir vers lui. Après, tout fut plongé dans le noir.
Quand il se réveilla, il était à l'extérieur, sa peau nue mordue par le froid. Il distinguait vaguement la voix de Voldemort qui narguait une foule devant lui, exhibant le corps de leur Sauveur en sang et humilié. Harry n'était en contact avec personne à ce moment, mais il savait qu'en face d'eux se trouvaient ses amis, aussi bien d'Outre-manche que d'Outre-Atlantique si Draco avait su les prévenir à temps. Il se demanda vaguement si le Sortilège de la Mort avait vraiment fonctionné. Mais quand il chercha à tâtons dans son esprit la connexion qui le liait à Voldemort et constata son absence, il dut furieusement se retenir à lâcher un cri de victoire. Avant qu'il ne s'en rende compte, l'atmosphère autour de lui avait changé et des sorts étaient échangés. Son corps fut brutalement lâché et il en profita pour rouler loin de l'affrontement et se rendre compte de la situation. Ce ne fut que grâce à sa volonté et à l'adrénaline qu'il réussit à se lever et à rejoindre les Aurors américains qu'il avait reconnus. Ils l'accueillirent avec des visages mortifiés et heureux à la fois, comme s'il venait de voir un mort revenir à la vie… ce qui était le cas. On lui transfigura une roche en robe pour se couvrir avant qu'il ne se lance dans la bataille à leurs côtés. Il se retrouva un instant aux côtés de Remus qui ne fit que lui sourire en lui tendant sa baguette et en disant qu'il savait qu'il n'était pas mort, que Teddy, son fils, avait toujours son parrain. Harry tourna la tête pour éviter un Diffindo et quand il se retourna, Lupin avait continué son chemin. Finalement il fut de nouveau confronté à Voldemort. Cette fois-ci ils n'échangèrent pas de provocations, pas de menaces, ils s'engagèrent directement dans un ballet de sortilèges rapides et violents. Ils ne remarquèrent pas qu'autour d'eux un cercle s'était formé et que la plupart des duels s'étaient interrompus pour observer le leur. Ce fut finalement une légère distraction de Voldemort qui offrit à Harry l'occasion qu'il attendait. Voldemort mourut avant même de s'en rendre compte, son corps serpentin s'écrasa sur le sol dur de Poudlard sans aucun artifice. Pendant un instant, plus personne ne bougea, puis les Mangemorts et la meute de Greyback, les alliés de Voldemort, transplanèrent ou s'enfuirent en courant les uns après les autres, comprenant que la bataille avait été perdue. Malheureusement, ils réussirent à n'attraper que les Mangemorts de bas rangs et quelques-uns du cercle Privé, alors qu'ils essayaient de récupérer le corps de leur Seigneur. Pour éviter d'autres problèmes, Harry le fit disparaître d'un Incendio. Le corps de son ennemi disparut dans les flammes. Tout était fini.
Ron et Hermione étaient morts. Ginny et Luna étaient mortes. Severus, qui avait enfin prouvé à la fin quel était sa véritable allégeance, avait protégé Fred Weasley et était mort en le protégeant sous la baguette d'Augustus Rookwood. Des Aurors, anglais et américains, étaient morts. Mais le pire de tout : Remus et Tonks, qui venait juste d'avoir un fils, un fils dont Harry était le parrain, étaient morts.
Harry retourna aux États-Unis. Plus rien ne le retenait en Angleterre. Il invita la mère de Tonks, Andromeda, à s'installer aux États-Unis avec lui. Il voulait être pour Teddy, ce que Sirius n'avait pu être pour lui que pour deux courtes années. La grand-mère accepta, mais refusa de partager une maison avec 'un jeune célibataire qui a encore toute la vie devant lui'. Il allait les voir au moins une fois par semaine pour passer du temps avec son neveu et aider Andromeda dans la vie de tous les jours.
Il changea officiellement de nom pour continuer à avoir une vie plus tranquille (ou au moins loin des médias). Harry James Black devint officiellement le plus jeune Auror dans les bureaux du FBI en juillet 1998. Quatre ans plus tard, le FBI accueillit Draco Black, jeune Maître des Potions (lui aussi avait dû changer de nom pour sa sécurité, et pour le plus grand déplaisir de Harry et lui ils partageaient à présent leurs noms). Depuis lors, Draco était devenu son meilleur ami, même si d'un point de vue extérieur, ils se disputaient plus qu'autre chose. Les vieilles habitudes ont la vie dure.
Non seulement son don en Legilimancie et son empathie-à-contact, mais également ses compétences en duel aussi bien sorcier que moldu et les cicatrices sur son visage qui racontaient sa captivité avec Voldemort, lui valurent le respect des autres Aurors et une promotion à peine deux ans après être entré chez les Aurors. On lui confia le commandement d'une escouade de nombreuses fois, souvent lorsqu'il s'agissait d'une opération en coopération avec des Moldus, et il prouva bien vite qu'il était plus que digne du poste d'Auror Spécial en chef, accrédité pour travailler seul ou pour être à la tête d'une équipe d'Aurors. Si ça dérangeait quelqu'un qu'une personne aussi jeune les dirige, Harry les avait vite fait changés d'avis (parfois ils avaient la tête un peu dure, mais quelques coups de poings et des arguments bien placés avaient su régler les protestations.) Il avait fêté en juillet son neuvième anniversaire d'années de service… Il y avait de quoi se sentir vieux.
"À quoi tu penses, Black, avec ce petit regard nostalgique ?"
"Que ça fait maintenant cinq ans que je te supporte."
"Cinq ans que JE te supporte ! Et personne pour me plaindre," dit Draco avec cette grimace méprisante qui était la marque des Malefoy.
"C'est parce que personne ne veut te plaindre, Draco. Tu mérites juste qu'on te botte le cu–"
"Black !" Harry sursauta avant d'avoir fini sa phrase et se leva d'un bond, renversant une pile de dossiers avec un juron. "Dans mon bureau."
"Oui, monsieur !" Il foudroya du regard son ami blond qui ricanait et suivit le directeur des Aurors à son bureau privatif. Algrey Parker était un afro-américain d'une cinquantaine d'années, grand et sévère. Il avait été l'instructeur d'Harry en duel sorcier et lui avait enseigné le tir. Parker se montrait toujours juste envers ses Aurors et avait discrètement aidé Harry à s'occuper de l'opposition qui s'était soulevée à sa promotion.
Harry s'assit sur une des deux chaises en face du bureau de Parker après que lui-même s'était assis. Après quelques secondes à observer le visage de son supérieur, le jeune homme se rendit compte qu'il avait l'air fatigué et inquiet. Cependant Harry se retint d'utiliser la Légilimancie ou de toucher 'par inadvertance' Parker pour savoir ce qu'il se tramait. D'une part la Legilimancie était considérée comme à la limite de la Magie Noire, d'autre part, enlever ses gants pour toucher Parker ne serait pas très discret.
Dommage.
"Que se passe-t-il, monsieur ?" demanda Harry alors que le silence s'éternisait.
"Que sais-tu des affaires en cours en Angleterre, Black ?"
"J'ai contact avec des amis, mais nous ne nous envoyons que de rares hiboux," dit Harry en pensant à Molly et Arthur Weasley, les parents de son meilleur ami décédé, qui avaient perdu leurs deux plus jeunes enfants dans la guerre. Il avait un peu plus de contact avec les jumeaux, qui avaient ouverts des succursales de Weasley, Farces pour sorciers facétieux aux USA. Ils passaient à l'occasion dans son appartement, mais malheureusement Harry vivait plus au bureau que chez lui. Avec Bill et Charlie, cependant, il n'avait quasiment aucune nouvelle. Mais cela ne le dérangeait aucunement. "Il y a eu un problème ?"
"Une évasion en masse d'Azkaban, aussi bien du quartier de haute sécurité que de la plus basse. Malgré l'incompétence de leur Ministère," Harry couvrit son rire par une fausse toux. "les Aurors anglais ont su rattraper un certain nombre des évadés."
"Un certain nombre… Laissez-moi deviner, il nous reste à nous occuper des plus doux et inoffensifs ?"
Parker le regarda avec désapprobation, alors qu'Harry penchait légèrement la tête et écarquillait légèrement ses deux grands yeux verts de façon à avoir l'air innocent. L'homme gloussa.
"Mmh… Étonnant que tu aies encore un accent so British alors que tu as tellement de dédain pour ce pays." Harry lui rendit un regard irrité. Il était embêté de ne pas avoir réussi à se débarrasser de son accent, malgré les années qu'il avait passées aux USA. Cette fois-ci, Parker éclata franchement de rire, avant de redevenir sérieux.
"Non, British mis à part, la situation est plus grave qu'ils voudraient nous le faire croire. Comme tu le sais, l'influence des Mangemorts a grandement diminué, mais n'a pas disparu malgré la disparition de Tu-Sais-Qui et les années." Le jeune homme hocha de la tête. Il était le mieux placer pour le savoir, lui et Draco avaient dû changer de nom pour cette raison. Ça, et les paparazzis qui voulaient une interview avec le Garçon-Qui-A-Survécu. "Malheureusement la dernière évasion a permis à quelques-uns des plus dangereux ex-Mangemorts de s'échapper, et à vraisemblablement rejoindre un des derniers cercles de résistance."
"Avons-nous une liste des évadés ?" Parker soupira profondément avant de lui tendre un gros dossier.
Génial, tout ce que je préfère… pensa le jeune Auror en l'acceptant et le feuilletant rapidement.
"Nous avons demandé tous les dossiers pour être parés à toute éventualité," ajouta Parker alors que le visage de son protégé pâlissait. "Ça ne va pas, Harry ?"
Harry souleva soudainement la tête, surpris d'entendre son supérieur l'appeler par son prénom, avant de reprendre contenance et de dissimuler ses émotions derrière un masque impassible.
"Tout va bien, juste…" Il avala péniblement sa salive. "Juste quelques têtes connues que j'aurais préféré ne jamais revoir."
"Je sais que c'est difficile, Black, mais tu es celui qui les connais le mieux, tu es le mieux placé pour les traquer."
"Aucun problème, monsieur. Je suis toujours prêt à débarrasser le monde de ces monstres. Y a-t-il autre chose que vous vouliez me demander ?"
"À vrai dire, oui. As-tu déjà entendu parler du BAU ?"
"Behavioral Analysis Unit, le Département des Sciences du Comportement ? Oui je les connais, pourquoi ?"
"À partir de demain, tu travailles avec eux."
