Je croyais ne jamais pouvoir y arriver mais après tant d'attente, j'ai enfin réussi à pondre un autre chapitre :DD, je dois dire que ce qui m'avait ralenti le plus, c'était la fin de la nouvelle saison de Sherlock, oh quelle horreur !
J'avais plus rien à me mettre sous la dent pour me motiver, c'est alors que j'ai décidé dans un éclair d'idées éblouissantes de lire un des livres et ça m'est tout de suite revenu, du coup voilà, c'est tout sorti du four ! Savourez bien tant que c'est chaud !
Chapitre 2 : Un Moldu au chaudron baveur
Muni de la démarche effrénée qu'aurai pris une personne extrêmement pressée, la silhouette désinvolte de Holmes se frayait un chemin à travers les quelques pâtés de maisons en briques et de façades mornes aux larges fenêtres qui encombrent les rues de Baker Street, Il faisait sombre dehors presque comme en pleine nuit, les allées étaient recouvertes d'une sordide brume noirâtre que seules les douces lueurs jaunâtres que projettent les lampadaires sur les trottoirs pavées arrivaient à pénétrer, le brouillard était d'une intensité telle qu'il ne permettait pas de voir à plus de quelques mètres devant soi et par-dessus le marché, il pleuvait dru, un véritable déluge !
Là où l'esprit de tout le monde aurai dérivé vers des pensées fantasques, le cerveau de Sherlock demeurait pragmatique, impassible, ni l'ambiance de la journée ni même sa quête de nature incertaine ne semblait l'affecter pour autant, il avait l'habitude des enquêtes tordues et celle si en dérogeait pas. Cependant malgré l'efficacité immuable de son palais mental, il fut tout à l'heure si distrait a se délecter de la stupidité de Lestrade qu'il en avait fini par oublier son fichu parapluie ! Sa raison toutefois trouvait ses taquineries beaucoup trop alléchantes pour lui faire regretter ses décisions hâtives !
En conséquence, il dut se farcir la pluie et se retrouva mouillé de la tête aux pieds quand il s'arrêta subitement sur un carrefour assez large, l'action fut presque automatique, tout son corps s'estompa en un unique mouvement, seule la tête oscillait de droit à gauche, scrutant les environs, ramenant les yeux d'un coin a l'autre de la rue, quand son corps repris à nouveau vie, il alla se réfugier dans une vieille cabine téléphonique pour la quitter étrangement tout de suite après sans pour autant poser un doigt sur le combiné accroché à un socle en verre, rien ne pouvait expliquer ce soudain empressement qui s'arrêta une fois qu'il eut remarqué du coin de l'œil un taxi libre accosté au bord de la route, il souffla une bonne dose d'oxygène dans ses poumons et fit signe au conducteur, quand celui si l'approuva d'un geste de la main, Sherlock sauta se rencogna à l'intérieur de la voiture et fit de sa voix fébrile tout en sortant sa pipe.
« A la gare de King's Cross s'il vous plait ! »
La voiture avança à bon train, malgré les embouteillages, tout au long du trajet Holmes relu la lettre plusieurs fois en faisant bien attention à entonner ses propres réflexions à voix haute. Le conducteur sursauta plusieurs fois et faillit percuter une vielle dame en l'entendant s'écrier. « Entre la voie 9 et 10 se trouve l'indicible ! Elle est quelque part entre les deux, réfléchissons… 9¾…».
Il arriva devant King's Cross aux environs de dix-huit heures vingt-cinq, la foule qui affluait a la gare se faisait rare à cette heure, seulement quelques visages sombres passaient devant Holmes et du moment qu'il se trouva loin des regards, il adoptait un profil bas et commençait à tâter le terrain autour de lui, devant l'entrée des voies.
Il croyait à son insu qu'il y'avait dans la lettre de Fudge une sorte de code secret. « Le quai 9 ¾ » n'existait pas et pourtant il y était inscrit sur le papier, c'était sans nul doute une ruse pour le tester…du moins c'est ce qu'il se disait.
A ce moment-là, dans les couloirs sombres suintants de graisse, il se fit un feu d'artifice d'étincelles incroyablement flamboyantes, Cornelius Fudge fut d'un coup son apparition sous les yeux de Holmes et fut dès lors quelque peu déçu par son entrée qui n'avait même pas suscité un grain d'attention chez le détective. Il toussota pour faire remarquer sa présence à Sherlock qui faisait les cents pas entre les quais 9 et 10, examinant chaque tourniquet en marmonnant une suite de chiffres bizarres.
« Excusez- moi, Mr. Holmes ? » dit-il, timidement.
« Tais-toi John ! » rétorqua l'autre en débitant ses mots presque inconsciemment, il était encore pleinement concentré sur l'énigme que lui posait le quai 9 ¾.
« Vous vous trompez de personne, ici Cornelius Fudge, le ministre de la magie…»
Sherlock fit immédiatement volte-face à l'entente du nom « Cornelius Fudge ». Un homme vieux aux cheveux gris, à l'allure d'inspecteur coiffé d'un chapeau melon et habillé d'une robe a rayure longue et miteuse se tenait la a l'attendre, le regard croisé au sien, les yeux grands ouverts.
« Je remarque que vous avez trouvé avec prodige la voie 9 ¾… » Chuchota l'homme armé d'un sourire au coin.
« Bonsoir Mr. Holmes. » dit Fudge en contournant celui-ci. « J'imagine que vous voulez avoir plus d'éclaircissements sur la nature de qui nous sommes avant d'entamer votre enquête n'est-ce pas ? »
« Je dois avouer, Mr. Le ministre de la magie que toutefois durant toutes mes autres enquêtes précédentes, il me suffisait de déduire des faits en partant de conjectures établies avant d'entamer mon travail, mais là j'avoue que je me trouve dans une impasse, que dis-je un cul de sac !
Je n'ai que peu de renseignements sur vous et vos pratiques jusque-là, mais je sais en revanche pertinemment qu'au centre de Londres il se trouve une vieille cabine téléphonique que personne n'ose jamais utiliser, quand on y entre, on trouve un téléphone dont les touches 6, 2 et 4 sont toutes usées, quand on les tapote dans cet ordre. « 6-2-4-4-2 » et qu'on prend en compte les premières lettres de chaque trinôme inscrit sur les touches on obtient le mot « MAGIC » une fois le code entré, la cabine disparait étrangement dans les catacombes de Londres et la a une quelconque profondeur on se retrouve dans le ministère de la magie que faute de temps je n'ai pas encore pu visiter. »
« Mais comment avez-vous fait ? » L'expression du visage de Fudge trahit un étonnement profond qu'il n'arrivait plus à dissimuler dans les plis sinueux de son front, une légère grimace se figea sur les lèvres de Holmes, son appât avait mordu à l'hameçon !
« J'ai harcelé mon frère Mycroft, vous devez le connaitre, il s'occupe des affaires secrètes du gouvernement, il m'aura suffi de le menacer de divulguer sur internet ses gouts indécents pour les couvre-chefs…il m'a avoué ensuite que lui-même ne connaissait que l'existence du ministère et qu'il ne savait pas grand-chose hormis le fait que son cœur était au centre de Londres, le reste ne fut qu'une simple partie de fléchette pour moi. »
« Votre don Holmes même si vous n'êtes qu'un Moldu a un trait que seule la magie peut provoquer chez les hommes ! La stupéfaction. »
Une lueur brilla dans les yeux de Holmes, toujours aussi sensible aux flatteries.
« Justement monsieur Fudge, éclaircissez moi, c'est quoi au juste cette « magie » dont vous semblez être l'heureux détenteur ? » Parla-t'il en traduisant son sentiment enthousiaste en des gestes de la main.
« Il vaut mieux que vous voyez cela par vous-même Holmes » rétorqua l'homme au chapeau haut de forme. « Ayant assimilé votre logique, je crains que vous ne me croirez guère si je vous l'explique simplement. »
« Je privilégie toujours l'expérience avant tout, je vois que vous avez bien lu tous les articles qu'a écrit ce pauvre John sur nos enquêtes ! »
« Eh bien Holmes, avant de vous y emmener, il vous faudra trouver un déguisement, il ne faut surtout pas qu'on apprenne qui vous êtes.»
« Connaissent-ils mon visage ? »
« Non, pas vraiment, mais tachez de ne pas éveiller des soupçons, ne posez pas trop de questions par exemple.»
« J'essayerai de ne pas vous causer d'ennuis, promis ! »
« Alors, tenez mon épaule. »
« Votre épaule est un moyen de locomotion ? Fascinant ! »
La main de Sherlock saisit sans hésitation l'épaule de Fudge, celui si lui était apparu après analyse être quelqu'un d'anodin doté cependant d'une assez bonne intelligence pour faire partie d'un ministère, il l'aurait très bien réuni dans le même rang intellectuel que Lestrade et Gregson, des êtres naïfs, faibles et ordinaires et il était loin de se douter qu'il allait ressentir a l'instant ou sa main frôlait l'épaule de Fudge, une telle envie de vomir, un grave maux de tête s'était mis à l'assaillir , il se sentit étirer de chaque côté puis broyé en une masse compacte et manqua de s'évanouir quand il apparut soudain en titubant dans la pénombre de ce qui ressemblait à s'y m'éprendre a un vaste pub délabré aux contours minuscules.
Holmes plissa des yeux pour se rendre compte qu'il s'était durement cramponné a la robe de Fudge, tellement qu'il l'avait froissé de part et d'autre, il détacha son étreinte et jeta des regards froids autour de lui, la gare avait disparu sous ses yeux, la question « comment ? » lui vint a l'esprit mais il n'osa pas la poser en souvenir de la promesse qu'ils s'étaient faite tout à l'heure.
Sur une large table rectangulaire était assis quelques hommes aux chapeaux longs à l'extrémité fine qui bavardaient sans cesse en dégustant du jus de citrouille sur un fauteuil plus loin ce tenait une dame coiffé d'un chapeau surmenée d'un corbeau qui fumait une longue pipe, il se retourna et vit Fudge qui s'était approché du bar tenu par un petit homme bossu.
« Bonsoir monsieur le ministre, qu'es ce que je vous sers ? » fit le barman.
« Apportez-moi deux bièraubeurre Tom, pour moi et mon ami…euh. »
« Charlie… » Glissa subtilement Holmes en rejoignant Fudge, le sourire figé au coin.
Le petit homme regarda d'un œil curieux le visage de Sherlock et sans le lâcher du regard prépara leur commande, une fois qu'ils eurent reçu leurs pintes de bièraubeurre, Holmes et Fudge s'assirent sur deux fauteuils au coin loin de tout soupçon, Holmes se surpris à fixer sur une poutre, le portrait vivant d'un homme aux cheveux d'un noir de jais et au regard perçant, en dessous une légende disait « Wanted, Sirius Black. »
Fudge fit le premier à entamer la conversation. « Bienvenu au Chaudron Baveur Holmes, c'est la première fois depuis longtemps que ce pub reçoit un Moldu mais trêve de bavardage, vous avez l'air intrigué par ce poster. »
« En effet, ça me dit quelque chose. »
« C'est lui l'objet même de notre enquête qui nous a amené à vous Holmes. » dit-il en désignant de bout de son index l'image animé de Sirius Black ricanant tel un diable. « Vous devez en avoir entendu parler, on en a divulgué l'information aux Moldu »
« J'ai lu l'histoire de son évasion sur le journal il y'a quelques jours et j'ai trouvé ça ennuyeux, rien qui puisse susciter mon intérêt, un criminel qui s'évade de prison, c'est courant, ils finissent toujours par ce faire attraper tôt ou tard car ils laissent des indices dans leur empressement sans s'en rendre compte. » signa Holmes d'un ton désintéressé.
« Si l'affaire vous semble aussi simple c'est parce qu'on a délibérément changé quelques informations pour que les Moldus ne s'aperçoivent pas de la gravité du danger ! Voici la version officielle ! »
Il tendit la toute nouvelle édition de la gazette du sorcier à Holmes, mais avant de lire le journal, Holmes se rappela ses recherches plus tôt dans la journée sur la voiture volante et dit.
« Ce n'est pas la première fois que vous manipulez les médias, vous ne vous souvenez pas il y'a une année de cela, l'affaire d'une voiture volante dans les airs ? C'était vous aussi ? »
Le corps entier de Fudge demeura terne « Mais comment avez-vous ? »
« C'est ça la magie. » fit Holmes en ouvrant sobrement le journal.
