Un monde sans danger
Fandom : Haikyuu !
Paring : Iwaizumi/Oikawa, Bokuto/Akaashi, Kuroo/Daishou
Genre : Univers Alternatif.
Taille : 20 334 mots.
Débutée le 17/10/2018.
Terminée le 21/11/2018.
(Ouais, j'ai fait une pause de trois semaines dans la rédaction mdrr, quel escargot)
Résumé:
UA Code Lyoko.
Oikawa, Iwaizumi, Kuroo, et Bokuto. Un groupe d'amis soudés, quatre internes coincés dans un lycée un peu paumé. Puis un jour, Oikawa découvre une vielle usine abandonnée, ainsi qu'un ordinateur incroyable à l'intérieur. Un supercalculateur. C'est là qu'il fait la rencontre d'Akaashi, l'IA qui se trouve dans le monde que renferme l'unité centrale de ce dernier.
Mais dans son groupe, les secrets ne restent jamais des secrets bien longtemps, surtout pas lorsqu'un cyber virus appelé XANA semble vouloir leur faire du mal.
Note d'Auteur.
Bonjour, bonjour, comme promis voici la fin ! J'espère ne décevoir personne avec cette dernière.
Je tiens également à préciser que je me suis maté l'épisode 1 de Code Lyoko au moins 20 fois durant l'écriture, et que j'ai un peu arrangé les choses à ma sauce.
Voilou, j'espère que ça vous plaira.
One Shot, part 2
– Alors, tu comptes faire quoi ?
Kuroo commençait déjà à regretter son choix. Après tout, il aurait très bien pu attendre que Daishou finisse de lui raconter ce qu'il avait entendu, puis l'enfermer ensuite directement dans les toilettes de l'infirmerie pour avoir la paix. Mais non, il avait fallu qu'il soit un mec honnête, et par conséquent il était obligé de supporter son pire ennemi.
– J'en sais rien. Iwaizumi est parti durant le cours, mais je l'ai pas suivi alors je ne sais pas par où il est parti.
L'autre fit une sorte de hum déçu.
– Quoi ? grogna le brun.
– Et bien, je dois dire que je suis assez brusqué.
– Brusqué ?
Qui utilise ce mot à l'oral de façon tout à fait sérieuse ?
– Ouais. Moi qui croyais que vous étiez comme les quatre doigts d'une main sans pouce, en fait vous êtes comme tout le monde : chacun à ses petites cachotteries.
– On se fait pas de cachotteries, se sentit-il obligé de rétorquer. Ça ne doit pas être si important, mais je suis juste curieux. Oikawa est un mec sérieux.
Daishou leva les yeux au ciel, l'air de dire Oui chaton, tout le monde te croit, mais tout à coup Kuroo s'arrêta, lui attrapa le col de son t-shirt, et l'entraîna sans un mot derrière un arbre en moins de cinq secondes.
– Je peux savoir c'est quoi ton – hmf !
Le brun avait posé sa main sur sa bouche.
– Tais toi, pour une fois, tu veux ?
Il fit un signe de tête en direction de ce qui se trouvait devant eux, et le regard de Daishou glissa là où il le lui indiqua, même s'il mourrait d'envie de lui placer un coup de genou bien placé et bien senti.
Au loin, Iwaizumi se faufilait entre les troncs, un sac à dos noir plaqué contre son torse. Il regardait frénétiquement autour de lui, comme un criminel en fuite, puis soudain s'accroupit et releva une trappe perdue au milieu des herbes hautes.
– Qu'est-ce qu'il fout ?
Daishou lui rétorqua un chut sec qui le fit grimacer.
Son ami disparut dans le sol, puis un bruit sourd se fit entendre.
– Est-ce que ton pote vient juste de...
– Ouais, le coupa Kuroo avec un large sourire. Début de la mission d'infiltration.
XXX
– Kei-chan ? Pourquoi je vois ton point bouger là ?
– Parce que justement, je bouge.
Oikawa tapota son clavier afin d'obtenir un visuel vidéo, puis lâcha un juron.
– Tu te fiches de moi ? C'est dangereux ! Tu comptes aller où comme ça ?
– Voir la tour. Je ne sais pas ce qui se passe, mais je sens que le virus XANA gagne en puissance à chaque seconde qui passe : plus il restera dans cette tour, et plus il deviendra puissant. Imagine que le problème ne se cantonne pas à votre lycée et que tous les circuits électriques du monde se mettent à électrocuter tout ce qui bouge ?
– Oui mais Kei-chan...
– Et en plus, la décharge que tu t'es pris n'a pas du être trop forte : qu'est-ce qui se serait passé si il avait été plus puissant ? Si c'était Iwaizumi qui avait été à ta place ?
Le châtain baissa la tête, conscient que son ami informatique ne pouvait pas le voir. Plus les minutes passaient, et plus il se rendait compte de son erreur : jamais il n'aurait du mettre son nez dans cette usine. Pourtant, il n'arrivait pas à totalement s'en vouloir car cela lui avait tout de même permis de rencontrer Akaashi. Cette IA avait été l'oreille attentive qui lui avait toujours manqué, et il ne pouvait décemment pas se résoudre à éteindre cet ordinateur sans avoir fait tout ce qui était en son pouvoir pour l'en empêcher.
Il soupira puis se craqua les doigts.
– Bon très bien. Voyons ce qu'on peut faire pour te renforcer en attendant qu'Iwa-chan revienne.
XXX
– L'ennui me tuera. Un jour, il aura ma peau, et je ne pourrais rien faire pour l'en empêcher parce qu'il me fait réfléchir comme vous, cet abruti. Je savais que c'était une mauvaise idée, mais est-ce que j'ai écouté la petite voix dans ma tête qui a toujours raison ? Nooon, bien sûr que non enfin ! Tout ça à cause de cette infirmière pot de colle et de cette installation électrique qui date d'avant la fondation d'Athènes ! Père va me tuer en voyant l'état de mes vêtements, et puis merde c'est quoi cette odeur –
Kuroo réfléchissait au meilleur moyen de le noyer dans le courant d'eau usée qui dérivait à coté d'eux. Depuis à présent cinq minutes qu'ils avançaient dans ces égouts, Daishou n'avait pas arrêté de parler. Pas une seule fois. Au départ, Kuroo avait attendu sagement, en silence, que la nature et la biologie fassent leur travail et que cette sale langue de vipère tombe enfin à court d'air, mais non, il continuait de jacqueter et de se plaindre, trouvant toujours une nouvelle raison de dire que tout était de sa faute.
Et là, le brun n'en pouvait plus.
– Est-ce que c'est un rat ? Mon dieu je te jure que si j'attrape je ne sais quelle maladie à cause de cette sale bête, je ferai de ta vie un enfer et –
– Mais tu vas fermer ta gueule ! C'est pas possible d'avoir toujours un truc à dire ! Tu as insisté pour venir avec moi, et je ne t'ai pas forcé aux dernières nouvelles, si ? Alors tais toi, pitié, parce que je ne vais pas tarder à te jeter dans ces eaux dégueulasses si un seul mot passe encore ta putain de bouche de –
– Chut !
Soudain, à la grande surprise de Kuroo qui écarquilla les yeux au possible, le corps tendu comme une arbalète, Daishou se colla à lui en posant sa main contre sa bouche, et cette fois ce fut lui qui l'entraîna sur le coté.
Il lâcha un petit grognement à mi-chemin entre étonnement, énervement, et un petit soupçon de quelque chose qu'il refusait de nommer, puis haussa un sourcil à l'intention de cet enfoiré.
– Je crois que ton pote à enfin trouvé une porte de sortie.
Iwaizumi remontait une échelle semblable à celle qu'il avait descendu tout à l'heure, puis disparu à nouveau.
Daishou le relâcha, puis ses lèvres formèrent un sourire satisfait.
– Deux bonnes nouvelles à prévoir, je crois.
– Deux ?
– La première, c'est qu'on va enfin pouvoir sortir de cet endroit dégoûtant.
– Et la deuxième ?
– Tu me dois une nouvelle paire de chaussures, et je t'assure qu'elles sont très chères.
XXX
L'ascenseur derrière lui émis un grondement, trembla, puis s'ouvrit sur Iwaizumi qui trottina jusqu'au fauteuil sur lequel il était assis. Oikawa n'eut pas besoin de se retourner, et lorsque le brun plaça sa tête au dessus de son épaule, il avait toujours les yeux rivés sur l'écran.
– Le cabot est en place, et pour une fois je suis content que Bokuto ait fait quelque chose d'utile : une fois qu'on lui dit de ne plus bouger, il ne remue même pas une oreille. En parlant de lui, d'ailleurs, il risque fortement de nous tuer s'il s'en rend compte un jour.
– T'inquiète pas, qu'est-ce qui pourrait bien arriver de toute façon ? Dans le pire des cas, si ça ne marche pas, il restera juste enfermé dans le scanner pendant quelques minutes à hurler à la mort, puis ça sera terminé.
Hajime hocha la tête. Tant qu'à sauver le monde et risquer sa vie en même temps, il préférait tout de même que ça soit le chien de Bokuto qui prenne avant lui. Question de sécurité.
– Et Akaashi ?
– Il avance seul vers la tour.
– Quoi ? Mais je croyais que –
– Ouais. Mais on n'a plus le temps. Je lui ai boosté ses stats au maximum de ce que je pouvais atteindre, et normalement il devrait être capable d'invoquer un bouclier en cas de force majeur. Je ne peux rien faire d'autre, mais peut-être que toi...
Il lui glissa un regard entendu, et son meilleur ami hocha la tête.
– Si le chien passe, alors je suis.
Oikawa lui répondit par le même hochement de tête, puis il inspira un coup.
– Bon aller, on y va.
Il inscrivit une suite de chiffre sur l'écran, puis appuya sur entrée.
– Scanner en marche.
XXX
En voyant le brun disparaître dans un vieux monte-charge, Daishou avait proposé à Kuroo de grimper aux barreaux fixés au mur qu'ils apercevaient un peu plus loin.
– Quoi, c'est toi qui propose qu'on fasse de l'escalade ?
Daishou haussa les épaules.
– Foutues pour foutues, autant que ces chaussures me servent à quelque chose. Et puis je préfère encore l'échelle à ce vieux machin.
Et effectivement, l'échelle était bien plus solide que ce que le brun aurait pu penser. Ils arrivèrent rapidement dans une salle étrange, pleine de fils en tous genres et de boites rondes en fer. L'échelle continuait de monter jusqu'à l'étage du dessus, mais quelque chose retint l'attention de Kuroo.
– Kiwi ?
Il aurait reconnu ce petit couinement entre mille. Après tout, il passait ses nuits en compagnie de ce sac à puce moche et insupportable, qui ne semblait aimer que Bokuto – aux dernières nouvelles, il n'avait jamais été pisser sur le lit de son maître, non, seulement sur le sien – alors il aurait même été capable de le reconnaître à son odeur.
– Kiwi ? demanda Daishou. C'est quoi ça, Kiwi ?
– Le chien de Bokuto.
– Le quoi ? T'es au courant que je suis le fils du directeur et que par conséquent, je pourrais très bien le dénoncer, ton pote ?
Kuroo lui lança un petit regard, puis se détourna afin d'avancer dans la pièce.
– Fais ce que tu veux, dit-il simplement.
Il enjamba les fils et regarda avec curiosité autour de lui en se demandant encore ce que pouvait bien faire Iwaizumi et Oikawa dans cet endroit.
– C'est quoi ces trucs ? demanda Daishou en touchant du bout des doigts l'un des sarcophages.
– Alors là, aucune idée. Kiwi ? Viens ici sale cabot, qu'est-ce que tu fiches là ?
– Mais il est moche, s'exclama t-il.
En se retournant, le brun put voir qu'il regardait le chien avec un visage de dégoût pur.
– Je crois que je n'ai jamais vu un chien aussi laid – et encore, t'es vraiment sûr que c'est un chien ? Parce que là...
– Ouais. Pour une fois que je suis d'accord avec toi. Mais Bokuto l'aime beaucoup ce truc, c'était sa mère qui le lui avait offert et qui l'avait dressé avec lui, alors bon...
Il s'abaissa.
– Aller viens là abruti ! Pourquoi tu restes dans ce truc ?
– On dirait des caissons... Tu crois qu'il y a des momies dans l'un d'eux ?
Soupirant de désespoir face à la mauvaise volonté évidente de Kiwi, Kuroo finit par se résoudre à le prendre dans ses bras. Si son ami découvrait que son chien avait disparu, il n'osait même pas imaginer la crise qui s'en suivrait.
– Aller, commença t-il en entrant dans la boite en fer, viens là et... –
Mais tout à coup, Kiwi sauta entre ses jambes hors du scanner alors que ce dernier émit un grincement étrange en se refermant sur lui.
– Quoi ?
– Kuroo !
Et les portes se scellèrent, avec lui à l'intérieur.
XXX
– Normalement tout est prêt, je vais lancer la procédure. J'ai fait en sorte que ça soit automatique pour ne pas avoir à réécrire les lignes de codes pendant le transfert donc –
– Oikawa, je comprends rien alors active.
– Ouais. Allons-y.
Il inspira, puis appuya sur entrer.
– Transfert du cobaye. Scanner du cobaye.
Mais soudain, il fronça les sourcils.
– Iwa-chan ? Je crois qu'il y a un problème.
– Quoi ? Pourquoi ?
– Et bien regarde l'image du scan, il est pas un peu gros Kiwi... ?
Le brun regarda l'écran, puis lâcha un exclamation paniquée :
– Putain merde ! C'est pas Kiwi, c'est Kuroo !
– Quoi ? Mais qu'est-ce qu'il fout là ? Je sais pas comment arrêter la procédure maintenant !
– Oikawa fais quelque chose !
Mais la barre d'évolution indiquée sur le coin droit de l'ordinateur ne cessait d'évoluer.
XXX
– Kuroo merde sors de là, c'est pas drôle !
– Si tu veux tout savoir je trouve pas ça drôle non plus ! Comment il peut y avoir du vent à l'intérieur d'une caisse en fer ?
– Comment ça du vent ?
En deux enjambées, Daishou fut devant le scanner. Brutalement, il frappa les plaques qui s'étaient refermées derrière le brun, mais ne récupéra qu'une douleur sourde dans ses poings.
– Putain ça veut pas bouger !
Mais seul le silence lui répondit.
– Kuroo ? Kuroo !
XXX
Kuroo Tetsurou sentit parfaitement le moment où son corps changea. Les sensations de chaleur, de fraîcheur, de douleurs musculaires ou même de picotement au niveau de ses doigts : tout fut fortement diminué et il eut pendant l'espace d'un instant l'impression de disparaître. Les parois autour de lui s'évaporèrent et son souffle se coupa.
Quand il rouvrit les yeux, il eut à peine de le temps de se dire putain de merde que déjà la pression autour de son corps diminua et il fut lâché à un ou deux mètres du sol, se réceptionnant précairement en tombant en avant.
Il resta figé quelques secondes sur la vue des grosses pattes de chat violettes qui se trouvaient devant lui, attachées à ses bras.
– Qu'est-ce que...
Mais en relevant la tête, ce fut cette fois la grande forêt d'arbres fins qui lui coupa le souffle.
Je rêve ?
Comment pouvait-il se trouver dans une forêt alors que quelques secondes auparavant il entendait encore les coups de Daishou contre le...
Le sarcophage.
Était-ce ce truc qui l'avait-il emmené dans cet endroit ? Le sol était plat, d'une couleur verte uniforme, et il pouvait voir à l'œil nu que ce qui le recouvrait n'était pas de l'herbe mais un sol dur. Ce dernier s'étendait comme un sorte de chemin, et n'était d'ailleurs pas si large si Kuroo faisait attention, il pouvait apercevoir le vide qui l'entourait...
Quelque chose remua dans son champ de vision et il sursauta.
Alors là c'est le pompon.
Il attrapa la queue de chat violette qui pendait entre ses jambes avec un air désespéré. Que diable avait-il fait pour se retrouver dans cette situation, déguisé en gros chat violet version taille humaine ?
– Hum, Kuroo ?
Il reconnaissait cette voix.
– Oikawa je te jure que si tu as quelque chose à voir là dedans, je t'émascule.
– D'accord, je n'ai rien à voir là dedans.
– Oikawa...
– Bon, d'accord, d'accord. Je le mérite. Et oui c'est ma faute. Mais pour ma défense, t'avais rien à faire là.
– Putain mais qu'est-ce qui s'est passé ? J'ai vu ce cabot et la seconde d'après je me suis retrouvé enfermé dans cet espèce de...
– Scanner. C'est un scanner. Et je ne sais pas si ça va te rassurer, mais tu te trouves... dans l'ordinateur. Dans le monde à l'intérieur de l'ordinateur. Bon, je ne peux pas te raconter tout en détail : on n'a clairement pas le temps. Pour l'instant, sache juste que j'ai fait une connerie, et que maintenant un virus informatique essaye d'électrocuter la planète.
Kuroo ne répondit rien, se contentant de battre des paupières avec incrédulité.
– Et avant que tu demandes, non je ne me fous pas de toi.
– D'accord... Et donc, je fous quoi là, moi ? Tu sais comment me faire sortir, hein ?
– Je sais comment te faire sortir. Mais maintenant que tu es là... je vais avoir besoin de toi.
XXX
Lorsqu'Iwaizumi descendit dans la salle des scanners, il trouva Daishou au bord des larmes. Quand ce dernier l'aperçut, il se jeta sur lui en bégayant :
– Kuroo – je – on était là et – on voulait juste – il voulait savoir pour Oikawa et – maintenant il ne répond plus même quand je l'appelle –
Cette réaction l'étonna, puis il se souvint que Daishou ne savait rien de ce qu'il se passait, alors il tenta de le calmer.
– Daishou, hey calme. Kuroo va bien, d'accord ? Oikawa maîtrise.
– Mais Kuroo est –
– Monte avec nous, ok ? On va t'expliquer.
XXX
– Putain j'ai toujours su que vous étiez complètement tarés, s'exclamèrent Kuroo et Daishou dans une synchronisation parfaite.
En entendant la voix du brun sortir du haut parleur de l'ordinateur, ce dernier haussa un sourcil.
– Je suis désolé de vous avoir entraîné là dedans, crut bon d'ajouter Akaashi. Sans moi, vous pourriez tout simplement éteindre le supercalculateur et XANA ne vous poserait plus aucun problème.
– Et pourquoi on ne le fait pas, d'ailleurs ? grogna Daishou en croisant ses bras sur sa poitrine. Il existe même pas !
– Daishou ! s'exclama Oikawa en le fusillant du regard.
– Quoi, tu vas me dire que c'est pas vrai ?
– C'est pas à toi d'en juger !
– Si ce virus nous menace, alors si, c'est également à moi d'en juger. Moi aussi je me suis pris un coup au cas où t'aurais oublié.
Iwaizumi tenta de se placer entre eux, alors que les deux garçons se regardaient en chien de faïence.
– Euh, les gars ?
La voix de Kuroo reporta leur attention sur l'écran.
– T'avais pas parlé d'animaux, si ?
Oikawa jura.
– Merde, Kuroo dégage de là ! Ce ne sont pas des animaux, ce sont des monstres !
Il vit le point rouge qui indiquait son emplacement se mettre à bouger, puis une carte avec l'effigie de leur ami apparaître.
– Attendez c'est lui ça ? demanda Daishou à deux doigts d'éclater de rire. Est-ce que ce sont des oreilles ?
– Ta gueule ! répliqua t-il. Je voudrais bien t'y voir, tiens : monte dans un scanner et rejoins moi, on verra bien comment tu te – ah !
Une inscription indiquant dix points de dégât apparut sur l'écran.
– Ça veut dire quoi, ça ?
– Ça, ça veut dire : fais attention à ton cul, Kuroo ! Tu as des points de vie limités, et je n'ai encore jamais testé le retour dans le monde réel par un ko dans Lyoko. En plus, Akaashi à besoin de toi.
Il se retourna vers Hajime, les sourcils froncés d'inquiétude.
– Iwa-chan, il ne va pas y arriver tout seul...
Mais ce dernier hochait déjà la tête, comprenant bien ce que son meilleur ami entendait par là. Il se retourna vers Daishou.
– Tu peux faire un truc pour nous ?
– Alors là tu peux te brosser, vous êtes juste –
– Daishou, merde fais un effort ! l'apostropha Kuroo. Juste pour une fois.
Ce dernier fit la moue.
– Bon, bon, d'accord ! Alors, tu veux quoi ?
– Va chercher Bokuto.
XXX
– Bon, Kuroo, je t'envoie Iwa-chan. J'ai enfin compris comment entrer des coordonnées, donc je vais le matérialiser à coté de toi, comme ça vous pourrez aller rejoindre Kei-chan.
– Kei-chan, hein ? Et son vrai nom, c'est quoi ?
– Akaashi Keiji.
Kuroo leva les yeux au ciel, remarquant par la même occasion que ce dernier ressemblait étrangement au vide qui se trouvait sous ses pieds.
– Oikawa ? Je vais revenir, hein ? Enfin, je veux dire : c'est cool, ce monde ressemble à un jeu vidéo et toute cette histoire est tellement dingue... Mais je ne veux pas rester là dedans pour toujours.
Il avait réussi, au bout de longues minutes de course, à semer les espèces de gros cancrelats qui s'étaient mis à le suivre et à l'attaquer, et se trouvait désormais caché derrière des rochers, près d'une sorte de tour entourée d'un halo bleu.
– Ne t'inquiète pas, reprit soudain Tooru. Je peux te faire sortir de là, il me faut juste du temps. Et je suis désolé que tu nous aies en quelque sorte servi de cobaye, mais... Merci de quand même faire ça pour moi. Sans mes bêtises, on en serait pas là.
– Oh arrête un peu, Einstein. Tu sais très bien que tu es notre petit génie : qu'est-ce qu'on ferait sans toi ?
– Et bien déjà, Bokuto n'aurait jamais une seule note au dessus de la moyenne en maths.
– Pas faux. Tout ça pour dire qu'on peut bien se faire virtualiser dans un monde bizarre pour sauver une intelligence artificielle et empêcher qu'un virus fou détruise la planète une fois de temps en temps pour toi, tu ne crois pas ?
– Et bien dis comme ça...
Mais soudain, quelque chose apparut à quelques mètres de Kuroo. Au dessus du sol, une forme se matérialisa, et Iwaizumi tomba au sol en se réceptionnant parfaitement. Presque aussitôt, le chat s'écria d'un air outré :
– Pourquoi il est pas déguisé en gros animal coloré, lui ?
– Alors là j'en sais rien, peut-être que l'ordinateur scan votre subconscient pour modéliser vos rêves à travers votre avatar ?
– Tu peux me dire à quel moment je pourrais bien rêver de ressembler à ça ?
Le nouvel arrivant regarda ses vêtements, un sourcil haussé, puis lui lança un regard.
– C'est sûr que je préfère être un ninja avec des collants plutôt qu'un gros matou.
– Et il a une épée ! Pourquoi moi j'ai pas d'arme ? J'ai rien pu faire contre les monstre, tout à l'heure !
Comme pour illustrer ses propos, Hajime retira la lame du fourreau qui pendait à sa ceinture et la regarda avec satisfaction.
– Quoi ? Vous voulez dire que mes cinq années de kendo vont enfin me servir ?
– Les gars, je suis content que vos tenues vous enchantent –
– Alors là, moi j'ai jamais dit ça –
– Mais un groupe de monstres arrive droit sur vous.
Et affectivement, le petit comité que Kuroo avait semé semblait les avoir retrouvé et se dirigeait droit sur eux.
– Mais comment tu veux que je me défende si j'ai même pas d'arme ? J'ai que ces grosses pattes et elles sont –
Mais alors qu'il les secouait avec un air désespéré, une fléchette en sortit et manqua de finir dans la tête de son ami.
– Mais fais gaffe !
– Je peux tirer des fléchettes lasers avec mes grosses pattes de chat ? Mais c'est tellement cool !
Il releva la tête avec un grand sourire.
Ça allait chier.
XXX
Daishou venait juste de quitter la salle lorsque quelque chose d'étrange se produisit. Alors qu'Oikawa écoutait les gémissements plaintifs de Kuroo sur le fait qu'il n'aimait pas son apparence, l'un des écrans de l'ordinateur se mit à grésiller, puis afficha soudain un logo étrange.
– C'est quoi ça ? marmonna t-il en essayant de faire revenir les images.
Mais un bruit inquiétant venant de derrière lui le fit se figer. Doucement, il se retourna et écarquilla les yeux.
Putain !
Il évita les fils plein d'électricité qui lévitaient en l'air de justesse en se jetant au sol, puis attrapa le micro qui le reliait aux autres :
– Les gars, démerdez-vous quelques minutes j'ai un problème ici !
Puis il se mit à courir dans l'autre sens en évitant de se faire électrocuter une seconde fois.
XXX
Kuroo explosa le dernier cancrelat d'une fléchette dans la tête, puis grimaça d'un air ahuri.
– Oikawa, comment ça « démerdez vous » ?
– Hé, tout va bien ? renchérit Iwaizumi. Qu'est-ce que tu veux dire par problème ?
Mais seul le silence leur répondit. Ils échangèrent un regard inquiet.
– Comment on va faire pour retrouver Akaashi s'il nous donne pas les coordonnées ?
Hajime secoua la tête.
– J'en ai aucune idée. Il m'avait parlé d'une tour, mais...
– Une tour comme celle là ? demanda Kuroo en pointant du doigt celle qui se trouvait un peu plus loin.
Ils regardèrent, puis d'un commun accord se dirigèrent vers celle-ci.
XXX
Lorsque Daishou sortit enfin des égouts, il avait déjà maudit Kuroo et sa bande de potes sur seize générations, au bas mot. Ses fringues sentaient étrangement mauvais – mais en même temps, il se serait tout de même attendu à pire, après tout il venait de crapahuter dans les égouts.
Soupirant, il commença à se dépêcher, courant entre les arbres du parc afin de parvenir jusqu'aux bâtiments des classes. S'il se fiait à l'heure, Bokuto devait encore se trouver en classe.
Restait plus qu'à trouver un moyen pour le faire sortir.
En apercevant le coach Ukai devant la porte d'entrée du bâtiment, il jura et fit demi-tour afin de retourner se cacher derrière un tronc. Peut-être aurait-il plus de chance en...
– Mais pourquoi je les aide moi, au fait ?
Il aurait très bien pu tout simplement aller voir son père pour lui dire que le binoclard avait trouvé un truc bizarre dans l'usine abandonnée près de l'école, mais au fond de lui, quelque chose l'en empêchait...
Et il refusait de croire que c'était Kuroo.
– Bon, je vais chercher l'autre crétin, je le ramène dans leur planque, et ensuite on n'en parle plus.
S'il n'y réfléchissait pas trop, peut-être oublierait-il même jusqu'à ses motivations.
Inspirant un grand coup, il se dirigea vers les fenêtres qui bordaient la forêt. Avec un peu de chance, Bokuto n'écoutait une fois de plus pas le cours.
Et il fut content d'avoir eu raison. Assis au fond de la classe, ce dernier jouait avec son stylo, essayant de le faire tenir entre son nez et sa bouche.
– Bon, j'attire son attention comment moi ?
C'est qu'il avait l'air étrangement concentré en plus...
Doucement, il toqua à la fenêtre, récoltant un regard étonné de la part de la fille qui était assise là. Elle le regarda avec des yeux ronds, puis pencha la tête d'un coté comme pour lui demander ce qu'il faisait là, mais il lui fit signe de se taire, puis pointa du doigt l'autre imbécile. Elle hocha la tête.
Daishou ne put se retenir de hausser un sourcil lorsque la fille lui lança sa gomme en plein dans la figure.
Le garçon sursauta, papillonna des yeux, puis la regarda avec un air perdu. Elle pointa Suguru du doigt, et une fois qu'il eut obtenu l'attention qu'il désirait, il articula silencieusement :
– Ramène. Ton. Cul.
Et étrangement, Bokuto sembla comprendre car il regarda le professeur – qui était bien heureusement de dos – puis se jeta littéralement au sol et rampa jusqu'à la porte.
C'est comme ça qu'il quitte une classe, lui ? Il pouvait pas demander l'infirmerie, comme tout le monde ?
Puis il décida que tant que cet idiot le rejoignait le plus vite possible, il s'en tamponnait le cul de la manière dont il s'y prenait.
XXX
– Mais y'a pas de porte sur ce truc, comment est-ce qu'on rentre ?
Kuroo tata la parois de la grande tour qu'ils avaient rejoint, les sourcils haussés. À ses cotés, Iwaizumi tentait encore de joindre Oikawa, puis finalement soupira.
– Bon, je ne sais pas ce qui se passe là bas, mais cet abruti ne nous aurait jamais abandonné seuls sans raison valable. Va falloir qu'on se bouge.
– T'es marrant toi, on sait même pas où il est son Kei-chan. Et comment est-ce qu'on peut bien rentrer dans ce –
Mais à force d'appuyer contre le mur, la patte du brun s'enfonça dedans comme dans de la gelée et il perdit l'équilibre. Se rattachant à la première chose qui lui vint, il attrapa le pantalon d'Iwaizumi et ils tombèrent en même temps à l'intérieur.
Ils eurent tout juste le temps de comprendre ce qui se passait avant que Kuroo soit obligé de planter ses griffes dans le rebord d'une sorte de passerelle pour ne pas tomber. Cette fois, ce fut Hajime qui se rattrapa à lui, le corps pendant dans le vide.
– Putain qu'est-ce que t'es lourd, je vais pas tenir longtemps à ce rythme, grinça t-il en se sentant d'ores et déjà glisser.
– T'as plutôt intérêt à ne pas lâcher, j'ai pas envie de tester le vide, c'est clair ?
– Bah fais quelque chose alors : je ne sais pas moi, lâche au moins ton sabre.
– Ça te ferait plaisir, hein ? Et bah non je –
Mais à cet instant, Kuroo lâcha prise et ils tombèrent tous les deux tout en bas de la tour.
XXX
– Oh, chaud.
Daishou n'aurait jamais cru dire ça un jour : mais décidément Kuroo était clairement le moins pire de son groupe. Certes, il y avait également Iwaizumi, mais comme ce dernier prenait la défense du binoclard en toutes circonstances, il ne pouvait pas vraiment juger...
– C'est tout ce que tu trouves à dire ? Je viens de d'apprendre que ton pote a réveillé un virus maléfique capable de détruire la terre, et toi tu me réponds : ah, chaud ?
– Bah tu voudrais que je dise quoi d'autre ?
– Je ne sais pas, mais essaye de paraître un minimum choqué au moins. Là on dirait que je viens de te dire qu'il n'y aura plus jamais de frites à la cantine.
– Quoi ?!
– Oh non c'est bon j'abandonne.
Daishou accéléra le pas, faisant bien attention à ne pas glisser sur toutes ces flaques de liquides non identifiés.
– En fait, je dois dire que ce qui me choque le plus c'est que tu nous aides.
– Je ne vous aide pas, je me débarrasse de la tache, nuance. Et puis tant qu'à faire, si vous pourriez vous occuper du problème ça serait pas plus mal.
– Donc tu as dit qu'Oikawa avait envoyé Kuroo et Iwaizumi sur un monde virtuel ?
– Ouais. Et Kuroo est déguisé en chat. C'est quand même un point important.
– J'ai hâte de voir ça.
Daishou le dévisagea un instant.
– Attends, tu n'as pas peur d'aller là bas ?
– Bah non, pourquoi ?
– Je ne sais pas, tiens. Qu'est-ce qui pourrait arriver de pire ? Ah oui : que vous ne reveniez jamais !
– Si Oikawa a envoyé Hajime là bas, c'est qu'il a confiance en ce qu'il fait.
– Vous êtes vraiment tous complètement fous...
XXX
Kuroo se serait attendu à une réception un peu plus violente : au lieu de ça, ils se firent tout simplement expulser de la tour. Roulant sur plusieurs mètres, ils furent tous deux étonnés une fois enfin arrêtés.
– Bah, elle est où la forêt ?
Autour d'eux, seul un paysage semblable à une banquise était visible.
– Oikawa ? réessaya Iwaizumi. Tu m'entends ? On est où là ?
Mais il n'obtint une fois de plus aucune réponse.
– C'est bizarre, lui fit remarquer Tetsurou. Cette tour là bas, elle est pas de la même couleur.
Au fond, derrière de grands glaciers, une nouvelle tour surplombait les lieux, entourée d'une sorte de halo rouge qui leur donna des frissons dans le dos.
– Kuroo, l'appela le brun. J'ai l'impression que ces monstres là aussi sont différents.
Il pointa du doigt un groupe de cubes étranges qui avançaient vers eux à toute vitesse.
Immédiatement, Kuroo pointa l'un d'eux de son poing et décocha une flèche. Malheureusement, cette dernière se contenta de ricocher sur eux et ne le ralentit même pas.
– Qu'est-ce que...
– Putain, cours !
XXX
Cette fois, Daishou accepta de prendre le monte charge. À force de crapahuter dans tous les sens, il commençait à être sérieusement épuisé : de plus Bokuto semblait impatient à l'idée de monter dedans alors... Au moins, si cette chose cassait, il pourrait toujours se servir de lui comme bouclier humain.
Une fois arrivé à l'étage de l'écran de contrôle, les portes s'ouvrirent dans un grincement, et ce fut un cri de rage qui les accueilli.
– Putain de morceaux de fer de merde, lâchez moi où je vous jure que je vous envoie à la décharge !
Suspendu dans les airs, la tête en bas, Oikawa se faisait secouer dans tous les sens et agitait ses bras comme il le pouvait afin d'éloigner les gerbes d'électricités.
– Oikawa ! paniqua Bokuto en courant vers lui.
Mais l'un des fils vola droit sur lui, et il l'évita in-extremis. Les yeux écarquillés, Daishou hésita : devait-il appuyer sur l'un des boutons de l'ascenseur en espérant que ce virus ne pense pas à le suivre à travers les murs, ou bien aller aider ces deux gars qui n'étaient même pas ses amis.
Étrangement, il prit la décision que son esprit ne lui recommandait pas du tout. D'ailleurs, la petite voix dans sa tête lui hurla que leur crétinerie commençait à être contagieuse.
– Et, le – euh – le machin électrique ! Par ici !
Il baissa la tête au moment où l'un deux se jeta sur lui pour tenter de le décapiter, et roula un peu plus loin.
– Les gars, va falloir faire quelque chose là !
Il esquiva deux attaques de plus, mais ne put retenir un cri lorsque quelque chose s'enroula autour de sa cheville et le fit valser dans les airs, en plus contre de le mur droit de la pièce.
Il vit des étoiles pendant un seconde, le corps endolori, puis tenta vaguement de se remettre debout. Malheureusement, d'autres fils s'avançaient déjà vers lui.
Kuroo et ses potes à la con !
Tout à coup, le temps sembla s'arrêter. Alors qu'il fixait les gerbes d'électricités qui semblaient se rapprocher de plus en plus de lui, rampant au sol comme des serpents – marrant, il avait toujours cru adorer ça pourtant – elles disparurent soudainement et tout redevint inanimé.
Daishou cligna plusieurs fois des yeux, entendit Oikawa s'écraser au sol dans un juron, puis Bokuto s'exclama :
– J'ai toujours su que j'étais un génie !
Les deux garçons se retournèrent vers lui et virent qu'il tenait dans ses mains une plaque tranchante avec laquelle il avait sectionné la base des fils.
– Pas con, hein ? Bon maintenant qu'on peut parler, il se passe quoi ?
XXX
Kuroo sauta par dessus le cube de droite, évitant l'un de leur rayon juste avant qu'il ne lui arrive en pleine tête. Il lança une nouvelle flèche qui alla s'écraser contre sa peau jaunâtre sans aucun effet.
Il jura, puis lança à son ami :
– Putain, Iwa on fait quoi là ?
Ce dernier passa entre eux afin de le rejoindre rapidement, déviant leur tir avec son sabre.
– J'en sais rien, mais il doit bien y avoir un moyen de les tuer, comme les autres ! On doit juste trouver.
– Les gars ? grésilla soudain une voix.
– Oikawa !
Même Kuroo put remarquer le soulagement qui traversa Hajime.
– Tu foutais quoi au juste ?
– J'essayais de ne pas me faire électrocuter une deuxième fois. Vous êtes où là ?
– Dans la merde !
Un tir lui arriva dans l'épaule.
– Kuroo, il ne te reste que cinq points de vie ! Bon, Bokuto va vous rejoindre, Daishou, tu veux tenter ?
Ils n'entendirent pas sa réponse, mais les bruns purent facilement imaginer quelque chose comme : tu peux toujours rêver le binoclard.
– Oui, bon, juste Bokuto.
– C'est pas comme si miss Suguru nous aurait servi à quelque chose.
– Kuroo, grogna la voix de ce dernier, t'es courant que je t'entends ?
– Oikawa ! les interrompit soudain Hajime. On est face à des montres et on est en train de se faire défoncer, comment est-ce qu'on les tue les cubes ?
– Les cubes ? J'en sais rien, moi. Essayez de viser le sigle étrange qu'il y a sur eux.
Ils échangèrent un léger regard avant que Kuroo ne se jette sur le plus proche. En effet, sur la face du dessus, une sorte de logo rouge couvrait leur peau.
Il lança une fléchette en plein centre et ce dernier explosa.
– Bingo !
XXX
– Transfert Bokuto.
Daishou haussa un sourcil en le voyant faire, presque impressionné par sa rapidité sur un clavier.
– Scanner Bokuto.
Jamais il ne l'aurait avoué, mais il était tout de même légèrement curieux de voir à quoi ressemblait Lyoko vu de l'intérieur.
– Virtualisation.
Soudain, une fenêtre s'ouvrit sur l'écran de gauche, montrant une vidéo en temps réel du hall de l'usine. Oikawa fronça les sourcils.
– C'est quoi ce truc ?
– On dirait une sorte de boule d'énergie...
– Merde, j'ai comme l'impression que ça urge là. Kei-chan ? Kei-chan tu m'entends ?
– Oikawa ? Vous êtes sur Lyoko ? Je sens des pulsations étranges qui viennent de la banquise, et j'ai comme l'impression qu'elles ne viennent pas de XANA.
– T'inquiète pas, je leur envoie tes coordonnées, ils vont t'aider à accéder à la tour.
Inquiet, il lança un regard sur la caméra.
– Il avance vers nous, non ?
Sur l'écran, une boule pleine d'électricité semblait se diriger droit vers eux.
Oikawa soupira.
– Je vais mettre la dé-virtualisation en automatique, comme ça si jamais je ne suis pas là... Les gars, vous m'entendez ?
– Pourquoi Bokuto est super classe ? hurla Kuroo. Je suis un gros matou et lui il a une grosse épée de la largeur de ma tête ? C'est une blague ? Je demande réparation !
Daishou et lui échangèrent un regard consterné, pour une fois bien d'accord sur la chose à faire.
– La ferme, sifflèrent-ils en même temps.
– Bon, continua le châtain. On va sûrement avoir un nouveau problème, alors écoutez bien : vous envoyez Kei-chan dans la tour rouge, et vos évitez de vous faire avoir, d'accord ? Et s'il-vous plaît, dépêchez vous. Je pense qu'on ne va pas tenir longtemps.
XXX
Akaashi courait au milieu de la banquise. Si les amis d'Oikawa étaient seuls dans Lyoko, c'était pour lui permettre d'enfin accéder à cette tour. Il fallait qu'il se dépêche, et la voix inquiète du châtain ne l'avait pas vraiment rassuré : il ne savait pas ce qu'il se passait dans leur monde, mais s'il ne se grouillait pas, ils étaient sûrement tous dans la mouise.
Tout à coup, il crut apercevoir quelque chose au loin.
Trois personnes se battaient contre des cubes, sautant et esquivant comme ils le pouvaient. Un grand crabe arriva derrière le garçon à la grande épée, et il ne put retenir son cri :
– Attention, derrière !
Leurs regards se croisèrent, puis il se retourna, roula sur le coté, sauta sur sa tête et planta son épée dans sa carapace.
– Moi je dis que c'est injuste qu'il prenne le plis aussi vite, grogna celui habillé tout en violet.
Akaashi lui lança un petit regard étonné, puis son attention se reporta sur celui aux cheveux argents.
– Je...
– Kei-chan, c'est ça ? Maintenant je comprends mieux ce qu'Oikawa te trouve, t'es super mignon dans ton genre !
Le brun habillé en samourai frappa celui qui venait de parler derrière la tête.
– Kuroo, un peu de respect, tu veux ? Désolé pour mon ami, s'excusa t-il en lui tendant une main. Je m'appelle Iwaizumi.
– Et moi Kuroo.
– Bokuto...
Son regard restait fixé sur lui, et Akaashi finit par détourné le regard. Était-ce donc ça qu'Oikawa appelait gêne ?
– Donc, si j'ai bien compris, reprit Iwaizumi, on doit t'emmener là bas ? On ferait mieux de se dépêcher, Oikawa ne répond plus.
Ils hochèrent la tête, mais au moment où ils s'apprêtaient à repartir, un tir venu de nulle part toucha Kuroo en pleine poitrine et ce dernier s'effaça dans une pluie de pixel.
– Kuroo !
Un deuxième tir atteint Hajime dans le dos et ce dernier subit rapidement le même sort.
– Merde ! Akaashi, cours !
Et Bokuto lui prit la main avant de sprinter vers un bloc d'iceberg.
XXX
Deux scanners s'ouvrirent dans un nuage de vapeur et deux garçons s'en extirpèrent, essoufflés.
– Putain on est en vie, gémit Hajime en s'allongeant sur le sol.
– Parle pour toi, lui répondit Kuroo. J'ai tellement la gerbe, mec...
Le premier secoua la tête, puis tenta de se remettre sur ses jambes tremblantes.
– Il faut qu'on rejoigne Oikawa.
– T'es vraiment sûr qu'on peut pas attendre encore quelques secondes... ?
– Daishou aussi doit être avec lui.
Kuroo grogna.
– Bon, d'accord, on y va.
XXX
Bokuto courut jusqu'à l'un des cubes et planta son épée sur la face du dessus.
– Akaashi, baisse toi !
Il envoya sa lame valser dans les airs, passant juste au dessus de ce dernier, puis fit exploser l'un des monstres qui se trouvaient derrière le petit brun.
– Rien de cassé ?
– Non ça va. Merci.
Il le regarda récupérer son arme, puis reprit leur course en direction de la tour.
– Akaashi ?
– Oui ?
– Fais attention à toi.
Puis Bokuto fit demi-tour, se dirigeant à toute vitesse vers le groupe qui s'approchait d'eux, lui laissant ainsi le champ libre.
XXX
– Daishou !
Ce fut la voix de Kuroo qui le sortit de sa torpeur. La douleur était-elle qu'il n'avait qu'une envie : s'évanouir. Malheureusement, l'électricité qui traversait son corps encore et encore ne semblait pas vouloir lui laisser de répit, si bien qu'il ne put rien faire d'autre qu'attendre, le corps tendu comme une arbalète.
En voyant que cette boule étrange s'approchait un peu trop dangereusement de l'unité de l'ordinateur, Oikawa l'avait regardé dans les yeux puis lui avait tout simplement dit : Il faut qu'on aille faire diversion.
À présent, ce dernier était en train de se faire étrangler contre l'un des murs du hall, et Daishou ne passait décidément pas un meilleur moment.
Et ce chien aboyait décidément bien trop pour son propre bien.
– Oikawa !
Iwaizumi se jeta sur les fils, les forçant à lâcher prise, puis prit son meilleur ami dans ses bras, les yeux écarquillés.
– Ça va ?
– Tout baigne, croassa t-il. Il faut... il faut que je remonte... j'ai un pro – gramme qui pourrait …
Soudain, la douleur qui enserrerait Suguru disparue, remplacée par une paire de mains et une visage inquiet.
– Qui aurait pu deviner que la plus grosse chochotte que ce lycée ait jamais vu puisse en fait avoir un peu de courage en elle ?
La ferme, imbécile.
Mais il ne put rien dire, et ferma tout simplement les yeux.
XXX
Lorsqu'Akaashi traversa la parois de la tour, il sentit immédiatement la différence : elle était emprunt d'une sorte de malveillance, et il était certain que si sa peau avait pu frissonner, elle l'aurait fait.
Il avança jusqu'au centre de la plate-forme, puis ferma les yeux afin de sentir les circuits qui allaient lui permettre de monter. Dans les faits, le brun ne savait pas pourquoi ni comment il savait que ce qu'il devait faire se trouvait en haut, mais son instinct lui soufflait ce qu'il devait faire, comme si c'était quelque chose qu'il avait déjà fait...
Ses pieds quittèrent le sol et il se laissa doucement porter.
En arrivant, il fit de nouveau quelques pas, puis sursauta lorsqu'un panneau transparent arriva devant lui.
Code XANA.
_Effacer_
Code Keiji.
– Tour désactivée, chuchota-il dans le silence.
XXX
Le monte-charge émit un nouveau grincement inquiétant, puis la porte s'ouvrit sur la salle de contrôle.
– Le clavier, murmura t-il.
Portant Oikawa sur son dos, Hajime se dirigea vers son fauteuil d'un pas lent, puis le déposa dessus.
– J'avais découvert un programme la nuit dernière, commença t-il en tapotant sur les touches. Si on peut virtualiser quelqu'un, alors peut-être que ça...
Il regarda son meilleur ami.
– Iwa-chan, je suis désolé...
– Ne raconte pas de conneries. Tu as raison, il est plutôt sympa Akaashi, en fait.
Doucement, il rapprocha son visage du sien, puis posa ses lèvres contre les siennes.
– Fais ce que tu as a faire.
Oikawa déglutit, puis leva son doigt.
Il appuya sur entrée.
– Retour vers le passé.
XXX
La voix du professeur Ukai résonna dans la salle :
– Je vous dérange, peut-être ?
Tous les autres élèves se retournèrent vers eux. Quelqu'un ricana.
– Oh, vous savez bien que votre présence est toujours très réconfortante, coach, répondit Kuroo avec un rictus.
Bokuto et lui échangèrent un regard qui en disait long.
– Je t'ai déjà dit qu'en dehors du gymnase, c'est professeur Ukai pour toi, Kuroo.
Il entoura l'une des formules mathématiques écrites au tableau.
– Mais peut-être peux-tu me donner la réponse à la question que je viens de poser ?
Dans les premiers rangs, le brun aperçut Daishou qui le regardait avec un petit rictus. Presque aussitôt, il ne put retenir le soupir de soulagement qui passa ses lèvres.
– Il faut utiliser la troisième formule et replacer X en fonction des besoins. Ici, ça donne 17,5 en résultat final, répondit-il avec un sourire.
Ukai ouvrit la bouche comme s'il n'en croyait pas ses yeux, et des petits chuchotement épatés résonnèrent dans la salle.
– Euh, oui, c'est exact. Merci, Kuroo.
– Pas de quoi, professeur.
Même Daishou le regardait comme s'il lui avait poussé une deuxième tête.
Il lui offrit un petit clin d'œil.
XXX
– Je n'aurais jamais cru que tu saurais répondre à cette question, bravo, le félicita Oikawa en sortant du cours.
– Quoi, t'as oublié ? C'est toi qui m'a donné la réponse.
– Ah bon ? Quand ça ?
– Et bien, dans la première version. Juste avant qu'on ne finisse tous sur Lyoko, avec Akaashi.
Oikawa écarquilla les yeux.
– Qu – quoi ? Comment tu – vous savez pour Akaashi ?
Bokuto pencha la tête d'un coté.
– C'est bizarre, on dirait qu'il a subit le retour, lui aussi.
Kuroo fronça les sourcils. Tout à coup, quelqu'un le bouscula en donnant un coup dans son épaule, et il papillonna des yeux en constatant que c'était Daishou.
– Oops, pardonnez moi monsieur le génie. Il semblerait que votre tête soit bien trop grosse pour un couloir de cette taille.
Puis il s'éloigna avec sa démarche assurée habituelle.
XXX
– Et bien ça alors..., murmura Oikawa. Vous voulez dire qu'on a vraiment fait tout ça, et que je ne m'en souviens même pas ?
Iwaizumi marmonna quelque chose d'un air renfrogné, puis soupira.
– Si tu ne t'en souviens pas tant pis : l'important c'est que ça ait marché. Daishou était vraiment dans un sale état.
– Je n'en reviens toujours pas que Daishou était là aussi. Lui non plus n'a pas l'air de se souvenir de grand chose.
– Ouais, confirma Kuroo. Peut-être que c'est parce que vous êtes les deux seuls à ne pas avoir été sur Lyoko ?
– C'est possible, confirma Bokuto. Après tout, comme le retour vers le passé est en lien avec l'ordinateur, peut-être qu'on a pas été affecté simplement parce qu'on l'a vu de l'intérieur.
– Je rêve où Bokuto vient de dire un truc intelligent ?
Iwaizumi haussa les épaules.
– Que veux-tu, les choses ont changé.
Ils se sourirent.
– Mais du coup..., continua Tooru. Il ne serait pas plus prudent d'éteindre l'ordinateur ?
À leur grande surprise, ce fut Bokuto qui répondit :
– On ne peut pas faire ça, Akaashi est à l'intérieur !
– Quoi, toi aussi tu fais parti de son fan-club, maintenant ? Rala Kuroo.
– Il n'a pas tord, rétorqua Hajime. Maintenant, on sait comment contrer XANA si jamais il attaque encore. Et puis, je suis sûr que tu trouveras un moyen de le ramener ici, non ?
Tooru hocha vivement la tête.
– Si on peut vous faire parvenir là bas, on peut sûrement faire l'inverse avec lui. Et une fois matérialisé, on éteint l'ordinateur et hop, plus de virus.
– Ça veut dire que maintenant, on peut se considérer comme des Lyoko-guerriers ?
– Des quoi ?
– Oh, allez, vous trouvez pas ça classe ?
– Mais ça veut dire que je vais devoir me matérialiser aussi ?
– Sûrement ouais. Après les cours, on te fera plonger à ton tour.
– J'espère qu'il sera un gros animal coloré, murmura Kuroo.
– Et au fait, tu comptes en parler à Daishou ? Il a quand même risqué sa vie pour nous sauver, peut-être qu'au final il n'est pas si...
– Pas pour l'instant. Je vais le faire mariner encore un peu.
Oikawa leva les yeux au ciel.
– Si discret, susurra t-il.
– Quoi, tu peux parler toi ! Tu t'es pas vu, hein.
– Quoi ?
– Hein ?
– Temps mort !
Des bisous !
